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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 10:56
AUSTRALIA de BAZ LUHRMANN

       

Dans les années 30, Lady Sarah Ashley ( Nicole Kidman ), belle aristocrate anglaise, hautaine et capricieuse, s'envole pour l'Australie avec l'idée de ramener au foyer son mari volage. Mais elle apprend que celui-ci vient d'être assassiné et qu'elle hérite d'un domaine, Faraway Dones, en faillite et convoité par un escroc. Que faire, sinon prendre en charge cette immense propriété pour laquelle elle va très vite éprouver une passion, au point de ne plus vouloir la quitter. Pour la seconder, elle aura recours aux services d'un cow-boy local, aux manières frustres, avec lequel elle partagera une idylle qui étonne de la part de cette aristocrate chichiteuse. En sa compagnie, elle va parcourir les immensités sauvages et désertiques qui viennent de tomber dans son escarcelle, apprendre la vie des éleveurs et nous promener dans des paysages somptueux et exotiques à souhait, dignes d'un office de tourisme en mal de clientèle.  Si bien que, dans un premier temps, on peut se laisser embarquer par cette aventure naïve, empreinte de magie aborigène, mais très vite les faiblesses du scénario, le peu de consistance et de crédibilité des héros agacent. D'autant que les situations elle-mêmes sont stéréotypées : ici c'est un incendie digne de celui d'Atlanta, là un attachement à la terre qui évoque l'impétueuse Scarlett O'Hara - à la différence que celle-ci était originaire de ses terres et les avait dans le sang - maintenant un discours sur l'émancipation des populations opprimées qui rappelle trop "Out of Africa". Aussi a-t-on le sentiment désagréable d'assister à la projection d'un film qui n'est parvenu à exister qu'en empruntant aux autres les 3/4 de son inspiration. 

On a l'impression que l'opus a été fait pour complaire à l'actrice et lui donner l'occasion de se glisser dans le rôle de sa vie. D'ailleurs elle l'avouera volontiers :

 

" C'est le film dont j'ai rêvé toute ma vie. J'ai toujours eu très envie de tourner dans mon pays, l'Australie. C'est une contrée qui vous envoûte, qui pénètre au plus profond de votre âme. C'est quelque chose dans l'air, le sol, la nature des gens qui vous saisit et, avant que vous en ayez pris conscience, avant que vous le sachiez, vous faites partie de cette terre."

 

Et c'est un autre acteur australien, Hugh Jackman, qui dépeint les débuts de leur relation cinématographique houleuse :

 

" Le Drover ( meneur de troupeaux ) déteste l'establishment, les riches propriétaires, et Sarah est l'illustration même de l'aristocratie. Il prend un malin plaisir à la choquer et à l'agacer, parce que tout en elle le contrarie. Elle est arrogante, prétentieuse, frustrante et d'un caractère impossible. Et pourtant, il va faire tomber toutes les barrières autour d'elle et s'en éprendre ! "


Nicole Kidman et Hugh Jackman. Twentieth Century Fox France


Très attendu, "Australia" sortira précédé d'un battage publicitaire qui laissait entendre que nous tenions là un nouveau "Autant en emporte le vent". Hélas, malgré son ambition et l'argent investi, ce long métrage ne remplit absolument pas son contrat et ne bénéficie nullement d'une semblable aura dramatique. C'est la montagne qui accouche d'une souris. Film d'actrice, conçu et réalisé pour et autour de Nicole Kidman, il va à l'encontre du but recherché et désacralise la jeune femme plutôt qu'il ne parachève sa consécration. Si le souffle manque, si l'émotion n'est pas au rendez-vous, c'est que l'héroïne est trop précieuse, trop distante, trop star hollywoodienne pour correspondre au personnage que l'on tente de lui faire jouer, et que son partenaire Hugh Jackman, qui n'est ni Robert Redford, ni Clark Gable, n'a pas l'étoffe nécessaire pour nous emballer autrement que par son physique de carte postale. Aussi suis-je restée sur ma désillusion et ai-je regretté les 2h35 de cette super-production sans sel et sans grande saveur qui nous laisse, au final,  out of Australia

 

2-e-toiles

 

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AUSTRALIA de BAZ LUHRMANN
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 11:34


                                 VIDEO          VIDEO        VIDEO

 

L'une des scènes de Chantons sous la pluie est la reconstitution d'une réception au cours de laquelle un producteur montre à ses invités un essai de cinéma chanté. L'expérience apparaît peu concluante et les spectateurs sont sceptiques, persuadés que ce style de cinéma n'aura pas d'avenir. Cette attitude était alors celle de la quasi totalité de la profession cinématographique en 1925. Mais la perfection esthétique à laquelle les films allaient accéder encouragerait le 7e Art à développer ce nouveau genre et à poursuivre dans cette voie. Ce qui donnera naissance à quelques chefs-d'oeuvre dont ceux tournés avec le couple Astaire/Rogers et d'autres où s'illustrèrent des vedettes comme Gene Kelly, Cyd Charisse, Judy Garland, Debbie Reynolds, Leslie Caron, et des metteurs en scène de la pointure de Vincente Minelli, George Sidney, Stanley Donen, Charles  Walters.

High Society, qui date de 1956,  est justement l'oeuvre de Walters. Sans être une réussite comme Un américain à Paris ou Funny Face, cette comédie est plaisante, ne serait-ce que par la présence lumineuse de Grace Kelly,  ainsi que celles d'hommes aussi talentueux que Bing Crosby et Frank Sinatra, aux voix d'or.

" La distribution était très impressionnante - déclarait Charles Walters. Crosby est un des êtres les plus agréables avec qui j'ai jamais travaillé. La musique était très bonne, ce dont j'étais particulièrement content, étant donné que j'allais régler tous les numéros moi-même. Il y a une seule chanson que Cole Porter n'arrivait pas à nous fournir et c'était très important puisque c'était celle qui allait réunir Crosby et Sinatra et que tout le monde allait attendre. Cole a essayé plusieurs fois mais il n'arrivait pas à écrire la chanson qu'il fallait. Alors Saul Chaplin, qui s'occupait de la musique, s'est mis à faire des recherches et il est tombé sur "Well did you Evah ". Je crois que c'était une chanson vraiment idéale pour eux".

Le soliloque de Bing Crosby chantant " I love you Samantha", l'aveu de Frank Sinatra à Grace Kelly, " You're sensationnal" et le " Well did you Evah" qu'interprètent Crosby et Sinatra bénéficient du professionnalisme des deux chanteurs, parfaitement à l'aise avec la musique de Cole Porter.

 


Quant à l'histoire, il faut admettre que son livret est mince, très mince : Tracy Lord ( Grace Kelly ) doit épouser le séduisant George Kittredge ( John Lund ), mais son ancien mari Dexter-Haven ( Bing Crosby ), qui l'aime toujours, va ré-apparaître dans sa vie et finira par la convaincre de re-convoler en juste noce avec lui. Voilà les éléments principaux de cette fiction autour de laquelle viennent se greffer des incidents consécutifs aux préparatifs mondains au mariage et aux indiscrétions dévoilées par un journal à propos de la liaison qu'entretient Seth Lord, le père de Tracy, avec une jeune fille de la bonne société. Tout cela gentillet, sans plus.
Mais il y a la musique de Cole Porter, la trompette virtuose de Louis Amstrong  et ces moments attachants comme celui où l'on voit Grace Kelly, au bord de la piscine, mettre à l'eau la réplique du "True Love", maquette exacte du bateau qui a abrité autrefois ses amours avec son mari. Il est probable que sans la présence de l'actrice, toute de charme et de féminité, High Society aurait pu sombrer dans le marivaudage matrimoniale le plus conventionnel. Mais dans ce film, le dernier qu'elle tourne quelques semaines avant de prendre le bateau qui la conduira à Monaco afin d'y  épouser le prince Rainier, il se dégage d'elle une séduction faite d'émotion et de nostalgie qui  prête à ce long métrage une aura particulière, en même temps qu'il lui procure l'indéniable privilège de réunir pour la première fois les deux crooners les plus célèbres d'Amérique.
Pour toutes ces raisons, cette comédie musicale mérite d'être revisionnée ( le DVD existe ). Elle distille avec saveur le goût d'un passé encore récent, bien qu'à jamais disparu.

 

Pour lire l'article conscré à Grace Kelly, cliquer sur son titre :      GRACE KELLY    

 

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 09:34

Angelina Jolie. Universal Pictures  

      

 

Filmée par une caméra sobre, d'un classicisme rigoureux, cette histoire vraie, qui se produisit à Los Angeles dans les années 1920, aurait pu sombrer dans le mélodrame le plus pompier si elle n'avait pas été mise entre des mains expérimentées, alors que, servie par le style économe et sans emphase d'un Clint Eastwood, elle donne lieu à un film sombre et limpide, traversé d'une violence contenue qui s'empare de vous sans plus vous quitter.
Car, certes, l'histoire est à peine crédible. Pensez donc : une jeune femme se fait enlever son bambin de 9 ans lors d'une courte absence. Lorsque la police le lui rend quelques semaines plus tard devant la presse rassemblée, la mère s'aperçoit avec effroi que l'enfant n'est pas son fils Walter. Embarras du policier qui s'est chargé de l'enquête, désespoir de la mère qui, dorénavant, va devoir ferrailler sans faiblir contre une coalition d'incompétents qui la fera d'abord passer pour fabulatrice, puis pour folle. Et lorsque la malheureuse produira enfin preuves et témoignages irréfutables, on la fera interner dans un hôpital psychiatrique pour délire paranoïaque.

" Nous n'avons rien inventé -dira Eastwood - une grande partie des dialogues est la retranscription mot à mot des minutes du procès. Ce que dit le médecin, le chef de la police, même les propos de l'accusé principal sont ceux que les témoins ont rapportés ".

Ce récit abracadabrantesque a été rendu plausible non seulement par la précision documentaire de son scénario, mais par une mise en images qui s'est voulue discrète. " J'avais une bonne histoire et de bons acteurs " - confiera le cinéaste aux journalistes - aussi ai-je fait ce qu'il y avait à faire. Je n'avais aucune envie de m'agiter ou de faire les pieds au mur avec ma caméra. Comme spectateur, je n'aime pas qu'on exhibe la réalisation. Dans Million Dollar Baby, la caméra se déplace beaucoup, mais très lentement, on ne se rend pas compte des mouvements. Je n'aime pas que les prises de vues soient telles que les gens pensent au réalisateur qui la dirige et à l'opérateur qui tient la caméra ".

 

On connaît la modestie de Clint qui s'applique ici, comme dans ses oeuvres précédentes, à concentrer l'action sur le sujet lui-même, sujet qui n'est autre que le combat solitaire d'une femme pour la reconnaissance de ses droits et que rien, ni personne, ne pourront détourner de son objectif qui est de faire triompher la vérité et la justice. Petite soeur de Josey Wales, hors-la-loi ou de L'homme des hautes plaines, elle lutte certes avec d'autres armes que les leurs, mais la même détermination face aux machinations perverses d'une police corrompue. Seul le pasteur, le Révérend Briegleb ( John Malkovich parfait ) osera prendre fait et cause pour cette mère douloureuse qu'aucun obstacle ne parvient à décourager : ni les menaces, ni la prison, ni la mort...


Angelina Jolie. Universal Pictures


Angelina Jolie, dans le rôle de Lara Croft, alias Christine Collins, irradie sous sa cloche en feutre qu'elle ne quitte presque jamais et qui met en valeur ce qu'il y a de plus touchant dans son visage : ce petit quelque chose de désabusé dans la bouche, de pathétique dans le regard. Nul doute - et nous nous en étions déjà aperçus dans Un coeur invaincu ( 2006 ), cette actrice est une tragédienne. Elle en a l'étoffe, l'inquiétude, l'indignation, l'émotion constante, ce feu souterrain qui brûle en elle et que le cinéaste - par souci de sobriété - a su atténuer par un jeu de photographie et de lumière qui tend vers le noir et blanc. Tout est mis en oeuvre pour que l'offense faite à l'enfant et à sa mère reste dans une dramaturgie maîtrisée, celle d'un auteur qui a toujours préféré le laconisme à la grandiloquence. Ce film confirme, si besoin était, que l'inspiration de Eastwood se plaît à exalter le courage des figures obstinées que les tragédies les plus noires ne parviennent pas à abattre. Mythe de l'héroïne seule contre tous qui re-dessine les contours d'un archétype familier, dont les hommes ont besoin pour éclairer leurs fantasmes. On se demande, après avoir vu L'échange, comment Sean Penn au dernier Festival de Cannes a pu bouder ce mets de choix ...

 

Pour lire l'article consacré à Clint Eastwood, cliquer sur le titre :   

 

CLINT EASTWOOD - PORTRAIT

 

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L'ECHANGE DE CLINT EASTWOOD
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 09:59

Sony Pictures Releasing France     


 

La salle était pleine hier soir pour assister à la sortie très attendue du 22ème épisode de la série fameuse des James Bond, film haletant et spectaculaire d'un style un peu différent des précédents ( mais je ne les ai pas tous vus ), et qui fait suite à Casino Royale où l'on voyait mourir Vesper ( Eva Green ) la compagne de Daniel Craig, dont la motivation principale va être désormais de rechercher les vrais coupables. Cet opus nous présente donc un héros en proie, pour la première fois, à des sentiments personnels qui vont le mettre en porte à faux avec sa haute direction et faire de lui un fauve solitaire froidement déterminé à satisfaire sa vengeance. Faisant fi des aventures amoureuses, le James Bond d'aujourd'hui travaille pour lui et voit les dangers se multiplier et le cerner de toutes parts : de la CIA comme du M 16 Britannique, son propre service qui lui reproche avec véhémence de se laisser aveugler par ses ressentiments. Ce thème donne lieu à des séries de poursuites plus spectaculaires les unes que les autres avec des effets spéciaux époustouflants, que ce soit en bateau, en avion ou en voiture, elles sont la grande réussite de ce film.

 


Daniel Craig. Sony Pictures Releasing France


 

Le principal ennemi de Bond va être un méchant à l'apparence ordinaire, psychopathe de surcroît, homme d'affaires impitoyable et puissamment riche, admirablement campé par Mathieu Amalric, qui tente de mettre la main sur les ressources quasi inépuisables de la matière première qui, bientôt, sera plus précieuse que l'or : l'eau. S'en suivent des actions qui vont les opposer et nous balader à une vitesse hallucinante aux quatre coins de la planète pour finir, après de multiples rebondissements, dans un désert où l'homme riche nous apparaîtra soudain plus vulnérable que son justicier, l'un ayant peut-être son compte en banque mais l'autre son incorruptible force de caractère.


                 Daniel Craig. Sony Pictures Releasing France Anatole Taubman et Mathieu Amalric. Sony Pictures Releasing France


 

Daniel Craig se révèle une fois encore très convaincant, froid, robuste, violent, dont le regard d'un bleu d'acier n'est pas sans rappeler celui de Poutine. Mais oui ! et je ne crois pas être la seule de cet avis...
Dire que ce film ne m'a pas déçue serait faux. Car le scénario m'a semblé assez plat, alignant les unes à la suite des autres des séquences d'action, des slaloms en hors-bord, voire des explosions pyrotechniques impressionnantes, mais sans causes apparentes, tant la psychologie des personnages est reléguée au second plan. Nous sommes totalement immergés dans un monde de brutes et cernés par des comploteurs machiavéliques proches de la trilogie vengeresses de Jason Bourne que, personnellement,  je préfère.

 

 
Alors James Bond dans tout cela ? Il est bien là mais changé et assez différent du héros incarné autrefois avec panache par Sean Connery, l'invulnérable. Le héros de ce dernier opus ne l'ait plus ; il semble avoir pris du plomb dans l'aile et, malgré sa forme physique impressionnante, être en proie à des sentiments confus et victime d'une blessure intérieure secrète qui, certes, l'humanise. A ses côtés, une femme ravissante, Camille (Olga Kurylenko ), son double féminin, elle aussi assoiffée de vengeance et chaste amie d'une réalité passagèrement partagée. Tous deux sont aux prises avec des personnages inquiétants qui cherchent à asservir les nations sous le faux prétexte de préserver l'environnement, au point de préparer des coups d'Etat ( ici en Bolivie ) pour parvenir à leurs fins et satisfaire leurs appétits mercantiles. Cependant, malgré ses qualités indéniables, ce long métrage n'est pas parvenu à me séduire autant que Casino Royale. Une bande sonore trop agressive, une accélération de l'action trop hachée et brouillonne finissent par dissoudre toute annexe psychologique, faisant de ce film un spectacle purement visuel, qui m'est resté extérieur.

 

2-e-toiles



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 Olga Kurylenko. Sony Pictures Releasing France

 

 

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 09:59


                                                            VIDEO

 

Voici un Woody Allen, version Marivaux remis au goût du jour et qu'on a saupoudré, pour faire actuel, d'une pincée d'homosexualité, aux prises avec les affres de l'amour de trois femmes et d'un homme dans les décors baroques d'une Barcelone estivale. Film plaisant, même si le metteur en scène ne peut échapper totalement aux clichés inévitables que le sujet traîne à ses basques. Mais c'est enlevé, bien rythmé, joliment interprété et ce libertinage ne cède à aucune vulgarité, malgré  l'ambiance barcelonesque torride.
Un soir, deux jeunes américaines venues passer leurs vacances dans la ville espagnole, l'une poursuivant une thèse sur la Catalogne, l'autre cherchant une vocation improbable de photographe dans le domaine de l'art, croisent dans une galerie, lors d'un vernissage, un peintre en vogue, du genre viril et maudit ( Javier Bardem ), qui leur propose avec effronterie de les emmener passer le week-end à Orviedo, sans leur cacher qu'il a envie de les mettre toutes les deux dans son lit. L'invitation est sans ambages, bien que prononcée selon les usages. L'une est prête à oser la transgression, c'est Cristina la blonde jouée par Scarlett Johansson, tandis que la brune Vicky ( Rebecca Hall ) d'un naturel raisonnable, s'élève vigoureusement contre cette suggestion qui la choque, bien qu'elle succombera la première.


Penélope Cruz, Javier Bardem et Scarlett Johansson. Warner Bros. France


Déboule un peu plus tard la femme légitime du don juan, incendiaire et suicidaire, qui va ajouter un peu de piment aux chassés-croisés d'un trio qui risquait de se scléroser. Superbe dans ce personnage de passionaria ibérique, Penélope Cruz enflamme la pellicule et ravive des amourettes un peu trop consensuelles, dans un décor idéalement catalan.
Il semble que Woody Allen, après une période anglaise plus sombre, retrouve avec cet opus inattendu une jeunesse dissipée et que, sur le tard, il se délivre enfin d'une vie entière d'angoisse existentielle. Vicky Cristina Barcelona est un film pétillant, léger et glamour, où l'on boit beaucoup, où la vie apparaît douce et soft, les femmes belles et insouciantes, l'homme satisfait et désoeuvré. On est là dans l'ivresse d'un immédiat taillé sur mesure pour la détente, le plaisir de l'oeil, le divertissement de qualité... made in Woody Allen. A n'en pas douter de l'ouvrage cousu de main.

 
3-e-toiles



Pour lire les articles consacrés à Woody Allen et à Penélope Cruz, cliquer sur leurs titres :  

 

WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT        PENELOPE CRUZ - PORTRAIT



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Javier Bardem et Rebecca Hall. Warner Bros. France

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 09:43

       


Deux voyageurs se trouvent dans un train en Angleterre. L'un dit à l'autre : " Excusez- moi, monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre qui se trouve au-dessus de votre tête ? - Oh, c'est un macgguffin. - A quoi cela sert-il ? - Cela sert à pièger les lions dans les montagnes d'Ecosse. - Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Ecosse. - Alors il n'y a pas de macguffin."

 

Hitchcock aimait à raconter cette histoire pour se moquer des exégètes de ses films qui exigeaient une explication rationnelle de chacun d'eux. Lui, ce qui l'intéressait, était de manipuler le spectateur, de le mener là où il le voulait, et de le soumettre au rythme imprimé à l'histoire. Il souhaitait plus que tout que la peur du héros ou de l'héroïne soit partagée par le public. Aussi faisait-il en sorte que le processus d'identification fonctionne à merveille. Et  pour comble d'habileté, il parvenait souvent à ce que le spectateur s'identifie successivement à plusieurs personnages. C'est le cas dans Psychose, où le public est d'abord avec Janet Leigh, puis enclin à soutenir Anthony Perkins, mais comme il n'est pas au bout de ses surprises, il aura vite oublié la raison initiale qui a poussé l'héroïne à dérober de l'argent, ce qui revient à dire, qu'en quelque sorte, il n'y avait pas vraiment de macguffin...


Janet Leigh. Collection Christophe L.

Une employée de banque nommée Marion  ( Janet Leigh ), dans un moment d'égarement, s'enfuit en voiture avec quarante mille dollars que son patron lui avait demandé de remettre à la banque. Un soir, elle s'arrête dans un motel dirigé par un certain Norman Bates  ( Anthony Perkins ), qui vit seul en compagnie de sa mère, une femme dont il laisse entendre à Marion qu'elle est difficile à vivre et d'ailleurs la jeune femme l'a entendue, à un certain moment, crier sur son fils.


Tandis que Marion prend sa douche avant de se coucher, elle est brutalement agressée par une vieille femme qui la frappe de plusieurs coups de couteau. Norman découvre le corps avec horreur et s'emploie aussitôt à faire disparaître les traces du meurtre, puis il place le corps de Marion, ses vêtements et ses bagages dans le coffre arrière d'une voiture, et se débarrasse de celle-ci en la laissant s'enliser dans la vase noirâtre d'un étang. Peu de temps après, Marion est recherchée par Lila  ( Vera Miles ), sa soeur, par Sam  ( John Gavin ) son amant, et par un détective d'assurances chargé de récupérer l'argent : Arbogast ( Martin Balsam ). Arbogast, conscient du trouble dans lequel ses questions ont plongé Norman, revient subrepticement dans la maison pour tenter d'interroger la vieille dame. Il monte à l'étage et là est poignardé par une femme visiblement âgée. Norman s'emploie de nouveau à faire disparaître le cadavre dans l'étang voisin. C'est alors que Sam et Lila interviennent. Ayant appris que la mère de Norman était morte depuis huit ans, ils se rendent à leur tour dans la maison et, dans la cave, Lila aperçoit le cadavre momifié de la mère et surprend le fils coiffé et habillé avec les vêtements de celle-ci. Se sachant découvert, le coupable se jette sur Lila, couteau en main, mais Sam réussit à le désarmer. En définitive, Norman est un malade qui accomplit ses abominables crimes en se servant d'une autre personnalité que la sienne, celle de sa mère à laquelle il s'identifie lorsqu'il est en proie à ses pulsions meurtrières.


Janet Leigh et John Gavin. Collection Christophe L.

 

 

Hitchcock considérait que Psychose était son film le plus intéressant pour la raison que la construction du scénario permettait de s'engager sur plusieurs pistes à la fois. " Vous savez que le public cherche toujours à anticiper - disait-il - et qu'il aime pouvoir dire : Ah ! moi je sais ce qui va se passer maintenant. Alors il faut non seulement tenir compte de cela mais diriger complètement les pensées du spectateur. Plus je donne de détails sur le voyage en automobile de Marion, plus le spectateur est absorbé par sa fugue et c'est pour cela que je donne autant d'importance au policier motocycliste aux lunettes noires, image de terreur pour la jeune voleuse". En effet un policier se penche vers elle - alors que celle-ci dort dans sa voiture rangée sur le bas-côté - et quand le policier l'interpelle, à la place des yeux, elle voit deux ronds noirs formés par ses lunettes miroirs. C'est le même regard mort que celui de la mère de Norman, momie aux yeux desséchés. Même chose encore, quand Norman observe Marion en train de se déshabiller dans sa chambre, par le trou de la serrure. L'oeil devient énorme au point d'envahir l'écran. Ce thème du regard mort, opaque, creux, vide est omniprésent dans le film et trouve son explication dans l'une des phrases que prononce Norman, ancien hôte d'un asile de fous : " Il y a des yeux cruels qui vous étudient". Il y a également le symbole des oiseaux empaillés qu'il collectionne - lui-même n'a-t-il pas empaillé sa mère ? - Ainsi sa propre culpabilité se reflète-t-elle en permanence dans le regard de ces oiseaux. D'autant qu'il y a parmi eux des hiboux, oiseaux qui appartiennent au domaine de la nuit, inquiétants guetteurs qui participent du masochisme de ce héros pitoyable.
 

"Ma principale satisfaction, disait encore Sir Alfred, est que le film a agi sur le public et c'est la chose à laquelle je tenais beaucoup. Dans Psychose, le sujet m'importait peu, les personnages m'importaient peu, ce qui m'importait, c'est l'assemblage des morceaux du film, la photographie, la bande-sonore et que tout ce qui est purement technique pouvait faire hurler le public. Je crois que c'est une grande satisfaction d'utiliser l'art cinématographique pour créer une émotion de masse. Et avec Psychose, j'ai accompli cela. Ce n'est pas un message qui a intrigué le public. Ce n'est pas une grande interprétation qui a bouleversé le public. Ce n'était pas un roman très apprécié qui a captivé le public. Ce qui l'a ému, c'est le film pur. Car la façon de construire cette histoire et de la raconter a amené le public à réagir d'une façon émotionnelle. Avec Psychose, j'ai fait de la direction de spectateurs, exactement comme si je jouais de l'orgue".

 


Janet Leigh. Collection Christophe L. Janet Leigh. Collection Christophe L.

 

Ce film fut à l'évidence l'un des plus grands succès du metteur en scène. Alors qu'il avait été peu onéreux - il était quasi muet et facile à doubler, il se déroulait en grande partie dans une maison gothique de la Californie du Nord et les trucages étaient relativement simples - il en a rapporté beaucoup, ce qui eut un effet salutaire sur son réalisateur que l'échec commercial n'avait pas épargné. Il est vrai aussi qu'il a bénéficié d'une campagne promotionnelle particulièrement réussie. Le cinéaste avait enregistré un message qui interdisait aux spectateurs de révéler le contenu des dernières séquences. Et les directeurs de salles avaient ordre de refuser l'entrée aux retardataires.


Anthony Perkins. Universal Pictures

 

Tourné en noir et blanc, ce film, oppressant comme il en est peu, est une suite d'images épurées qui sont autant de chocs pour le spectateur. Comme d'habitude, les acteurs, bien dirigés, donnent le meilleur d'eux-mêmes. Son interprétation de Norman Bates valut à Anthony Perkins de remporter un triomphe personnel. Il est idéalement ce héros qui porte en lui une effroyable double personnalité qui, tour à tour, en fait un homme soumis et un tueur abominable, comme si, à l'intérieur de lui-même, le bien et le mal se livraient un combat sans merci. Perkins donnera une suite à ce film qu'il réalisera lui-même.

 

Pour lire l'article que j'ai consacré à Alfred Hitchcock, cliquer sur son titre : 

 

ALFRED HITCHCOCK - UNE FILMOGRAPHIE DE L'ANXIETE

 

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN & CANADIEN, dont la plupart des films de Hitchcock, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 11:58

Affiche américaine. Groundswell Productions

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Je me rendais à cette projection sans à priori mais sans grand enthousiasme et je n'ai pas été déçue. Voilà une agréable surprise en des temps où le chef-d'oeuvre ne court pas les rues. Ne parlons pas de chef-d'oeuvre ici, bien sûr, mais d'un film bien fait, bien joué et qui tient en éveil par une action rondement menée. Ce n'est déjà pas si mal...

Au Nouveau-Mexique, dans les années 1882, la ville minière d'Appaloosa vit sous la domination d'un redoutable hors-la-loi Randall Bragg ( Jeremy Irons ) qui n'a pas hésité à en éliminer le shérif, afin de perpétrer ses forfaits en toute impunité. Pour mettre fin à ce régime de terreur, les habitants font appel à deux gâchettes Virgil Cole ( Ed. Harris ) et son adjoint Everett Hitch ( Viggo Mortensen ), bien connues pour avoir su ramener la paix et le calme dans des cités plus importantes. Si l'acteur n'avait pas convaincu avec sa première réalisation Pollock, sage biographie du peintre, il fait mouche avec celui-ci qui, sans rien innover dans l'art du western, fait preuve de nerf et offre quelques variations inédites sur des thèmes pourtant mille fois rabâchés depuis que le genre existe. D'autant que la qualité de l'interprétation est irréprochable, servie par une mise en scène élégante et de superbes panoramiques. Un peu décalée dans sa forme, l'oeuvre explore un territoire fictif inhabituel dans la mesure où, malgré les faits, la conscience morale n'a pas déserté ses héros. On pense, bien entendu, à Gary Cooper dans Le train sifflera trois fois, où ce dernier regardait également le hors-la-loi sans ciller, en idéaliste politique et sentimental, prêt à affronter le diable en personne, seul contre tous.


Ed Harris. Metropolitan FilmExport


Soulignons aussi que l'humour n'a pas déserté le film. Comment ne pas sourire lors des nombreuses scènes qui éveillent en nous des souvenirs impérissables et montrent des personnages coulés dans leurs convictions opposées ainsi que des blocs de granit ? Un humour noir dans un univers dangereux en intimité constante avec la mort.  Bien qu'assez misogyne, ce qui risque d'agacer plus d'une spectatrice, ce long métrage présente néanmoins une intéressante figure de femme moderne à travers la personne excentrique et séduisante de Allison French ( Renée Zellweger ) qui va être le talon d'Achille insoupçonné de Virgil Cole. Si le schéma est archi classique, la variation est intelligente et bien conduite dans un climat qui captive.


Viggo Mortensen et Ed Harris. Metropolitan FilmExport


Décidément le western ne cesse pas de renaître de ses cendres après qu'on l'eût enterré à jamais ( croyait-on ! ) à la suite de son fastueux chant du cygne dans Impitoyable de Clint Eastwood. Il y avait eu encore récemment L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford  d'Andrew Dominik, formidablement interprété par le duo Brad Pitt/Casey Affleck qui cédait à une vision crépusculaire. Chez Harris, rien de tel, les héros sont de nouveau parés de la magie des dieux de l'Olympe - n'oublions pas que ceux-ci avaient leurs faiblesses, surtout amoureuses - et finissent par avoir raison des causes les plus désespérées, ce qui renoue avec l'optique du western traditionnel et se révèle conforme aux impératifs du genre. A voir pour retrouver les émotions d'antan et pour les connaître, si on vient de naître au 7e Art.

 



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Jeremy Irons. Metropolitan FilmExport

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 11:09

Walt Disney Studios Motion Pictures France    


ou l'art d'émouvoir avec des images de synthèse.

 

Nous sommes en 2800 et un robot, un peu rouillé, est la dernière créature vivant sur une terre désertée par les humains, pour la simple raison que ceux-ci l'ont rendue invivable et irrespirable à force d'y avoir accumulé des déchets non recyclés. Aussi cette planète est-elle dans un état indescriptible depuis que, 700 ans plus tôt, les derniers habitant sont allés chercher refuge sur une plate-forme spatiale. C'est donc dans ce désert de poussière et de saleté que Wall.E ( prononcer Wally ), sorte de Sisyphe électronique, s'emploie - avec un cafard pour seul compagnon d'infortune - à nettoyer les déchets laissés par la gente humaine et en profite pour récupérer ici et là les objets qui l'intriguent avec l'espoir qu'ils pourront servir à nouveau. Car Wall.E est animé d'un sentiment qui paraît avoir abandonné les hommes : il espère. Et il espère même, avec une folle témérité, rencontrer un jour l'amour. Comment cette idée d'une soeur à son image et à sa ressemblance lui est-elle venue : simplement en visionnant la bande d'une comédie musicale au charme désuet "Hello Dolly" de Gene Kelly, retrouvée par hasard parmi les décombres ? Et cette attente sera comblée, quand une de ses congénères débarquera un beau matin sur la planète inhabitée. D'une blancheur immaculée, cette nouvelle Eve a tout pour séduire Wall.E et lui inspirer les sentiments les plus vifs. Mais voilà qu'un vaisseau spatial vient la récupérer au grand dam de ce dernier.

 

 

                       Walt Disney Studios Motion Pictures France

 


La force de ce film réside principalement dans l'économie de dialogue. Imaginés par Ben Burtt, les effets sonores procèdent par touches, composant une véritable musique, un langage neuf qui accentue la force émotionnelle de l'ouvrage et renforce l'impact de l'animation visuelle, bien que tout soit fait subtilement et artistiquement pour rester en adéquation avec le réel. Il n'en est pas moins vrai que les studios Pixar et le réalisateur Andrew Stanton, qui ont produit cette oeuvre pleine de délicatesse et d'humour, ont l'art de manier l'oxymore, en l'occurrence de nous présenter une humanité déshumanisée et des robots pleinement humains. A travers cette antinomie habilement utilisée afin de mieux frapper les esprits, ils nous adressent un message, peut-être un peu trop manichéen, qui se double d'une leçon d'espérance. Et c'est en cela que le film touche sa cible. Laquelle ? Bien entendu cette société de consommation à outrance que les multi-nationales encouragent, sans en évaluer les conséquences dramatiques sur le long terme, et en faisant de ce rêve américain, et désormais planétaire, un épouvantable cauchemar. Les humains, qu'ils nous montrent, réfugiés sur leur plate-forme spatiale, sont affligeants à plus d'un titre : humanité dégradée et caricaturale, obèse de surcroit, et seulement préoccupée de la satisfaction immédiate de ses plaisirs matériels. Dénonciation d'un monde qui a perdu tout repère moral et spirituel et se goinfre sans vergogne.

 

 

"WALL.E", réussite artistique indéniable, est sans aucun doute un film polémique et politique, qui pointe du doigt notre société de sur-consommation et affiche sans complexe son engagement écologique, sans doute excessif dans son pessimisme. Aussi le message risque-t-il d'être davantage compris et apprécié des adultes que des enfants, qui seront déroutés par cette sombre mélancolie et l'absence de dialogues, surtout dans la première partie. Une sorte de passion contemplative naît sous nos yeux grâce à ce petit robot, auquel est dévolu la sensibilité qui a déserté le coeur des humains. Mais l'échappée spatiale de Wall.E, parti rechercher sa bien-aimée jusqu'au fond de l'univers, redonne rythme à cette  belle méditation poétique.

 

 

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                      Walt Disney Studios Motion Pictures France

 

 

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 09:28

                    Paramount Pictures France

                                                                                   VIDEO

Cette animation réussie mêle habilement la grâce chorégraphique des arts martiaux à des gags délirants, où chaque animal apporte son éclat drolatique, de la mante religieuse à la vipère, de la tigresse à la grue. Dans cette ménagerie agitée, le débonnaire panda, dodu à souhait, persuadé que son avenir n'est pas dans la restauration de nouilles du petit troquet paternel mais dans la pratique du kung-fu - ce qui n'enlève rien à sa gourmandise légendaire - repasse une fois de plus le message volontariste des auteurs que "rien n'est impossible à celui qui le veut". Elu pour accomplir une ancienne prophétie, le rêve de Po devient réalité lorsqu'il rejoint, à la suite de beaucoup d'efforts, le monde du kung-fu et apprend les arts martiaux auprès de ses idoles, les Cinq Cyclones, sous les ordres de leur entraîneur, maître Shifu.


                      Paramount Pictures France

 


Mais le terrible léopard des neiges Taï Lung, le préféré de Shifu, dont le coeur est mauvais, est parvenu à échapper à la vigilance de ses geôliers et revient à grands pas, animé des plus noirs desseins. Or, c'est Po qui est chargé par maître Shifu de protéger la vallée de cette menace. Po mettra autant de corps que de coeur à mener à bien son ouvrage et viendra à bout de l'ennemi public au grand soulagement de la population animalière. Si bien, qu'aussi curieux que cela puisse paraître, ce panda typiquement chinois véhicule-t-il des idées purement américaines. Ce gourmand solitaire devient ainsi le prototype de l'ado dont les vices sont habilement maquillés en vertus. Obèse, paresseux, voire glouton et inconséquent, Po réussit à se transformer en héros, élu des dieux de la bienveillance, et aura, peut-être grâce à sa bonne volonté et à son altruisme, raison de l'irascible ennemi au coeur froid ; la

 chaleur, la rondeur l'emportant sur la force, la violence et la cruauté.
Cela mené à un train d'enfer et de main de maître dans une imagerie éblouissante qui confère à certains plans la beauté d'une estampe chinoise. De très belles trouvailles, dont une pluie de pétales qui emporte le vieux sage au paradis, des phrases qui font mouche, pour ce long métrage agréable à voir en famille et qui séduit par son humour, sa poésie, malgré un scénario assez bateau et des redondances dont on se serait bien passées. Ces faiblesses heureusement palliées par un esthétisme raffiné et le jeu des expressions d'une savoureuse humanité.

  

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                     Paramount Pictures France

 

 
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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 08:18

                      


                                                                                      VIDEO

 

Le premier film de Zoe Cassavetes, en compétition à Deauville en septembre dernier au Festival du Film Américain, ne restera probablement pas dans les annales, mais il est toujours sympathique de se pencher sur les débuts d'une jeune cinéaste, fille de son père, ce qui facilite les choses, mais n'enlève rien au fait qu'étant tombée dans le chaudron à pellicules, elle ait été gagnée par la contagion des studios et y ait pris goût. Si elle a la nationalité américaine, ses origines sont grecques et elle est française depuis 10 mois. Exilée par amour à Paris, comme sa grande amie Sofia Coppola, Zoe nous raconte dans ce film, très autobiographique, l'histoire d'une trentenaire new-yorkaise qui découvre le grand amour dans les bras d'un séduisant gaulois. Ce film charmant et sans prétention pourrait être le chaînon manquant entre Le journal de Bridget Jones et Sex and the City, interprété agréablement par Parker Posey et la grande Gena Rowlands, mère de la réalisatrice, qui contribuent l'une et l'autre à donner à cet opus une saveur indéniable.


                      Gena Rowlands et Parker Posey. Eurozoom


Néanmoins, il faudra que, par la suite, Zoe choisisse des scénarii plus charpentés et use de la caméra sur un rythme plus soutenu. En imaginant, en bonne francophile nourrie aux films de la Nouvelle Vague par son père, la rencontre de son héroïne avec un Français bohême et bon vivant, joué par Melvil Poupaud, Zoe Cassavetes ne se doutait pas qu'elle allait à son tour croiser l'homme de sa vie d'une façon quasi identique, ce qui a nourri son inspiration.
Se lancer dans la réalisation, après avoir été photographe, n'a pas été simple, même si l'on appartient au sérail. Zoe le reconnaît volontiers : " Oui, il m'arrive d'avoir peur, même si j'ai beaucoup de chance". Elle sait qu'elle est attendue et que les critiques ne lui feront pas de cadeau.
L'intérêt principal du film, en dehors de l'interprétation, tient dans la façon dont la jeune cinéaste s'empare d'un sujet convenu pour essayer de contourner les clichés au milieu desquels elle navigue. Il y a, dans ce long métrage, autant de fraîcheur que de naïveté. Mais, en refusant de se prendre au sérieux, l'auteur communique une bonne humeur appréciable, si bien que l'on regarde ce gentil premier film avec indulgence. On réservera l'exigence pour le prochain.

 

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                    Parker Posey et Melvil Poupaud. Eurozoom

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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