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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 08:56

Jean-Louis-Trintignant.jpg    

                                               

Jean-Louis Trintignant fait parti de notre paysage cinématographique depuis si longtemps qu'on a l'impression de le bien connaître, alors qu'il est un homme timide et pudique dont nous ne savons que peu de choses, sinon que ses prestations au théâtre, comme au cinéma, ont toujours été de qualité et qu'il a mené sa carrière avec une étonnante lucidité. Né le 11 décembre 1930 à Piolenc ( Vaucluse ) dans un milieu aisé d'industriels du Sud de la France, neveu du pilote de course Maurice Trintignant, le jeune Jean-Louis fut très tôt sensible aux beaux textes en découvrant la poésie d'Apollinaire, d'Aragon et de Prévert. A 19 ans, sans doute pour plaire à sa famille, il entre à la Faculté de droit d'Aix-en-Provence, mais n'y reste pas car, entre-temps, est intervenu un événement qui va l'orienter différemment : il assiste à la représentation de l'Avare de Molière dans une mise en scène de Charles Dullin. Ce choc est si déterminant que le jeune homme n'attend pas plus longtemps pour s'inscrire aux cours du célèbre acteur avec un second objectif, celui de vaincre sa terrible timidité. En 1951, la thérapie est si positive qu'il débute au théâtre dans la Compagnie Raymond Hermantier et la pièce A chacun selon sa faim. Ses débuts au cinéma seront moins heureux avec deux films Une journée bien remplie et Le maître-nageur qui seront deux échecs. Cela ne se reproduira plus.


En 1956, après quelques figurations, il fait ses vrais débuts à l'écran dans un film de Christian-Jaque Si tous les gars du monde, ensuite dans le sulfureux long métrage de Roger Vadim  Et Dieu..créa la femme. Celui-ci misait alors sur l'affolante plastique de sa femme Brigitte Bardot.  Ce film, assez médiocre, aura du moins le mérite d'assurer au jeune acteur la notoriété internationale et de lui valoir une idylle tapageuse avec la star, dont les conséquences seront de faire exploser le couple qu'elle formait très bourgeoisement avec le metteur en scène.

 Mais il lui faut faire son service militaire, d'abord en Allemagne, puis en Algérie durant trois longues années, ce qui le marquera à jamais et l'éloigne de la scène et de l'écran, alors même qu'il venait de réaliser des débuts prometteurs. A son retour, par chance on ne l'a pas totalement oublié et il retrouve la scène avec Hamlet de Shakespeare et l'écran avec ... Roger Vadim ( qui n'est guère rancunier ) et s'apprête à tourner un nouveau film, tout aussi sulfureux que le précédent, inspiré du roman de Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, avec Gérard Philipe, Jeanne Moreau et sa nouvelle épouse Annette Vadim. En 1962, il est le partenaire de Vittorio Gassman dans Le fanfaron de Risi, une réussite éclatante. En 1966, ce sera la gloire internationale avec un film culte sur les amours romantiques de deux veufs : Un homme et une femme de Claude Lelouch qui obtiendra la Palme d'or à Cannes la même année et l'Oscar du meilleur film étranger aux Etats-Unis. On le voit également, toujours en cette année faste, dans un film politique, à l'opposé du précédent, Z de Costa-Gravas au côté d'Yves Montand, film qui aura un incontestable retentissement et lui méritera le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 1967.

 


Les Films 13 


Désormais, il mènera sa carrière en se partageant entre la scène et l'écran et, après avoir divorcé de Stéphane Audran, épousera l'actrice, scénariste et réalisatrice Nadine Marquand avec laquelle il tournera de nombreux films et aura trois enfants, un fils et deux filles, dont Pauline qui mourra subitement en 1966 et dont la disparition inspirera à sa mère le film Ca n'arrive qu'aux autres ( 1971 ), où Jean-Louis devait tenir son propre rôle auprès de Catherine Deneuve, mais il y renoncera et sera remplacé par Marcello Mastroïanni qui, lors de ce tournage, tombera amoureux de sa partenaire. Et puis, il y a Marie qui sera actrice comme lui et jouera très souvent avec son père, avant de trouver une mort tragique à la suite d'une dispute avec son compagnon. Jean-Louis sortira brisé de cette épreuve. Il disait :

 
Il ne peut y avoir que des moments de bonheur et certains peuvent être exceptionnels. Moi, je n'ai jamais été aussi heureux que quand j'étais avec Marie. Notre relation était unique.
Ma fille Marie, j'éprouve un tel bonheur quand je la vois. C'est ainsi depuis qu'elle est toute petite. Un cadeau du ciel. C'est un peu injuste, cette passion, mais l'amour vient de nous deux. Nous nous sommes connus au bon moment. Le moment où j'avais envie d'être père.

La filmographie de Jean-Louis Trintignant est impressionnante et prouve son discernement, car il y en a peu d'oeuvres médiocres. On le verra dans Ma nuit chez Maud, le meilleur Eric Rohmer selon moi, dans Le train  de Granier-Deferre en 1973 auprès de Romy Schneider, dans Les violons du bal  de Michel Drach en 1973,  La terrasse  d'Ettore Scola en 1980 et dans Passion d'amour  toujours de Scola en 1981, dans Vivement dimanche de Truffaut en 1983, dans L'été prochain de Nadine Trintignant en 1985, dans Merci la vie  de Bertrand Blier en 1990 et on l'appréciera d'autre part sur scène, lors de ses récitals de poésie qui sont pour lui l'occasion de renouer avec ses amours de jeunesse.

 
Depuis 1996, il s'est retiré à Uzès et lancé dans une nouvelle aventure en achetant le domaine vinicole Rouge Garance ( un hommage à Arletty ). Il y produit 20.000 bouteilles de côtes du Rhône chaque année. Je passe mon temps dans les vignes, je veille aux assemblages - dit-il. Après une carrière exemplaire, conduite avec intelligence, et des épreuves très douloureuses, l'acteur a retrouvé la paix dans ce tête à tête avec la nature, le seul poème qui les surpasse tous. Néanmoins, il sort de cette réserve pour des récitals de poésie et, récemment, pour le film Amour de Michael Haneke au côté d'Emmanuelle Riva qui a obtenu la Palme d'or du Festival de Cannes  2012. Décidément cet homme a du nez...


Pour prendre connaissance de mes critiques sur certains films où apparaît Jean-Louis Trintignant, dont  MA NUIT CHEZ MAUD, UN HOMME ET UNE FEMME et  Le FANFARON cliquer sur les liens ci-dessous :



LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS    et   LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 


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                                         entre les deux  :  une carrière

 

 

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 10:03

                 Emma Thompson. Merchant-Ivory Productions

 

                                                                               VIDEO


Cette actrice inclassable, parmi les interprètes les plus douées et les plus subtiles de sa génération, est née à Londres le 15 avril 1959 d'un père producteur et metteur en scène et d'une mère actrice de théâtre. Enfant de la balle, bercée dès son plus jeune âge dans le monde du spectacle, elle fait preuve d'une vocation précoce et suit l'exemple parental en jouant à l'université dans la troupe de théâtre de Cambridge Footligts. Sa première expérience à la télévision se fait aux côtés de deux membres de sa troupe : Stephen Fry et Hugh Laurie, ce dernier ayant été l'un de ses " boy friend ".
Emma enchaîne ensuite sur les planches avec la comédie musicale Me an My girl, où elle donne la réplique à Robert Lindsay. En 1988, son travail dans Tutti Frutti et Fortunes of war est récompensé par un British Academy Award et lui offre l'occasion de renconter le réalisateur Kenneth Branagh. En 1989, ce dernier lui propose d'être la reine Catherine de France dans une adaptation de Shakespeare et peu après le couple se marie. Emma, désormais, participe plus activement aux tournages de son mari ( 3 films en 3 ans ) et apparaît en parallèle à la télévision dans la série Cheers auprès de Ted Danson. C'est dans Retour à Howards End ( 1991 ) - qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice -  et Les vestiges du jour ( 1994 ), deux longs métrages de James Ivory avec pour partenaire Anthony Hopkins, qu'elle peut montrer toute l'étendue de son talent. Elle s'y impose comme l'actrice phare du cinéma britannique.

               Anthony Hopkins et Emma Thompson. Merchant-Ivory Productions


En 1995, Ang Lee lui demande d'incarner le personnage d'Elénor Dashwood dans la comédie romantique Raison et sentiments, adaptée d'un roman de Jane Austeen avec pour partenaire Hugh Grant, où elle campe une fois encore une femme amoureuse et fière avec justesse et sensibilité. Rôle très différent en 1998 dans Primary Colors, où elle est l'épouse d'un candidat aux dents longues auprès de John Travolta  et affiche un caractère bien trempé, à l'opposé de son interprétation précédente.


    


Séparée de son mari Kenneth Branagh, elle épouse en secondes noces l'acteur Greg Wise avec lequel elle aura une fille Gaia Romilly, née le 4 décembre 1999. On la verra en 2003 dans une nouvelle comédie romantique Love Actually de Richard Curtis auprès de Hugh Grant, puis la même année dans la série de Mike Nichols Angels in America qui relate le difficile "coming out" des homosexuels atteints du sida durant les années 80, série de 6 épisodes à laquelle participent également Al Pacino et Meryl Streep. En 2007, on la verra dans le rôle de l'excentrique professeur Trelawney de Harry Potter et l'ordre du phénix et en 2007 dans Je suis une légende, film de science fiction où elle est le Dr Alice Kriffin, une spécialiste de la santé, rescapée du cancer.

Cette filmographie variée, qui bientôt va s'enrichir d'une comédie charmante au côté de Dustin Hoffman - Last chance for love  - prouve, si besoin était, les ressources d'une actrice aussi complète qu' Emma Thompson qui peut, tour à tour, jouer comédie ou tragédie  avec un égal pouvoir de conviction et une semblable aisance. Avec Meryl Streep et Catherine Frot, l'une des mes préférées parmi les actrices d'aujourd'hui.

 

Pour prendre connaissance des films où apparaît l'actrice, dont    Retour à Howards End,      Last chance for love,        Raison et sentiments,  Les vestiges du jour, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 


             Emma Thompson. Merchant-Ivory Productions



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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 12:27

 Corbis Sygma                    


Tony Leung Chiu Wai, né à Hong Kong le 27 septembre 1962, débuta sa carrière d'acteur à TVB, chaîne de télévision hongkongaise pour laquelle il jouera de nombreux téléfilms au début des années 80. C'est en 1986 qu'il se fait remarquer aux côtés de Chow Yun-Fat dans Love unto waste de Stanley Kwan, puis dans Seven Warriors de Samo Hung. L'acteur quitte alors Hong Kong pour se rendre en Taïwan tourner La cité des douleurs ( 1989 ) de Hou Hsiao Hsien qui obtiendra le Lion d'Or au Festival de Venise. Sa carrière est lancée et, désormais, il ne va plus cesser de travailler avec les plus grands metteurs en scène. Parmi ses collaborations les plus marquantes, retenons celle avec John Woo pour Une balle dans la tête ( 1990 ) et A toute épreuve ( 1992 ).

Mais, c'est sa rencontre avec Wong Kar-Wai, devenu son mentor, qui va lui mériter la reconnaissance internationale. Entamée en 1990 avec Nos années sauvages, la relation des deux hommes se poursuit avec Les cendres du temps ( 1994 ), Chungking Express ( 1994 ), Happy Together ( 1997 ) et l'inoubliable chef-d'oeuvre  In the mood for love  qui lui vaudra le Prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes 2000.


                      ARP Sélection


En 2003, on retrouve Tony Leung dans Hero de Zhang Yimou où il donne la réplique à Maggie Cheung, déjà sa partenaire à cinq reprises, et, quelques mois plus tard, le trio se reformera pour 2046,  film étrange dont le titre n'est autre que le numéro d'une chambre d'hôtel, sorte de point clé de la mémoire, d'un espace temps imaginaire, très proustien, où les souvenirs seraient figés pour l'éternité. 2046 se présente comme une oeuvre écho qui ne cesse de renvoyer au monde de son auteur et semble en réaliser la synthèse. Echo encore des lumières, des décors, des ambiances, de la musique qui agit en symbiose, afin que le temps devienne la question centrale. Un temps traversé par des personnages en quasi apesanteur, où celui, incarné par Tony Leung, se livre à une rumination permanente et nostalgique.


                     Océan Films 


Cette carrière exemplaire, menée avec autant de maturité que de discernement, a fait de cet acteur l'un des plus populaires de Chine et des plus reconnus dans le monde du cinéma. On l'a vu récemment dans Lust Caution de Ang Lee, où il affirme une fois encore son immense talent et sa capacité à nous étonner et à se renouveler à chacune de ses apparitions, se plaçant à côté d'un Simon Yam ou d'un Andy Lau,  et ayant su, de main de maître, en deux décennies, gagner l'estime des plus grands cinéastes et l'assentiment du public et des critiques de l'Occident, au point d'être placé au plus haut de l'affiche, parmi les acteurs en vogue, dans le contexte d'intense mondialisation que connaît le 7e Art à l'heure actuelle. Belle performance qu'il faut saluer avec admiration.

 

                     Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei. Focus Features


Le nouveau millénaire s'est ainsi ouvert pour un comédien au sommet de son art que l'on retrouve dans des oeuvres très diverses et dont les prestations ont d'autant plus d'impact que le cinéma asiatique a conquis nos salles et notre estime par ses évidentes qualités et ses innovations. Ainsi l'a-t-on apprécié dans Infernal Affairs ( 2003 ) et Seoul Raiders ( 2005 ), avant le magnifique Lust Caution ( 2007 ), qui a récemment empli les salles et subjugué les cinéphiles. Aussi souhaitons un long avenir à cet acteur à l'incontestable magnétisme. Pari tenu, lorsque l'on vient de voir sa performance dans The Grandmaster  ( 2012 ) de Wong Kar-wai avec lequel il poursuit une collaboration exemplaire.

Pour prendre connaissance des articles où figure l'acteur, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

                  The-Grandmaster-Affiche-France

 

 

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 09:22

              Portrait de Louis de Funès. Collection Christophe L.

                                              
 

Plusieurs décades que ce trublion agité de tics nous a quittés. Mais il n'est mort que pour l'état civil car il reste l'un des acteurs préférés des Français. Grâce aux nombreux films qu'il a tournés et que la télévision nous re-diffuse régulièrement, Louis de Funès n'a jamais cessé d'être présent et de nous faire rire aux larmes dans des oeuvres cultes d'un comique inépuisable.


Carlos Luis de Funès de Galarza, né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, appartenait à la noblesse sévillane et fit ses études au lycée Condorcet à Paris. Après avoir été dessinateur, pianiste dans des boîtes de nuit, il s'oriente vers une carrière de comédien, mais le succès mettra beaucoup de temps à le rattraper. Petit, 1m64, malingre, il dut se contenter durant de nombreuses années de rôles peu gratifiants, voire d'une simple figuration, aussi bien au théâtre qu'au cinéma, avant que la chance ne commence à lui sourire avec La traversée de Paris de Claude Autant-Lara en 1956, où il joue aux côtés de Gabin et de Bourvil.  On était loin alors de se douter qu'il deviendrait l'une des vedettes européennes les plus populaires des années 60 à 80 et que les producteurs lui feraient des ponts d'or pour qu'il figure dans leur production. Bien qu'à la fin des années 50, il ait pu se targuer d'avoir une centaine de films à son actif, il n'a pas trouvé le rôle déterminant qui en fera une tête d'affiche. Le phénomène de Funès reste le privilège de quelques initiés, dont Eddy Barclay qu'il amusait tellement lorsque, dans les boîtes de nuit, il se trémoussait derrière son clavier. Ce sera la pièce Oscar dans laquelle ses mimiques font merveille, et qu'il interprétera pendant des mois à guichets fermés, qui sera à l'origine de sa formidable carrière et l'installera définitivement dans le succès. Après Oscar, Pouic Pouic en 1963 confirmera sa renommée, si bien que désormais les producteurs, qui l'avaient tant boudé, vont en délégation venir lui faire leur cour.

 

 

                      


A partir de là, sa carrière va s'articuler en deux axes : l'axe Gérard Oury et celui de Jean Girault. Ce dernier lui offre un rôle d'anthologie dans la peau de l'inspecteur Cruchot. Entre temps, Gérard Oury le confirme dans ses trois plus grands succès. Ses duos avec Bourvil, dans Le corniaud d'abord  ( 1964 ) et La grande vadrouille ( 1966 ) ensuite, passeront à la postérité et rempliront les salles comme rarement, avec des répliques et des séquences inoubliables. Le personnage irascible qu'il campe face à un Bourvil débonnaire et bon gars est irrésistible. Ce sera une réussite également avec Yves Montand dans La folie des grandeurs, un petit chef d'oeuvre de cocasserie. Avec Les aventures de Rabbi Jacob en 1973,  il réussit l'exploit de faire rire ensemble musulmans, juifs et catholiques.  Et pourtant, il disait qu'on  aurait pu l'appeler Monsieur Inquiétude, tant il avait un tempérament anxieux et timide. Oui - poursuivait-il, je trimbale cela avec moi. Et pourtant, j'ai tout pour être heureux, une femme charmante ( il avait épousé en seconde noce Jeanne Barthélémy de Maupassant, la nièce de l'écrivain ), des enfants charmants ( l'un de ses fils jouera auprès de lui dans Le grand restaurant et Sur un arbre perché ) et un métier que j'aime. Mais c'est ainsi et mon tempérament me désole. Chez moi, je ne suis pas drôle du tout.

 

Cependant, s'il a l'aval du public, il n'a pas celui des critiques, cette intelligentsia patentée qui semble avoir avalé son parapluie à le voir susciter l'hilarité. On entendra lors d'une émission du Masque et la Plume, l'un des intervenants nous assurer d'un ton docte qu'il en avait des hauts le coeur d'assister à des projections d'une inanité pareille et qu'avec un film comme Le Corniaud, le 7e Art était tombé dans le caniveau. Pauvre de lui, il doit rougir aujourd'hui d'avoir proféré de telles sottises... 

 

                     Louis De Funès. Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)


Mais deux infarctus successifs l'obligent à s'éloigner momentanément des studios et des planches et les metteurs en scène ne cherchent pas à lui proposer des rôles différents de ceux habituels, se contentant d'exploiter le filon. Il y eut bien une exception pour l'Harpagon de Molière, où son interprétation n'aurait probablement pas déplu à l'illustre comédien. Ce qui prouve qu'il était en mesure d'assumer des rôles plus tragiques, des personnages extrêmes. Après cette obligation de repos, il revient avec La soupe aux choux en  1981 qui sera un ultime succès. Il s'éclipsera le 27 janvier 1983 à Nantes d'une crise cardiaque. Il avait toujours été dans l'accélération, le mouvement. Il meurt de la même façon, d'un coup, en pleine action. Il repose désormais au cimetière de Cellier, non loin de son château de Clermont que ses cachets lui permettaient de remettre en état. Mais cela lui va si mal de se reposer et il savait si peu le faire, que je me plaîs davantage à l'imaginer faisant le clown au Paradis pour le plus grand plaisir de nos chers disparus.

 

Pour prendre connaissance de la liste complète des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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                 René Chateau René Chateau René Chateau René Chateau

                                                                         


 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 19:55

                    Clark Gable et Vivien Leigh. Collection Christophe L.

                                                     
Elle est restée pour nous l'inoubliable Scarlett d'Autant en emporte le vent. Mais Vivien Leigh ne fut pas que cette jeune fille si attachée à sa terre, à ses origines, à son indépendance, qu'elle était prête à tout leur sacrifier ; elle fut d'abord et avant tout une grande actrice de théâtre, la partenaire de Laurence Olivier, après qu'elle ait frappé le public par sa grâce et sa beauté le 15 mai 1935 dans une pièce costumée, intitulée "Mask of virtue", tirée d'un épisode de "Jacques le fataliste" de Diderot. Dès le lendemain, le producteur de cinéma Alexandre Korba lui proposera un contrat de cinq ans et elle changera son prénom de Vivian pour Vivien, devenant à 22 ans Vivien Leigh.

 


Viviane Mary Hartley était née le 5 novembre 1913 à Darjeeling ( Inde ), d'un père agent de change - qui se plaisait à faire du théâtre en amateur et transmit cette passion à sa fille - et d'une mère au foyer fort belle de sa personne. C'est elle qui désira que sa fille fut élevée à Londres, au couvent du Sacré Coeur, si bien que Vivian ne reverra l'Inde qu'en 1964. Au collège, elle se distingue très vite dans les activités artistiques, dont le théâtre, le violoncelle et la danse. Egalement pour ses brusques changements d'humeur et ses accès de mélancolie qui inquiètent les religieuses.
En 1932, ses études étant achevées, elle s'inscrit à la "Royal Academy of Dramatic Art" et, dans le même temps, épouse Leigh Holman, un avocat de 31 ans, qui ressemble étrangement à l'acteur Leslie Howard, dont elle sera éperdument amoureuse dans Autant en emporte le vent. L'année suivante naîtra une petite fille Suzanne, sa seule enfant. En 1934, la jeune femme parvient à obtenir un petit rôle dans le film "Things are looking up" et, malgré les réticences de son époux, prend un agent dont la mission est d'assurer sa carrière, car il est évident que Viviane n'a nullement l'intention de se cantonner dans le rôle de l'épouse parfaite, mais aspire de toutes ses forces à devenir une actrice à part entière.



En septembre 1934, alors qu'elle assiste à une représentation au Théâtre Royal, elle remarque un jeune acteur de 27 ans : Laurence Olivier. C'est le coup de foudre. Son jeu, très physique, qui tranche avec le jeu habituel des interprètes de l'époque, la fascine et la séduit. Elle n'a plus qu'une idée : le rencontrer. Elle y parviendra en se faisant remarquer pour sa beauté sur des photos de mode et en obtenant le fameux rôle qui la rendra célèbre en une nuit.



Laurence Olivier est subjugué à son tour et va l'applaudir. C'est lui qui la décidera à poursuivre une carrière théâtrale, considérant le cinéma comme un art mineur, et partagera avec elle la vedette dans Hamlet de Shakespeare au château d'Elseneur en mai 1937. Les représentations seront un tel triomphe que le prince de Danemark, en personne, se déplacera pour les voir jouer. A leur retour en Grande-Bretagne, Viviane devenue Vivien quitte son mari pour s'installer auprès de Laurence Olivier, confiant sa fille Suzanne aux bons soins de sa mère, qui se chargera de son éducation. 


Vivien Leigh décide alors de tenter d'obtenir le rôle de Scarlett dans le film mis en chantier à Hollywood. Elle a lu le roman de Margaret Mitchell et se sent proche du personnage. Pour se faire, elle prend pour agent Myron Selznick, le frère de David, le producteur de la réalisation sur le point de démarrer, dès lors que l'on aura découvert la perle rare : l'actrice capable d'être idéalement Scarlett. On connaît la suite. Vivien l'emporte sur 1400 candidates, dont Bette Davis, Joan Crawford, Katharine Hepburn et Paulette Godard. Cela, malgré qu'elle soit peu connue dans le milieu cinématographique et anglaise de surcroît. Heureusement sa carrière ne s'arrêtera pas à ce film qui eut un retentissement international inimaginable. Elle n'est pas restée statufiée pour l'éternité dans le rôle de Scarlett, bien qu'en pensant à elle, ce soit en priorité les images de Tara et d'Atlanta qui reviennent spontanément à la mémoire...Elle sera aussi la partenaire de Robert Taylor en jeune danseuse fragile dans La valse de l'ombre, Juliette au théâtre auprès de Roméo son mari, Cléopâtre sous la direction de Gabriel Pascal ( c'est au cours du tournage qu'elle glissera et perdra l'enfant qu'elle attendait ). Atteinte d'une psychose maniaco-dépressive, pour laquelle aucun traitement efficace n'existait encore, elle devient difficile à vivre pour son entourage.

 

Afin de la mettre à l'abri et la tranquilliser, Laurence Olivier fait l'acquisition de l'abbaye de Notley qu'ils aménagent ensemble et où ils aiment recevoir leurs amis : les Bogart, David Niven, Orson Welles, Margot Fonteyn, Cecil Beaton, Judy Garland. En ces années d'après-guerre, Vivien est considérée comme la femme la plus belle et la plus élégante d'Angleterre. Mais alors qu'Olivier poursuit une carrière éblouissante, son épouse voit son étoile pâlir et en souffre secrètement. Atteinte de tuberculose, elle doit s'éloigner momentanément des studios et des planches et n'y reviendra qu'après une convalescence forcée avec Anna Karénine de Julien Duvivier, où elle porte les superbes toilettes dessinées à son intention par Cecil Beaton. Le film sera néanmoins un échec et, curieusement, elle ne va plus interpréter que des rôles de femmes au destin tragique. Ainsi sera-t-elle Blanche Dubois auprès de Marlon Brando dans Un tramway nommé désir, puis Cléopâtre de Shakespeare aux côtés de son époux. En 1953, elle est rapatriée d'urgence pour une forte dépression, alors qu'elle tournait à Ceylan  La marche des éléphants et qu'Elisabeth Taylor est appelée en catastrophe pour la remplacer.

Dès lors, sa santé ne cesse plus de se détériorer et elle ira jusqu'à subir des traitements par électrochocs, que les médecins lui prescrivent, pour tenter de remédier à ses crises d'hystérie. Mais, malgré cette santé en dents de scie, elle poursuit vaille que vaille sa carrière théâtrale en étant Lady Mackbeth. Séparée de Laurence Olivier, elle épouse Jack Merivale qui avait été la doublure d'Olivier dans Roméo et Juliette. Elle s'installe avec lui dans un grand appartement à Londres et apparaît sur scène une dernière fois dans une comédie musicale Tovarich avec Jean-Pierre Aumont pour partenaire. Hélas ! des troubles gravissimes sur le plan mental l'obligeront à céder son rôle à une remplaçante. Elle mourra de tuberculose le 7 juillet 1967. En guise de deuil et d'hommage, les enseignes lumineuses des théâtres londoniens resteront éteintes cette nuit-là. Ses cendres seront dispersées dans le lac Tickerage Mill Pond ( Sussex ), non loin de Londres.

 

Pour prendre connaissance des films où apparaît l'actrice dont Autant en emporte le vent, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

Et pour consulter la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

 

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 09:06

                         Meryl Streep. Twentieth Century Fox France

 


                 Anne Hathaway et Meryl Streep. Twentieth Century Fox France

 

                                    

Meryl Streep est certainement l'une des tout première actrice actuelle par la diversité et la qualité de son jeu, ce qui lui permet d'aborder des personnages très différents et de transmettre l'émotion avec la même maîtrise et la même sensibilité. Née le 22 juin 1949 dans une famille aisée - son père était pharmacien - elle étudie à Dartmouth l'écriture scénariste, la décoration et la création de costumes et entre ensuite à la Yale Drama School. Elle est si douée qu'elle figure dans les six des sept pièces présentées annuellement par la Yale Repertory Company et obtient sa maîtrise en 1975. Alors qu'elle est encore étudiante à Vassar, dont elle est diplômée, elle obtient le rôle-titre du spectacle dès sa première édition.


Durant sa première saison à New-York, où elle est venue faire carrière, elle joue de nouveau dans sept pièces, parfois deux rôles aux antipodes l'un de l'autre dans la même journée, avant de devenir la vedette d'une comédie musicale à Broadway "Happy End" et de remporter un Obie Award pour sa performance dans la production off-Broadway de "Alice at the palace"


Elle doit ses débuts dans le 7e Art à Fred Zinnemann, qui la dirige dans "Julia", puis tourne dans "Voyage au bout de l'enfer" auprès de Robert de Niro et, après un retour à la scène dans "La mégère apprivoisée", interprète l'épouse bisexuelle de Woody Allen dans "Manhattan" et la maîtresse d'Alan Alda dans "La vie privée d'un sénateur". Elle sera également  l'épouse de Dustin Hoffman dans "Kramer contre Kramer" pour lequel elle recevra son premier Oscar. Pourtant ses débuts devant la caméra en 1976 s'accompagnent d'un souvenir cuisant, l'exclamation de Dino de Laurentis, qui l'avait convoquée pour un essai, et  s'écria en la voyant : quelle mocheté ! Ce n'était guère galant mais il en fallait davantage pour décourager cette toute nouvelle diplômée de Yale. 

 


                        Meryl Streep et Liam Neeson. Les Films du Losange


 

Meryl Streep sera citée trois fois à l'Oscar, une seconde fois en 1981 pour "La maîtresse du lieutenant français" où je l'ai découverte personnellement avec autant de curiosité que d'enthousiasme, tant elle interprétait finement cette femme abandonnée dans un décor de falaises romantiques, au temps du puritanisme victorien et l'obtient l'année suivante pour sa formidable prestation dans "Le choix de Sophie" de Alan J. Pakula, d'après le roman de William Stiron. Puis elle retrouve Robert de Niro dans "Falling in love" ( 1984 ) et remporte, pour ce film, l'équivalent italien de l'Oscar, le prix David Di Donatello, ce qui confirme le retentissement de sa carrière internationale.

 


                        Meryl Streep et Dennis Quaid. Sony Pictures

 


En 1985, elle est dirigée par Sydney Pollack dans un film qui cristallise davantage encore son aura d'actrice : "Out of Africa". C'est avec "Le choix de Sophie" et "La route de Madison", l'interprétation où elle apparaît la plus émouvante, la plus intériorisée. Elle y est dans tout l'éclat de sa féminité, humaine et néanmoins évanescente et inaccessible, à cause de cette magie qu'elle dégage, ce charme puissant, celui qui devait habiter le personnage qu'elle est chargée de représenter : la femme de lettres Karen Blixen. Viendront "La brûlure" avec Jack Nicholson et "Un cri dans la nuit" où elle est gratifiée du Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 1989.

En 1992, Meryl Streep est de nouveau nominée au Golden Globe dans la comédie noire "La mort vous va si bien" de Robert Zemeckis qui n'est qu'un aimable divertissement et enchaîne en 1993 avec "La maison aux esprits" de Bille August, tiré du roman d'Isabelle Allende, une de ses seules erreurs - le film se révélant être un navet - dans une carrière conduite avec beaucoup de discernement. La suite sera éblouissante avec "Sur la route de Madison" auprès de Clint Eastwood, où elle triomphe dans le rôle de Francesca, une femme qui découvre tardivement le grand amour dans les bras d'un photographe-reporter venu prendre des clichés des vieux ponts  couverts de l'Iowa, avant qu'on ne l'apprécie en 2001 dans l'adaptation de "The Hours" de Michael Cunningham. Pour elle, pas de temps mort, un film chasse l'autre, et dans chacun d'eux, elle se montre parfaite, en osmose avec les personnages qu'elle a à charge de faire vivre pour nous. On l'a vue dans "Le diable s'habille en Prada", qu'elle présenta en personne au Festival du film américain de Deauville en 2006 et dans "Lions et agneaux" de Robert Redford, son partenaire dans "Out of Africa", avant de se glisser dans la peau de Martha Mitchell, celle qui alerta la presse lors du scandale du Watergate dans "Dirty tricks", puis dans celle de Margaret Thatcher dans "La dame de fer" de Phyllida LloydLorsqu'elle ne tourne pas, l'actrice habite dans sa propriété du Connecticut auprès de son mari Don Gummer et de ses quatre enfants. Elle se plaît à mener une existence paisible loin de la vie agitée et de la presse à scandale de Hollywood. Ce qui ne peut étonner de la part d'une personnalité qui n'a jamais défrayé la chronique, ni galvaudé son image. Incroyablement malléable, elle sait se fondre dans les personnages les plus divers et inattendus, parvenant à ne jamais céder à la facilité ou à la démesure.

Avec 19 sélections, dont 15 dans la catégorie "meilleure actrice", c'est la comédienne la plus nommée de l'histoire des Oscars. Même performance pour les Golden Globes. Meryl Streep cumule aujourd'hui 29 nominations. Autant de statuettes saluant sa capacité à prendre les visages les plus divers, tous les accents, à se fondre dans n'importe quel décor, ainsi que d'entrer dans la peau des personnages les plus divers et parfois les plus opposés. Eclectique et appliquée, elle su enrichir son registre avec des héroïnes inoubliables, des scénariis captivants et des metteurs en scène de grand talent. Aussi est-elle de nos jours un modèle pour les comédiennes en herbe qui rêvent de faire une carrière aussi prestigieuse. D'autant que les comédies récentes, qu'elle a tournées, l'ont rapprochée d'un public plus jeune. Avec son tout dernier opus "Florence Foster Jenkins" du cinéaste Stephen Frears, qui est sorti récemment dans les salles, elle est une femme touchante et irrésistible qui se croit à tort douée d'un don pour l'opéra, sujet déjà abordé dans "Marguerite" mais qu'elle endosse avec son naturel et sa finesse habituelle. Elle est désormais considérée comme la "Queen" du 7e Art américain et rayonne en star mondiale  incontournable.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont Out of Africa, Sur la route de Madison, Lions et Agneaux, Julia & Julia, cliquer sur le lien ci-dessous : 


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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 13:50

            Gaumont Columbia Tristar Films UFD UFD 

             ARP Sélection Affiche française. Mars Distribution Warner Bros. France


                                                            
Auteur du film Into the wild, ( 2006 ), ce comédien-réalisateur, fort en gueule, est de ceux qui ne cachent pas leurs convictions, au point que leur nom sonne moins comme l'incarnation du 7e Art que comme le symbole obligé d'un engagement politique. Son action contre la guerre en Irak a fait de lui une figure majeure des mouvements anti-Bush. Il s'est même rendu à plusieurs reprises à Bagdad, afin de dénoncer l'ingérence illégitime des Etats-Unis, qui, selon lui, a contribué à mettre à mal les libertés civiles et à plonger le pays dans le chaos.
En-dehors de cela, Sean Penn , né le 17 août 1960, fils de l'acteur Léo Penn, frère de l'acteur Chris Penn et du compositeur Michael Penn, quelle famille ! est un comédien qui ne peut laisser personne indifférent, tant ses compositions sont fortes, comme celle de la  Dernière marche  ( 1995 ), où il jouait de façon bouleversante, à côté de Susan Sarandon, le rôle d'un condamné à mort, rôle qui lui vaudra d'être nommé pour l'Oscar du meilleur acteur. Dans  She's so lovely  de  Nick Cassavetes, il incarne un déséquilibré violent et se verra honoré par le prix d'interprétation au Festival de Cannes en 1997. Dans  Sam, je suis Sam  de Jessie Nelson, il campe un attardé mental tout aussi convaincant et semble abonné aux rôles difficiles qu'il intériorise avec sobriété et conviction. En 2003, il reçoit, pour la seconde fois, la coupe Volpi pour son rôle de cardiaque dans le film d'Alejandro Gonzalez Inarrita  21 Grammes  et, la même année, se voit récompensé par l'Oscar du meilleur acteur pour sa formidable interprétation dans  Mystic River  ( 2002 ) de Clint Eastwood.

                       Sean Penn, Laura Linney et Kevin Bacon. Warner Bros. France


Etre acteur ne suffisant pas à cette personnalité riche et remuante, Sean Penn passe très vite derrière la caméra pour des réalisations de qualité, où il peut s'abandonner à son inspiration, comme  Into the Wild,  dont le projet a mûri pendant plusieurs années à la suite de la lecture du roman éponyme de  Jon Krakauer. Ce film réussi a valu à son auteur et à son équipe des mois de galères, tant l'acteur-metteur en scène avait tenu, par souci d'authenticité, à respecter, dans les moindres détails, le parcours quasi initiatique que son héros effectue à travers l'Amérique. Il fallut, par conséquent, affronter les rivières glacées, la neige, le verglas et des températures de 48°C. Des conditions certes contraignantes, mais qui ont participé à la beauté esthétique du film, tourné dans des décors naturels et dans les conditions météorologiques correspondantes. Les photos sont dues à l'objectif d'Eric Gautier ; quant à l'acteur principal, il perdra 18 kilos et apprendra à descendre les rapides du Colorado. Le résultat est un film hommage aux grands espaces américains et une mise en accusation  du capitalisme outrancier qui plombe les valeurs essentielles d'amitié et de respect de la nature. Ce dernier long métrage est le quatrième opus de l'acteur-réalisateur après Indian Runner  ( 1990 ), Crossing Guard  ( 1995 ),  The Pledge (  2001 ) et marque certainement l'accession à la maturité d'un homme déchiré entre ses aspirations et ses contradictions, dont la jeunesse a été faite de frasques et d'engagements passionnels.

 

                             


Son mariage avec Madonna en 1985 a défrayé la chronique de l'époque par son caractère violemment conflictuel. L'enfant terrible d'Hollywood a paru s'assagir depuis et présida même en 2007 le jury du 61e Festival de Cannes. Le talent et l'anticonformisme étaient à l'honneur...


Pour prendre connaissance des films où figure l'acteur, cliquer sur le lien ci-dessous :  

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                       Sean Penn. Bac Films

 

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 09:35
CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT

  Catherine-Deneuve-jeune.jpg                                    

                             

Je dois avouer tout d'abord que Catherine Deneuve n'est pas mon actrice française préférée, mais je lui reconnais d'avoir su mener sa carrière avec beaucoup d'intelligence et d'avoir été, de par son élégance et sa beauté, une merveilleuse ambassadrice de la femme française à travers le monde. Je l'ai beaucoup aimée  dans "Benjamin ou les mémoires d'un puceau" et  "Peau d'âne"  où elle figurait la jeune femme idéale par sa blondeur et la délicatesse de ses traits. Plus tard, je l'ai appréciée dans les comédies musicales de Jacques Demy, sans doute parce que le savoir-faire du cinéaste était en mesure de révéler la grâce et le charme de l'actrice. Il lui a permis de nous toucher dans un registre empli de fantaisie, où nous ne l'attendions pas. Je l'ai aimé aussi dans des films forts comme "Le dernier métro" ou "Indochine" où elle imposait son personnage avec une véritable autorité.

 

         Collection Christophe L.    


Ne disait-elle pas : " Je suis aussi d'une lucidité épouvantable, effrayante. (...) La lucidité, pour une actrice, c'est terrible. Parce qu'il faudrait pouvoir réellement s'isoler. Parce qu'il ne faudrait pas toujours sentir certaines choses. Parce qu'il ne faudrait pas toujours voir. Il y a des moments où l'on aurait besoin de se laisser entraîner par un certain élan mais cette lucidité le rend impossible. Elle paralyse, elle empêche la spontanéité. Les gens lucides ont souvent du mal à décoller. J'ai toujours ressenti l'exigence, l'anxiété... En revanche, j'ai l'impression que la lucidité s'aggrave avec le temps ".

Réservée, pudique, introvertie, Deneuve a toujours aimé travailler avec des metteurs en scène qu'elle connaissait, si bien que cette confiance réciproque la libérait de ses blocages. Si ce climat ne parvenait pas à s'établir, elle pouvait se refermer comme une huître. Ce fut le cas, à plusieurs reprises, avec le metteur en scène Luis Bunuel dont les rôles, qu'il lui imposait, ne correspondaient pas à sa nature profonde. D'ailleurs elle était si peu le personnage de "Belle de jour" que cet opus m'apparaît aujourd'hui assez ridicule. C'est sans doute cette part d'elle-même, jalousement préservée, qui lui confère une distance imperceptible, un non-dit non révélé, qui a séduit de nombreux réalisateurs. Avec elle- disent-ils - il y a toujours quelque chose qui reste secret et permet au public d'avoir de sa personne des approches multiples. C'était aussi le cas d'une actrice comme Grace Kelly.

 

             


 

Catherine Deneuve, de son vrai nom Catherine Dorléac, est née à Paris, le 22 octobre 1943, dans une famille de comédiens : son père était doubleur à la Paramount et sa grand-mère souffleuse à l'Odéon. C'est Roger Vadim, avec lequel elle vivra et aura un fils Christian, qui lui donne sa chance dans  "Le vice et la vertu",  mais ce sont, la même année, "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy qui amorce réellement sa carrière. Elle y campe avec grâce une jeune fille amoureuse d'un soldat, contrainte d'en épouser un autre. L'année suivante, au côté de sa soeur Françoise Dorléac,  morte peu de temps après dans un accident de la route, "Les demoiselles de Rochefort" la propulse dans l'Olympe des acteurs qu'elle ne quittera plus, tant sa carrière sera menée de main de maître, avec un remarquable discernement. Après ces deux comédies charmantes, la jeune femme enchaîne avec  "Répulsion" de Roman Polanski, où elle interprète une tueuse schizophrène avant d'être dans  "Belle de jour"  ( 1966 ) de Bunuel, une femme mariée insatisfaite qui se prostitue à mi-temps. Selon moi, comme je le signalais plus haut, son rôle le plus inattendu avec celui de "Tristana", du moins celui-ci est-il supérieur au précédent par sa complexité intérieurequ'elle tournera, toujours avec Bunuel, trois ans plus tard. Suivront "La sirène du Mississippi",  "Mayerling",  "Fort Saganne", "Le Sauvage" avant qu'elle n'aborde les films de la plénitude avec des scénarios de qualité diverse comme "Indochine",  "Le dernier métro",  "Est-Ouest",  "Place Vendôme",  "8 femmes",  jusqu'au tous derniers dont les choix semblent moins évidents et où sa carrière s'embourbe un peu selon moi.

 

 

                  Catherine Deneuve et Daniel Mesguich. SND  Gilbert Melki et Catherine Deneuve. Pyramide Distribution


 

Du moins, ce sera-t-elle investie dans des personnages divers et composites, tour à tour costumée dans des opus dits d'époque, où elle nous est apparue en princesse, reine, aristocrate - ce fut le cas dans "Le temps retrouvé"  inspiré de "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, dans  "Peau d'âne"  d'après le conte de Perrault, dans "Palais-Royal" d'une facture plus contestable - ou dans "Mayerling", ainsi que dans des comédies légères ou des oeuvres dramatiques. Elle reste aujourd'hui  une actrice convoitée qui a, à son actif, plus de 70 longs métrages. Il est vrai que le mystère demeure entre l'image publique, trop figée, et certains films où elle n'est pas simplement décorative ou ornementale. Si  "La chamade"  apparaît comme le sommet du film frivole, il est évident que "Le dernier métro", "Tristana",  "Les prédateurs", "Dancer in the dark"  déplacent les lignes où l'on voudrait la retenir et que la période de simple splendeur passée, une femme affirmée et plus humaine est apparue. Elle ne se contente plus d'enchanter et de séduire, elle émeut. Peut-être moins facilement, moins complètement qu'une Sandrine Bonnaire ou une Isabelle Huppert, mais elle a pris le pouvoir et, désormais, ne se laisse plus manipuler. Elle s'est investie sans perdre son côté flânerie qui lui va si bien. Aussi la regarde-t-on, de nos jours, non seulement avec plaisir mais avec intérêt et, parfois, surprise ou déception. 
 

 

                 Catherine Deneuve et Elodie Bouchez. Philippe Quaisse  Catherine Deneuve. Philippe Quaisse


 

Cependant la grande actrice, qu'elle est, ne se cache pas d'être avant tout famille, famille. Elle avoue :  Ma vie personnelle  a toujours été plus importante que mon métier. Non que je sous-estime mon métier, mais j'ai toujours senti que cela ne pouvait pas être l'essentiel de ma vie, que cela n'en serait jamais le moteur. J'ai besoin de travailler, de m'exprimer professionnellement mais ma famille, mes enfants, ce n'est pas seulement un sens des valeurs, c'est primordial pour moi. J'ai des amis, les mêmes depuis vingt ans. Ce sont eux à qui je tiens vraiment. Mon métier est complémentaire.

 

Après avoir vécu avec Vadim, Catherine Deneuve épousa le photographe de mode David Bailey, puis fut la compagne de François Truffaut, de Marcello Mastroïanni dont elle a eu une fille Chiara, actrice elle aussi, comme son demi-frère Christian Vadim. La famille reste immergée dans le monde du spectacle. Catherine a reçu le César de la Meilleure Actrice pour "Le dernier métro" en 1981, un autre César pour "Indochine", la coupe Volpi de la Meilleure Actrice à Venise en 1998,  le Prix d'honneur du Festival du film de Bruxelles et l'Ours d'Or pour l'ensemble de sa carrière à Berlin. Ses dernières apparitions sont moins convaincantes, il semble que les cinéastes ne parviennent pas à saisir cette maturité avec  sensibilité et intelligence afin de magnifier cette quintessence de l'âge qui oscille entre pudeur et autorité. 

                                  

Pour lire les articles consacrés à certains de ses films, dont :

 

Benjamin  -  Les demoiselles de Rochefort  -   Peau d'âne - Le temps retrouvé - Belle de jour

Dancer in the dark  -  Le dernier métro  -  Indochine  -  Ma saison préférée -  Potiche

 

cliquer sur les liens ci-dessous :


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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

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CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT
CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 09:56

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Giulia Anna Masina est née le 22 février 1920 dans une famille de musiciens à San Giogio Di Pinao ( Bologne ). Etudiante en lettres, elle se passionne pour l'art dramatique et se produit dans la troupe du théâtre universitaire de Rome. Puis, sans cesser pour autant ses études, elle entre pendant la guerre dans la Compagnie du théâtre comique et musical de la radio italienne, où elle remporte un franc succès personnel dans une série de sketches écrits par Fellini, qu'elle épousera quelques mois après leur première rencontre. Bien que licenciée ès Lettres, elle poursuit sa carrière théâtrale et radiophonique qu'elle abandonnera ensuite pour se consacrer au cinéma, presque exclusivement sous l'égide de son mari. Son premier grand rôle sera taillé pour elle par Fellini qui crée le personnage si émouvant de Cabiria, dont la première apparition a lieu dans Courrier du coeur en 1952, avant d'être sacralisé par les inoubliables Nuits de Cabiria en 1957. Entre temps, elle sera Gelsomina dans La Strada, autre personnage bouleversant de femme-clown qui lui vaut l'appellation de "female Chaplin", car, comme le souligne son metteur en scène, elle est singulièrement douée pour exprimer les stupeurs, les effarements, les douleurs, les airs sombres d'un clown.

Avec les personnages de Gelsomina et Cabiria, l'actrice atteint le sommet de son art. Dans le décor de la Rome baroque et nocturne que Fellini se plait tant à filmer, avec ses fontaines, ses places désertes, les lumières qui découpent les façades des immeubles endormis, apparaît ce petit personnage avec des chaussettes, un boléro en plume de poulet, un large parapluie et des yeux ronds écarquillés dans un étonnement perpétuel et gourmand. Ce célèbre boléro de plume, déjà aperçu dans Courrier du coeur, devient, avec les pathétiques chaussettes, l'uniforme, le signe de reconnaissance populaire et clownesque de son caractère. Cependant Cabiria s'efforcera d'évoluer, de s'éloigner de ce monde d'humiliés et d'offensés.

Les contradictions dans l'histoire humaine de Cabiria sont multiples. Tout d'abord dans la représentation des sentiments non partagés au coeur d'une réalité déshumanisée pour laquelle Fellini n'essaie nullement de recourir à des justificatifs sociologiques, inadaptés à sa sensibilité de narrateur, mais se contente de montrer, en l'inventant, l'âme double, bonne et mauvaise, de cette réalité, afin de parvenir à la conclusion suivante : que l'expérience ne sert à rien lorsque l'inconscient et l'amour se mettent à l'oeuvre. Et quand on parle d'amour avec un personnage comme Cabiria, il faut entendre un amour spécial qui découle de la nécessité d'avoir confiance en son prochain, une grâce laïque accomplie par le seul fait d'exister et de vivre ensemble. Soit l'amour de Cabiria pour Oscar, de Gelsomina pour Zampano. " En amour, tout se fait " - avoue ce petit personnage douloureux et confiant, qui existe à la manière du Charlot des Lumières de la ville ou de La ruée vers l'or.

                        Giulietta Masina. Carlotta Films

      

Giulietta est, à l'évidence, une authentique femme-clown. Avec elle, Fellini poursuit son exploration des ascendants populaires du cinéma, déjà à l'état embryonnaire dans le monde du cirque, son univers d'élection. Après La Strada, qui confère à Giulietta le statut de grande actrice, Les nuits de Cabiria vont lui assurer la consécration internationale et trois grands prix : ceux de la meilleure actrice au Festival de Cannes, puis de San Sebastian et le Nastro d'Argento. Elle sera ensuite la vedette de Juliette des esprits,  nouvel hymne d'amour de la part de son maestro de mari, mais elle s'accordera néanmoins une infidélité en tournant Fortunella avec Alberto Sordi en 1958. Au début des années 60, elle suspend ses activités pendant cinq ans et, après un bref retour dans La folle de Chaillot ( 1969 ) auprès de Katharine Hepburn, elle disparaît de l'écran et ne reviendra qu'en 1985 avec un nouveau succès signé Fellini : Ginger et Fred.

Une dizaine de films auront suffi pour qu'elle marque de son exceptionnel talent le cinéma italien. Qui pourrait oublier le visage enfariné et pathétique de Gelsomina ou celui de la petite prostituée des Nuits de Cabiria, ou encore la femme émouvante de Juliette des esprits ? Personne, je suppose, tant ils se sont imprimés en nous comme ceux du bonhomme à la canne et au chapeau melon. Giulietta mourra à Rome le 23 mars 1994 à l'âge de 73 ans, n'ayant survécu que quelques mois à son mari avec lequel elle forme pour l'éternité un couple indissociable.


Pour consulter les films où figure l'actrice, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 12:01

                          Jeanne Moreau aux César 2007. Mireille Ampilhac pour AlloCiné


                                                                  


Jeanne Moreau, plus de 60 ans de cinéma, un magnifique parcours qui a fait d'elle la  formidable interprète de quelques-uns des plus prestigieux metteurs en scène contemporains, nommons Louis Malle, François Truffaut, Bunuel, Antonioni, Fankenheimer, Losey, Peter Brook, sans oublier Orson Welles qui fit appel à elle à deux reprises pour Le Procès en 1962 et Falstaff en 1965 et disait, à son intention, qu'elle était "la meilleure actrice du monde". Sa carrière n'a été qu'une longue suite de succès, de coups de coeur, d'emballements et de travail, car il y a toujours, à la clé d'une telle réussite, un immense labeur et une grande exigence.

 

Fille d'une danseuse anglaise de music-hall et d'un père hôtelier français, elle est née à Paris le 23 janvier 1928. Après avoir vécu une partie de sa jeunesse à Vichy, elle poursuit des études secondaires à Paris et commence, sans en rien dire à ses parents, à suivre des cours de théâtre auprès de Denis d'Inès. Ses premiers pas sur les planches auront lieu au Festival d'Avignon en 1947 dans "La terrasse de midi". Six mois plus tard, elle intégre le Conservatoire, ce qui la conduira en 1960 à débuter à la Comédie Française dans " Les caves du Vatican " d'André Gide, mise en scène de Jean Meyer, où elle tient le rôle d'une prostituée. Elle y est déjà si remarquable qu'elle fait (elle, la débutante) la couverture de Paris-Match et reçoit les félicitations d'un écrivain, pourtant peu enclin aux louanges, Paul Léautaud, tant il admire son insolence et son indépendance d'esprit. Ainsi s'annonce une carrière qui fera d'elle l'une des muses de la Nouvelle Vague et l'égérie du monde des Lettres et des Arts. Car nul doute, elle fut l'amie de nombreux écrivains, elle l'amoureuse des livres et des beaux textes. Parmi ceux-ci et celles-là, il y eut Tennessee Williams l'américain, Blaise Cendrars le poète, Paul Morand l'homme pressé, Nimier le jeune hussard et, enfin, deux femmes : Anaïs Nin et Marguerite Duras. Et n'oublions pas ses liens avec des personnalités comme Jean Vilar qu'elle suivra au TNP en quittant la Comédie-Française et sa rencontre avec Louis Malle qui lui ouvrira les portes de la renommée avec deux films où elle s'impose  comme l'une des grandes, dans le sillage d'une Simone Signoret : Ascenseur pour l'échafaud  (1957) et  Les Amants  (1958). Puis viendront Jules et Jim de Truffaut où elle chante une romance qui fera le tour du monde et quelques 130 films dont Le journal d'une femme de chambre de Bunuel qui, de toutes ses interprétations, est peut-être celle que je préfère.

 

 

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Enfin elle a collectionné les récompenses les plus prestigieuses dont le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1960, le British Academy Award de la meilleure actrice étrangère pour La vieille qui marchait dans la mer (1991) de Laurent Heynemann, enfin elle a été élue membre de l'Académie des Beaux-Arts le 29 mars 2000, première femme à être gratifiée de cet honneur, et son entrée dans cette estimable assemblée fut justement saluée par le discours de réception de l'un de ses proches : l'impérial Pierre Cardin. La seule chose que je regrette de la part d'une femme aussi intelligente : qu'elle ait participé au remake des Rois Maudits, événement télévisuel que je me suis empressée d'oublier... Malgré son âge, elle a conservé une activité étonnante, puisque dans le cadre des Atelier d'Angers, qu'elle pilote de main de maître, elle va aider prochainement sept jeunes réalisateurs à se lancer dans l'aventure du long métrage, ce qui prouve qu'elle n'a rien perdu de son enthousiasme et de sa passion pour le 7e Art. D'ailleurs, n'a-t-elle pas assuré à maintes reprises -  le cinéma, c'est à la vie, à la mort. Mais comment  la mort pourrait-elle menacer une immortelle ?

 

Pour consulter ma critique d'Ascenseur pour l'échafaud et Jules et Jim, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

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Stanley Kubrick

 

 

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