Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 09:17

le-grand-passage-4425-1614331590.jpg 

Le grand passage qui date de 1940 est l'un des films qui a ouvert grandes les portes du 7e Art au western dans lequel s'étaient déjà illustrés des réalisateurs comme Cecil B. DeMille, Michael Curtiz, John Ford, Henry King, Raoul Walsh et King Vidor qui n'en était pas à son premier essai, puiqu'il avait déjà tourné en 1930 Billy le Kid dans un format exceptionnel le Realife Grandeur, alors qu'il n'y avait que douze salles aux Etats-Unis équipées pour le projeter. Cette production, faute d'assurer la notoriété du procédé, avait eu le mérite de contribuer à instituer le western comme un genre prestigieux et à part entière.

                                                 
Dix ans plus tard, King Vidor, ayant pris du galon, allait centrer son nouveau film sur le personnage du Major Roberts, pour lequel il éprouvait un intérêt particulier. Le film sera tourné en technicolor et dans des décors naturels. Le cinéaste avait d'ailleurs fixé son choix sur la région du lac Payette, mais découvert qu'elle était infestée de tiques et que ceux-ci provoquaient des fièvres. Acteurs et techniciens devront être vaccinés. D'autre part, le poids des caméra - plus de 300 kg - n'exigeait pas moins de cinq ou six hommes pour les transporter, si bien que les exploits des techniciens seront à peu de chose près comparables à ceux des Rangers du Major Robert Rogers.

Le tournage sera très difficile car, commencé par la MGM avant que le scénario ne soit définitivement bouclé, la première partie - l'odyssée des Rangers - ne correspondra pas à la seconde, au point que le cinéaste découragé envisagera d'abandonner du fait que les plans ne se raccordaient pas les uns aux autres. Par ailleurs,Spencer Tracy était devenu, entre temps, une vedette suffisamment confirmée pour qu'il n'y ait nul besoin de l'épauler avec la présence de deux autres acteurs célèbres comme Robert Taylor et Wallace Beery que l'on remplacera l'un et l'autre par Robert Young dans le rôle de Langdon Towne et Walter Brennan dans celui de Hunk Marriner. Ainsi la dernière partie ne verra jamais le jour pour plusieurs raisons, en dehors des coordinations difficiles entre pellicules : le coût du tournage de la première ( plus de 2.500.000 dollars ), les difficultés rencontrées dans tous les domaines et un scénario particulièrement dispendieux. Le film se clôturera sur les adieux de Langdon Towne avec le Major Rogers.                                  


L'histoire, comme je l'écrivais au début de cet article, est centrée sur le personnage de Robert Rogers auquel a été confié la mission de détruire le village indien de Saint Francis, afin d'ouvrir plus largement la voie à la conquête de l'Ouest. Ne parvenant pas à franchir le lac Champlain occupé par l'ennemi, Rogers et sa troupe escaladent les montagnes, traversent les marais, puis un fleuve et atteignent Saint Francis dont ils massacreront les habitants. Enfin, épuisés, affamés, malades, ils poursuivent leur route galvanisés par leur chef qui ne recule devant aucun obstacle, mais les difficultés ne cessant de s'accumuler, il aura bientôt du mal à maintenir le moral de ses hommes. L'un des plus beaux passages est celui au cours duquel les baroudeurs forment une chaîne humaine afin de franchir une rivière impétueuse ; ce film ne cesse, en effet, d'exalter le courage, la virilité, le goût de la conquête. On a très souvent accusé Vidor d'avoir réalisé avec Le grand passage une oeuvre raciste, à cause de la violence et de la sauvagerie avec laquelle la section attaque et massacre le village de Saint Francis... Mais plus que l'apologie belliqueuse d'un commando, le cinéaste s'est attaché à décrire le courage, la détermination, la bravoure de ces hommes qui avaient la charge de conquérir un continent qu'ils considéraient alors, avec le regard de leur époque, comme habité par des populations de sauvages qui n'avaient pas su tirer profit de ces terres magnifiques.
Tourné dans l'Idaho, le film a déjà des qualités esthétiques remarquables et la couleur ajoute à la splendeur des paysages. Certains de ses plans furent réutilisés dans Last ofthe Buccaneers de Lew Landers en 1950. Quant à l'interprétation, elle mérite notre totale approbation. D'où que l'on se place, ce long métrage est parfaitement abouti et d'un réalisme qui ne s'est autorisé aucune complaisance. Il servira de référence à des productions ultérieures qui n'auront pas, toutes, les mêmes qualités.


Pour lire l'article consacré aux maîtres du western, cliquer sur son titre : 
LES GRANDS MAITRES DU WESTERN

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :
LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 08:36

                  Affiche américaine. Universal Pictures  Affiche teaser américaine. Universal Pictures

                

Le héros de La vengeance dans la peau  nous avait habitué à l'action dans les deux précédents films de cette trilogie qui a révolutionné le cinéma d'aventure grâce à un ton résolument réaliste, une quasi-absence d'effets spéciaux, une grande nervosité de mise en scène, un rythme qui ne faiblit jamais et un personnage principal, ce fameux Jason Bourne, amnésique, d'une profondeur inhabituelle qui tente à la fois de découvrir les clés de son passé et de s'en libérer. Le jeu sobre et intense de Matt Damon fait à nouveau beaucoup pour le succès de ce troisième opus, présenté comme étant l'ultime... mais qui nous dit qu'on ne verra pas d'ici quelques années revenir le fringant héros, tempes grisonnantes et moral d'acier pour nous faire part d'une maturité gagnée au pas de charge ?

 


Tout comme la mise en scène formidablement tendue de Paul Greengrass, l'auteur du brillant second volet, qui suit son héros de Moscou à New-York, de Madrid à Tanger, sans lui laisser ( et pas davantage à nous spectateurs ) le temps de souffler. Cette fois Jason Bourne s'essaie à découvrir, malgré la noria de tueurs lancée à ses basques, le comment et le pourquoi qui l'ont transformé en machine à tuer. C'est la quête d'un passé qui ne parvient ni à justifier le présent, ni à favoriser l'avenir, que le personnage s'évertue à comprendre. En sorte que l'espion amnésique n'en finit pas d'en faire voir de toutes les couleurs aux employés véreux de la CIA. Un bon moment assuré par un film qui ne trahit pas ses promesses et se laisse regarder avec beaucoup de plaisir. Egal à lui-même, Matt Damon est un excellent Jason Bourne, astucieux, ardent, courageux, il crève littéralement l'écran, nous emporte dans sa course folle et ne nous lâche plus. Le film grand public par excellence.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 


LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

 

                      Matt Damon. Paramount Pictures France

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 09:54

         

 1901 - 1961

L'un des plus célèbres et prestigieux acteurs américains Gary Cooper est né à Helena le 7 mai 1901 dans un ranch du Montana que dirigeait son père. Elève dans une école anglaise réputée, il reçut une parfaite éducation et fit preuve, dès son jeune âge, de dons visibles pour le dessin. Blessé lors d'un accident de voiture, alors qu'il étudie à l'Université de Wesleyan, il reste en convalescence au ranch familial, se familiarise avec les chevaux et perfectionne son niveau d'équitation qu'il saura utliser dans sa future carrière d'acteur, en particulier dans les innombrables westers auxquels il participera. Après quelques essais infructueux dans le domaine de la caricature politique, le jeune homme propose ses services comme figurant dans des films afin de gagner un peu d'argent et a vite fait de se faire remarquer pour son physique, son élégante nonchalance, ce qui lui permet d'obtenir un rôle important dans Barbara, la fille du désert d'Henry King et d'entrer ainsi sous contrat avec la Paramount. Par la suite, il va alterner les rôles de gentleman et ceux d'aventuriers et en 1941 reçoit un Oscar pour le rôle-titre de Sergent York de Howard Hawks, rôle pour lequel il avait été choisi par le vrai héros de la première Guerre Mondiale, Alvin York.
                        
                 Gary Cooper et Burt Lancaster. Swashbuckler Films Denise Darcel, Gary Cooper et Burt Lancaster. Swashbuckler Films
                  

L'année suivante, il obtient un immense succès dans une autre biographie, celle du joueur de base-ball Lou Gehrig. Bien qu'il n'ait jamais pratiqué ce sport, son intreprétation est si convaincante qu'elle impressionne durablement le public. Le 15 décembre 1933, Gary se marie et épouse à New-York Véronica Rocky Balfe avec laquelle il aura son unique enfant, une fille prénommée Maria Véronica qui sera, par la suite, l'épouse d'un célèbre musicien. Trop âgé pour participer à la Seconde Guerre Mondiale, l'acteur donne inlassablement de son temps pour se joindre à des tournées dans le Sud Pacifique et remonter ainsi le moral des troupes. En 1945, il produira son seul film en tant que producteur Le grand Bill, réalisé par Stuart Heisler. Parmi ses films les plus connus : Le train sifflera trois fois, L'extravagant Mr Deeds, Le Rebelle, Le jardin du diable, L'homme de la rue, Pour qui sonne le glas, La loi du Seigneur, L'adieu aux armes. Par ailleurs, il ne comptabilise pas moins de six nominations aux Oscars.

           Gary Cooper. Swashbuckler Films   dans Le rebelle

Converti au catholicisme en 1956 sous l'influence de sa femme et de sa fille, il est bientôt atteint d'un cancer du poumon qui l'obligera à renoncer à participer au film  Horizons sans frontières, où il sera remplacé par Robert Mitchum. Les médecins lui cacheront un certain temps la gravité de son mal pour lui permettre de tourner un dernier film La lame nue de Michael Anderson. Le président John Kennedy et la reine Elisabeth II d'Angleterre, le sachant très malade, lui adressent des lettres de réconfort, tandis que son ami Jimmy Stewart reçoit, à son intention, un Oscar qui consacre l'ensemble de son exceptionnelle carrière. Il s'éteint à Los Angelès le 13 mai 1961, six jours après son soixantième anniversaire et six mois après la disparition d'un autre grand de Hollywood Clark Gable.

   

 Pour consulter les articles des films où figure l'acteur dont Vera CruzLe train sifflera trois fois et Le rebelle, cliquer sur le lien ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

               Swashbuckler FilmsCollection Christophe L.  Paramount PicturesSwashbuckler Films

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
commenter cet article
5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 17:22

                    Affiche teaser américaine. Myriad Pictures

Beaucoup de monde se pressait ce mercredi 5 septembre 2007 pour entrer au CID où avait lieu l'unique représentation du film en compétition  Factory Girl . Avant que celui-ci ne commence, le metteur en scène George Hickenlooper fit une courte allocution et ne nous cacha pas qu'il était un peu nerveux car c'était ce matin qu'avait lieu la première mondiale de la version définitive, après le re-découpage qu'on l'avait autorisé à faire à la suite de sa présentation à Londres. Le cinéaste a jugé, en effet, indispensable d'en améliorer le rythme, en alternant différemment les scènes en noir et blanc et celles en couleur qui ont pour but de donner à ce long métrage des allures de documentaire et de plonger le récit dans une réalité plus immédiate et suggestive. C'est d'ailleurs là sa plus grande réussite : avoir su reconstituer le climat et l'ambiance des années 60 à un moment où l'Amérique semblait  tourner le dos à ce qui, en moins d'un siècle, l'avait faite ce qu'elle était : la plus grande puissance. Après avoir su s'édifier et se bâtir, voilà qu'elle prenait plaisir à contempler les abîmes qui s'ouvraient devant elle avec une inquiètante jubilation. Une génération de jeunes désoeuvrés en voulait à ses parents d'avoir, à force de travail, d'ambition et de compétence, accouché d'une Amérique qui faisait rêver le monde et la France en particulier, pour ne se complaire que dans le sexe, la drogue et le rock n'roll, déployant autant d'acharnement pour déconstruire ce que leurs aînés avait mis à construire. Ce sont durant ces années-là que se développa le mouvement Pop Art où s'illustrèrent  Roy Lichtenstein, Tom Wesselmann, James Rosenquist, Claes Oldenburg et, bien entendu, Andy Warhol. Ce mouvement recourait aux objets les plus quotidiens ainsi qu'aux procédés graphiques de la publicité et de la mode pour tenter d'instituer un art nouveau. Dans ce milieu marginal apparut alors une très jeune femme, issue d'une riche famille, qui entendait voler de ses propres ailes, ne serait-ce que pour adresser un pied de nez à un milieu privilégié qui n'était pas à son goût et moins encore au goût de l'époque. 
                        

                      Sienna Miller. Bob Yari Productions

Elle débarquait à New-York avec le désir de s'illustrer dans la mode ou le cinéma, grâce à un physique avantageux et une plastique de rêve. Sa rencontre avec le roi du Pop Art allait déterminer et sceller à jamais son destin de la manière la plus tragique qui soit, car cette frêle créature l'était tout autant au physique qu'au moral et allait devenir la victime de ses propres fantasmes. Très vite dépendante de la drogue, elle vivra une aventure aussi brève qu'intense avec Andy qui vit en elle une muse idéale et ne dissimulera pas qu'elle exerca sur lui une profonde influence. Mais son coup de foudre pour un  musicien - Bob Dylan  - mit fin à leur relation, toute platonique d'ailleurs, si bien que Edie Sedgwick ne saura retenir ni le peintre, ni le musicien, effrayé par son comportement névrotique, et se retrouvera seule et sans ressources ( son père lui ayant coupé les vivres ).  Le film nous fait assister à cette lente descente aux enfers d'une égérie qui mourra à 28 ans, parce qu'elle n'avait pas été en mesure de résister à la frénésie d'un petit monde reclus dans ses vices et ses faiblesses. Devenue pour quelque temps leur icône, elle y perdra son âme et le paiera de sa vie. Le film retrace cette existence d'une écriture sensible, servie par une belle trame musicale et un tout aussi bel emballage esthétique. Il est relativement bien fait et le recours au noir et blanc est bienvenu pour accroître l'impression insistante du vécu. Néanmoins, il est regrettable que le réalisateur se soit contenté de relater la biographie d'une idole égarée dans les dédales d'un milieu étriqué et malsain, sans aller au-delà des faits, sans en tirer les conséquences, sans même situer cette démarche dans le flux historique et sans tenter d'en démasquer les causes. Le portrait de l'héroïne reste trop superficiel à mon goût, trop plat, et ne remet pas suffisamment en cause la validité du Pop Art et du personnage d'Andy Warhol qui l'a si pleinement illustré. D'ailleurs, à la fin du film, Andy s'efface comme s'il n'était là que par hasard et parce qu'il avait un instant focalisé les illusions de sa muse déchue.

Je ne voudrais pas conclure cet article sans parler de l'interprétation qui est remarquable. Sienna Miller dans le rôle d'Edie Sedgwick est bouleversante et accomplit une véritable performance d'actrice, tant elle s'identifie à son personnage, en exprime la fragilité, la complaisance, la vulnérabilité, la souffrance, le désarroi. Cela au côté d'un Andy Warhol excellemment interprété par Guy Pearce qui est saisissant d'authenticité et joue son personnage avec une sobriété dont on doit lui être redevable, car il  ajoute ainsi à sa crédibilité. Il n'est jamais simple d'entrer dans la peau d'un être aussi connu et de lui conférer à l'écran une telle véracité. Ce film possède des atouts indiscutables et fera probablement une belle carrière, simplement parce que le personnage central sait émouvoir et que l'émotion est au goût du jour.

           

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :
LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN



Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 09:19

                   

                                                
J'ai eu le privilège de voir For your consideration à Deauville en 2007, où il était en compétition et, bien qu'il n'ait reçu aucune récompense, ce film est une comédie réjouissante, faussement british, qui évoque avec lucidité et humour l'opportunisme des artistes, le poids de l'industrie cinématographique et également la difficulté de vieillir dans ce métier. A la fois féroce et tendre, caricatural et réaliste, il nous assure d'un bon moment de détente sans prétention exagérée. Il a été mis en scène par Christopher Guest, à qui l'on doit déjà Watting for Guffman ( 1996 ), Almost Heroes ( 1998 ), Best in show ( 2000 ) et A Mighty wind ( 2003 ). Ce dernier long métrage est une parodie d'un certain cinéma contemporain, film à petit budget, tourné avec de modestes acteurs de pub et que certains relais médiatiques vont porter au pinacle, cherchant, par intention ou manque de discernement, à les faire passer pour ce qu'ils ne sont pas et abusant les acteurs eux-mêmes qui s'imaginent déjà au sommet du 7e Art. La peinture de ce milieu, où personne n'est à sa place, où chacun se pense ce qu'il n'est pas, où la sottise, la vanité, la naïveté font des ravages, est aimantée par des dialogues qui font mouche. On sourit d'autant plus que les acteurs font tout leur possible pour nous apparaître aussi candides que ridicules. Le metteur en scène prend plaisir à nous dévoiler les dessous de l'industrie cinématographique, car nous ne sommes pas là dans un cinéma d'auteur, créatif et rigoureux,  mais celui racoleur autour duquel s'agitent un grand nombre de gens sans éthique, sans scrupule, qui usent et abusent des rêves que fait naître chez certains l'idée d'être sur un plateau. C'est cela aussi le cinéma !  "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse" ; ce dicton résume le film qui nous fait assister non seulement au tournage d'un sujet ringard, mais partager les espérances et illusions des interprètes qui prennent pour argent comptant l'idée d'être nominés aux prochains Oscars. 

                    

La rumeur a débuté sur internet, probablement inspirée par l'un des responsables du film et s'est enflée au point que des médias, en manque d'inspiration, s'en sont emparée, laissant supposer à ces acteurs de second ordre que, demain, ils seraient peut-être au haut de l'affiche et considérés comme des stars. Petit monde pitoyable et émouvant que Christopher Guest saisit dans son quotidien et dont le naufrage annoncé est plus grotesque que pathétique, le cinéaste restant dans l'anecdotique et ne cherchant nullement à appronfondir son sujet et à en tirer une quelconque conclusion. Un vécu, pris sur le vif, que n'enrichit aucun prolongement philosophique ou moral et qui se laisse regarder sans déplaisir... 

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :
LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

                   
                   

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 09:51
HENRY FONDA - PORTRAIT

                        Henry Fonda. Les Grands Films Classiques   


Henry Jaynes Fonda naquit le 16 mai 1905 à Grand Island d'une famille d'anciens colons qui s'était établie, dès le XVIIe siècle, au nord de New-York dans une ville qui porte encore leur nom. Son père était imprimeur et sa mère femme au foyer. L'harmonie régnait au sein de ce couple sans histoire qui aura deux autres enfants. Ceux-ci seront élevés dans un esprit de justice et son père le fera assister, à l'âge de 14 ans, au lynchage d'un employé noir, ce qui le marquera à jamais. A 18 ans, il rêve de devenir écrivain et quitte Omaha pour suivre des cours à l'Université du Minnesota. C'est en 1925 qu'une amie de la famille lui propose un rôle de figurant dans une pièce que monte le théâtre municipal d'Omaha. Cette femme, du nom de Dorothy Brando, n'est autre que la mère de Marlon et va, de ce fait, orienter sa vie très différemment de ce que le jeune homme envisageait. Il est vrai qu'il possède un physique avantageux : il est grand, alluré, avec des yeux bleus perçants et une aisance naturelle. Dès l'année suivante, on lui propose le rôle principal dans "Merton of the Movies" où il surprend par sa présence, d'autant mieux qu'en jouant il parvient à surmonter ses inhibitions. C'est donc décidé : il sera acteur.

 


Dans cet environnement créatif, Henry s'épanouit, stimulé par l'esprit de camaraderie qui sévit dans la petite troupe. Bientôt une jeune femme les rejoint ; elle s'appelle Margaret Sullivan et les jeunes gens vont vivre un amour d'autant plus complice qu'ils partagent la même passion pour la scène. Après leur mariage en décembre 31 à Baltimore, ils décident d'aller tenter leur chance à Broadway. Mais les difficultés rencontrées ruinent leur union et ils se séparent. Henry est anéanti et a bien du mal à trouver du travail dans une Amérique en crise. Pour survivre, il se voit dans l'obligation d'accepter un emploi de vendeur chez un fleuriste.



Mais la chance va, de nouveau, lui sourire. Après avoir passé des centaines d'auditions, il est retenu pour une comédie musicale "New faces of 1934" et reprend confiance. Un soir, dans le public, se trouve l'agent de Greta Garbo et de Fred Astaire, un certain Leyland Hayward qui le remarque et le prend sous contrat. Sa vraie carrière commence mais il ne part pas pour Hollywood sans une certaine réticence. Henry Fonda a 30 ans et quitte le théâtre pour le cinéma, où il apparait successivement dans quatre films, dont "The Trail of the Lonesome Pine" produit par la Paramount.  A 31 ans, il est un acteur déjà très demandé. De passage à Londres pour les besoins de "Wings of the Morning" ( La Baie du destin - 1936 ) avec Annabella, il rencontre une riche veuve de 27 ans Frances Seymour Brokaw qu'il épouse trois mois plus tard et qui lui donnera, l'année suivante, une fille Jane. Les films vont dorénavant s'enchaîner et font de lui une valeur sûre. Mais nous sommes en 1940 et la guerre fait rage en Europe. Aussi Henry part-il dans le Sud Pacifique pour deux ans. Il échappera à la mort de justesse, lorsque le cuirassier sur lequel il se trouve est bombardé par un kamikase. Il sera d'ailleurs décoré et cité à l'ordre de l'armée.

 

                         

Dès son retour, la Fox le remet au travail et il tourne de nouveau pour Zanuck "La poursuite infernale" en 1946 qui reçoit un accueil triomphal de la part du public. Si sa carrière semble maintenant stable, sa vie sentimentale ne l'est pas. La guerre, les séparations fréquentes ont eu raison de son couple. Sa femme lui reproche de ne pas s'occuper de ses trois enfants et souffre de sa nature renfermée. Ils se séparent en 49. Frances se suicidera peu de temps après, victime d'une terrible dépression. Il se remariera en 1950 avec Susan Blanchard, auprès de laquelle il tentera de récréer une ambiance familiale sereine avec ses enfants. Par la même occasion, il renoue avec la scène en jouant "Mister Roberts" à Broadway plus de mille fois, pièce dont on tirera un film qu'il interprétera à nouveau dans le rôle titre. Avec "Douze hommes en colère" en 1957 de Sidney Lumet, il revient au cinéma en jouant un personnage qui exprime fondamentalement sa nature d'homme libre, soucieux de paix et de justice. Grâce à son jeu tout en sobriété et à sa présence, il est considéré comme l'une des références incontournables du cinéma américain, d'autant qu'il sait donner à ses personnages une épaisseur et une profondeur que les critiques se plaisent à souligner.

 



C'est en 1962 qu'il rencontre celle qu'il appellera la femme de sa vie Shirley Adams et épousera secrètement à New-York. Dans le show-business, deux de ses enfants l'ont rejoint : Jane et Peter qui, non contents d'être des acteurs en vue, deviennent l'un et l'autre les portes paroles d'une génération très politisée, ce dont la discrétion de leur père s'accommode mal. A 70 ans, bien que confronté à l'âge, Henry aspire à être une fois encore sous le feu des projecteurs et tourne avec Katherine Hepburn  "La Maison du Lac" qui raconte l'histoire douce-amère d'un couple vieillissant dont l'époux se réconcilie avec sa fille, rôle qu'accepte de tenir la sienne : Jane. Le film sera un triomphe d'autant plus émouvant que l'acteur y manifeste ouvertement l'apaisement qui a fini par triompher entre Jane et lui. Pressenti pour l'Oscar du meilleur acteur, Henry, déjà très malade, ne pourra se rendre à la cérémonie, aussi est-ce Jane qui recevra le prix à sa place. Le 8 août 1982, il est victime d'un infractus et meurt, dans son sommeil, quatre jours plus tard. Ainsi disparait l'une des légendes d'Hollywood, laissant aux générations d'aujourd'hui quelques-unes des plus belles performances d'acteur du 7e Art. Dont celle qu'il réalisa dans le chef-d'oeuvre de Sergio Leone : "Il était une fois dans l'ouest" en 1968.

 

Pour lire les critiques des films interprétés par Henry Fonda, dont La poursuite infernale et Douze hommes en colère, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

                                                            Carlotta Films    

 

HENRY FONDA - PORTRAIT
HENRY FONDA - PORTRAIT
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
commenter cet article
29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 18:06

                Bac Films Pathé Distribution    VIDEO

 

Une bonne surprise que le premier long métrage d'une jeune cinéaste qui vient enrichir l'affiche très encourageante d'un cinéma féminin de qualité, prêt à assurer la relève des aînés, et que l'on décline de façon jubilatoire avec les noms de Pascale Ferran, Marjane Satrapi, Nadina Labaki et aujourd'hui  Anne Le Ny. Un cinéma qui a cette fraîcheur, mais également cette audace des premières oeuvres, quand elles savent mêler force et tendresse, originalité et innovation et trouver un style, un ton, un souffle.
C'est le cas de Ceux qui restent, histoire d'un homme et d'une femme qui vont se rencontrer, se croiser, se parler, s'apprécier, alors qu'ils se rendent l'un et l'autre au chevet de leur conjoint atteint d'un cancer et en phase terminale ( on ne les verra d'ailleurs jamais ) dans les couloirs tellement neutres d'un hôpital, dans une cafétéria, un kiosque à journaux ou la voiture qu'ils partageront ensuite pour rentrer chez eux. Un film qui aborde  un sujet difficile et le traite entre espérance et douleur, avec autant de pudeur que de justesse. Une page se tourne pour chacun d'eux, creusant un abîme au fond du coeur, tandis qu'un espoir se dessine non sans tâtonnements et atermoiements, grâce à des bribes de phrases échangées, à des regards qui s'évitent et se cherchent, à une pudique relation tissée dans le malheur. Oui, oseront-ils franchir le pas et s'avouer qu'ils se désirent et s'aiment, quand bien même leur conjoint meurt dans la chambre voisine ?

Cette valse hésitation fait le charme du film qui dose admirablement  paroles et silences, scrupules et résolution, retenue et hardiesse dans un patchwork étonnant de sentiments. Et puis le metteur en scène a su utiliser au mieux les ressources de deux comédiens formidables : Emmanuelle Devos et Vincent Lindon qui sont Lorraine et Bertrand avec une finesse, une subtilité dont on ne peut que les remercier, tout en félicitant la réalisatrice d'avoir su si bien les diriger et tirer la quintessence de leurs personnages respectifs : lui qui n'est guère heureux à la maison auprès d'une belle-fille et d'une soeur qui ne lui passent rien ; elle, qui se débat au milieu de mille difficultés quotidiennes qu'elle ne sait pas gérer. Avec ce joli rôle de mari triste et dévoué, Vincent Lindon est bouleversant de naturel, alors qu'Emmanuelle Devos montre, à l'inverse, un aspect de sa personnalité plus vif et effronté que dans ses films précédents. Ensemble, ils trouvent leur place dans un drame discret, où la culpabilité apporte sa touche sombre et grave. Un film à voir d'urgence. Emotion garantie.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

                       Emmanuelle Devos et Vincent Lindon. Pathé Distribution Emmanuelle Devos et Vincent Lindon. Pathé Distribution

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 08:41
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT

                      FR3 Cinéma 

                                                                    
                                                          

                   

Romy Schneider, passante inoubliable, a traversé le cinéma comme un météore, y laissant une empreinte indélébile. Plus de trente ans que s'est éteint ce regard où la gaieté finissait toujours par s'embuer de mélancolie. Comme Audrey Hepburn, avant même d'être belle, Romy était le charme, la féminité et la grâce. C'est pourquoi elle nous a tant touchés, tant émus. Elle réunissait ce que la femme symbolise le mieux : la ferveur et la fragilité, l'opiniâtreté et la douceur, la tendresse et  la docilité, la simplicité et la coquetterie, le courage et l'abandon. Elle était la femme parce qu'elle savait être toutes les femmes.



Rosemarie Magdalena Albach était née le 23 septembre 1938 à Vienne d'un père et d'une mère acteurs qui, absorbés par leur carrière respective, n'eurent guère de temps à lui consacrer. Ce sont de ses années les plus tendres que date son syndrome de l'abandon qui la poursuivra sa vie entière : Romy adulée, admirée, enviée, restera toujours cette petite fille sans enfance qui craignait qu'on ne l'aimât point, une sorte de crainte irrépressible que personne ne saura apaiser. La chance va cependant lui sourire de bonne heure. Alors qu'elle n'a que quatorze ans, elle fait de courtes apparitions dans des films, chaperonnée par sa mère Magda. Son minois ravissant, qui sait accrocher la lumière, plait au public, si bien qu'elle sera choisie quelques années plus tard pour interpréter le rôle de l'impératrice d'Autriche Elisabeth, dite Sissi, dans une trilogie qui connaîtra un incroyable succès international. Projetée dans un tourbillon frénétique de bals, d'interviews, de séances de photos, elle se laisse porter un moment par cette vie dorée qui lui apparaît bientôt futile et risque, à la longue, de l'enfermer dans un carcan dont elle subodore les conséquences désastreuses. Il lui faut, sans tarder, prendre son destin en main et faire en sorte de s'évader d'un cinéma qui ne la satisfait plus. Le salut viendra avec "Christine",  une romance à crinoline qui lui donne pour partenaire Alain Delon.Sur cette jeune fille pétrie de convenances, le jeune chien fou aura une incontestable influence et l'aidera à s'extraire d'un milieu étroit et d'un cinéma dépassé et vieillot. C'est grâce à Delon qu'elle rencontre l'homme qui sera son Pygmalion : le cinéaste Luchino Visconti. Derrière la jeune fille de bonne famille, le maestro devine un vrai tempérament. Il décide alors de la mettre en scène dans "Dommage qu'elle soit une putain".Terrifiée, elle relève le défi, prend des cours de diction et de français et finit par triompher et s'imposer comme une véritable comédienne. Romy Schneider est née.     

 

                  

La suite sera sa rupture avec Delon et sa rencontre avec le metteur en scène Harry Meyer qui va la subjuguer par sa culture et son intelligence. Ensemble, ils auront un fils David qui sera le point d'ancrage de cette jeune femme fragile. Car le couple bat de l'aile, Meyer s'étant révélé un géant aux pieds d'argile, un être rongé par une névrose d'échec. Heureusement pour Romy, une opportunité se présente : Delon l'appelle pour devenir sa partenaire dans le prochain film de Jacque Deray "La piscine".  Ce film  va révéler au public une actrice de trente ans au sommet de sa beauté et de son talent. La maternité a fait d'elle une femme épanouie, resplendissante et apparemment sûre d'elle. C'est grâce à ce long métrage que Claude Sautet découvre la vedette qu'il cherche et qu'il saura utiliser comme personne dans plusieurs de ses réalisations : "Les choses de la vie""Max et les ferrailleurs", "César et Rosalie"installant Romy au panthéon des actrices françaises et l'imposant comme l'égérie radieuse des années 70. C'est lui qui élaborera son personnage définitif : une femme libre ou qui s'efforce de l'être et en qui se reflète l'évolution des moeurs. Et puis il y avait de la part de l'actrice, qui n'était pas exempte de rouerie, une authenticité qui faisait tout passer. Le moment fort de leur collaboration sera  "Une histoire simple",  qui est, par ailleurs, l'oeuvre la plus retorse de ce metteur en scène. C'est un récit sans intrigue réelle où la jeune femme sert de référence à des couples pris dans des tourments affectifs, aggravés de problèmes de statut social. L'actrice trouve là un rôle à sa mesure qui correspond à l'image que le public avait d'elle : non point celle d'une figure mythique comme Marilyn Monroe mais d'une femme qui évoquait à la fois la beauté de la maturité et une certaine liberté d'allure et de comportement qui leur semblait familière et proche.

 



                           romyschneider.jpg

                      
 

C'est probablement avec "L'important, c'est d'aimer" qu'elle ira le plus loin dans un univers crépusculaire qu'elle portait en elle et où elle incarne, sous la direction de Zulawski, une actrice sans envergure et exprime remarquablement sa solitude face à un monde déboussolé et sinistre. Puis elle tournera avec Chabrol  "Les innocents aux mains sales",  mais le courant ne passera pas entre eux et avec Robert Enrico  "Le Vieux Fusil" où, face à un Philippe Noiret remarquable, elle fait une composition d'une grâce bouleversante, avant d'être "La Banquière" de Francis Girod, un film à costumes qui retrace la montée puis la chute d'une femme d'affaires et où Romy se montre séduisante et déterminée. Elle retrouvera aussi le personnage de Sissi dans "Le Crépuscule des dieux", sous la direction de Visconti qui, plus soucieux de la réalité historique, transformera la suave Sissi en une grande dame volontaire et douloureuse.



Malheureusement, sa vie privée n'est pas au diapason de sa réussite professionnelle. Son mariage s'est peu à peu transformé en un conflit permanent où l'alcool joue un rôle maléfique. Aussi demande-t-elle le divorce et va-t-elle prendre plaisir à jouir d'une liberté qui la voit avide d'aventures. D'autant que le succès lui apporte sans cesse de nouveaux rôles qu'elle interprète avec cette flamme dont elle est habitée et qui semble jaillir du plus profond d'elle-même. Un César de la meilleure actrice, puis un second viendront récompenser le travail acharné et le professionnalisme d'une comédienne toujours inquiète de n'être pas à la hauteur de ce que son metteur en scène attend d'elle.

 


Après des années d'errance amoureuse, elle croit avoir trouvé le bonheur auprès de Daniel Biasini, qu'elle avait engagé comme secrétaire et qui deviendra son mari et le père de sa petite Sarah. Mais comme elle l'avoue elle-même : elle ne sait pas garder l'enfant en même temps que le père. Daniel et elle se sépareront peu après la naissance de l'enfant. C'est alors que le suicide du père de David rompt son fragile équilibre. Assaillie de culpabilité, l'actrice renoue avec ses vieux démons et les barbituriques dont on sait qu'ils ne font pas bon ménage avec l'alcool. Et de l'alcool, elle est tentée d'abuser...  Puis survient la mort accidentelle de David qui se perfore l'artère fémorale en escaladant la grille du jardin de ses grands-parents à Saint-Germain-en-Laye. C'est le coup fatal. A cela s'ajoute l'ablation de son rein droit atteint d'une tumeur. Elle tourne encore "La passante du Sans-Souci" avant de tirer sa révérence à l'âge de 43 ans. Moins d'un an après la mort de David... Les épreuves, les barbituriques, l'alcool auront eu raison de sa santé. Mais il nous reste ses films, une soixantaine, le souvenir de sa silhouette, de son pas vif, de son sourire des yeux, de ses larmes, de la grâce de ses gestes, de son rire délicieux et de cette mélancolie toujours présente comme un adieu éternel à la vie.

 

 

Pour prendre connaissance des critiques de films où apparaît Romy, dont "César et Rosalie", "Une histoire simple", "La piscine", "Ludwig ou le crépuscule des dieux" et "Le vieux fusil", cliquer sur les liens ci-dessous : 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS    

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN   

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


                                                                               

                                      Dean Film 

 

                    742eb762.jpg

 

 

 

ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
commenter cet article
19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 11:13

                    Bac Films  Bac Films

" Les femmes n'ont rien à dire, mais elles ont tout à raconter " - ce bon mot d'André Gide pourrait être mis en exergue du film de la jeune cinéaste libanaise Nadine Labaki qui nous offre, avec son premier long métrage Caramel ,  une oeuvre délicate, poétique et non dénuée d'humour. La jeune femme a choisi de situer son action dans un lieu clos, sorte de refuge propice aux confidences qui a déjà servi à Cukor pour Femmes en 1939 et à Tonie Marshall pour Vénus Beauté en 1999. Car plus encore que les mondaines occidentales, les clientes de l'Institut un peu défraîchi de Jayale ( interprétée par Nadine Labaki ) ont besoin d'un havre de paix pour se dire, se confier, loin des oreilles et des regards indiscrets et pour partager un moment de douceur dans des existences difficiles déclinées en cinq destins : celui de Jayale éprise d'un homme marié, de Nisrine qui n'ose pas avouer à l'homme qu'elle aime qu'elle n'est plus vierge, de Rima qui est attirée par les femmes, de Jamale, quinquagénaire, qui voudrait tant renouer avec sa carrière d'actrice et de Rose, la couturière chrétienne, qui a consacré sa vie à soigner une soeur aînée handicapée. Cet entrecroisement de destins est servi par une lumière caramel qui évoque les odeurs sensuelles du sucre fondu avec lequel on épile les clientes et par le charme discret et très convaincant des actrices recrutées pour leur proximité avec les personnages qu'elles sont chargées de représenter. Le film doit beaucoup à ces actrices improvisées qui confèrent une spontanéité, une grâce, une authenticité et une vitalité extraordinaire à cet univers superficiel réservé au beau sexe et rend plus crédible encore un message où la volupté de l'instant et le poids d'une tradition immémoriale ne cessent de se mêler dans une spécialité d'une saveur toute orientale.
"Je me suis toujours posée des questions à propos de la femme libanaise - a confié la cinéaste lors d'une interview - oscillant moi-même entre deux mondes, la culture occidentale moderne, qui nous offre l'image d'une femme émancipée, et l'univers oriental, lourd de traditions. Chrétiennes et musulmanes, nous subissons le poids de l'éducation rigide, de la religion toujours très présente. Nous avons la volonté de bien faire, de ne pas décevoir et vivons dans la crainte du regard des autres, dans la hantise du jugement. Le Liban est considéré comme un exemple d'ouverture, de libération, mais ce n'est pas toujours le cas. La femme libanaise n'est pas très bien dans sa peau. Elle cherche son identité, parfois à travers le jeu des apparences, et souffre de l'hypocrisie du système".

Son amour du cinéma lui a été transmis par son grand-père qui tenait, dans les années 50, une petite salle de projection dans le village de Baabdath. "Je n'ai pas connu cette époque malheureusement, mais j'en ai entendu parler par mon aïeul et surtout mon père qui a eu une enfance identique à celle du gamin de Cinema Paradiso "- a-t-elle dit à un journaliste. Après des études audiovisuelles, un prix du meilleur court métrage décerné par l'INA et de nombreux clips musicaux pour des stars du Moyen-Orient, c'est lors du Festival de Cannes 2006 qu'elle a trouvé le sujet de Caramel et que son scénario a été retenu par les jurés chargés d'encourager les jeunes créateurs. La prodige arabe a dédié le sien à sa ville de Beyrouth, réelle et rêvée, et a réalisé son film en six semaines, de mai à juillet 2006, ne se limitant nullement à la seule mise en scène mais se chargeant du rôle de Jayale, la responsable de l'Institut de beauté, partagée entre son métier et son amour sans espoir pour un homme marié. "Je ne me rêvais pas comédienne, mais je prends peu à peu goût au jeu" - reconnait-elle volontiers.
Nul doute qu'un bel avenir s'ouvre devant cette talentueuse jeune femme sensible, inspirée et déterminée, qui débute dans la carrière avec une première oeuvre pleine de promesse, bien filmée, bien sentie, bien jouée, que quelques maladresses et facilités ne parviennent même pas à ternir. A signaler la musique très plaisante qui accompagne l'intrigue et les scènes de joie comme d'inquiétude et de mélancolie. Caramel vient de recevoir son aval et sort enfin dans les salles de spectacle libanaises après une longue attente.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

                         Bac Films

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article
10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 10:51

 François Berléand et Ludivine Sagnier. Wild Bunch Distribution      VIDEO

 

 

Inspiré d'un fait divers américain, l'assassinat en 1906 d'un célèbre architecte Stanford White par l'époux de son ex-maîtresse, une jeune actrice de music-hall, et de  "La fille sur la balançoire " (1955), l'excellent film de  Richard Fleischer,   La fille coupée en deux  de  Claude Chabrol  décrit l'ambition d'une jeune femme, présentatrice météo sur une chaîne de télévision locale, d'abord éprise d'un écrivain en vogue égotique et pervers, puis d'un jeune héritier déjanté et suicidaire, dont les amours partagées aboutiront à un drame trop bien annoncé pour surprendre aucun des spectateurs, et nous immerge dans le microcosme médiato-culturel de la télévision et de l'édition.


Chabrol, qui se considère volontiers comme " l'impitoyable anatomiste des passions humaines",  ne nous fait grâce d'aucune des perversions de ce milieu restreint et nous le dépeint avec une sombre férocité qui, malheureusement, n'échappe pas au trait excessif et caricatural, au point de gâter notre plaisir et de nuire à la cohérence psychologique des personnages. Ce maître du trompe-l'oeil, qui se plait depuis  Le beau Serge  à dénoncer les faux-semblants et les tares de notre société, nous livre ici un scénario trop outrancier, une intrigue qui dégénère assez vite en une farce dans laquelle le fils à papa, dandy de sous-préfecture, campé par un  Benoît Magimel  auquel on en demande trop et qui surcharge son rôle de façon à ce qu'il ne soit plus crédible, coopèrent pour rendre peu vraisemblable cette histoire de séduction et de vengeance. Je suis sortie déçue de cette projection, alors que je m'y rendais sans aucun à-priori, étant une admiratrice du cinéaste dont je considère certains de ses films comme d'incontestables chefs-d'oeuvre.


Ludivine Sagnier et François Berléand. Wild Bunch Distribution

 

 Là, le savoir-faire de Chabrol, son rythme de découpage incisif et percutant, l'atmosphère qu'il sait créer dès les premières images, moment où le décor, les personnages, les situations se mettent en place, ce talent où se mêlent dérision et subtilité ne fonctionne pas à plein et nous laisse sur une amère déception. On ne retrouve pas le grand Chabrol que nous avons apprécié et dont chacun des films était une leçon du style le plus décapant qui soit. Là, on subit un échantillonnage d'êtres en rupture avec eux-mêmes, figés dans des compositions paroxysmiques dont on ne peut croire qu'elles sont l'ordinaire de notre temps. Seule Ludivine Sagnier  nous touche, lors des premières scènes, quand la jeune fille, qu'elle est sensée représenter, découvre le monde corrompu dans lequel son amant tente de l'entraîner... un moment de grâce.

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Claude Chabrol, cliquer sur son titre :

 

CLAUDE CHABROL OU UNE PEINTURE AU VITRIOL DE NOTRE SOCIETE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont La femme infidèle, Le beau Serge et Que la bête meure, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

                                 Benoît Magimel et Ludivine Sagnier. Wild Bunch Distribution

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche