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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 08:38

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Elle n'avait ni le charme d'Audrey Hepburn, ni la délicate élégance de Grace Kelly, ni le talent d'Elisabeth Taylor, ni la vulnérabilité de Marilyn Monroe, elle était seulement, et sans doute pour son malheur, d'une beauté stupéfiante et a probablement été la plus belle femme qui soit, d'une splendeur qui l'apparentait aux déesses de l'Olympe et à leur sombre destin, une somptueuse panthère noire faite pour rugir. D'autant qu'elle ne se contentait pas d'être parfaite, elle possédait le regard, la gestuelle, la sensualité qui faisaient que les autres femmes pâlissaient toutes face à elle et que les hommes ont été probablement effrayés par le magnétisme sensuel qu'elle dégageait et par le désir qu'elle ne cessait d'inspirer. Trois mariages et un grand nombre de liaisons et d'aventures la laisseront seule et désespérée, d'autant qu'elle-même ne s'aimait pas et portait au plus profond du coeur un désarroi inguérissable. Née le 14 décembre 1922 dans une famille d'exploitants agricoles ( plantations de tabac ), elle est la dernière de 7 enfants et ne pourra pas faire d'études, seulement apprendre la sténo-dactylo afin de devenir secrétaire et souffrira toute sa vie de ne pas être cultivée. Si celle-ci était à refaire - écrivait-elle dans ses mémoires - ce serait l'instruction que je placerai en priorité. Le mari de sa soeur aînée, photographe professionnel, va être très tôt subjugué par sa beauté. Alors qu'elle n'a que 17 ans, il la choisit pour modèle et prend des dizaines de photos qu'il s'empresse de placer dans sa vitrine et qu'un employé de la MGM, qui passait par là, remarquera. Si bien que la jeune Ava est convoquée pour des bouts d'essai et qu'elle signe un contrat de 7 ans avec la firme pour 50 dollars par semaine. Mais ses débuts ne seront guère brillants, d'abord parce qu'elle n'a pas la vocation de comédienne, qu'on l'affuble de petits rôles peu exaltants et qu'elle ne parvient pas à se débarrasser d'un redoutable accent du terroir. Son nom n'apparaîtra dans un générique qu'en 1944 dans Trois hommes en blanc

 


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C'est à cette époque qu'elle croise dans les couloirs de la MGM un acteur en vogue et très populaire, à défaut d'être grand et beau : Mickey Rooney. Il lui fait une cour assidue et elle finit par l'épouser le 10 janvier 1942. Mais la cour est une chose, la vie maritale une autre et il semble bien que Mickey n'ait aucune idée de ce que doit être un mari attentif et fidèle. Ils divorceront un an plus tard pour "cruauté mentale". Restée sans argent, l'impétueuse, le coeur chaviré, balade pour 100 dollars la semaine son regard de braise et son corps de déesse dans 17 mélos qui ne feront rien pour l'imposer comme actrice au firmament hollywoodien. John Huston lui fait la cour à son tour et tente de l'hypnotiser, mais la belle n'entend pas se laisser asservir en un lieu où tout est illusion et mensonge. Howard Hugues, producteur outrancier et paranoïaque, prendra la relève sans plus de succès mais la poursuivra durant vingt ans de son assiduité, la faisant suivre et mettre sur écoutes, en proie à une tyrannie sans bornes. Après un mariage éclair avec Artie Shaw qu'elle aimera mais qui la méprisera, ce qui la blesse affreusement, elle rencontre Frank Sinatra. Envoûté par sa beauté et bien que marié à Nancy, il va conquérir le coeur de la rebelle en lui chantant des mélodies de sa voix de crooner, mais là encore leur passion ne sera pas un long fleuve tranquille. Ces deux-là sont jaloux et leur chambre va très vite devenir un ring  où ils ne cessent de s'affronter et de se réconcilier et où les injures et les coups pleuvent, au point que Sinatra feindra le suicide et qu'Ava ira se consoler dans les bras de Mario Cabré, un acteur sans scrupule qui profitera de l'aubaine et entourera leur brève liaison d'une publicité flatteuse pour lui seul. Entre temps, Sinatra a divorcé de Nancy ; il est à nouveau un homme disponible qu'Ava, qui n'a pas encore guéri de lui, accepte d'épouser pour le meilleur et pour le pire... Leur lune de miel ou de fiel se passera dans l'île de Cuba, alors sous l'autorité très permissive de Baptista, casino et lupanar tout ensemble où les "people américains" de l'époque aimaient à  faire la fête.

 

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Le film Mogambo en 1953 ( après Pandora en 1951 ) qu'Ava tourne avec Grace Kelly et Clark Gable rehausse sa côte au box office au point que l'Académie des Oscars nomine enfin l'actrice. Impressionné par sa présence à l'écran, Joseph Mankiewicz  va lui cococter un rôle à sa mesure. Ce sera  La comtesse aux pieds nus, où elle peut enfin donner la mesure de son tempérament dans une Espagne ardente, la chaleur de ses nuits, et qu'elle séduit, dans la foulée, un mythe vivant : le torero Luis Miguel Dominguin. Mais ce dernier, poursuivi par les vindictes de Howard Hugues, préférera épouser la plus reposante et ravissante actrice italienne Lucia Bosè. Il semble bien que les hommes, qui ont croisé sa route, aient tous été paniqués par le désir qu'elle ne cessait de susciter. Désir, mais point amour, passion mais point tendresse. La torride et sensuelle Ava sera certes désirée mais pas aimée et de cela elle mourra à petit feu. Les années passent. L'actrice s'est réfugiée en Angleterre, à Londres, après que Madrid lui ait réclamé un arriéré astronomique d'impôts. Elle semble y mener une vie assez sage, s'étant éloignée du feu des projecteurs et de leurs fatales désillusions pour l'ombre plus propre à l'apaisement. Elle meurt d'une pneumonie le 25 janvier 1990. Elle n'a que 67 ans mais a tout vécu trop vite et trop intensément, âme subversive et tourmentée, rongée par le doute et le scepticisme. Ses films les plus marquants seront Pandora ( 1951), Les neiges du Kilimandjaro ( 1952),  Mogambo (1953), La comtesse aux pieds nus (1954), La croisée des destins ( 1956) et La nuit de l'iguane (1964).

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 08:38

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Pour l'état civil, elle fut Norma Jean Baker Mortenson. Pour le monde entier, Marilyn Monroe devint le mythe absolu de la féminité et de la sensualité sur grand écran avec cette fragilité qui plaisait aux hommes et attendrissait les femmes. Une parfaite cible mouvante pour la grande machine hollywoodienne qui contribuera à la broyer.

 

"Voilà une pauvre fille qui devient tout à coup une vedette célèbre. Alors, ces gens viennent lui dire qu'elle doit devenir une grande actrice. C'est comme un homme qui ferait une chanson idiote : le Toutou à la fenêtre - ça fait un succès, et il faut qu'il écrive des symphonies pour Toscanini ! Ils veulent essayer d'élever Marilyn où elle ne peut exister."

Cette charge d'une cruauté absolue, c'est Billy Wilder qui la prononce et la signe l'année même de Sept ans de réflexion en 1955. Dans son outrance, elle reflète parfaitement une partie de l'opinion hollywoodienne à l'égard d'une star féminine qui refusa jusqu'au bout de se plier totalement aux usages en vigueur dans cette usine à rêves qui pouvait si facilement devenir une usine à cauchemars. Cette attitude du milieu hollywoodien à son égard sera pour Marilyn une blessure qui ne se refermera jamais et s'ajoutera à son enfance de petite fille abusée sexuellement et abandonnée par sa mère malade. Un passé qui a inscrit dans ses gênes une dépression permanente, une paranoïa dont aucun homme, aucun psychiatre ne parviendront à la guérir et, qui plus est, à la sauver.

 

L'histoire de sa vie ressemble à un conte qui très vite tournerait mal ou, mieux encore, à un film plus noir que rose, bien que les premières années furent la concrétisation parfaite de ce que Gladys Baker, sa mère, avait espéré pour sa fille : Marilyn devenue une star mondialement admirée pour son éclatante beauté. En 1947, âgée de 21 ans, elle obtient un premier rôle dans une production de la Fox Dangerous Years d'Arthur Pierson ; ainsi a-t-elle déjà forcé la porte de la Mecque du 7e art, même si le film ne vaut pas tripette. Car ses apparitions, mêmes secondaires et fugaces, sont remarquées, si bien qu'en 1950 elle tourne dans deux films : La pêche au trésor  des Marx Brothers qui ne fera pas date dans les annales et Quand la ville dort de John Huston qui marque son entrée officielle au box office. Deux ans plus tard, elle est déjà en tête du très officiel classement des " étoiles de demain", tandis qu'avec Chérie, je me sens rajeunir, elle se voit confier par Howard Hawks son premier emploi de vedette aux côtés de Ginger Rogers et Cary Grant. L'année suivante, c'est la consécration définitive avec le rôle principal d'un nouvel Howard Hawks Les hommes préfèrent les blondes auprès de la brune Jane Russell. Elle incarne Lorelei, une chanteuse de cabaret, à laquelle elle prête sa voix délicieuse. Marilyn fait merveille dans ce rôle de jeune femme intéressée et quelque peu frigide, mais dotée d'une ingénuité qui fait tout passer, y compris auprès du public féminin. Cet instinct des êtres et des choses qu'elle possède au plus haut degré lui permet d'être toujours juste dans ses gestes et ses expressions. Oui, il n'y  plus de doute : Marilyn jouit d'un étonnant magnétisme.

 

Désormais, le personnage de la blonde sexy, pulpeuse, gentiment séductrice, avec une mouche sur le visage, un sourire radieux et des lèvres parées d'un rouge éclatant, sachant danser et chanter, s'impose à tous. Le magazine Photoplay la sacre alors " meilleure actrice populaire de l'année " et les financiers d'Hollywood, toujours à l'affût, se frottent les mains à la seule pensée de la manne dont ils vont bénéficier grâce au charisme de cette femme à la séduction irrésistible. En effet, au cours des années 1953 - 54 et 56, M. M. figure parmi les dix vedettes qui rapportent le plus de dollars. C'est bien entendu l'époque où elle enchaînera les tournages les plus marquants de sa carrière : Niagara, Comment épouser un millionnaire, Rivière sans retour, La joyeuse parade, Sept ans de réflexion et Bus Stop.

 

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Au fur et à mesure que s'amplifie le mythe Monroe, Marilyn, qui n'est pas dupe, mesure la vacuité du star-system cynique et dénué d'humanité. Son mariage avec le prestigieux écrivain Arthur Miller, en 1956, sonne comme un défi aux a priori de certains : " La beauté de Marilyn rayonne parce que son âme se montre à tout moment " - écrira-t-il, mais leur couple finira par se défaire, l'écrivain s'inquiétant que la jeune femme l'entraîne irrémédiablement dans sa perte. Or, il entend se ressaisir. Le choc de leur séparation la rendra définitivement vulnérable et transformera ses dernières années en une lente descente aux enfers. Dans Certains l'aiment chaud de Billy Wilder en 1959, le metteur en scène qui la considère toujours avec une nuance d'apitoiement, elle est une fois encore une chanteuse face à Tony Curtis et Jack Lemmon en musiciennes d'orchestre. Dans cet opus d'un comique savoureux, Marilyn dévoile un formidable potentiel comique et une sensualité torride, mais Wilder l'a  tout de même circonscrite dans un personnage de ravissante idiote. En 1959, alors qu'elle tourne Le milliardaire de Georges Cukor, elle a une courte liaison avec son partenaire Yves Montand qui la laissera une nouvelle fois désemparée. Puis ce seront des liaisons dangereuses avec le Président des Etats-Unis John Kennedy et son frère Bob, un tournage difficile avec The Misfits, film réalisé par John Huston d'après un scénario d'Arthur Miller qui met en scène leur propre histoire, l'abus de substances nocives, son isolement progressif et un film inachevé qui fait apparaître l'envers du décor et un pathétique appel au secours qui ne semble pas avoir été entendu. Au bout de ce tunnel, l'actrice la plus célèbre du monde mais, probablement la moins bien aimée, choisira de se donner la mort le 5 août 1962, il y a un demi siècle de cela, dans sa villa de Brentwood à Los Angeles. Cette étoile à la trajectoire si brève - elle n'avait que 36 ans lors de sa disparition - n'en reste pas moins une étoile persistante au firmament du 7e Art.

 

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MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
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MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:31

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Naomi Watts a le vent en poupe. Son jeu naturel, sa fraîcheur, sa présence toute en finesse et spontanéité l'ont rendue très populaire auprès d'un public international auquel n'a pas échappé ces qualités évidentes. D'autant qu'elle a su mener sa carrière avec feeling, après des débuts assez lents et difficiles, et s'imposer ensuite par le choix de ses metteurs en scène dont David Lynch qui la fait jouer en 2001 dans Mulholland Drive aux côtés de Justin Theroux et Laura Harring. Il expliquera son choix en disant : " J'ai vu quelqu'un dont j'ai deviné immédiatement le talent potentiel, qui de plus avait une belle âme et assez d'intelligence pour aborder des rôles très différents ".

 

Née le 28 septembre 1968 en Angleterre, Naomi a débuté sa carrière à la télévision australienne où elle est apparue dans diverses séries avant de se lancer dans le théâtre et enfin d'aborder le 7e Art dans des films de classe B, qui n'auront que le mérite de la familiariser avec la pellicule. Après le film de Lynch, qui lui a valu les éloges des spectateurs, elle obtient de nouveau le succès dans L'anneau en 2002 et est nominée aux Oscars en 2004 pour son interprétation de Cristina Peck dans 21 grammes de Alejandro Gonzalez Inarritu face à Sean Penn, recevant, par la même occasion, son premier Academy Award de la meilleure actrice qui confirme très officiellement son talent de comédienne. Elle y est une jeune femme éplorée qui vit une existence dangereuse après l'assassinat de son mari. Le New York Times écrira à ce sujet que Watts se réinvente à chaque performance. Il est facile d'oublier - ajoute-t-il - à quel point elle est brillante ; elle a une audace qui vient d'un manque d'emphase ; tandis que le San Francisco Chronicle la considère comme fascinante.

 

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En 2008, on verra Naomi dans Funny Games du réalisateur Michael Haneke, aux côtés de Tim Roth. Elle y campe une femme retenue en otage avec son mari et son fils par de jeunes délinquants. En 2010, elle sauve en partie le Woodie Allen de l'année Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu où, face à Josh Brolin, elle est une épouse dont le couple traverse de sérieuses turbulences et cela avec une conviction et un charme qui suscitent l'adhésion. Convertie au boudhisme et végétarienne, Naomi Watts est également l'ambassadrice des Nations Unies dans sa lutte contre le Sida et mène une vie sans histoire auprès de son mari et de ses deux fils. Quant à sa récente apparition en princesse Diana, elle  ne laissera pas un souvenir inoubliable, bien que personnellement elle n'ait pas démérité.  

 

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 09:34

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Soeur aînée de Warren Beatty, née en Virginie le 24 avril 1934, Shirley MacLaine a su, dès ses débuts, imposer au public américain et bientôt international, son minois rieur et ses taches de rousseur, à une époque où la beauté hollywoodienne était incarnée par la blonde Marilyn Monroe et la rousse et flamboyante Rita Hayworth. Elle fait ses débuts en 1955 avec Alfred Hitchcock qui utilise au mieux son charme primesautier dans "Mais qui a tué Harry ?". Ensuite viendra une succession de films dont "Deux sur la balançoire"  (1962) de Robert Wise, "Irma la douce" (1963) de Billy Wilder, "Sept fois femme" (1967) de Vittorio de Sica, "Sierra torride" (1970) de Don Siegel et "Valentine's Day" de Garry Marshall en 2010, pas moins d'une cinquantaine de longs métrages, parfois trois ou quatre tournés la même année. Et cela sans compter les livres écrits dont un sur la réincarnation et les nombreuses apparitions à la télévision.

 

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Partenaire de Clint Eastwood ou de Jack Nicholson et interprète de grands réalisateurs comme Billy Wilder et Alfred Hitchcock auquel elle dit tout devoir alors que, jeune danseuse à Broadway, il l'engage et lui ouvre par la même occasion l'avenir et  la carrière que l'on sait, elle déplore qu'aujourd'hui le cinéma américain soit avant tout une affaire de marketing.
 

Je crois - dite-elle - que l'époque des histoires audacieuses, qui faisaient réfléchir, qui apportaient un peu de fraîcheur est vraiment révolue. Il s'agit seulement d'utiliser le dernier outil technologique. (... ) J'en ai marre d'aller m'asseoir dans une salle pour voir quel est le dernier objet qui va me sauter à la figure avec le 3D. L'âge d'or du cinéma était celui des histoires qui éveillait  la conscience des spectateurs. On n'est plus là-dedans.

Malgré cela Shirley a su conserver son goût des studios et a tourné une comédie de Richard Linklater " Rock Academy" malgré ou grâce à ses 77 printemps. Après Deauville, qui l'avait reçue avec faste dans le cadre de son 37eme Festival du Cinéma Américain, la France lui a remis la Légion d'honneur pour ses bons et loyaux services à l'égard du 7e Art et la cinémathèque, quant à elle, lui a consacré une rétrospective. Longue vie Shirley !

 

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SHIRLEY MACLAINE - PORTRAIT
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 09:11

Bruno Crémer. Bac Films


Une carrure d'athlète, une voix grave, une intériorité tantôt rassurante, tantôt inquiétante, un souffle perceptible comme celui d'un animal continuellement en alerte, tels étaient quelques-uns des traits caractéristiques de Bruno Cremer, décédé d'un cancer le 9 août 2010, à l'âge de 80 ans. De père français et de mère flamande, cet épicurien amateur de bonne chair, de bons vins et de gros cigares, pudique et discret, était né à Saint-Mandé le 6 octobre 1929. Peu désireux de poursuivre des études, il décide de devenir comédien et présente le concours d'entrée au Conservatoire, où il échoue. C'est alors qu'il tombe gravement malade et reste plus d'un mois entre la vie et la mort. Une fois guéri, il représente le concours et, cette fois, avec succès. Après 4 années au Conservatoire où il aura pour professeurs Madame Dussane et Maurice Escande, il en sort avec le deuxième prix pour sa prestation dans Horace de Corneille.
Sa carrière au théâtre commence avec le rôle de Henry dans Richard III de Shakespeare. Elle sera interrompue par son service militaire et piétinera un moment jusqu'à ce que le jeune acteur fasse une rencontre providentielle avec Jean Anouilh, qui l'engage pour interpréter le rôle de Thomas Becket dans Becket ou l'Honneur de Dieu. Ce sera un triomphe.

 


     

 

Mais si le théâtre constitue pour le comédien l'art majeur, il ne boudera pas le cinéma qui l'aidera à vivre et lui offrira des rôles intéressants comme dans  La 317e section ( 1964 ) de Pierre Schoendoerffer, où il y campe une magnifique figure de soldat durant la guerre d'Indochine, l'adjudant Willsdorff, homme intelligent et charismatique, doué d'une grande finesse psychologique. Viennent ensuite des rôles de qualité dans 5 films d'Yves Boisset : Cran d'arrêt ( 1970 ), L'attentat ( 1972 ), R.A.S. ( 1973 ), Espion , lève-toi ( 1981 ) et Le prix du danger ( 1983 ). Son talent ne cesse de s'affirmer également dans des régistres très différents, comme dans Une histoire simple ( 1978 ) de Claude Sautet, ou Anthracite d'Edouard Niermans. Puis il renoue avec Schoendoerffer et tourne sous sa direction L'honneur d'un capitaine en 1982, ce qui est pour lui l'occasion d'être à nouveau le partenaire de Jacques Perrin, et enchaîne, dans la foulée, deux polars honorables : dans l'un il incarne un personnage violent, c'est A coups de crosse ( 1984 ) de Vincente Aranda avec Fanny Cottençon, dans l'autre, il est protecteur, c'est  Effraction de Daniel Duval, où il donne la réplique à Marlène Jobert et Jacques Villeret.

 


     

 


Suivront 3 films de Jean-Claude Brisseau : Un jeu brutal ( 1983 ), De bruit et de fureur ( 1988 ) et bien sûr Noce blanche ( 1989 ) auprès de Vanessa Paradis. Sa carrière cinématographique se clôturera par le fantasmatique Sous le sable ( 2000 ) de François Ozon avec Charlotte Rampling et le bouleversant dernier film de José Giovanni  Mon père, il m'a sauvé la vie ( 2001 ), ultime témoignage d'un metteur en scène en pleine possession de ses moyens.

Mais c'est grâce à la télévision et au personnage de Maigret que Bruno Cremer deviendra véritablement populaire auprès du grand public. Pas moins de 54 épisodes seront tournés en quatorze ans. Il y campe un Maigret fidèle à l'esprit de Georges Simenon, d'une rondeur légèrement bourrue, évitant tout effet de style et d'une présence qui rappelait celle d'un Jean Gabin. Son physique aux traits lourds et marqués dégageait néanmoins un charme lumineux. Alchimie emblématique des acteurs de grande race, comme il y en a eu peu. Toujours juste, toujours sobre, il aura mené sa carrière avec autant de nonchalance que de professionnalisme. Il laisse un vide d'autant plus grand qu'il n'y a pas, dans le paysage cinématographique actuel, de gueule pour le remplacer. Mais est-il seulement remplaçable ? Le plaisir, qu'il nous reste, est celui de revoir ses films et de nous imprégner de cette présence, toute ensemble rugueuse et sensible.
" Cet homme était un mystère, quelque chose d'étrange. Il faisait rarement voir l'affection qu'il éprouvait pour certains êtres. C'était un prince. Je pense que c'était le plus grand de nous tous, très honnêtement " - dira Jean Rochefort lors de ses obsèques.

 

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Bruno Cremer. Ciné Classic   Florence Darel et Bruno Cremer. Vision Distribution

Vision Distribution

 


 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:05

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C'était d'abord une voix, ensuite un regard intense, douloureux, qui dévorait de son feu un visage émacié. Longue silhouette osseuse, d'où tout le superflu avait disparu, Laurent Terzieff mort à l'âge de 75 ans en 2010 occupait une place à part dans l'art théâtral, celle si rare d'un homme qui tente de nommer les choses et surtout de dire véritablement ce qu'elles sont. De nous spectateurs, il demandait l'écoute, de lui acteur, il exigeait l'excellence, parce qu'on ne se fait pas impunément l'écho des profondeurs, le chantre de quelques-uns des plus beaux textes de la littérature.


D'origine russe, né en 1935, il était arrivé en France à l'âge de 9 ans, marqué par les horreurs de la guerre et déjà sensible à ce qui dans l'homme s'acharne à se perdre. C'est le cinéaste Marcel Carné qui lui offrira sa première chance en lui proposant l'un des rôles-titres dans son film   Les Tricheurs  en 1958, où il campe un étudiant bohème et cynique, salué par la critique unanime comme l'un des jeunes premiers les plus prometteurs de sa génération. Par la suite, il tournera avec Bunuel, Pasolini, sans que pour autant le 7e Art donne satisfaction à sa quête personnelle, telle qu'il la concevait, privilégiant  le texte à l'image et donnant voix à des auteurs comme Pirandello,  Ibsen,  Carol Bernstein,  Claudel,  Adamov,  Bretch, ainsi qu'aux poètes qu'il appréciait par-dessus tout : Oscar Milosz et Rainer Maria Rilke.

Avec sa compagne Pascale de Boysson, il créait en 1961 la compagnie de théâtre Laurent Terzieff, seul moyen de s'assurer une complète liberté et la possibilité de mettre en scène et de choisir les rôles qui correspondaient  le mieux à ses interrogations. Passionné, il s'engageait à fond dans ce qu'il faisait, prêtant à ses personnages une intensité rare. A chaque apparition, il semblait se mettre lui-même en péril, comme si sa vie en dépendait, comme s'il était habité par la Parole ... des autres. " L'écran peut mentir, pas la scène " - se plaisait-il à dire. Et cette phrase le révèle. Lui, qui avait commencé sa carrière d'acteur par un film dont le titre était les tricheurs, était l'homme qui ne trichait pas, ni dans sa vie, ni dans sa profession qu'il assumait à la manière d'un sacerdoce. Parce que c'est de vérité intérieure dont il s'agissait. De cette vérité qui tient l'homme vertical, tel qu'il l'était lui-même. Mieux encore qu'un grand seigneur de la scène, comme certains se sont plus à le qualifier, à juste titre d'ailleurs, c'est un homme sans compromissions dont je me plais à évoquer le beau visage ravagé par l'exigence.

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:10
HOLLYWOOD ET SES STARS
HOLLYWOOD ET SES STARS
HOLLYWOOD ET SES STARS

Metropolitan FilmExport  

 

Les actrices et acteurs américains contribuent  à faire tourner l'usine à rêves qu'est le 7e Art. Mais le temps des mythes est définitivement révolu, remplacé par le box-office qui veut que les stars soient davantage tributaires des recettes que de leur talent. A eux de savoir durer en choisissant de figurer dans des films qui ont quelque chose à dire ou à démontrer. Ils doivent s'investir afin de transmettre des messages lisibles, à l'intention du public le plus large possible. La capacité d'un Jack Nicholson à s'autoparodier ou à prendre des risques lui a assuré une longévité impressionnante. C'est aussi le cas de Dustin Hoffman qui des Hommes du président à Tootsie en passant par Ray Man a effectué un parcours sans faute. Le cas également de Meryl Streep, remarquée dès son apparition dans Voyage au bout de l'enfer en 1978, et qui est devenue la valeur sûre de sa génération, s'imposant avec subtilité à chacune de ses apparitions. Kim Basinger et Sigourney Weaver eurent moins de chance. Toutes deux ont connu des revers injustes au regard de leur talent et peinent à trouver un second souffle. Née de parents comédiens Julia Roberts incarne à la perfection l'image que le public se fait de la jeune femme moderne. Tour à tour Cendrillon dans Pretty Woman, amoureuse romantique dupée dans Tout le monde dit I love you de Woody Allen ou militante dans le rôle d'une avocate écologiste qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice dans Erin Brockovitch, elle séduit et convainc avec une grâce désarmante. De même qu'il aura suffi d'une scène pour imposer une femme comme Sharon Stone et en faire une icône de la beauté à travers le monde. Mais malgré le succès de Casino, où elle était éblouissante, aucun grand rôle ne lui a été proposé. Dommage, car elle a tout pour elle, présence et talent. Autre valeur sûre,  Robert de Niro, tour à tour acteur, réalisateur et producteur ; il s'est illustré dans de nombreux films depuis Trois chambres à Manhattan de Marcel Carné, dont Taxi driver, New York, New York, Casino, auprès de Sharon Stone, Des hommes d'influence, Raging Bull, Heat, Le parrain - 2e partie, Mission, interprétant plus volontiers des personnages instables, voire névrosés, cela avec un engagement total de grand perfectionniste qui a fait de lui un acteur majeur du cinéma américain de ces 40 dernières années.

 


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AlloCiné Les Films du Safran Sony/Columbia United International Pictures (UIP)


 

Dans la catégorie " Monsieur Muscle " Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger personnifient une certaine idée du rêve américain, alors qu'un acteur comme Mel Gibson a su évoluer vers des interprétations plus complexes et durables comme dans Braveheart et une version controversée, mais troisième au box-office, Passion du Christ. Quant à Harrison Ford, il est à lui seul le héros d'une galaxie de renommée mondiale et une star particulièrement appréciée des spectateurs avec le personnage d'Indiana Jones qui rebondit d'opus en opus et alourdit inopinément le portefeuille des producteurs. Vedette de la télévision et fils d'une star du grand écran, Michael Douglas rafle la mise du cinéma d'aventure avec A la poursuite du diamant vert et Le diamant du Nil, tandis que Bruce Willis frappe fort en monsieur tout-le-monde obligé de se transformer en homme d'action dans Piège de Cristal, puis Cinquante-huit minutes pour vivre, et, plus encore, dans le rôle d'obsédé de Sixième sens. Passé derrière la caméra, Robert Redford est parvenu avec aisance à négocier entre l'exigence de l'acteur à celle du metteur en scène et prouvé sa remarquable adaptabilité, ayant réussi cette conversion d'évoluer sans se renier. Quant au talent de Tom Hanks, il n'a cessé de se confirmer dans le choix de ses producteurs : malade du sida dans Philadelphia, simple d'esprit dans Forrest Gump, capitaine dans Il faut sauver le soldat Ryan, il impose sa présence sans effets inutiles, misant sur la rigueur et la discrétion. Leonardo Di Caprio, qui triompha en début de carrière en héros romantique, a su varier ses prestations et choisir des rôles diamétralement opposés avec le même succès, n'hésitant pas à prendre des kilos pour mieux camper un personnage. Comme Johnny Depp, qui bénéficie d'une aura sans tache grâce aux films de quelques cinéastes culte, tel que Tim Burton, et à la série très populaire des Pirates des Caraïbes.

 

 

   Sharon Stone. Océan Films

           Julia Roberts                                 Sharon Stone

 

La fin des années 1980 a marqué l'époque des "success stories". Nicole Kidman, associée un moment à la célébrité de son mari Tom Cruise, notamment dans Eyes Wide Shut, vole dorénavant de ses propres ailes auprès de réalisateurs aussi différents que Baz Luhrmann pour Moulin-Rouge, d'Alejandro Amenabar pour Les Autres ou de Lars von Trier pour Dogville. Sa carrière ne semble pas marquer de temps mort et elle a su également se sacraliser en devenant l'égérie d'une griffe célébrissime dans le monde entier, ouvrant la voie à des actrices comme Sharon Stone plus populaire aujourd'hui sur les pages de publicité que sous la plume des critiques cinématographiques. Elle a également reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour sa composition de l'écrivain Virginia Woolf dans The Hours de Stephen Daldry en 2001.

 

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Aujourd'hui les caméras sont particulièrement braquées sur deux fringants quadragénaires George Clooney et Brad Pitt associés à un fougueux trentenaire Matt Damon, tous trois surfant sur la vague hollywoodienne qui déferle sur nos écrans avec pas mal de succès, il faut le reconnaitre. Des visages de femmes sont apparus eux aussi, dotés d'un indéniable charisme : celui de Catherine Zeta-Jones a fait les beaux jours de Chicago, Hilary Swank sait affronter sans sourciller le vétéran Clint Eastwood qui lui donne la réplique et la dirige dans Million Dollar Baby ( 2005 ), Scarlett Johanson plaît tant à Woody Allen qu'il en fait l'héroïne américaine de son très british Match Point et inspire la prometteuse Sofia Coppola qui l'a engagée pour Lost in Translation ou Uma Thurman qui s'est révélée un véritable concentré de vengeance dans les Kill Bill 1 et 2.

 

Catherine Zeta-Jones. TFM Distribution   Scarlett Johansson. TFM Distribution

 Zeta-Jones dans Chicago     Scarlett Johanson dans Match Point

 

Enfin les juvéniles Ewan McGregor et Natalie Portman profitent du succès planétaire de la nouvelle trilogie Star Wars pour envoûter un public junior, voire senior, et ces nouveaux et nouvelles venus nous rassurent sur le bon état de santé du 7e Art.  Natalie Portman semble appeler à un brillant avenir  tant elle était impressionnante dans le rôle de la petite Mathilda du film de Luc Besson : Léon. Son jeu d'une intensité rare, sa formidable photogénie, sa présence l'ont déjà mise en orbite et l'ont vu couronnée par un Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle. On l'attend prochainement dans Black Swan, film où elle est une danseuse étoile aux prises avec une rivale et rôle qui a nécessité, de sa part, 5 à 8 heures de travail quotidien pendant un an. Tout cela pour notre plus grand plaisir, car tant qu'il y aura des stars, il y aura des films, et les salles obscures n'auront pas fini de nous faire vivre des nuits blanches...

 

27/05/2010

 

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ACTEURS DU 7e ART

 

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Bac Films  


Natalie Portman

Angelina Jolie et Nicole Kidman
Angelina Jolie et Nicole Kidman

Angelina Jolie et Nicole Kidman

Scarlett Johansson

Scarlett Johansson

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 16:22

 

 

Le cinéma ne serait pas ce qu'il est sans les acteurs. Ce fut souvent la qualité de leur interprétation qui fit le succès d'un film et combien de ces films doivent à leur personnalité, leur sensibilité, leur cocasserie d'avoir vu le jour... La beauté énigmatique de Delphine Seyrig a beaucoup apporté à "L'année dernière à Marienbad", ainsi que la présence troublante de Jeanne Moreau à "Jules et Jim" et aux "Amants".


 

                                Delphine Seyrig et Fernando Rey. Studio Canal  Jean-Claude Brialy, Bernadette Lafont et Gérard Blain. Collection Christophe L.

     Jean-Pierre Léaud et Dani. Swashbuckler Films

 

L'ironie distante de Maurice Ronet reste inoubliable dans "Raphaël ou le débauché", "Le feu Follet" et "Ascenseur pour l'échafaud"  et on ne peut pas passer sous silence le style tout en désinvolture et gouaille de Belmondo qui, avec "A bout de souffle" et "Pierrot le fou" de Godard, devint le symbole masculin de l'époque, ivre de liberté et d'amour, affronté tragiquement à la matérialité d'un monde régi par l'argent.
 

Jean-Claude Brialy et Bernadette Lafont. Collection Christophe L.    
               Jean-Claude Brialy et Bernadette Lafont    

                                                  

L'intrigue assez facile de "Un homme et une femme" n'aurait pas suffi à sa notoriété sans le magnétisme dégagé par Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant et "Les demoiselles de Rochefort" n'auraient pas fait cette carrière sans le délicieux duo formé par Catherine Deneuve et sa soeur Françoise Dorléac.


Anouk Aimée pratiquait un jeu décalé, cette sorte d'absence et d'aura mystérieuse qu'elle cultivait un peu de la même façon que Delphine Seyrig, que l'on voit dans "L'année dernière à Marienbad", se déplacer en diva éthérée, précieuse, superbement artificielle et fémininement vraie. Toutes deux donneront une version personnelle de la femme inaccessible avec juste la pointe d'humour nécessaire.


Jean Seberg, partenaire de Belmondo dans "A bout de souffle", jeune vedette américaine découverte par Otto Preminger, introduisit dans le cinéma français, et bien avant Romy, le charme de son accent étranger et une modernité plaisante et enfantine. Autre comédienne étrangère, Anna Karina. A elle seule, elle illuminera sept films - soit la période la plus inspirée de Godard. A son corps gracieux de danseuse, elle ajoutait une beauté intérieure qui pouvait, tour à tour, éclairer ou assombrir la pellicule, si bien qu'après Godard, elle poursuivra sa carrière avec d'autres metteurs en scène, et non des moindres, sensibles eux aussi au paysage fascinant de son visage : Rivette, Deville, Delvaux, Visconti, Ruiz.

 

Collection Christophe L.   Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg. Ciné Classic Jean-Pierre Léaud et François Truffaut. Swashbuckler Films
 

Jean-Pierre Léaud, découvert par Truffaut incarnera son double dans le personnage d'Antoine Doinel. Ses apparitions le désignent comme un acteur instinctif, imprévisible et saccadé que, personnellement, je n'aimais guère, lui reprochant de parler faux. Stéphane Audran, révélée par Chabrol, dont elle fut l'épouse et la vedette dans plus de 10 films, a habité la pellicule de son allure altière, un peu froide, mais néanmoins juste, avec cette retenue qui conférait à ses personnages une ambiguïté troublante. Brialy, quant à lui, nous charmait par son élégante désinvolture, parfois son cynisme, tandis qu'une Bernadette Lafont, coquine et moqueuse, intelligente et sensuelle, savait parfaitement incarner la fille libre et anti-conformiste des années 60, voie déjà ouverte par la Brigitte Bardot de "Et Dieu créa la femme".

Maurice Ronet, dont j'ai parlé déjà, était insaisissable. Il sortait du conservatoire comme Jeanne Moreau et fut un dandy séduisant au détachement feint, dissimulant sous une apparence classique, voire même conventionnelle, un pessimisme grinçant. Malheureusement cette attitude distante et amusée détournera de lui de grands réalisateurs. Seuls Astruc et Chabrol surent l'utiliser au mieux de ses qualités. Il était saisissant dans "La femme infidèle" face à Michel Bouquet.

Deneuve, qui débuta également avec les réalisateurs de la Nouvelle Vague, devint, on le sait, la star emblématique du cinéma français, alors que sa soeur Françoise Dorléac disparut trop tôt pour assumer le portrait jeune et moderne, primesautier et charmant d'une femme de sa génération.


Jean-Louis Trintignant inspira - contrairement à Delon qui ne fut pas employé par les auteurs de la N.V. - depuis "Et Dieu créa la femme" de Vadim, nombre d'entre eux. De Franju à Lelouch, en passant par Astruc, Rohmer, Chabrol, Truffaut, Demy, Téchiné, Doniol-Valcroze, ce comédien a promené de film en film une nonchalance énigmatique, sans effet ni trucage, avec un naturel impressionnant.


Il faut encore nommer des acteurs singuliers comme Laurent Terzieff et Michael Lonsdale qui ont fait des carrières intelligentes, davantage sur les planches qu'à l'écran, pour souligner à quel point la Nouvelle Vague fut un vivier extraordinaire de talents.


Michel Bouquet. Collection Christophe L. Isabelle Adjani. Collection Christophe L.

 

Je pourrais continuer longtemps, en citant encore Michel Bouquet que sut si bien utiliser Chabrol, Isabelle Adjani, bouleversante Adèle H. dans le film de François Truffaut, la douceur attachante de Marie-Christine Barrault dans "Ma nuit chez Maud" de Rohmer, la présence faussement détachée d'un Jean Rochefort, l'expression partagée entre le désenchantement et la convoitise d'un Charles Denner ou la grâce juvénile de la délicieuse Claude Jade.

 

 

 

ARP Sélection  Corbis Sygma Les Films du Losange imagesCARMJHED

 

Saluons les tous pour avoir honoré le cinéma et marqué nos mémoires. Ils ont contribué à faire de la Nouvelle Vague une extraordinaire explosion d'activité créatrice et  aidé à renouveler un 7ème Art que guettaient la sclérose et le rabâchage. Et ce n'est pas un mince mérite... 

 

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LA NOUVELLE VAGUE ET SES JEUNES TURCS 
 

 

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Jean-Claude Brialy et Jeanne Moreau. Collection Christophe L.  Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic

 

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 08:29

                     Charlton Heston. Collection Christophe L.

                                                           VIDEO HOMMAGE


Il fut le conducteur de char dans Ben-Hur, il a été Moïse dans Les dix Commandements et quelques autres héros épiques, dernière figure légendaire d'une époque révolue : - J'ai une tête qui appartient à un autre siècle - se plaisait-il à dire. Charlton Heston,  mort à Los Angeles le 5 avril 2008, aura marqué de sa présence quelques-unes des plus belles fresques historiques de Hollywood, où son visage carré, ses yeux bleus, sa stature l'imposaient d'emblée comme l'homme juste, le héros sans peur et sans reproche. Il avait commencé à suivre des cours d'art dramatique à la North Western University avant de servir pendant trois ans dans les îles Aléoutiennes. A son retour, il est metteur en scène de la troupe du Thomas Wolfe Memorial Theatre d'Asheville en Caroline du nord. Il joue à Broadway Antoine et Cléopatre qu'il filmera plus tard. Il fait de la télévision, puis est engagé par Hal Wallis pour Paramount. Pour cette firme prestigieuse, il sera successivement Marc-Antoine, Michel-Ange, Saint Jean-Baptiste et a laissé le souvenir d'un acteur généreux qui avait une haute idée de son métier et le faisait en artisan soucieux d'être à la hauteur des êtres mythiques qu'il avait à charge d'incarner. Mais il restait avant tout un homme de théâtre et trouvait plus gratifiant encore de jouer du Shakespeare que d'être le partenaire d'Ava Gardner ou de Sophia Loren. Néanmoins, il eut le souci de mener de front ces deux carrières avec équité : celle qui le promouvait sur l'écran en personnage invincible et celle plus complexe, plus intériorisée, des héros du théâtre classique. Sans oublier qu'il a été à six reprises le Président du Syndicat des acteurs et également à la tête de l'American film Institute et qu'il prit des positions courageuses et controversées contre la détention d'armes aux Etats-Unis, étant un homme de conviction et d'engagement.

 

 

 

                     Stephen Boyd et Charlton Heston. Metro Goldwyn Mayer (MGM)


Fils de meunier, Charlton Heston était né le 4 octobre 1923 à Evanston dans l'Illinois et avait fait ses débuts à la radio et au théâtre, avant de servir dans l'armée de l'air durant la Seconde guerre mondiale. En 1945, il tente sa chance à Broadway et enchaîne avec un rôle dans l'adaptation de Jules César à la télévision. Cecil B. deMille le remarque et l'engage pour jouer dans Sous le plus grand chapiteau du monde qui remportera l'Oscar du Meilleur film et propulsera l'acteur sur le devant de l'écran. Après avoir collaboré à des westerns, où sa carrure d'athlète faisait merveille et à des films fantastiques ou de science-fiction, dont La planète des singes, il revient à ses premiers amours et remonte sur les planches. Plus tard, il sera tenté par la réalisation et mettra en scène Antoine et Cléopâtre en 1972, ainsi que La fièvre de l'or  en 1982, film de qualité où il tient un double rôle, acteur et metteur en scène, avec beaucoup d'entrain et de conviction. Marié à Lydia Clarke, il s'est éteint auprès d'elle après 64 années de vie conjugale, un beau record. Charlton Heston a été le lauréat d'un Oscar en 1959 pour son interprétation dans  Ben-Hur,  qui en a reçu 11 au total, et a été décoré, en 2003, de la médaille présidentielle de la Liberté, l'une des plus hautes décorations civiles aux Etats-Unis.

 

                    Charlton Heston. Collection Christophe L.



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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 08:53

Harrison Ford. Paramount Pictures


Né à Chicago dans l'Illinois le 13 juillet 1942, Harrison Ford commence à jouer la comédie dans son collège du Wisconsin et lors de tournées estivales. Après ses études, il s'établit en Californie et poursuit ses activités théâtrales sur la scène du " Laguna Beach Playhouse ". Pris sous contrat à la Columbia, il fait quelques apparitions au cinéma, notamment dans  Un truand  de Bernard Girard en 1966 face à James Coburn ou dans  Luv  de Clive Donner en 1967. Mais cela ne nourrit pas son homme, aussi travaille-t-il pour la télévision dans des séries comme  L'homme de fer, Sur la piste du crime et Dynasty. Après avoir obtenu un rôle secondaire dans Campus de Richard Rush en 1970, l'acteur, découragé, décide de cesser des activités qui ne lui permettent pas de donner sa mesure. Dans l'attente de décrocher le rôle qui lui conviendra enfin, il trouve plus honorable de devenir charpentier que d'accepter n'importe quelle proposition pour des raisons financières. Trois ans plus tard, la chance lui sourit  grâce à la proposition de George Lucas qui fait appel à lui pour American Graffiti. Le film remportera un succès critique et commercial tel que l'acteur est enfin lancé. L'année suivante, il tient un rôle secondaire important dans Conversation secrète  de Francis Ford Coppola, la palme d'Or de 1974. Puis en 1977, ce sera le triomphe du premier volet de la trilogie  La guerre des étoiles  de George Lucas, suivi en 1981 de celui des  Aventuriers de l'arche perdue  de Steven Spielberg. Avec Blade Runner de Ridley Scott ( 1982 ), il ajoute une dimension quasi mythique à son métier d'acteur - dira Steven Spielberg. Grâce à ces films, qui pulvérisent les records d'audience, il figure dans les années 80 comme un acteur incontournable Outre-Atlantique. Peter Weir fait appel à lui en 1985 pour Witness long métrage dans lequel il incarne un inspecteur de police obligé de se fondre dans une communauté Amish afin de résoudre un meurtre. Il est nommé pour ce rôle à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur acteur. En 1986, il retrouve Peter Weir sur  Mosquito Coast,  interprétant un père de famille luttant contre les méfaits de la jungle d'Amérique Centrale. L'année suivante, il tourne à Paris sous la direction de Roman Polanski un thriller d'inspiration hitchcockienne  Frantic et, en 1988, Mike Nichols le dirige aux côtés de Sigourney Weaver et Melanie Griffith dans la comédie romantique  Working Girl. L'année suivante, il endosse pour la trosième fois sa tenue d'aventurier dans  Indiana Jones et la dernière croisade  de Steven Spielberg avant de tourner dans  Présumé innocent  ( 1990 ) un thriller réalisé par Alan J. Pakula.

 

 Affiche américaine. Warner Bros. Affiche américaine. Paramount Pictures Affiche américaine. Paramount Pictures 


Dans les années 90, Harrison Ford est à l'affiche de nombreux films d'action comme  Jeux de guerre de Phillip Noyce ( 1992 ),  Le fugitif de Andrew Davis ( 1993 ),  Danger immédiat  toujours de Phillip Noyce ( 1994 ). Il s'intéresse aussi à la comédie, ce qui le change de ses rôles habituels, avec  Sabrina  de Sydney Pollack ( 1995 ) et  Six jours, sept nuits  de Ivan Reitman ( 1998 ) Il retrouvera Sydney Pollack en 1999 pour  L'ombre d'un soupçon,  excellent film, avant d'incarner le mari criminel de Michelle Pfeiffer dans  Apparences  de Robert Zemeckis en 2000. En 2002, le Festival du cinéma américain de Deauville lui rend hommage en présentant  K19 - le piège des profondeurs de Kathryn Bigelow. L'année suivante il joue aux côtés de Josh Hartnett dans  Hollywood Homicide  de Ron Shelton. Après avoir tourné dans  Firewall  de Richard Loncraine ( 2004 ), l'acteur se glisse pour la quatrième fois dans la peau d'Indiana Jones dans  Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal  de Steven Spielberg ( 2008 ).
En 2009, le 35e Festival du Cinéma américain de Deauville lui rendra un nouvel hommage en sa présence. Par ailleurs, l'acteur, sensibilisé aux problèmes de la nature, a mis sa notoriété au service de la préservation de l'environnement et à la lutte contre la déforestation des forêts tropicales.

 

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Harrison Ford. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr


 

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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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