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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 10:15

Sony Pictures Releasing France    


Un peu long ce repas, cococté par Nora Ephron, qui est sensé nous mettre l'eau à la bouche et exciter nos papilles et y parvient si peu. Malgré la présence d'une  Meryl Streep, qui ne cessera de nous surprendre et de nous séduire dans un rôle tellement inattendu d'une Jean-Pierre Coffe en jupon, le film traîne en longueur sans atteindre son but qui était, je le suppose, de nous rendre la vie plus gourmande. Il est vrai que le scénario est mince et inutilement alambiqué, soit l'histoire de Julia Child qui, en son temps, changea la façon de cuisiner de l'Amérique, devenant par la même occasion une véritable institution nationale, en important, non sans flair, les saveurs de la cuisine française. Ayant accompagné son mari diplomate à Paris, Julia prit goût à cette gastronomie mijotée avec amour par les grands chefs autant que par les simples cordons bleus et se prit de passion pour les recettes françaises qu'elle décida de faire connaître Outre-Atlantique en rédigeant quelques 524 fiches à l'usage de ses compatriotes. Cinquante ans plus tard, alors qu'elle traverse une période difficile, Julie Powell se lance à son tour un défi : elle se donne un an pour cuisiner les 524 recettes de Julia et crée un blog pour relater cette expérience.

 


Meryl Streep. Sony Pictures Releasing France


Avouons-le, le livret, à défaut de faire saliver, ne fait même pas palpiter et, malgré l'immense talent de Meryl Streep, qui tente de donner un peu de densité, de chaleur, d'attrait à son personnage, la mitonnade reste insipide. Néanmoins, on ne peut s'empêcher de sourire devant sa communicative joie de vivre et l'entrain qu'elle déploie en oeuvrant devant ses fourneaux. Oui, le film ne vaut que par elle et pour elle et mes 2 étoiles vont à la merveilleuse actrice et non à la réalisatrice qui n'a pas vraiment su nous mijoter le film espéré avec cet ingrédient de choix ...

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

Et pour lire l'article sur Meryl Streep, cliquer sur celui-ci :

 

 

MERYL STREEP - PORTRAIT

 

 

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Meryl Streep. Sony Pictures Releasing France

Meryl Streep. Sony Pictures Releasing France

 


 

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 18:16

 

 

Par un été caniculaire, Richard, éditeur de profession, après avoir conduit sa femme et son fils à la gare pour les habituelles grandes vacances, se retrouve seul chez lui comme des milliers de pères de famille à cette époque de l'année. Il s'est juré de vivre sainement, de ne pas fauter, de veiller à sa santé et à son régime, de faire en sorte de suivre à la lettre le credo d'un honnête citoyen américain. Ses fantasmes - car il en a comme tout un chacun - il les enfouit au plus profond de son inconscient et, plutôt que de s'offrir le soir un whisky arrosé de citron frais, prend dans le frigidaire ce que sa femme s'est souciée de mettre de côté à son intention, des jus de légumes enrichis de vitamines chimiques et additionnés de conservateurs. Mais ce serait oublier l'irruption d'une nouvelle voisine qui, par maladresse, laissera tomber sur sa chaise-longue un pot de tomates biologique.

Si l'argument est mince, la comédie qu'il inspire est charmante et nous devons rendre grâce à Billy Wilder d'avoir su déceler les dons comiques de Marilyn Monroe qui se révèle être, dans cette comédie taillée à ses mesures, absolument irrésistible. Il est d'ailleurs l'unique réalisateur avec lequel elle aura tourné à deux reprises, soit quatre ans plus tard, une autre comédie tout aussi charmante  Certains l'aiment chaud. Même si certaines scènes ont nécessité plusieurs prises, si l'actrice exaspéra Wilder - comme tous les autres metteurs en scène avec lesquels elle a travaillé - pour ses perpétuels retards ; si psychologiquement elle était déstabilisée par sa séparation d'avec Joe di Maggio, la complicité de la star et du réalisateur explose dans ce film qui tourne en dérision la rigidité des moeurs américaines.


Les scènes s'enchaînent de façon très naturelles, sur le ton d'une plaisante  parodie qui touche aux moeurs et aux manies des américains moyens, sans compter les clins d'oeil ironiques aux films cultes comme Tant qu'il y aura des hommes, et sa torride séquence du baiser sur la plage ou bien les gags hilarants où Marilyn range très sérieusement ses sous-vêtements dans la glacière afin de les rafraîchir et où Richard, caricaturant les tics du pianiste, joue le concerto de Rachmaninov avec deux doigts ; enfin, autres réussite, les dialogues qui font mouche, truffés de sous-entendus, et, au final, cerise sur la gâteau, la mythique scène de la bouche de métro qui a le mérite de nous dévoiler des gambettes de rêve.

Mais derrière autant d'ironie et de légèreté se cache une critique radicale du puritanisme américain. Pas de doute, Wilder, dont c'est un des meilleurs films, s'y entendait pour démonter les mécanismes hypocrites de son pays d'adoption...


Corbis Sygma     

 

 

 

Parfaitement à l'aise dans son rôle, Marilyn nous charme par le cocktail explosif qu'elle offre entre mutinerie de gamine et plastique époustouflante, ce qui lui permet d'en rajouter sans que cela ne soit jamais ni vulgaire, ni pesant, tandis que le personnage, campé par  Tom Ewell, symbolise de manière burlesque les obsessions sexuelles et les frustrations du mâle américain. Ainsi Wilder se moque-t-il d'une Amérique qui découvrait la sexualité dans les pages du rapport Kinsey.

 

4-e-toiles


Pour consulter les articles consacrés à Marilyn Monroe et à Billy Wilder, cliquer sur leurs titres :

 

MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE

 

BILLY WILDER, LE FAUX CYNIQUE

 

 

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:39

affiche-La-Proposition-The-Proposition-1997-2.jpg


Le père Michael McKinnon quitte l'Angleterre pour venir prêcher dans une paroisse huppée de Boston. Parmi les fidèles les plus généreux figurent Arthur et Eleanor Barret qui se désolent de ne pas avoir d'enfant. Par l'entremise de leur avocat, ils décident d'avoir recours aux services d'un étudiant en droit qui, en secret, sera chargé de faire un bébé à la jeune femme. Mais après avoir honoré son contrat, l'étudiant, tombé amoureux de sa séduisante partenaire, force la porte du couple, laissant entendre que si on lui refuse de voir la future mère et, par la suite, son enfant, il se chargera de tout révéler et de faire éclater le scandale. Face à de telles menaces, le mari va en formuler à son tour, assurant l'intrus qu'il serait prêt à le tuer s'il tentait de forcer à nouveau le seuil de sa demeure. Or, à quelque temps de là, le jeune homme est retrouvé mort. Ce meurtre va tout faire basculer. Eleanor perdra son bébé et soupçonnera son mari de s'être lâchement débarrassé de l'encombrant personnage. Psychiquement perturbée, elle va trouver auprès du père Michael le réconfort qu'elle cherche et cette amitié, au fur et à mesure de leurs rencontres, évoluera vers un sentiment plus fort, si bien qu'ils deviendront amants et qu'Eleanor sera de nouveau enceinte. L'époux ferme les yeux et se réjouit à l'idée d'être enfin père. D'autant plus que cet enfant est de son sang, le père Michael n'étant autre que le fils de son frère détesté. La fin sera tragique, sauf peut-être pour le prêtre, qui, après avoir succombé à la tentation, trouvera son salut dans sa foi, tandis que le mari élèvera les jumeaux, fruits des amours de sa femme et de son neveu.

 

Voilà un scénario alambiqué à souhait dont l'idée de départ était intéressante et moderne, mais qui vire au mélo, faute de cohésion et surtout d'arguments suffisamment probants pour susciter notre adhésion.On ne saisit pas vraiment les motivations du mari à vouloir à tout prix que sa femme ait un enfant d'un autre et pourquoi il prend le risque de l'exposer au désir d'un jeune amant. On ne comprend pas non plus les motifs d'Eleanor, qui nous apparaît sous les traits d'une femme rêveuse et solitaire, soucieuse de son indépendance, romancière à ses heures, même si elle n'est publiée que grâce aux relations et à la fortune considérable de son époux, à accepter cette solution qu'elle ne semble pas souhaiter réellement. Et moins encore ceux du père Michael qui, certes, s'est fait prêtre pour échapper à la tutelle d'un Pater familias richissime et despotique mais qui, par la suite, trouve sa voie au service des plus pauvres - si bien que malgré une mise en scène soignée, l'interprétation irréprochable des trois principaux acteurs, Madeleine Stowe, William Hurt et Kenneth Branagh et des images fort belles, nous ne parvenons pas à suivre les personnages dans les aléas de leur vie sentimentale. Pas davantage que nous nous laissons convaincre de l'enjeu de ces trois destins. 

 

Si la  forme est  plaisante, le fond reste inconsistant et peu crédible. Dommage, car "La proposition"  ( 1998 ) fourmille de bonnes idées, les prémices du féminisme, le problème de l'insémination dans les années 30, les amours interdites, les conflits de famille, mais a le tort de courir plusieurs lièvres à la fois et de tout mélanger. Il aurait été préférable de s'en tenir à un seul thème et de le traiter en profondeur, plutôt que de s'égarer ainsi et, de rebondissements en rebondissements, à ne plus rebondir du tout. A l'évidence, ce scénario trop riche ne reposait pas sur une structure suffisamment forte pour dominer son sujet.

Lesli Linka Glatter  est, par ailleurs, l'auteur et la réalisatrice de nombreuses séries télévisées et d'un précédent long métrage "Souvenir d'un été "  ( 1995 ).


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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:09

Carlotta Films      

    

 

Une bande de hors-la-loi, emmenée par Calvera, un homme brutal et cynique, sème la terreur en rançonnant périodiquement les habitants d'un village mexicain et en dévastant leurs cultures. Ces derniers, ne sachant plus à quel saint se vouer, finissent par envisager la solution de la dernière chance : engager une troupe de mercenaires pour les libérer enfin de ce fléau. Le chef, Chris, un as de la gâchette, va organiser leur défense. Dans un tourbillon de poussière et de coups de feu,  John Sturges  revisite le chef-d'oeuvre d'Akira Kurosawa " Les sept samouraïs " et l'adapte aux circonstances relatives à la vie américaine, si bien que de l'intrigue originale ne reste que l'ossature, soit une lutte inégale et désespérée où des mercenaires mettent leur courage au service d'une cause qui n'est pas la leur.


James Coburn, Robert Vaughn, Steve McQueen, Yul Brynner, Horst Buchholz, Charles Bronson et Brad Dexter. Carlotta Films


Les règles du western n'en sont pas moins respectées, alternant les plans relatifs à la calme tranquillité du labeur paysan et aux soudaines et brusques explosions de violence. Beauté des paysages, détails de la vie quotidienne, bravoure des combattants, faciès de ces héros qui composent, chacun selon son style, un casting exceptionnel et photogénique ; oui, rien n'est laissé au hasard pour concocter une recette savoureuse qui, malgré son succès en salles, ne sera gratifiée d'aucun Oscar. Reste que  Les sept Mercenaires  est considéré de nos jours comme un film culte que l'on revoie toujours avec un égal plaisir. D'autant que la musique d'Elmer Bernstein contribue à l'imprimer dans la mémoire et à lui donner une ampleur supplémentaire.

Impassibles, taciturnes, tout en ayant chacun une personnalités différente, ces sept mercenaires tirent le film vers une sorte d'épure du western qui, quant à lui, opte pour l'unité de lieu et ne retient sur la pellicule que les temps forts de l'action. Le récit est donc rapide, très circonscrit, et bénéficie des paysages magnifiques de la sierra mexicaine, en même temps que d'une interprétation  exceptionnelle. Au prix d'une rivalité qui fut grande sur le plateau, chacun des acteurs tire son épingle du jeu et il est vrai que de voir défiler Yul Brynner en ange exterminateur, Steve McQueeen et son désarmant sourire de beau gosse en intrépide justicier, James Coburn redoutable et impavide manieur d'armes en solitaire taciturne, Charles Bronson en généreux défenseur des causes perdues, Horst  Buchholz en chien fou, Brad Dexter en arriviste est un régal pour le public. On peut même dire que nous avons en prime du scénario un défilé de   "gueules " impressionnant.

Mais pour autant, le film est-il à la hauteur de l'oeuvre qui l'a inspiré, soit Les sept samouraïs ?  Je n'irai pas jusque là, même si le film américain a des qualités bien à lui, c'est-à-dire des figures de personnages peut-être mieux travaillées, telle que celle de Calvera, affermie par la composition d'Eli Wallach.

" Je pense - disait Walter Newman, co-scénariste avec William Roberts - que le film de John Sturges est mieux distribué que celui de Kurosawa. Dans le film de Kurosawa, on ne se souvient que de Mifune, du chef des samouraïs et du spécialiste du sabre. Les quarante bandits forment un ensemble anonyme. Nous avons au contraire typé chacun des sept mercenaires - leur donnant un passé - et créant le rôle du chef des bandits, en étant persuadés qu'un bandit soigneusement défini est beaucoup plus convaincant que quarante ou même cent personnages sans visages".

Walter Newman a sans doute raison sur ce point, mais l'ensemble de l'oeuvre n'a pas la finesse de l'originale japonaise, loin de là, tout en étant un ouvrage de qualité, très plaisant à regarder. Mais il y a des faiblesses : les scènes sentimentales, particulièrement celle entre Chico et Petra est presque ridicule, de même que les enfants en plein combat venant entourer Charles Bronson pour lui avouer leur reconnaissance est totalement irréaliste. Au final néanmoins, comme dans le film de Kurosawa, les véritables vainqueurs seront les villageois. Le vieux chef du village a raison de dire que les fermiers ont gagné puisqu'ils demeurent sur leurs terres, traversent les temps, chaque génération succédant à la précédente, silhouettes immémoriales penchées sur le soc de la charrue. Quant aux mercenaires, errants éternels, ils n'auront été là qu'occasionnellement,  comme ils seront ailleurs demain... sans port, ni attache, seulement engagés pour un coup de sabre ou de revolver.


Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Warner Bros. Corbis Sygma Buena Vista Pictures


N'oublions pas non plus que ce long métrage se situe à la charnière entre le western de la grande époque et le western spaghetti et met déjà sur la table les ingrédients que des Leone et Solima sauront cuisiner avec gourmandise et humour.  D'où cet élan de vitalité qui imprime l'oeuvre de Sturges, faisant revenir à la surface de la pellicule les fantômes du temps passé comme pour leur offrir une dernière farandole, sans omettre d'entrebâiller quelques fenêtres sur le futur et de recomposer en un seul cliché toute la mythologie du western.

 

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Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, Yul Brynner, Horst Buchholz, James Coburn et Steve McQueen. Mirisch Company

 

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:02

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Film à grand spectacle, Spartacus demeure aujourd'hui encore un modèle du péplum à l'américaine, même s'il n'est assurément pas le meilleur film de son cinéaste, loin de là.

L'argument : en 70 après Jésus-Christ, l'esclave Spartacus, devenu gladiateur, est épargné par un de ses compagnons d'infortune dans un combat à mort. Ce répit va lui permettre de prendre la fuite et, après avoir brisé ses chaînes, d'encourager les autres esclaves à l'imiter et à gagner, même au prix du pire danger, leur liberté. Rapidement à la tête d'une colossale armée, Spartacus entend rejoindre le port de Brides, au sud du pays, et d'embarquer à bord d'un navire cilicien. Mais l'Empire romain ne l'entend pas de cette oreille et lance ses légions à la poursuite des esclaves révoltés...

Alors que la vogue du péplum envahit les Etats-Unis depuis le triomphe de Ben-Hur (1959), l'acteur-producteur Kirk Douglas profite de l'occasion pour porter à l'écran l'histoire de ce héros, d'après le roman éponyme d'Howard Fast. L'aventure du révolté, romancée à la sauce américaine de l'époque, est adaptée par le scénariste Douglas Trumbo, pourtant mis sur la liste noire pour cause de communisme. Son implication dans le script étonne moins lorsque l'on sait que les marxistes ont souvent pris la figure de Spartacus comme symbole de la première révolte du prolétariat contre la classe dirigeante. Cette simplification historique se retrouve dans le métrage final, en très large partie hagiographique puisque le vrai Spartacus n'hésita pas à faire tuer des centaines de soldats romains sans s'embarrasser du moindre scrupule. Contrairement au film, il est mort au combat et n'a vraisemblablement pas connu d'histoire d'amour romantique. Ces libertés prises avec la grande histoire n'entament pas  les nombreuses qualités d'une oeuvre pourtant désavouée par tous ses participants.


Le tournage n'en  fut pas moins chaotique à la suite du départ du réalisateur Anthony Mann pour différend artistique avec Kirk Douglas. On lui doit d'ailleurs deux des scènes que je considère parmi les meilleures, soit la séquence dans les mines et l'entraînement des gladiateurs. Anthony Mann sera bientôt remplacé par le jeune Stanley Kubrick avec lequel l'acteur producteur avait tourné, en 1957,  Les sentiers de la gloire.  Ce premier film  de Kubrick sera aussi son dernier en tant que simple exécutant car, n'ayant pas atteint le but souhaité, ce dernier se verra amputé d'un bon quart d'heure à cause d'une violence excessive (quelques plans gore réintégrés dans la version définitive) et surtout à cause d'une scène à l'homoérotisme prononcé. Malgré une production chahutée, Spartacus est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme un modèle du péplum à l'américaine. Mêlant adroitement romance, action et message humaniste, cette plongée dans l'histoire romaine bénéficie de dialogues savoureux et de prestations d'acteurs époustouflantes : Laurence Olivier formidable en tyran, Charles Laughton jubilatoire dans le registre de l'ironie cinglante, tandis que Peter Ustinov excelle en traître veule et arriviste, ce qui lui a valu de remporter l'Oscar du meilleur second rôle. Enfin, le couple formé par Kirk Douglas et la délicieuse Jean Simmons réussit sans peine à arracher des larmes aux spectateurs, notamment lors de la scène ultime à la beauté tragique et touchante.


Malgré des qualités indéniables, on peut regretter que Kubrick ne soit pas parvenu à imposer sa vision personnelle. Habitué à transcender les genres qu'il a abordés, il se contente ici d'aligner les figures imposées sans en modifier ni la forme, ni le fond. Même sa réalisation, d'ordinaire si reconnaissable, se désagrège, engluée dans la norme hollywoodienne traditionnelle. Ce manque d'investissement explique sans nul doute le fait que ce maître du 7e Art refusait de considérer Spartacus comme faisant partie intégrante de son oeuvre, bien que le film ne soit en rien déshonorant.

 

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 10:11

 

Mars Distribution       VIDEO


Voilà sorti des archives, un scénario de 30 ans, que Woody Allen s'est décidé à tourner, ce qui confère à ce nouvel ouvrage du maître de la dérision un petit fumet ancien et, somme toute, un rien démodé. Mais le plaisir est au rendez-vous néanmoins, tant la qualité pétillante du breuvage a conservé un bon goût acide et tonique et tant les acteurs - dont certains presque inconnus - sont excellents et donnent une once de crédibilité à des personnages des plus loufoques et caricaturaux. Oui, Woody Allen, qui ne cesse de pourfendre les clichés, n'y échappe pas totalement et c'est là que le bât blesse : ce discours nous a déjà été dispensé dans des longs métrages savoureux par nombre de réalisateurs depuis l'après-guerre. Mais enfin ne boudons pas ce bon moment, même si celui-ci est entaché de la déception du " déjà vu ".

 

Peu de temps après, la mère de la jeune femme ( Patricia Clarkson ) fait irruption dans leur vie conjugale, recherchant et sa fille et un toit, car elle vient d'être larguée par son mari, le père de Melody. Heureusement cette catholique bon teint aura vite fait de se débarrasser de ses préjugés et de trouver son nirvana entre les bras solides de deux amants compréhensifs. Enfin, pour conclure, le père va faire à son tour son apparition, guère plus flambant que son ex-épouse, puisqu'il vient de perdre sa situation et sa fortune, sans compter qu'il vit des déboires amoureux des plus cruels...Par chance, un homo inconsolable va lui tomber dans les bras et parvenir à lui faire oublier ses insuffisances sexuelles. Tout est donc pour le mieux Madame la Marquise, puisque Woody Allen le dit lui-même et nous délivre, par images interposées, la plus rassurante leçon d'optimisme. Si vous ne me croyez pas, courez voir le film et vous serez ainsi assuré que les conservateurs et les libéraux, les croyants et les athées, les rigides et les plaisantins sont faits pour s'entendre et que tout finit par une fête, dès lors que Cupidon veuille bien passer par là, distraitement ou discrètement. Sacré Woody Allen qui irait jusqu'à nous laisser croire...que nous vivons dans un monde qui fleure bon l'eau de rose. 


Patricia Clarkson. Mars Distribution
  


Ce retour dans les rues de Manhattan, que le cinéaste avait délaissées un moment, nous vaut un film agréable, qui n'est certes pas le chef-d'oeuvre attendu, mais dont la facture est serrée, le message extravagant mais sans faute de goût, et l'interprétation jubilatoire. Larry David est sensationnel dans ce rôle de misanthrope qui lui sied comme un gant ( lui-même n'est-il pas le créateur interprète de la série  Larry et son nombril ? ), jouant sur le mode mineur cette joyeuse apostasie qui, tout en se moquant des valeurs les réhabilite en quelque sorte, tant il est vrai qu'aucun ne peut vivre sans les autres et, encore moins, contre les autres et que le solitaire n'est jamais qu'un blessé en attente d'un guérisseur. La leçon est sympathique et vaut le détour.

 

Pour lire l'article consacré à Woody Allen, cliquer sur son titre :  WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT

 

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Henry Cavill et Evan Rachel Wood. Mars Distribution

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 09:14

Metropolitan FilmExport       VIDEO

 

En 1958, l'île de Cuba est loin d'être un paradis. Le dictateur Batista oppresse le pays et asphyxie son peuple. Dans les champs de canne à sucre et les jungles perdues des montagnes de l'est du pays, les forces révolutionnaires M26 de Fidel Castro et d'Ernesto ''Che'' Guevara se préparent à marcher sur La Havane. Alors que les troubles agitent l'île, Fico Fellove dirige son club, El Tropico. Dans la tourmente, il se bat pour garder l'unité de son clan, et pour l'amour d'une femme interprétée par Inés Sastre. Fico ne voulait pas s'impliquer dans la lutte politique et idéologique, mais le destin ne va pas lui laisser le choix. Cuba est devenu un monde déchiré par les passions les plus contradictoires, les luttes intestines, les règlements de compte et les rêves brisés.

Un film qui a frisé le chef d'oeuvre à quelques erreurs près. Oui,  Adieu Cuba  ( Lost City ) aurait pu être pour l'île Caraïbe ce que  Docteur Jivago  a été pour la Russie. Mais voilà, il a manqué à l'oeuvre, infiniment respectable d'Andy Garcia - cubain d'origine et qui a quitté l'île à l'âge de cinq ans -  davantage de rigueur dans le narratif, de profondeur et d'inspiration dans le scénario. Ne lui faisons pas pour autant un mauvais procès, car ce dernier vibre, tout au long de sa pellicule, d'un lyrisme sincère, d'un vrai amour pour une île qui semblait avoir été désignée pour être le havre de la beauté et de la douceur de vivre. Cuba doit posséder un charme irrésistible pour que ses paysages, ses musiques, ses lumières, ses parfums restent à jamais gravés au plus vif de ceux qui l'ont connue. Je ne le sais que trop, ayant dans mon entourage des Cubains dont l'exil est une peine inguérissable. Alors, oui, ce film ne peut manquer d'émouvoir, en faisant défiler devant nos yeux la malchance et le malheur que furent pour ce pays, d'avoir eu, à la suite l'un de l'autre, deux dictateurs qui se sont chargés de le ruiner : Batista le mafieux et Castro le marxiste. Il est vrai aussi qu'il n'est pas simple de naviguer dans la complexité d'une époque qui a vu s'affronter les courants les plus contradictoires. D'autant que le budget de 20 millions de dollars nécessaire pour le tournage n'a pas été facile à trouver. Dès le début de son projet, Andy Garcia a dû se confronter à d'innombrables problèmes engendrés en partie par le fait que l'un des protagoniste - en l'occurrence Fidel Castro - était encore au pouvoir. Il fallut donc planter le décor ailleurs qu'à Cuba, et les paysages choisis, pour leur ressemblance, furent ceux de la République Dominicaine au moment de la récolte du tabac, une activité dominante dans la plantation de la famille Fellove. C'est donc dans la très fameuse plantation de Carlos Fuente qu'ont été tournées les scènes principales, où l'on voit soudain une famille composée des parents, de leurs trois fils et de leurs brus, traverser dans la douleur et la dignité les terribles convulsions de la révolution cubaine. Le seul souci du père ( remarquablement interprété par  Tomas Milian  ) sera de maintenir l'unité des siens, de sauver sa famille. Hélas, on verra peu à peu la table familiale se réduire, si bien que Fico, l'aîné, sera le seul, peu avant de quitter l'île, à recueillir les ultimes recommandations de ses parents et la bénédiction de son père.


Metropolitan FilmExport


Le film est tiré d'un roman de l'écrivain cubain Guillermo Cabrera Infante et retrace l'existence de cette saga qui se partage entre plantation de tabac ( l'oncle ) et l'université ( le père des trois fils Fellove étant professeur de droit constitutionnel à la Faculté de La Havane ). Entre ces deux formes de culture, le clan s'est épanoui, la maison et les terres agrandies et développées. Mais voilà que les rumeurs d'un coup d'état fomenté par le Che et Castro vont susciter passion et division. Alors que le fils aîné préfère se tenir à l'écart de la vie politique et poursuivre ses activités dans le club de musique et de danse qu'il anime, Luis mourra pour avoir participé au complot qui devait attenter à la vie de Batista ( qui finira par s'enfuir en emportant des sommes considérables d'argent volées au peuple cubain ) et le plus jeune Ricardo rejoindra les troupes castristes. Lorsqu'il comprendra trop tard les tenants et les aboutissants d'un régime qu'il a soutenu et qui commence son règne par une terrible épuration, il se suicidera. Ainsi les personnages vont-ils tour à tour ployer sous l'ouragan de l'Histoire et connaître les affres d'une tragédie contemporaine que trop de clichés décoratifs réduisent malheureusement à l'état de récit anecdotique, les scènes n'étant pas suffisamment reliées les unes aux autres.


Metropolitan FilmExport

Deux erreurs sont surtout à déplorer dans ce long métrage de près de 2h 30, tourné avec une incontestable passion et un accompagnement d'images et de musiques splendide : la présence peu convaincante de l'écrivain campé par  Bill Murray,  sorte de clown triste, d'artiste raté et désabusé qui est sensé représenter le désenchantement d'un monde en train de sombrer dans l'anarchie et n'apporte rien au film, et celle d'Aurora, la veuve de Luis, dont Fico est tombé follement amoureux, et à laquelle la belle  Inés Sastre  ne prête que sa plastique de mannequin sans parvenir à lui inculquer un semblant d'authenticité et d'émotion. C'est d'autant plus regrettable qu'elle occupe dans le film une place importante, détermine le présent et l'avenir de Fico, autour duquel le scénario se resserre et que, face à lui, c'est-à-dire face à  Andy Garcia  en personne, qui a tenu à être tout ensemble derrière et devant la caméra, elle ne parvient pas à situer sa partition féminine à la même hauteur que la sienne, comme c'était le cas dans Docteur Jivago avec le couple formé par Omar Sharif et Julie Christie.


La fin de film est néanmoins très belle et nous laisse sur une impression mitigée où alternent emballement et déception. Nous assistons au départ émouvant de Fico, s'arrachant à son île en même temps qu'à son amour et obligé d'accepter ( comme la plupart des Cubains de la diaspora )  un emploi de plongeur dans une boîte de nuit américaine, cela avec une fierté et une dignité admirable, tandis que la musique poursuit sa mélopée lancinante et nostalgique et que le film se clôt sur ces passions défuntes.

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Andy Garcia et Inès Sastre. Metropolitan FilmExport

 

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 09:47



 

Susan Vance, jeune femme riche et frivole fait la connaissance fortuite de David Huxley, un paléontologue qui courtise le millionnaire qui l'aidera peut-être à reconstituer le squelette d'un brontosaure. Elle tombe sous le charme de David et lui fait croire qu'elle court un danger ; elle doit en effet ramener à sa tante un « adorable » léopard du doux nom de Baby. Lorsque David s'aperçoit que la tante n'est autre que le mécène convoité, le film se transforme en une folle course-poursuite.

 

"L'impossible Monsieur Bébé" ( 1938 ) est probablement l'une des comédies les plus loufoques de l'époque, une « screwball comedy », littéralement « comédie de cinglés ». En effet, si le ressort comique du film repose d'abord sur l'opposition entre deux univers,celui de la recherche pour David et celui du luxe pour Susan, il n'en reste pas moins que tous les personnages sont hors-norme, y compris les animaux ! Susan court après un léopard, David après la clavicule d'un brontosaure et tous deux après le chien de la tante qui a enterré l'os tant attendu ! Hawks n'est pas juge de ses personnages, il n'impose pas de morale sociale, chacun amène à l'autre la douce folie qu'il espérait sans se l'avouer. David était sur le point de se marier avec sa secrétaire qui n'y voit qu'une « union professionnelle » (Le devenir des dinosaures !) et Susan était enfermée dans sa prison dorée.

 

Une fois arrivés dans la maison de la tante, les quiproquos s'enchaînent à vive allure. Howard Hawks n'hésitait d'ailleurs pas à réécrire certaines scènes au cours d'un tournage. David est devenu M. Bonos (forcément !), afin de ne pas éveiller les soupçons et se présente comme un chasseur de fauves. Comment alors oublier la scène où, intimidé par le léopard, il ressort de la salle de bains en déshabillé féminin ? Et celle où le major de la maison, véritable chasseur, s'étonne, quant à lui, d'entendre les rugissements d'un léopard en plein Connecticut, le pauvre Baby s'étant volatilisé... A ce propos, on se demande comment l'équipe de tournage est parvenue à faire de ce fauve un adorable animal de compagnie ?

 

Outre son rythme infernal et ses dialogues savoureux, "L'mpossible Monsieur Bébé " impose également le personnage féminin comme le meneur de l'intrigue. Si Susan demeure maladroite, elle est avant tout intelligente et volontaire, elle parvient à embarquer David dans son périple et le séduit. Katharine Hepburn est alors l'incarnation de la femme émancipée, élégante et drôle. Elle montre toute la richesse de son jeu, elle qui ,deux ans auparavant, jouait déjà avec Cary Grant le rôle d'une femme se faisant passer pour un homme dans "Sylvia Scarlett" de Georges Cukor. Un parallèle qui permet d'apprécier autrement la prouesse du duo de Hawks. Dans "L'impossible Monsieur Bébé", Hepburn domine un Cary Grant dépassé par les événements ; dans "Sylvia Scarlett", Hepburn se faisait lâchement manipuler par un Cary Grant escroc à la petite semaine. Tous deux se révèlent des acteurs très complets, pouvant tout aussi bien susciter le rire que l'émotion et à l'aise dans les personnages les plus contrastés. La scène où Katharine Hepburn se fait passer pour une gourgandine pour tromper le shérif, qui l'a coffrée ainsi que son cher David, démontre son don d'ubiquité et son grand talent d'actrice. Elle est inénarrable.

 


Enfin, "L'impossible Monsieur Bébé" doit sa magie à un cinéaste unique, Howard Hawks. Celui-ci a réalisé au moins un chef-d'oeuvre dans chaque genre : la comédie ("Chérie, je me sens rajeunir", "Les hommes préfèrent les blondes"), le film noir ("Le grand sommeil", "Le port de l'angoisse"), et le western ("Rio Bravo"). Qui dit mieux ?



Son oeuvre a été saluée comme celle d'un précurseur qui sut devancer son temps et s'identifier pleinement à l'Amérique contemporaine qu'il peindra d'un trait ferme et sans complaisance. Dès 1932, son cinéma s'inspire des crimes d'Al Capone et surprend par la nervosité de sa mise en scène. Les films suivants enchaînent des sujets divers et des scénarii inventifs qui frappent par leur rythme et la vivacité des dialogues. En même temps, Hawks s'impose comme un remarquable directeur d'acteurs, révélant la jeune Carole Lombard et dirigeant nombre de vedettes de l'époque comme Gary Cooper, Joan Crawford, Edward G. Robinson et, dans "L'impossible monsieur bébé", le couple Katharine Hepburn/ Cary Crant. Sobre, usant du moins de plans possibles et de peu d'effets de montage, ce cinéaste brillant placera toujours sa caméra à hauteur d'homme. Mais il saura contrecarrer sa sobriété par les plans majestueux d'une nature sauvage et la force intérieure de ses personnages peu enclins aux compromis, axant son objectif sur l'importance des conflits intérieurs. Avec cette comédie, il nous montre également que l'humour ne lui était pas étranger, bien au contraire, et combien étincelante est sa virtuosité à enchaîner des scènes rocambolesques sans jamais sombrer ni dans le ridicule, ni dans le vulgaire.

 

4-e-toiles

 

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L'IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE de HOWARD HAWKS
L'IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE de HOWARD HAWKS
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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 12:25

La Fabrique de Films      

 


Quel qu'ait été le film, j'y serais allée pour assister au face à face de deux de mes acteurs préférés, d'autant que je me doutais bien que ni l'un, ni l'autre, n'auraient donné leur accord pour un film médiocre et un scénario bidon. Ils ont mené leurs carrières respectives avec suffisamment d'intelligence et de discernement pour ne pas commettre, à leur âge, et avec leur expérience, une faute de goût. J'étais donc assurée que ma prise de risque était quasi nulle et que le film, que j'allais voir en cette fin d'après-midi presque printanière, serait, sans aucun doute, un très plaisant divertissement. Et il l'est.


Dustin Hoffman et Emma Thompson. La Fabrique de Films 


 

Oui, il serait dommage de se refuser une heure trente d'un marivaudage charmant entre gens délicats que tout oppose à première vue et qu'un hasard bienveillant va réunir pour le meilleur. En ces temps de morosité ambiante, je vous conseille vivement ce remontant euphorisant qui mêle des ingrédients de qualité comme une bonne rasade d'humour et une pinçée de nostalgie, mais a eu l'audace d'éliminer de sa formule les conservateurs et autres agents nocifs et néanmoins trop courants : la violence et la vulgarité.

Aussi, déposez soucis et inquiétudes à la porte de la salle obscure et entrez vous rafraîchir et vous rasséréner avec ce tonique de qualité, en très aimable compagnie de surcroît : un Dustin Hoffman à faire fondre le coeur le plus endurci et une Emma Thompson très classe, très expressive, très attachante en délicieuse vieille fille formidablement séduisante, que l'on aimerait croiser plus souvent sur son parcours. Oui, un film sans prétention mais qui vous assure un plaisir non stop. Ce n'est pas si mal !

 


Dustin Hoffman et Emma Thompson. La Fabrique de Films


Le réalisateur  Joel Hopkins  nous offre avec cet opus - le premier  Mariage et conséquences  en 2002 avait déjà été remarqué et gratifié d'un Bafta et du Prix du public au Festival de Deauville -  une comédie bien écrite et nous prouve, par la même occasion et pour la seconde fois, son savoir-faire, son feeling dans un divertissement aux dialogues vifs et efficaces.

 


L'histoire est la suivante : Harvey Shine, musicien américain, vient de débarquer à Londres pour assister au mariage de sa fille qu'il a un peu perdue de vue depuis son divorce d'avec sa mère et du re-mariage de celle-ci. Compositeur de jingles et obsédé par son travail, il n'est là que de passage, ayant un rendez-vous important à New-York le surlendemain. Mais de mauvaises nouvelles vont tout remettre en question, sa vie professionnelle comme sa vie personnelle. C'est grâce à un formidable coup de chance qu'il rencontre Kate, une célibataire bon chic, bon genre, d'une quarantaine d'années qui aime la lecture et sa vieille maman envahissante. La suite est sans surprise, mais si agréablement contée, si délicieusement interprétée, avec, à la clé, un message si plaisant à entendre, qu'on se laisse gagner par cette bonne humeur et cet optimisme qui, d'une rencontre réussie à un rendez-vous manqué mais rattrapé, tisse à petits points, avec charme et élégance, un ouvrage somme toute bien fait et bien cousu. Aussi ne boudez pas l'opportunité de passer un excellent moment avec ce couple... qui illustre si bien cette ultime chance de l'amour.

 

 

 Pour lire les aricles consacrés aux deux acteurs, cliquer sur leurs titres :

DUSTIN HOFFMAN           EMMA THOMPSON



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Dustin Hoffman et Emma Thompson. La Fabrique de Films

 

 

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 10:59

Warner Bros. France             

 


Du cow-boy taciturne et cynique immortalisé par Sergio Leone à l'ancien combattant misanthrope de Gran Torino, Clint Eastwood a derrière lui plus de 50 ans de carrière durant laquelle il a su imposer son magnétisme et sa personnalité hors du commun. Archétype du mâle dominant et héros implacable et froid, le comédien n'a pourtant jamais cessé de jouer avec son image, n'hésitant pas à la mettre en danger et en dérision et à la contredire comme pour mieux la revitaliser. Traité de fasciste dans les années 70 par une presse peu clairvoyante, il a volontairement endossé les rôles les plus antinomiques et les plus paradoxaux, du doux rêveur dans  Bronco Billy  à l'homme d'action violent, de l'amoureux transi de  Sur la route de Madison  au macho yankee dans Les proies. Acteur inclassable doublé d'un auteur original, il n'est jamais là où on l'attend, se plaisant à désorienter et surprendre son public par son inspiration singulière. Depuis qu'il s'est consacré à la mise en scène, il a retouché son image de dur en la complexifiant et en ne craignant nullement de dévoiler de fascinantes failles, entre autre celles qui ont trait à l'ambiguïté morale et à la vieillesse.

 


Clint Eastwood. Warner Bros. France


Dans le magistral  Gran Torino,  il continue à peaufiner avec intelligence son personnage de justicier et de vieux réac, conscient de ce qu'il représente aux yeux du public, tout en refusant d'en être l'otage. Interrogé par des journalistes, il a accepté de parler du personnage qu'il incarne et met en scène dans son dernier opus, ce Walt Kowalski, un peu fou et plutôt bizarre, vétéran de la guerre de Corée, soudain veuf et condamné, par les circonstances, à faire face au crépuscule de son existence, seul. Rongé aussi par le regret de n'avoir su, pu ou voulu devenir proche de ses deux fils. Le monde, qui l'entoure, lui est étranger. Il ne reconnaît plus son environnement envahi par des immigrés asiatiques. Ouvertement raciste, il voit d'un très mauvais oeil le repeuplement de son quartier, jusqu'au jour où il est obligé de prendre partie dans un conflit qui oppose ses voisins, une accueillante famille hmong, ( les hmongs ont combattu aux côtés des américains au Vietnam )  - et un gang de jeunes voyous. Mieux encore, voilà qu'il se prend d'intérêt pour l'un de ces jeunes hmongs, un garçon qui a tenté de voler sa voiture de collection, une Gran Torino 1972, sous la pression du gang, mais je n'en dirai pas plus.

Par souci d'authenticité, Eastwood a tenu à ce que les acteurs et figurants - des non professionnels pour la majorité - appartiennent à cette ethnie. Kowalski fait partie de ces hommes un peu obsolètes et non moins idéalistes qui, sur le tard, trouvent le chemin d'une rédemption inattendue, un salut ultime qui donnât sens à leur vie, fût-ce au prix d'un grand sacrifice et dont Clint avoue volontiers qu'il a mis beaucoup de lui-même.

 


Bee Vang et Clint Eastwood. Warner Bros. France

 

Ainsi, après avoir enchaîné les grandes fresques historiques et les films à Oscars, le cinéaste-interprète est-il de retour avec un film à l'intrigue linéaire et solidement charpentée, au casting exempt de stars ( sinon lui-même ) et au décor réduit à un pâté de maisons. Il est vrai que l'épure lui réussit et qu'il n'est jamais si efficace que dans le dépouillement. Sans doute est-ce ce mélange savamment dosé de drame et d'humour vachard, de mépris affiché du politiquement correct et de renvois discrets à l'ensemble de sa filmographie, qui font de ce dernier-né une réussite complète et une oeuvre attachante. Les préjugés sont désamorcés les uns après les autres dans ce récit d'initiation salvateur, aux accents humanistes et christiques, qui ne sombre jamais dans un sentimentalisme ou angélisme facile, tant la main du réalisateur est sûre et rigoureuse. Je vois là le testament de Clint, un film majeur dont chaque plan est composé comme un message à notre intention, traitant de ce qui est essentiel avec force et émotion. 

 

 

Pour lire l'article que j'ai consacré à Clint Eastwood, cliquer sur son titre :

 

CLINT EASTWOOD - PORTRAIT

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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