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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 11:01
ANDRZEJ  WAJDA

Andrzej Wajda, qui vient de mourir d’une insuffisance respiratoire à l’âge de 90 ans, est le chef de file de l’école de cinéma polonaise qui s’est affirmée à partir de 1956 à la faveur d’un renouveau artistique et d’une relative libéralisation politique. Sa filmographie reflète d’ailleurs les aléas constants qui ont frappé l’évolution du pays, ainsi que l’illustrent les titres de ses opus successifs : « Cendres et diamants » en 1958, « L’homme de marbre » en 1977, « L’homme de fer » en 1981, « Korczak » en 1990, réalisations en prise directe avec l’actualité du pays. Cinéaste soucieux du moindre détail, Wajda a souvent eu recours à des formes baroques et n’a cessé de s’interroger sur l’histoire singulière et dramatique de la Pologne. Aussi le thème national a-t-il été abordé par lui de manière sensible et romantique sans pour autant que la critique, parfois même virulente, en soit absente. Ainsi fait-il la part belle à tous les actes de résistance qui ont eu lieu durant l’occupation allemande, puis sous l’occupation de l’armée rouge, résistance ignorée ou déformée par les discours officiels ou, pire, par la propagande de cette politique dominatrice qui étouffait en permanence les forces vives de la nation polonaise. Evoquant l’année 1945, « Cendres et diamants » met aux prises des opposants issus de la Résistance intérieure qui vont organiser l’assassinat d’un vétéran communiste, représentant du nouveau régime dictatorial. Portrait complexe des contradictions du moment, cette analyse poignante bénéficie d’une interprétation remarquable et promulgue l’acteur Zbigniew Cybulski  en véritable icône de la jeunesse. Sa mort prématurée sera à l’origine d’un film que Wajda lui dédie « Tout est à vendre », récit d’un tournage et approche de la création,  qu’il reprendra et approfondira plus tard dans son film « Chef d’orchestre » (1980).

 

 

Malgré la surveillance exercée par le pouvoir en place sur ses scénariis, Wajda s’applique à décrire les anachronismes de la Pologne d’avant-guerre avec sa célèbre charge de cavalerie contre les divisions blindées allemandes dans « Lotna », opus qui lui attire bien des critiques et exerce un inconfort évident sur sa volonté de scruter d’un œil neuf et impartial l’histoire réelle de son pays. Avec « Cendres », pour lequel il obtient de plus gros moyens financiers, il se livre à une large fresque sur le pays au lendemain de l’épisode napoléonien, puis aborde le temps des croisades avec « La croisade maudite » en 1968. Plus dramatique et personnel sera « Paysage après la bataille » qui évoque le destin des rescapés polonais des camps nazis, tandis que « Les noces », en 1973, dépeint  la nostalgie d’un passé où les héros de tous ordres s’illustraient avec force et panache. Par la suite, l’évolution politique de son pays l’incite à un engagement encore plus formel, cela au prix d’une lutte incessante. Ce sera le grand moment de « L’homme de marbre » (1977), un retour sur une époque de lutte incessante pour l’édification d’un socialisme à marche forcée,  film construit comme une enquête où le réalisateur restitue parfaitement le climat de propagande et l’obsession du sabotage des années staliniennes. Les événements ne cessant de s’accélérer avec les grèves de Gdansk et l’émergence du syndicat indépendant de Solidarnosc, il réalise sans plus tarder, et dans l’urgence, « L’homme de fer », où il met en scène le fils de l’Homme de marbre, mais également un journaliste mouchard. Ce film aura une réelle répercussion dans le monde entier et fera connaître le nom de Wajda, ce qui lui permettra dès lors de tourner à l’étranger sans être brimé par la censure polonaise marxiste. C’est ainsi qu’il produit « Danton » en France en 1983 avec, dans le rôle-titre, Gérard Depardieu, film où il s’implique dans des considérations sur le pouvoir et la révolution. Enfin avec des films comme « La semaine sainte » (1995) ou « Miss Nobody » (1996), Wajda médite sur la Pologne post-communiste et les changements survenus, confirmant haut et fort  ses critiques morales à l’intention d’un pays où le cinéma désormais n’est plus la proie des mêmes enjeux  politiques. 

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 11:26
Ettore Scola ou la nostalgie de l'histoire

1931 - 2016

 

Ettore Scola, l'un des plus grands cinéastes italien de l'après guerre, vient de mourir à Rome à l'âge de 84 ans " son coeur s'est arrêté de battre de fatigue " - ont annoncé son épouse et sa fille à l'Italie qui perd avec lui l'une des figures emblématiques du 7e Art.

 

 

Ettore Scola, après des études de droit, se consacre tout d’abord au journalisme et à la radio avant de devenir gagman pour des films de l’acteur Toto. En 1952, il débute dans l’élaboration de scénarii et devient très vite l’associé de Ruggero Maccari, un des scénaristes les plus réputés en matière de comédies. Pendant une dizaine d’années Scola va écrire une cinquantaine de films et collaborer notamment avec Dino Risi à L’homme aux cent visages (1960), La marche sur Rome (1962), Le Fanfaron (1962), Les Monstres (1963), Il gaucho (1964), Moi la femme (1971) et également, avec Antonio Pietrangeli, aux films suivants : Les joyeux fantômes (1961), Annonces matrimoniales (1964), Le cocu magnifique  et L’amour tel qu’il est (1965).  En 1964, grâce à Vittorio Gassman, il réalise son premier long métrage Parlons femme, où il entend bien imposer d’ores et déjà son style  en s’efforçant de poser un regard critique sur la société italienne sans se réduire à un simple spectacle humoristique. Ce seront Cent millions ont disparu en 1965, Belfagor le Magnifique en 1966,  Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami disparu en Afrique ? en 1968.

 

 

En 1969, Le fouineur  indique plus nettement encore que Scola ne craint pas de porter le bistouri dans les plaies de la société tout en conservant un sens très sûr du divertissement. Avec Drame de la jalousie en 1970, il pose clairement la question des rapports entre les sentiments et l’idéologie. Pour cet opus, son acteur principal Marcello Mastroianni recevra le grand prix d’interprétation au Festival de Cannes. Suit l’expérience ascétique de Trevico-Torino en 1973 sur l’émigration intérieure entre le Sud et le Nord de l’Italie, puis Nous nous sommes tant aimés en 1974, l’oeuvre qui l’imposera définitivement dans le club fermé des grands réalisateurs. Chronique amère de l’histoire de l’Italie de l’immédiat après-guerre à l’époque actuelle, le film examine sans complaisance le devenir de la société italienne. Scola travaille désormais dans la perspective constante d’un va-et-vient entre passé et présent, alternant les œuvres inscrites dans la contemporanéité comme Affreux, sales et méchants en 1976, Les Nouveaux monstres en 1978, La Terrasse en 1979 Une journée particulière en 1977, Passion d’amour en 1981, La nuit de Varennes en 1982 et Le bal en 1983. Gagné par une certaine nostalgie inhérente au passage du temps, Scola s’intéresse également au problème des relations générationnelles, problème omniprésent dans La famille (1987), qui survole quatre-vingt années de l'existence d’une famille bourgeoise, thème de nouveau présent dans Splendor (1989), évocation attendrie d’une salle de cinéma condamnée à être démolie – et encore dans Quelle heure est-il, sorte de remake de Une journée particulière, au cours de laquelle un père et son fils tentent désespérément de lier une relation durable. En effet, très ancré à gauche, Scola est avant tout un cinéaste soucieux de communiquer avec le public et de partager avec lui ses convictions. Il tente toujours de concilier un discours critique sur la société transalpine avec les nécessités du divertissement, qualités que l’on retrouve dans ses œuvres plus récentes comme Le voyage du capitaine  Fracasse (1990) d’après Théophile Gautier, Le roman d’un jeune homme pauvre (1995), un drame de la pauvreté où Alberto Sordi campe un vieux beau d’anthologie, Le dîner (1998) fresque sociologique pleine d’un humour récurrent et de sarcasme pour décrire une soirée dans un restaurant romain, Concurrence déloyale (2001) est, elle aussi, une comédie corrosive sur les lois antijuives votées en Italie en 1938 et Gente di Romana (2003), un documentaire romancé sur les diverses facettes sociales et culturelles de la capitale italienne d’aujourd’hui. Cette oeuvre importante porte dans son ensemble et sa diversité le sceau d'une joyeuse amertume, d'une défiance à l'égard des hommes si vite abusés et une passion pour leur histoire et les grandes causes à défendre sans exaltation fébrile, davantage avec le regard d'un homme sans illusion.

 

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 09:54
1909 - 1996

1909 - 1996

"L'atmosphère et les personnages comptent plus pour moi que l'intrigue elle-même" ; ce propos de Marcel Carné est l'une des clés de son cinéma fondé sur l'articulation du décor et la psychologie de ses héros. Dans les années 1950, "Juliette et la clé des songes" montrera la continuité de son oeuvre et en offrira une illustration plus baroque.

 

Marcel Carné a connu sa période la plus inspirée de 1936 à 1946 avec notamment "Quai des brumes", "Le jour se lève", "Les enfants du paradis", trois chefs-d'oeuvre incontournables. C'est durant cette décade qu'il entretient une intense collaboration avec Jacques Prévert, scénariste et dialoguiste de sept de ses films les plus marquants. Le seul film que n'ait pas dialogué Prévert est "Hôtel du Nord" et il manque, en effet, à cet opus la veine poétique et non-conformiste si attractive dans les autres, le jeu sur les archétypes et l'intérêt pour les marginaux qui en faisaient le charme et la caractéristique. Cette brillante série bénéfiait également de l'apport exceptionnel des décors d'Alexandre Trauner et des superbes images dues à des techniciens formés par le meilleur cinéma muet allemand. Tous les ingrédients du "réalisme poétique" à la française étaient réunis, ainsi que des acteurs à la présence incontestable tels que Jean Gabin, Arletty, Michèle Morgan, Jules Berry, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Louis Jouvet, Michel Simon...

 

En 1938, "Quai des brumes" est le film fondateur de ce style réaliste-poétique qui marquera si fort le cinéma de notre pays. Cette rencontre du déserteur et de la jeune fille perdue permet au style de se mettre en place.On le retrouve dans "Le jour se lève", récit novateur par sa construction en flash-back. Si "Les visiteurs du soir", tourné pendant l'Occupation, s'oriente volontiers vers le mythe et le symbole qui en découle, "Les enfants du Paradis" viendront couronner cet itinéraire créateur et innovant. Ce monument du cinéma français joue sur l'intelligence de la reconstitution de l'ancien Boulevard du Crime et sur l'évocation des spectacles de rue : pantomines doublant les scènes vues par le spectateur, longs monologues à l'écriture rigoureuse, mise en scène du mélodrame au sein du récit, alliance narrative de personnages de fiction et de figures historiques comme le mime Deburau, l'acteur Frédérck Lemaître ou le bandit Lacenaire. Ce film attentif aux visages et à leurs expressions sait susciter l'émotion du spectateur et évolue avec un lyrisme tranquille où les mouvements de foule sont admirablement bien saisis par une caméra légère. L'opus représente l'apothéose de la collaboration Carné/Prévert et d'un cinéma populaire sans concessions.

 

"Les portes de la Nuit", réalisé aussitôt après la guerre, n'est pas affecté, au contraire, par les mots d'auteur qui y abondent et son narratif rend compte des échos du contexte social d'alors. Mais Carné n'a pas toujours connu la même réussite, ainsi dans "Les tricheurs" en 1958, variation sur le thème de Roméo et Juliette dont les deux héros se heurtent à des interdits nouveaux dans le cadre de Saint-Germain-des-Prés des années 50, ne fut pas reçu par le public avec enthousiasme, malgré ses indéniables qualités. De même que des films moins célèbres et également contestés comme "L'air de Paris" ( 1954 ), "Terrain vague" ( 1960 ) ou "Trois chambres à Manhattan" ( 1965 ) qui recèlent, de la part de leur auteur, de justes observations sur les milieux décrits et l'évolution de la société d'après-guerre au sein d'un projet purement romanesque. Toujours Marcel Carné, à travers une filmographie choisie et peu abondante mais, ô combien, avisée et vivante, révèlera ses solides qualités de mise en scène, de direction d'acteurs et le souffle d'une sensibilité sans cesse en éveil.

 

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MARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUEMARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUE
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 11:39
VINCENTE MINNELLI, LE FLAMBOYANT

1910 – 1986

 

Né d’un père italien, violoniste, et d’une mère française et actrice, le petit Vincente grandit dans le monde du théâtre. A l’instar de Charlie Chaplin, il joue dans la troupe itinérante de ses parents et apprend le métier sur le tas. Ses débuts professionnels ont lieu à Broadway où il devient décorateur et costumier, puis s’intéresse à la mise en scène. Invité à Hollywood, il dirige ses premiers films au début des années 1940. Ce sera d’abord « Un petit coin aux cieux », puis « Mademoiselle ma femme ». Mais la comédie musicale fera bientôt sa réputation, ainsi « Le chant du Missouri » en 1944 avec Judy Garland qu’il épousera et « Ziegfeld Follies » ( 1946 ), deux films qui réunissaient déjà les comédiens les plus prestigieux : Fred Astaire, Gene Kelly, Cyd Charisse, Esther Williams, Judy Garland et assureront sa toute nouvelle  notoriété.

 

En 1950, il devient le réalisateur mythique de la comédie musicale et produit des chefs-d’œuvre : « Un américain à Paris », « Tous en scène », « Brigadoon » et « Gigi », une adaptation du roman de Colette. Vincente confère à ses opus une atmosphère enchantée, une humanité attachante et une féerie constante qui enthousiasment le public. Il a le goût du bonheur et le transmet à son public grâce à l’expression musicale et les numéros impressionnants de chorégraphie dont il a le secret. Enrichissant son travail de son expérience théâtrale et de sa sensibilité à fleur de peau, Minelli élabore un jeu scénique qui marquera à tout jamais son style. On reconnait un film de Minnelli dès les premières scènes. Sur le thème du cinéma, « Les ensorcelés » est un modèle du genre.  Mais parallèlement, Vincente Minnelli est attiré par les films comiques ou dramatiques auxquels il confère les qualités esthétiques qui régissent ses comédies musicales. La même exigence s’y retrouve dans l’élaboration des décors, le choix des costumes et les éclairages. De « Lame de fond ", mélodrame criminel aux simples divertissements comme « Allons donc papa », le réalisateur impose sa touche et sait mettre en relief le jeu des protagonistes. Ses personnages sont constamment entraînés dans le réseau captivant que tisse l’objectif  et dans cet univers minnellien qui est sublimé par la musique et les mouvements souples de la caméra. Sa direction d’acteurs est tout aussi efficace et sensible et ceux-ci lui rendent l’attention qu’il leur porte en donnant le meilleur d’eux-mêmes et en éprouvant, à son contact, une semblable exigence. On se souviendra de l’interprétation de Kirk Douglas dans « La vie passionnée de Vincent Van Gogh » en 1956. Pour Minnelli, il faut raconter une histoire de la façon la plus fine, la plus juste, mais aussi la plus élégante, la plus stylisée, et en y introduisant un zeste de magie.

Par ailleurs, l’utilisation de la couleur contribue à l’aspect flamboyant de la mise en scène. Le cinéaste prolonge ainsi le discours des « Ensorcelés » dix ans plus tard avec « Quinze jours ailleurs », ou adapte des classiques romanesques, ainsi « Comme un torrent » de James Jones en  1959 ou « Les quatre cavaliers de l’Apocalypse » de Blasco Ibanez en 1962, qu’il s’approprie pleinement. Mais c’est sans doute dans « Celui par qui le scandale arrive », en 1960, qu’il atteint le paroxysme de son dynamisme et de sa puissance scénique, capable de peindre dans les tons les plus éclatants une mise en scène lyrique ou une vaste fresque dramatique.

N’oublions pas non plus que Vincente Minnelli est le réalisateur de films intimistes, trop souvent méconnus et rangés à part dans sa brillante filmographie, des films comme « The Clock » ou « Thé et sympathie », enfin « Nina », qui touchent par leur tendresse et leur sincérité et éclairent différemment un créateur aussi divers dans sa production et aussi  inspiré.

 

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VINCENTE MINNELLI, LE FLAMBOYANT
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:17

Le dernier film de James Cameron "L'aventure d'une vie" ( Deepsea Challenge 3D ) lui ressemble en tous points. Par son audace et son engagement à faire évoluer le regard du spectateur sur le monde. A travers son oeuvre, il tente de réveiller les consciences tout en transformant et en bouleversant le 7e Art en une dimension de plaisir jusque-là inconnue. A-t-il raison ou pas ? A chacun de se forger son opinion.

 

D'origine canadienne, le réalisateur s'installe en Californie en 1971, à l'âge de 17 ans. Il étudie la physique au Fullerton College, tout en travaillant comme machiniste et chauffeur routier. Désireux de poursuivre une carrière dans le cinéma, il s'investit en tant que décorateur et concepteur autodidacte des effets visuels sur des films de science-fiction à petit budget.

 

En 1984, sa première réalisation, Terminator, rencontre un succès inattendu. Depuis Cameron écrit, produit et réalise de nombreux films primés qui révolutionnent l'univers des effets spéciaux et établissent plusieurs records au box-office. Ce sera le cas de Titanic et d'Avatar, les deux plus gros succès de l'histoire du cinéma.

 

Avatar, film d'aventures et de science-fiction en 3D dont l'action se déroule sur une planète lointaine à la nature préservée, nécessite le développement durant plus de deux ans de nouvelles technologies de production comme la performance-capture faciale, la caméra virtuelle en temps réel pour la production d'images de synthèse et la Simulcam qui permet l'incrustation de personnages en images de synthèse aux prises de vues réelles. Ces techniques sont associées à une photographie stéréoscopique afin de créer un film hybride mêlant images de synthèse et prises de vues réelles. Avatar remporte les Golden Globes du Meilleur réalisateur et du Meilleur Film ainsi que 3 Oscars sur un total de 9 nominations.

 

Abyss et Titanic permettent au cinéaste de conjuguer deux de ses passions : le cinéma et la plongée en submersible pour se rendre sur l'épave du paquebot qui repose à 3843 mètres au fond de l'Atlantique Nord. Passionné d'exploration sous-marine, Cameron crée Earthship Productions afin de réaliser des documentaires sur l'exploration et la conservation des océans. Depuis sa première expédition, il en dirige six autres, notamment pour étudier l'épave du Bismarck et réaliser des images 3D des cheminées hydrothermales se trouvant le long des dorsales médio-Atlantique et est-Pacifique et en mer de Cortès. Il ne faudra pas moins de 72 plongées en eaux profondes et en submersible, dont 33 sur l'épave du Titanic, ce qui lui vaut d'avoir passé plus d'heures sur le transatlantique que le capitaine Smith lui-même. Parmi ces plongées, 51 sont effectuées dans des submersibles russes Mir jusqu'à des profondeurs atteignant les 4800 mètres.Pour partager, grâce à une qualité d'image inégalée, l'expérience de l'exploration sous-marine avec le public du monde entier, James Cameron utilise un systèm de caméra 3D numérique développé avec son partenaire Vince Pace.

 

 

En tant qu'explorateur, James Cameron est tout autant fasciné par notre planète que par l'espace. Depuis plusieurs années, il travaille avec des scientifiques et des ingénieurs du domaine spatial au développement de structures viables permettant l'exploration de Mars par l'homme et prend part à de nombreux projets d'exploration robotiques de l'univers. James Cameron siège au Conseil consultatif de la NASA pendant trois ans et se révèle un membre actif de la Mars Society et de la Planetary Society. Son implication dans l'exploration égale celle qui est aussi la sienne dans l'exploration et la préservation des océans. Il développe actuellement plusieurs projets autour des océans, dont une série télévisée sur le thème de l'environnement. James Cameron et Vince Pace continuent à développer des outils d'imagerie et de workflow 3D pour le cinéma, la télévision, les documentaires et l'exploration sous la bannière du Groupe Cameron/Pace. Tout un univers qu'il souhaite redéfinir ...  autrement.

 

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JAMES CAMERON OU LE CINEMA AUTREMENT
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 08:57
PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE

La mort de Pasolini, dans des circonstances dramatiques, a conféré une touche tragique à l'auréole de poète maudit dont l'oeuvre, tout autant littéraire que cinématographique, portait déjà la trace. Cette auréole de martyr, on la trouve aussi bien dans les imprécations lyriques des Cendres de Gramsci ( 1957 ) que dans le chant homosexuel de Théorème ( 1968 ), dans ses traductions libres d'Eschyle ou de Plaute ou encore dans  Le Décaméron, les Contes de Canterbury et dans les Mille et une Nuits. Partout se fait entendre le même cri  : " Je suis ... comme un serpent réduit en bouillie de sang ... comme un chat qui ne veut pas crever " - un cri dont l'écho s'identifie avec la souffrance du Christ, liée à celle complémentaire de Judas l'Iscariote, telle que le cinéaste l'a décrite dans sa version très personnelle de  L'Evangile selon Matthieu (1964). Son itinéraire de poète et de metteur en scène a toujours eu quelque chose de désespéré et de suicidaire marqué par un constant besoin de transgression, ainsi a-t-il donné naissance à une suite d'ouvrages disparates emplie de béances fascinantes et irrécupérables.

 

Pasolini est venu relativement tard au 7e Art, alors que sa notoriété, en temps que poète, était déjà bien assise. Il débuta en force avec Accattone ( 1961 ), une fable néo-réaliste cumulant les influences de De Sica et de Visconti, suivie d'un mélodrame freudien Mamma Roma ( 1962 ) aux accents plutôt bunuéliens. Le cinéma devient très vite pour lui, et selon ses propres termes, " la langue écrite de la réalité qui permet de traquer les vestiges des grands mythes universels, au travers de mes fantasmes personnels, le tout syncrétisé dans la gangue du lieu commun"

 

Tous ses films seront à double face : à la fois simples et complexes, dérisoires et sublimes, ouverts à l'abstraction mais souvent dépourvus de cohésion externe. L'inspiration est à chaque fois résolument composite, alternant le profane et le sacré, mélange de temps et d'espace, récits entrecroisés, ainsi dans des films comme Porcherie, Oedipe roi et Médée. Après avoir dédié son Evangile à la mémoire de Jean XXIII, il scandalise une fraction de l'opinion catholique avec Théorème et en enthousiasme une autre au point de se voir décerner au Festival de Venise le prix de l'Office catholique. La représentation des grands textes classiques ne l'empêchera nullement de les accompagner d'érotisme, de scatologie et de pornographie, ni de faire appel à Maria Callas pour un rôle quasi muet...

 

Dans un recueil de textes théoriques, il exaltera " la nature profondément artistique du cinéma, sa force expressive, son pouvoir de donner corps au rêve, c'est-à-dire son caractère essentiellement métaphorique ". Son exégète, Marc Gervais, décrit le projet pasonilien comme "déchiré, contradictoire, marqué par une sorte d'hystérie apocalyptique mais qui, par les moyens de l'art, cherche sans cesse le lieu et l'instant de la réconciliation ". Pour Pasolini, cette vision épico-religieuse du monde a valeur d'exorcisme. La diversité de ses dons explique sans doute son éclectisme et les exercices de funambule auxquels il aime à se livrer. Le tout ne va pas sans maladresses, rançon d'une combinaison singulière de témérité, d'élégance, de maniérisme et d'amateurisme, ce que l'on ne manquera pas de lui reprocher. Ainsi les terrains vagues à l'infini, les accoutrements baroques, les trognes patibulaires de nombre de figurants, les chairs féminines lourdement étalées ne convaincront pas toujours le public qui déplorera un manque d'harmonie et de cohésion. 

 

Pasolini reste et restera un météore du 7 e Art dont la leçon est indéfiniment méditée. Comme l'écrit Dominique Noguez - il y a désormais un mot qui dit bien ce mélange de réalisme et de mythologie imaginaire, de sculpture moderne et de fausse préhistoire, toute cette féerie sous-prolétarienne, ce bric-à-brac de Tiers-Monde, cet exotisme hétéroclite et superlatif, ce style d'Eisenstein marocain ou de Fellini de banlieue ouvrière. Ce mot n'existait pas avant Pasolini. Il existe désormais : pasolinien.

 

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PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:49
KIYOSHI KUROSAWA OU UN CINEMA DE LA DETRESSE

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Le 14e édition du Festival du film asiatique de Deauville, qui s'était tenue du 7 au 11 mars 2012, avait honoré cette année-là Kiyoshi Kurosawa, après Lee Chang-dong  en 2009, Mendoza en 2010 et Kim Jee-woon en 2011. Kiyoshi Kurosawa, né à Kobé en 1955, à ne pas confondre avec son homonyme Akira Kurosawa,fait partie de la nouvelle vague des cinéastes japonais découverts dans les années quatre-vingt-dix. Durant son enfance, il sera influencé par Godzilla et les films de Don Siegel, Sam Peckinpah, Richard Fleischer ou Robert Aldrich qu’il découvre avec son père. Au lycée, préférant sécher les cours, ce sera Fellini, Oshima et Godard. Inspiré par le style et les préoccupations d'Oshima, il tente de l'imiter dans son premier court-métrage et pose la question de l'affrontement entre professeurs et élèves. A la suite de l'accueil glacial qu'il reçoit de la part de ses proches, Kiyoshi Kurosawa part étudier la sociologie à l'université mais vite désintéressé de ces études, il se dirige  vers le cinéma en suivant les cours de Shiguehiko Hasumi qui ne font que confirmer ses pressentiments. Après une courte période à rédiger des critiques et à produire quelques films en super 8, il est assistant sur des films commerciaux puis se décide à devenir réalisateur.

 

Ses deux premiers films, Kandagawa Wars (1983) et The Excitement of the do-re-mi-fa girl (1985), sont des pinkyu-eiga (film érotique) godardiens et cinéphiles, des délires ludo-érotiques situés entre les expérimentations de Shuji Terayama et La chinoise. Sept ans plus tard, il réalise son premier film abouti The Guard From the Underground  (1992) inspiré du giallo de Bava et Argento. Suivra la série Suit Yourself Shoot Yourself  (1996) dont le dernier opus sera une variation pornographique du film Les proies (1971) de Siegel. En 1997, après The Revenge (entre série B et essai de distanciation),  il tourne Cure dont l’histoire de serial killer hypnotiseur lui ouvre les portes de l’Occident. Après Serpent's path et The Eyes of the Spider  (1998), sur le thème de la vengeance, il réalise Licence to Live (1998), son premier film hors genre. En 1999 suivent Vaine Illusion et l’étrange Charisma, entre conte philosophique et farce absurde. Puis, Séance (2000) et Kaïro (2001), des films de fantômes remarqués pour leur ambition théorique. Depuis Kurosawa s’est spécialisé dans ce genre avec des succès inégaux (Jelly Fish, Doppelganger, Loft ) qui ont fait baisser sa côte de popularité en Occident. Jusqu'à Tokyo Sonata (2009), très beau portrait de famille qui lui vaut le Prix spécial du jury à Cannes.

 

Le cinéma original et interrogatif de Kiyoshi Kurosawa est de proposer des méditations ouvertes, au sein desquelles chacun peut frayer le chemin de ses propres réflexions. Il s'agit avec Charisma, par exemple, d'une réflexion philosophique aux enjeux métaphysiques et politiques, qu'il appartient à chaque spectateur d'investir à son gré. Je me permettrai toutefois d'attirer l'attention sur une des approches possibles, qui font que l'arbre puis l'homme qui s'appellent "Charisma" dans le film incarnent les multiples formes de la tension entre l'exigence collective et la revendication individuelle. Si bien qu'au début du film, placé sous l'empire d'un autre genre cinématographique, le polar, est affichée une étrange revendication « Il faut rétablir les règles du monde ». La grande force de Charisma est de mettre en évidence de manière dramatique comment ces règles ont été trahies et comment l'homme, livrée à la solitude de sa conscience, ne trouve d'issue ni dans la nature, ni dans la société. Cette ambivalence féconde, qui met en cause tous les grands systèmes binaires, concerne en particulier son rapport aux autres, l'opposition culture/nature, au point que l'on parvient à douter du caractère  "naturel"  de la nature et que l'on se prend à se demander alors ce que peut ou doit  être une attitude civilisée et ce que l'homme est en mesure de faire en tant qu'individu. Cette destructuration va permettre de parvenir à un point incontournable où chaque personnage finit par expliquer, et sans doute par croire, que tous les autres sont fous et que l'être n'est pas davantage capable de sauver la nature que la nature ne l'est de le sauver et de se sauver elle-même. Ce qui a pour conséquence de placer le spectateur dans une posture d'incertitude qui a quelque chose d'inconfortable, mais aussi de stimulant. Cette ambivalence, cette réversibilité de la référence raisonnable est une aubaine pour un cinéaste moderne, qui travaille sur la mise en question de la logique dramatique et sur ce que peut signifier "le destin". Un tel univers permet de rendre imprévisible le plan suivant, de rendre - de manière parfois effrayante et presque toujours onirique et incroyablement brutale et cruelle - le comportement de chacun des protagonistes. C'est une formidable liberté bien qu'elle soit dangereuse, comme toute vraie liberté. Il faut donc un grand artiste pour en user afin que son œuvre ne devienne pas illisible ou incohérente.  Par ailleurs, il y a dans ce film un mystère que Kiyoshi Kurosawa  travaille avec des moyens visuels simples et parfois obscurs aux non initiés. Il n'est pas facile de se frayer un chemin dans ce narratif où, à tout moment, intervient une solution contradictoire. Mais la tentative est intéressante et le film a le mérite d'introduire le questionnement à défaut de proposer des solutions.

 

 

Ainsi la peur, l'angoisse sont-elles les caractéristiques de l'oeuvre de Kiyoshi Kurosawa. Il ne craint nullement d'aborder des sujets effrayants, des tueurs en série, des hommes dotés de pouvoirs hypnotiques, d'employés atteints de parasites inguérissables qui les transforment en zombies, de kidnappeurs ou d'adolescents enclins au suicide ; oui, les cas les pires animent ses divers films avec un âpre réalisme. C'est en quelque sorte la puissance du négatif, le spectre d'une contamination inexorable qui frappe aussi bien l'homme, condamné à détruire son proche, que la nature produisant ses propres poisons pour mieux s'annihiler elle-même. Visiblement hanté par la bombe d'Hiroshima, le cinéaste considère le Japon comme un monde désertifié, frappé à tout jamais par les traumatismes de son Histoire. Si bien que dans la solitude urbaine, aussi bien que dans l'ennui rural, en l'absence de toute transcendance, la silhouette humaine se voit condamnée à devenir spectre, fantôme, ombre et, ayant perdu jusqu'à sa propre trace, à s'effacer progressivement. En définitive, un cinéma du doute et de la désespérance, une forme de perte d'humanité qui hante le monde moderne.

 

 

Avec son avant-dernier film en deux volets Shokuzai, présenté en 2013 et en avant-première à Deauville, le réalisateur nous proposait un monde tout aussi éprouvant mais avec une approche plus classique, très élégante même, un raffinement tout en demi-teinte et fardé d'une subtile poésie et d'une vraie finesse psychologique à défaut d'une réelle espérance. Le dernier d'entre eux, Réal, en avant-première à Deauville pour le 16e Festival du film asiatique 2014, a été projeté en présence du metteur en scène et ne déroge nullement à ses thèmes non-conformistes et à son souci des explorations hors des sentiers battus. Cette fois, Kurosawa nous entraîne dans l'inconscient d'une jeune femme, victime d'un coma prolongé, mais nous déroute aussitôt sur une autre voie qui nous interpelle différemment : en définitive du couple d'amoureux lequel est la victime de l'autre et qui se méprend le plus sur la réalité de leur existence conjugale ? Ainsi, comme à son habitude, le réalisateur japonais prend-t-il un chemin de traverse pour susciter notre surprise et notre interrogation à travers les volutes et méandres de l'esprit, où le réel et l'irréel, le vrai et le supposé se confondent, nous conviant à une aventure métaphysique et onirique surprenante et d'une indéniable efficacité.

 

Pour prendre connaissance du dernier film du réalisateur, cliquer sur son  titre :

 

SHOKUZAI ( PENITENCE ) de KIYOSHI KUROSAWA

 

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KIYOSHI KUROSAWA OU UN CINEMA DE LA DETRESSE
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 10:50
JEAN RENOIR - PORTRAIT

Il faut toujours laisser la porte du plateau ouverte, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut y entrer.

Le Figaro Scope

La Nouvelle Vague l’appelait « le patron » avec affection. Jean Renoir est, il est vrai, l’un des grands initiateurs français de l’art cinématographique avec un A majuscule, laissant derrière lui un véritable testament artistique et une douzaine de films qui comptent parmi les chefs-d’œuvre du cinéma mondial. Eclectique et indépendant de nature, il semble qu’il ait financé ses premiers films grâce à la vente des tableaux de son célèbre père : Auguste Renoir. Catherine Hessling, ancien modèle du peintre et épouse du cinéaste, sera sa première interprète et, à l’évidence, il saura mettre en valeur le potentiel érotique de son physique de femme-enfant. Si bien que la jeune femme sera consacrée à deux reprises, mais de façon différente, sur la … toile.

 

Les débuts de Jean Renoir sont ceux d’un dilettante avec des premiers films ou courts métrages ludiques ; sa seule ambition étant alors de toucher le public le plus large et, à défaut de nom, de se faire un prénom. Ainsi "Tire au flanc" est-il une comédie militaire et "On purge bébé", d’après Feydeau, son premier film parlant qui lui servira à tester les bruitages de la bande-son.

 

Jean Renoir laisse déjà entrevoir son goût pour le naturalisme et s’engage, dès 1930, dans cette tendance réaliste en portant à l’écran deux œuvres de Zola, dont "Nana", dès son troisième essai de mise en scène, puis La bête humaine en 1938, de même que "Madame Bovary" de Flaubert, autre écrivain qu’il apprécie, "Partie de campagne" de Maupassant et "Les bas-fonds" de Gorki. Le cinéma parlant l’aide à travailler plus profondément son réalisme social en accompagnant ses images de propos qui vont dans le même sens, ainsi que le démontrent "La chienne" ou "La nuit du carrefour" d’après Simenon, première apparition de Maigret à l’écran sous les traits du frère du cinéaste : Pierre Renoir. Avec son utilisation véritablement narrative du son et des scènes importantes tournées dans la rue, "La chienne" annonce l’aisance technique de "Boudu sauvé des eaux" où le metteur en scène fait appel, pour la seconde fois, à un acteur prodigieux : Michel Simon. Dans ce film, Renoir fait déjà œuvre de moraliste en décrivant un milieu social avec un réalisme qui ose toutes les libertés et les fantaisies. Il y affirme sa personnalité et son goût pour les descriptions sans complaisance de la vie sociale. Il déclare d’ailleurs : « L’art du cinéma consiste à creuser de plus en plus et à s’approcher des vérités des hommes et non à raconter des histoires de plus en plus surprenantes. » "Le crime de Monsieur Lange" où l’influence de Prévert est notable est l’un des rares films qui exprime les aspirations au changement des milieux qui soutiendront le Front Populaire. Renoir s’engage alors aux côtés du Parti Communiste pour lequel il dirige "La Vie est à nous" (film militant) puis "La Marseillaise", opus qui exalte les mythes historiques et sociaux ancrés dans la Gauche politique.

 

Malgré des réalisations ancrées dans ses convictions politiques, Renoir prouve que ce qui le préoccupe tout d’abord n’est autre que l’individu et le réalisme intérieur des personnages. On s’en convainc avec deux oeuvres admirables : "La grande illusion" et "La règle du jeu". Ces films sont marqués du sceau de l’humanisme et du pacifisme le plus sincère, bien que le premier n’adopte pas les positions consensuelles sur la guerre, le nationalisme ou le racisme. Quant à "Partie de campagne", un film que le cinéaste n’achèvera pas et qui ne sera connu que dix ans plus tard, en 1946, c’est dès lors l’annonce d’un Renoir dionysiaque, sensuel, sensible à dame Nature, attitude qu’il conservera dans ses films postérieurs.

 

On a trop souvent minimisé les films des années 1940/1950 lors de son exil aux Etats-Unis, mais il est vrai qu’il s’était vu contraint à des films de commande, même si il exalte l’antinazisme et les valeurs des combattants. Mais il retrouvera bientôt avec "Le journal d’une femme de chambre", l’accent des oppositions de milieux qui était le sien précédemment, tandis que "L’étang tragique" et "L’homme du Sud" transposent le conflit entre l’individu et la société et que Le fleuve, en 1951, atteint une dimension panthéiste et quasi métaphysique de la condition humaine.

 

A son retour en France, Renoir conservera la même inspiration et la même philosophie depuis "Elena et les hommes" (1956) et "Le déjeuner sur l’herbe" (1959) et intégrera le spectacle dans le film, ce, jusqu’à son testament lyrique "Le carrosse d’or" ou "French-Cancan", deux films où il affiche définitivement une maîtrise absolue de l’outil cinématographique.

 

Pour consulter les articles que j’ai consacrés à ses films, cliquer sur leurs titres :

 

La grande illusion                 La règle du jeu

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 23:42

 

 

 

ANDRZEJ WAJDA

 

ETTORE SCOLA OU LA NOSTALGIE DE L'HISTOIRE

 

MARCEL CARNE OU L'ALCHIMIE DU REALISME POETIQUE

 

VINCENTE MINNELLI, LE FLAMBOYANT

 

JAMES CAMERON OU LE CINEMA AUTREMENT

 

PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE

 

KIYOSHI KUROSAWA OU UN CINEMA DE LA DETRESSE 

 

Jean Renoir - portrait 

 

KENJI MIZOGUCHI OU LA FINALITE INEXORABLE DE L'ART 

 

BILLY WILDER, LE FAUX CYNIQUE 

 

COCTEAU ET LE CINEMA 

 

STEPHEN FREARS OU LA DIVERSITE DES GENRES 


JERRY LEWIS, LE DERNIER CLOWN 

 

JEAN VIGO OU LE COMBAT SOCIAL 

 

ALAIN RESNAIS OU UN CINEMA DE LA MEMOIRE 

 

STEVEN SPIELBERG OU LA LEGENDE EN MARCHE 

 

JEAN-PIERRE MELVILLE OU L'OEUVRE AU NOIR   

 

MICHAEL HANEKE   

 

CLAUDE MILLER VU PAR DEUX ECRIVAINS   

 

ROMAN POLANSKI OU UN CINEMA MARQUE PAR L'HOLOCAUSTE 

 

NANNI MORETTI OU UN CINEMA GENERATIONNEL 

  

THEO ANGELOPOULOS OU L'ODYSSEE DU QUOTIDIEN   

 

HOWARD HAWKS, L'HOMME PRESSE 

 

LOUIS MALLE ou UN CINEMA BUISSONNIER 


ABBAS KIAROSTAMI OU LE LABYRINTHE des SOURCES 

 

FRANCIS FORD COPPOLA - PORTRAIT           

 

MARTIN SCORSESE - PORTRAIT   

 

LUIS BUNUEL OU LE DETACHEMENT VOLONTAIRE    

 

ALAIN CAVALIER, CAVALIER SEUL DU 7e ART  

 

TERRENCE MALICK, POETE PANTHEISTE DU 7e ART      

 

ORSON WELLES OU LA DEMESURE   

 

SERGIO LEONE OU LE CINEMA COMME OPERA BAROQUE 

 

MARIO MONICELLI OU LE CINEMA DE L'ANTI HEROS 

 

JAMES IVORY OU GRANDEUR ET DECADENCE DES CIVILISATIONS 

 

WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT 

 

ALAIN CORNEAU          NIKITA MIKHALKOV OU LE PASSE REANIME 

 

JANE CAMPION , UN CINEMA AU FEMININ          

 

CLAUDE CHABROL OU UNE PEINTURE AU VITRIOL DE NOTRE SOCIETE 

 

ZHANG YIMOU - PORTRAIT            

 

AKIRA KUROSAWA OU UN ART PICTURAL EXTREME 

 

JACQUES PERRIN OU UN PARCOURS D'EXCELLENCE 

 

STANLEY KUBRICK OU LE REGARD CAMERA         


CHARLIE CHAPLIN OU LE VAGABOND DE GENIE

 

DAVID LEAN,L'IMAGIER PRESTIGIEUX         

 

JEAN-LUC GODARD OU UN CINEMA IMPERTINENT 

 

GERARD OURY, LE MAGICIEN DU RIRE      

 

PEDRO ALMODOVAR OU UN CINEMA ANTICONFORMISTE 


MICHELANGELO ANTONIONI OU UN CINEMA SUR L'INCOMMUNICABILITE 

 

LUCHINO VISCONTI OU LA TRAVERSEE DU MIROIR 

 

LEE CHANG-DONG, L'AUTEUR PHARE DU CINEMA COREEN 

 

CLAUDE SAUTET OU LES CHOSES DE LA VIE        

 

LA NOUVELLE VAGUE ET SES JEUNES TURCS 

 

RENE CLAIR OU L'ESPRIT FRANCAIS          

 

LES GRANDS MAITRES DU WESTERN 

 

INGMAR BERGMAN OU UN CINEMA METAPHYSIQUE 

 

ERIC ROHMER OU UN CINEMA DE LA PAROLE        

 

FRITZ LANG, UN CINEMA DU DESENCHANTEMENT      

 

JACQUES DEMY, L'ENCHANTEUR 

 

FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR               

 

DAVID LYNCH          DINO RISI         SYDNEY POLLACK          

 

CLINT EASTWOOD - PORTRAIT 

 

FEDERICO FELLINI        JACQUES TATI OU LE BURLESQUE REVISITE 

 

ANDRE CAYATTE,UN CINEMA PLAIDOYER       

 

JEAN-PAUL LE CHANOIS ET LE REALISME SOCIAL 

 

JACQUES BECKER, UN CINEMA DU DESTIN           

 

ROBERT BRESSON OU UN CINEMA DE LA PERSONNE      

 

MAX OPHULS ET LE CINEMA BAROQUE 

 

CLAUDE AUTANT-LARA, UN CINEASTE DERANGEANT         

 

CHRISTIAN-JAQUE, UNE FILMOGRAPHIE ECLECTIQUE 

 

JEAN DELANNOY ET LE CINEMA LITTERAIRE          

 
HENRI-GEORGES CLOUZOT ET LE SUSPENSE DIABOLIQUE

 

RENE CLEMENT ET LE CINEMA D'APRES-GUERRE 

 

ALFRED HITCHCOCK - UNE FILMOGRAPHIE DE L'ANXIETE 

 

 

Collection Christophe L.  Collection Christophe L.   Collection Christophe L.  MK2 Diffusion

 

  Collection Christophe L. Moune Jamet TFM Distribution


 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 10:02

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Billy Wilder naquit en Austro-Hongrie le 22 juin 1906 dans une famille juive autrichienne et passera son enfance à Vienne où il fera ses études classiques avant de rejoindre l'université et de se diriger vers le journalisme. Après avoir publié des articles sur le sport et les faits divers, il s'intéresse au cinéma et au théâtre, si bien que ses contacts le mettent en relation avec des milieux très divers et le plus souvent artistiques. C'est l'époque du cinéma muet et l'idée lui vient de composer des scénarios. Le succès de l'un d'entre eux Les hommes du dimanche en 1930 lui vaut de signer un contrat avec la Universum Film AG, puis de gagner les Etats-Unis où, grâce à son aptitude à très vite se familiariser avec la langue anglaise, il obtient un nouveau contrat avec la Paramount à Hollywood. Remarqué par Ernst Lubitsch, autre emmigré allemand, il rédige, en collaboration avec Charles Brackett, les scénarios de La huitième femme de Barbe-Bleue et de Ninochka qui seront des succès. Sa voie est désormais tracée, d'autant qu'un film avec Howard Hawks Boule de feu en 1941 est un nouveau coup de maître et que plus rien ne s'oppose à ce qu'il soit également le metteur en scène de ses propres fictions. 

 

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Sa première réalisation derrière la caméra Uniformes et jupons courts en 1942 sera suivie de cinq autres films de qualité et d'inspiration différente, avant Boulevard du crépuscule en 1950 qui va assurer sa consécration de metteur en scène qui compte dorénavant dans le 7e Art hollywoodien. La scandaleuse de Berlin en 1948, achevée trois ans après la Libération de Berlin, est une comédie grinçante qui annonce déjà le style humoristique, voire féroce, de Wilder et brode autour d'un personnage de femme devenu la maîtresse d'un ancien nazi, sans omettre de nous dévoiler les coulisses du marché noir avec l'armée américaine dans le décor d'un Berlin pratiquement en ruines. En quelque sorte : rire d'un sujet grave - mode d'emploi...

 

Wilder signera ensuite d'autres oeuvres fortes, selon des compositions diverses car ses goûts sont éclectiques. Sunset Boulevard est un chef d'oeuvre où l'auteur revisite les mythes cinématographiques et obtient ainsi un formidable effet de trompe-l'oeil ; cette fiction sur le rôle mortifère du cinéma a recours à un vertigineux jeu de miroirs grossissants où le tragique ne cesse de côtoyer le comique. Stalag 17 en 1953 sera également d'inspiration tragi-comique et traite de la débrouillardise humaine au coeur d'un camp de prisonniers, suivi par deux ravissantes comédies avec Audrey Hepburn : Sabrina et Ariane. Par ailleurs, Billy Wilder contribuera au mythe Marilyn avec Sept ans de réflexion en 1955 et Certains l'aiment chaud en 1959, une des comédies les plus réussies de l'âge d'or hollywoodien, qui feront de la jeune actrice une icône planétaire. Il y aura encore La garçonnière en 1960, Embrasse-moi, idiot en 1964, Fedora en 1979, des oeuvres pleines de sens, drôles et mélancoliques à la fois, selon le style de cet artiste qui cachait sous un faux cynisme une sensibilité à fleur de peau teintée d'une once de moralité.

 

Pour prendre connaissance des critiques que j'ai consacrées aux films de Wilder, cliquer sur leurs titres :

 

ARIANE de Billy WILDER  

 

SABRINA        

 

SEPT ANS DE REFLEXION de BILLY WILDER

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous: 

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

493px-Gloria Swanson & Billy Wilder - ca. 1950  Avec Gloria Swanson  

 

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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Stanley Kubrick

 

 

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