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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:43

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Une salle élégante et quasi comble, comme les soirs précédents, attendait avec curiosité et impatience les résultats d'un Festival qui su proposer au public des films de qualité et attirer  des spectateurs toujours plus nombreux. Lionel Chouchan a d'ailleurs décerné un grand merci au public et à ces créateurs venus de l'Est qui nous ont offert des oeuvres d'une grande diversité, toujours originales et inventives. Puis le président du Jury Monsieur Jérôme Clément nous a avoué avec modestie, lorsque l'on sait l'homme cultivé qu'il est, l'enrichissement de cette expérience nouvelle pour lui de responsable d'un jury cinéma. Puis, il nous a enfin dévoilé les  heureux lauréats :

 

Lotus du Jury : Prix du Jury ( ex-aequo )  Mai Ratima  de Yoo Ji-tae ( Corée du sud ) - voir ma critique en cliquant ICI -    et Four Stations de Boonsong Nakphoo ( Thaïlande ), un film beaucoup moins réussi que le précédent, moins écrit, moins rythmé, que je considère davantage comme un documentaire sur la vie rurale thaïlandaise avec des personnages simples et humbles qui vivent le long d'une voie ferrée dans quatre régions différentes. Il y a le vieux moine Tu Pu qui tente tant bien que mal d'inculquer le sens de la méditation et du recueillement à de jeunes novices volontiers dissipés, le travailleur venu de Birmanie qui quitte son travail dans une ferme afin de retrouver sa femme et empêcher son retour prématuré dans leurs pays d'origine, enfin un orphelin qui fait de son mieux pour gagner la confiance de sa tante et de son mari. Cela conté de façon décousue sans qu'il y ait de véritable histoire, mais une succession de scènes plaisantes dans des paysages presque toujours brumeux et austères. Je ne pense pas que ce film ait beaucoup de chance de sortir en France, contrairement à Mai Ratima qui devrait séduire le public français par son émouvant récit et la force  de son interprétation.

 

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               Mai Ratima                                                                     Four Stations

 

Quant au Lotus du meilleur film, il est allé à I.D. de Kamal K.M. ( Inde ) à l'unanimité des jurés, tous très emballés par cet opus sensible qui raconte l'histoire d'un groupe d'adolescentes, co-locataires dans un appartement à Mumbaï. Un peintre retrouvé mort chez elles, à la suite des travaux qu'il  y effectuait, va  inciter l'une d'elle en particulier à partir à la recherche de son identité et des motifs de sa disparition, plongeant à cette occasion au coeur d'une ville qu'elle ne connait pas. Je ne peux rien vous dire de plus, n'ayant pas assisté à la projection et laisse à d'autres blogs le soin de le faire à ma place.

 

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La remise des prix achevée, la soirée se poursuivait avec un film de Kim Ki-Duk ( Corée du sud ) Pièta, qui a remporté le Lion d'Or au Festival de Venise 2012. Avoir choisi de projeter un tel film un soir comme celui-ci, devant un public qui venait souvent en famille, me semble être une erreur de tact et de discernement de la part des responsables. Car ce dernier est une véritable offense à la sensibilité des spectateurs dont la plupart ne savaient pas ce qui les attendait. Je crois que dans le cynisme, l'inhumain et le barbare on peut rarement faire mieux. Les valeurs les plus essentielles sont simplement piétinnées et l'histoire n'est autre que celle d'un jeune malfrat doublé d'un tortionnaire qui, ayant été abandonné à la naissance par sa mère, se venge de tout ce qui bouge avec une cruauté insoutenable, car rien ne nous est épargné dans la malfaisance et l'horreur. Voici ce qu'un quotidien écrit à ce sujet :

 

"En primant Pietà du cinéaste coréen Kim Ki Duk, le jury de la 69e  Mostra de Venise, présidé par Michael Mann, a choisi un lion d'or féroce, rugissant de douleur et de cruauté, sinistre comme notre époque. Le héros est un garçon sauvage, sans aucun lien ni sentiment humain, qui survit dans une banlieue de Séoul en mutilant sadiquement de pauvres gens, pour le compte d'escrocs aux assurances. Un jour apparaît dans sa vie une femme inconnue qui se prétend sa mère, dit se repentir de l'avoir abandonné enfant, et ne le quitte plus. Kim Ki Duk, que le spectacle de ce monde asservi à l'argent a profondément déprimé, dit s'être inspiré de la Pietà de Michel-Ange pour composer ce chemin de croix qui fait passer par des stations d'une violence inouïe. Faut-il vraiment ces scènes atroces pour réveiller les consciences du cynisme ambiant? On peut préférer Michel-Ange."

 

Ce qui est mon cas. Comment oser associer le chef-d'oeuvre de Michel-Ange à ce film brouillon, sinistre, immoral, ( bien qu'aucun adjectif ne puisse traduire ce qu'il engendre de provocation malsaine ), ombre regrettable selon moi au bouquet final d'un Festival, par ailleurs, très réussi. Que les organisateurs aient voulu le passer, soit, mais pas à l'occasion de cette soirée, moment festif qui réunissait un public consensuel et éclectique  venu partager quelques heures de détente et de plaisir. Dommage !

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique 15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES DU 15e FESTIVAL du FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

Carte presse festival asiatique 2013

 

 

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 14:19


wongkarwai

 

                                                                      VIDEO

   

Non, nous ne rêvions pas ce vendredi 8 mars 2013 pour ce 15e Festival du film asiatique de Deauville, sur la scène du CID, le metteur en scène, Wong Kar-wai, l'un de mes préférés, était bien présent pour recevoir l'hommage qu'il méritait plus qu'aucun autre. Une salle quasi comble, un public enthousiaste a applaudi son arrivée et les mots qui lui ont été adressés par le président du jury Monsieur Jérôme Clément. Ce dernier a souligné l'honneur qui était fait par cette présence à un Festival qui gagne un peu plus chaque année ses cartes de noblesse et tout particulièrement pour cette édition qui nous a permis de recevoir Sono Sion et Wong Kar-wai et de saluer, à travers eux, le 7e art japonais et chinois.

 

C'est en 1988 que, formé pendant quelques années dans le sérail, Wong Kar-wai a réalisé son premier film As Tears Go by et que celui-ci fut présenté à la semaine de la Critique à Cannes, mais jugé trop violent par les Occidentaux.  Nos années sauvages ( 1990 ), son second opus, sera un échec commercial, malgré ses qualités évidentes, et la seconde partie ne parviendra jamais à être montée, faute de dividendes. Avec  Les cendres du temps  ( 1994 ), Wong Kar-wai s'attaque à une grande fresque historique qu'il ne lui demandera pas moins de deux années de travail et pour laquelle il usera de chorégraphies et de scènes de combats d'une extrême précision, en même temps qu'il affichera un casting prestigieux, ce qui lui méritera d'être présent à Venise et d'obtenir le prix de la Meilleure photo. Un grand pas était franchi.


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Epuisé par le tournage, le réalisateur décide de revenir à l'essence du cinéma et de filmer simplement des personnages dans le Hong Kong de son enfance, caméra à l'épaule. Le résultat en sera  Chungking Express,  un succès populaire qui le révèle enfin à un public international. Avec Happy Together  ( 1997 ),  tourné en Argentine, il remporte le Prix de la mise en scène à Cannes, mais crée le scandale en Asie où l'homosexualité est encore un sujet tabou.  In the mood for love  ( 2000 ), son septième film, touche à la magie. Le succès sera considérable et verra l'acteur principal - Tony Leung - couronné par le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes de la même année. Sans rien dévoiler d'intime, le film dégage une sensualité intense et nous conte une histoire d'amour magnifiée comme rarement sur grand écran. Un chef-d'oeuvre absolu qui consacre son auteur comme l'un des maîtres du cinéma international et le plus grand du continent asiatique, capable de séduire le public dès ses premières images. Son romantisme désenchanté fait merveille et parait sans équivalent dans le 7e Art contemporain, un style qu'il développe avec son chef opérateur Christopher Doyle.


En prise directe avec la réalité, Wong Kar-wai  inaugure une sorte de romantisme urbain qui privilégie les personnages à l'histoire et se voit en quelque sorte dicté par les contraintes techniques qu'il rencontre. Il s'en explique :

A Hong Kong, nous n'avons ni le temps, ni l'espace, ni les moyens de tourner autrement que la caméra à l'épaule ou en grand angle. Notre style n'a pas de considération esthétique. Notre style, ce sont les contraintes qui le créent. Peu d'argent, peu de temps pour filmer dans les lieux publics.

 

Et, néanmoins, ce style fascine par la beauté nuitée des prises de vue, les éclairages qui rappellent ceux du peintre Le Nain et la passion de l'auteur pour le moindre détail et les toilettes féminines. Certains iront jusqu'à lui reprocher ce fétichisme ... Je ne m'en plaindrai pas, trouvant à chacun de ses films une puissance d'évocation rare, une virtuosité formelle et un goût de la séduction qui ne cessent de m'envoûter. Je crois ne pas être la seule.
Conforté par l'immense succès de In the mood for love, le cinéaste produit en 2004  "2046," qui reprend le même thème, sans parvenir à atteindre tout à fait  l'enchantement du précédent, mais où il renoue avec la quintessence de son art, véritable polyphonie amoureuse sur l'éclatement du temps à partir des souvenirs d'un séducteur qui recherche la femme dans toutes les femmes, ce, avec son acteur de prédilection Tony Leung et deux actrices magnifiques : Gong Li et Zhang Ziyi.


De même que l'on reprochera à  My blueberry nights ( 2007 ) d'être empreint de maniérisme et de laisser s'enliser une histoire trop convenue, comme s'il ne parvenait plus à sortir d'un exercice de style devenu vain car trop répétitif. Ce qui est aussi ridicule que si l'on reprochait à un grand écrivain d'écrire toujours le même livre. Alors qu'il faut considérer que le cinéaste indique ainsi, de façon elliptique, l'importance de la narration en images comme en mots, et interroge le cinéma sur ses capacités à jouer avec ses infinies possibilités expressives. Si bien que chacune de ses oeuvres n'est finalement qu'une nouvelle variation sur un sujet identique : une mélodie qui dessine avec le temps un tableau à chaque fois plus riche, plus complet et plus intemporel.

Wong Kar-wai présidera le jury du Festival de Cannes en 2006 et deviendra ainsi le premier réalisateur chinois à bénéficier de cet honneur. La même année lui sera remise par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres la médaille de Chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur.

 

En février 2013, son nouveau long métrage The Grandmaster a fait l'ouverture du 63e festival de Berlin et en mars le film est  présenté en avant première à Deauville, film éblouissant auquel je consacrerai prochainement un article. La patte formelle entre grâce langoureuse et pur instinct est toujours bien présente dans ce dernier opus. Tout comme - souligne Leonard Haddad - le goût des ralentis et de la pluie, les hommes et les femmes qui s'observent, se trouvent parfois et se perdent le plus souvent.

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 11:11

Sono

 

Sion Sono est connu principalement pour ses film avant-gardistes. Mais il n'est pas seulement réalisateur, il est également poète et scénariste. Né en 1961 à Toyokowa, dès l'âge de 17 ans il commence à se faire remarquer en tant que poète grâce à des  revues telles que The Modern Poem Book et Eureka.

 

Avec son petit chapeau rond et sa barbiche, le cinéaste/poète est devenu, au cours de ces dernières années, l’une des personnalités les plus en vue du paysage culturel japonais, figure de proue de l’identité de la jeunesse qui vénère cet artiste complet, cinéaste de la contre-culture et de la subversion.    


Alors qu'il étudiait à l'Université de Housei, il décide d'abandonner ses études afin de se consacrer pleinement à la réalisation de courts et moyens-métrages. Dans son premier l am Sono Sion !, réalisé en 1985,  l’auteur se filmait en train de réciter ses propres poèmes. S'ensuivit quelques moyens et longs-métrages. En 1986, Sono Sion passe au long métrage avec A Man’s Flower Road qui remporte le Grand Prix du Festival de Pia au Japon. Son film suivant, The Room, fait sensation en 1993 au Festival de Sundance où il remporte le Prix spécial du jury. Le réalisateur enchaîne alors des films caractérisés par leur style «  à l’arraché » et leur vision ironique et cruelle de la société japonaise bridée par ses tabous. En parallèle à ses activités de cinéaste d’avant-garde, Sono Sion poursuit sa carrière de poète éveilleur de conscience et s’érige comme un contre-exemple des dérives obsessionnelles d’une jeunesse qu’il considère en perdition et de plus en plus coupée du réel. En 2001, il fait de nouveau sensation dans les festivals internationaux avec son film Suicide Club qui évoque le phénomène gravissime des suicides collectifs d’une jeunesse japonaise en plein marasme moral et psychique. On y voit une séquence où plusieurs collégiennes se jettent ensemble sous un métro, scène choc s’il en est…

Les dix années qui suivent voient se succéder les films à un rythme record où le mélodrame, la violence, le sexe, les délires surréalistes s’expriment  avec une agressivité qui confine souvent à l’horreur, mais où Sono Sion exprime, sans complaisance, les choix de sa conscience, sa vision des choses et les dérives de notre époque, longs métrages d’où la poésie n’est jamais absente. Son film Cold Fish sur un couple de serial killers sera présenté au Festival du film asiatique de Deauville en 2011 et Himizu, dont il réécrit en quelques jours le scénario, le sera en 2012, tandis que le très beau The Land of Hope fut projeté hier soir 7 mars 2013, à la suite de l’hommage qui lui était consacré devant une salle presque comble.

 

Stéphane du Mesnildot a écrit dans « Les Cahiers du Cinéma » que la caméra de Sono Sion savait saisir l’énergie insoumise de ses personnages, accompagnant leurs courses ou leurs crises de nerfs. Cette énergie – ajoute-t-il – est d’abord négative, comme celle qui circule dans Suicide Club et pousse les adolescents vers la mort. Ce sont les forces noires dont sont emplis les jeunes de Love Exposure et Himizu, poussant l’un vers la recherche frénétique du péché et l’autre vers le meurtre du père tortionnaire. Si la destruction est une étape des films de Sono Sion, elle n’en constitue pas une fin, ce qui l’éloigne du nihilisme. Il est possible d’échapper à la spirale du malheur. Dans Himizu, la jeune fille avait la lourde tâche de convertir en énergie positive l’angoisse existentielle du garçon. Elle y parvenait par la poésie et le langage. Dans The land of hope, alors que les éléments se dérèglent à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’espoir demeure et la zone interdite devient une sorte de cercle magique où l’amour résiste.

 

Pour consulter ma critique du film Himizu, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

HIMIZU de SONO SION

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:26

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Pour soutenir sa sœur restée en Thaïlande à s’occuper de leur mère atteinte de la maladie d’Alzeimer, Mai Ratima (Park Ji-soo) conclut un mariage arrangé avec un déficient mental dans la station  de Pohang en Corée du Sud et vit un quotidien douloureux auprès de sa belle-mère, qui la méprise, et de son beau-frère qui ne cesse de la harceler sexuellement. Alors qu’elle supplie ce dernier de la payer et de renouveler son visa, une scène violente a lieu dans la rue et un jeune homme intervient pour tirer la malheureuse jeune femme de cette situation en lui proposant de le suivre à Séoul. D’abord hésitante, elle accepte et, dans un premier temps, tous deux vont partager une vie difficile de petits boulots, de menus larcins jusqu'à ce que Soo-Young l'abandonne pour une prostituée qui  lui a trouvé un travail dans un bar. Mai Ratima, enceinte, va alors connaître des jours terribles, dormant dans le métro avec les clochards, victime de la corruption et de l'insensibilité de la mégapole. Les deux amoureux se retrouveront beaucoup plus tard mais dans quel état, prêts à forcer le destin malgré tout.

 

Ce premier long métrage de Yoo Ji-Tae est une surprise, car racontée sans fard, avec un réalisme poignant et des acteurs admirables et bouleversants, cette histoire, ô combien sombre, dégage une force et une dramaturgie intense. On vit selon le rythme lent de la plupart des films asiatiques la désespérance de cette jeune femme qui semble vouée à la misère et au malheur mais que sa force de caractère, son courage vont parvenir à sauver. Dans ce rôle difficile,  Park Ji-soo est remarquable, son petit visage tantôt blafard, tantôt éclairé d'une flamme secrète et illuminé par sa beauté intérieure. Elle insuffle à son personnage une densité étonnante face à son partenaire  Bae Soo-bin tout aussi juste dans son rôle de petit voyou au coeur tendre, mais lâche et facilement corrompu. Cette immersion dans le Séoul des bas-fonds est extrêmement bien rendue avec des fondus artistiques où plusieurs images se superposent afin de prêter à la cité nocturne une apparence surréaliste et imprégner la pellicule d'un lancinant désenchantement. Etonnant que l'acteur Yoo Ji-tae, ce beau gosse qui a fait la couverture de Vogue et dont l'élégance ne peut être prise à défaut, ait choisi pour son premier long métrage un thème si dur, une histoire si désenchantée qu'il traite avec infiniment de sensibilité - ne serait-ce que la scène où Mai téléphone à sa mère qui ne se souvient plus d'elle - et qu'il ait eu le désir de montrer l'infinie détresse d'une jeunesse sans repère, sans avenir, sans autre perspective que celle de survivre envers et contre tout, dans un monde où elle n'a pas sa place. On se rend compte à quel point les gens déplacés, les sans-papiers sont voués, pour la plupart, à une errance misérable, aux tentations illusoires procurées par la drogue et les artifices. Cette descente aux enfers est sauvée par la pureté de Mai, cette jeune femme qui est la résistance même, dont le coeur est empli de bonté et de compassion et que le destin ne cesse pas d'abandonner. Longtemps après que les lumières se soient rallumées son visage vous poursuit...signe que le film a atteint son but.   

 

 tumblr_lgqio6FdYu1qbm633o1_500.jpg  Yoo Ji-Tae

 

Né en 1976 à Séoul, Yoo Ji-Tae a étudié à l'université de Dankook et de Chung-Ang avant de devenir acteur et de rencontrer le succès en interprétant le rôle mémorable du tyrannique Lee Woo-jin dans Oldboy de Park Chan-wook en 2003. Il a signé ensuite plusieurs courts métrages dont The Bike Boy en 2003 et  Invitation en 2009, avant de se lancer dans on premier long métrage avec Mai Ratima qui laisse espérer qu'il occupera très bientôt une place de tout premier plan parmi les réalisateurs coréens.

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 11:15
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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