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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 09:16
BON RETABLISSEMENT de JEAN BECKER

 

Coincé sur son lit d'hôpital, la jambe dans le plâtre et le bassin en miettes, Pierre (Gérard Lanvin) râle en permanence, peste contre la nourriture infâme, l'interdiction de fumer, le désagrément des soins, la visite du "patron" et de sa cour d'internes qui lui donnent l'impression d'être "une grenouille sur la table de dissection"..."Bon rétablissement, quelle formule à la con!" - s'exclame le sexagénaire bougon. Puis, peu à peu, ce  vieux ronchon s'ouvre aux autres et à la vie, au fil des rencontres avec Myriam, une infirmière attachante au rire communicatif (Claudia Tagbo), les autres malades, une adolescente boulotte qui l'insupporte d’abord en lui empruntant sans cesse son ordinateur portable, puis l'attendrit en mettant au monde à 15 ans un petit garçon, enfin le retour inespéré d'un ancien amour, celui d’une pianiste interprété par Anne-Sophie Lapix qui passe ainsi du petit au grand écran. Et, contre toute attente, ce séjour à l'hôpital signe sa renaissance.

 

Dans le rôle du grincheux au grand cœur et capable de susciter l’empathie, Gérard Lanvin excelle une fois encore  et concoure à rendre encore plus sympathique et attachante cette  comédie revigorante de Jean Becker aux dialogues incisifs et bourrés d'humour concoctés par Jean-Loup Dabadie : un remède sans effets secondaires contre la morosité.

 

"Bon rétablissement" est l'adaptation du roman éponyme de Marie-Sabine Roger publié en 2012 aux éditions du Rouergue. En 2010, le réalisateur de "L'Eté meurtrier", "Elisa" ou encore "Les Enfants du marais" et « Dialogue avec mon jardinier » avait déjà porté avec succès à l'écran l'un des précédents livres de cette romancière, "La tête en friche", avec Gérard Depardieu et  l’irrésistible Gisèle Casadesus. Chacun de ces films porte la marque d’un humanisme sans mièvrerie, d’une incontestable finesse d’analyse et, dans ce nouvel opus, rendu plus percutant encore par les dialogues ciselés et truculents de Jean-Loup Dabadie.

 

Aucun autre acteur que Gérard Lanvin ne pouvait donner cette épaisseur et cette conviction à ce personnage de râleur, mal dégrossi.

"Cela a été le rôle le plus reposant de ma carrière ! – avouait-il l’autre jour à des journalistes venus l’interviewer. «  Le matin, je sortais de mon lit pour me recoucher sur le tournage. Le soir, je quittais le lit sur le plateau pour retrouver le mien" - plaisantait-il avec une bonne humeur communicative. L'acteur de 64 ans, couché effectivement une grande partie du film, incarne à merveille le personnage de Pierre, veuf misanthrope rongé par la culpabilité, hospitalisé à Paris après un accident dont il ne garde aucun souvenir. Renversé par une voiture et projeté dans la Seine, il a été sauvé de la noyade par un jeune prostitué, Camille (touchant Swann Arlaud), qui fait le tapin pour payer ses études. Finalement nous découvrirons dans les toutes dernières minutes de la projection le fin mot de l’histoire qui ne manque pas de sel. Comédie  de caractère, charmante et pleine de tendresse, son auteur touche sa cible une fois encore et nous donne de la société une vision sans méchanceté, sans violence ni sexe, sans affrontement ni condamnation, au long d'un narratif doux-amer,  bien amené, bien conduit et bien joué. Ne boudons pas notre plaisir.

 

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BON RETABLISSEMENT de JEAN BECKER
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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 09:17

Un village normand où Martin ( Fabrice  Luchini ) est venu s’établir il y a sept ans pour reprendre la boulangerie familiale, pensant y trouver le calme et la stabilité. Lesquels souhaits seront sérieusement perturbés par l’arrivée d’un couple d’Anglais qui a racheté la maison située en face de la sienne. La jeune femme ( Gemma Arterton ) s’avère être très belle, ronde et pulpeuse, avec un délicieux accent britannique et des connaissances encore peu probantes dans la langue de Molière. Elle se nomme Gemma Bovery, s’ennuie un peu, si bien qu’il faut peu de temps à Martin, amoureux des belles lettres et de Flaubert en particulier, pour lui imaginer le même sort que la sombre héroïne romanesque, suivant le principe qui prophétise que la vie se plaît à imiter l’art.

 

Si le film n’était pas l’adaptation d’un roman de l’anglaise Posy Simmonds ( déjà auteur de « Tamara Drewe »), on jurerait que le rôle a été écrit spécialement pour Fabrice Luchini tant il colle à la peau de ce passionné de Flaubert. Aucun autre acteur n’aurait interprété de manière aussi savoureuse ce boulanger amoureux des mots qui voit, ou croit voir, avec une gourmandise jubilatoire sa voisine s’incarner peu à peu dans le personnage de son roman préféré. Il faut dire aussi que la ravissante Gemma Arterton a  ce qu’il faut pour subjuguer et éveiller l’intérêt du boulanger qui sort brutalement de 10 années de passivité sexuelle, après avoir mis, il y a de cela quelques années, le feu au village anglais du film Tamara Drewe ( voir la critique de ce film en cliquant  ICI  )

 

La mise en scène d’Anne Fontaine épouse cette sensualité allègre et se fond avec élégance dans le cadre du bocage normand, nous offrant une variation inattendue sur le thème de l’oisiveté, encore que cette Gemma du XXIe siècle n’ait plus grand-chose à voir avec l’Emma du XIXème. Incontestablement, elle a pris du galon et se montre davantage l’égérie qui suscite le rêve des hommes que la victime de leurs sombres calculs, en somme bien davantage chasseresse que proie. La fin est assez loufoque et peu crédible mais cela ne fait rien, Anne Fontaine et ses acteurs, qui se fondent dans  leurs rôles avec un visible plaisir, nous font passer un bon moment.

 

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GEMMA BOVERY d'ANNE FONTAINE
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:15
LA DELICATESSE de STEPHANE & DAVID FOENKINOS

Nathalie a perdu son mari il y a trois ans. Hantée par le souvenir, elle se réfugie dans le travail et semble avoir mis un terme à sa vie sentimentale. Elle rejette tous les hommes, y compris son séduisant patron. Son entourage s'inquiète. Pourtant, un jour, sur un coup de tête, elle embrasse Markus, un collègue de travail, qui n'est même pas beau garçon. L'événement aurait pu être sans lendemain. Mais de fil en aiguille, Markus s'attache à la fragile Nathalie, tandis que cette dernière s'adoucit au contact de cet être un peu gauche. Markus et Nathalie suscitent rapidement les interrogations de leurs collègues, puis leur franche désapprobation...

Mais peu importe ! Lorsque Nathalie invite Markus chez sa grand-mère, la demeure de son enfance, Markus et elle  cèdent enfin à leur attirance réciproque, Markus entrant enfin dans le monde secret et émouvant de celle qu’il chérit avec délicatesse depuis leur premier baiser impromptu.

 

Cette histoire  touchante n’est pas sans évoquer Un homme et une femme, sans le charme des personnages, Audrey Tautou et François Damiens n’ayant pas le charisme des héros de Claude Lelouch et le film restant dans le registre gentillet sans avoir le rythme, le  magnétisme, la musique envoûtante du précédent. Mais on peut toutefois apprécier cet amour empreint de retenu, cette fidélité tenace, cette discrétion et cette approche pleines de pudeur à une époque où de tels sentiments ne sont guère fréquents sur grand écran. David Foenkinos illustre, avec son frère Stéphane, de façon certes plaisante, mais sans éclat et avec quelques fadeurs qu’il aurait pu éviter, le roman éponyme qu’il avait publié précédemment. Pas de quoi bouleverser le public, bien que cet opus se laisse voir sans déplaisir. Quelques scènes charmantes relèvent l’ensemble auquel on peut reprocher une absence  de séduction, un narratif trop plat et peu inventif.

 

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LA DELICATESSE de STEPHANE & DAVID FOENKINOS
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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 09:32

 

Roch Siffred ( Alain Delon ) et François Capella ( Jean-Paul Belmondo ), deux jeunes truands, décident d’avoir la mainmise sur Marseille. Leur but est de liquider les maîtres des lieux : Poli, le caïd, Rinaldi, l’avocat véreux, et Marello, le propriétaire des salles de jeux, polar classique réalisé par Jacques Deray en 1969 avec le concours des deux stars françaises les plus populaires.

 

Avec l’aide précieuse de Jean-Claude Carrière et de Claude Sautet, Deray donne aux deux acteurs fétiches du 7e Art français des rôles taillés sur mesure. Alain Delon, figure sévère et mutique, incarne un ange noir avec un charisme hors du commun, tandis que Jean-Paul Belmondo se complait dans l’outrance qui lui est familière depuis le milieu des années 60. Sautillant, drôle, léger et séducteur, Bébel sort le grand jeu, au risque d’en faire trop. 


Les autres comédiens, face à eux,  ont quelque difficulté à exister, mais Jacques Deray parvient toutefois à maintenir le subtil équilibre entre la description du Marseille des années 30 et les passages obligés du film de genre. Ainsi, les fusillades - dont la séquence de massacre dans la boucherie - sont-elles réalisées avec un réalisme qui n’est pas sans rappeler à bon escient les grands maîtres américains. Aucune fioriture ne vient nous détourner du but initial : raconter avec efficacité une histoire d’amitié entre deux gangsters. Au passage, les auteurs dressent un intéressant portrait de cette Troisième République minée par la corruption et les inégalités sociales. Les deux petites frappes sont effectivement issues d’un milieu populaire et cherchent à s’élever dans la hiérarchie sociale par des moyens illégaux. Pourtant, elles sont vite confrontées à la corruption des élites, autres truands se camouflant sous un masque de respectabilité et à entrer ainsi en compétition avec eux, non sans y laisser des plumes au passage. La musique de Claude Bolling ne fait qu’ajouter un plus évident à l’ensemble de cette réalisation parfaitement réussie et maîtrisée, à laquelle le public de l’époque réservera un accueil enthousiaste.

 

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BORSALINO de JACQUES DERAY
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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 09:34
ON A FAILLI ETRE AMIES de ANNE LE NY

A Orléans, Marithé s’investit à fond dans son centre de formation pour accompagner des salariés lors de leur reconversion. Elle rencontre Carole, gérante d’un des restaurants les plus cotés de la région, qui souhaite changer de métier pour échapper à l’emprise trop étouffante de son mari, chef étoilé et compagnon autoritaire. Marithé décide de tout faire pour l’aider à se remettre en selle. Mais est-ce par altruisme ou par intérêt ? Car Marithé a découvert que Carole avait un amant, et que le mari étoilé n’était pas si dépourvu de charme que sa femme le laissait entendre. Dans cette relation pleine d’ambiguïté,  on navigue à vue entre fausses confidences et manipulation habile.

 

Anne Le Ny nous a habitués à des films d’une introspection délicate qui, le plus souvent, s’ordonnent autour d’un problème familial. Ce fut le cas de "Ceux qui restent" ou "Les invités de mon père" qui ont, l’un et l’autre, reçus un accueil favorable du public. Son dernier opus ne manque pas de qualité mais semble moins inventif, moins percutant que les précédents, s’installant trop vite dans un narratif sans surprise et incitant les actrices à cabotiner trop selon moi. Surtout Karin Viard qui en fait des tonnes alors qu’elle est tellement plus convaincante dans la mesure, voire l’émotion. Face à elle, Emmanuelle Devos intériorise davantage et rend son personnage plus crédible. Néanmoins, le film se laisse regarder sans déplaisir. Les dialogues sont conformes à la mentalité des deux héroïnes et sonnent justes et puis l’histoire, qui aurait gagné à être narrée de façon plus audacieuse, reste amusante et Anne Le Ny prouve ainsi aux spectateurs qu’elle s’inscrit dans la durée.

 

Adolescente, la réalisatrice rêvait d’être écrivain. Mais séduite un soir par le jeu des acteurs, alors qu’elle se rendait au théâtre avec ses parents, elle choisit finalement l’option comédienne. Après le conservatoire, la jeune Anne fait ses classes sur des scènes de la périphérie parisienne avant d’obtenir son premier rôle au cinéma dans "Ma petite entreprise". Elle ne quitte plus l’affiche et impose sa pétillante personnalité dans « Le goût des autres » d’Agnès Jaoui et  « Se souvenir des belles choses » de Zabou Breitman. L’actrice se sent prête alors pour réaliser son premier rêve, l’écriture : elle signe le script d’un sitcom pour la télévision suisse, puis le scénario de « Didine » pour Vincent Dietschy. La cinéaste a définitivement pris le pas sur la comédienne. D’autant que ses films ont le privilège de plaire au public. Anne Le Ny a souhaité faire de la femme le thème central de son cinéma. Loin des clichés de douceur et de charme, elle entend révéler les tensions intérieures et les dilemmes auxquels elles sont quotidiennement confrontées. Et cela semble lui réussir …

 

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ON A FAILLI ETRE AMIES de ANNE LE NY
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:53
PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX

Clément, jeune professeur de philosophie parisien, est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines "people" et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

 

 

 Après avoir filmé les fractures sociales dans ses précédents opus, le réalisateur belge Lucas Belvaux s’attarde sur les fossés culturels qui vont entraver l’existence de ces deux principaux personnages, dans  une adaptation fidèle de l’ouvrage de Philippe Vilain paru en 2011 chez Grasset. Il s’agit ici de la relation amoureuse et éphémère de deux êtres qui ne viennent pas du même milieu social, n’ont pas grandi dans le même environnement et n’ont pratiquement aucun goût en commun. Le film suit ainsi l’histoire d’amour entre Clément, parisien célibataire, et Jennifer, pétillante coiffeuse provinciale, divorcée et maman d’un petit garçon de dix ans. Rien ne peut les empêcher de s’aimer, sauf leur origine sociale et leur formation culturelle qui a, certes, plus d’importante pour l’un que pour l’autre. Ces obstacles parviendront-t-ils à briser leur amour et le plaisir qu’ils trouvent l’un et l’autre dans cette relation décalée ? Suivant à la lettre le roman de Philippe Vilain, le réalisateur nous offre une version cinématographique d’une belle sobriété et d’une extrême délicatesse, illuminée par la présence de deux acteurs formidables, la radieuse Emilie Dequenne et le sobre et très intériorisé Loïc Corbery qui prête à son personnage ce qu’il faut de proustien et de complexe.  Les scènes donnent au fur et à mesure les clés de sa nature : celle d’un homme exigeant et  rigide qui craint de s’engager et accorde plus d’importance à la chose pensée qu’à la chose vécue. Entre l’intellectuel Clément et la vivante et pragmatique Jennifer qui cède volontiers à ses emballements et à ses coups de cœur, le fossé va inexorablement se creuser et c’est davantage à l’incompréhension qu’au désamour qu’ils devront l’échec de leur romance.

 

 

Professeur de philosophie et écrivain, Clément analyse trop, au point de constater qu’il a de graves handicaps dans ses rapports avec autrui. Chez lui, c’est l’intelligence qui est sans cesse sur le qui-vive, alors que Jennifer laisse le cœur conduire l’attelage. Avec une intuition profonde, elle saura partir avant qu’il ne soit trop tard, prouvant ainsi que le cœur est parfois plus clairvoyant que la raison, et les sentiments moins aveugles que l’intelligence.

 

 

Les efforts de Jennifer pour tenter de s’adapter au monde livresque de Clément sont absolument touchants et on s’aperçoit que si elle a quelque difficulté à l’aborder, elle le juge avec un bon sens jamais pris à défaut. Elle est souvent percutante dans ses jugements et d’une sincérité absolue, ne cherchant nullement à le gruger ou à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Sa nature la pousse à s’abandonner corps et âme à cet amour naissant et elle est d’autant plus dans le don que Clément reste sur la réserve. On devine qu’il se demande ce qu’il lui arrive, on le surprend constamment en porte à faux avec lui-même, jouant en permanence sur deux registres sans bien appréhender lequel est le plus essentiel et déterminant, ni comment administrer au mieux cet apprentissage du cœur qui le voit à ce point désemparé. Car dans cette comédie sentimentale entre deux êtres aux antipodes l’un de l’autre, le plus à plaindre est sans nul doute Clément, prisonnier de sa cérébralité, de son égo, de l’image qu’il veut imposer de lui-même.

 

 

Alternant les scènes légères avec d’autres d’une surprenante profondeur, servi par des dialogues intelligents et une interprétation remarquable, ce film est un bijou qui nous rassure sur les possibilités d’un cinéma intimiste et littéraire et que l'on savoure avec bonheur.

 

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PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:00

Décidément le cinéma français manque visiblement d’inspiration et ce n’est pas ce pauvre Dans la cour qui va lui redonner un semblant de santé et de couleur. Heureusement, et bien que sans prétention, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu a le mérite d’être hilarant et de vous distraire sans vulgarité et sans leçon de morale. Mais ce passage dans cette cour sordide, mise en images par Pierre Salvadori, est l’assurance d’en ressortir plus découragé que jamais sur l’avenir de notre 7e Art. On vous fera remarquer que c’est là un film d’auteur, seulement l’auteur est sans talent, sans verve, sans esprit. Les dialogues sont d’une pauvreté accablante et les mots qui reviennent le plus souvent sont « Oh putain, c’est con ! et autres richesses de notre belle langue française. Rien qui puisse, dans cet opus indigent, susciter la moindre émotion et le moindre intérêt. On s’ennuie à longueur de pellicule devant ces personnages creux qui sont bien en peine de délivrer un quelconque message car il n’y en a pas ; c’est l’histoire plate et grise d’un musicien dépressif qui se reconvertit en gardien d’immeuble. Il y rencontre Mathilde, une femme qui flirte avec la folie et fait une fixation sur des fissures qui apparaissent dans son appartement, symbole de ses fêlures intérieures. Un lien de tendre amitié va se nouer entre elle et son gardien qui tente bien maladroitement d'apaiser ses angoisses tout en gérant tant bien que mal les siennes. Voilà, n’en attendez pas davantage, la mélancolie est ici au rabais.

 

On se demande ce que Catherine Deneuve vient chercher dans ce rôle de déjantée aussi peu attendrissante que possible. Elle donne vraiment l’impression de ne prêter à ce rôle qu’un visage désabusé et morose, sans les grâces de l’âge que quelques actrices ont si bien su insuffler à leurs dernières apparitions à l’écran. Pensons à Danielle Darrieux, à Denise Grey dans La boum ou à Gisèle Casadessus, adorable dans La tête en friche. Aussi est-ce pénible de voir Deneuve s’égarer dans des productions d’une telle médiocrité, très en-dessous de son talent. Certains ont crié à la grande Catherine, je serai plutôt tentée de susurrer …la pauvre Catherine.

 

 

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DANS LA COUR de PIERRE SALVADORIDANS LA COUR de PIERRE SALVADORI
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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 11:21
NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET

Une jeune femme, Nelly, travaille occasionnellement dans des imprimeries, tandis que Jérôme, son compagnon, ne parvient pas à trouver du travail. Dans un café, Nelly fait la connaissance d'un sexagénaire, monsieur Arnaud, que lui présente Jacqueline, dont il fut autrefois l'amant. Monsieur Arnaud propose de l'argent à Nelly, qui refuse. Elle n'en affirme pas moins à Jérôme qu'elle a accepté et suscite ainsi une rupture qu'elle désirait secrètement. Nelly revoit monsieur Arnaud et se rend à ses raisons. Il peut l'aider financièrement. Elle, en échange, tapera à la machine et critiquera le manuscrit de ses mémoires qu'il est en train de rédiger...

 

Pour Mr Arnaud, ses mémoire sont déjà un adieu à la vie, pour Nelly sa rupture avec son mari est également une remise en cause de son avenir sentimental. Les deux personnages sont en quête de quelque chose qu’ils ne maîtrisent plus et qui fait d’eux des isolés, des cœurs solitaires soucieux de préserver leur quant-à-soi. Tous deux, dans ce quasi huis-clos, où le temps semble suspendu, se croisent, s’épient dans une intimité feutrée sans que leurs élans ne coïncident jamais. Au cœur d’un cocon bourgeois, c’est une tragédie lente et implacable à laquelle nous assistons : un face à face amer, impossible, contrarié, illusoire entre deux protagonistes que l’âge, le milieu social et les aspirations séparent. Avec cet opus, le dernier de sa carrière, Sautet traite avec délicatesse des instabilités de la vie, des impossibilités du destin, des rendez-vous manqués et les traduit en une musique de chambre douce, déchirante et pudique qui sied tellement bien à sa personnalité et trouve là sa tonalité la plus juste, comme cela l’avait déjà été pour Un cœur en hiver.

 

La souffrance des personnages est saisie par une caméra légère qui brosse chaque tableau avec des couleurs aquarellées et sait nous relater avec subtilité l’inconstance des sentiments, les variations des cœurs aux prises avec un réel qui ne les satisfait pas. Les flash-back ne sont là que pour prolonger l’écho des actes et situations qui, désormais, ne sont plus possibles, chaque tentative, chaque élan qui pourraient rapprocher la jeune femme et l’ancien juge sont toujours contrariés, brisés dans leur spontanéité.

 

Cette cantate pour cœurs solitaires est interprétée par deux solistes remarquables, violons qui s’accordent et se répondent sans parvenir à s’unir mais nous enchantent grâce à leurs partitions savamment dosées de gravité, de maturité, d’ironie, de raideur ou de bouleversant abandon. Ce sera ainsi de Mr Arnaud contemplant Nelly dans son sommeil. Michel Serrault et Emmanuelle Béart sont en osmose parfaite avec leurs personnages très tchékhoviens, tandis que les seconds rôles, Charles Berling dans celui du mari, Michael Lonsdale en ami trop envahissant et Jean-Hugues Anglade en soupirant disponible sonnent juste également. Quel plus bel adieu pouvait nous adresser Claude Sautet que cette cantate fauréenne ? 

 

 

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NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 09:04
QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON

Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale, sont des parents plutôt "vieille France". Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit...Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un chinois. Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

 

Sur ce canevas casse-gueule, Philippe de Chauveron qui, jusqu’alors, ne nous avait proposé que des comédies assez plates, nous offre un opus amusant, enlevé et fort bien ficelé qui n’est pas sans rappeler des films, qui furent en leur temps des succès, comme Rabbi Jacob ou La vérité si je mens. Alors, ne boudons pas notre plaisir lorsque se présente à nous un film savoureux, drôle sans jamais être vulgaire, et qui égratigne gentiment toutes les communautés sans jamais être méchant ou blessant. Ici on est dans le gag soft et la caricature plaisante où la xénophobie de chacun n’engage que lui-même sans porter offense à l’autre. Voilà qui nous réconcilie avec le multiracial et le multiculturel revisités de façon burlesque mais volontairement optimiste.

 

Il faut dire que chacun a l’élégance de ne pas se voiler la face et de balayer devant sa porte avant d’accuser quiconque et que les gendres font preuve d’un sens familial évident, acceptant même de passer un Noël chrétien chez les beaux-parents, ce que bien des gendres français oublient de faire. Mais ceux-là ont, à l’évidence, assez de cœur pour comprendre que leurs beaux-parents ont quelques raisons d’être un peu déboussolés dans leur quotidien. Bien que catholiques  pratiquants, Claude et Marie Verneuil ont eux aussi des vertus de tolérance et l’amour du prochain n’est pas un vain mot selon eux, d’où le côté conciliateur et apaisant de ce film qui nous brosse un tableau idéal du mélange des peuples, des religions, des coutumes et, ce, avec allégresse. On en aurait presque la larme à l’œil. Aussi faut-il le remercier de nous avoir concocté, à un moment où les tensions sont si grandes, une comédie qui réconcilie au lieu de diviser, qui amuse au lieu de choquer, qui apaise au lieu d’irriter. Un grand bravo pour ce tour de force sans prétention cinéphile peut-être, mais qui nous propose une dose d'euphorisant à moindre prix.

 

Je ne citerai pas chaque acteur car ils sont tous excellents, parfaitement crédibles et visiblement très bien dans leur peau. Christian Clavier en notable bon enfant, auprès d'une Chantal Lauby délicieuse de gentillesse, est simplement formidable, avec ce poids que les ans lui ont donné et qui lui va comme un gant dans ce rôle de père aux prises avec son époque et ses inévitables bouleversements.

 

A voir si le quotidien vous a mis l’humeur à l’envers.

 

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QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:46
LES CHOSES DE LA VIE de CLAUDE SAUTET

Pierre (Michel Piccoli), architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de voiture. Éjecté de son véhicule et gisant dans une prairie à peine conscient, il revoit son passé et les deux femmes qui comptent dans sa vie, Catherine (Léa Massari) dont il est séparé et avec qui il a eu un fils et Hélène (Romy Schneider) avec qui sa relation amoureuse est à un tournant. A partir de ce thème, inspiré d’un roman de Paul Guimard, Claude Sautet compose un drame sentimental de belle facture sur un scénario travaillé en collaboration avec Jean-Loup Dabadie qui a écrit également les dialogues et sur une musique d’un charme envoûtant que l’on doit à Philippe Sarde. L’ensemble est une réussite d’autant plus appréciable que le montage est un petit chef-d’œuvre d’habileté qui nous conte la vie de Pierre Bérard grâce à des flashs- back qui pointent ainsi les moments clés de son existence.

 

Séparé de sa femme, Pierre vit une passion avec la belle Hélène mais on ne tourne pas si facilement une page qui a compté beaucoup de moments heureux, on ne s’éloigne pas de son passé si aisément, si bien que Pierre est à un virage qu’il ne sait pas mieux amorcer que celui où il trouvera la mort sur une petite route départementale, par un jour de pluie, alors qu’il roule à trop vive allure…

 

Ce sont ces choses de la vie faites de petits riens, de réunions de famille, de rencontres, de bavardages entre copains en buvant un café, ce sont ces visions fugitives d’un passé qui vient soudain percuter le présent et le colorer d’une subtile mélancolie que Claude Sautet hisse à la hauteur d’un drame antique et que saisit une caméra sensible et nostalgique. Ce film est également une chronique des années 70, la fin des 30 Glorieuses où l’air semblait plus léger qu’aujourd’hui, où les femmes s’habillaient de couleurs vives, de robes structurées, se coiffaient de chignons bas sur la nuque, où la classe moyenne des cadres étaient plus à l’aise que de nos jours, où l’on fumait beaucoup et où l’insouciance se faisait la part belle aussi bien professionnellement que sentimentalement. On commençait à voir pointer les familles recomposées, les liaisons affichées, mais tout cela restait feutré par une évidente élégance du cœur.

 

Les choses de la vie, par sa composition remarquable, son casting, sa musique sera le premier succès de Claude Sautet et son entrée par la grande porte dans le monde des cinéphiles. Ce film recevra d’ailleurs le prix Louis Delluc 1970 et obtiendra un grand succès en salles. Il est vrai que les acteurs y sont pour quelque chose et que Sautet a su les choisir avec discernement. Michel Piccoli s’impose dès les premières scènes par sa présence, Lea Massari est magnifique et très classe dans le rôle de l’épouse qui ne se laisse nullement abattre par les événements et déchirera au bon moment une lettre compromettante, enfin Romy Schneider est sublime de charme, de tendresse, d’inquiétude, elle est la femme qui se tient en équilibre sur un fil entre espérance et désespoir, cet état qu’elle savait si bien traduire à l’écran avec son beau visage interrogateur. Oui, un film que l’on revoit avec émotion et qui distille une mélancolie poignante car la vie est ainsi faite de ces choses qui ,tour à tour, exaltent et fracassent.

 

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LES CHOSES DE LA VIE de CLAUDE SAUTET
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
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