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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 09:53
NICOLE KIDMAN - PORTRAIT

Nicole Kidman est née en 1967 à Honolulu d'un père biochimiste et d'une mère infirmière qui ont l'un et l'autre ardemment milité dans les années 60 contre la guerre du Vietnam et pour un monde meilleur. Lorsque Richard Nixon devient président des Etats-Unis, la famille Kidman, très engagée, se réfugie en Australie pour échapper au FBI. Nicole étudie dans les meilleurs pensionnats de Sidney et souhaite devenir journaliste ou simple globe-trotteuse, ses parents lui ayant inculqué le goût des voyages, mais elle aime aussi la danse, la peinture, la littérature, la photo et par-dessus tout la comédie. C'est en voyant Katherine Hepburn dans The Philadelphia Story qu'elle souhaite secrètement devenir actrice car, comme Hepburn, Nicole Kidman n'a peur de rien et peut tout plaquer par envie ou par devoir.  Elle le prouve en quittant sa famille à 17 ans pour aller vivre un grand amour adolescent à Amsterdam. L'aventure durera peu de temps, faute d'argent, et à son retour au bercail, elle abandonne à nouveau tout pour veiller sans relâche sur sa mère atteinte d'un cancer. Les années suivantes étant plus sereines, elle réalise enfin son rêve en s'imposant progressivement dans des feuilletons, téléfilms, courts métrages, tout est bon à prendre jusqu'à ce que Phillip Noyce, le rélisateur australien, lui propose un rôle dans Calme blanc, un thriller qui se passe en mer et connait un succès mondial. A la suite de ce tournage, les studios américains lui envoient un billet de première classe pour venir défendre le film à Hollywood. Limousine, hôtel de luxe, succès naissant, début de reconnaissance internationale, la chance a frappé à sa porte et le rêve commence dont Nicole n'a aucun désir de s'éveiller...

 

Il se poursuivra avec la rencontre de Tom Cruise qui cherchait une comédienne pour Jours de tonnerre de Tony Scott, ainsi trouve-t-il son épouse et elle son Pygmalion. Elle devient donc madame Cruise, ce qui va lui faciliter la tâche pour faire sa place dans l'univers hollywoodien. De ce moment, sa carrière passe à la vitesse supérieure et elle enchaîne les films dont Horizons lointains de Ron Howard, mais décolle vraiment avec Prête à tout de Gus Van Sant qui lui offre le rôle d'une Miss Météo dévorante d'ambition qui utilise son amant pour supprimer son mari. Un rôle qui changera sa vie. Pour la première fois de sa carrière, c'est elle qui porte le film dans lequel elle fait preuve d'un sens aigu du comique. Un rôle sur mesure qui lui permet d'obtenir son premier Golden Globe et d'imposer son style, un subtil déséquilibre entre un contrôle travaillé et un abandon assumé.

 

Il est vrai que peu d'actrices hollywoodiennes ne montrent autant d'appétit pour des personnages qui ne les flattent pas, au physique et au moral, et  autant d'audace pour les interpréter, laissant en coulisses leur égo de star et leur coquetterie de femme. Dans Portrait de femmes de Jane Campion, elle est maltraitée par le machiavélique Malkovich, dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, elle fait l'apprentissage du libertinage, dans Stoker de Park Chan wook, elle a une relation torride avec le frère de l'assassin de son mari et dans Paperboy de Lee Daniels, elle se transforme en bimbo déjantée et joue une scène sexuelle d'un rare culot pour une star de la liste A. Rien n'est trop étrange pour la frondeuse Kidman. L'actrice sait alterner les films d'auteur et les superproductions américaines du genre Australia et cette stratégie est payante puisqu'elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice en 2003 pour The Hours et trois Golden Globes. "J'adore le cinéma, mais je n'ai jamais voulu être une star. Ce que j'ai toujours voulu, c'est d'avoir la vie la plus riche, la plus variée, la plus baroque possible - explique-t-elle. Mariée depuis neuf ans à Keith Urban, un roi de la country avec lequel elle a deux filles, Sunday Rose et Faith Margaret, elle partage son temps entre Nashville où elle habite, l'Australie où réside sa famille, Los Angeles où elle voit les deux enfants qu'elle a adoptés avec Tom Cruise et Hollywood où elle travaille. Kidman ne cesse pas de tourner. Après Grace de Monaco viendront The Railway man de Jonathan Teplitzky, puis Paddington de Paul King et The Danish Girl de Lasse Hallström. Nous n'avons pas fini de la voir  sur nos écrans dans cette diversité baroque qu'elle affectionne.

 

A propos du film sur Grace de Monaco, elle dit qu'elle n'aurait pas accepté ce rôle s'il n'avait consisté qu'à interpréter, une fois de plus, celui de la princesse sublime que nous connaissons. Pour incarner un personnage à l'écran - dit-elle - il faut que j'entende sa voix et que cette voix me dise quelque chose. Celle de l'héroïne du film de Dahan m'a parlé parce que c'est celle d'une femme de conviction, d'une femme rigoureuse, responsable, fidèle à ses engagements. Dahan a situé le film en 1962 alors que la Principauté subit l'ire du général de Gaulle, qui coupe l'eau, l'électricité et ferme les frontières du Rocher lorsque Rainier décide de ne plus verser ses impôts à la France. J'ai bien aimé entrer dans ce personnage solidaire de son mari qui s'implique dans ce bras de fer, qui ne sait pas faire les choses à moitié, qui suit son instinct et ne calcule pas, au point de renoncer au cinéma." Ce film fut néanmoins boudé par le grand public. Ce qui n'a nullement ralenti la carrière d'une actrice qui compte parmi les valeurs sûres du 7e Art international. Récemment, elle a fait une apparition sensible et intelligente dans "Le Lion", sans maquillage et avec une authenticité qui m'a beaucoup séduite. Ce qui prouve qu'elle peut laisser de côté son rôle de star pour n'être qu'une femme chargée de transmettre une émotion. 

 

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NICOLE KIDMAN - PORTRAIT
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:28

 

Il ressemble à Beethoven dont il a le faciès rude, taillé à la serpe, et à personne dans le monde du spectacle qu’il habite depuis quelques années avec une incontestable présence. On ne peut oublier le visage aride de cet homme qui semble fait pour la tragédie et la violence, les rôles ambigus et les destins voués au drame. Il n’y a pas si longtemps qu’il a pris place parmi les grands acteurs du 7e Art, car sa carrière a mis du temps à démarrer et, dans un premier temps qui s’est révélé long, l’acteur s’est surtout passionné pour le théâtre, plus à l’aise sans doute sur les planches que derrière une caméra avec son physique de bucheron peu fait pour les rôles de jeune premier. C’est grâce à Jacques Audiard qu’il s’impose définitivement dans le film « De battre mon cœur s’est arrêté » où il crevait tout naturellement l’écran comme il le fera, davantage encore, dans « Un prophète » du même Audiard qui lui méritera un second César et l’imposera définitivement comme un comédien incontournable. Dans « Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier, il obtient un troisième César et surprend et subjugue dans le rôle d’un ambassadeur à la voix de velours qui a tout vu et tout su.

 

Si on interroge l’acteur sur le secret de cette réussite tardive, il vous répondra qu’il n’a jamais couru après les honneurs, que le théâtre est sa maison-mère et qu’il enrichit ses personnages fictifs grâce à ses blessures personnelles. S’il veut apporter quelque chose au public, il faut que ce soit quelque chose avec laquelle il est lui-même en cohérence, avoue-t-il. Il reconnait qu’il est volontiers un iceberg car son existence lui appartient, voilà pourquoi il n’aime pas parler de lui. C’est un territoire que j’essaie de préserver parce que je suis timide, introverti. Je n’ai pas envie de parler de mon monde intérieur fait de fébrilité. Je pense que nous sommes tous à la fois des barbares et des êtres intelligents. Comme tout le monde, j’essaie quotidiennement de maîtriser le barbare qui est en moi pour laisser place à l’intelligence. J’y arrive plus ou moins. Mais la particularité de l’acteur est de laisser parler le barbare en l’incarnant. Par exemple, je ne pourrais pas mimer une envie de tuer, ce serait ridicule. Alors je fais appel à des choses sombres qui rôdent en moi et qui s’en approchent. Je fais appel à mon cerveau reptilien, à cette pulsion de vouloir détruire l’autre. Je ne peux jouer qu’en m’oubliant moi-même ; il n’y a pas de plus grand bonheur pour un acteur que d’être l’autre.

 

Dans « 96 Heures » de Frédéric Schoendoerffer, son dernier film où il joue un truand qui kidnappe un flic, Niels en impose par son jeu complexe. Il fait passer en virtuose son personnage d’une relative courtoisie à une brutalité exacerbée face à un Gérard Lanvin qui excelle lui aussi dans son rôle de commissaire malmené. Ce truand, nous dit Niels, est un type dangereux, un malade rongé par une obsession : savoir qui l’a donné. Il a besoin de cette information pour pouvoir continuer à vivre. Et il est prêt à tout, même à kidnapper un commissaire. Je suis parti de ça pour construire le personnage, même si je ne sais toujours pas s’il agit par honneur ou par bêtise. Face à moi, j’ai découvert en Gérard Lanvin un acteur d’une grande justesse, extrêmement doué et très honnête sur sa ligne de jeu. Pour moi, cette rencontre aura été enrichissante sur le plan humain. Gérard n’est peut-être pas quelqu’un qui est toujours dans le bonheur, mais moi non plus. Alors ?

 

Une fois encore, je vais vous dire. Pour jouer, on doit planter des trucs dans la peau du personnage qui appartient à notre propre territoire. Un territoire qui, dans ce métier, est souvent fait d’amertume, de frustration, de dégoût… Heureusement, il y a aussi des choses enthousiasmantes.

 

Chaque acteur est placé dans un couloir – poursuit Niels Arestrup, fils d’un danois et d’une bretonne. J’ai hérité de celui du mauvais, du méchant, du complexe. Pourtant, j’adorerais jouer un truc sentimental, mais l’âge joue et j’ai 65 ans. Au théâtre, ça me plairait d’être dans une comédie. Et au cinéma, je me verrais bien dans l’univers de Dupontel. Je serais très heureux dans cette folie-là. Je ne le connais pas du tout mais pourquoi pas ! Je suis seul. Mes rencontres n’ont jamais débouché sur de vraies amitiés. Je ne sors pas, je ne vais pas aux premières ni dans les restos où il faut aller ; j’aime rester chez moi, en famille. Côtoyer mes contemporains ne me manque pas, je préfère me concentrer sur ma femme et mes enfants.. Oui, j’ai deux bébés, des vrais faux jumeaux. C’est une aventure de vie. Pour envisager d’avoir des enfants, il a fallu que je sois très amoureux, que j’arrive à un moment de mon existence où je suis enfin stabilisé. Avoir un petit garçon et une petite fille à mon âge, c’est bouleversant. Pas un rôle, non. C’est la vie, la vraie. Le bonheur, quoi.

 

 

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NIELS ARESTRUP, UN LOUP SOLITAIRE
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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 08:33

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                           1927 - 1983

Durant toute sa vie, Maurice Ronet, acteur inclassable aura fait l'expérience de la mort. Ayant intériorisé dès son plus jeune âge la philosophie tragique et esthétique de Schopenhauer, au point de vouloir lui consacrer une étude, il traversa l'existence comme une épreuve du feu. Aujourd'hui deux ouvrages sortent qui relatent cette vie intense et trop brève : "Maurice Ronet, le splendide désenchanté" de José-Alain Fralon et un essai  biographique plus intimiste "Maurice Ronet, les vies du feu follet" de Jean-Pierre Montal qui cerne de près son être profond et sa vision du monde. 

 

Appartenant, selon sa propre expression, à une génération sacrifiée, celle qui avait dix-huit ans à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'acteur rêvait néanmoins de grandeur éthique et d'aventure politique. Mais la réalité de l'époque ne correspondait pas à ses aspirations. A la guerre et à ses rudesses avait succédé une paix douce et émolliente dont les objectifs  s'avéraient chaque jour davantage ceux de la consommation et de la finance, d'où un mal de vivre engendré par un monde moderne partant à la dérive, en proie à un effrayant vide spirituel. A la mort de l'acteur, François Chalais rapportait dans un quotidien ces propos tenus par celui-ci : " Mon ambition est d'être quelqu'un, pas quelque chose... Pas commode. A mon âge, les hommes sont tous PDG ou anciens combattants. Quant à la jeunesse, elle ne sait plus que se réfugier dans la drogue ou dans le dynamisme à reculons. Je ne suis plus dans le coup. Et mes amis sont déjà morts."

 

Ce désespoir s'exprimait déjà dans "Ascenseur pour l'échafaud " de Louis Malle ( 1957 ), d'après un scénario de Roger Nimier. Le titre du film est évidemment une métaphore de l'existence et déjà d'une noirceur profonde qui atteindra son paroxysme dans "Le feu follet" ( 1963 ), du même metteur en scène d'après le roman de Pierre Drieu La Rochelle. Un pur chef-d'oeuvre qui se termine par le suicide du personnage principal. En Ronet, le cinéaste avait trouvé l'interprète idoine et l'acteur offrait dans cet opus une composition magistrale.  Ce rôle, à l'évidence le plus fort et le plus emblématique de sa personnalité, lui collera définitivement à la peau et il restera pour toujours, dans la mémoire des cinéphiles, ce feu follet magnifique et désenchanté.

 

Maurice Ronet s'est d'ailleurs toujours senti solidaire des causes perdues, cultivant le sens de l'honneur et de la fidélité et lui-même fut toujours choisi pour des rôles où il trouve la mort et où son destin est sacrifié d'avance. Ce sera le cas dans "Plein soleil" et dans "La Piscine", l'un et l'autre aux côtés d'Alain Delon. " Dans mes compositions, c'est au moment où je commence à dire la vérité qu'on me bousille - soulignera-t-il. Ajoutant : " On punit toujours le héros que je représente, dans sa claivoyance, son cynisme, sa lucidité. J'ai souvent incarné celui qui jette un défi à la morale, à la vie. Et ce personnage-là n'a pas sa place. Alors, il faut le flinguer."

 

En 1973, Maurice Ronet part avec son ami l'écrivain et éditeur Dominique de Roux tourner un reportage pour la télévision sur la guerre menée par le Portugal au Mozambique. Appel de l'aventure, défense à contre-courant, pour l'honneur, d'un des derniers lambeaux d'empire européen en Afrique... Les deux hommes prennent des risques insensés et échappent de peu à la mort. La même année, Ronet porte à l'écran "Vers l'île des dragons", un documentaire allégorique sur les lézards géants du Komodo, en Indonésie : " C'est une chronique sur la terre, l'eau, le feu et sur ces monstres qui n'existent que là, qui sont nos ancêtres - expliquait-il alors. " Il s'agit d'animaux qui sont à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de nous-mêmes, et puis ils étaient là bien avant nous. C'est un peu le pèlerinage aux sources, ou un voyage en enfer, ou un film sur le début ou sur la fin du monde."

 

Trois ans plus tard, Maurice Ronet réalisera "Bartleby" ( 1976 ), un drame intimiste d'après la nouvelle éponyme d'Hermann Melville avec Michael Lonsdale et Maxence Mailfort. Il s'agit du récit d'un homme désespéré se conduisant comme un somnambule. Un mort en sursis, prostré dans une armure invisible, hermétique aux autres hommes, médiocres et parfois haineux à son endroit. Un seul se propose à l'aider, mais cela ne suffit pas. Un voyage au bout de la nuit que Ronet filme sous l'influence littéraire de Louis-Ferdinand Céline, une oeuvre déroutante et sans concession ou l'existence est envisagée sous son angle le plus tragique.

 

Maurice Ronet est mort d'une cancer le 14 mars 1983, à l'âge de 55 ans, en homme de l'ancienne France et de la vieille Europe. Son projet de l'adaptation télévisée de "Semmelweis" de Céline ne verra pas le jour. Il nous reste heureusement ses films, tous d'une grande qualité, où son interprétion sonne toujours juste et où sa beauté grave et son regard noyé dans une indicible mélancolie ne cessent de nous émouvoir. Et puis, coup sur coup, ces deux livres qui évoquent sa vie d'homme totalement décalé d'avec son temps et illustrent, à nos yeux, l'éternel chevalier des causes perdues.

 

Source : Arnaud Guyot-Jeannin

 

Pour consulter les articles consacrés à certains de ses films, cliquer sur leurs titres :

 

PLEIN SOLEIL de RENE CLEMENT         LA PISCINE de JACQUES DERAY

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 09:55

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Cate Blanchett, l'actrice aux 4 nominations aux Oscars, 5 nominations aux BAFTA, ainsi que 7 aux Golden Globe, qui dit mieux ? - est une actrice inclassable, d'une beauté hiératique, considérée par certains comme une nouvelle Meryl Streep - ce que je ne cautionne pas, car chaque actrice est unique - vient une nouvelle fois de séduire le public dans Blue Jasmine de Woody Allen, où elle interprète le rôle d'une femme en plein désarroi qui tente de se reconstruire. 

Née en 1969 d'une mère australienne et d'un père texan qui mourra alors qu'elle n'a que 10 ans, elle passe toute son enfance à Melbourne et se destine tout d'abord à des études d'art et d'économie avant d'obliquer vers des études théâtrales. Elle jouera dans La Mouette de Tchekhov en 1996, ses premiers pas sur une scène, puis à la télévision australienne, ce qui lui permet d'acquérir, sur ce continent, un début de notoriété.

 

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Mais ce n'est qu'en 1998, grâce à sa prestation dans le drame Paradise Road de Bruce Beresford auprès de Glenn Close, puis dans Elisabeth de Shekhar Kapur qu'elle accède à la consécration. Elle obtiendra son premier Golden Globe pour le personnage d'Elisabeth I d'Angleterre qu'elle campe avec un réalisme confondant et une intensité dramatique telle qu'elle se classe dès lors parmi les actrices de tout premier plan. Puis ce sera la trilogie fantastique de Le seigneur des anneaux dans laquelle elle interprète la reine des Elfes, Galadriel. Osant aborder tous les genres, elle ne peut manquer de convaincre le public de sa capacité à se renouveler et à oser les expériences les plus difficiles avec la même force et la même conviction, ce qui la rend inclassable comme je le soulignais au début de l'article et capable même d'une certaine excentricité. On la verra ainsi et successivement dans Heaven ( 2002 ), dans Terre Neuve de Lasse Hallström, dans le western Les disparues ( 2003 ), dans la freque Aviator ( 2004 ) de Scorsese qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs et l'Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle en 2005.

 

Eclectique et sachant choisir ses metteurs en scène, elle tourne en 2006 dans un drame cosmopolite Babel avec Brad Pitt, dans Chronique d'un scandale qui lui vaut une nomination aux Oscars 2007, enfin dans Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal de Steven Spielberg en 2008. Et n'oublions pas sa formidable performance dans le film de David Fincher L'étrange histoire de Benjamin Button, toujours au côté de Brad Pitt.

Très belle, d'une élégance jamais prise à défaut, l'actrice a illuminé récemment le 39ème Festival du film américain de Deauville, égérie et ambassadrice désormais incontournable du 7e Art et a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour Blue Jasmine lors de la remise des Oscars 2014. Une nouvelle consécration.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 10:39

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Avec son sourire malicieux, son naturel inaltérable et sa voix gouailleuse,  Bernadette Lafont,  morte  à l'âge de 74 ans, incarnait l'insolence et la liberté du cinéma de la Nouvelle Vague. Chaque femme pouvait se reconnaître en elle tant elle était désarmante de naturel et pouvait se glisser dans n’importe quel personnage. "Je n'ai jamais voulu être cataloguée, ni avoir d'étiquette" - disait cette brune méditerranéenne aux traits généreux, citant Cocteau : "Les premières places ne m'intéressent pas spécialement. Ce que j'aime, c'est les places à part."

Celle qui a tourné plus de 120 films et adoré le théâtre, découvert à 40 ans, restera à jamais "La Fiancée du pirate" (1969), qui se venge de tout un village en couchant avec ses habitants sur l'air de "Moi, je m'balance" chanté par Barbara, et révèle par haut-parleur les médisances recueillies sur l'oreiller.

 

Le cinéma, elle le découvre à 17 ans. Fille de protestants qui voulaient un garçon - sa mère l'appellera toujours Bernard, elle naît le 26 octobre 1938 à Nîmes (Gard) où son père est pharmacien. Elle pratique assidûment la danse classique lorsqu'elle épouse le comédien Gérard Blain, rêvant d'être actrice à son tour. Lui s'y oppose, mais ils rencontrent l'équipe des Cahiers du cinéma. Claude Chabrol et François Truffaut veulent faire leur premier film. "Il n'y avait pas de producteur, pas d'argent. Donc, comme acteurs et actrices ils ont choisi Gérard et moi, entre autres." Ce sera "Les Mistons" (1957), tourné à Nîmes, où Truffaut la filme juchée sur sa bicyclette puis "Le Beau Serge" (1958) avec Chabrol qu'elle retrouvera à plusieurs reprises, entre autres pour "Les Bonnes femmes" (1960), "Les Godelureaux" (1961) ou "Inspecteur Lavardin" (1986). On la surnomme "la vamp villageoise". Truffaut la compare à Michel Simon pour son côté "voyou femelle" et parce qu'elle a l'air de "savoir vraiment la vérité de la vie". Il lui offrira "Une belle fille comme moi" en 1972.

 

 

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Séparée de Gérard Blain - ils resteront amis -, elle épouse à 20 ans un sculpteur hongrois, Diourka Medvecsky. Ils ont trois enfants dont Pauline, qui deviendra également actrice et mourra accidentellement en 1988 lors d'une balade en solitaire dans les Cévennes. Son corps ne sera découvert que trois mois après sa disparition. Bernadette Lafont se réfugiera dans le travail : "Le cinéma et le théâtre m'ont sauvée."

 

Elle connaît sa période "expérimentale" au début des années 1970 avec Bulle Ogier ou Jean-Pierre Kalfon dans des films dirigés par son mari, par Jacques Baratier ou Lazlo Szabo. En 1973, elle joue pour Jean Eustache dans "La maman et la putain", puis, en 1978, c'est la rencontre avec le théâtre. "Je veux bien ne jamais faire de cinéma si je peux toujours faire du théâtre", dit alors cette autodidacte. Elle joue Copi en 1981 puis Guitry, Pagnol ou "Les monologues du vagin" d'Eve Ensler (2002).

 

Parallèlement, elle continue de tourner, avec Juliet Berto ("Cap Canaille", 1983), Jean-Pierre Mocky ou Raoul Ruiz, mais également Yves Boisset ou Claude Miller ("L'Effrontée" - 1985), grâce auquel elle décroche le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Récemment encore, elle incarnait une grand-mère dealeuse de hasch dans "Paulette" de Jérôme Enrico. Le film sorti en janvier a attiré plus d'un million de spectateurs.

 

Femme à ne pas cacher son âge, elle célébrera crânement en 2007, à 68 ans, ses cinquante ans d'une carrière menée également à la télévision où elle a joué dans de nombreux téléfilms. Cette longévité ne l'a pas empêchée d'aimer les jeunes artistes et de soutenir leurs créations : "J'ai besoin que ça bouge, que ça grouille autour de moi." Un César d'honneur la récompense en 2003 pour l’ensemble de sa carrière, tandis qu'elle  est faite officier de la Légion d'honneur en 2009. Elle reçoit en 2010 la médaille de l'Ordre du mérite et de l'Ordre des arts et lettres et nous quitte le 25 juillet, sans faire de bruit, avec cette discrétion qui, finalement, la caractérisait. Adieu Bernadette.

Pour consulter l'article consacré aux acteurs du la Nouvelle Vague, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LES ACTRICES ET ACTEURS DE LA NOUVELLE VAGUE

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 09:15

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Uggie est mort d'un cancer en août 2015

 

C'est comment de participer à un film multirécompensé comme The Artist 

 
Je dois dire que, depuis le jour où un cinéaste français est venu frapper à la porte de ma niche en 2010, j'ai vécu une aventure qui a vraiment du chien. Michel Hazanavicius (un nom qui sonne comme un éternuement !), le cinéaste, cherchait un Jack Russell pour son film muet en noir et blanc. Le reste, comme disent les humains, appartient à l'histoire.

 

Comment le succès a-t-il changé votre vie ? 

 
Omar, mon professeur d'art dramatique, m'a aidé à rester humble et en bien des aspects ma vie n'a pas changé d'un iota. Bien sûr, je voyage désormais en business, j'ai goûté au champagne, au caviar et au boeuf de Kobé (je préfère les saucisses), mais lorsque je ne me promène pas en limousine, je reste à la maison avec ma meute, à me lécher les bijoux de famille là où ils ont toujours eu coutume de l'être.

 

Parlez-nous de votre ascension vers le succès ? 

 

Comme tant d'autres acteurs, il ne s'est pas fait en un jour. Abandonné dès l'enfance, c'est Omar qui m'a secouru et enseigné les rudiments de l'art dramatique canin. (Qui va du skateboard au surf ou apprendre à faire le mort.) Après un début de carrière précoce en tant qu'artiste de rue, j'ai commencé la valse des auditions. Le rejet est une chose queconnaissent tous les acteurs sans travail, et il n'était pas facile d'entendre que j'étais trop court sur pattes, inadéquat ou trop poilu. J'ai par la suite décroché quelques seconds rôles dans des films commerciaux et des séries B, avant ma véritable percée, alors que j'allais sur mes cinq ans, en années de chien. 

 

 

Et George Cloney, en vrai, comment est-il ? 
 

Mister C. Est mon idole, mais il est aussi malheureusement très attractif physiquement... Mon moi intime désespère d'être aussi "Clooney cool" que Clooney. Je veux être aussi beau que lui quand ma fourrure grisonnera. Et je voudrais qu'hommes et femmes me fassent la fête et soient suspendus à tous mes aboiements !
 

Avez-vous un flirt à Hollywood ? 

 

J'ai eu quelques liaisons fugaces, avec une charmante petite carlin appelée Chata et une caniche répondant au nom de Greta. Mais lorsque nous avons commencé ensemble le tournage du film  De l'eau pour les éléphants, ma vie n'a plus connu qu'un seul amour : Reese Witherspoon. Mademoiselle W. et moi-même sommes au-dessus de toute contingence, mais notre relation a dû être réévaluée dès lors qu'elle m'a laissé lui rouler un patin lors du dîner de gala de la Maison-Blanche à Washington.

 

Alors, êtes-vous plutôt un chien ou plutôt un acteur ? 

 
Les deux. Il n'y a rien dans les carnets du savoir-vivre à d'Hollywood qui dise qu'il me faille choisir. Ce choix peut trahir les gènes, mais mon travail trahit mon talent. Comme Elizabeth Taylor l'a admis naguère, "certains de (ses) meilleurs partenaires de scène furent des chiens ou des chevaux".

 

Quel est le secret pour être un bon acteur canin ? 

Les saucisses.

 

Quelle a été votre meilleure expérience professionnelle ? 

À part tomber queue par-dessus tête pour mademoiselle W., je dirais travailler auprès de Jean Dujardin. Bien qu'il parle assez peu l'américain-chien, il s'est montré très docile et enthousiaste à mon apprentissage. Particulièrement dans l'art de jouer sans parole. Comme il l'a dit plus tard : "Uggie est un chic type ! C'est un super acteur, travailler avec lui était vraiment facile... Le seul problème était qu'il me prenait certains jours pour une grosse saucisse." Comme si c'était quelque chose de mal !

 

Votre santé vous a contraint à vous retirer au faîte de votre gloire. Comment vivez-vous cela ? 

 
Si c'est ça, la retraite, alors à quoi ressemble le travail  ! Je voyage sans cesse de par le monde, j'ai été invité aux 90 ans de la grande actrice Betty White, je tiens un petit rôle dans le dernier film de Will Ferrell,  "Moi, député". Je suis la voix du jeu  "Nintendogs+cats" et je pose pour l'affiche de la campagne d'adoption de la SPA américaine. En juin dernier, j'ai été le premier chien de l'histoire appelé à immortaliser mon empreinte de coussinets sur Hollywood Boulevard. La ville de Los Angeles a même décrété ce 26 juin le "Uggie Day ". De surcroît, je viens de rencontrer mon public français lors d'une séance de dédicaces au Drugstore Publicis, sur les Champs-Élysées ! Alors, j'ai peut-être la tremblote, mais j'ai encore du chien au corps.

 

Quels sont vos projets d'avenir ? 

 
Hormis la publication de mes mémoires, Ma vie, mon oeuvre  chez Jean-Claude Lattès, je sors une appli qui m'est dédiée, "Uggie The Artist", et je prépare quelques bricoles à l'arrière de ma niche dont je ne peux pas encore parler.

 

Comment voudriez-vous que l'on se souvienne de vous ? 

Comme un petit artiste, mais avec un grand coeur.

 


Uggie, The Artist, ma vie, mon oeuvre de Wendy Holden, traduit de l'anglais par Perrine Chambon (éditions JC Lattès, 320 pages, 15 euros).

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:18

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Elle pouvait tout jouer, le comique comme le tragique, tellement sa présence avait quelque chose de magique, à cause de son allure peut-être, de son visage particulier qui ne ressemblait à aucun autre, ses taches de rousseur, sa crinière de lionne, sa présence impérieuse ou malicieuse, sa photogénie. Elle était la classe même avec une pointe d'ironie en permanence dans le regard, come si, en définitive, rien n'était jamais ni si grave, ni si définitif. Intelligente et pragmatique, Katharine Hepburn aura mené sa carrière de façon instinctive, selon ses coups de coeur ou ses coups de tête, sachant figurer dans les meilleurs films avec, face à elle, quelques-uns des meilleurs acteurs. On relève peu de faux pas dans l'énoncé de sa filmographie mais un grand nombre de films remarquables. Elle a beaucoup tourné avec George Cukor mais également Capra, David Lean, Minelli, Kazan, Hawks. 

 

Née en 1907 à Hartford dans une famille cultivée du New-Jersey, elle est la seconde de six enfants, dotée dès l'âge le plus tendre d'un caractère déterminé et indépendant. Elle sait ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut pas : la médiocrité. A 19 ans, elle abandonne ses études et entre dans une troupe théâtrale de Baltimore, puis sert de modèle à un peintre et épouse par commodité un riche homme d'affaires afin de se consacrer, sans souci pécunier, à ce qui sera toujours sa passion : le théâtre.

 

Elle y est néanmoins mauvaise et le sait mais elle a un tempérament tel que l'obstacle l'excite. Cette pouliche n'a qu'une seule perspective : le franchir coûte que coûte. Elle obtiendra son premier vrai succès en 1932 ( elle a 25 ans ) dans "The warrior's husband" où, enfin, elle impressionne favorablement les critiques. C'est alors qu'elle décide de tenter sa chance à Hollywood qui entre dans sa période  faste. Lorsque Kate se présente aux nababs en place, son visage et sa forte personnalité séduisent le puissant David Selznick qui la fera tourner aussitôt dans un film de Cukor au côté de John Barrimore. Elle est lancée.

 

Désormais grâce à son look garçonnier, son visage diaphane, elle incarnera des héroïnes indépendantes et actives qui affirment avec panache et autorité leur personnalité, rompant avec le style des stars à la Garbo ou Dietrich. Ainsi sera-t-elle aviatrice dans "Le phalène", écrivain dans "Les quatre filles du docteur March", garçon manqué dans "Sylvia Scarlett", reine dans "Marie Stuart", militante féministe dans "La rebelle", devenant une figure emblématique de Hollywood et du 7e Art. Très éprise de Spencer Tracy, qui ne divorcera jamais, elle connait auprès de lui une longue et passionnée liaison adultère et tous deux formeront l'un des couples mythiques du cinéma Outre-Atlantique, se retrouvant devant la caméra à plusieurs reprises. Ce sera entre autre dans deux brillantes comédies :  "Madame porte la culotte" et "Mademoiselle Gagne tout" qui révèleront , si besoin était, leur merveilleuse complicité d'amants et d'acteurs.

 

 

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Bien que le cinéma l'ait beaucoup gâtée, Katharine Hepburn reviendra au théâtre et interprétera tour à tour Shakespeare ou George Bernard Shaw puis, à partir des années 50, ses apparitions à l'écran, comme à la scène, se feront plus rares. Il y aura encore "Long voyage vers la nuit" qui lui vaudra le Prix d'interprétation à Cannes, "Devine qui vient dîner ?" de Stanley Kramer, son dernier film avec Spencer Tracy, et "La maison du lac" auprès d'Henri Fonda où tous deux campent un couple d'octogénaires. Elle mourra dans son sommeil à New-York le 29 juin 2003 à l'âge de 96 ans. Au 7e Art, elle aura sû imposer son style, son franc-parler et son indépendance d'esprit. A ce jour, elle est irremplacée.

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:26

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Daniel Day-Lewis vient d'entrer dans le livre des records en obtenant pour son rôle dans Lincoln son troisième Oscar. Ce n'est pas tout à fait un hasard quand on sait le perfectionnisme qui le caractérise et le peu d'apparition qu'il s'autorise sur les écrans, de façon à mieux s'immerger dans ses personnages et à ne les choisir qu'avec circonspection. Cet acteur à l'abord difficile, peu enclin aux épanchements, fuyant les shows médiatiques, né à Londres en avril 1957, est d'origine irlando-britannique et réputé comme le comédien le plus sélectif qui soit, avec seulement cinq films à son actif entre 1998 et 2010. Chacune de ses apparitions le mobilise si intensément qu'il entreprend à chaque fois les recherches nécessaires et méticuleuses pour être en mesure de les incarner selon ses exigences. Ce fut le cas pour Lincoln, rôle qu'il refusa dans un premier temps, avant de l'accepter après avoir mûrement réfléchi à la façon d'entrer dans la peau de cet homme d'état, lisant tout ce qui le concerne, jusqu'au plus infime détail, ce qui a permis à un critique d'écrire : Day-Lewis ne joue pas Lincoln, il est Lincoln.

 

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Après une enfance chaotique, ses parents l'envoient dans un internat privé pour pallier à son indiscipline et c'est là qu'il découvrira les trois activités qui le captiveront le plus par la suite : le travail du bois, la pêche et le métier d'acteur, ce qui ne l'empêchera pas, après la mort de son père en 1972, d'être interné dans un hôpital psychiatrique à la suite d'une overdose médicamenteuse. Rentré dans le rang, et alors qu'il excelle déjà sur la scène du "National Youth Theatre", il choisit de devenir ébéniste, mais son manque d'expérience lui vaut d'être refusé à un stage d'apprenti. C'est alors que, très déçu, il emprunte la voie du théâtre après avoir vu Robert de Niro dans Taxi Driver  en 1976. Inscrit au "Bristol Old Vic", il en suit l'enseignement pendant trois ans qui seront suivis d'interprétations sur les scènes de Londres et de Bristol et intègre par la suite la troupe de la "Royal Shakespeare Company" pour des oeuvres comme Roméo et Juliette et Le songe d'une nuit d'été. Ce n'est qu'en 1987 qu'il endosse le rôle principal dans L'insoutenable légèreté des choses  au côté de Juliette Binoche. Pour cela, il ira jusqu'à apprendre la langue tchèque et se refusera à quitter son personnage entre les prises de vue. C'est dire le souci maniaque qu'il entend consacrer à chacun de ses rôles. Désormais, il va alterner film et pièce, travaillera à l'adaptation de Hamlet, mais un malaise étrange, survenu au cours d'une répétition, l'éloigne à jamais du théâtre au profit du 7e Art.

 

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Il obtient son premier Oscar avec My left Foot  de Jim Sheridan en 1989, où il est le poète irlandais infirme Christy Brown et, pour s'imprégner de son personnage, passe des mois dans un fauteuil roulant afin d'avoir un aperçu réaliste de ce qu'avait été la vie de cet homme, surprenant  l'équipe du film par ses excentricités.

 

En 1992, trois ans après l'Oscar, il collabore pour la première fois à une réalisation du cinéaste Martin Scorsese, face à la ravissante Michelle Pfeiffer. Ce sera Le temps de l'innocence qui l'incitera à se promener pendant deux mois vêtu des costumes de l'aristocratie de l'époque avec haut de forme et chemise à jabot. Ensuite, il entreprend de jouer dans Au nom du père de Sheridan, rôle pour lequel il prend plusieurs kilos, suivi de La chasse aux sorcières, un opus  inspiré de la pièce Les sorcières de Salem, puis, de nouveau, avec Sheridan pour The Boxer, ce qui nécessitera de sa part un entrainement de plusieurs mois  à ce sport, avant de s'absenter cinq années durant en Italie, où il renoue avec son ancienne passion pour l'ébénisterie.

 

En 2003, au retour de son exil italien qu'il n'expliquera jamais, il tourne avec Scorsese le film historique Gangs of New-York. Il y campe un inquiétant Bill le boucher dans le New-York du XIXe siècle. Et poursuit avec The Will Be Blood  de Paul Thomas Anderson en 2007. Son interprétation hallucinée de ce personnage maléfique et sombre lui vaudra son second Oscar, auquel s'ajouteront le Golden Globe et le BAFTA et l'unanimité d'une critique enthousiaste. Ainsi rejoingnait-il, dans la cour d'honneur des acteurs les plus récompensés, les Brando et Nicholson. Aujourd'hui, couronné par un troisième Oscar, il reste néanmoins derrière Katherine Hepburn qui détenait 4 statuettes. Mais Daniel Day-Lewis n'a sans doute pas dit son dernier mot. Avec un acteur de cette envergure, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 10:58
KATE WINSLET

 
Actrice britannique née a Reading dans le Berkshire le 5 octobre 1975, Kate Winslet sera propulsée d'un coup au sommet de la notoriété à l'âge de 22 ans, grâce au cinéaste James Cameron qui l'engage pour être avec Leonardo DiCaprio l'une des  figures de proue de son film "Titanic" ( 1997 ). Film le plus cher  jamais réalisé, mais comptant aussi parmi les plus grands succès, il cumule les records et gère avec justesse effets et sentiments. Ici, l'histoire d'amour l'emporte sur le déluge technologique. Réalisé avec souffle, malgré une musique un peu trop envahissante, l'histoire est celle du paquebot mythique et des amours impossibles entre une aristocrate fortunée et un jeune artiste sans le sou qui feront beaucoup sanglotter dans les chaumières. Il n'en reste pas moins que "Titanic" est une belle réalisation qui aura eu, entre autre mérite, celui de faire sortir du quasi anonymat deux acteurs de tout premier plan : Kate et Leonardo devenus, depuis lors, des figures emblématiques du 7e Art.

 

Les débuts de Kate se feront à la télévision dans une série de science-fiction avant qu'elle n'obtienne un rôle dans "Raison et sentiments" ( 1995 ), un film de Ang Lee aux côtés d'Hugh Grant et d'Emma Thompson. Et, pour la première fois d'une longue série, elle sera nominée aux Oscars dans la catégorie "Meilleur second rôle féminin". Très à l'aise dans les films d'époque, Kate campe Ophélie dans l'Hamlet de Kenneth Branagh en 1996, mais c'est évidemment dans celui de Rose, jeune femme éprise de liberté, qu'elle s'impose l'année suivante sous la direction de Cameron. Aimant les défis, l'actrice, dès 2003, va changer de registre  et accepter de jouer dans La vie de David Gale d'Alan Parker, un film sur la peine de mort, puis elle sera saluée en 2004 pour sa prestation dans "Eternel Sunshine of the Spotless Mind" du réalisateur français Michel Goudry, qui lui méritera sa quatrième nomination aux Oscars. Elle jouera également dans "Romance and Cigarettes" en 2005 et dans un drame politique "Les fous du roi " de Steven Zailliau où elle a pour partenaires Sean Penn, Jude Law et Anthony Hopkins. Enfin, dans le drame "Little Children" ( 2006 ) de Todd Field, elle récolte une cinquième nomination.

 

Ce sera douze ans après "Titanic" que ce prestigieux trophée, souvent proposé et jamais gagné, couronne enfin son interprétation bouleversante de Hanna Schmitz dans "The Reader " de Stephen Daldry, face à Ralph Fiennes. Pour ce rôle qu'elle joue avec finesse et un mélange subtil de froideur et de gravité, elle reçoit les deux Golden Globes de la catégorie féminine, ainsi que le Bafta de la meilleure actrice dans un rôle principal et enfin l'Oscar de la Meilleure actrice. Consécration suprême pour une remarquable actrice et une jeune carrière conduite avec intelligence et discernement. On l'a vue récemment dans "Carnage" de Roman Polanski, donnant la réplique à Jodie Foster, Christophe Waltz et John C. Reilly d'après la pièce de Yasmina Reza, huis-clos où deux familles s'affrontent en un véritable règlement de compte à la suite des disputes intervenues entre leurs enfants respectifs et que je trouve, personnellement, très décevant. Enfin Kate Winslet prête son joli visage à la marque Lancôme et celle de haute couture St John. Mais elle est avant tout une actrice de race qui, à l'écran, ne peut laisser indifférent aucun spectateur, tant chacune de ses composition est empreinte de naturel et de force. Mariée au metteur en scène Sam Mendes qui lui donnera un beau rôle dans "Les noces rebelles" auprès de son ami Leonardo, elle est mère de deux enfants et partage aujourd'hui sa vie avec Ned Roknroll. Nous la verrons en 2013 dans "Labor Day" de Jason Reitman. Sa carrière est actuellement à son apogée.

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 10:20
ROBERT de NIRO - PORTRAIT

                                                                                    

Robert de Niro, d'origine italienne, est né à New-York le 17 août 1943 et s'est orienté, dès l'âge de 16 ans, vers une carrière d'acteur qui le conduira du Dramatic Workshop au célèbre Actors'studio. Il jouera en tournée dans "Cyrano de Bergerac" de Rostand, "Tchin Tchin" de François Billetdoux et "One night stands of a Noisy passenger" de Shelley Winters, avant de se tourner vers le 7e Art où il se fait tout de suite remarquer dans  "Bloody Mama"  de Roger Corman, avant de remporte le New-York Film Critics Award du meilleur second rôle dans  "Bang the drum slowly"  de John Hancock et  "Mean Streets"  de Martin Scorsese. Sa carrière démarre en flèche et ne cessera plus de s'affirmer avec éclat.

 

 

                    Robert De Niro. Warner Bros. France


 

En 1974, son interprétation dans  "Le Parrain 2"  lui vaudra une nouvelle consécration, l'Oscar du meilleur second rôle, auquel s'ajouteront l'Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur pour sa fulgurante apparition dans "Ragging Bull", ensuite une citation à l'Oscar et au Golden Globe pour  "Taxi Driver",  enfin un certain nombre d'autres citations tout aussi  prestigieuses, ce qui prouve que, dans chacun de ses rôles, cet acteur d'envergure frappe par la force qu'il insuffle à ses personnages, par sa virilité et son ironie. En effet, ses apparitions sur grand écran ne passent jamais inaperçues, d'autant qu'il sait choisir ses metteurs en scène et ne participe qu'à des films de qualité indiscutable. Perfectionniste et secret, de Niro se plaît aux métamorphoses et n'hésite pas à se placer en retrait des autres comédiens, de manière à donner plus de relief à ses interprétations et à les porter à un paroxysme de crédibilité et d'excellence.

 


                  Robert De Niro. Warner Bros. France James Franco et Robert De Niro. Quinta Communications


 

C'est ainsi qu'on l'a vu dans  "Mission" et  "Il était une fois en Amérique" où il est prodigieux dans des oeuvres qui le sont tout autant,  dans "Casino",  "Voyage au bout de l'enfer",  "Blessures secrètes",  "Les nerfs à vif",  etc.  En 1988, avec Jane Rosenthal et la Société Tribeca Productions, il réalise son premier long métrage : " Il était une fois le Bronx"  qui sera suivi d'une quinzaine d'autres, dont  "Des hommes d'influence et Mafia Blues".  Il a également présenté, toujours avec Jane Rosenthal, en mai 2002, le premier Tribeca Film Festival, une manifestation destinée à relancer la vie culturelle de Manhattan après les attaques terroristes du 11 septembre 2001. En 2011, il présida le jury du Festival de Cannes et ne transigea pas davantage avec son souci permanent d'exigence. Récemment, on l'a vu dans un film inattendu qui traite des relations entre générations "Le nouveau stagiaire" où il était époustouflant de charme et de naturel.

 

 

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            Carlotta Films Quinta Communications Warner Bros. 

 

 


 

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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

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