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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 09:26
Sur le chemin de l'école de Pascal Plisson

César mérité du meilleur documentaire.
 

« Sur le chemin de l’école » de Pascal Plisson est un film merveilleux par sa simplicité et la formidable leçon de courage qu’il propose avec pédagogie : cinq enfants de 9 à 12 ans dont l’itinéraire, pour rejoindre leurs écoles respectives, est un véritable parcours du combattant au travers de lieux désertiques et pauvres. Il y a Carlos et Micalea qui vivent sur les plateaux de Patagonie en Argentine, Samuel et ses deux frères en Inde, Jackson et sa sœur Salomé au fin fond de la savane kényane, enfin Zahira dans les montagnes du Haut-Atlas au Maroc. Chacun d’eux a cependant la chance d’aller à l’école. Mais à quel prix ! 15 kilomètres à pied à travers la brousse pour Jackson et sa sœur Salomé, 22 kilomètres pour Zahira et ses amies dans les montagnes, 18 kilomètres à cheval dans la lande pour Carlos et sa sœur Micalea. Enfin, Samuel, jeune paraplégique, est tiré et poussé sur son fauteuil roulant fait de bric et de broc par ses deux frères sur 4 kilomètres de chemins terreux, parsemés de ruisseaux. Alors pour quelles raisons vont-ils à l’école ? L’un pour devenir médecin et soigner les enfants paralysés comme lui, l’autre pour être pilote et survoler le monde, une troisième pour enseigner et permettre à tous les enfants du monde d’accéder au savoir, enfin un autre encore pour devenir vétérinaire. 

SUR-LE-CHEMIN-DE-L-ECOLE-photo.jpg 

Mais l’originalité du film consiste à nous faire partager le trajet de chacun de ces écoliers au coeur de paysages sauvages et la plupart du temps déserts. Comme si le trajet comptait autant, voire plus, que l’objectif final. Le réalisateur nous invite ainsi à nous rendre à la rencontre de ces enfants-marcheurs et nous convainc, par la même occasion, que le véritable apprentissage commence par la marche, que  l’important n’est peut-être pas l’école mais  de s’y rendre, tant il est vrai que l’on n’apprend que d’un effort, d’un cheminement avec d’autres, au sein d’une communauté. A contrario, on n’apprend moins en consultant son smartphone. Rimbaud écrivait : « Je suis un piéton, rien de plus. »  Dans le mot piéton ou mieux passager, il y a le symbole d’un lieu où l’on se rend, d’un désir vers lequel on tend, d’un choix que l’on aspire à réaliser. Il y a donc ce passage à effectuer pour devenir autre, pour grandir, apprendre et se réaliser, pour entrer dans le monde de la connaissance. Mais, avant l'étape du parcours, il y a certains rites à respecter : ainsi Jackson lave-t-il son uniforme dans un trou qu’il creuse dans le sable afin d’atteindre l’eau rare et précieuse ; Carlos se coiffe-t-il avec soin ; Zahira trimbale-t-elle une poule dans un sac qu’elle échangera au marché contre de la nourriture et Samuel enfile-t-il, avec l’aide de ses deux frères, sa chemise d’uniforme afin d’être présentable au moment d’entrer au collège, car la plupart de ces enfants portent un uniforme, une façon d’être tous semblables.

 

 

image-docu-chemin-ecole.jpg

 

Oui,  l’effort, la peur sont sans cesse présents, façonnant leur volonté, structurant leur mental : il faut à chacun de ces enfants vaincre et résister. Très tôt, ils sont mis en présence d’un monde qui n’est pas bienveillant et qu’ils devront leur vie durant surmonter. A aucun moment, nous ne les voyons faiblir, moins encore renoncer. La rivière, les éléphants, la cheville endolorie, la roue du fauteuil roulant qui ne tourne plus, à ces écueils ils trouvent des  solutions, souvent grâce à l’entraide des gens du pays. Ces petits écoliers sont une fierté pour eux, l’avenir en marche. Aussi rares sont ceux qui ne se montrent pas coopérants.

 

Au bout de ces parcours difficiles que nous partageons avec eux, il y a l’école, les copains, le maître que l’on aime et respecte, les cours que l’on écoute avec une attention joyeuse et l’avenir dont on rêve. Le rêve existe encore pour ces enfants qui n’ont autour d’eux que des exemples simples mais solides : la famille, la nature dans sa beauté inchangée, la sérénité des cœurs simples. J’avoue que ce film m’a infiniment émue parce qu’il est comme un long poème, un retour aux sources, à la pureté des choses originelles. Certains penseront qu’il ne nous apprend rien, alors qu’il nous apprend tout, ne serait-ce qu’à poser un regard neuf sur ce qui nous entoure, à écouter la voix du monde quand elle chante aussi juste. 

 

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Sur le chemin de l'école de Pascal Plisson
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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 10:35
DONNE-MOI DES AILES de NICOLAS VANIER

Voilà un film qui, dans la grisaille automnale, est une véritable bouffée de fraîcheur. Que nous propose-t-il : un  joli conte initiatique inspiré d’un fait réel, l'expérience de Christian Moullec, pionnier du vol en ULM avec des oiseaux sauvages, et sans doute du film "L'envolée sauvage" (1996) qui narrait une histoire similaire.  Nicolas Vanier a ce talent de choisir des sujets où les grâces de l’enfance sont encore présentes et de nous amener à considérer la vie sous un autre angle : celui de la réalisation d’un rêve. Dans ce dernier opus «Donne-moi des ailes», il nous propose l'histoire d’un ado de 14 ans, Thomas (Louis Vazquez), qui renoue avec son père grâce à des vacances scolaires et découvre la vie sauvage qui, en quelques semaines, va faire de lui une personne et lui ouvrir des horizons nouveaux.


Ado typique, Thomas n’a nul envie d’aller passer ses vacances en Camargue, loin des plaisirs qui sont les siens, en pleine nature et auprès d’un père qui étudie une espèce menacée d’oies sauvages. Mais, peu à peu, le garçon se prend de passion pour le projet fou de ce père (Jean-Paul Rouve) : accompagner les volatiles en ULM pour leur ouvrir une route de migration moins dangereuse. Bien qu’il ne parvienne pas à obtenir les autorisations, Christian s’entête, mais l’expédition est finalement interdite par les autorités norvégiennes. C’est alors que Thomas va leur fausser compagnie et s’envoler avec les oiseaux à bord de l’ULM afin de les ramener au pays, soit en Camargue, par cette nouvelle piste. Cela donne lieu à des paysages magnifiques et des images superbes du vol des oiseaux. Bientôt relayée par des vidéos, l’aventure de l’adolescent prend une tournure nationale et c’est une foule qui le guette et l’attend quelques jours plus tard sur les plages de Camargue. Belle histoire un peu féerique étant donné l’âge de l’ado, mais que l’on se plaît à croire tant elle est bien contée et nous offre un panel de beaux sentiments et de belles images : le sauvetage des oiseaux et la réconciliation de ses parents. Oui, un film qui nous donne des ailes pour envisager des lendemains moins embrumés…  

 

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DONNE-MOI DES AILES de NICOLAS VANIER
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Le jeune Louis Vazquez

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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 09:04
Buffet froid de Bertrand Blier

« Buffet froid » nous conte la cavale de trois individus déjantés et paumés. Cette fable jubilatoire est peut-être le meilleur film de Bertrand Blier. Un chef-d’œuvre d’humour absurde et de mélancolie désabusée où trois acteurs exceptionnels nous entraînent dans leur délire et leur mal-être grâce à des dialogues coulés dans le vitriol, faisant  d'eux  des êtres pitoyables et caricaturaux. Cette farce pouvait tomber très vite dans l’absurde et faire chou blanc mais, interprétée par des acteurs d’une présence et d’une efficacité redoutables, c’est un petit chef-d’œuvre de drôlerie, une suite de scènes cocasses qui s’achèvera, comme il se doit, de façon plutôt morale puisque les trois compères trouveront la mort qu’ils méritaient. Aucun détail n’a été oublié pour que les scènes soient en permanence justes et inattendues et que les mots des uns et des autres fassent mouche.


Par ailleurs, le film tient d’autant mieux la route que la performance des comédiens, tous habités par des rôles écrits sur mesure, est indiscutable. En effet, Jean Carmet, Bernard Blier et Gérard Depardieu forment un trio tragi-comique qui se débat pour empêcher que les événements ne prennent le dessus. Si on pense, dans un premier temps, que les protagonistes sont soudés les uns aux autres, ils ne sont au fond que des inconnus, étant prêts à se tirer dans les pattes et à se trahir si la situation l'exige. Les grands espaces n’offrent pas plus de liberté que la campagne, ce qui vaut à Bernard Blier de se livrer à une tirade cinglante sur sa vision quelque peu archaïque et bougonne du monde rural. Un décalage qui souligne à la fois l’humour noir et la vacherie intrinsèque de cet inspecteur de police haïssant la musique. Sans compter sur une mise en scène parfaite dans des décors adaptés aux circonstances et où le clair-obscur est traité avec subtilité pour mieux cerner le climat ambiant.  Bien conduit, original et percutant, l'opus se regarde avec un réel plaisir, loufoque et néanmoins précis dans chacun de ses détails, suite ininterrompue de scènes désopilantes menées avec une implacable logique.

 

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Buffet froid de Bertrand Blier
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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 09:58
Le mystère Henri Pick de Rémi Bezançon

Adapté du roman éponyme de David Foenkinos, le film de Rémi Bezançon ne vaudrait pas pipette sans la présence de Fabrice Luchini qui anime l'opus de sa malice, de son entêtement à plonger au coeur de cette invraisemblable histoire de manuscrit. L'idée de départ est excellente, celle d'une bibliothèque consacrée aux manuscrits refusés, sise en pays breton dans la presqu'île de Crozon, ce qui nous vaut des paysages superbes et, qu'un jour, une éditrice décide de visiter avec un jeune romancier en quête de reconnaissance dont elle vient de publier le premier roman. Elle est attirée alors par l'un de ces dossiers oubliés, comme le serait une bouteille à la mer, s'emballe pour son contenu et décide de le publier avec l'aura toute particulière dont cet ouvrage remarquable jouit  du seul fait d'avoir été un laisser pour compte de l'univers littéraire.


Si bien que, paré de cette légende, le roman fait mouche auprès du public et devient du jour au lendemain un best-seller, mais Jean-Michel Rouche (Fabrice Luchini), vedette d'une émission littéraire flaire d'emblée l'entourloupe et s'en prend à la veuve de ce Monsieur Pick, un brave pizzaïolo décédé deux années plus tôt qui n'a jamais écrit plus de quelques lignes sur des cartes postales destinées à sa famille, ce qui ne manque pas de susciter un scandale à l'antenne : voilà Rouche viré de la télévision et du lit conjugal, l'un allant souvent de pair avec l'autre. Bien écrits, les dialogues permettent à Luchini de donner toute sa mesure avec une savoureuse drôlerie et un cynique entêtement et, ce, en présence de la fille du supposé auteur qui s'affiche dans la contradiction avec panache : Camille Cottin. 


Cette partie de ping-pong oral focalise tout l'attrait du film dont le final ne nous surprend guère tant il est prévu dès les premières scènes, dommage ! - mais ce polar sans cadavre a du moins le mérite de pointer de la pellicule l'univers littéraire qui, pas davantage que les autres, n'échappe aux tentations du marketing  et aux paradoxes des faux-semblants.


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Le mystère Henri Pick de Rémi Bezançon
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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 10:02
Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron

Je l’avoue, je n’ai pas boudé mon plaisir hier soir à la projection du second volet d’un film qui avait cartonné en 2014  «  Qu’est qu’on a encore fait au bon Dieu ? » Alors que les critiques des journaux s’opposent sur le plan purement politique, j’encourage mes lecteurs à aller passer une heure trente de détente sur un sujet empli d’une sympathique vision des choses, celle d’un monde qui s’est ouvert depuis longtemps à nos différences. Oui, voilà un retour réussi des familles Verneuil et Koffi que leurs racines civilisationnelles séparent à bien des égards mais que tout rapproche à propos des sentiments et de l’amour qu’ils éprouvent pour leurs enfants et petits-enfants. Plus finement traité que le premier volet, plus subtil dans ses dialogues, ce film aborde les sujets qui fâchent avec humour, si bien que nous voyons à quel point nos à priori sont le plus souvent ridicules et néfastes. Comme dans le précédent opus, Chantal Lauby et Christian Clavier sont une Marie et un Claude Verneuil épatants, ce qui n’enlève rien aux autres acteurs tous excellents et d’une joyeuse diversité dans leurs oppositions de façade et leur côté bobos des banlieues chics.

 

 

 

Derrière ses ressorts comiques efficaces, la comédie de Philippe de Chauveron n’est ni niaise, ni superficielle et touche juste. Elle évoque notre temps sans lourdeur avec un humour qui aère et fait du bien, renouant avec une mise en orbite savoureuse et efficace des divers et nombreux désagréments de notre époque. Et cela, à travers la planète entière, puisque la famille est une composition représentative de nos divers continents. Les thèmes les plus délicats sont abordés de façon si jubilatoire que nous pouvons enfin rire de bon cœur sans nous sentir pris en faute par le « politiquement correct »  et une police de la pensée étouffante. Certes, un film qui a le culot d’aborder les thèmes qui fâchent avec tant de bonne humeur que les spectateurs sont invités à rire sans se sentir pris en faute. Quel talent pour ce second volet de la part de Philippe de Chauveron qui a le mérite d’amuser son public sans le culpabiliser. 

 

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Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron
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Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron

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29 janvier 2019 2 29 /01 /janvier /2019 11:36
Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Michel Legrand

Je n’avais jamais eu l’occasion de voir le film de Michel Legrand « Les parapluies de Cherbourg » en entier, aussi est-ce avec plaisir que je l’ai visionné en entier  hier soir à la télévision. Bien que je trouve la réalisation moins réussie  que celle des « Demoiselles de Rochefort »,  plus rythmée, plus enlevée, je n’ai pas résisté au charme de cette histoire d’amour chantée, à la grâce de Catherine Deneuve et au romantisme des images, bien que ce ne soit en définitive qu’une bluette désuète et sans grande envergure. Mais le charme opère dès les premières images tant la musique est délicate, les prises de vue  poétiques et tant  l’ensemble dégage un attrait irrésistible.

 

Nous sommes à Cherbourg en novembre 1957. Geneviève Emery, dont la mère tient un commerce de parapluies, aime Guy Foucher ( Nino Castelnuo), un jeune garagiste. La mère de Geneviève n'envisage pas d'un bon oeil cette idylle et préférerait voir sa fille épouser Roland Cassard, un diamantaire. C’est alors que Guy est appelé sous les drapeaux pour participer à la guerre d'Algérie. Geneviève se donne à lui avant son départ. Enceinte, elle finira par céder aux instances de sa mère et épousera Roland, cet homme riche qui accepte son enfant.

 

Oui, aucune audace dans cette histoire si ce n’est celle d’avoir osé faire chanter la totalité  des dialogues sur la musique de Michel Legrand et, ainsi, d'avoir transformé le scénario simplet en comédie musicale d’un style inédit qui a peu à voir alors avec les comédies américaines de l’époque. C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès et l’originalité de cette production qui ne peut être comparée à » West Side Story » mais conserve sa fraîcheur et son attrait en grande partie grâce aux mélodies ravissantes de Michel Legrand.

 

Les acteurs ont eu le mérite de se glisser avec tact dans leurs personnages, de jouer avec un naturel et une spontanéité qui procurent à l’histoire sa saveur particulière. Coiffée par les sœurs Carita, Catherine Deneuve est au sommet de sa beauté gracile, Anne Vernon, qui interprète le rôle de sa mère, est fort jolie elle aussi et l’ensemble suscite une indicible émotion. Le pari du metteur en scène et du musicien a parfaitement fonctionné et nous touche à l’heure de la science-fiction, des effets spéciaux et du numérique comme une bouffée d’oxygène.

 

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Catherine Deneuve et Anne Vernon

Catherine Deneuve et Anne Vernon

Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Michel Legrand

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 11:00
Edmond d'Alexis Michalik

Je me rendais à cette projection avec un a priori d'autant plus favorable que la critique, dans l’ensemble, s’était montrée élogieuse. D’où ma désillusion à la vue de cette farce outrancière et brouillonne qui m’a davantage agacée que séduite. Nous sommes là à un niveau très scolaire et en présence d’un scénario qui ne relate en rien les affres de l’inspiration poétique et ne correspond absolument pas à la réalité. Ayant sous la main  la biographie d’Edmond Rostand, il n’y a quasi pas un seul point commun avec  l’écriture de cette pièce à succès et ce que nous propose cet opus qui cède à tous les clichés de la facilité. Dommage, car les acteurs méritaient un texte mieux inspiré et une direction plus sobre et plus fine,  en accord avec les prises de vue d’un Paris de l’époque joliment reconstitué. On m'a assuré que la pièce de théâtre était meilleure et plus subtile. Je veux bien le croire ...


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Edmond d'Alexis Michalik
Les acteurs Thomas Solivérès et Tom Leeb

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 10:07
L'incroyable histoire du Facteur Cheval de Nils Tavernier

Voilà un film qui tombe à point nommé, tant son actualité nous met en phase avec une France profonde, humble et immortelle, qui nous offre d’elle  une image pleine de grâce et d’émotion. De nos jours, le facteur Ferdinand Cheval aurait probablement enfilé un gilet jaune avec conviction et sagesse.

 

Cet avant- propos terminé, le film de Nils Tavernier est un ouvrage tissé à petits points avec une certaine lenteur et un souci constant de donner au personnage sa dimension attachante, à ce taiseux son mystérieux génie et sa pudique réalité. Voilà un homme, né en 1836, qui, après avoir été mitron, il savait ainsi d’ores et déjà modeler la pâte, deviendra facteur, parcourant chaque jour 33 km à pied car la voiture n’existait pas à l’époque et que le vélo ne lui aurait pas permis de rouler sur les pistes escarpées qu’il avait à emprunter. Vie simple et besogneuse où le souci du travail accompli dans l’effort ne le prive nullement de se laisser gagner par des aspirations artistiques et des rêves grandioses. Cet homme d’apparence frustre est un délicat qui ne rêve plus que de bâtir pour sa fille Alice un palais digne des contes les plus fous. C’est d’ailleurs tel un illuminé, un dément, qu’il est considéré par les gens de son village, tandis que les journalistes et les experts, qui viennent roder sur les lieux, estiment que son délire architectural n’est autre « qu’un ramassis d’insanités qui se brouillent dans la cervelle d’un rustre ». Mais rien ne décourage le facteur Cheval. Tenace, opiniâtre, dur et exigeant envers lui-même, il passera  33 années à élever cette œuvre monumentale qu’André Malraux considérera et classera en 1969, soit quarante-cinq ans après sa mort, « comme la seule représentante en architecture de l’art naïf ».


L’existence de Ferdinand Cheval sera marquée en permanence par la douleur, il perdra ses deux femmes, ses deux enfants, dont sa petite fille Alice qu’il vénérait, et ne sera, durant les 88 années de sa vie, qu’un homme buriné par l’épreuve et dont la seule évasion sera ce palais imaginaire qu’il sculpte patiemment de ses mains, charriant à longueur de soirées et de nuits des brouettes de pierres et de chaux vive. C’est lors d’une chute qu’il remarque que certaines pierres semblent avoir été sculptées par une main inspirée et que son rêve va prendre forme. Si la nature se fait sculpteur, pourquoi lui, Ferdinand Cheval, ne deviendrait-il pas architecte et maçon ? Et le rêve ne cessera plus de prendre forme. 


Dans le rôle de Ferdinand Cheval, Jacques Gamblin est  habité par son personnage. Il est ce taiseux de Hauterives,  dans la Drôme, empli  d’humilité et de passion, ferme et pudique, clos sur lui-même comme sur son rêve et tellement déterminé qu’il  ne renoncera jamais à l’effort surhumain de ce travail, ne cédera jamais  face aux moqueries féroces de son entourage, ni à l’immense douleur de la perte des êtres chers. Constant dans sa détermination, il ira au bout de ce rêve qui a paré sa vie pauvre et silencieuse d’une aura éternelle.  Quant à Laetitia Casta, elle est parfaite dans le rôle de son épouse Philomène, ajoutant une note de tendresse et de douceur à cette attachante reconstitution.

 

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L'incroyable histoire du Facteur Cheval de Nils Tavernier
L'incroyable histoire du Facteur Cheval de Nils Tavernier
Le palais idéal du Facteur Cheval

Le palais idéal du Facteur Cheval

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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 09:35
Pupille de Jeanne Herry

Voilà un film qui a toutes les apparences d’un documentaire sur l’abandon et l’adoption tant il est bien construit et aborde le sujet avec précision, intelligence et réalisme. Il reste néanmoins un opus envoûtant par cette approche chorale d’une sensibilité délicate et d’une interprétation parfaite. Un enfant naît sous X d’une jeune mère étudiante qui n’envisage pas d’entraver son avenir avec un enfant qu’elle n’a pas désiré. Terrible constat, celui de ce bébé auquel sa procréatrice ne jettera pas même un regard ! Aussitôt la société prend le relais. Comment ? Grâce à un réseau d’aide sociale qui va tenter d’assurer au nouveau-né un avenir que sa mère biologique est bien en peine de lui assurer.

 

Après « Elle l’adore », Jeanne Herry se consacre à un sujet sensible rarement abordé, celui de l’adoption, à travers une chaîne de solidarité collective extrêmement bien traitée et décrite d’une caméra qui ne cède jamais au pathos. Précis, émouvant, admirablement interprété, le scénario respecte la chronologie des événements sans une once d’ennui ou de lourdeur, en une fiction très proche de la réalité, ce qui procure au film cet intérêt documentaire sans lui enlever sa touchante vibration.

 

La réussite est donc totale. La réalisatrice nous décrit les étapes qui vont permettre à ce petit enfant de connaître une existence normale. Cela, grâce à une administration humaine et efficace interprétée par des comédiens pleinement immergés dans leur sujet. Gilles Lelouche aborde là un rôle d’homme solide et responsable loin du mâle rude et dur auquel il nous avait habitués et nous propose ainsi une version de son talent totalement inédite. Quant aux femmes, Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez et Miou-Miou, elles sont parfaites dans leur dévouement et leur compétence, leur sérieux et leurs interrogations qui assurent à cette ode autant de tendresse que d’authenticité. Dans notre monde régi par le cynisme, « Pupille » est une source de tendresse, une réhabilitation inattendue du collectif au service d’un humain souvent malmené, et une bouffée de fraîcheur et de fraternité à ne pas rater.

 

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 10:27
Un homme pressé d'Hervé Mimran

Bien sûr, je suis allée voir ce film pour Fabrice Luchini qui, une fois encore, donne une densité à la fois drôle et émouvante à ce personnage d'un grand manitou de l'industrie automobile frappé par un AVC qui endommage grandement sa mémoire et sa parole. Avouez que choisir Luchini pour jouer le rôle d'un homme qui a des problèmes d'élocution ne manque pas d'audace et je dois avouer que l'acteur bafouille de façon irrésistible et que le film, sans être un sommet de la filmographie luchinesque, ne manque ni de saveur, ni de tendresse. Hervé Mimran, qui ne nous avait pas ébloui jusqu'à présent avec deux comédies sans grande finesse, trouve là une expression plus grave car cet homme pressé, qui conduit sa vie au pas de charge en obsédé du travail et de l'efficacité, va soudain, après ce grave accident de santé, remettre en question son existence et surtout renouer avec sa propre humanité. Et Luchini réalise cela à merveille. Il donne à ce personnage que son groupe va virer sans égard, une sensibilité très juste et une touchante proximité avec le public. A ses côtés, les seconds rôles  sont à la hauteur, autant Rebecca Marder dans celui de sa fille que Leïla Bekhti dans celui de l'orthophoniste qui l'aide à rééduquer sa parole sans concession aucune et avec l'humour nécessaire pour qu'il ne sombre pas dans le désespoir. Enfin n'oublions pas le chien fidèle d'entre les fidèles, le plus tendre aussi qui suivra son maître sur le chemin de Compostelle où  le malheureux ponte de l'industrie automobile va chercher et trouver sa rédemption. Un film qui touche et séduit malgré quelques longueurs. Nous sommes loin, il est vrai, du parcours et de la reconversion de Carlos Ghosn.
 

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Un homme pressé d'Hervé Mimran
Un homme pressé d'Hervé Mimran

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Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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