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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 10:20
L'Hermine de Christian Vincent

Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle " le Président à deux chiffres ". Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Malade au début de ce nouveau procès, quitté par une épouse plus riche que lui, Racine couche désormais à l’hôtel en traînant sa petite valise. Tout bascule le jour où il retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d’infanticide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Médecin anesthésiste, elle l’a arraché à la mort physique lors d’une grave opération. Retrouvée par hasard et connue par hasard, elle va, au cours de cette audience, le sauver d’une nouvelle mort, la mort morale.

 

 

Ainsi la guérison de cet homme passe-t-elle par un procès dont l’intérêt principal réside dans le rôle des jurés, tous très différents, qui sont mis en présence d’un cas d’autant plus douloureux qu’il s’agit de la mort d’un enfant. Les témoins défilent sans apporter de notables éclaircissements. Qui juge qui, au final ? A un moment donné le président malmène l’un des policiers qui a découvert la mort de ce bébé de 7 mois. A chacun sa vérité, celle de ce policier honnête n’est pas plus certaine que celle du père qui attend le verdict dans le box des accusés. Michel Racine, touché par la présence de Ditte, leur rappelle qu’il faut accepter de ne pas savoir… Ainsi l’irruption de la douceur et de la tendresse dans sa vie bancale et solitaire est-elle le début d’une véritable rédemption, rédemption qui lui révèle une autre vérité : si un procès change le cours des choses, c’est peut-être d’abord vis-à-vis de soi. Nous voyons que les sentiments ont le droit de siéger dans l’enceinte stricte d’un tribunal.

 

 

Sidse Babeth Knudsen, qui interprète le rôle de Ditte, a été choisie par Christian Vincent à la suite de son visionnage de la série « Borgen » où il l’avait beaucoup appréciée. Et, il est vrai, qu’elle illumine le film de son rayonnement où s’allient en un dosage idéal la beauté et l’intelligence. Quant à Fabrice Luchini, qui a reçu pour le rôle de Michel Racine le prix d’interprétation à la Mostra de Venise, il est remarquable de sobriété et de naturel, homme intransigeant, droit dans ses bottes en apparence, mais plus vulnérable qu’il n’y parait, proie de toutes les perplexités de la conscience et de la vie. Sa soudaine guérison est celle du doute sur l’évidence intérieure, ce qui est vraisemblable n’étant pas obligatoirement certain. Un film qui suggère plus qu’il ne démontre et laisse à chacun son interprétation personnelle.

 

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:23

Collection Christophe L. Haut et Court Collection Christophe L. Studio Canal



MICHELE MORGAN     GERARD PHILIPE    

 

 INGRID BERGMAN - PORTRAIT   

  

DANIELLE DARRIEUX

 

JEAN GABIN      SIMONE SIGNORET       BOURVIL        ANNIE GIRARDOT         

 

BERNARD BLIER

 

JEAN-CLAUDE BRIALY - PORTRAIT     ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT    

 

 HENRY FONDA - PORTRAIT

 

GARY COOPER - PORTRAIT         JOHN WAYNE       GRACE KELLY    

 

JAMES STEWART - PORTRAIT        YUL BRYNNER       

 

CARY GRANT OU L'ART DE SEDUIRE

 

ARLETTY, LA VOIX DES FAUBOURGS




Rezo Films Columbia Pictures  Mars Distribution Pathé Distribution


      

GONG LI - PORTRAIT        BURT LANCASTER - PORTRAIT        

 

NATALIE WOOD - PORTRAIT

 

AUDREY HEPBURN - PORTRAIT      VITTORIO GASSMAN     

 

JEANNE MOREAU

 

GIULIETTA MASINA          CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT  

 

 SEAN PENN - PORTRAIT          CLINT EASTWOOD - PORTRAIT    



MERYL STREEP - PORTRAIT       TONY LEUNG CHIU WAI     

 

VIVIEN LEIGH     LOUIS DE FUNES        EMMA THOMPSON          

 

JEAN-LOUIS TRINTIGNANT           

 

STEPHANE AUDRAN - PORTRAIT     

 

ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT



JEAN-PAUL BELMONDO        DUSTIN HOFFMAN            

 

PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT

       

MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT             

 

PENELOPE CRUZ - PORTRAIT               

 

 JEAN-PIERRE CASSEL - PORTRAIT          JULIE CHRISTIE             

 

ANDY GARCIA - PORTRAIT   



HARRISON FORD - PORTRAIT           CHARLTON HESTON  

 

 

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LAURENT TERZIEFF : UNE VOIX S'EST TUE          BRUNO CREMER       

 

 SHIRLEY MACLAINE - PORTRAIT         NAOMI WATTS - PORTRAIT

 

LEONARDO DICAPRIO - PORTRAIT               

 

MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE      

 

AVA GARDNER, LA FLAMBOYANTE

 

GENE TIERNEY, L'ATTENDRISSANTE      

 

ELISABETH TAYLOR, L'ENSORCELEUSE

 

RITA HAYWORTH, DEESSE DE L'ECRAN       HARVEY KEITEL - PORTRAIT

 

PAUL NEWMAN         CATHERINE FROT        ROBERT de NIRO - PORTRAIT

 

KATE WINSLET         DANIEL DAY-LEWIS - PORTRAIT      

 

KATHARINE HEPBURN,L'INSOUMISE


INTERVIEW de UGGIE, LE CHIEN de "THE ARTIST"   


BERNADETTE LAFONT, LE SOURIRE de la NOUVELLE VAGUE        

 

CATE BLANCHETT - PORTRAIT

 

MAURICE RONET, L'ETERNEL FEU FOLLET

 

NIELS ARESTRUP, UN LOUP SOLITAIRE

 

NICOLE KIDMAN - PORTRAIT


LAUREN BACALL, LE PLUS BEAU REGARD D'HOLLYWOOD S'EST ETEINT

 

FABRICE LUCHINI, LE CROQUEUR DE MOTS

 

MARIE DUBOIS, LA LUMINEUSE

 

KEIRA KNIGHTLEY - PORTRAIT

 

COLIN FIRTH            OMAR SHARIF        MAGGIE SMITH - PORTRAIT

 

ROBERT REDFORD - PORTRAIT

 

MELANIE LAURENT, UNE VIE DEVANT ET DERRIERE LA CAMERA

 

MARION COTILLARD - PORTRAIT          EMMA  STONE

 

JESSICA CHASTAIN OU L'AUDACE EN PRIME TIME

 

Les Films du Losange Pathé Distribution Collection Christophe L. Mars Distribution


 

FESTIVAL DE CANNES - CES FEMMES QUI ENFLAMMENT LA CROISETTE


HITCHCOCK ET SES STARS      LES ACTRICES ET ACTEURS DE LA NOUVELLE VAGUE

 

LES ACTEURS DU CINEMA ITALIEN            LES ACTRICES DU CINEMA ITALIEN     

 

HOLLYWOOD ET SES STARS                 

 

LES COUPLES IMMORTELS DU 7e ART


La Fabrique de Films EuropaCorp Distribution  Bac Films Daniel%20Day%20Lewis-1731146

 


 

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 10:28
Le nouveau stagiaire de Nancy Meyers

Depuis la mort de sa femme, Ben Whittaker se sent seul et la retraite n'a rien arrangé. Afin de donner du piment à sa vie, il décide de postuler à un stage pour un site Internet de mode. Contre toute attente, il est pris. Jules Ostin, la patronne de l'entreprise, est d'abord surprise de sa présence et charge ses confrères de s’occuper de lui car elle estime très mal gérer les personnes âgées, mais s'apercevra bientôt que cette nouvelle et atypique recrue sait se faire apprécier de son équipe. Et pour cause, Ben est un homme chaleureux qui prodigue de judicieux conseils. Jules finira par se prendre d'amitié pour lui et le présentera à sa famille, si bien que le septuagénaire devient une figure quasi paternelle,  très vite incontournable...

 

 

La réalisatrice de Ce que veulent les femmes (2000) consacre sa nouvelle comédie à illustrer la collaboration d'une jeune patronne de start-up et d'un retraité de 70 ans, engagé comme stagiaire dans le cadre d'une expérience intergénérationnelle, qui se révèlera parfaitement efficace, malgré les handicaps supposés de son âge. Avec habileté et une bonne dose d’optimisme, Nancy Meyers tente d’échapper aux conventions et de donner une tournure joyeuse et positive à une actualité pétrie de bons sentiments. Et si les personnes du troisième âge avaient toujours un rôle à jouer et une expérience à apporter à la société déboussolée qui est la nôtre, engagée dans une constante course contre la montre où toutes les valeurs sécurisantes volent en éclats ? Oui, si la sagesse, le bons sens, la générosité, l’indulgence étaient encore de mise et pouvaient servir de béquille à certains jeunes chefs d’entreprise que leurs emplois du temps surchargés et anxiogènes mènent au désastre ? Car Jules est bien sur la voie de la dépression et de l’épuisement à tenter de mener de front vie privée et vie professionnelle. La réalisatrice a su doser avec finesse les divers éléments qui font qu’une jeune femme pleine de courage et de compétence  peut soudain perdre pied, se laisser gagner par le découragement et voir sombrer en peu de temps ce qu’elle a édifié avec talent et opportunité. Cette comédie plaisante a le mérite de nous immerger dans une atmosphère où le meilleur l’emporte sur le pire et, sans rien  cacher des obstacles inhérents à la situation, de les régler avec une tendresse amusée et bienveillante.  

 

 

Les acteurs sont pour beaucoup dans le charme de cette comédie légère et bien conduite et en premier lieu Robert de Niro, incroyablement séduisant dans le rôle du septuagénaire qui entend vieillir avec intelligence et altruisme et qui, soudain, se prend d’affection pour cette jeunesse courageuse et un brin déboussolée. Quant à la ravissante Anne Hathaway, elle est délicieuse de naturel et de spontanéité en chef d’entreprise dépassée par les événements et bousculée par sa soudaine notoriété dans le monde des affaires. Monde des affaires qui ne craint pas de broyer les plus performants. Voilà un film excellent pour le moral et si réconfortant que le public de la salle a applaudi, sans doute parce qu’un opus sans violence est suffisamment rare pour qu’on l’apprécie et le savoure. Certains parlent de guimauve, de mièvrerie, de sentimentalisme désuet, pas moi.

 

 

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Le nouveau stagiaire de Nancy Meyers
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:40
L'homme irrationnel de Woody Allen

18Une fois encore, avec son dernier opus, mené au rythme d’un scénario serré, accompagné de dialogues ciselés, Woody Allen fait mouche, malgré les grimaces presque habituelles des critiques cinématographiques qui, depuis quelques décennies, n’en finissent pas de dédaigner le maître d’hier. Oui, une fois encore, l’habile réalisateur séduit. S’ajoute le jeu d’acteurs qui s’investissent pleinement dans leur rôle comme Emma Stone, que j’avais trouvée falote dans « Magic in the moonlight », et qui s’affirme dans « L’homme irrationnel » avec assurance dans son personnage de jeune étudiante subjuguée par son professeur de philosophie, dépressif et alcoolique, qui semble accablé par la stérilité de la pensée spéculative. Cela, jusqu’à ce qu’il surprenne une inconnue en train de se plaindre d’un juge dont l’obstination réduit sa vie à une peau de chagrin et que ce récit le sorte de sa torpeur, au point  que sa raison, en pleine dérive, lui fasse envisager un plan machiavélique propre à rompre le dernier barrage de la lucidité. Persuadé qu’il a trouvé un sens à sa vie, il va accomplir l’irréparable et agir de façon à délivrer une malheureuse victime de son supposé bourreau.

 

 

Mais peut-on trouver le bonheur dans le crime ? La question avait déjà été posée par Barbey d’Aurevilly et analysée dans le détail par un Dostoïevski ou une Hannah Arendt. Nous savons qu’elle fascine depuis longtemps Woody Allen qui en a fait le thème de plusieurs de ses films dont « Crimes et délits », « Le rêve de Cassandre » et l’admirable « Match Point ». Puisque la philosophie semble impuissante à donner sens à sa vie, Abe, non content de séduire sa jeune élève et convaincu de la désespérante impuissance du bien, se laisser aller à la tentation de choisir la voie opposée. Cette dérive est menée avec la maestria habituelle de Allen qui sait jouer des thématiques les plus contradictoires et des subversions les plus cyniques au point de les rendre presqu'acceptables. On s'amuse de le voir jongler avec les registres et les genres, le mal se savourant avec plus de gourmandise que le bien…

 

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L'homme irrationnel de Woody Allen
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 09:50
Taxi driver de Martin Scorsese

 

De retour du Vietnam, Travis Bickle (Robert de Niro) est engagé dans une compagnie de taxi new-yorkaise. Mais l’ennui, l’angoisse et la mélancolie gagnent. Ses aventures nocturnes ratées par maladresse et la violence quotidienne dont il est le témoin lui font peu à peu perdre la tête. Sa rencontre avec une jeune prostituée de 14 ans (Jodie Foster) va tout faire basculer. Torturé par une obsession politique et sociale de "propreté", il s’assigne la tâche de redresser une humanité qu’il perçoit décadente et de protéger la jeune femme livrée aux sinistres obsessions de pourvoyeurs obscènes.

 

 


« Taxi driver » est tout d’abord une terrifiante entrée dans le froid processus de la folie paranoïaque et dans la lente progression d’un être fruste qui s’enfonce dans les ténèbres. La descente aux enfers de Travis Bickle est proprement saisissante. De Niro est époustouflant dans ce personnage gagné par la détresse et la peur au cœur d'une mythologie urbaine qui le cerne. Malgré un narratif déprimant, l’acteur a le mérite de nous subjuguer dans le rôle de ce justicier de la ville, victime d’une humanité livrée à ses pulsions les plus abjectes.

 

 


Le monde criminel, la mafia, la cité représentent l’enfer dans la vision pessimiste de Scorsese. Les êtres sont faits pour se perdre dans des dédales qui ne mènent nulle part et où les voix de la justice sont couvertes par le bruit. Pas une seule image de la lumière, de la clarté du jour, d’un arbre, d’une fleur, toutes évoquent une nuit sinistre envahie de lueurs artificielles, de flashs rougeoyants et aveuglants qui dissolvent le réel. New-York n’est autre qu’une jungle qui réveille chez Travis les traumatismes de la guerre et les obsessions les plus funestes. Scorsese peint à merveille le glauque de ces nuits subies par cet homme qui se dit poursuivi par la solitude et l'adversité et vit dans une perpétuelle psychose où nul sourire, nulle clarté ne sont là pour l’éclairer et l’humaniser ; oui, une nuit où les repères éclatent et où les codes se bousculent à jamais. Un film éminemment désespéré qui tend tout entier vers sa scène finale et sa tragédie illustrée par une imagerie lancinante et hallucinatoire. Un film qui n’a pas pris une ride tant il s’inscrit dans une démarche culturelle et historique qui lui confère un sens universel.

 

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Taxi driver de Martin Scorsese
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 09:42
"New-York, New-York" de Martin Scorsese"New-York, New-York" de Martin Scorsese

New York, 1945, l'Amérique fête la fin de la guerre. A cette époque-là, Jimmy Doyle, un saxophoniste, fait la connaissance de Francine, une chanteuse. Ils tombent amoureux, non sans que Jimmy ait dû multiplier les tentatives de séduction avec un culot teinté de malice. Bientôt le jeune musicien obtient un job auprès de sa conquête, dans l'orchestre où elle chante, et ils partent en tournée ensemble. Le talent de Jimmy lui vaut une rapide promotion. Bientôt, Jimmy et Francine se marient et ont un enfant. Mais la vie les sépare de plus en plus car leurs ambitions ne sont pas les mêmes. Si Jimmy tient à rester le saxophoniste bohème de ses débuts qui se produit dans des sous-sols de boîtes enfumées avec un orchestre fait de bric et de broc, Francine entame une carrière brillante qui la pousse vers Hollywood et veut élever son fils dans de bonnes conditions, sans être constamment sur les routes ...

 

 

Par ailleurs, c’est un peu l’histoire du film qui se projette sur le tournage. Scorsese s’enlise dans cette grosse production envisagée comme un hommage aux films des années 40 et 50. Une histoire d’amour qui va mal finir. Francine, la chanteuse (Liza Minnelli) et Jimmy, le saxophoniste (Robert De Niro) vont s’aimer, se produire ensemble dans des cabarets, mais peu à peu les divergences artistiques auront raison de leur couple. Dépassement de budget et de planning, décors trop oppressants, psychologie trop douloureuse, Scorsese n’arrivera pas, selon lui, à donner assez d’espace à ses rôles principaux. Et cependant, les scènes intimistes entre les deux protagonistes sont puissantes ! Le mal de vivre est constamment présent entre deux êtres totalement opposés et une rivalité d’artistes qui enflamme les esprits.

 


Comédie musicale ou drame en musique reflétant les angoisses d’un jeune cinéaste souffrant à l’idée d’être adulte et abandonné par l’art et l’amour, » New York, New York » est paradoxalement l’une des plus belles déclarations à la vie, au cinéma et à la musique qui se soit imprimée sur l’écran. Le chant d’amour d’un cinéaste vénérant l’art avec une foi profonde. Et la question posée à la fin du film (lorsque Francine décide de ne pas prendre la porte de sortie pour rejoindre Jimmy) est peut-être celle-ci : un artiste doit-il sacrifier son art aux dépens de l’amour ? La beauté du film et ses clins d’œil amoureux (à Vincente Minnelli, Michael Powell ou Stanley Donen) semblent y répondre par une autre question : servir son art ne serait-ce pas déjà l’amour ? D'autre part, au coeur du chaos psychologique de ses personnages, le cinéaste se plaît à faire progresser un être fruste vers la lumière. Ce sera le cas de Jimmy. Scorsese a toujours été un visionnaire qui s'est appliqué à saisir l'homme de son temps pour l'inscrire dans une perspective culturelle et historique qui lui conférera un sens universel.

 

 

Dans « New-York, New-York », si peu aimé du réalisateur, les acteurs donnent la pleine mesure de leur talent et acceptent de se rendre parfaitement malléables à l'invention de leur metteur en scène, prêtant à cet opus une émotion incroyable : Robert de Niro est l’acteur exceptionnel qui ne fera que s’affirmer de film en film, d’une conviction et d’une subtilité rares ; Liza Minelli, fille de Judy Garland et de Vincente, prouve que bon sang ne saurait mentir. Un film attachant qui laisse une longue empreinte dans la mémoire. 

 

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"New-York, New-York" de Martin Scorsese
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 09:11
Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière

 

En 1942, à Tobrouk, un commando français fait sauter des dépôts d’essence allemands. Quatre soldats parviennent à s’enfuir et se retrouvent bientôt perdus en plein désert. Après une journée de marche harassante, ils repèrent une automitrailleuse allemande et ses cinq occupants. Un seul échappe à la mort et est fait prisonnier. C’est le début d’une aventure étonnante où, face au danger, chacun découvrira l’entraide pour sortit vivant d’un tel guêpier.

 


Denys de La Patellière, auteur d’un certain nombre de comédies légères, souhaitait en ce début des années 60 évoquer l’absurdité d’une guerre qui avait emporté plusieurs membres de sa famille. Il réunit alors le scénariste René Havard et le dialoguiste Michel Audiard pour construire une histoire se déroulant durant la campagne de 1942 en Libye et mettant en scène un groupe de soldats perdus dans le désert. Grâce à Michel Audiard, le scénario va se doter d’un ton ironique qui transforme progressivement le film en une comédie féroce sur l’imbécilité de tout conflit armé. Sublimé par ses dialogues savoureux, « Un taxi pour Tobrouk » évoque sur le ton de la plaisanterie des thèmes délicats comme l’obéissance aveugle à une autorité supérieure, la fraternité entre les peuples, tout en se moquant ouvertement des règles et usages imposés par l’armée, cela de façon absolument iconoclaste.

 



Opus au budget limité, il sera tourné à Almeria en Espagne (l’Afrique du Nord en pleine décolonisation était trop risquée pour les assureurs) afin de profiter d’espaces désertiques sans sortir de l’Europe. Malgré ces moyens réduits, l’équipe parvient à un résultat convaincant jusque dans les séquences de combat, cela grâce au jeu des acteurs, tous d’un naturel désarmant, c’est le cas de le dire, et d’une franche liberté de ton. Conscient des limites formelles imposées par la production, Denys de la Patellière s’est concentré sur ses personnages et les liens qui les unissent. Glissant au passage quelques vérités sur la France de la collaboration, sur l’attentisme d’une large partie de la population ou encore sur l’héroïsme de pacotille mis en avant au moment de la Libération. Aussi le film heurta-t-il quelques personnalités choquées par cet antimilitarisme, mais reçu un accueil bon enfant du public. La présence de Lino Ventura, à l’époque très populaire, y est aussi pour quelque chose. Un film qui garde aujourd’hui encore son côté burlesque et cocasse et son cynisme de bon aloi.

 

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Un taxi pour Tobrouk de Denys de la PatellièreUn taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 09:05
Le concert de Radu Mihaileanu

 A l’époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union soviétique et dirigeait le célèbre orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.


Un soir, alors qu’Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s’agit d’une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l’orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd’hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L’occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche...

 

A partir de ce scénario, Radu Mihaileanu nous convie à partager un véritable hymne à la musique où, malgré un certain manque d’unité dans le schéma initial, le résultat est que l’on  sort de la salle avec du baume au cœur, tant la présence permanente de la musique reste en mémoire. Après la tragi-comédie absurde de «  Train de vie » et le mélodrame bouleversant « Vas, vis et deviens », le cinéaste slave nous revient avec un film plus léger et mieux calibré, au ton de franche farce (du moins en apparence), qui a connu un succès bien mérité.



Mihaileanu reprend à son compte un motif typique de la comédie sociale : celui de la bande de ratés qui réalise son rêve à force d’acharnement, de solidarité et de péripéties rocambolesques. Comme « Les Virtuoses », il met ce schéma au service d’un thème fédérateur, la grande musique classique : ici, c’est un chef d’orchestre russe déchu par le régime staliniste (Alexei Guskov) qui part à la conquête de Paris, pour jouer du Tchaïkovski au théâtre du Châtelet, non sans l’aide de son « orchestre » composé de clochards magnifiques. L’occasion d’une galerie de portraits hilarante, jamais loin de la grosse caricature à la mode slave. Pour autant, on aurait tort de bouder son plaisir : après un démarrage un peu poussif, le spectacle prend son envol, enchaînant les situations burlesques et les dialogues les plus drôles sur un rythme trépidant. La première partie en Russie débute comme une fantaisie à la Kusturica, puis « Le concert » trouve une énergie nouvelle lorsque sa troupe de branquignols débarque à Paris : dès lors, Mihaileanu mêle humour et émotion en un savant dosage, se gaussant du choc des cultures et des clichés ethniques (la bouffe, la vodka, le communisme, la mafia) tout en dessinant en sourdine une ligne scénaristique plus grave (le mystère de la naissance d’Anne-Marie Jacquet/Mélanie Laurent, le sort des juifs sous la répression staliniste), le cinéaste roumain ne perdant jamais de vue les thèmes qui lui sont chers. C’est à l’occasion de cet opus que l’on a découvert la présence et le talent de Mélanie Laurent qui joue avec une émotion grave ce merveilleux concerto pour violon de Tchaïkovski, point d’orgue du film. A revoir et à réentendre sans aucun doute.

 

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Le concert de Radu Mihaileanu
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 08:09
Le troisième homme de Carol ReedLe troisième homme de Carol Reed

 Holly Martins, écrivain sans le sou, est venu à Vienne pour retrouver son ami Harry Lime qui lui a promis un pont d’or. Mais il apprend par son gardien d’immeuble que celui-ci est mort après avoir été renversé par une voiture. Martins choisit alors de mener sa propre enquête pour démasquer les assassins de son ami. Rien ne l’a préparé à ce qu’il va découvrir...Car Lime n’est nullement l’ami qu’il croyait. Ce cynique individu, qui trafiquait la pénicilline causant ainsi la mort de nombreux enfants atteints de méningite, n’est qu’un escroc auquel les lendemains de la guerre offrent la possibilité de se livrer à son sinistre trafic. A travers le personnage d’Anna, la femme qui l’a aimé, Holly Martins va remonter à la source et découvrir que son ami n’est nullement mort et passe d’un secteur à l’autre, la ville de Vienne étant alors divisée en plusieurs quartiers, les uns aux mains des Russes, les autres des Alliés américains et britanniques.

 

 

Ce film, tourné à Vienne en 1948 dans les décors sinistres d’une ville laminée par les bombardements, grand prix à Cannes l’année suivante, est un petit chef-d’œuvre de mise en scène grâce aux photos magnifiques, rehaussées encore par le noir et blanc, de Robert Krasker dans un expressionisme allemand d’une grande beauté visuelle et d’un raffinement subtil qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Fritz Lang et de Josef von Sternberg par ses jeux d’ombre et de lumière, le rythme de l’action et le montage destiné à intensifier la tension. Ces images contribuent à la force indéniable de certaines scènes et lui ajoutent un charme ténébreux, d’autant que la musique répétitive et entêtante y est également pour beaucoup, musique composée et interprétée à la cithare par Anton Karas, un tube qui, par la suite, fera le tour du monde. Ce policier britannique, écrit d’après un ouvrage de Graham Greene par Carol Reed, dont c’est la meilleure réalisation cinématographique, jouit également d’une parfaite interprétation, celle de la très belle Alida Valli dans le rôle d’Anna qui reste fidèle à son amour pour Harry Lime, de Joseph Cotten dans celui de Holly Martins, un homme revenu de beaucoup de déceptions et qui s’éprend de la belle et fragile Anna, et de Trevor Howard dans celui du major Calloway, l’homme qui ouvre les yeux de Holly et lui propose de contribuer à ses côtés à la filature de ce troisième homme dont les traits sont ceux d’Orson Welles, homme fantôme qui hante les égouts de la capitale autrichienne. Krasker a profité de Vienne avec brio grâce à son utilisation de la profondeur de champ et des lumières vives ou glauques au plus près de l’expressionisme mais cédant parfois à des afféteries inutiles. Bien sûr, la présence d’Orson Welles, dont la réapparition soudaine est l’un des grands moments du film, contribue à son magnétisme qui semble bien traverser le temps et n’est autre qu’un constat amer de l’état du monde au sortir d’une guerre.

 

 

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Le troisième homme de Carol Reed
Le troisième homme de Carol Reed
Le troisième homme de Carol Reed
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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 09:39
Premiers crus de Jérôme Le Maire

 Fils de viticulteur, Charlie Maréchal (Jalil Lespert) a quitté la Bourgogne pour devenir un œnologue parisien réputé, auteur d’un guide à succès dont les notes font chaque année trembler tous les vignobles. Mais en Côte-d’Or, son père François Maréchal (Gérard Lanvin) a perdu le goût du vin et ses errements précipitent l’exploitation viticole familiale vers la faillite. D’abord réticent, Charlie revient en Bourgogne. Il doit rechausser ses bottes et remonter ses manches, devenir viticulteur et se confronter à un métier qu’il ne connait pas, sous le regard dubitatif de son père. Entre une météo capricieuse et un cépage délicat, Charlie va devoir prouver à son père qu’il est digne de ce terroir transmis de génération en génération dans leur famille. Il est facile de noter un vin, mais comment fait-on un grand vin ?

 

 

Sur les bases d’un scénario simple, Jérôme Le Maire nous offre un film plaisant dont les deux atouts principaux sont le jeu d’acteurs convaincus et la beauté des paysages bourguignons et ce n’est pas si mal. Bien sûr les clichés abondent et font grincer les dents de quelques grincheux, bien sûr on envisage asses vite le final mais qu’importe si ce vin est un peu court en bouche et ne vous enivre pas, il vous fera passer deux heures agréables, vous visiterez la Bourgogne et ses vignes, verrez rougir les cépages et tomber les pluies orageuses qui sont la hantise de ces gens du cru qui ont l’amour de leur terre et des cales aux mains. De plus, cela vous assure un  bol d’air revigorant, alors ne boudons pas notre plaisir.

 

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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