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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 09:53
JERSEY BOYS de CLINT EASTWOOD

Comme le cavalier de l’apocalypse de « Pale Rider », Clint Eastwood est toujours là où on l’attend le moins. Avec son dernier opus « Jersey Boys », le voici qui s’investit dans un registre encore inédit chez lui, la biographie des Four Seasons, film qui loin d’être un chef d’oœuvre fait figure d’agréable et surprenant renouvellement. S’en étonner serait oublier que Eastwood a toujours été passionné de musique et que sa carrière entière a été placée sous le signe de l’éclectisme et du contre-pied.  Lui-même n’a-t-il pas été compositeur à ses heures, ayant signé la partition de sept de ses films ? Sa musique est d’ailleurs à l’image de son jeu d’acteur : discrète, classique, économe en notes comme l’acteur avare en mots, suscitant l’émotion par la suggestion et non la démonstration.

 

Ce même refus de l’effet facile, on le retrouve dans son œuvre cinématographique. Parvenu à la notoriété comme comédien dans un emploi unique, celui du cow-boy mutique des trois films de Sergio Leone, Eastwood  a vite prouvé que, comme cinéaste, il n’en serait pas de même et que l’on aurait tort de l’enfermer dans un seul registre. Si bien qu’il a su produire non seulement quelques westerns comme « L’homme des hautes plaines » mais aussi des mélos, quelques polars, un thriller « Un frisson dans la nuit », mais surtout des films inclassables qui composent un univers très personnel. Au-delà de cette incontestable diversité, c’est néanmoins l’unité qui frappe le spectateur, toujours surprenante de la part d’un réalisateur qui n’écrit pas lui-même ses scénarios. Le cinéma d’Eastwood est celui d’un homme ou d’une femme qui tente de tracer sa route en toute liberté, de se frayer un chemin d’indépendance en évitant les pièges d’un passé douloureux, les ornières du conformisme et le poids de sa propre médiocrité.

 

Avec cet opus «  Jersey Boys », il nous livre à 84 ans sa première comédie musicale inspirée d’un succès de Broadway. Adaptant celle dédiée à Frankie Valli et ses potes du New jersey, le cinéaste en conserve néanmoins la même structure narrative ( un récit divisé en 4 saisons, du printemps de la formation du groupe à l’hiver de sa séparation ) et le même casting de non-stars flamboyantes que Eastwood a tenu à transférer tel quel des planches de Broadway au grand écran. Ainsi vivons-nous dans l’intimité et les aléas du métier de ce groupe composé de John Lloyd Young, Erich Bergen, Vincent Piazza, Michael Lomenda et Chistopher Walken durant les 2h14 un peu trop longues de cette épopée musicale. Oui, un peu longues car il faut avouer qu’il n’y a, de la part de Eastwood, trop peu d’implication personnelle, l’auteur se satisfaisant de rendre avec précision et une rigueur naïve le quotidien de personnalités assez fades qui ont trop tendance – n’étant pas acteurs - à surjouer leurs rôles et à caricaturer ainsi leurs personnages. Dommage, car il y a de beaux moments, des éclairs de fraîcheur ou de simple authenticité, une bande originale de qualité. Mais il manque quelque chose, ce qui est rare de la part d’Eastwood : la grâce.

 

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JERSEY BOYS de CLINT EASTWOOD
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 08:19

 

Une croqueuse de diamants cherche à épouser un homme riche alors que son voisin, un écrivain en panne d’inspiration, s’intéresse à elle. Par ailleurs, la jolie Holly sert naïvement de messager à un truand notoire. Lorsque la police l’interroge, elle n’a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s’éloigne par peur du scandale. L’écrivain en profite pour consoler la belle.

 

Très en vogue en ce début des années 60, l’écrivain Truman Capote pense adapter son livre Breakfast at Tiffany’s pour le grand écran et songe fortement à Marilyn Monroe pour interpréter le rôle principal de la prostituée Holly. Le film devait d’ailleurs être réalisé par John Frankenheimer. Finalement, le rôle principal sera attribué à Audrey Hepburn, obligeant les scénaristes à revoir l’intégralité du script, tandis que la réalisation du film tombe dans l’escarcelle de Blake Edwards, tout juste remarqué par son excellent Opération jupons (1959). Dès lors, le projet prend une tournure différente puisque le but du studio est de transformer une œuvre réputée pour son ton doux-amer en une comédie romantique classique. Si les scénaristes successifs – dont Blake Edwards lui-même – ont effectivement atténué le caractère scandaleux du roman, ils ont toutefois pris soin de suivre pas à pas l’intrigue principale tout en conservant un ton légèrement désabusé.

 

Par l’audace des thèmes évoqués, on peut d’ailleurs saluer le travail de Blake Edwards qui est parvenu à conserver l’esprit de l’œuvre par touches successives sans lui rendre pour autant son authenticité. Les séquences de fêtes nocturnes sont bien issues de l’univers mondain de Truman Capote, de même que les relations ambiguës entre les personnages principaux, mais on ne croit guère que le personnage incarné par Audrey Hepburn soit celui d’une fille de joie. Elle est trop élégante dans ses merveilleuses toilettes d’Hubert de Givenchy pour nous convaincre de cela. Elle est davantage une jeune fille de bonne famille qui tente de se dévergonder qu’une aventurière en quête d’un souteneur fortuné. Par contre, les gags visuels sont à attribuer au réalisateur qui s’entraînait pour ses futurs Panthère Rose. Enfin, la superbe chanson Moon river d’Henry Mancini vient ajouter une touche romantique qui séduit le spectateur par sa mélodie. Sans être un chef d’œuvre, loin de là, Diamants sur canapé (1961) peut légitimement être considérée comme une plaisante comédie par son charme et son ton libertin.

 

Au centre de cet opus, on trouve par conséquent Audrey Hepburn, actrice trop sophistiquée, trop raffinée, trop distinguée pour représenter une prostituée aussi excentrique soit-elle. Afin de ne pas heurter son public, les scénaristes ont pris soin de minimiser le thème de la prostitution, de gommer totalement sa bisexualité, tout en insistant sur sa volonté d’arriver coûte que coûte au sommet de la société. Si la belle n’est probablement pas la meilleure idée de casting, la star illumine chaque plan et on regarde ce film surtout pour elle qui n’a jamais été aussi séduisante et délicieuse, si bien que l’oublie peu à peu cette incontestable erreur de distribution. Face à l’irrésistible Audrey, George Peppard est par contre impeccablement dans son rôle d’écrivain raté qui devient gigolo par dépit.

 

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Liste des films du cinéma amériacin & canadien 

 

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DIAMANTS SUR CANAPE de BLAKE EDWARDS
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 09:00

  C’est le 4 juin 1944 à 21h30 que le général Eisenhower décida de lancer l’offensive du débarquement allié sur les plages normandes et choisit le 6 juin comme la date du jour J. La veille, les Allemands ne croyaient toujours pas à ce débarquement qu’ils avaient d’abord imaginé en Méditerranée, et la Luftwaffe était au repos du fait d’une météo exécrable. Quant à Rommel, il était parti en Allemagne. On connait la suite, les combats, les milliers de morts, la résistance allemande et le sacrifice de jeunes soldats venus d’Amérique, du Canada, d’Angleterre et que cette grande fresque de Darryl F. Zanuck, réalisée en 1962, honore avec des moyens exceptionnels et une pléiade d’acteurs jamais égalée, retraçant heure par heure ce grand moment d’histoire dont on fête cette année le 70ème anniversaire avec une brochette tout aussi impressionnante d’hommes politiques.

 

Reconstitution brillante, elle donne aujourd’hui encore une idée de ce que furent ces effroyables combats. La légende souhaitait que l’opus soit le plus proche possible de la vérité, et pourtant il recèle de nombreuses erreurs. Les uniformes portés par les parachutistes américains ne correspondent pas aux vêtements de l’époque. Le parachutiste suspendu au clocher de Sainte-Mère-Eglise n’est pas resté pendu côté place mais côté presbytère, beaucoup moins exposé, ce qui explique en partie qu’il survécut. Sur cette même place est stationnée une 2cv… dont le premier modèle vit le jour en 1948. La prise du casino de Ouistreham par le commando Kieffer est fantaisiste : le casino avait été rasé par les Allemands qui l’avaient remplacé par un bunker qui fut délivré par cinq anglais alors que s’y cachaient encore une cinquantaine d’Allemands, fait d’arme mémorable pour le Royaume-Uni.

Mais ces petits détails n’enlèvent rien à l’ampleur de ce beau film ; d’autant qu’il a surtout marqué les esprits par son impressionnant casting, composé d’une bonne quarantaine de stars françaises, américaines, allemandes et anglaises, figurant parmi les plus célèbres du cinéma d’alors, John Wayne, Curd Jürgens en passant par Sean Connery, Robert Mitchum, Henry Fonda ou encore Bourvil, Arletty et Madeleine Renaud. Pour l’anecdote, Brigitte Bardot et Marina Vlady refusèrent des rôles qu’elles jugeaient trop courts et insuffisamment valorisants . Alors que, soucieux d’authenticité, le metteur en scène eut à cœur de choisir chaque acteur en fonction de sa nationalité et le pria d’interpréter son rôle dans sa langue natale. Le résultat reste un grand moment de cinéma et une réalisation efficace que l’on revoie toujours avec émotion. 

 

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C’est le 4 juin 1944 à 21h30 que le général Eisenhower décida de lancer l’offensive du débarquement allié sur les plages normandes et choisit le 6 juin comme la date du jour J. La veille, les Allemands ne croyaient toujours pas à ce débarquement qu’ils avaient d’abord imaginé en Méditerranée, et la Luftwaffe est au repos du fait d’une météo exécrable. Quant à Rommel, il était parti en Allemagne. On connait la suite, les combats, les milliers de morts, la résistance allemande et le sacrifice de jeunes soldats venus d’Amérique, du Canada, d’Angleterre et que cette grande fresque de Darryl F. Zanuck, réalisée en 1962, honore avec des moyens exceptionnels et une pléiade d’acteurs jamais égalée, retraçant heure par heure ce grand moment d’histoire dont on fête cette année le 70ème anniversaire avec une brochette tout aussi impressionnante d’hommes politiques.

Cette reconstitution brillante donne aujourd’hui une idée de ce que furent ces effroyables combats. La légende souhaitait que l’opus soit le plus proche possible de la vérité, et pourtant il recèle de nombreuses erreurs. Les uniformes portés par les parachutistes américains ne correspondent pas aux vêtements de l’époque. Le parachutiste suspendu au clocher de Sainte-Mère-Eglise n’est pas resté pendu côté place mais côté presbytère, beaucoup moins exposé, ce qui explique en partie qu’il survécut. Sur cette même place est stationnée une 2cv… dont le premier modèle vit le jour en 1948. La prise du casino de Ouistreham par le commando Kieffer est fantaisiste : le casino avait été rasé par les Allemands qui l’avaient remplacé par un bunker qui fut délivré par cinq anglais alors que s’y cachaient encore une cinquantaine d’Allemands, fait d’arme mémorable pour le Royaume-Uni.

Mais ces petits détails n’enlèvent rien à l’ampleur de ce beau film ; d’autant qu’il a surtout marqué les esprits par son impressionnant casting, composé d’une bonne quarantaine de stars françaises, américaines, allemandes et anglaises, comptant, parmi les plus célèbres du cinéma d’alors, John Wayne, Curd Jürgens en passant par Sean Connery, Robert Mitchum, Henry Fonda ou encore Bourvil, Arletty et Madeleine Renaud. Pour l’anecdote, Brigitte Bardot et Marina Vlady refusèrent des rôles qu’elles jugeaient trop courts et insuffisamment valorisants . Soucieux d’authenticité, le metteur en scène eut à cœur de choisir chaque acteur en fonction de sa nationalité et le pria d’interpréter son rôle dans sa langue natale. Le résultat reste un grand moment de cinéma et une réalisation efficace que l’on revoie toujours avec émotion. 

LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK
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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 08:36
LE DICTATEUR de CHARLIE CHAPLIN

 

Charlot, petit barbier juif du ghetto de Tomanie, ressemble à s’y méprendre à Hynkel le dictateur qui terrorise le pays et rêve d’annexer l’Austerlich. La charge contre Hitler est stupéfiante de réalisme et Chaplin ne se prive pas de faire feu de tout bois : la parodie, la caricature, le burlesque mais également l’émotion pure sont comme une véritable machine de guerre, qui ont mis les nazis en furie, et délivrent un message d’un humanisme bouleversant. Le rire est ici l’arme ultime contre la barbarie et la folie des hommes. Avec ce qui constitue alors son premier film parlant, Chaplin fait œuvre de pamphlétaire avec une intuition de visionnaire telle que faisant un pied de nez mémorable à toutes les dictatures, il octroie à son film une actualité permanente.

 

Au cours de ses œuvres précédentes, Chaplin n’avait cessé de pourfendre avec un humour tendre et décapant les injustices qui atteignent l’homme dans son honneur et sa dignité. Ainsi a-t-il créé le personnage de Charlot, reconnaissable entre tous, et l’a-t-il imposé au monde entier avec un talent qui confère très souvent au sublime. Tour à tour, vagabond sans travail à l’heure des grandes dépressions économiques ou bien ouvrier écrasé par les machines de l’industrialisation forcée comme dans Les temps modernes, il tente à chaque fois de se rebeller contre l’ordre établi et les excès du capitalisme en une vision géniale qui lui assure aujourd’hui encore sa modernité. Jusqu’à son dernier souffle, Chaplin conservera intact son pouvoir d’indignation et de contestation envers des pouvoirs qui ne protègent qu'insuffisamment les plus faibles. Ayant connu la misère la plus totale, il savait de quoi il parlait. Il demandait seulement à la société de ne point céder à l'inhumanité pour cause de profit et de ne jamais dépasser la règle du jeu du maître et du valet, du bourreau et de la victime.

 

Avec Le dictateur, qu’il commence à écrire dès 1936 et qui sortira sur les écrans en 1940, il passe du muet au parlant mais surtout propose une œuvre d’une intelligence rare et d’une force qui stupéfie par l’acuité de la charge et l’incroyable perception de ce qui est en train de se préparer pour le plus grand malheur de l’humanité. Le personnage de Hynkel, enragé de vanité et d'autoritarisme, sosie du petit barbier juif, est une trouvaille qui permet au pamphlet de virer à la caricature la plus percutante du 7e Art. Le face à face de ces deux personnages donne au film, non seulement son originalité, mais son impact incroyable sur le spectateur. Par ailleurs, Chaplin évite les pièges du sentimentalisme en saisissant tous les grotesques du dictateur confronté à la simplicité du barbier, à sa naïveté même, et nous propose, grâce à ces deux rôles assumés pleinement, une formidable prouesse d’acteur.

 

Le "clou" du film reste, bien évidemment, l'improvisation finale du petit barbier que sa ressemblance a fait prendre pour le führer. S’il fut un succès en son temps (le plus grand succès public de Chaplin), l'ensemble de la critique de l'époque  lui reprochera ce final autant sur le fond (trop humaniste pour certains, trop "communiste" pour d'autres !) que sur la forme, à cause du trop radical changement de ton du film au moment du discours - et la soudaine intrusion d'un message politique qui ne relève plus du burlesque. A ce moment-là, le barbier laisse la place à Charles Chaplin lui-même. Cette scène est extrêmement puissante, pleine de courage et de lucidité : une véritable allocution politique engagée.

 

Ainsi Le Dictateur aura-t-il permis à Chaplin de se surpasser dans la satire burlesque et de signer une oeuvre d'une réelle audace, un véritable témoignage d'amour pour l'homme et la liberté et un pamphlet exemplaire contre toute forme de fascisme.

 


"Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n'est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l'avons oublié.

L'envie a empoisonné l'esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l'abondance nous laissent dans l'insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d'intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d'humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n'est plus que violence et tout est perdu.

Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l'être humain, que dans la fraternité, l'amitié et l'unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d'hommes, de femmes, d'enfants désespérés, victimes d'un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m'entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n'est que le produit éphémère de l'habilité, de l'amertume de ceux qui ont peur des progrès qu'accomplit l'Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu'ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu'il faut faire et ce qu'il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme
du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.

Vous n'êtes pas des machines.

Vous n'êtes pas des esclaves.

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l'amour du monde dans le cœur.

Vous n'avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n'est pas fait d'amour.

Soldats ne vous battez pas pour l'esclavage mais pour la liberté.

Il est écrit dans l'Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l'être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir decréer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l'occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n'ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s'affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l'avidité, avec la haine et l'intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !"

 

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Charlie Chaplie, le vagabond de génie

 

 

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LE DICTATEUR de CHARLIE CHAPLIN
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 08:44

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Joe Ransom ( Nicolas Cage )  descend les bouteilles aussi vite qu'il brûle sa vie. Joe est peut-être irresponsable, il n'en est pas moins un travailleur acharné. C'est dans une forêt, où il est employé à abattre les arbres, qu'il rencontre Gary (Tye Sheridan), un adolescent de 15 ans. Pour Gary, l'enfant malheureux maltraité par un père ivrogne et paresseux, tout n'est pas perdu, il est encore temps pour lui d'emprunter le droit chemin, à condition d'échapper à l'emprise néfaste de son père Wade qui n'hésite pas à tuer pour voler. Joe, touché par la volonté et le courage du jeune garçon qui souhaite s'en sortir et échapper à l'emprise malsaine de son père, ainsi que sauver sa mère et sa soeur de ses lâchetés et brutalités, l'engage et, contre toute attente, l'adolescent et l'ancien taulard finissent par sympathiser. Le chemin de la rédemption, dans une petite ville du Sud, sera jalonné de soirées en solitaire, de coups de gueule, de bagarres avec des fous de la gâchette épris de vengeance ou de revanche, ainsi que de visites au lupanar local. Un climat certes oppressant et une violence toujours omniprésente dans un opus conduit avec une certaine rigueur malgré des longueurs dans la première partie et des scènes gore dont on pourrait fort bien se passer. Inspiré d'un roman de Larry Brown, le film nous montre une Amérique malade de sa brutalité, de son matérialisme, de sa pauvreté latente, de son absence d'idéal,  sans nous priver toutefois  - et c'est là sa qualité première - d'une lueur d'optimisme. 

 

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D'autant que les acteurs sont parfaits, tous habités par leur personnage et que Nicolas Cage fait là un retour remarqué sur le grand écran. Il s'investit totalement dans ce rôle en demi teinte où il apparat comme un mauvais sujet repenti, touché par une sorte de grâce et devenant spontanément un père de substitution pour l'adolescent en quête d'un avenir respectable. Et celui qu'il lui propose est empreint d'une vraie humanité et d'un esprit d'abnégation qui sort l'histoire de son ornière de frénésie et de perdition. Pour ce final lumineux et sobre, le film mérite notre intérêt et se singularise au coeur d'une production américaine d'une violence quasi insupportable qui tourne sur elle-même comme l'animal qui se mord la queue. Ce qui justifie pleinement l'accueil excellent qu'il reçut au 39e Festival du film américain de Deauville, ce dernier profitant de l'occasion pour rendre un hommage appuyé et enthousiaste à l'acteur principal : Nicolas Cage.

 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:09

On connait l’admiration de John Turturro pour Woody Allen, si bien que son désir de collaboration avec le célèbre et incontournable réalisateur américain  nous vaut aujourd’hui une comédie douce-amère qui n’a certes pas l’envergure des comédies du maître mais nous fait passer un agréable moment avec des actrices en grande forme et deux comédiens qui se donnent la réplique avec une complicité évidente.

 


Certes le résultat n’est pas un chef-d’œuvre, il y manque un rythme plus soutenu et surtout des dialogues plus percutants, mais l’ensemble reste plaisant à regarder, d’autant que les femmes sont belles à damner les saints et que les deux compères Allen et Turturro jouent sur le registre des moeurs avec une retenue pleine de délicatesse et de bonne humeur. Pas de scènes salées, mais une vision de la sexualité nimbée d’une touche de pudeur qui rend l’approche autrement plus fine que l’acte en lui-même ; pour un peu, on se croirait revenu aux années 60. Et pour le même prix, on nous offre une Sharon Stone plus sculpturale que jamais et une Sofia Vergara délivrée de tous tabous et suffisamment sexy pour rester dans les starting-blocks.

 

 

Cependant  la surprise de cette histoire où un libraire propose à son ami fleuriste, afin d’arrondir leurs fins de mois difficiles, d’offrir ses bons services d’amant occasionnel à des femmes friquées et esseulées, l’un devenant le mac de l’autre, est la prestation de Vanessa Paradis absolument délicieuse en veuve d’un rabbin ultra orthodoxe qui s’affranchit enfin de ses peurs et de ses inhibitions auprès de cet homme doté de chaleur humaine et de tact. Il est vrai que John Turturro n’a rien d’une bête de sexe et c’est l’intelligence du film de pianoter sur les touches de la tendresse plutôt que du vice et de ne voir en ces partenaires d’un jour ou d’un soir que les victimes de la solitude. Comédie de mœurs qui délivre un message certes simpliste sur le droit de chacun à goûter au plaisir, elle n’en n’égratigne pas moins la religion juive avec l’humour de bon augure dont a toujours usé Woody Allen. A ce seul détail, nous savons que son influence ne fut pas négligeable.

 

 

Dans son rôle de gigolo doux et rassurant, John Turturro est parfaitement crédible, tandis que Woody Allen en marlou sans scrupules et toujours prêt à délivrer la bonne parole est égal à lui-même et nous amuse sans en faire trop et en restant  le partenaire des enfants qui l’entoure, comme si cette paternité complaisante le lavait d’une partie de sa faute. Il y a toujours de sa part un clin d’œil qui allie les contraires de façon comique. Un film sans prétention, que l’on oubliera vite, mais qui, flirtant avec le vice n'en garde pas moins un peu de vertu

 

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APPRENTI GIGOLO de JOHN TURTURRO
APPRENTI GIGOLO de JOHN TURTURRO
APPRENTI GIGOLO de JOHN TURTURRO
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 11:29

En famille, il arrive que l’on se soutienne, il arrive aussi que l’on se déchire à belles dents et avec une voracité d’où le cynisme n’est pas exclu. Suite à la disparition de leur père, un professeur, poète à ses heures, qui a choisi de se suicider à bord d’une barque au milieu d’un lac, les trois filles Weston se retrouvent, après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…et avec quelle violence !

 

Ce huis-clos tragique et loufoque inspiré de la pièce de Tracy Letts n’est pas sans nous évoquer des œuvres comme Cris et chuchotements ou Sonate d’automne du cinéaste Ingmar Bergman et, plus récemment,  Carnage de Roman Polanski où les affrontements donnaient lieu à des scènes quasi tragiques. Chacun des personnages s’avançait cuirassé de haines et de faiblesses et se livrait à des dialogues d’une rare virulence et à des scènes de détresse, dès lors que le dévoilement mettait chacun d’eux en danger.

 

Ici, il s’agit principalement d’une mère et de ses trois filles confrontées en même temps à leur passé et à leur présent dans une ambiance de deuil qui exaspère les sentiments, ce, sur fond de frictions générationnelles. Car les parents ont eu un départ difficile, ont  obtenu ce qu’ils possèdent à la force du poignet, tandis que leurs filles, élevées dans la facilité, ont reçu nécessaire et superflu sans avoir à combattre. D’où les rancoeurs accumulées chez la mère et l’inconscience et la débonnaire insouciance des filles dont les seuls soucis sont ceux qu’elles se créent elles-mêmes. Cette comédie dramatique, fort bien orchestrée par John Wells, est un véritable règlement de compte accentué par l’amertume d’une mère droguée, en proie à un cancer de la langue, ce qui est un clin d’œil à ce que la langue peut avoir de pervers et de redoutable. Cette femme aigrie en veut également à une société qui s’autodétruit, à un monde où les adultes n’ont plus aucune conscience morale, où les enfants sont trop livrés à eux-mêmes et où chacun, ne pensant qu’à soi, s’isole dans son égocentrisme. A travers cette famille, c’est l’Amérique qui nous livre ses tourments, une société déstructurée qui se flagelle avec une sorte de complaisance paranoïaque et une efficacité redoutable, faisant de nous des témoins consentants, car les problèmes de l’Amérique ne sont-ils pas les nôtres ?

 

Ce lavage de linge sale est également un grand moment de théâtre, plus encore que de cinéma – c’est décidément à la mode que le théâtre s’invite à l’écran – mettant en scène un quatuor d’actrices magnifiques  avec en tête Meryl Streep, admirable dans un rôle où elle ose tout, face à une Julie Roberts étonnante, loin des comédies sentimentales qui ont fait sa réputation, sans oublier Juliette Lewis en jeune femme évaporée et Julianne Nicholson en femme sans caractère, fragile et désarmée. Ces actrices portent l’opus avec panache et leurs rivalités, l’ordonnance ou la dés-ordonnance de leurs natures font tout l’intérêt de ces duels successifs où personne ne finit par l’emporter, sinon la désillusion et le cynisme. Famille, je vous hais est sous-jacent tout au long de la projection, d’autant que le secours ne viendra que du dehors, la beauté silencieuse de la nature pour  Alexandra, l’aînée des filles, et les bras secourables de l’employée de maison indienne, soit l’étrangère, pour Violet, la mère. Pour les autres ce sera la fuite et sans doute l’oubli. Un film grinçant où tout s’oppose, même l’amour. Mais il y a les oiseaux en escadrilleau loin et la lumière qui filtre à travers les rideaux. Il arrive que l'on fasse sa vie avec ce qui vous manque.

 

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UN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLS
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:01

                  

 

 

Venu de nulle part, un cavalier taciturne surgit dans le petit village de Lago en plein désert et découvre une population terrorisée par la prochaine sortie de prison de trois hors-la-loi. L'étranger, qui a abattu dès son arrivée trois hommes qui l'avaient provoqué, est aussitôt engagé pour défendre la ville. En échange de cette collaboration, il pourra demander tout ce qu'il souhaite, rien ne lui sera refusé.

 

Avec L'homme des hautes plaines ( 1972 ), son second film, Clint Eastwood  payait sa dette envers Sergio Leone qui l'avait tiré de l'anonymat en le faisant tourner dans un chef-d'oeuvre : Le bon, la brute et le truand. En effet, cet homme, tireur d'élite, qui débarque à Lago sombre et mal rasé, ressemble au personnage, qu'en tant qu'acteur, Clint interpréta sous la direction du metteur en scène italien. Mais la ressemblance s'arrête là, car Eastwood, avec ce premier western, fait oeuvre d'auteur. Revisitant à sa manière un thème classique, celui d'une ville écrasée par la peur et la couardise ( on pense bien sûr au film  Le train sifflera trois fois ), il nous fait passer de l'autre côté du miroir. Chez lui point d'héroïsme et de bons sentiments, on ne tire pas son mouchoir face à une réalité aussi froide et cynique. L'homme est un loup pour l'homme, aussi dans la lutte pour le pouvoir est-ce toujours le plus habile et le plus cruel qui emporte la mise. Nous sommes en plein coeur d'un jeu terrifiant où il n'y a aucune place pour une quelconque mansuétude. Violent, et néanmoins captivant, le film est admirablement joué par un Clint Eastwood obsédant et impénétrable, mis en scène par le même Eastwood avec rigueur et concision, qualités qui ne lui feront jamais défaut dans ses autres réalisations.

 

Ne parvenant pas à pardonner la médiocrité ambiante qui règne dans cette ville, l'étranger force les habitants à repeindre leur cité en rouge et nomme shérif le nain dont ils avaient fait leur souffre-douleur, ce qui prête à ce long métrage une atmosphère à la fois crépusculaire et fantastique, avec une touche de surréalisme très envoûtante. D'autant que Eastwood se plaît à laisser planer le doute sur l'identité de son cavalier. Est-il le propre frère du shérif Duncan, qui avait été assassiné par les trois bandits sous les yeux complices et apeurés des habitants, et qui revient se venger d'eux ? Est-ce l'ange de la mort lui-même venu à Lago pour rappeler à chacun sa responsabilité dans le meurtre ? Le mystère demeure. Mais il est vrai que l'arrivée de l'étranger bouleverse les habitudes de cette cité dont la population n'est composée que d'adultes - on ne voit pas d'enfants - liés entre eux par le secret d'une responsabilité criminelle collective. Aussi l'étranger prend-t-il plaisir, à la façon de l'ange exterminateur, à les humilier en les méprisant, en les obligeant à reconnaître pour shérif un être disgracié et à leur faire repeindre en rouge leurs propres maisons, rebaptisant la ville du nom de " Hell " qui signifie " Enfer ". Puis, après avoir tué ses adversaires par le fouet, la corde ou l'arme à feu, il repart comme il était venu dans un anonymat troublant, non sans avoir donné au shérif Duncan une sépulture décente dans le cimetière de Lago.


 

                  Clint Eastwood. Océan Films

 

 

Jouant des atouts d'une mise en scène flamboyante ( entre autre l'incendie final d'une partie de la ville ), d'une photographie splendide due à l'objectif de Bruce Surtees et d'une musique inspirée de celle d'Ennio Morricone, Eastwood ne se prive pas de manier à l'envi l'humour et la dérision et nous conte avec virtuosité l'histoire de cet homme seul, trahi par une ville impuissante mais faisant face, à la façon d'une parabole inscrite en rouge sang.

 

Pour lire l'article consacré à Clint Eastwood, cliquer  sur son titre :   

 

CLINT EASTWOOD - PORTRAIT

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 11:36


Calvero est un vieux clown solitaire. Ses spectacles n'ont plus de succès depuis longtemps, si bien qu'il ne sait plus quel sens donner à sa vie, lui qui a fait des représentations dans les plus fameuses salles du pays. Sa vie change quand il rencontre une jeune danseuse ( Claire Bloom ) qui a tenté de se suicider parce qu'elle ne peut plus danser. Il lui redonnera goût à la vie et en tombera éperdument amoureux, enfin il l’aidera à reprendre la danse et les spectacles avant de se retirer dans l’ombre pour y mourir.

Limelight aurait pu être le dernier film de Charles Chaplin mais le réalisateur en a encore tourné deux autres ensuite. Néanmoins celui-ci, sorti en 1952, sonne comme son testament. "A la fin, ce n’est pas Cravero qui est en train de mourir, mais Chaplin" - remarquait Bernardo Bertolucci. Et triple testament si l’on considère celui du clown, Cravero, dont le nom suffisait jadis à remplir les salles et qui doit aujourd’hui en changer pour décrocher de maigres contrats, puis d’un réalisateur, Chaplin, blessé par l’échec public de son film précédent Monsieur Verdoux loin du temps de Cravero et de Charlot et, enfin, celui d’un homme qui reconstitue en studio le Londres de son enfance et fait jouer sa famille pour travailler dans un contexte plus affectif. Car l’époque était rude pour Chaplin, victime plus que jamais de l’anticommunisme des Etats-Unis. La première de Limelight aura lieu à Londres et l’artiste sera fêté en héros national.

L’émotion que dégage ce film est immense, bien que le public d’alors ne lui ait pas fait l’accueil qu’il méritait, à l’exception des Londoniens, ayant sans doute de la difficulté à re-considérer Charlot en tant qu’acteur du parlant et non plus en mime comme autrefois, bien que cet opus ne soit pas bavard et que Chaplin s’exprime toujours en homme du silence par l’intensité de ses expressions et de sa gestuelle. A ses côtés, Claire Bloom est délicieuse de fraîcheur, danseuse délicate que Cravero caresse de son regard émerveillé. Leur duo fonctionne parfaitement et il de dégage de leurs personnages une tristesse poignante : celle du vieux clown arrivé au bout de son parcours et celle de cette jeunesse danseuse qui ne croit pas en sa bonne étoile et redoute les impitoyables feux de la rampe.

En grande partie autobiographique (le personnage de la jeune danseuse que sauve Cravero est notamment inspiré par sa mère Hannah et son premier amour), le film porte en lui une vision douloureuse de l’art de la scène, de même qu’une grande tendresse. Chaplin émeut, bouleverse, en rajoute peut-être trop par moments dans les sanglots et la morale, fait rire aussi, comme Cravero qui revit, le temps d’une soirée de gala, durant laquelle son cœur fatigué s’éteindra, un raccourci de sa vie de clown burlesque et romantique. L’acteur qui lui fait face ce soir-là a été lui aussi une vedette du spectacle et son nom a également disparu des affiches : Buster Keaton. Pas de doute, Les feux de la rampe est bien, comme le souligne Bertolucci, "la recherche du temps perdu de Charles Chaplin".

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LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN
LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN
LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN
LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN
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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 10:07

Après avoir emménagé avec sa famille à Los Angeles, le jeune Jim Stark (James Dean), 17 ans, s'inscrit à Dawson High School. Un soir, il est amené au poste de police pour ivresse sur la voie publique. Lorsque ses parents arrivent pour le récupérer, la situation familiale de Jim se révèle extrêmement conflictuelle. Son père ( Jim Backus ) essaye de le défendre, alors que sa mère, une femme autoritaire, entend imposer à son fils une éducation basée sur ses principes. Jim se sent non seulement incompris mais souffre de l'absence de force morale de son père face à une épouse dominante, ce qui provoque en lui un profond mal-être.

 

Tout en essayant de s'intégrer au mieux parmi les étudiants de son nouveau lycée, Jim est impliqué dans une dispute avec Buzz Gunderson, chef de la bande qui fait la loi au sein de l’établissement. Alors qu'il tente de faire face à Buzz  ( Corey Allen ), il devient ami avec un garçon de 15 ans, John, surnommé Platon ( Sal Mineo ), qui était également au poste de police lors de la première scène.

 

Après une visite au Planétarium où les jeunes gens assistent à un discours sur la fin de l'univers, Buzz défie Jim dans un combat au couteau dans lequel ils sont blessés tous les deux. Jim obtient cependant la considération de Buzz, qui lui propose de se mesurer à lui dans une course de voiture durant laquelle Buzz perdra la vie.

 

Jim, paniqué et menacé par les comparses de Buzz, tente de chercher de l'aide auprès de la police, sans succès. Trouvant du réconfort auprès de Judy ( Natalie Wood ), ex-petite amie de Buzz, ils s’enfuient ensemble et se réfugient dans une vieille maison abandonnée, où ils sont bientôt rejoints par Platon. Mais lorsque les amis de Buzz les retrouvent, Platon leur tire dessus avec une arme dérobée à sa mère et disparait.

 

Retranché dans l'Observatoire, Platon se laisse convaincre par Jim et Judy de se rendre à la police, qui l'attend à l'extérieur. C’est au moment où il sort enfin de l'observatoire, qu’il est abattu par un agent de police. Les parents de Jim croient d'abord qu'il s'agit de leur fils, puisque ce dernier a prêté sa veste à Platon, mais ils retrouvent finalement Jim sain et sauf, en compagnie de Judy. Le film s'achève sur la promesse du père de retrouver son autorité paternelle, et la présentation de Judy à la famille Stark.

 

Il est certain que ce film a fait date. On voit traité à l’écran, pour la première fois, la révolte d’une jeunesse contre l’autorité et l’établissement, de même qu’une violence larvée qui explose au grand dam de familles maladroites complètement dépassées par les événements. La fureur de vivre, film sorti en 1955, établit une sorte de frontière entre le classicisme de l’âge d’or hollywoodien et la modernité. Avec Géant et A l’est d’Eden, James Dean s’impose une fois encore dans une oeuvre culte et prouve son incroyable présence à l’écran et son charisme qui ont fait de lui une icône du 7e Art, insufflant au personnage de Jim sa force et sa détresse, ayant eu lui-même une enfance difficile. A ses côtés, la ravissante Natalie Wood qui, à l’époque jouissait déjà d’une incontestable notoriété, reste trop effacée et ne parvient pas à imposer son personnage de jeune fille libérée avec suffisamment conviction.

 

Dans ce récit solidement construit, où l’on voit une jeunesse fauchée dans sa fleur et une maturité à jamais blessée, nous assistons aux efforts tragiques que déploie un être marginalisé pour renouer avec la communauté qui l’a exclu. Ce thème était cher au cinéaste Nicholas Ray qui l’a repris dans Derrière le miroir, mais en sens inverse, puisque le malaise n’est plus celui d’un fils mais d’un père, au cœur d’une même quiétude urbaine, quiétude envisagée dès lors comme un enfer.

 

Dès la première scène, nous sommes dans l’ambiance métaphorique : nous découvrons un adolescent recroquevillé sur le bitume dans une position fœtale, tenant un jouet contre lui, image signifiante de son refus de grandir, alors que la musique sombre de Leonard Rosenman souligne cette mélancolie poignante. Cet opus reste l’une des grandes réussites de Nicholas Ray, cinéaste controversé et surtout inégal dans sa production, capable, néanmoins, comme c’est ici le cas, de fulgurances  bouleversantes.

 

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LA FUREUR DE VIVRE de NICHOLAS RAY
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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