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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 08:53

Les films du Jeudi       

 


Lola Montès,  film réalisé en cinémascope et couleur et dernier opus de Max Ophüls, a été restauré récemment avec le soutien de la fondation Thomson et du Fonds culturel franco-américain. Bien que défendu par des personnalités comme Rossellini, Truffaut ou Cocteau lors de ses premières projections en 1955, le film avait été un échec retentissant, si bien que pour tenter d'obtenir l'adhésion du public, les producteurs n'avaient pas hésité à le mutiler gravement. Désormais, après des mois d'un travail minutieux, nous retrouvons le montage initial, les couleurs, le son et le format d'origine. C'est une vraie résurrection d'un des chefs-d'oeuvre du cinéma qui nous est offert grâce aux efforts conjugués des sponsors et des  spécialistes. 

Le fils de Max Ophüls, Marcel, avait travaillé avec son père sur ce long métrage tourné en anglais, allemand et français. Dans une lettre très émouvante, datée du 10 avril 2008, Marcel Ophüls se souvient de la première séance de Lola Montès, l'après-midi du 23 décembre 1955, au cinéma Le Marignan, sur les Champs-Elysées : "Au-dessus de l'entrée du cinéma, une affiche énorme, d'un goût douteux, placardait en lettres et en images les charmes incontestables, discrètement révélés, de la grande vedette française du moment Martine Carol. Il pleuvait à torrents. Assis tous deux en face dans un café, mon père, un peu plus pâle que d'habitude, sirotait lentement un tilleul-menthe, ses mains serrées très fort autour de la tasse, comme si celle-ci pouvait encore lui réchauffer le moral et éviter la catastrophe".

Rien n'y fit. Les spectateurs, sortis de la première séance, allaient convaincre ceux qui patientaient sous la pluie de "ne pas perdre de temps sous l'averse et leur conseiller vivement de rentrer chez eux".
Les premières critiques reflétaient la mauvaise humeur de ces inconnus. "L'esthétique du gargouillis et du borborygme se mêle dans Lola Montès à l'esthétique de la crème fouettée"-  écrivait Jean Dutourd, tandis que Les Lettres françaises déploraient - "la lourdeur germanique de ce film qui au moins aurait dû être affriolant, coquin et capiteux".
Le jeune François Truffaut, qui avait failli devenir l'assistant de Max Ophüls, fut l'un des rares à trouver ce film admirable. Au point de s'engager corps et âme dans sa défense. Il rallia à sa cause Rivette et Godard, et s'engagea alors dans Arts : "Faudra-t-il combattre, nous combattrons. Faudra-t-il polémiquer, nous polémiquerons"... Depuis Paris, le jeune turc de la cinéphilie rendait compte quotidiennement à Max Ophüls, en mauvaise santé dans un sanatorium de la Forêt-Noire, des menaces qui planaient sur son film, tant en France qu'en Allemagne.

A la version originale de décembre 1955 succéda celle de février 1956, dans laquelle les dialogues allemands furent remplacés par des voix françaises postsynchronisées, et enfin celle de 1957, remontée contre la volonté de Max Ophüls, l'histoire étant replacée dans un ordre chronologique, accompagnée d'une voix off.


Martine Carol. Les films du Jeudi


Echec injustifié car le film est superbe et fut heureusement réhabilité et porté aux nues par les jeunes cinéastes qui virent en Ophüls un créateur aussi singulier qu'un Robert Bresson et se reconnurent, pour certains d'entre eux, dans sa filiation.
Si le film se montrait infidèle à la vérité historique ( comme le best-seller dont il s'inspirait ), il est remarquable à plus d'un titre : son ton onirique, ses recherches de couleurs, le foisonnement de trouvailles et la vivacité du style qui parviennent à balayer quelques extravagances superflues. A travers ce long métrage, le cinéaste peint le monde tel qu'il le voit : un cercle infini de hasards et de concordances, des couleurs flamboyantes où s'imbriquent l'or et la pourpre, une suite de tableaux qui préside à la finalité d'un monde sombrant de façon tapageuse et arrogante dans une irréversible décadence.


Sous la direction d'un manager, habillé en Monsieur Loyal ( Peter Ustinov formidable ), le film nous conte l'histoire de Lola Montès, comtesse déchue, réduite par la misère à exhiber son brillant passé à un public indiscret, dévoilant les secrets de ses liaisons amoureuses avec des amants célèbres comme Franz Liszt et Louis Ier de Bavière, excitant ainsi sa jalousie, son acrimonie et sa pitié. Spectacle cruel d'une déchéance qui nous retrace en une suite de flash-backs des heures de gloire et de folie, selon une magistrale orchestration d'images. Martine Carol y trouvait là son plus beau rôle sous la direction d'un metteur en scène qui avait voué son oeuvre à dénoncer le sort réservé aux femmes par une société indigne et perverse. Bien conduite, l'actrice y apparaît belle et émouvante, très différente des personnages de blonde écervelée qu'on lui confiait habituellement. Une fois encore, le malheur frappait une femme amoureuse et bouclait, en une sorte d'apothéose, une oeuvre de toute première grandeur qui honore, ô combien ! notre cinéma. François Truffaut, fidèle à sa conception du cinéma, lui rendra un vibrant hommage, mais le cinéaste, hélas ! était déjà mort, ne s'étant pas remis de ce douloureux désastre professionnel.


Martine Carol. Les films du Jeudi


Cette oeuvre magnifique sort enfin et définitivement de son purgatoire, après avoir connu l'enfer. Et ce n'est que justice. La version rénovée va permettre aux spectateurs d'apprécier le travail sur les couleurs de Christian Matras et les décors de Jean d'Eaubonne, et nous offrir la visualisation des passages supprimés en 1956 qui tous accentuent le côté crépusculaire du film : fuite en calèche à Munich, désespoir de Lola sur le pont du navire.
D'autre part, nous retrouvons ici les préoccupations majeures du metteur en scène, peintre incomparable des désillusions amoureuses, comme ce l'était déjà dans La ronde ou Madame de.., ou encore dans Lettre d'une inconnue, d'après le roman de Stefan Zweig.


Quant au style, il est celui d'un Ophüls au faîte de son génie, baroque et inventif, qui sait mieux que personne traduire les vertiges et les désespoirs. Alors que le public s'était offusqué de cette mise en perspective d'une ancienne courtisane livrée de façon obscène à la vindicte populaire, ce film apparaît au contraire comme une dénonciation de la société du spectacle, ce qui le rend d'autant plus percutant à l'époque de la télé-réalité ; le calvaire de Lola obligée de livrer à des voyeurs des pans entiers de sa vie intime et qui finit comme un animal de cirque dans une cage est à ce titre révélateur.


Inspiré d'un roman de Jacques Laurent,  Lola Montès sera transformée de façon magistrale par le cinéaste, au point que l'on peut se demander si la faiblesse du document littéraire n'a pas contribué à cette transcendance cinématographique qui donne à l'histoire déchirante et romanesque de cette courtisane son caractère universel. On parla à propos de cette dernière oeuvre de Max Ophüls d'un film-testament, tellement il est la somme de l'imaginaire et des innovations du maître dans le domaine du 7e Art. Ainsi le jeu des couleurs qui accentue la charge poétique et participe de façon symbolique à la compréhension du récit. Chacun des épisodes possède sa couleur dominante chargée d'évoquer une saison, mais plus subtilement les états d'âme de l'héroïne. Ustinov, pour sa part, a parlé de la manière dont le cinéaste dirigeait ses acteurs, selon un dosage très pédagogique de précision et de souplesse, afin de créer un climat de confiance et par là même d'obtenir d'eux, comme des décorateurs, caméramans et autres collaborateurs, ce qui lui tenait le plus à coeur : l'excellence.

Pour lire mon article consacré à Max Ophuls, cliquer sur son titre :   

MAX OPHULS ET LE CINEMA BAROQUE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

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LOLA MONTES de MAX OPHULS
LOLA MONTES de MAX OPHULS
LOLA MONTES de MAX OPHULS
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 14:21
My cousin Rachel de Roger Michell

 

Voici la seconde adaptation de ce roman de Daphné du Maurier après celle de Henry Koster en 1972 dont les acteurs principaux étaient alors Olivia de Havilland et Richard Burton, thème proche de celui de « Rebecca », lui aussi porté à l’écran, et où surgissent dans la trame littéraire les ambiguïtés des relations humaines et les mystères inhérents à leur nature.   


 

Dans l’Angleterre du XIXe siècle, le jeune Philip apprend qu’il est le seul héritier de l’immense fortune que lui lègue son cousin Ambroise qui l’a élevé comme son fils après le décès de sa mère. Bientôt majeur, le jeune homme ne parvient pourtant pas à se réjouir de cette nouvelle. Il se souvient des nombreuses lettres que lui écrivait, depuis l’Italie où il vivait désormais, Ambroise, et dans lesquelles ce dernier lui confiait avoir des doutes sur le comportement de son épouse Rachel. Ambroise a-t-il été assassiné par appât du gain ? Dans ce thriller psychologique, tout est affaire de personnages mais aussi de lieux qui ne sont pas sans ressembler à ceux des « Hauts de Hurlevent », la mer proche et les falaises abruptes, voire même la maison d’Ambroise confortable et cependant froide, sombre et inquiétante, véritable témoin des secrets qui se cachent entre ses murs. Rachel, veuve une seconde fois, accepte de venir vivre en Angleterre dans le manoir de son mari défunt auprès de Philip qui s’éprend d’elle, malgré les inquiétudes que cette femme, complexe et séduisante, ne cesse d’alimenter à son insu. L’actrice Rachel Weisz, par la grâce de ses mouvements et la maîtrise de ses émotions, rend magnifiquement bien l’attitude énigmatique de son personnage, ses élans et ses retenues, sa froideur soudaine et ses abandons subits. Rachel semble être l’exact opposé de Philip, jeune, fougueux, plein de vie, qui manque de sagesse et de discernement et se laisse submerger par ses émotions. Rachel, plus âgée, l’observe comme elle le ferait d’un être immature qui prend ses désirs pour des réalités, alors qu’elle entend contrôler chacun de ses gestes et de ses sentiments. Est-elle cette veuve noire prête à dévorer le mâle après l’accouplement, femme tueuse que seul l’argent intéresse puisqu’il assure la réussite sociale ? L’énigme est posée et le film, comme le roman, tisse sa toile autour de cette figure féminine troublante et impénétrable, tenant le spectateur en haleine jusqu’à la fin.

 

Grâce à une mise en scène soignée et d’une grande élégance, servie par des paysages grandioses, la dramaturgie et les personnages de l’histoire sont merveilleusement mis en valeur et Roger Michell nous offre un opus de grande qualité, fidèle au roman qu’il exalte par sa mise en scène subtile et son interprétation sobre. Une réussite.

 

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My cousin Rachel de Roger Michell
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 10:25
Talons Aiguilles de Pedro Almodovar

C'est sans doute avec "Talons aiguilles" en 1992 qu'Almodovar trouve la consécration. Il s'agit avec ce film d'une évolution enfin apaisée qui correspond à une plus grande stabilité de la part du réalisateur. On y sent poindre d'ailleurs plus de mélancolie, d'amertume et de regrets, et une sorte de désenchantement lucide a envahi la pellicule. Après des années passées à l'étranger, une chanteuse Becky Del Paramo revient à Madrid, se sachant atteinte d'une grave maladie cardiaque et y retrouve sa fille Rebecca qu'elle a sacrifiée à sa brillante carrière et perdue de vue depuis sa petite enfance. Rebecca est aujourd'hui une jeune femme active, présentatrice d'un journal télévisé et épouse d'un directeur de chaîne, Manuel, qui fut autrefois l'amant de Becky et dont la maîtresse en vogue est désormais Isabel. Tiraillée entre son amour et sa rancune à l'égard de cette mère si absente, Rebecca se console auprès d'un travesti. Peu après, Manuel est assassiné et le juge Dominguez convoque les trois suspectes : Becky, Rebecca et Isabel. Le soir même, Rebecca annonce au journal télévisé qu'elle est la meurtrière. Mais sa mère, bouleversée par cette révélation et consciente de sa dette envers sa fille, décide d'endosser la responsabilité du crime. Elle mourra peu après, s'étant réconciliée avec elle et toutes deux ayant trouvé enfin la voie de l'apaisement qui permettra à Rebecca d'entrevoir son avenir plus sereinement.

 

Ce thème avait déjà été abordé par Bergman dans sa poignante "Sonate d'automne", mais avec Almodovar l'intrigue se plait à flirter avec l'émotion véhiculée par les personnages en plein conflit intérieur autant qu'avec le burlesque et le polar, sans que ce mélange nuise vraiment à l'unité du narratif. Voilà donc un drame qui se laisse gagner par des situations hilarantes et par une verve insolente et iconoclaste chère au cinéaste. Celui-ci ne craint pas de secouer ses images dans un shaker et à utiliser au mieux le talent de ses actrices: Abril et Parades. Une des œuvres marquantes du réalisateur espagnol.

 

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Talons Aiguilles de Pedro Almodovar
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 10:20
La leçon de piano de Jane Campion

"La leçon de piano" de Jane Campion, autant leçon d'amour que leçon de musique - l'éveil à la musique coïncidant avec l'éveil des sens - se passe de mots : le maître est muet et l'élève fruste. Le savoir se transmet par l'oreille, l'oeil, les mains, la peau, s'exprime par des sons et des harmonies. Avec sa fille Flora, Ada, veuve et musicienne mais ayant perdu l'usage de la parole, débarque sur une plage de Nouvelle-Zélande où elle va épouser un colon Alistair Stewart. Ce dernier se refuse, à cause du mauvais temps, à remonter le piano que la jeune femme a amené avec elle. Ce sera un autre colon du nom de Baines qui se chargera de transporter l'instrument chez lui, en contrepartie des leçons qu'Ada accepte de lui donner. Finalement Ada et Baines vont devenir amants. Mis au courant, Stewart, fou de jalousie, au cours d'une scène terrible, coupe l'un des doigts d'Ada afin qu'elle ne puisse plus exercer son art, mais se résigne à laisser partir le couple. Stewart, qu'Ada n'a jamais aimé, a cru la détruire en lui tranchant un doigt, mais Ada a appris autre chose : l'intensité du désir, la force de l'amour, la complicité des corps. Elle est prête à affronter une vie nouvelle en compagnie de Baines, cet homme rustre mais sensible, une vie tout aussi poétique, mais plus charnelle. En réalité, ce n'est jamais qu'un piano qui gît désormais au fond de l'océan, échoué sur les sables, dans le silence sépulcral des profondeurs. Ada est déterminée : elle va renaître, ré-apprendre à parler, à exister, à vivre, à aimer.

 

Avec ce film superbe, Jane Campion s'est hissée au rang des plus grands : en témoigne sa palme d'or à Cannes en 1993. Holly Hunter, remarquable dans le rôle d'Ada, reçut, quant à elle, l'Oscar de la meilleure actrice à Hollywood.

 

Pour prendre connaissance de l'article que j'ai consacré à Jane Campion, cliquer sur son titre :

 

Jane Campion, un cinéma au féminin

 

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La leçon de piano de Jane Campion
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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 10:29
Lion de Garth Davis

Quelle belle et captivante histoire que celle de Saroo, 5 ans, qui vit dans un  village indien avec sa mère, son grand frère et sa petite soeur. Certes, ils sont très pauvres : les garçons ramassent du charbon, la mère des pierres pour les constructions et la petite soeur est gardée à tour de rôle par sa mère ou ses frères. Mais ils s'aiment. Au cours d'une escapade avec son frère aîné pour gagner un peu d'argent, Saroo s'endort dans un train et se réveille 1600 km plus loin, à l'autre bout du pays. Par chance, il atterrit dans un orphelinat de Calcutta, après avoir échappé de justesse à de nombreux traquenards, et en sera tiré par un couple australien (David Wenham et Nicole Kidman) qui, renonçant volontairement à avoir leurs propres enfants, se consacrent à sauver des enfants en grande détresse. Et c'est le cas de Saroo. 

 

Devenu adulte (sous les traits de Dev Patel), Saroo se lance dans la vie professionnelle et rencontre une jeune fille avec laquelle il entend faire sa vie, mais pas avant d'être remonté à ses sources et de les avoir retrouvées, car il ne cesse d'être taraudé par des réminiscences de plus en plus obsédantes de son enfance indienne. Il se lance alors, grâce à internet, à une quête des lieux dont il n'a que peu de souvenirs et seulement le nom de son village. Et il y parviendra. 

 

Oui, l'histoire est incroyable mais vraie et Garth Davis nous la restitue d'une image tendre et délicate. Saroo, enfant, est absolument adorable et d'un naturel touchant et tous les acteurs, dont Nicole Kidman, sans maquillage, sont remarquables de naturel et d'authenticité. Aussi, comment ne pas vibrer en suivant cette quête bouleversante d'identité, comment ne pas adhérer à ce parcours du combattant entrepris par Saroo pour rétablir son lien biologique avec les siens, sans, pour autant, blesser ses parents adoptifs d'un dévouement et d'une compréhension admirables. Oui, ce film est beau, les personnages parlent justes et ce mélodrame, qui pourrait sombrer dans le pathos, se tient à hauteur d'homme et de sensibilité et emporte l'adhésion d'un public touché par sa grâce.

 

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Lion de Garth Davis
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 08:29
Frantz de François Ozon


1919 - le film s’ouvre sur le calme d’une bourgade allemande endeuillée par la guerre, où une jeune fille (Paula Beer) vient chaque jour fleurir la tombe de Frantz, son fiancé mort au front. Le reste de ses journées, elle les passe à consoler ceux qui auraient dû devenir ses beaux-parents et qui la considèrent comme leur fille. L’arrivée d’Adrien, soldat français tout juste démobilisé (Pierre Niney), va complètement bouleverser leurs vies. Cet opus de François Ozon s’inspire d’une pièce de Maurice Rostand, plaidoyer pacifiste rédigé peu après la fin des hostilités et le traité de Versailles, et qui fut porté à l’écran par Ernst Lubitsch en 1932 dans « L’homme que j’ai tué ». Ozon s’éloigne du canevas formel pour donner à son film une dimension autre et broder sur le sujet une page très personnelle, un mélodrame traité d’une façon classique et élégante, d’une belle rigueur où la philosophie s’imprègne de celle d’un Cioran, soit que la vie n’est jamais qu’une balade fébrile au bord d’un abîme.

 

Ozon a choisi le noir et blanc et la langue allemande pour nous conter l’histoire de ce soldat français venu se recueillir sur la tombe d’un soldat germanique qu’il aurait connu à Paris. Invité chez les parents de ce jeune Frantz, il raconte comment il a partagé avec lui des souvenirs de jeunesse, des cours de violon et des visites au musée du Louvre où une toile de Manet « Le suicidé » les interpellait l’un et l’autre. Bientôt les parents malheureux voient en lui un fils de substitution et, malgré les remous que provoquent sa présence dans la petite ville allemande mal remise de sa récente défaite et de ses nombreux morts, la sympathie qu’ils portent à cet ennemi d’hier redonne soudain un sens à leur vie. Je ne dévoilerai pas la suite du film qui tourne autour des thèmes admirablement traités du mensonge, de l’imposture, du remord et de la difficile réconciliation entre des peuples qui se sont déchirés avec une telle violence.

 

Ozon a su user, pour nous conter cette histoire sombre, d’une imagerie délicate, d’une reconstitution d’époque subtile et soignée et d’une mise en scène extrêmement fluide, juste éclairée, par moments, de quelques notes de couleurs chargées de nous prouver que l’espérance demeure. La jeune Paula Beer est délicieuse de fraîcheur dans le rôle d’Anna, meurtrie par son deuil récent mais animée d’une vie où se devine toute la grâce d’un amour renaissant, tandis que Pierre Niney est un Adrien Rivoire dont les séquelles de cette guerre ne parviennent pas à se cicatriser et qui traverse ces lendemains en état de choc permanent. Il donne à son personnage meurtri une dimension d’un tragique presque hallucinatoire et une ferveur qui ne se dément pas. Une prestation que certains jugeront peut-être excessive et que je considère personnellement comme une introversion remarquable de rigueur et de véracité. Malgré quelques faiblesses vers la fin ( mais il est vrai que Ozon a toujours des difficultés à conclure ses films ) où une certaine lenteur ou langueur nuit à la rigueur du narratif, Ozon réalise là son film le plus abouti.  

 

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Frantz de François Ozon
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 10:44
Love & Friendship de Whit Stillman


Angleterre, fin du XVIIIe siècle : Lady Susan Vernon est une jeune veuve dont la beauté et le pouvoir de séduction font frémir la haute société. Sa réputation et sa situation financière se dégradant, elle se met enquête de riches époux, pour elle et sa fille adolescente. Épaulée dans ses intrigues par sa meilleure amie Alicia, une Américaine en exil, Lady Susan Vernon devra déployer des trésors d'ingéniosité et de duplicité pour parvenir à ses fins, en ménageant deux prétendants : le charmant Reginald (Xavier Samuel) et Sir James Martin (Tom Bennet, parfait en gentil benêt), un aristocrate fortuné mais prodigieusement stupide…

 

 

Après une présentation un peu longue des personnages qui n’apporte rien au film, nous entrons dans une histoire simple mais enrichie par une mise en scène soignée, une interprétation remarquable et surtout des dialogues d’une pertinence jubilatoire qui plongent au cœur d’une époque qui ne manquait ni de perversion, ni de sagacité. Ici les femmes ont le beau rôle, elles savent manœuvrer avec l’audace, la subtilité, l’à-propos qui ne déparerait pas aujourd’hui dans les couloirs de l’Union Européenne. Au cœur de cette petite société  aisée de la vieille Angleterre règne une femme d’esprit, belle et pleine de ruse et de convoitise : Lady Susan Vernon (éblouissante Kate Beckinsale). Derrière une apparente futilité, cette maîtresse femme habile et sans arrogance – ce qui au final rend le personnage plutôt sympathique – mène son monde d’une main gantée de velours. Elle nous prouve combien la finesse psychologique permet d’exercer sur autrui un pouvoir de manipulation dont notre classe politique ne cesse de s’inspirer, le charme en moins. Tout n’est-il pas question de dosage dans l’action et surtout dans  les propos où s’unissent à merveille cynisme et  malignité. Cette romance piquante est un régal grâce aux dialogues d’une cruauté évidente et d’une perfidie teintée de politesse et d’élégance oratoire, ce qui donne goût et saveur au breuvage. Nous sommes loin d’un autre film tout aussi bavard où les propos étaient, hélas, d’une vulgarité et d’une pauvreté affligeante : je parle de "Carnage" de Roman Polanski.

 

         

Après cinq longs métrages en 26 ans et cinq longues années d’absence, le metteur en scène  Whit Stillman nous revient avec un opus très honorable, comédie bien troussée, inspirée d’un court roman « Lady Susan », d’une auteure, Jane Austen qui, connaissant bien la société de son temps, en rend ici l’écho cinématographique d’autant plus saisissant. Une belle réussite servie par une distribution épatante, une musique d’accompagnement agréable et une mise en scène qui, sans être innovante, met en valeur la parfaite reconstitution de l’époque.

 

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Love & Friendship de Whit Stillman
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 10:49
Tess de Roman Polanski

 Dans l’Angleterre du XIXe siècle, un paysan du Dorset, John Durbeyfield (John Collin), découvre par hasard qu’il est le dernier descendant d’une grande famille d’aristocrates qui remonte à Guillaume le Conquérant. Motivé par le profit qu’il pourrait tirer de cette noblesse ensevelie à jamais sous ses dalles de pierre, Durbeyfield envoie sa fille aînée, Tess (Nastassja Kinski) se réclamer de cette parenté chez la riche famille des d’Urberville qui a acheté le nom et les titres. Le jeune Alec d’Urberville (Leigh Lawson), charmé par la beauté de cette adolescente qui dit être sa cousine, accepte de l’employer et met tout en œuvre pour la séduire. Tess finit par céder aux avances d’Alec et, enceinte, retourne chez ses parents où elle donne naissance à un enfant qui meurt peu de temps après. 

 


Fuyant la pauvreté des siens et la honte qui l'accable, elle quitte son village et trouve un emploi dans une ferme laitière où personne ne connaît son malheur. Elle y rencontre son véritable amour : un fils de pasteur nommé Angel Clare (Peter Firth). Ce dernier, croyant que Tess est une jeune paysanne innocente, tombe éperdument amoureux d’elle et, malgré l’abîme financier qui les sépare, la demande en mariage. Mais, lorsque celle-ci lui avoue qu’elle a été victime d’un viol et a eu un enfant, il la quitte pour partir au Brésil, ne pouvant supporter que sa jeune femme ne soit pas la vierge pure qu’il imaginait. Abandonnée, Tess se verra dans l’obligation de céder aux propositions d’Alec qui la sauve de la misère ainsi que sa mère et ses frères et sœurs mais ne lui offre qu’une existence de luxure et de compromis. Cela, jusqu’au moment où Angel, repenti, revienne et tente de se faire pardonner. Mais il est…trop tard.

 

 

La restauration numérique récente rend ses couleurs d’origine à ce film splendide, l’un des plus beaux de Roman Polanski, dont les images ne cessent d’évoquer les peintures ombrées de Turner et dont l’histoire reste fidèle au roman victorien de Thomas Hardy " Tess d'Urberville". Cette oeuvre classique de la seconde partie du XIXe siècle se situe dans la lignée d’une « Madame Bovary » ou d’une « Anna Karénine » par la complexité de destins hors normes et le romantisme qui les habite et parce que le personnage de Tess illustre la fragilité des femmes pauvres en un temps où aucune loi n’était sensée les protéger.

 

 

Ce film est dédié à Sharon Tate, la première épouse de Roman Polanski, assassinée sauvagement par la secte de Charles Manson en 1969, qui avait suggéré à son mari de lire le roman de Thomas Hardy et d’en faire une adaptation cinématographique. Cet opus est par conséquent un hommage à cette jeune femme. L’incrustation « To Sharon » défile à l’écran alors que danse un cortège de jeunes filles aux sons d’un orchestre campagnard, évoquant le charme émouvant de ces jeunes filles en fleurs. La musique de Philippe Sarde, parfaitement adaptée à l’histoire, ajoute une note de mélancolie à la beauté sublime de la mise en scène et des paysages de la vieille Angleterre, bien que le film ait été tourné en grande partie en Normandie. Celui-ci ne reçut pas moins de 3 César dont celui de la Meilleure actrice pour la toute jeune Nastassja Kinski, alors âgée de 17 ans, de 3 Oscar dont celui du Meilleur film et de 2 Golden Globe, c’est dire l’enthousiasme qu’il suscita à sa sortie en salles pour la simple raison que l’histoire, la mise en scène, l’interprétation sont admirables. Une mention particulière pour Nastassja Kinski qui, malgré son jeune âge, sut donner, avec une gravité touchante, visage et corps à cette jeune fille naïve mais infiniment courageuse qui assumera son destin avec une dignité bouleversante et une sorte de pulsion sacrificielle. Elle est Tess dans sa beauté et sa résignation héroïque. La scène où elle mange une fraise offerte par son soi-disant cousin et celle où elle essaie de siffler pour charmer les poules de la châtelaine dégagent une sensualité profonde et une grâce inouïe.

 

 

« J’ai toujours voulu tourner une grande histoire d’amour » - confiera le cinéaste. Et il ajoute : « Ce qui m’attirait également dans ce roman, c’était le thème de la fatalité. Belle physiquement autant que spirituellement, l’héroïne a tout pour être heureuse. Pourtant le climat social dans lequel elle vit et les pressions inexorables, qui s’exercent sur elle, l’enferment dans une chaîne de circonstances et la conduisent à un destin tragique. »

 

 

Roman Polanski a magistralement adapté ce roman au 7e Art et a su en faire une œuvre d'évocation picturale d'une rare perfection, où les personnages se meuvent dans une Angleterre reconstituée avec ses ombres et ses lumières, sa grandeur et ses misères, ses ténèbres aussi, et la fraîcheur perdue d’une jeunesse oubliée. Splendide.

 

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Tess de Roman Polanski
Tess de Roman Polanski
Tess de Roman Polanski
Tess de Roman Polanski
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:39
The Lady in the Van de Nicholas Hytner

A l'heure où l'autofiction fait florès dans le roman français, un auteur anglais Alan Bennett se posait la question de dissocier l’auteur de son double. L'expérience qu'il a vécue est si originale qu'elle serait la matière idéale d'un livre. L'écrivain en fera une pièce de théâtre dans laquelle a joué Maggie Smith en 1999 et la même actrice est sollicitée par Nicolas Hytner pour interpréter à l'écran  cette Miss Shepherd, une femme clochardisée acariâtre et sale. L’histoire est bien réelle, comique et touchante, celle de la relation qui va progressivement s’établir entre l’écrivain solitaire et cette femme, qui a élu domicile à la suite d’une mystérieuse tragédie dans une camionnette, qu’elle gare définitivement aux abords du domicile de l’écrivain et dramaturge qui va devenir, par la force  des choses, son protecteur et son confident. Ainsi, ils vont vivre ensemble une amitié paradoxale et cocasse, non dénuée de pittoresque et d’humour. Car, entre le dramaturge égocentrique interprété par  Alex Jennings et la vielle dame irascible, excentrique et un brin follette, admirablement campée par Maggie Smith, les échanges relèvent parfois de  la commedia dell'arte.

 

 

Je suis allée voir le film pour elle bien sûr, cette actrice de 60 ans de scène et d’écran qui est sans doute ce que l’on fait de mieux en Grande-Bretagne, une comédienne rouée et incontournable dont on se souvient à quel niveau elle a hissé son rôle de comtesse douairière de Grantham dans l’excellente série « Dowton Abbey », parvenant au niveau ultime de la célébrité tant elle y est irrésistible… Oui, pour rien au monde je ne voulais rater cette nouvelle prestation. Maggie est évidemment parfaite et porte sur ses épaules le film qui manque souvent de souffle et de conviction et qu’elle sur-joue parfois pour lui donner plus de relief et de crédibilité. Oui, sa verve évite au récit l’écueil de la morosité que l’écrivain homosexuel dépressif a trop tendance à côtoyer et qui  prive l’opus du dynamisme auquel je m’attendais. Entre le dramaturge et cette vieille dame isolée, qui se ferait arracher le cœur plutôt que de céder au sentimentalisme, la relation en dents de scie a tout de même une touchante résonance. Mais on aurait aimé plus d’inventivité, plus de finesse, plus de saveur. 

 

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 09:05
Le concert de Radu Mihaileanu

 A l’époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union soviétique et dirigeait le célèbre orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.


Un soir, alors qu’Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s’agit d’une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l’orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd’hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L’occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche...

 

A partir de ce scénario, Radu Mihaileanu nous convie à partager un véritable hymne à la musique où, malgré un certain manque d’unité dans le schéma initial, le résultat est que l’on  sort de la salle avec du baume au cœur, tant la présence permanente de la musique reste en mémoire. Après la tragi-comédie absurde de «  Train de vie » et le mélodrame bouleversant « Vas, vis et deviens », le cinéaste slave nous revient avec un film plus léger et mieux calibré, au ton de franche farce (du moins en apparence), qui a connu un succès bien mérité.



Mihaileanu reprend à son compte un motif typique de la comédie sociale : celui de la bande de ratés qui réalise son rêve à force d’acharnement, de solidarité et de péripéties rocambolesques. Comme « Les Virtuoses », il met ce schéma au service d’un thème fédérateur, la grande musique classique : ici, c’est un chef d’orchestre russe déchu par le régime staliniste (Alexei Guskov) qui part à la conquête de Paris, pour jouer du Tchaïkovski au théâtre du Châtelet, non sans l’aide de son « orchestre » composé de clochards magnifiques. L’occasion d’une galerie de portraits hilarante, jamais loin de la grosse caricature à la mode slave. Pour autant, on aurait tort de bouder son plaisir : après un démarrage un peu poussif, le spectacle prend son envol, enchaînant les situations burlesques et les dialogues les plus drôles sur un rythme trépidant. La première partie en Russie débute comme une fantaisie à la Kusturica, puis « Le concert » trouve une énergie nouvelle lorsque sa troupe de branquignols débarque à Paris : dès lors, Mihaileanu mêle humour et émotion en un savant dosage, se gaussant du choc des cultures et des clichés ethniques (la bouffe, la vodka, le communisme, la mafia) tout en dessinant en sourdine une ligne scénaristique plus grave (le mystère de la naissance d’Anne-Marie Jacquet/Mélanie Laurent, le sort des juifs sous la répression staliniste), le cinéaste roumain ne perdant jamais de vue les thèmes qui lui sont chers. C’est à l’occasion de cet opus que l’on a découvert la présence et le talent de Mélanie Laurent qui joue avec une émotion grave ce merveilleux concerto pour violon de Tchaïkovski, point d’orgue du film. A revoir et à réentendre sans aucun doute.

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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