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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:56
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock

Mark Rutland, un riche homme d’affaires, s’aperçoit que sa secrétaire-comptable lui dérobe de l’argent. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il  découvre peu à peu son trouble passé et lui donne le choix entre le mariage ou la dénonciation à la police.

 

 

En ce début des années 60, Alfred Hitchcock, passionné pour le roman de Winston Graham Marnieengage trois scénaristes successifs pour arriver à l’adapter au cinéma et va proposer le rôle- titre à la princesse de Monaco qui accepte dans un premier temps. Lorsque Grace Kelly finit par y renoncer pour de multiples raisons, Hitchcock offre le rôle à Tippi Hedren qu’il a déjà fait tourner dans « Les Oiseaux ». Et, contre toute attente, il choisit de lui donner pour partenaire Sean Connery, alors connu pour son interprétation de  « L’agent secret 007 ». Malgré l’aspect improbable du duo, le couple fonctionne particulièrement bien et propose une interprétation bien plus moderne que prévu initialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hitchcock reprend ici la formule expérimentée  dans « Psychose »: il débute son film comme une classique histoire de vol afin de captiver le spectateur, avant de faire glisser son œuvre vers tout autre chose un véritable drame psychologique où l’on assiste à la renaissance d’une femme détruite par un traumatisme vécu durant sa petite enfance, plongeant son opus dans un répertoire proprement freudien. D’une grande modernité par l’audace des thèmes abordés (la frigidité, le viol et la puissance destructrice de la libido et du refoulé), ce long métrage bénéficie d’un jeu d’acteurs impeccable, d’une musique percutante de Bernard Herrmann et d’une réalisation subtile et convaincante. Non dépourvu de fulgurances et de lyrisme (les séquences de l’orage ou encore la chute de cheval), ce chant d’amour entre un homme ordinaire et une femme blessée fut néanmoins un échec commercial à l’époque à cause de son caractère inattendu. Aujourd’hui,  « Pas de printemps pour Marnie » compte parmi les films importants de Hitchcock qui, le premier, osait aborder un thème nouveau dans le 7e Art, celui de la psychanalyse. Un bijou du suspense et une intrigue haletante, parfaitement maîtrisée, servie par des acteurs totalement engagés dans leurs rôles respectifs.

 

 

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 11:28
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder

Billy Wilder nous convie à visiter les coulisses du vieil Hollywood et nous livre, par la même occasion, un chef d’œuvre savamment équilibré et d’une grande liberté de ton pour l’époque. A cela s’ajoute une interprétation de tout premier ordre. L’histoire est celle de Norma Desmond, grande actrice du muet, qui vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome, qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant...

 


Fidèles compères depuis leurs débuts vers 1942, les scénaristes Charles Brackett et Billy Wilder ont collaboré de façon complémentaire durant les années 40 (le premier intervient comme producteur tandis que le second réalise), signant bon nombre de chefs d’œuvre comme « Assurance sur la mort » (1944) ou « La scandaleuse de Berlin » (1948). Leur  dernière création  constitue l’apogée de leur style, faisant de « Sunset Boulevard », en 1950, l’œuvre la plus marquante sur un Hollywood déclinant et sans aucun doute l’un des meilleurs films de Billy Wilder.

 



Cet opus crépusculaire, à la fois tragique, âpre et caustique, conte avec  subtilité et réalisme la disparition progressive d’un monde balayé par la modernité. Dès les premiers plans, le cinéaste impose son style grâce à des décors gothiques qui semblent d’un autre âge et l’intrusion de la voix off d’un personnage déjà mort. Cette voix d’outre-tombe nous accompagnera tout au long de ce voyage au pays des figures de cire d’un cinéma muet à jamais enseveli. Ainsi entrons-nous dans le monde des  vieilles gloires hollywoodiennes oubliées du grand public qui se murent dans le silence comme dans un caveau. Pour donner vie à ce monde pétrifié, Billy Wilder a eu le coup de génie de demander la participation de vraies stars déchues du cinéma muet. En premier lieu, la volcanique Gloria Swanson qui n’avait tourné qu’un seul film entre 1934 et 1950 et  pouvait ainsi retranscrire à merveille les crises morales de cette vedette oubliée. Non seulement l’actrice n’hésite pas à s’enlaidir et à accentuer les stigmates de la vieillesse, mais elle ose aussi se moquer d’elle-même et  de son propre jeu maniéré et daté. Cet exercice de style, qui tient à la fois de la confession intime et de l’autodérision, touche le spectateur par son incontestable authenticité et sa bouleversante humanité. Les cinéphiles sont également comblés lorsqu’ils entendent  Erich von Stroheim évoquer son passé de cinéaste et ses heures de gloire anciennes.
 



En mettant à nu le tragique désarroi de ces anciennes stars,  Billy Wilder s’en prend à la fois à la vanité d’un monde entièrement basé sur les apparences et règle ses comptes avec un système cruel qui broie les individus au nom de la sacro-sainte rentabilité. Sans jamais faire appel à l’artillerie lourde, sa mise en scène est exemplaire par sa constante fluidité et ses plans-séquences très élaborés servis par un narratif précis et fort bien construit. On ne peut être qu’admiratif devant ce bijou intemporel, sublime par son efficacité, universel par la profondeur de sa réflexion  et l’empreinte que laisse chaque individu malgré l’inexorable passage du temps.

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 09:38
Le pont des espions de Steven Spielberg

 

En 1957, la CIA arrête sur le territoire américain un espion soviétique qui se fait appeler Rudolf Abel et se nomme en réalité William Fisher. Il a transmis, grâce à son réseau d’agents, les secrets de la bombe atomique à l’URSS, il est donc promis à la chaise électrique. Comme les Américains tiennent à faire les choses dans les règles – la campagne internationale en faveur des Rosenberg, finalement exécutés en 1953, a laissé des traces - ils offrent à leur prisonnier un avocat d’office, James Donovan, plutôt spécialisé dans les assurances. Intelligent et malin, ce dernier sait qu’il va se mettre à dos l’Amérique bien  pensante qui n’accepte pas qu’on défende un espion communiste. Mais Donovan a aussi une haute idée de son métier d’avocat et ira  jusqu’à la Cour suprême pour sauver son client. Cet homme est un visionnaire. Il a anticipé l’épisode haut en couleur qui se déroulera quelques années plus tard. Quand l’avion U-2 du pilote Francis Gary Powers, qui photographiait l’URSS du haut du ciel, est abattu en 1960, le gouvernement américain est bien content de pouvoir échanger son pilote avec l’espion qui n’a pas été exécuté grâce à la formidable anticipation de James Donovan (1916-1970). L’échange aura lieu sur le pont de Glinicke, entre Berlin et Postdam, surnommé le pont des espions.

 

 

Eclairée de quelques traits d’humour, l’histoire est inspirée de faits réels et se déroule  à une époque où les Etats-Unis tenaient à afficher, à la face du monde, et contrairement à leurs rivaux soviétiques, qu’ils étaient un Etat de droit. Ce qui n’était pas prévu, c’est que l’avocat James Donovan allait tenir son rôle si magistralement qu’il parviendra à éviter à son encombrant client la chaise électrique, ce, à la grande fureur de l’opinion américaine qui le lui fera savoir par un attentat  à son domicile en présence de sa femme et de ses enfants. Son opiniâtreté et sa compétence le désigneront néanmoins à négocier, peu de temps après, l’échange de l’espion russe contre le pilote américain de l’avion espion U-2 abattu au-dessus de l’Union soviétique et retenu dans les geôles  sordides de l’URSS. Une fois encore, Donovan ne fera rien comme les autorités américaines l’envisageaient puisque, à rebours de leurs instructions, il informera ses interlocuteurs russes et est-allemands que l’échange ne pourra se dérouler que s’il inclut, en plus du pilote de chasse, un étudiant américain arrêté à Berlin-Est au moment où il tentait de franchir le fameux mur dont la construction venait à peine de se terminer.

 

 

Cette histoire captivante, qui voit un homme seul, étranger à ce monde de l’espionnage, manœuvrer avec une telle maestria et un esprit visionnaire pour sauver la force du droit, l’honneur de son pays et également la solidarité inconditionnelle entre compatriotes, méritait que le célèbre metteur en scène  nous la conte avec cette rigueur, cette limpidité, ce sens  du rythme et de l’alternance et une reconstitution de l’esprit et de l’ambiance de l’époque absolument remarquables. Par ailleurs, Spielberg a su s’entourer de scénaristes de talent, les frères Cohen et Matt Charman qui nous ont concocté un scénario et des dialogues d’une qualité irréprochable. Avec eux, c’est l’attention portée aux personnes et un humour discrètement sarcastique qu’ils privilégient. S’ajoutent  l’interprétation de Mark Rylance dans le rôle de Rudolf Abel, peintre à ses heures et d’une parfaite rigueur professionnelle, espion couleur passe muraille à l’apparente banalité contredite par un humour désabusé et une intelligence supérieure, et celle, tout aussi sobre et convaincante de Tom Hanks dans celui de James Donovan, homme debout, si seul dans son combat, mais qui ne restera pas moins fidèle, envers et contre tout, à sa conviction que chaque individu mérite une défense équitable. Servi par de belles images dont certains regretteront l’académisme trop formel mais que j’ai appréciées pour l’atmosphère qu’elles parviennent à créer, ce portrait contrasté de l’Amérique d’alors et des tensions qui régnaient entre les deux blocs m’apparait comme une grande réussite. 

 

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Le pont des espions de Steven Spielberg
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 14:36

 

Cette liste se divise en deux parties : les WESTERNS et les AUTRES FILMS :

 

 

LES WESTERNS  :

 

 

 LA FLECHE BRISEE de DELMER DAVES      

 

LES SEPT MERCENAIRES de JOHN STURGES 

   

 LE DERNIER DES GEANTS de DON SIEGEL      

 

L'HOMME DES HAUTES PLAINES de CLINT EASTWOOD       

 

JEREMIAH JOHNSON de SYDNEY POLLACK     

 

LES PROFESSIONNELS de RICHARD BROOKS 


L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE de JOHN FORD 



ALAMO de JOHN WAYNE         RIO BRAVO de HOWARD HAWKS 



LA PRISONNIERE DU DESERT de JOHN FORD        

 

VERA CRUZ de ROBERT ALDRICH 

 

L'APPAT d' ANTHONY MANN        LA PORTE DU DIABLE d'ANTHONY MANN 

 

LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS           LA POURSUITE INFERNALE de JOHN FORD 

 

LA CHARGE FANTASTIQUE de RAOUL WALSH       LE GRAND PASSAGE de KING VIDOR 


PALE RIDER de CLINT EASTWOOD 

 

 

 

LES AUTRES FILMS :

 

 

SHUTTER ISLAND de MARTIN SCORSESE

 

ERIN BROCKOVICH de STEVEN SODERBERGH

 

ORGUEIL ET PREJUGES de JOE WRIGHT

 

LA LA LAND de DAMIEN CHAZELLE

 

SULLY de CLINT EASTWOOD

 

EYES WIDE SHUT de STANLEY KUBRICK

 

GENIUS de MICHAEL GRANDAGE

 

LA LISTE DE SCHINDLER de STEVEN SPIELBERG

 

LE PONT DES ESPIONS de STEVEN SPIELBERG

 

TAXI DRIVER de MARTIN SCORSESE

 

NEW-YORK, NEW-YORK de MARTIN SCORSESE

 

LE NOUVEAU STAGIAIRE de NANCY MEYERS

 

L'HOMME IRRATIONNEL de WOODY ALLEN      CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN

 

MOGAMBO de JOHN FORD

 

LE PATIENT ANGLAIS d'ANTHONY MINGHELLA

 

MATCH POINT de WOODY ALLEN

 

THE TREE OF LIFE de TERRENCE MALICK


MAGIC IN THE MOONLIGHT de WOODY ALLEN

 

GONE GIRL de DAVID FINCHER

 

LES RECETTES DU BONHEUR de LASSE HALLSTROM

 

MOMMY de XAVIER DOLAN       JUSTE LA FIN DU MONDE de XAVIER DOLAN

 

BASIC INSTINCT de PAUL VERHOEVEN

 

JERSEY BOYS de CLINT EASTWOOD

 

DROLE DE FRIMOUSSE  deTANLEY DONEN

 

DIAMANTS SUR CANAPE de BLAKE EDWARDS 

 

NEW-YORK MELODY de JOHN CARNEY 

 

LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK

 

JOE de DAVID GORDON GREEN 

 

LE DICTATEUR de CHARLIE CHAPLIN 

 

LES LUMIERES DE LA VILLE de CHAPLIN       

 

LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN 

 

LES TEMPS MODERNES de CHARLIE CHAPLIN 

 

APPRENTI GIGOLO de JOHN TURTURRO 

 

UN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLS 

 

TITANIC de JAMES CAMERON 

 

LE MAJORDOME de LEE DANIELS           BLUE JASMINE de WOODY ALLEN 

 

LE PONT de la RIVIERE KWAI de DAVID LEAN   

 

 LA FILLE DE RYAN de DAVID LEAN       

 

 COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL de ROGER MICHELL

 

Ariane de Billy WILDER           SABRINA de BILLY WILDER

 

BOULEVARD DU CREPUSCULE de BILLY WILDER

 

LA FUREUR DE VIVRE de NICHOLAS RAY 

 

GATSBY LE MAGNIFIQUE de BAZ LUHRMANN 

 

HAPPINESS THERAPY de DAVID O. RUSSEL 

 

TEMOIN A CHARGE de BILLY WILDER 

 

VACANCES ROMAINES de WILLIAM WYLER 

 

SKYFALL de SAM MENDES 

 

ARGO de BEN AFFLECK   

 

FORREST GUMP de ROBERT ZEMECKIS 

 

TOUS LES ESPOIRS SONT PERMIS de DAVID FRANKEL 

 

MONSIEUR LAZHAR de PHILIPPE FALARDEAU 

 

TO ROME WITH LOVE de WOODY ALLEN   

 

 LE TITANIC, DE LA REALITE A LA LEGENDE         ULYSSE de MARIO CAMERINI 

 

 TOOTSIE de SYDNEY POLLACK         MILLION DOLLAR BABY de CLINT EASTWOOD 

 

 LES FELINS de KEITH SCHOLEY           J.EDGAR de CLINT EASTWOOD 

 

MINUIT A PARIS de WOODY ALLEN       

 

BLACK SWAN de DARREN ARONOFSKY 

 

LES CHEMINS DE LA LIBERTE de PETER WEIR         

 

AU-DELA de CLINT EASTWOOD           

 

VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU de WOODY ALLEN 

 

INCEPTION de CHRISTOPHER NOLAN      

 

ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX de SYDNEY POLLACK 

 

RAISON ET SENTIMENTS de ANG LEE        RAISONS d'ETAT de ROBERT DE NIRO 

 

BRIGHT STAR de JANE CAMPION        THE AFRICAN QUEEN de JOHN HUSTON 

 

DOUZE HOMMES EN COLERE de SIDNEY LUMET         JULIE&JULIA de NORA EPHRON 

 

SEPT ANS DE REFLEXION de BILLY WILDER       

 

LA PROPOSITION de LESLI LINKA GLATTER 

 

SPARTACUS de STANLEY KUBRICK         WHATEVER WORKS de WOODY ALLEN 

 

ADIEU CUBA de ANDY GARCIA         L'IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE de HOWARD HAWKS 

 

LAST CHANCE FOR LOVE de JOEL HOPKINS         

 

GRAN TORINO de CLINT EASTWOOD 

 

INTO THE WILD de SEAN PENN             LA FAILLE de GREGORY HOBLIT 

 

L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON de DAVID FINCHER 

 

AUSTRALIA de BAZ LUHRMANN         HIGH SOCIETY        LOIN D'ELLE de SARAH POLLEY 

 

L'ECHANGE DE CLINT EASTWOOD             QUANTUM OF SOLACE de MARC FORSTER 

 

VICKY CRISTINA BARCELONA de WOODY ALLEN       APPALOOSA de Ed. HARRIS 

 

WALL.E de ANDREW STANTON             KUNG FU PANDA de OSBORNE et STEVENSON 

 

BROKEN ENGLISH de ZOE CASSAVETES        A CASA DE ALICE de CHICO TEIXEIRA 

 

GRACE IS GONE de JAMES STROUSE         BONNIE AND CLYDE d'ARTHUR PENN 

 

CASINO de MARTIN SCORSESE        THE DEAD GIRL de KAREN MONCRIEFF  

 

MASTER AND COMMANDER de PETER WEIR          

 

GONE, BABY, GONE de BEN AFFLECK 

 

MISSION de ROLAND JOFFE         AMADEUS DE MILOS FORMAN 

 

NEVER FOREVER de GINA KIM        MICHAEL CLAYTON de TONY GILROY 

 

JOYEUSES FUNERAILLES de FRANK OZ      

 

FACTORY GIRL de GEORGE HICKENLOOPER 

 

LA VENGEANCE DANS LA PEAU de PAUL GREENGRASS       

 

BLOOD DIAMOND D'EDWARD ZWICK 

 

L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES de ANDREW DOMINIK   

 

FOR YOUR CONSIDERATION de CHRISTOPHER GUEST 

 

REBECCA d'ALFRED HITCHCOCK      LA CORDE d'ALFRED HITCHCOCK

 

PAS DE PRINTEMPS POUR MARNY d'ALFRED HITCHCOCK

 

LES OISEAUX d'ALFRED HITCHCOCK       

 

LA MORT AUX TROUSSES d'Alfred HITCHCOCK    

 

SUEURS FROIDES d'Alfred HITCHCOCK       

 

MAIS QUI A TUE HARRY ? d'Alfred HITCHCOCK   

 

LA MAIN AU COLLET d'ALFRED HITCHCOCK      

 FENETRE SUR COUR d'Alfred HITCHCOCK 

 

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT d'Alfred HITCHCOCK 

 

L'INCONNU DU NORD-EXPRESS d'Alfred HITCHCOCK    

 PSYCHOSE d'ALFRED HICTHCOCK 

 

LES ENCHAINES d'ALFRED HITCHCOCK         FRENZY d'ALFRED HITCHCOCK  

 

LE CERCLE DES POETES DISPARUS de PETER WEIR          

 

SUR LA ROUTE DE MADISON de Clint EASTWOOD       LE REBELLE de KING VIDOR 

 

LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT de RICHARD BROOKS 

 

LA DAME DE SHANGHAI d'ORSON WELLES       LA REINE CHRISTINE de ROUBEN MAMOULIAN 

 

LE TEMPS DE L'INNOCENCE de MARTIN SCORSESE        PANDORA d'ALBERT LEWIN 

 

L'AVENTURE DE Mme MUIR de JOSEPH MANKIEWICZ        LAURA de OTTO PREMINGER 

 

CASABLANCA de MICHAEL CURTIZ 

 

VACANCES ROMAINES de WILLIAM WYLER           OUT OF AFRICA DE SYDNEY POLLACK 

 

AUTANT EN EMPORTE LE VENT de VICTOR FLEMING        

 

UN VIOLON SUR LE TOIT de NORMAN JEWISON      

 

MADAME BOVARY de VINCENTE MINNELLI 

 

WEST SIDE STORY              MY FAIR LADY de GEORGE CUKOR    
 

CHANTONS SOUS LA PLUIE de STANLEY DONEN 

 

CITIZEN KANE d'ORSON WELLES          

 

ENTRONS DANS LA DANSE de CHARLES WALTERS    

 

UN AMERICAIN A PARIS de VINCENTE MINNELLI 


LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS

 

 

 

 

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 10:28
Le nouveau stagiaire de Nancy Meyers

Depuis la mort de sa femme, Ben Whittaker se sent seul et la retraite n'a rien arrangé. Afin de donner du piment à sa vie, il décide de postuler à un stage pour un site Internet de mode. Contre toute attente, il est pris. Jules Ostin, la patronne de l'entreprise, est d'abord surprise de sa présence et charge ses confrères de s’occuper de lui car elle estime très mal gérer les personnes âgées, mais s'apercevra bientôt que cette nouvelle et atypique recrue sait se faire apprécier de son équipe. Et pour cause, Ben est un homme chaleureux qui prodigue de judicieux conseils. Jules finira par se prendre d'amitié pour lui et le présentera à sa famille, si bien que le septuagénaire devient une figure quasi paternelle,  très vite incontournable...

 

 

La réalisatrice de Ce que veulent les femmes (2000) consacre sa nouvelle comédie à illustrer la collaboration d'une jeune patronne de start-up et d'un retraité de 70 ans, engagé comme stagiaire dans le cadre d'une expérience intergénérationnelle, qui se révèlera parfaitement efficace, malgré les handicaps supposés de son âge. Avec habileté et une bonne dose d’optimisme, Nancy Meyers tente d’échapper aux conventions et de donner une tournure joyeuse et positive à une actualité pétrie de bons sentiments. Et si les personnes du troisième âge avaient toujours un rôle à jouer et une expérience à apporter à la société déboussolée qui est la nôtre, engagée dans une constante course contre la montre où toutes les valeurs sécurisantes volent en éclats ? Oui, si la sagesse, le bons sens, la générosité, l’indulgence étaient encore de mise et pouvaient servir de béquille à certains jeunes chefs d’entreprise que leurs emplois du temps surchargés et anxiogènes mènent au désastre ? Car Jules est bien sur la voie de la dépression et de l’épuisement à tenter de mener de front vie privée et vie professionnelle. La réalisatrice a su doser avec finesse les divers éléments qui font qu’une jeune femme pleine de courage et de compétence  peut soudain perdre pied, se laisser gagner par le découragement et voir sombrer en peu de temps ce qu’elle a édifié avec talent et opportunité. Cette comédie plaisante a le mérite de nous immerger dans une atmosphère où le meilleur l’emporte sur le pire et, sans rien  cacher des obstacles inhérents à la situation, de les régler avec une tendresse amusée et bienveillante.  

 

 

Les acteurs sont pour beaucoup dans le charme de cette comédie légère et bien conduite et en premier lieu Robert de Niro, incroyablement séduisant dans le rôle du septuagénaire qui entend vieillir avec intelligence et altruisme et qui, soudain, se prend d’affection pour cette jeunesse courageuse et un brin déboussolée. Quant à la ravissante Anne Hathaway, elle est délicieuse de naturel et de spontanéité en chef d’entreprise dépassée par les événements et bousculée par sa soudaine notoriété dans le monde des affaires. Monde des affaires qui ne craint pas de broyer les plus performants. Voilà un film excellent pour le moral et si réconfortant que le public de la salle a applaudi, sans doute parce qu’un opus sans violence est suffisamment rare pour qu’on l’apprécie et le savoure. Certains parlent de guimauve, de mièvrerie, de sentimentalisme désuet, pas moi.

 

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 08:27
L'homme irrationnel de Woody Allen

Une fois encore, avec son dernier opus, mené au rythme d’un scénario serré, accompagné de dialogues ciselés, Woody Allen fait mouche, malgré les grimaces presque habituelles des critiques cinématographiques qui, depuis quelques décennies, n’en finissent pas de dédaigner le maître d’hier. Oui, une fois encore, l’habile réalisateur séduit. S’ajoute le jeu d’acteurs qui s’investissent pleinement dans leur rôle comme Emma Stone, que j’avais trouvée falote dans « Magic in the moonlight », et qui s’affirme dans « L’homme irrationnel » avec assurance dans son personnage de jeune étudiante subjuguée par son professeur de philosophie, dépressif et alcoolique, qui semble accablé par la stérilité de la pensée spéculative. Cela, jusqu’à ce qu’il surprenne une inconnue en train de se plaindre d’un juge dont l’obstination réduit sa vie à une peau de chagrin et que ce récit le sorte de sa torpeur, au point  que sa raison, en pleine dérive, lui fasse envisager un plan machiavélique propre à rompre le dernier barrage de la lucidité. Persuadé qu’il a trouvé un sens à sa vie, il va accomplir l’irréparable et agir de façon à délivrer une malheureuse victime de son supposé bourreau.

 

 

Mais peut-on trouver le bonheur dans le crime ? La question avait déjà été posée par Barbey d’Aurevilly et analysée dans le détail par un Dostoïevski ou une Hannah Arendt. Nous savons qu’elle fascine depuis longtemps Woody Allen qui en a fait le thème de plusieurs de ses films dont « Crimes et délits », « Le rêve de Cassandre » et l’admirable « Match Point ». Puisque la philosophie semble impuissante à donner sens à sa vie, Abe, non content de séduire sa jeune élève et convaincu de la désespérante impuissance du bien, se laisser aller à la tentation de choisir la voie opposée. Cette dérive est menée avec la maestria habituelle de Allen qui sait jouer des thématiques les plus contradictoires et des subversions les plus cyniques au point de les rendre presqu'acceptables. On s'amuse de le voir jongler avec les registres et les genres, le mal se savourant avec plus de gourmandise que le bien…

 

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L'homme irrationnel de Woody Allen
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 09:50
Taxi driver de Martin Scorsese

 

De retour du Vietnam, Travis Bickle (Robert de Niro) est engagé dans une compagnie de taxi new-yorkaise. Mais l’ennui, l’angoisse et la mélancolie gagnent. Ses aventures nocturnes ratées par maladresse et la violence quotidienne dont il est le témoin lui font peu à peu perdre la tête. Sa rencontre avec une jeune prostituée de 14 ans (Jodie Foster) va tout faire basculer. Torturé par une obsession politique et sociale de "propreté", il s’assigne la tâche de redresser une humanité qu’il perçoit décadente et de protéger la jeune femme livrée aux sinistres obsessions de pourvoyeurs obscènes.

 

 


« Taxi driver » est tout d’abord une terrifiante entrée dans le froid processus de la folie paranoïaque et dans la lente progression d’un être fruste qui s’enfonce dans les ténèbres. La descente aux enfers de Travis Bickle est proprement saisissante. De Niro est époustouflant dans ce personnage gagné par la détresse et la peur au cœur d'une mythologie urbaine qui le cerne. Malgré un narratif déprimant, l’acteur a le mérite de nous subjuguer dans le rôle de ce justicier de la ville, victime d’une humanité livrée à ses pulsions les plus abjectes.

 

 


Le monde criminel, la mafia, la cité représentent l’enfer dans la vision pessimiste de Scorsese. Les êtres sont faits pour se perdre dans des dédales qui ne mènent nulle part et où les voix de la justice sont couvertes par le bruit. Pas une seule image de la lumière, de la clarté du jour, d’un arbre, d’une fleur, toutes évoquent une nuit sinistre envahie de lueurs artificielles, de flashs rougeoyants et aveuglants qui dissolvent le réel. New-York n’est autre qu’une jungle qui réveille chez Travis les traumatismes de la guerre et les obsessions les plus funestes. Scorsese peint à merveille le glauque de ces nuits subies par cet homme qui se dit poursuivi par la solitude et l'adversité et vit dans une perpétuelle psychose où nul sourire, nulle clarté ne sont là pour l’éclairer et l’humaniser ; oui, une nuit où les repères éclatent et où les codes se bousculent à jamais. Un film éminemment désespéré qui tend tout entier vers sa scène finale et sa tragédie illustrée par une imagerie lancinante et hallucinatoire. Un film qui n’a pas pris une ride tant il s’inscrit dans une démarche culturelle et historique qui lui confère un sens universel.

 

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Taxi driver de Martin Scorsese
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 09:42
"New-York, New-York" de Martin Scorsese"New-York, New-York" de Martin Scorsese

New York, 1945, l'Amérique fête la fin de la guerre. A cette époque-là, Jimmy Doyle, un saxophoniste, fait la connaissance de Francine, une chanteuse. Ils tombent amoureux, non sans que Jimmy ait dû multiplier les tentatives de séduction avec un culot teinté de malice. Bientôt le jeune musicien obtient un job auprès de sa conquête, dans l'orchestre où elle chante, et ils partent en tournée ensemble. Le talent de Jimmy lui vaut une rapide promotion. Bientôt, Jimmy et Francine se marient et ont un enfant. Mais la vie les sépare de plus en plus car leurs ambitions ne sont pas les mêmes. Si Jimmy tient à rester le saxophoniste bohème de ses débuts qui se produit dans des sous-sols de boîtes enfumées avec un orchestre fait de bric et de broc, Francine entame une carrière brillante qui la pousse vers Hollywood et veut élever son fils dans de bonnes conditions, sans être constamment sur les routes ...

 

 

Par ailleurs, c’est un peu l’histoire du film qui se projette sur le tournage. Scorsese s’enlise dans cette grosse production envisagée comme un hommage aux films des années 40 et 50. Une histoire d’amour qui va mal finir. Francine, la chanteuse (Liza Minnelli) et Jimmy, le saxophoniste (Robert De Niro) vont s’aimer, se produire ensemble dans des cabarets, mais peu à peu les divergences artistiques auront raison de leur couple. Dépassement de budget et de planning, décors trop oppressants, psychologie trop douloureuse, Scorsese n’arrivera pas, selon lui, à donner assez d’espace à ses rôles principaux. Et cependant, les scènes intimistes entre les deux protagonistes sont puissantes ! Le mal de vivre est constamment présent entre deux êtres totalement opposés et une rivalité d’artistes qui enflamme les esprits.

 


Comédie musicale ou drame en musique reflétant les angoisses d’un jeune cinéaste souffrant à l’idée d’être adulte et abandonné par l’art et l’amour, » New York, New York » est paradoxalement l’une des plus belles déclarations à la vie, au cinéma et à la musique qui se soit imprimée sur l’écran. Le chant d’amour d’un cinéaste vénérant l’art avec une foi profonde. Et la question posée à la fin du film (lorsque Francine décide de ne pas prendre la porte de sortie pour rejoindre Jimmy) est peut-être celle-ci : un artiste doit-il sacrifier son art aux dépens de l’amour ? La beauté du film et ses clins d’œil amoureux (à Vincente Minnelli, Michael Powell ou Stanley Donen) semblent y répondre par une autre question : servir son art ne serait-ce pas déjà l’amour ? D'autre part, au coeur du chaos psychologique de ses personnages, le cinéaste se plaît à faire progresser un être fruste vers la lumière. Ce sera le cas de Jimmy. Scorsese a toujours été un visionnaire qui s'est appliqué à saisir l'homme de son temps pour l'inscrire dans une perspective culturelle et historique qui lui conférera un sens universel.

 

 

Dans « New-York, New-York », si peu aimé du réalisateur, les acteurs donnent la pleine mesure de leur talent et acceptent de se rendre parfaitement malléables à l'invention de leur metteur en scène, prêtant à cet opus une émotion incroyable : Robert de Niro est l’acteur exceptionnel qui ne fera que s’affirmer de film en film, d’une conviction et d’une subtilité rares ; Liza Minelli, fille de Judy Garland et de Vincente, prouve que bon sang ne saurait mentir. Un film attachant qui laisse une longue empreinte dans la mémoire. 

 

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"New-York, New-York" de Martin Scorsese
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 10:09
MOGAMBO de JOHN FORD
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Victor Marswell capture des animaux africains pour les zoos du monde occidental et dirige des safaris. Arrive une Américaine Eloïse, invitée là par un maharadja, reparti sans plus attendre dans son pays... et avec laquelle Victor prend le temps d'une amourette. Survient un couple d'Anglais dont le mari anthropologue veut aller étudier les gorilles, et dont la femme Linda est assez jolie pour donner à Marswell de bonnes raisons de diriger cette expédition risquée. Entre ces deux femmes et les dangers de l'Afrique, de beaux paysages et les atermoiements du coeur ...

 

 

Tourné après « Le soleil brille pour tout le monde » et, avant, « Ce n’est qu’un au revoir », « Mogambo » (1953) est une nouvelle version de « Red Dust » (1932), un film de Victor Fleming, en moins bien diront certains critiques. « Mogambo » est l’histoire d’un safari en Afrique (Kenya – Ouganda) au cours duquel  se déroule un marivaudage entre le chasseur de gibier, la séductrice et le couple d’Anglais. L’aventurier (Clark Gable) hésite entre la blonde coincée (Grace Kelly) et la brune allumeuse (Ava Gardner), même si, au final, c’est la femme qui choisit. Le film ne manque pas de surprendre par la désinvolture avec laquelle Ford mêle les prises de vues tournées en Afrique et les sentiments de ses protagonistes. Voilà au moins un pied de nez aux conventions hollywoodiennes car rien ne finira comme on pouvait s’y attendre dans la bible illustrée du 7e Art américain, un trio cornélien s’y alloue la part du lion … nous sommes en Afrique. Et, pour une fois, il n’y a pas que les paysages qui nous séduisent et nous subjuguent comme c’était le cas dans «  La Prisonnière du désert »  ou « L’Homme tranquille ». L’Afrique de Mogambo est certes peu inventive et le film souffre de la comparaison avec  « Hatari », le chef-d’œuvre de Howard Hawks, qui bénéficiait d’un réalisme presque documentaire. Ici, John Ford a cédé à quelques artifices.  Nous sommes également très loin des États-Unis et de l’Irlande, des récits sur l’armée ou les communautés de pionniers qui ont toujours passionné Ford.

 

 

Car dans "Mogambo", la priorité revient à l’aventure des sentiments et aux relations humaines assumés par la théâtralité du cinéma fordien. Si les décors laissent souvent à désirer, le physique des actrices est parfaitement mis en valeur dans leurs oppositions, la brune somptueuse et sauvage comme la faune qui l’entoure, la blonde suave et délicate comme une porcelaine égarée dans cette jungle inquiétante. Par la même occasion, le cinéaste analyse le choc des cultures, vu à travers le comportement d’un petit groupe d’Occidentaux déracinés, et filme avec beaucoup d’amour et de sensualité Ava Gardner dans le rôle d’une femme belle et énergique comme il les aimait, bien que le rôle, au départ, n'ait pas été prévu pour elle.

 

 

La rivalité des deux femmes est l’enjeu de cet opus tourné dans l’atmosphère moite de la forêt tropicale et le triangle amoureux qu’elles forment avec Clark Gable, déjà vieillissant, laisse entrevoir les fêlures de l’une (Eloïse) et le dilemme de l’autre (Linda), partagée entre son désir et les bonnes manières inculpées par son éducation. Pour son interprétation, tout en finesse, Grace Kelly recevra le Golden Globe de la Meilleure actrice dans un second rôle. Par ailleurs, Ford a su créer une ambiance propice à ce jeu subtil sur fond de rythmes tribaux africains, de prises de vue nocturnes dans la savane et de scènes spectaculaires avec les animaux. Il n’oublie pas non plus d’avoir recours à ses motifs visuels de prédilection, soit les cadrages fortuits dans l’embrasure d’une tente ou d’un portail qui saisissent l’intimité de l’une, l’inquiétude de l’autre, clairs-obscurs qui dévoilent ce qui se vit en secret, alors  même que tout veille : les convictions intérieures,  souvent remises en cause, et les réalités extérieures, implacables. Les trois acteurs sont parfaits : Ava Gardner blessée dans sa fierté, Grace Kelly surprise dans sa candeur et Clark Gable toujours flegmatique dans sa mâle virilité.

 

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 10:04
LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS

 En 1942, Harry Morgan, le propriétaire d’un yacht à la Martinique, gagne sa vie en emmenant à la pêche de riches touristes. Gérard, gaulliste convaincu et patron de l’hôtel où il loge, demande à Harry de l’aider à faire entrer clandestinement dans l’île un chef de la Résistance. D’abord réticent, Harry accepte, acculé par le besoin d’argent. Il vient en effet de rencontrer une jeune Américaine, Marie. Ils s’aiment et veulent quitter l’île. Cette histoire, inspirée d’un texte d’Hemingway, est assez mince et le film n’est certes pas l’un des plus réussis de Howard Hawks qui a, à son actif, tant de chefs-d’œuvre, mais le noir et blanc y est sublime, les prises de vue toujours impeccablement cadrées, l’interprétation remarquable et les dialogues vifs et lourds de sous-entendus qu’il suffit de déchiffrer. Et puis il y a Humphrey Bogart et Lauren Bacall lors d’un coup de foudre qui allait faire d’eux l’un des couples mythiques du 7e Art et enflammer le public. Lauren a alors 19 ans ; mannequin elle est totalement inconnue lorsque le metteur en scène la remarque sur une photo de mode, alors que Bogart est déjà une des légendes de Hollywood, presque quinquagénaire et célèbre pour son visage las mais expressif, sa présence, sa cigarette au coin des lèvres et sa façon de se mouvoir qui influencera un acteur français comme Belmondo.

 

 

Tous deux crèvent l’écran et semblent déjà si complices qu’ils donnent au film un charme particulier auquel on ne résiste pas. Et puis il y a l’atmosphère, toujours plongée dans une réalité fictive, une sorte de brume et de mystère qui pèsent sur les lieux et les êtres, un déni permanent d’authenticité que l’on accepte d’autant mieux qu’il participe à la mythologie hollywoodienne. Lauren semble descendue de l’Olympe avec sa coiffure impeccable, ses tailleurs où n’apparaît aucun faux pli même lorsqu’elle est sensée se rendre à l’île du Diable en plein vent et en pleine mer, Bogart semble revenu de toutes les rixes et de tous les barouds, mais qu’importe ! Oui, comment pourrions-nous en vouloir à un cinéma qui a idéalisé ses romances, ses acteurs et nos…attentes ! En ce cas précis, impossible !

 

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Howard Hawks, l'homme pressé

 

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LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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