Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 13:39

 

 

MOUCHETTE de ROBERT  BRESSON

 

CE QUI NOUS LIE de CEDRIC KLAPISCH

 

UN LONG  DIMANCHE DE FIANCAILLES de JEAN-PIERRE JEUNET

 

MAL DE PIERRES de NICOLE GARCIA

 

LA PHILO VAGABONDE de YOHAN LAFFORT

 

JUSTE LA FIN DU MONDE de XAVIER DOLAN
 

LE FILS DE JEAN de PHILIPPE LIORET

 

CEZANNE ET MOI de DANIELE THOMPSON

 

LE SEPTIEME JURE de GEORGES LAUTNER

 

RETOUR CHEZ MA MERE d'ERIC LAVAINE

 

EPERDUMENT de PIERRE  GODEAU

 

CHOCOLAT de ROSCHDY ZEM

 

L'HERMINE de CHRISTIAN VINCENT

 

UN TAXI POUR TOBROUK de DENYS de la PATELLIERE

 

PREMIERS CRUS de JEROME LE MAIRE
 

MARGUERITE de XAVIER GIANNOLI

 

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE d'ARNAUD DUPLESCHIN

 

LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE

 

UN HOMME IDEAL de YANN GOZLAN

 

LE DERNIER LOUP de JEAN-JACQUES ANNAUD

 

LA BETE HUMAINE de JEAN RENOIR

 

QUAI DES BRUMES de MARCEL CARNE

 

LES SOUVENIRS de JEAN-PAUL ROUVE

 

LA FAMILLE BELIER de ERIC LARTIGAU
 

RESPIRE de MELANIE LAURENT
 

ELLE L'ADORE de JEANNE HERRY
 

BON RETABLISSEMENT de JEAN BECKER
 

GEMMA BOVERY d'ANNE FONTAINE

 

LA DELICATESSE de STEPHANE & DAVID FOENKINOS

 

BORSALINO de JACQUES DERAY

 

ON A FAILLI ETRE AMIES de ANNE LE NY

 

PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX

 

DANS LA COUR de PIERRE SALVADORI

 

QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON

 

SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH 
 

LA GRANDE ILLUSION de JEAN RENOIR 

 

PRET A TOUT de NICOLAS CUCHE 

 

SUZANNE de KATELL QUILLEVERE 

 

YVES SAINT LAURENT de JALIL LESPERT 

 

LA VENUS A LA FOURRURE de ROMAN POLANSKI 

 

LES GARCONS ET GUILLAUME A TABLE ! de GUILLAUME GALLIENNE 

 

9 MOIS FERME d'ALBERT DUPONTEL 

 

QUAI d'ORSAY de BERTRAND TAVERNIER 

 

SUR LE CHEMIN DE L'ECOLE DE PASCAL PLISSON

 

LE SAMOURAI de JEAN-PIERRE MELVILLE 

 

JEUNE ET JOLIE de FRANCOIS OZON 

 

POUR UNE FEMME de DIANE KURYS 

 

LES BEAUX JOURS de MARION VERNOUX 

 

AMITIES SINCERES 

 

ALCESTE A BICYCLETTE de PHILIPPE LE GUAY 

 

VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN VU d'ALAIN RESNAIS 

 

DANS LA MAISON de FRANCOIS OZON 

 

LES SAVEURS DU PALAIS de Chistian VINCENT 

 

BOWLING de MARIE-CASTILLE MENTION-SCHAAR   

 

JULES ET JIM de FRANCOIS TRUFFAUT   

 

DE ROUILLE ET D'OS de JACQUES AUDIARD 

 

LES ADIEUX A LA REINE de BENOIT JACQUOT 

 

GARDE A VUE de CLAUDE MILLER 

 

MINCE ALORS ! de CHARLOTTE de TURCHKEIM 

 

LES ADOPTES de MELANIE LAURENT   

 

LA SOURCE des FEMMES de Radu MIHAILEANU 

 

INTOUCHABLES de ERIC TOLEDANO          

 

POLISSE de MAIWENN   

 

THE ARTIST de MICHEL HAZANAVICIUS  

                          

LA GUERRE EST DECLAREE de VALERIE DONZELLI      
     

LES FEMMES DU 6e ETAGE de PHILIPPE LE GUAY      

 

MA PART DU GATEAU de CEDRIC KLAPISCH         

 

LES EMOTIFS ANONYMES de JEAN-PIERRE AMERIS 

 

A BOUT PORTANT de FRED CAVAYE         POTICHE de FRANCOIS OZON     


LA PRINCESSE de MONTPENSIER de BERTRAND TAVERNIER    

 

ELLE S'APPELAIT SARAH de GILLES PAQUET-BRENNER      

 

DES HOMMES ET DES DIEUX de XAVIER BEAUVOIS

 

LA TETE EN FRICHE de JEAN BECKER 



LES DIMANCHES de VILLE d'AVRAY de SERGE BOURGUIGNON    
 


OCEANS de JACQUES PERRIN et JACQUES CLUZAUD     

 

LE GENOU DE CLAIRE d'ERIC ROHMER 

 

HADEWIJCH de BRUNO DUMONT OU LE 7e ART EN QUETE DE SACRE 



LES HERBES FOLLES d' ALAIN RESNAIS         

 

UN PROPHETE de JACQUES AUDIARD 



COMMENT J'AI TUE MON PERE d'ANNE FONTAINE      

 

LE VIEUX FUSIL de ROBERT ENRICO 



JE L'AIMAIS de ZABOU BREITMAN          

 

COCO AVANT CHANEL d'ANNE FONTAINE 



VILLA AMALIA de BENOIT JACQUOT       

      
COUP DE TORCHON de BERTRAND TAVERNIER 



LA JOURNEE DE LA JUPE de JEAN-LOUP LILIENFELD         

 

LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET 



LE BEAU SERGE de CHABROL OU LE MANIFESTE DE LA NOUVELLE VAGUE 



LA REGLE DU JEU de JEAN RENOIR          

 

L'HISTOIRE d'ADELE H de FRANCOIS TRUFFAUT 



LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE de PASCAL THOMAS   

 

MON PETIT DOIGT M'A DIT de PASCAL THOMAS      

 

TABARLY de PIERRE MARCEL 



PLEIN SOLEIL de RENE CLEMENT         

 

QUE LA BETE MEURE de CLAUDE CHABROL 



LA NUIT AMERICAINE de FRANCOIS TRUFFAUT               

 

PEAU D'ANE de JACQUES DEMY 



PIERROT LE FOU de JEAN-LUC GODARD           

 

LA PISCINE de JACQUES DERAY 



UN BAISER S'IL VOUS PLAIT d'EMMANUEL MOURET              

 

LE RENARD ET L'ENFANT DE LUC JACQUET 



LES AMOURS d'ASTREE ET DE CELADON d'ERIC ROHMER        

 

L'HEURE ZERO de PASCAL THOMAS 



SANS MOI d'OLIVIER PANCHOT       CEUX QUI RESTENT d'ANNE LE NY          

 

LA FILLE COUPEE EN DEUX de CLAUDE CHABROL        

 

SMOKING/NO SMOKING d'ALAIN RESNAIS 



MA SAISON PREFEREE d'ANDRE TECHINE         INDOCHINE de REGIS WARGNIER 



VAN GOGH de MAURICE PIALAT          

 

TOUS LES MATINS DU MONDE d'ALAIN CORNEAU 



MORTELLE RANDONNEE de CLAUDE MILLER            

 

DIALOGUE AVEC MON JARDINIER de JEAN BECKER 



LADY CHATTERLEY de PASCALE FERRAN       

 

LA BELLE NOISEUSE de JACQUES RIVETTE 



LE NOM DE LA ROSE de JEAN-JACQUES ANNAUD  

 

MON ONCLE de JACQUES TATI       

 

LE GRAND BLEU de LUC BESSON 



LES NUITS DE LA PLEINE LUNE d'ERIC ROHMER         

 

DIVA de JEAN-JACQUES BEINEIX 



LES BRONZES de PATRICE LECONTE         

 

LA VEUVE DE SAINT-PIERRE de PATRICE LECONTE

 

INDIA SONG de MARGUERITE DURAS 



UNE HISTOIRE SIMPLE de CLAUDE SAUTET          LES CHOSES DE LA VIE de SAUTET 

 

NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET

 

UN COEUR EN HIVER de CLAUDE SAUTET

 

LES DOIGTS DANS LA TETE de JACQUES DOILLON 



NE TOUCHEZ PAS LA HACHE de JACQUES RIVETTE          

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 10:37
La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte

 

Le réalisateur de « Ridicule » filme une histoire d'amour fou et dénonce la peine de mort, le tout dans les glaces de Saint-Pierre-et-Miquelon au milieu du XIXe siècle. 

 


Dans l'embrasure de la fenêtre,  une femme en robe noire a l'oeil perdu dans le vide. C'est Juliette Binoche. Une veuve qui donne toute son incandescence à cet opus. Après « Une fille sur le pont »,  où Daniel Auteuil, lanceur de couteaux, avait  le coup de foudre pour Vanessa Paradis, Patrice Leconte continue dans la veine d'un romantisme en costume, au risque de faire ricaner un peu plus cette partie de la critique qu'imprudemment il avait accusée de tous les maux... Mais en confirmant son éclectisme, lui qui, parti de la grosse comédie « Les vécés étaient fermés de l'intérieur » a tout aussi bien mis en scène « Les Bronzés » qu'une adaptation dépouillée  de Simenon « Monsieur Hire » et un éblouissant film à costumes sur l'hypocrisie de la cour versaillaise  « Ridicule », assume son goût de la diversité avec « La veuve de saint-Pierre », une histoire captivante sur fond de meurtre, de guillotine et de lutte contre une société sclérosée qui ne vit que pour les apparences. Juliette Binoche prouve une fois de plus l’étendue de son jeu à la fois subtil et fiévreux.

 

Cette passion nous est contée avec le recul nécessaire grâce aux interprètes et aux images et le souci d’une mise en scène dépouillée qui nous introduit de plein pied dans un univers  austère et clos.  En flash-back, voici l'histoire tragique d'une femme amoureuse et emplie de bons sentiment qui est  persuadée que chacun peut avoir une deuxième chance et qui, pour mettre sa vie en harmonie avec ses convictions, précipitera l'homme qu'elle aime vers le déshonneur et la mort...


Juliette Binoche est  l’épouse très amoureuse du capitaine chef militaire de « l'île à morue »  ( Saint-Pierre et Miquelon ), interprété par Daniel Auteuil. Nous sommes en 1850, la petite société des notables  se révèle conservatrice, rigide et cancanière, aussi  regarde-t-elle  avec méfiance ce jeune couple qui, souvent, chevauche sur la lande un étalon noir. Mais un soir de brume épaisse, un marin, pris de boisson, poignarde un habitant. Condamné à mort, il doit être guillotiné. L'île ne possédant ni bourreau, ni guillotine (aussi appelée « la Veuve »), il faut attendre d’en faire venir une. L'assassin, qui a une bonne tête, est confié  alors à la garde du capitaine, dont la femme, que les îliens nomme madame La, entreprend de réhabiliter. Persuadée qu'aucun homme n'est fondamentalement méchant, elle l'utilise pour ses menus travaux, notamment de jardinage, le sort de son cachot, lui fait traverser l'île afin qu’il l’aide dans ses oeuvres de bienfaisance et commence même à lui apprendre à lire. L'homme, doux et gentil, devient très populaire. Quand arrivent sur l'île une « veuve » trouvée en Martinique et un bourreau débutant, le capitaine est au pied du mur : écoutera-t-il son devoir ou sa femme ?

 

Cette histoire est inspirée d'un fait divers réel. Belle preuve d'amour que celle donnée par l'officier à l'oeil sombre qui reste, en toutes occasions, droit dans ses bottes. Belles images aussi  que celles tournées sur place dans un froid polaire, un décor de glace. Belle idée, que celle de ce combat d'avant-garde contre la peine de mort. Binoche, à qui le deuil sied, nous séduit par son jeu très intériorisé et sa grande élégance morale et Daniel Auteuil dans son rôle d’homme amoureux qui cédera aux idéaux de son épouse, au mépris de son propre statut. Convaincant également  Emir Kusturica  qui prête sa silhouette de géant massif et son sourire tendre au personnage de Neel, marin meurtrier et condamné, que la protection de Madame La ne parviendra pas à sauver...

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte
La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 09:57
Eperdument de Pierre Godeau

L’adaptation du roman de Florent Gonçalves inspiré d’une histoire vraie, Défense d’aimer, évoque la passion répréhensible entre un directeur de prison et une détenue. Les deux acteurs vedettes, Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos s’imposent par leur naturel et leur charisme évident.

 

Couple de cinéma improbable, l’un et l’autre s’aiment à l’écran. Ces deux acteurs, issus de milieux diamétralement opposés, incarnent les protagonistes d’un drame amoureux dans l’enceinte d’une prison. En effet, l’auteur du livre, publié en 2012, s’était laissé séduire, alors qu’il dirigeait un établissement pénitencier pour femmes à Versailles, par une jeune délinquante qui avait été l’un des rouages de la tragédie antisémite qui avait ébranlé la France en 2006 et où elle avait joué le rôle de l’appât du gang dénommé « le gang des barbares » qui opéra à la mise à mort d’Ilam Halimi, torturé et exécuté pour la simple raison qu’il était juif.


De ce meurtre abominable, il n’est nullement question dans le film, si bien que le spectateur n’a aucun à priori particulier envers la jeune prisonnière dont on ignore l’objet de la réclusion. Pierre Godeau, déjà auteur du film « Juliette », se polarise essentiellement sur le couple qui se forme inopinément entre les murs de la prison. Un coup de foudre, à priori peu probable, de la part d’un homme qui semble professionnellement irréprochable, marié, père d’une adorable fillette et visiblement équilibré. Néanmoins, cet homme va sombrer corps et âme dans une liaison qui le détruira inexorablement. Par chance, la prison, qui n’est pas un tribunal, ne nous oblige pas à formuler un jugement sur la jeune femme en question, dont on peut comprendre qu’elle s’accroche à cet amour comme à une bouée de sauvetage, puisqu’elle ne dispose que de l’atout de son insolente jeunesse et de son audace pour tenter de séduire et de survivre. Quant au directeur de la prison, il nous surprend davantage par sa vulnérabilité, vulnérabilité qui le met dès le départ en position de faiblesse, si bien que ce film a cette originalité que  la victime n’est pas celle que l’on croit. L’autodestruction à laquelle il se livre apparaît bientôt irréversible ; c’est à une descente aux enfers librement consentie et engendrée par une passion charnelle sans lendemain qu’il s’abandonne.

 

Cependant, la complexité des rapports, telle qu’elle nous est livrée, reste de surface et il faut l’interprétation d’une intensité indiscutable des deux acteurs pour conférer un peu de vraisemblance à cette relation, d’autant que la mise en scène reste conventionnelle, peu convaincante et maladroite, les scènes d’intimité étant dénuées de toute saveur et minées par un réalisme de salle de garde.

 

Certes Pierre Godeau tente une métaphore sur l’enfermement, sur l’emprisonnement mental de ses personnages qui détruit jusqu’à leur instinct de survie, mais sans parvenir à nous émouvoir et à gagner notre adhésion. Demeure l’ambiguïté sur les relations et sur la manipulation des uns et des autres, sur l’étrange esprit de destruction qui est en chacun de nous, sur la rédemption toujours possible au-delà des regards et de l’irrationalité des actes. La dernière scène, sans accorder de réponse, laisse percer une espérance. Malgré quelques moments bienvenus, principalement ceux entre la mère de l’incarcérée et sa fille, et une interprétation irréprochable, « Eperdument » se confine dans le domaine de la télé-réalité, loin de certaines réalisations autrement convaincantes sur des drames carcéraux.

 

Pour consulter le liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Eperdument de Pierre Godeau
Eperdument de Pierre Godeau
Eperdument de Pierre Godeau
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 10:58
Chocolat de Roschdy Zem

Après "Mauvaise foi", "Omar m'a tuer" et "Bodybuilder", Roschdy Zem passe à nouveau derrière la caméra pour retracer avec brio l'histoire oubliée d'un artiste de la Belle Epoque. Il s'agit d'un homme noir exploité dans un cirque de province français à la fin du XIXe siècle, comme l'ont été des nains et même d'anciennes cocottes, nombre de ceux qui ne répondaient pas aux critères de l'époque. C'est alors qu'un certain George Footit va discerner  en lui des talents et un potentiel scénique et former avec celui qui deviendra Chocolat un fabuleux duo de clowns.

 

Tout en rendant ainsi hommage au premier artiste noir de la scène française, ce film nous conte  l'histoire d'une amitié forte entre deux hommes. Rien d'étonnant à ce que le tandem soit la valeur sûre de cet opus : ces deux personnages ne sont-ils pas interprétés par Omar Sy et James Thierrée, le petit-fils de Charlie Chaplin ! Avec eux, on passe du burlesque à la tragédie en un clin d'oeil. Derrière le combat personnel de Chocolat, c'est une lutte contre les innombrables blocages d'une société qui a du mal à s'émanciper de ses principes et juge l'étranger à l'aune de ses seules valeurs, qui sont évoqués, ce qui donne lieu à des scènes émouvantes, notamment dans la prison et au théâtre. 

 

L'esthétique du film est, par ailleurs, particulièrement soignée avec une élégante reconstitution du Paris du début du siècle dernier. On se sent complètement immergé dans cette Belle Epoque avec des détails pittoresques, une mise en scène raffinée et une histoire drôle et touchante. Quant aux acteurs, ils sont irréprochables, avec un Omar Sy au top.

 

Pour consulter la liste de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Chocolat de Roschdy Zem
Chocolat de Roschdy Zem
Chocolat de Roschdy Zem
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 10:20
L'Hermine de Christian Vincent

Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle " le Président à deux chiffres ". Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Malade au début de ce nouveau procès, quitté par une épouse plus riche que lui, Racine couche désormais à l’hôtel en traînant sa petite valise. Tout bascule le jour où il retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d’infanticide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Médecin anesthésiste, elle l’a arraché à la mort physique lors d’une grave opération. Retrouvée par hasard et connue par hasard, elle va, au cours de cette audience, le sauver d’une nouvelle mort, la mort morale.

 

 

Ainsi la guérison de cet homme passe-t-elle par un procès dont l’intérêt principal réside dans le rôle des jurés, tous très différents, qui sont mis en présence d’un cas d’autant plus douloureux qu’il s’agit de la mort d’un enfant. Les témoins défilent sans apporter de notables éclaircissements. Qui juge qui, au final ? A un moment donné le président malmène l’un des policiers qui a découvert la mort de ce bébé de 7 mois. A chacun sa vérité, celle de ce policier honnête n’est pas plus certaine que celle du père qui attend le verdict dans le box des accusés. Michel Racine, touché par la présence de Ditte, leur rappelle qu’il faut accepter de ne pas savoir… Ainsi l’irruption de la douceur et de la tendresse dans sa vie bancale et solitaire est-elle le début d’une véritable rédemption, rédemption qui lui révèle une autre vérité : si un procès change le cours des choses, c’est peut-être d’abord vis-à-vis de soi. Nous voyons que les sentiments ont le droit de siéger dans l’enceinte stricte d’un tribunal.

 

 

Sidse Babeth Knudsen, qui interprète le rôle de Ditte, a été choisie par Christian Vincent à la suite de son visionnage de la série « Borgen » où il l’avait beaucoup appréciée. Et, il est vrai, qu’elle illumine le film de son rayonnement où s’allient en un dosage idéal la beauté et l’intelligence. Quant à Fabrice Luchini, qui a reçu pour le rôle de Michel Racine le prix d’interprétation à la Mostra de Venise, il est remarquable de sobriété et de naturel, homme intransigeant, droit dans ses bottes en apparence, mais plus vulnérable qu’il n’y parait, proie de toutes les perplexités de la conscience et de la vie. Sa soudaine guérison est celle du doute sur l’évidence intérieure, ce qui est vraisemblable n’étant pas obligatoirement certain. Un film qui suggère plus qu’il ne démontre et laisse à chacun son interprétation personnelle.

 

Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

L'Hermine de Christian Vincent
L'Hermine de Christian Vincent
L'Hermine de Christian Vincent
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 09:11
Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière

 

En 1942, à Tobrouk, un commando français fait sauter des dépôts d’essence allemands. Quatre soldats parviennent à s’enfuir et se retrouvent bientôt perdus en plein désert. Après une journée de marche harassante, ils repèrent une automitrailleuse allemande et ses cinq occupants. Un seul échappe à la mort et est fait prisonnier. C’est le début d’une aventure étonnante où, face au danger, chacun découvrira l’entraide pour sortit vivant d’un tel guêpier.

 


Denys de La Patellière, auteur d’un certain nombre de comédies légères, souhaitait en ce début des années 60 évoquer l’absurdité d’une guerre qui avait emporté plusieurs membres de sa famille. Il réunit alors le scénariste René Havard et le dialoguiste Michel Audiard pour construire une histoire se déroulant durant la campagne de 1942 en Libye et mettant en scène un groupe de soldats perdus dans le désert. Grâce à Michel Audiard, le scénario va se doter d’un ton ironique qui transforme progressivement le film en une comédie féroce sur l’imbécilité de tout conflit armé. Sublimé par ses dialogues savoureux, « Un taxi pour Tobrouk » évoque sur le ton de la plaisanterie des thèmes délicats comme l’obéissance aveugle à une autorité supérieure, la fraternité entre les peuples, tout en se moquant ouvertement des règles et usages imposés par l’armée, cela de façon absolument iconoclaste.

 



Opus au budget limité, il sera tourné à Almeria en Espagne (l’Afrique du Nord en pleine décolonisation était trop risquée pour les assureurs) afin de profiter d’espaces désertiques sans sortir de l’Europe. Malgré ces moyens réduits, l’équipe parvient à un résultat convaincant jusque dans les séquences de combat, cela grâce au jeu des acteurs, tous d’un naturel désarmant, c’est le cas de le dire, et d’une franche liberté de ton. Conscient des limites formelles imposées par la production, Denys de la Patellière s’est concentré sur ses personnages et les liens qui les unissent. Glissant au passage quelques vérités sur la France de la collaboration, sur l’attentisme d’une large partie de la population ou encore sur l’héroïsme de pacotille mis en avant au moment de la Libération. Aussi le film heurta-t-il quelques personnalités choquées par cet antimilitarisme, mais reçu un accueil bon enfant du public. La présence de Lino Ventura, à l’époque très populaire, y est aussi pour quelque chose. Un film qui garde aujourd’hui encore son côté burlesque et cocasse et son cynisme de bon aloi.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL



 

 

 

Un taxi pour Tobrouk de Denys de la PatellièreUn taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière
Un taxi pour Tobrouk de Denys de la PatellièreUn taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 09:01
Premiers crus de Jérôme Le Maire

 Fils de viticulteur, Charlie Maréchal (Jalil Lespert) a quitté la Bourgogne pour devenir un œnologue parisien réputé, auteur d’un guide à succès dont les notes font chaque année trembler tous les vignobles. Mais en Côte-d’Or, son père François Maréchal (Gérard Lanvin) a perdu le goût du vin et ses errements précipitent l’exploitation viticole familiale vers la faillite. D’abord réticent, Charlie revient en Bourgogne. Il doit rechausser ses bottes et remonter ses manches, devenir viticulteur et se confronter à un métier qu’il ne connait pas, sous le regard dubitatif de son père. Entre une météo capricieuse et un cépage délicat, Charlie va devoir prouver à son père qu’il est digne de ce terroir transmis de génération en génération dans leur famille. Il est facile de noter un vin, mais comment fait-on un grand vin ?

 

 

Sur les bases d’un scénario simple, Jérôme Le Maire nous offre un film plaisant dont les deux atouts principaux sont le jeu d’acteurs convaincus et la beauté des paysages bourguignons et ce n’est pas si mal. Bien sûr les clichés abondent et font grincer les dents de quelques grincheux, bien sûr on envisage asses vite le final mais qu’importe si ce vin est un peu court en bouche et ne vous enivre pas, il vous fera passer deux heures agréables, vous visiterez la Bourgogne et ses vignes, verrez rougir les cépages et tomber les pluies orageuses qui sont la hantise de ces gens du cru qui ont l’amour de leur terre et des cales aux mains. De plus, cela vous assure un  bol d’air revigorant, alors ne boudons pas notre plaisir.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Premiers crus de Jérôme Le Maire
Premiers crus de Jérôme Le Maire
Premiers crus de Jérôme Le Maire
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 08:56
Marguerite de Xavier Giannoli

Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée, passionnée de musique et d’opéra, qui a épousé un aristocrate ( excellent André Marcon ) sans le sous. Celui-ci  vit agréablement à ses dépens et la trompe sans vergogne. Depuis des années, Marguerite, malheureuse en amour, chante  devant son cercle d’habitués, mais elle chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions par intérêt et amusement, sa générosité lui valant le triste privilège d’être encensée par ce petit monde de nantis et par ceux, moins nantis, que son argent incite à une complicité cynique. Les choses se compliquent le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.

 

 

Tandis que dans le parc de la somptueuse propriété, le paon pousse son cri particulier, à l’intérieur de la demeure, la maîtresse des lieux pousse ses vocalises gutturales capables d’écorcher les oreilles les plus sensibles et de faire rire sous cape cette galerie de mondains qui ne craint nullement d’abuser de ses largesses. Cela parce qu’elle voudrait que son mari la regarde. Marguerite est simplement une femme amoureuse et délaissée qui s’est réfugiée dans la musique comme dans un songe. Heureusement son majordome noir Madelbos (parfait Denis Mpunga) la protège, l’accompagne au piano, la photographie, et entre plus volontiers dans son rêve que lui-même a quitté le sien par nécessité pécuniaire. Et sa maîtresse n'est-elle pas comme lui sensible à tout ce qui touche au merveilleux dans une société saisie par la débauche et les plaisirs faciles ? Cette femme à qui tout se refuse, l’amour et le talent, porte néanmoins une sorte de génie de l’authenticité jusque dans son ridicule. Au milieu de ce monde de tricheurs et d’arnaqueurs, elle est la vérité sans fard, le naturel sans subterfuge, la sincérité sans ruse, qui étonne et pose sur un monde futile son interrogation. Par son jeu tout en subtilité, Catherine Frot nous bouleverse, oscillant entre la mégalomanie et la fragilité. Elle est étonnante, inoubliable. Un personnage qui me laisse songeuse – avoue-t-elle, avant de poursuivre -  il y a une notion mystique, à la fin, un sacrifice d’amour. Le film contient des paradoxes à l’infini et, en même temps, il est très simple.

 

 

Ce personnage est inspiré de la vie de Florence Foster Jenkins, une excentrique milliardaire américaine, née en Pennsylvanie en 1868. En 1909, s’étant autoproclamée chanteuse lyrique, elle mit à profit son riche héritage pour organiser des concerts suivis de dîners de gala au Ritz Carlton. Elle louera par la suite le Carnegie Hall pour donner un récital devant une salle comble et hilare. Impassible, elle subodore que ces rires sont ceux de ses rivales. Mais hélas, elle n’échappera pas aux critiques assassines que les journaux du lendemain se feront un plaisir de publier, et  mourra cinq jours plus tard d’une crise cardiaque dans un magasin de musique où elle était venue acheter de nouvelles partitions. Destin pitoyable et tragique d’une femme qui se refuse au réel pour vivre dans un songe où elle se croit enfin admirée et aimée.

 

 

Xavier Giannoli a repris cette fable cruelle et nous l’offre dans une mise en scène qui n’est pas sans rappeler celle du Max Ophuls de « Lola Montès » ou de « Madame de ». Les années folles y sont admirablement rendues dans une débauche d’images superbement baroques, royaume où les apparences sont en efflorescence dans des décors couleur sépia saisis par des éclairs de magnésium. On y voit surgir un monde que les cruautés de la guerre ont rendu ivre de plaisirs, une petite société que sollicite toutes les folies. Nous sommes en plein essor du surréalisme, du marxisme, du jazz, en ces années où les femmes prennent enfin du galon ou aspirent à en prendre. C’est le cas de Marguerite qui se veut libre mais n’en est pas moins victime de ses sentiments, de ses aspirations, de ses déboires conjugaux et de sa fraîche naïveté. Elle ne mange que du blanc, dit-elle, tant son désir de pureté est grand, oui du poulet, du riz, des poireaux, ainsi son rêve est-il paré des ailes d’un cygne. Un cygne qui navigue sur les eaux saumâtres d’une époque sans complaisance et en mourra, victime de ses chimères et de ses délires.

 

 

L’originalité du thème, la magnifique interprétation de tous les acteurs, la richesse de la mise en scène font de cet opus une rareté dans la production actuelle  trop souvent banale et complaisante. Sans doute le plus beau film français de l’année, habité par une Catherine Frot prodigieuse et divinement bien accompagnée. Une très grande réussite.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 


RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
 

Marguerite de Xavier Giannoli
Marguerite de Xavier GiannoliMarguerite de Xavier Giannoli
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 09:29
Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin

Voici le dénommé Paul Dédalus (patronyme que l’on ne croise pas pour la première fois dans la filmographie de Desplechin), anthropologue, interprété, dans sa maturité, par un Mathieu Amalric au regard toujours aussi fixe. Ayant vécu loin de France pendant près de vingt ans, il s’apprête à quitter le Tadjikistan pour retrouver sa terre natale et y prendre un poste dans un ministère. À sa descente d’avion, des policiers l’attendent et lui demandent de les suivre. Le voilà bientôt devant un enquêteur des services secrets (André Dussolier), qui doute de sa véritable identité et lui révèle qu’un autre Paul Dédalus, né au même endroit et le même jour que lui, demeure en Australie. Qui est le vrai? Le spectateur est ainsi embarqué sur une piste qui, finalement, va le conduire à une actualité tout autre et, la parenthèse fermée, lui conter une histoire d’amour bancale mais très attachante.

 

 

À la suite de cette brève entrée en matière, Arnaud Desplechin nous entraîne dans une quête vertigineuse de l’identité, ce qu’avait probablement pour objectif le préambule rocambolesque et qui, désormais, constitue le tissus sensible de cet opus. Car la singularité d’une existence est-elle affaire de date, de nom, de lieu ou d’expériences? Procède-t-elle  d’une somme de moments successifs et souvent disparates ou, plus précisément, de la mémoire que l’on en conserve? Devant lenquêteur dubitatif, Paul Dédalus évoque un voyage effectué en Ukraine avec sa classe de lycée, où, pour aider un camarade engagé dans le soutien aux Juifs dEurope de l’Est, il avait pris de gros coups de poing dans la figure, au propre et au figuré.

 

 

Puis d’autres souvenirs s’égrènent: familiaux la plupart, entre crises de folie de la mère, (que l’on s’explique mal, c’est le seul point obscur de ce film délicat), violence incompréhensible du fils aîné, solitude du père devenu veuf, mysticisme du fils cadet mal dans sa  peau et l'idylle en dents de scie de Paul avec Esther, grande passion jamais oubliée. Une jeunesse à Roubaix – où le cinéaste est  né en 1960 –, puis à Paris, avec les études d’anthropologie auprès d’un professeur qu’il admire, l’ouverture au monde et la distance qui sépare Esther de Paul, et  Paul d’Esther…Une liaison constamment entrecoupée de séparations qui est, parmi cette succession d’évocations, la plus prégnante.

 

 

Narrés avec une certaine distance, un ton décalé, un ton souvent désabusé, mais aussi un sens certain du lyrique et du tragique, ces Souvenirs… sont portés avec  naturel  par deux jeunes acteurs : Quentin Dolmaire (Paul Dédalus jeune), repéré au Cours  Simon, et Lou Roy-Lecollinet (Esther), tout droit venue de sa classe de terminale, option théâtre. Ces deux novices, très prometteurs, s’épanouissent sous l’œil de la caméra d’Arnaud Desplechin, qui n’a pas son pareil pour puiser chez ses acteurs la matière la plus sensible, la plus frémissante de son film. Il signe avec eux un voyage romanesque vers la jeunesse telle qu’on la vit aujourd’hui avec ses excès et ses dépendances. Et, toujours, sans retour possible…

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin
Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin
Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud DesplechinTrois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 10:04
LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE

Difficile d’écrire la critique d’un film lorsque celui-ci n’en mérite aucune et vous subjugue tout au long de sa projection par la perfection des images d’Alexandre Trauner, la qualité de l’interprétation et la richesse des dialogues. L’opus est porté ici à un paroxysme de perfection, même la musique s’accorde pleinement au narratif et le noir et blanc ne fait que souligner l’ambiance dramatique des décors et des scènes dans un quartier populaire de Paris ou le huis-clos d’une chambre-refuge.

 

François, ouvrier métallurgique, tombe amoureux de Françoise qui es comme lu de l’assistance publique et le touche par sa fraîcheur et son innocence. Il semble qu’ils soient faits l’un pour l’autre et François ne rêve plus que de mariage. Mais le sort va en décider autrement et déjouer les espérances et les projets de François en faisant entrer dans cette romance toute simple un sombre personnage, un être manipulateur et cynique, dresseur de chiens, qui emploie des jeunes et belles jeunes femmes pour compléter son spectacle. Clara (Arletty) vient de donner sa démission de façon fracassante à la fin de l’un d’eux et c’est alors que François comprend que Françoise est la nouvelle victime et que sa faiblesse va en faire la proie des noirs projets de cet amateur de chair fraîche. Le malheur est entré dans sa vie et ne va plus en sortir. Après une scène où Valentin (admirable Jules Berry) joue avec le cœur de François, le provoque et l’exaspère, avouant même qu’il est venu pour le tuer, l’irréparable va se produire. Se saisissant du révolver de Valentin, François lui tire une balle fatale et ce dernier meurt dans l’escalier de l’immeuble, alertant le voisinage. Dès lors, François est un homme traqué. Refusant de se livrer à la police, il va vivre un dernier combat enfermé dans sa chambre, hurlant son désarroi à la population qui s’est assemblée sous ses fenêtres. Nous sommes tous des assassins soit au propre, soit au figuré, leur dit-il, nous tuons tous à notre façon par des mots, par des actes et pas forcément par des armes, beau passage où Gabin s’impose déjà comme une grande présence à l’écran face à une Arletty irrésistible et tendrement gouailleuse, un Jules Berry éblouissant de sarcasme, ange noir ricanant et machiavélique et une douce et ravissante Jacqueline Laurent dans le rôle évanescent de Françoise.

 

Voilà un film d’une beauté accomplie, drame romanesque d’une grande intensité servi par des dialogues ciselés grâce à la plume poétique de Jacques Prévert. Les allégories ne cessent de raviver l’émotion du spectateur et de donner à cette œuvre exceptionnelle une ampleur remarquable. Sorti en salles en 1939, il fut d’emblée interdit au moins de 16 ans pour son caractère démoralisant, puis, en 1940, amputé de certaines scènes pour ses allusions au caractère fasciste des policiers. "Le jour se lève" a été restauré en 2014 par Diapason et Eclair en 4K et dans sa version intégrale pour notre plus grand plaisir et existe désormais en DVD pour figurer en bonne place dans nos vidéothèques : chef-d’oeuvre absolu qui honore le 7e Art français.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE
LE JOUR SE LEVE de MARCEL CARNE
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche