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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 10:48

A Orléans, Marithé s’investit à fond dans son centre de formation pour accompagner des salariés lors de leur reconversion. Elle rencontre Carole, gérante d’un des restaurants les plus cotés de la région, qui souhaite changer de métier pour échapper à l’emprise trop étouffante de son mari, chef étoilé et compagnon autoritaire. Marithé décide de tout faire pour l’aider à se remettre en selle. Mais est-ce par altruisme ou par intérêt ? Car Marithé a découvert que Carole avait un amant, et que le mari étoilé n’était pas si dépourvu de charme que sa femme le laissait entendre. Dans cette relation pleine d’ambiguïté,  on navigue à vue entre fausses confidences et manipulation habile.

 

Anne Le Ny nous a habitués à des films d’une introspection délicate qui, le plus souvent, s’ordonnent autour d’un problème familial. Ce fut le cas de "Ceux qui restent" ou "Les invités de mon père" qui ont, l’un et l’autre, reçus un accueil favorable du public. Son dernier opus ne manque pas de qualité mais semble moins inventif, moins percutant que les précédents, s’installant trop vite dans un narratif sans surprise et incitant les actrices à cabotiner trop selon moi. Surtout Karin Viard qui en fait des tonnes alors qu’elle est tellement plus convaincante dans la mesure, voire l’émotion. Face à elle, Emmanuelle Devos intériorise davantage et rend son personnage plus crédible. Néanmoins, le film se laisse regarder sans déplaisir. Les dialogues sont conformes à la mentalité des deux héroïnes et sonnent justes et puis l’histoire, qui aurait gagné à être narrée de façon plus audacieuse, reste amusante et Anne Le Ny prouve ainsi aux spectateurs qu’elle s’inscrit dans la durée.

 

Adolescente, la réalisatrice rêvait d’être écrivain. Mais séduite un soir par le jeu des acteurs, alors qu’elle se rendait au théâtre avec ses parents, elle choisit finalement l’option comédienne. Après le conservatoire, la jeune Anne fait ses classes sur des scènes de la périphérie parisienne avant d’obtenir son premier rôle au cinéma dans "Ma petite entreprise". Elle ne quitte plus l’affiche et impose sa pétillante personnalité dans « Le goût des autres » d’Agnès Jaoui et  « Se souvenir des belles choses » de Zabou Breitman. L’actrice se sent prête alors pour réaliser son premier rêve, l’écriture : elle signe le script d’un sitcom pour la télévision suisse, puis le scénario de « Didine » pour Vincent Dietschy. La cinéaste a définitivement pris le pas sur la comédienne. D’autant que ses films ont le privilège de plaire au public. Anne Le Ny a souhaité faire de la femme le thème central de son cinéma. Loin des clichés de douceur et de charme, elle entend révéler les tensions intérieures, les dilemmes auxquelles elles sont quotidiennement confrontées. Et cela ne semble pas trop mal lui réussir …

 

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ON A FAILLI ETRE AMIES de ANNE LE NY
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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:53
PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX

Clément, jeune professeur de philosophie parisien, est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines "people" et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

 

 

 Après avoir filmé les fractures sociales dans ses précédents opus, le réalisateur belge Lucas Belvaux s’attarde sur les fossés culturels qui vont entraver l’existence de ces deux principaux personnages, dans  une adaptation fidèle de l’ouvrage de Philippe Vilain paru en 2011 chez Grasset. Il s’agit ici de la relation amoureuse et éphémère de deux êtres qui ne viennent pas du même milieu social, n’ont pas grandi dans le même environnement et n’ont pratiquement aucun goût en commun. Le film suit ainsi l’histoire d’amour entre Clément, parisien célibataire, et Jennifer, pétillante coiffeuse provinciale, divorcée et maman d’un petit garçon de dix ans. Rien ne peut les empêcher de s’aimer, sauf leur origine sociale et leur formation culturelle qui a, certes, plus d’importante pour l’un que pour l’autre. Ces obstacles parviendront-t-ils à briser leur amour et le plaisir qu’ils trouvent l’un et l’autre dans cette relation décalée ? Suivant à la lettre le roman de Philippe Vilain, le réalisateur nous offre une version cinématographique d’une belle sobriété et d’une extrême délicatesse, illuminée par la présence de deux acteurs formidables, la radieuse Emilie Dequenne et le sobre et très intériorisé Loïc Corbery qui prête à son personnage ce qu’il faut de proustien et de complexe.  Les scènes donnent au fur et à mesure les clés de sa nature : celle d’un homme exigeant et  rigide qui craint de s’engager et accorde plus d’importance à la chose pensée qu’à la chose vécue. Entre l’intellectuel Clément et la vivante et pragmatique Jennifer qui cède volontiers à ses emballements et à ses coups de cœur, le fossé va inexorablement se creuser et c’est davantage à l’incompréhension qu’au désamour qu’ils devront l’échec de leur romance.

 

 

Professeur de philosophie et écrivain, Clément analyse trop, au point de constater qu’il a de graves handicaps dans ses rapports avec autrui. Chez lui, c’est l’intelligence qui est sans cesse sur le qui-vive, alors que Jennifer laisse le cœur conduire l’attelage. Avec une intuition profonde, elle saura partir avant qu’il ne soit trop tard, prouvant ainsi que le cœur est parfois plus clairvoyant que la raison, et les sentiments moins aveugles que l’intelligence.

 

 

Les efforts de Jennifer pour tenter de s’adapter au monde livresque de Clément sont absolument touchants et on s’aperçoit que si elle a quelque difficulté à l’aborder, elle le juge avec un bon sens jamais pris à défaut. Elle est souvent percutante dans ses jugements et d’une sincérité absolue, ne cherchant nullement à le gruger ou à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Sa nature la pousse à s’abandonner corps et âme à cet amour naissant et elle est d’autant plus dans le don que Clément reste sur la réserve. On devine qu’il se demande ce qu’il lui arrive, on le surprend constamment en porte à faux avec lui-même, jouant en permanence sur deux registres sans bien appréhender lequel est le plus essentiel et déterminant, ni comment administrer au mieux cet apprentissage du cœur qui le voit à ce point désemparé. Car dans cette comédie sentimentale entre deux êtres aux antipodes l’un de l’autre, le plus à plaindre est sans nul doute Clément, prisonnier de sa cérébralité, de son égo, de l’image qu’il veut imposer de lui-même.

 

 

Alternant les scènes légères avec d’autres d’une surprenante profondeur, servi par des dialogues intelligents et une interprétation remarquable, ce film est un bijou qui nous rassure sur les possibilités d’un cinéma intimiste et littéraire et que l'on savoure avec bonheur.

 

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PAS SON GENRE de LUCAS BELVAUX
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:00

Décidément le cinéma français manque visiblement d’inspiration et ce n’est pas ce pauvre Dans la cour qui va lui redonner un semblant de santé et de couleur. Heureusement, et bien que sans prétention, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu a le mérite d’être hilarant et de vous distraire sans vulgarité et sans leçon de morale. Mais ce passage dans cette cour sordide, mise en images par Pierre Salvadori, est l’assurance d’en ressortir plus découragé que jamais sur l’avenir de notre 7e Art. On vous fera remarquer que c’est là un film d’auteur, seulement l’auteur est sans talent, sans verve, sans esprit. Les dialogues sont d’une pauvreté accablante et les mots qui reviennent le plus souvent sont « Oh putain, c’est con ! et autres richesses de notre belle langue française. Rien qui puisse, dans cet opus indigent, susciter la moindre émotion et le moindre intérêt. On s’ennuie à longueur de pellicule devant ces personnages creux qui sont bien en peine de délivrer un quelconque message car il n’y en a pas ; c’est l’histoire plate et grise d’un musicien dépressif qui se reconvertit en gardien d’immeuble. Il y rencontre Mathilde, une femme qui flirte avec la folie et fait une fixation sur des fissures qui apparaissent dans son appartement, symbole de ses fêlures intérieures. Un lien de tendre amitié va se nouer entre elle et son gardien qui tente bien maladroitement d'apaiser ses angoisses tout en gérant tant bien que mal les siennes. Voilà, n’en attendez pas davantage, la mélancolie est ici au rabais.

 

On se demande ce que Catherine Deneuve vient chercher dans ce rôle de déjantée aussi peu attendrissante que possible. Elle donne vraiment l’impression de ne prêter à ce rôle qu’un visage désabusé et morose, sans les grâces de l’âge que quelques actrices ont si bien su insuffler à leurs dernières apparitions à l’écran. Pensons à Danielle Darrieux, à Denise Grey dans La boum ou à Gisèle Casadessus, adorable dans La tête en friche. Aussi est-ce pénible de voir Deneuve s’égarer dans des productions d’une telle médiocrité, très en-dessous de son talent. Certains ont crié à la grande Catherine, je serai plutôt tentée de susurrer …la pauvre Catherine.

 

 

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DANS LA COUR de PIERRE SALVADORIDANS LA COUR de PIERRE SALVADORI
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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 09:35
NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET

Une jeune femme, Nelly, travaille occasionnellement dans des imprimeries, tandis que Jérôme, son compagnon, ne parvient pas à trouver du travail. Dans un café, Nelly fait la connaissance d'un sexagénaire, monsieur Arnaud, que lui présente Jacqueline, dont il fut autrefois l'amant. Monsieur Arnaud propose de l'argent à Nelly, qui refuse. Elle n'en affirme pas moins à Jérôme qu'elle a accepté et suscite ainsi une rupture qu'elle désirait secrètement. Nelly revoit monsieur Arnaud et se rend à ses raisons. Il peut l'aider financièrement. Elle, en échange, tapera à la machine et critiquera le manuscrit de ses mémoires qu'il est en train de rédiger...

 

Pour Mr Arnaud, ses mémoire sont déjà un adieu à la vie, pour Nelly sa rupture avec son mari est également une remise en cause de son avenir sentimental. Les deux personnages sont en quête de quelque chose qu’ils ne maîtrisent plus et qui fait d’eux des isolés, des cœurs solitaires soucieux de préserver leur quant-à-soi. Tous deux, dans ce quasi huis-clos, où le temps semble suspendu, se croisent, s’épient dans une intimité feutrée sans que leurs élans ne coïncident jamais. Au cœur d’un cocon bourgeois, c’est une tragédie lente et implacable à laquelle nous assistons : un face à face amer, impossible, contrarié, illusoire entre deux protagonistes que l’âge, le milieu social et les aspirations séparent. Avec cet opus, le dernier de sa carrière, Sautet traite avec délicatesse des instabilités de la vie, des impossibilités du destin, des rendez-vous manqués et les traduit en une musique de chambre douce, déchirante et pudique qui sied tellement bien à sa personnalité et trouve là sa tonalité la plus juste, comme cela l’avait déjà été pour Un cœur en hiver.

 

La souffrance des personnages est saisie par une caméra légère qui brosse chaque tableau avec des couleurs aquarellées et sait nous relater avec subtilité l’inconstance des sentiments, les variations des cœurs aux prises avec un réel qui ne les satisfait pas. Les flash-back ne sont là que pour prolonger l’écho des actes et situations qui, désormais, ne sont plus possibles, chaque tentative, chaque élan qui pourraient rapprocher la jeune femme et l’ancien juge sont toujours contrariés, brisés dans leur spontanéité.

 

Cette cantate pour cœurs solitaires est interprétée par deux solistes remarquables, violons qui s’accordent et se répondent sans parvenir à s’unir mais nous enchantent grâce à leurs partitions savamment dosées de gravité, de maturité, d’ironie, de raideur ou de bouleversant abandon. Ce sera ainsi de Mr Arnaud contemplant Nelly dans son sommeil. Michel Serrault et Emmanuelle Béart sont en osmose parfaite avec leurs personnages très tchékhoviens, tandis que les seconds rôles, Charles Berling dans celui du mari, Michael Lonsdale en ami trop envahissant et Jean-Hugues Anglade en soupirant disponible sonnent juste également. Quel plus bel adieu pouvait nous adresser Claude Sautet que cette cantate fauréenne ? 

 

 

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NELLY ET Mr ARNAUD de CLAUDE SAUTET
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 09:04
QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON

Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale, sont des parents plutôt "vieille France". Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit...Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un chinois. Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

 

Sur ce canevas casse-gueule, Philippe de Chauveron qui, jusqu’alors, ne nous avait proposé que des comédies assez plates, nous offre un opus amusant, enlevé et fort bien ficelé qui n’est pas sans rappeler des films, qui furent en leur temps des succès, comme Rabbi Jacob ou La vérité si je mens. Alors, ne boudons pas notre plaisir lorsque se présente à nous un film savoureux, drôle sans jamais être vulgaire, et qui égratigne gentiment toutes les communautés sans jamais être méchant ou blessant. Ici on est dans le gag soft et la caricature plaisante où la xénophobie de chacun n’engage que lui-même sans porter offense à l’autre. Voilà qui nous réconcilie avec le multiracial et le multiculturel revisités de façon burlesque mais volontairement optimiste.

 

Il faut dire que chacun a l’élégance de ne pas se voiler la face et de balayer devant sa porte avant d’accuser quiconque et que les gendres font preuve d’un sens familial évident, acceptant même de passer un Noël chrétien chez les beaux-parents, ce que bien des gendres français oublient de faire. Mais ceux-là ont, à l’évidence, assez de cœur pour comprendre que leurs beaux-parents ont quelques raisons d’être un peu déboussolés dans leur quotidien. Bien que catholiques  pratiquants, Claude et Marie Verneuil ont eux aussi des vertus de tolérance et l’amour du prochain n’est pas un vain mot selon eux, d’où le côté conciliateur et apaisant de ce film qui nous brosse un tableau idéal du mélange des peuples, des religions, des coutumes et, ce, avec allégresse. On en aurait presque la larme à l’œil. Aussi faut-il le remercier de nous avoir concocté, à un moment où les tensions sont si grandes, une comédie qui réconcilie au lieu de diviser, qui amuse au lieu de choquer, qui apaise au lieu d’irriter. Un grand bravo pour ce tour de force sans prétention cinéphile peut-être, mais qui nous propose une dose d'euphorisant à moindre prix.

 

Je ne citerai pas chaque acteur car ils sont tous excellents, parfaitement crédibles et visiblement très bien dans leur peau. Christian Clavier en notable bon enfant, auprès d'une Chantal Lauby délicieuse de gentillesse, est simplement formidable, avec ce poids que les ans lui ont donné et qui lui va comme un gant dans ce rôle de père aux prises avec son époque et ses inévitables bouleversements.

 

A voir si le quotidien vous a mis l’humeur à l’envers.

 

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QU'EST-CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ? de PHILIPPE de CHAUVERON
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:46
LES CHOSES DE LA VIE de CLAUDE SAUTET

Pierre (Michel Piccoli), architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de voiture. Éjecté de son véhicule et gisant dans une prairie à peine conscient, il revoit son passé et les deux femmes qui comptent dans sa vie, Catherine (Léa Massari) dont il est séparé et avec qui il a eu un fils et Hélène (Romy Schneider) avec qui sa relation amoureuse est à un tournant. A partir de ce thème, inspiré d’un roman de Paul Guimard, Claude Sautet compose un drame sentimental de belle facture sur un scénario travaillé en collaboration avec Jean-Loup Dabadie qui a écrit également les dialogues et sur une musique d’un charme envoûtant que l’on doit à Philippe Sarde. L’ensemble est une réussite d’autant plus appréciable que le montage est un petit chef-d’œuvre d’habileté qui nous conte la vie de Pierre Bérard grâce à des flashs- back qui pointent ainsi les moments clés de son existence.

 

Séparé de sa femme, Pierre vit une passion avec la belle Hélène mais on ne tourne pas si facilement une page qui a compté beaucoup de moments heureux, on ne s’éloigne pas de son passé si aisément, si bien que Pierre est à un virage qu’il ne sait pas mieux amorcer que celui où il trouvera la mort sur une petite route départementale, par un jour de pluie, alors qu’il roule à trop vive allure…

 

Ce sont ces choses de la vie faites de petits riens, de réunions de famille, de rencontres, de bavardages entre copains en buvant un café, ce sont ces visions fugitives d’un passé qui vient soudain percuter le présent et le colorer d’une subtile mélancolie que Claude Sautet hisse à la hauteur d’un drame antique et que saisit une caméra sensible et nostalgique. Ce film est également une chronique des années 70, la fin des 30 Glorieuses où l’air semblait plus léger qu’aujourd’hui, où les femmes s’habillaient de couleurs vives, de robes structurées, se coiffaient de chignons bas sur la nuque, où la classe moyenne des cadres étaient plus à l’aise que de nos jours, où l’on fumait beaucoup et où l’insouciance se faisait la part belle aussi bien professionnellement que sentimentalement. On commençait à voir pointer les familles recomposées, les liaisons affichées, mais tout cela restait feutré par une évidente élégance du cœur.

 

Les choses de la vie, par sa composition remarquable, son casting, sa musique sera le premier succès de Claude Sautet et son entrée par la grande porte dans le monde des cinéphiles. Ce film recevra d’ailleurs le prix Louis Delluc 1970 et obtiendra un grand succès en salles. Il est vrai que les acteurs y sont pour quelque chose et que Sautet a su les choisir avec discernement. Michel Piccoli s’impose dès les premières scènes par sa présence, Lea Massari est magnifique et très classe dans le rôle de l’épouse qui ne se laisse nullement abattre par les événements et déchirera au bon moment une lettre compromettante, enfin Romy Schneider est sublime de charme, de tendresse, d’inquiétude, elle est la femme qui se tient en équilibre sur un fil entre espérance et désespoir, cet état qu’elle savait si bien traduire à l’écran avec son beau visage interrogateur. Oui, un film que l’on revoit avec émotion et qui distille une mélancolie poignante car la vie est ainsi faite de ces choses qui ,tour à tour, exaltent et fracassent.

 

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LES CHOSES DE LA VIE de CLAUDE SAUTET
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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 08:48
SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH

Un  photographe de guerre à la retraite, Jacques Kaminsky interprété par Johnny Hallyday  buriné à souhait, vient visiter avec sa dernière compagne un chalet alpin qu’il entend acheter pour fuir Paris et ses pompes et se retirer à l’écart du monde. La jeune femme ( Sandrine Bonnaire ), qui lui fait visiter les lieux, dégage un charme auquel cet amoureux des femmes ne résistera pas, si bien que nous le retrouvons, quelques mois plus tard, s’installant en sa compagnie dans ce lieu idyllique veillé par un aigle photogénique et un environnement exceptionnel de cimes enneigées. Bientôt le meilleur ami du photographe, un médecin campé par Eddy Mitchell, lui rend visite et voyant combien son ami souffre de ne pouvoir réunir ces quatre filles, nées chacune d’une mère différente et qu’il a coupablement négligées, imagine de leur faire croire que leur père est très malade, ce qui a pour conséquence immédiate de les faire arriver en catastrophe et de créer une suite d’imbroglios plutôt sympathiques. Malheureusement cette chronique familiale va brusquement virer au polar de façon alambiquée, ce qui enlève au film sa cohésion et surtout le prive de toute crédibilité.

 

Dommage qu’une fois encore Lelouch ait cédé à son travers de faire compliqué alors que la simplicité du début lui seyait autrement mieux et surtout conférait une unité à son film. Mais on ne guérit pas de ses travers. On sait qu’il y a toujours eu chez Lelouch, cet éternel gamin fou de caméra, un petit quelque chose d’amateurisme. Chez lui, les découpages ont trop souvent manqué de nerf et les scénarios de muscle, ce qui les fait partir en vrille comme nous le constatons avec "Salaud, on t’aime".

 

Heureusement les images sont belles. Lelouch est un œil, pas toujours une tête, ce qui produit des longs métrages bancals comme ce dernier auquel peu de choses suffisait pour emporter l’adhésion. Reste un casting plaisant, un duo composé des deux ténors de la chanson populaire, le joli sourire de Sandrine Bonnaire, des paysages magnifiques et la dose habituelle, que n’oublie jamais Claude Lelouch, de romanesque composite, de rigolades entre copains, de belles échappées, de quelques larmoiements et d’une bordée de lieux communs, le tout servi sur un lit d’images superbes et de tendresse amusée. Toutefois, le cinéaste aurait été mieux inspiré s'il s'était contenté de nous livrer le bilan d’une vie, qui n’est autre que la sienne, teinté de nostalgie, de plaisirs hédonistes et d’inévitables regrets.

 

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SALAUD,ON T'AIME de CLAUDE LELOUCH
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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 13:28

 

 

Pendant la Première Guerre mondiale, dans un camp en Allemagne, un groupe de prisonniers français, dont l'aristocrate capitaine de Boëldieu ( Pierre Fresnay ), le contremaître Maréchal ( Jean Gabin ) et le banquier d'origine juive Rosenthal, préparent leur évasion. Ces hommes sont à la veille de leur première tentative lorsque la nouvelle de la reprise, par les Français, du fort de Douaumont, suscite une vague d'enthousiasme parmi les prisonniers et conduit le bouillant Maréchal au cachot. Tous sont finalement transférés dans la forteresse que commande le capitaine von Rauffenstein ( Erich von Stroheim ). Entre Rauffenstein et de Boëldieu, une solide estime s'établit, fondée sur l'appartenance à la même caste...

 

En parlant de son scénariste Charles Spaak, Renoir déclarait : « Aux liens de notre amitié s’ajouta celle de notre foi commune dans l’égalité et la fraternité des hommes ». Sortie sur les écrans en 1937, alors que l’ombre d’un nouveau conflit mondial venait assombrir l’Europe, « La Grande Illusion » est une œuvre d’une humanité profonde dont le constat n’en est pas moins cruel. Renoir, grâce aux relations qui se nouent entre Boieldieu et von Rauffenstein, parvient à abolir provisoirement les frontières dressées entre les hommes. Mais, il redevient pessimiste lorsqu’il nous montre que ces barrières sont d’origines sociales et nous prouve qu’un immense fossé sépare irrémédiablement Boieldieu et Maréchal que la fraternité elle-même ne parviendra pas à gommer. Dans ce film, Renoir est plein d’espoir en l’homme, il a foi en chaque individu. C’est la société qui porte tous les maux, pousse les hommes à s’affronter et à se haïr. Peut-être Maréchal et Boëldieu ne sont-ils séparés que par leur appartenance à deux classes distinctes et par leur éducation ? Mais il semble que ce soit davantage encore leur conception de la guerre et la manière dont ils surmontent son absurdité qui les distinguent l’un de l’autre. Boëldieu et von Rauffenstein font partie d’un monde qui s’éteint, croyant en une chevalerie imaginaire de faits d’armes immémoriaux. Alors que Maréchal fait partie du peuple dont le principal souci est de défendre la nation et la démocratie pour laquelle leurs ancêtres ont versé leur sang, sans rien y ajouter de chevalerie romanesque.

 

Le film fut tourné, pour une grande part, à la caserne de Colmar et au château du Haut-Koenigsbourg qui répondait parfaitement à l’illustration de l’austère citadelle et à ce qu’il y avait d’altier dans l’attitude et le comportement de son commandant germanique. Renoir croyait sincèrement en la légitimité des guerres. Lui-même, combattant en 14/18 dans l’aviation, était animé par des sentiments de chevalerie qui trouvent leur incarnation dans les deux aristocrates de son film. Renoir donne ici la parole à chacun des camps, le français et l’allemand, et aux différentes couches sociales dont les idéaux diffèrent fatalement. Il ne décrit d’ailleurs que des actes justes, des hommes intègres et fraternels, nous plongeant dans des situations  qui touchent le cœur, celles que rencontrent inévitablement, et où qu’ils soient, les prisonniers de guerre. Le cinéaste nous offre, par ailleurs, un spectacle d’une rare intelligence. D’abord récit de prison, comprenant nombre de types humains hauts en couleur, le film se resserre sur quelques individus emblématiques, prisonniers d’un nid d’aigle, forteresse qui illustre bien le drame en train de s’y nouer. Puis, dans la blancheur éclatante de l’hiver, trois individus vont cristalliser les enjeux du film. Ce récit, distribué en trois chapitres, s’approche comme dans un lent travelling avant (figure que Renoir utilisait à merveille) de chacun des individus. C’est à la fois un récit d’évasion et une aventure humaine servie par une mise en scène magistrale en noir et blanc et un casting de tout premier ordre, véritable sommet de l’art cinématographique. Un des chefs-d’œuvre du cinéma français aux dialogues et aux interprètes inoubliables, une œuvre où se trame une véritable comédie et tragédie humaine sobrement ramassée en un scénarion solide et efficace.

 

Enfin et surtout, La grande illusion est celle qui consiste à espérer que cette guerre sera la dernière et que la fraternité entre les hommes sortira vainqueur des tranchées, puisque de part et d'autre les souffrances ont été les mêmes et, qu'au final, ce qui rapproche est sans doute plus fort encore que ce qui sépare. Mieux qu'un grand film admirablement construit et interprété ( tous les acteurs sont fabuleux ), La grande illusion prône déjà les vertus d'une Europe rassemblée, regardant dans la même direction, unie par ses valeurs communes et animée du souci d'en finir avec les divisions et les conflits de tous ordres. Alors que très osé pour l'époque, où les hostilités commençaient à se faire de plus en plus vives, ce long métrage ne fut pas toujours bien reçu et même interdit en Italie et en Allemagne, puis dans la France occupée. C'est dire à quel point, hélas !  le film de Jean Renoir méritait bien son titre. Soixante-dix-sept ans plus tard, savamment restauré, il est plus que jamais d'actualité, même si l'idée de sacrifice n'est plus à l'ordre du jour. Il retentit  en nous comme un écho douloureux et prégnant, car si  l'absurde finit trop souvent par l'emporter,  l'espérance ne doit jamais être découragée.

 

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LA GRANDE ILLUSION de JEAN RENOIRLA GRANDE ILLUSION de JEAN RENOIR
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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 11:03

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Sam, un jeune étudiant, cherche à séduire Alice, une fille engagée et pleine d'idéaux, mais elle ne fait pas attention à lui. Quelques années plus tard, devenu millionnaire avec deux copains grâce à Internet, il apprend que la jeune femme, qu'il n'a jamais oubliée, est sur le point d’être licenciée par son entreprise. Il décide alors de racheter la société en faillite, sans mettre Alice au courant. Pour cela, il abandonne sa vie facile de millionnaire et travaille comme ouvrier dans sa propre entreprise...

 

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L’intrigue est légère, certes, mais gentiment attendrissante, même si l’on ne croit pas une minute à cette bluette qui vole assez bas et si les personnages restent peu crédibles. Mais les acteurs sont bons ; Max Boublil en Roméo enamouré prêt à tout pour séduire l’étudiante d’autrefois qui savait si bien le moquer, et Aïssa Maïga en pétroleuse syndicaliste prêt à tout, elle aussi, pour sauver son usine, font avaler ce brouet qui sans eux serait totalement insipide. Quant à Patrick Timsit, en directeur complètement dépassé par les événements, il est assez drôle. A voir si l’on n’a vraiment rien d’autre de mieux à faire…

 

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 11:44

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Le film aurait pu se nommer " Une vie " comme le roman de Guy de Maupassant, à la différence que l'héroïne du film est une jeune femme actuelle, éprise de liberté qui envisage son avenir de toute autre façon que la Jeanne du roman. Suzanne, à peine sortie de l’adolescence, supporte mal l’autorité d’un père pourtant très attentif, veuf depuis des années et qui élève seul, avec courage et dignité, ses deux filles. Magnifique personnage que ce routier qui partage son existence entre son travail et l’éducation de ses  enfants. Il est remarquablement bien interprété par un François Damiens profondément immergé dans son rôle d’homme de devoir, dont la vie n’est éclairée que par la présence et l’amour de ses filles.

Suzanne est visiblement la plus rebelle, face à une sœur, émouvante Adèle Haenel, qui l’adore et lui passe tous ses caprices. Un jour, le père est appelé par une conseillère familiale qui lui apprend que Suzanne est enceinte de 3 mois. C’est le choc, car il est visible que cette femme/enfant n’est pas en mesure d’élever son bébé. D’ailleurs elle va bientôt l’abandonner pour suivre Julien, un jeune malfrat qui l’entraînera dans sa dérive, larguant définitivement les amarres. Coup de cœur dont s’ensuivra une cavale, la prison, l’amour fou, le petit garçon placé dans une famille d’accueil, un autre enfant, une autre cavale et,  pour finir, la réclusion avec son deuxième bébé, une petite fille, dans un lieu de détention pour femmes.

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Lorsqu'elle s'est présentée à l'audition, nous dit la cinéaste Katell Quillévéré, Sara Forestier s'était vêtue comme elle pensait que Suzanne s'habillerait et avait préparé une des scènes les plus difficiles, celle où, au parloir de la prison, elle apprend par son avocate que son fils a été placé dans une famille d'accueil : "Sara est la première actrice que j'ai vue pour le rôle et j'ai su aussitôt que ce serait elle. Elle dégage une énergie phénoménale, qui contrebalance le caractère tragique de la trajectoire de son personnage. Elle veut toujours aller au bout de l'exploration, demande des prises supplémentaires et livre une infinité de variations, c'est un stradivarius." Dans le rôle de la soeur cadette, Adèle Haenel est éblouissante, "très drôle dans la vie de tous les jours, mais à l'écran elle dégage une forme de gravité qui donne beaucoup de densité à Maria, qui, dans le film, fait figure d'aînée". Le père, joué par François Damiens, "est de la même famille que ses filles de cinéma, toujours dans le plaisir du jeu."

Des femmes comme Suzanne, Katell Quillévéré en a rencontré lorsqu'elle a présenté son film dans une prison lyonnaise : "C'est là que j'ai mesuré la violence de mon film. Une mère séparée de son enfant comme Suzanne m'a dit, après la projection, qu'elle aurait aimé voir le film, mais dehors. Vous imaginez une histoire, vous racontez la vie de quelqu'un qui n'existe pas et voilà qu'elle apparaît devant vous… Des Suzanne,  il y en a plein les prisons." 


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L’originalité de l'opus de Katell Quillévéré est de se dérouler par séquences, laissant aux spectateurs la liberté de combler, à leur gré, les espaces vides, les lignes en suspens, ces vies entremêlées et toutes douloureuses, sans cesse contrariées dans leurs espérances. Ce sont bien des vies qui volent en éclats, des existences ratées et pourtant lourdes de sens, de souffrances quotidiennes, d’aspirations renoncées et d’une luminosité déchirante, tant nous les côtoyons chaque jour. Le réalisme du film n’en reste pas moins teinté d’une poésie tendre, celle des visites au cimetière sur la tombe de la mère disparue, celle d’un père en sanglots au chevet de sa fille, d’une sœur qui abdique ses désirs personnels pour rester proche de son père et toujours disponible pour sa sœur, d’un environnement modeste et provincial, France profonde qui cache tant bien que mal ses drames et ses deuils. Un film qui vous prend à la gorge et dont l’émotion pudique ne vous quitte pas, peut-être parce que les images restent dans un cadre intime, dans une intériorité expressive et parce que les acteurs sont d’un bout à l’autre bouleversants et vrais. Il faudra 25 ans pour que Suzanne tente de recoller les morceaux épars de sa vie chaotique. Elle le fera, désormais sans rêve, ni illusion, soumise à la seule loi qui vaille : celle du cœur.

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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