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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 12:39

Jacques Perrin. Pathé Distribution

 

Il a conservé ce regard bleu qui faisait de lui un jeune premier romantique du temps des Demoiselles de Rochefort, de Peau d'âne ou de La fille à la valise, ou encore l'officier troublant et troublé du Crabe-Tambour. Aujourd'hui l'acteur est devenu producteur et réalisateur pour offrir à nos regards éblouis les spectacles grandioses des mondes de la mer ou de l'air et en élaborant des projets d'une audace et d'une envergure qui méritent tous les éloges, le dernier en date étant Océans, cette fresque magnifique sur la faune marine.

 


Fils d'un régisseur de la Comédie française et d'une comédienne, Jacques André Simonet, né le 13 juillet 1941 à Paris, prit pour pseudonyme Perrin lorsqu'à 19 ans, après avoir été un moment l'élève de Jean Yonnel au Conservatoire d'art dramatique, il est remarqué par le metteur en scène Valerio Zurlini pour être le partenaire de Claudia Cardinale dans  La fille à la valise.  " Cinq ans après avoir quitté l'école, j'ai décroché mon premier grand rôle. Dans ce film j'interprétais Lorenzo, un jeune aristocrate épris d'une danseuse paumée" - dit-il. Et il poursuit : " Valerio Zurlini m'a appris que le cinéma se comprend de l'intérieur, qu'il est une peinture de l'âme.

 

Ce film mis en boite, il poursuit avec un autre qui fera beaucoup parler de lui  La Vérité , où Brigitte Bardot vit un drame passionnel avec Sami Frey. " Pendant le tournage, Clouzot éructait, incendiait ses acteurs - confie-t-il. Il était irascible, terriblement dur avec ses équipes. J'étais consterné ! Je me suis juré alors que si un jour Monsieur Clouzot me proposait un grand rôle, je refuserais. Quel que soit le talent du metteur en scène, je ne partage pas cette conception du cinéma : pour moi, c'est un lieu de compréhension. Pas un théâtre pour des dictateurs d'un moment ".


Jacques Perrin et Claudia Cardinale. Gémini Films


C'est alors que Jacques Demy le choisit pour donner la réplique à deux charmantes actrices quasi débutantes, les soeurs Dorléac, Françoise et Catherine, dans   Les demoiselles de Rochefort. L'acteur se demande d'ailleurs pourquoi Demy jeta sur lui son dévolu, étant donné qu'il ne savait ni chanter, ni danser, mais il avait la jolie gueule du prince charmant et c'est encore à lui qu'il fera appel, trois ans plus tard, pour séduire la délicieuse Catherine Deneuve dans Peau d'âne. Deux tournages dont l'acteur se souvient avec bonheur. " Lors du tournage dans la forêt de Chambord - raconte-t-il - Demy m'a pris par le bras et nous sommes allés admirer les biches traversant une clairière. Le cinéma, c'est ça, a-t-il murmuré. Des instants magiques, en suspens, qui peuvent durer ou pas, qu'il faut attendre patiemment ".

Ciné Tamaris  
 
C'est avec Z de Costa-Gavras que Perrin découvre l'engagement. Le metteur en scène peinait à trouver  le financement de son projet. C'est alors que l'acteur, âgé de 28 ans, fonde sa maison de production avec, dit-il, une sacrée inconscience. Mais cela m'a donné une grande force de conviction. Yves Montand et Jean-Louis Trintignant acceptèrent de ne percevoir qu'un faible cachet. Ainsi le film fut réalisé et la société Reggane-Films créée. Elle deviendra ensuite Galatée-Films et produira de nombreux longs métrages, comme  Le désert des Tartares en 1976 de Valerio Zurlini, d'après le roman de Dino Buzzati, où le producteur endossera le rôle d'un lieutenant affecté à une forteresse dans le désert iranien, et  Le crabe-tambour  de Pierre Schoendoerffer en 1977, où il joue le rôle-titre auprès de Claude Rich, Jean Rochefort et Jacques Dufilho.
Avec Schoendoerffer, il tournera également la  317e Section  et avouera qu'il a appris le métier à ses côtés, c'est-à-dire l'exigence. Mieux que des preuves à apporter, ce sont plutôt des traces qu'il faut laisser. Les traces d'une quête, mieux que les preuves d'un combat.

 

      

 

Vint le temps où Perrin s'investit autrement, en produisant et en réalisant lui-même ses films, passant derrière la caméra.  Le peuple migrateur  ( 2001 ) était un rêve d'enfant : voler en compagnie des oiseaux. Avec  Jacques Cluzaud, son complice, ils vont suivre en ULM le vol d'une trentaine d'espèces d'oiseaux migrateurs - grues, oies, cygnes, cigognes, canards - et découvrir leurs escales en même temps que montrer la précarité de leur vie. " J'ai voulu sensibiliser le public à la beauté et à la fragilité de la biodiversité " - reconnait-il. Et ce film fut une réussite extraordinaire, un événement dans le monde du 7e Art. De même que l'avait été en 1996  Microcosmos qui toucha 3 millions de spectateurs et obtint un César. En 2004  Les Choristes  charmeront pour la jolie musique et feront verser quelques larmes aux âmes sensibles mais c'est Océans, aujourd'hui, qui couronne une carrière déjà riche d'événements majeurs.

"Durant ces quatre années de tournage, j'ai filmé les poissons comme des héros de fiction : la bataille homérique des crabes araignées, le ballet amoureux des seiches géantes, la tragédie d'un requin qu'on assassine. Il y a trente-cinq ans sortaient "Les dents de la mer". Une bombe explosait dans la gueule d'un requin et on applaudissait. Océans montre un requin, à qui des pêcheurs coupent l'aileron et la queue, et on pleure devant ces images".

Voilà le message discret que Perrin adresse aux hommes et spectateurs que nous sommes : que le monde végétal, animal, que l'infiniment petit, comme l'infiniment grand, méritent notre attention et notre respect. Il avait également produit le très beau film sur Eric Tabarly, afin de faire connaître plus intimement ce seigneur de la mer. Tous les amoureux de la beauté et des éléments ne peuvent qu'applaudir à ce parcours sans faute.

 

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  Pathé Distribution

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 09:55

 Warner Bros. France  

 

 

Voilà un cinéaste qui produit peu mais sort tous les dix ans un chef-d'oeuvre, un de ces films qui crée l'événement et frappe l'imagination du spectateur, raison pour laquelle on a volontiers qualifié Stanley Kubrick de génie obsessionnel, tellement ses thèmes posent inlassablement les mêmes questions sur la condition de l'homme et le problème du mal avec une sorte de fureur expressive. Ce New-Yorkais précoce ( il est né le 26 juillet 1928 ) se fera connaître tôt dans la photo, où son inventivité fera merveille. Passionné de technique, il réalise un documentaire sur un boxeur  Day of the Fight  ( 1951 ), puis un film de fiction  Fear and Desire  en 1953, qu'il reniera par la suite. La qualité de sa photographie, ses clairs-obscurs contrastés, ses mouvements de caméra sinueux révèlent déjà un tempérament exceptionnel. Il a tout juste 28 ans quand il tourne son premier film en tant que réalisateur indépendant  Ultime razzia  (1956 ), un policier qui emprunte aux classiques du genre, mais où se dévoile certaines virtuosités, ainsi qu'un traitement visuel savant qui permet à Kubrick de saisir les visages au bord de la déformation caricaturale, signature, grâce à laquelle, il impose d'ores et déjà son style propre.

 


    


 

L'acteur Kirk Douglas, qui se plait à encourager les jeunes talents, le choisit pour un projet audacieux  Les sentiers de la gloire ( 1957 ) qui aborde le sujet délicat des mutineries dans l'armée française, lors de la Première Guerre mondiale. Le film, tourné en Europe, reçoit un accueil critique favorable, mais la France, par crainte de la censure, attendra 1975 pour le diffuser enfin dans les salles. Kubrick s'y révèle un cinéaste majeur et complet : le sujet est traité avec force et dignité, l'interprétation à la hauteur de l'attente des spectateurs et, la maîtrise de la caméra, celle d'un homme qui  utilise avec maestria les possibilités offertes par sa caméra, dont les longs travellings. Kirk Douglas fera de nouveau appel à lui  - à la suite de la défaillance d'Anthony Mann - pour un film en péplums  :  Spartacus,  dont le jeune réalisateur s'acquittera avec panache et qui contribuera à asseoir sa réputation auprès du grand public. Désormais Kubrick entend faire cavalier seul et ne travailler que sur des projets personnels qui lui laissent une totale liberté d'action, veillant à s'entourer de collaborateurs triés sur le volet, scénaristes, caméramans, voire même écrivains. C'est Vladimir Nabokov en personne qui participera à l'adaptation sur grand écran de son roman controversé : Lolita. N'aimant guère l'ambiance qui règne à Hollywood et correspond si peu à son caractère introverti et à sa personnalité solitaire, Kubrick quitte les Etats-Unis pour l'Angleterre, où il reconstituera l'Amérique provinciale et suburbaine dans  Lolita,  prouesse qu'il réitérera avec  Shining et  Eyes Wide Shut,   proposant une vision mentale de ce pays plus vraie que nature.


Sue Lyon. Collection Christophe L. Jack Nicholson. Collection Christophe L.


Cette indépendance lui réussit car, désormais, chacune de ses oeuvres est attendue par un public conquis par ce talent provocateur et hors du commun, qui ne s'accorde aucune concession, et aura si profondément imprimé l'imaginaire des spectateurs. Ainsi abordera-t-il successivement, et avec un égal talent, la comédie ( Dr Folamour ), le film d'anticipation ( L'odyssée de l'espace ), le film d'horreur ( Shining ), le film historique ( Barry Lyndon ), le film de guerre ( Full Metal Jacket ) et, à chaque fois, imposera une vision neuve, si bien que ceux qui viendront après lui seront condamnés à se mesurer à son modèle. Si  Orange mécanique  ( 1971 ), symptomatique de son époque, reste un phénomène isolé,  Barry Lyndon  ( 1975 ) crée un précédent et une référence absolue dans le domaine du film historique. Ces oeuvres, en apparence disparates, représentent la vision ( le mot est approprié tant Kubrick est fasciné par la puissance et la capacité émotionnelle du regard caméra ) d'un auteur : philosophe, il questionne  sans se croire obligé d'apporter des réponses, mais le questionnement en soi est en quelque sorte une réponse, celle de l'inquiétude de l'homme moderne et du devenir humain. Pessimiste ironique, il observe le monde en entomologiste et ce n'est pas tellement beau à voir. Chantre de l'inhumanité, il tisse sa toile afin que l'homme-personnage, pris au piège, se plie à ses considérations désespérées. Sa filmographie se conclut par une méditation sur le couple  Eyes Wide Shut  ( 1999 ), film énigmatique par excellence comme les aime Kubrick, toujours en proie au doute et à l'incertitude des êtres ballotés par le temps et qui finissent, comme ses films, par devenir emblématiques.

 

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Warner Bros. France Warner Bros.

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 10:37

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

                                              
 

                - Londres 1889 - Vevey 1977 -

 

L'histoire du 7e Art ne serait pas ce qu'elle est sans Charlie Chaplin. Alors que le cinématographe faisait ses premiers pas, il a tout inventé. Ne fut-il pas le premier à se revendiquer auteur complet, en concevant, produisant, écrivant, jouant, mettant en musique et en scène ses propres films, homme orchestre exemplaire et inégalé ? La vie de Chaplin se confond avec celle de cet art qu'il va servir avec génie, étant de ceux qui surent le mieux lui conférer crédibilité et dignité. Enfant de la balle, Charlie Chaplin part en tournée aux Etats-Unis en 1912, après une enfance londonienne misérable, où il passa la plus grande partie de son temps à observer. Dès lors, les choses s'accélèrent pour lui : remarqué par Mack Sennett, le spécialiste du burlesque, il débute au cinéma en 1914, d'abord comme acteur, puis, très vite, comme réalisateur. Son rythme de travail devient alors frénétique, pas moins de cinquante réalisations entre 1914 et 1919. Ce sont des comédies, d'une bobine d'abord, soit dix minutes, de deux bobines ensuite, où il affine, par petites touches, son personnage d'éternel vagabond et où se perçoit déjà son souci artistique et social. Celui que l'on nommera volontiers Charlot, se baptise lui-même " The Tramp", le vagabond, figure universelle dans laquelle l'humanité entière se reconnaît. Dans des courts métrages déjà très élaborés comme  "L'émigrant"  ( 1917 ) ou  "Une vie de chien"  (1918) ou encore  "Charlot soldat"  (1918), il s'oriente nettement vers un discours humaniste, bien que le sérieux du propos ne gâche en rien l'émotion ou l'irrésistible invention comique.

 


  



En 1919, Chaplin crée avec les acteurs Mary Pickford et Douglas Fairbanks Les Artistes Associés, structure ambitieuse dont, parmi les fondateurs, il sera le seul à profiter pleinement, s'assurant ainsi une indépendance artistique quasi totale. Par exemple, il pourra attendre des années, soit 1940, avant de produire son premier film parlant,  Le Dictateur,  un chef-d'oeuvre où il met en scène Hynkel, décalque caricatural de Hitler et le napoléoni, celui inénarrable de Mussolini. La scène où le dictateur joue avec la mappemonde changée en ballon, qu'il peut faire tourner et sauter selon sa volonté et qui finit par éclater, est un morceau d'anthologie, ainsi que le discours du fuhrer au tout début du film et l'appel à la paix du petit juif que l'on a pris pour Hinckel et qui clôt le film de façon bouleversante. 



Et, fallait-il qu'il soit sûr de son art et de son public pour oser s'interrompre en plein succès de 1918 à 1921,  avant de revenir avec son premier long métrage, encore muet toutefois,   Le Kid ,  épreuve jusqu'alors jamais tentée par des comiques, trop conscients de ne disposer que d'un  public volatile. Mais celui de Chaplin ne l'est pas, pour la bonne raison que l'artiste ne se contente pas d'être un clown génial, mais se révèle être aussi un formidable peintre de la société et un moraliste profondément humain. Le triomphe qui accueille le film, où il dépeint la jeunesse misérable d'un pauvre petit gosse de la banlieue londonienne qui lui ressemble comme un jumeau, recueille l'adhésion unanime de la critique et sera une source d'inspiration pour les comiques, ouvrant la voie à Buster Keaton, Harold Lloyd et même Jerry Lewis. Les gags, produits au prix d'un travail minutieux, s'enchâssent dans un narratif mélodramatique à la Charles Dickens : cet équilibre élégant entre rire et larmes sera désormais la marque de l'art de Chaplin. Pendant deux ans encore, il réalisera des courts métrages mais en nombre plus parcimonieux.



En 1923, le cinéaste étonne en prenant de nouveaux risques et en réalisant   "L'opinion publique", oeuvre dans laquelle il ne joue pas et laisse la vedette à sa compagne du moment, l'actrice Edna Purviance. Ce succès surprend les cinéastes de l'époque, qui prennent conscience du pouvoir suggestif de l'image et de la force recélée par la pellicule, lorsque celle-ci est bien utilisée. De Lubitsch à Renoir, nombreux seront ceux qui se référeront désormais à lui et à ce film en particulier, le considérant comme une oeuvre phare. Dorénavant ses films ne seront plus que des longs métrages longuement conçus, produits à un rythme de plus en plus lent mais qui, à chaque fois, constitueront un événement.  "La Ruée vers l'or"  ( 1925 ) frappera par le souffle épique de certaines scènes,  "Le Cirque" ( 1928 ) sera un hommage émouvant aux fondements mêmes du comique cinématographique, où l'acteur atteint, dans sa gestuelle, une grâce souveraine.  "Les lumières de la ville" ( 1931 ) représente, quant à elles, un pas de plus dans le drame : si la comédie est éblouissante ( les démêlés de Charlot avec un riche noceur qui ne se souvient plus de lui quand il est sobre ),  l'émotion reste très présente et touche au paroxysme au moment des retrouvailles du pauvre vagabond avec l'aveugle qu'il a protégée ; on parvient là à l'un des sommets de l'art de Charlie Chaplin et ce moment compte parmi les plus bouleversants du 7e Art. Enfin  "Les temps modernes"  ( 1936 ), satire du machinisme et du monde industriel sera son dernier film muet, conclusion magnifique où Chaplin quitte presque définitivement sa défroque de Charlot et où sa vision d'un monde robotisé est absolument stupéfiante.


   

                                                     
Après "Le dictateur", dont j'ai parlé plus haut, c'est sous les traits de "Monsieur Verdoux"  ( 1947 ) tueur de rombières inspiré de Landru, que l'auteur-acteur-réalisateur va revenir au cinéma parlant et prolonger son discours pacifiste, en même temps qu'il commence à déplaire à une Amérique bien-pensante qui lui reproche ses sympathies politiques et son mariage récent avec une jeune fille, dont il pourrait être le grand-père, sa femme Oona. Blessé, Chaplin quitte les Etats-Unis et revient en Angleterre, sa terre natale, où il signera son dernier grand chef-d'oeuvre  "Limeligt"  ( Les feux de la rampe - 1952 ), histoire d'un clown déchu, où l'artiste universellement admiré laisse apparaître son angoisse de ne plus faire rire, et éblouissante réflexion sur le monde du spectacle que je considère personnellement comme l'un de ses plus beaux films. Installé dorénavant au bord du lac Léman avec sa nombreuse famille - sa femme Oona lui donnera 9 enfants - il regagne Londres pour tourner  "Un roi à New-York"  ( 1957 ), satire du maccarthysme et de la civilisation montante de la télévision, puis  "La comtesse de Hong-Kong", avec Sophia Loren, comédie sentimentale un peu surannée mais poignante où, à travers un personnage de femme errante, il semble renouer avec le personnage de l'éternel vagabond.  

 

Pour lire les articles de la rubrique consacrée aux réalisateurs, cliquer sur le lien ci-dessous :

 
LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter les critiques que j'ai rédigées sur les films de Chaplin, cliquer sur leurs titres :

 

LES LUMIERES DE LA VILLE de CHAPLIN         

LES TEMPS MODERNES de CHARLIE CHAPLIN

LIMELIGHT

LE DICTATEUR

 

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  Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr 

 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 09:18

Portrait de David Lean. Collection Christophe L.        1908 - 1991

 

 

Consacré en 1957 par le triomphe mérité du Pont de la rivière Kwaï,  David Lean fut d'abord assistant -opérateur, puis monteur - c'est dire qu'il connaissait dans les moindres détails la technique cinématographique - avant de passer derrière la caméra et de devenir le metteur en scène prestigieux qui compte à son actif quelques-unes des oeuvres majeures du 7e Art. Son sens inné du visuel lui permet de traduire avec exactitude des atmosphères très diverses et de peindre avec une minutieuse exactitude les manies et les obsessions de ses personnages dont il saura choisir, pour les camper, des acteurs de premier plan. Doué d'un souffle impressionnant, il démontrera à des critiques, parfois agacés par son exubérance et son lyrisme, que l'art de l'imagerie n'a rien de péjoratif.

 


Dès 1945,  Brève rencontre  marquera une génération entière. Tourné dans une grisaille appropriée, ce film était en phase avec la mélancolie de l'immédiat après-guerre et marquait une rupture avec les comédies précédentes  Heureux mortels  et  L'esprit s'amuse  qu'il avait réalisées en collaboration d'écriture avec  Noël Coward. Dans un registre assez proche,  Chaussure à son pied  sera une savoureuse comédie boutiquière servie par la clarté du montage et la direction d'acteurs, traditionnelle mais ferme. Par la suite, deux adaptations de romans de Charles Dickens lui fourniront l'occasion d'affirmer son talent. Ce seront  Oliver Twist  ( 1947 ),  qui reste aujourd'hui encore la plus grande réussite du genre, fidèle en tous points à l'oeuvre littéraire et  " Les grandes espérances" ( 1946 )  qui bénéficie d'une interprétation exceptionnelle, dont celle de Jean Simmons.  Avec  Les amants passionnés,  Lean laisse apparaître son romantisme dans un déploiement lyrique qui force l'émotion. Il retrouvera cette veine, traversée d'une cruauté assez proche de celle d'Henry James, dans  Vacances à Venise  ( 1954 ),  où il joue du contraste entre une austère vieille fille ( Katharine Hepburn ) vivant un amour douloureux avec un séducteur sans scrupule dans une Venise opalescente.

 


 Warner Bros. France Collection Christophe L.  


 


Le pont de la rivière Kwaï  ouvre une page nouvelle dans sa carrière. Dès lors le réalisateur, qui ne produira plus qu'une oeuvre tous les quatre ou cinq ans,  se consacre à donner une ampleur épique à l'histoire la plus simple ; ainsi  La fille de Ryan  sera d'abord un projet modeste avant de prendre les proportions d'une métaphore cosmique. En 1965,  Le docteur Jivago,  film qui touchera tous les publics par son universalité et le souffle qui l'anime, achèvera d'asseoir sa renommée planétaire. Tiré du roman de Boris Pasternak, interprété par un trio inoubliable formé par Omar Sharif, Julie Christie et Géraldine Chaplin et servi par la musique de Maurice Jarre, ce film illustre à merveille ce qu'un imagier méticuleux et inspiré peut produire en alliant tous les arts : ensemble ceux de l'écrivain, du peintre, du musicien et du comédien. Dans  Lawrence d'Arabie  (1962 ),  le parti pris de mettre au service d'une oeuvre sévère une illustration grandiose est parfaitement menée. Lean y confronte le mystère d'un héros obsédé par la grandeur à l'étendue énigmatique du désert, en ne perdant rien de sa sensibilité et de son humour dans la magnificence de l'imagerie.

 


Son dernier opus en 1984  La route des Indes  d'après le roman de E.M. Forster est à la fois sobre et exalté. La volonté d'opposer des personnages quelconques à un décor qui les dépasse y trouve sa justification dans les rouages complexes et subtils du récit. Ainsi, le cinéaste aura-t-il réussi à être à la fois populaire, audacieux, psychologue et homme de spectacle dans ce qu'il a de plus complet et de plus ambitieux. Un challenge conduit de main de maître.

 

Pour lire les articles consacrés à Julie Christie et  aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres:

 
JULIE CHRISTIE            LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART  

 

Et pour consulter les films de Lean que j'ai critiqués, cliquer sur leurs titres :

 

LE PONT DE LA RIVIERE KWAÏ


LA FILLE DE RYAN de DAVID LEAN  
   

LAWRENCE d'ARABIE, DE LA REALITE A LA LEGENDE

 

 

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 09:19

Jean-Luc Godard. Cupid Productions


Dès son plus jeune âge, Jean-Luc Godard, né le 3 décembre 1930 dans une famille de la bourgeoisie protestante, se singularise par son refus de toute discipline imposée et préférera toujours les salles obscures aux amphithéâtres des universités. Néanmoins, après des études partagées entre la Suisse et la France ( son père dirige une clinique helvétique ), il s'inscrit à la Sorbonne pour suivre des études d'ethnologie, mais appelé sous les drapeaux, il déserte et part faire le tour des deux Amériques durant deux années. En 1953, embauché comme ouvrier sur le barrage de la Grande-Dixence, il en profite pour tourner parallèlement son premier film : Opération béton. Il faudra attendre six ans avant qu'il se lance dans un manifeste qui lui ressemble et touche enfin le grand public : ce sera  A bout de souffle (1959 ). Lui ne l'est nullement et, à la suite de ce film de fiction d'une audace insolente et véritablement novateur, il va enchaîner quinze longs et sept courts métrages en moins de dix ans. Ainsi  Vivre sa vie ( 1962 ),  Le mépris ( 1963 ),  Alphaville  ( 1965 ),  Pierrot le fou ( 1965 ) menés à la hussarde pour arracher au réel, par surprise, des lambeaux de vérité sur la vanité des espoirs humains, sur l'abîme à combler entre les êtres et les illusions, sur le vertige de chacun de nous face au néant et à l'éternité, sur l'art enfin, seule lueur dans les ténèbres qui nous entourent. Ces films représentent la première partie de sa vie de réalisateur, sa première vague en quelque sorte, certainement la plus féconde et la plus riche sur le plan cinématographique, les années Karina, son épouse et son inspiratrice. Leur séparation coïncidera avec l'apparition, chez le metteur en scène, des idées politiques et générales et toujours abstraites qui occuperont le second volet de son existence et de son oeuvre.

 

Jean-Paul Belmondo et Anna Karina. Ciné Classic


Déjà avec  Deux ou trois choses que je sais d'elle  ( 1966 ) et  La chinoise  ( 1967 ), il privilégie le concept sur le vécu afin de mieux exprimer l'aliénation des individus pris dans l'engrenage de la consommation et prisonniers des structures conservatrices. Mai 68 va hâter l'évolution de Godard vers un cinéma militant et soumis lui aussi à des impératifs idéologiques, mais ceux-là puisés dans les écrits de Mao. Est venu le temps des certitudes qu'assènent une intelligentsia nourrie de sève marxiste et que s'instaure un politiquement correct qui nuira, ô combien, à la liberté d'expression.

 
Après les films des années Mao ( 1968 - 1974 ) demeurés pour la plupart invisibles, Jean-Luc Godard va renouer avec un cinéma plus commercial, des budgets importants et des acteurs prestigieux,  films qui seront accueillis avec curiosité et intérêt par un public séduit autrefois par ces premières grandes réalisations. Ceci peut paraître surprenant que la lecture de ses oeuvres nouvelles  Sauve qui peut la vie  ( 1979 ),  Je vous salue Marie  (1984 ),  Soigne ta droite  ( 1987 ) se révèlent de plus en plus difficiles et que les propos de l'auteur se complaisent à être de plus en plus abscons. Mais Godard a ceci de particulier que des éclairs de génie viennent parfois  déchirer les nuées où il semble s'être retiré, trop loin des hommes pour perpétuer l'émotion de jadis.

 

Pour lire les articles consacrés à Jean-Paul Belmondo, aux acteurs de la N.V. et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


JEAN-PAUL BELMONDO       LES ACTRICES ET ACTEURS DE LA NOUVELLE VAGUE     

                          
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Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS dont "A bout de souffle" et "Pierrot le fou", cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:12

GERARD-20OURYLLE-20CORNIAUD9.jpg 

 

                          VIDEO

 

Comprenant qu'il n'avait pas un grand avenir d'acteur, Gérard Oury eut la sagesse de se tourner vers une autre activité, celle de metteur en scène, où il excellera. Cet homme intelligent et cultivé avait un oeil imparable pour déceler nos ridicules. On sait que le comique est le propre de l'homme, lié principalement à ce qui est de l'ordre de l'humain. Un objet ne fera pas rire par lui-même, un paysage non plus. Et on ne rira de l'animal que s'il présente, par une attitude ou une expression, une similitude avec l'homme.

Gérard Oury sut utiliser les ressources du comique avec économie, sans céder à la vulgarité. Il eut également le mérite de choisir ses acteurs et les associer en des duos percutants. On ne peut oublier le couple formé par Louis de Funès et Bourvil ; pas davantage par le duo Montand/de Funès. Peu d'échec dans sa filmographie. Par contre, des pages d'anthologie et quelques chefs-d'oeuvre inénarrables d'humour, où les tics des uns, les bons mots des autres, la naïveté de certains, le caractère agité et outrancier de quelque autre déclenchaient notre hilarité.

Il est vrai qu'il est plus aisé d'émouvoir que d'amuser. Alors que l'émotion est près du coeur, le rire est proche de l'intelligence, au point d'avoir les moyens d'éduquer nos moeurs. Il y a chez l'auteur d'une pièce ou d'un film comique un pédagogue et un moraliste qui sommeillent. Le comique n'est ni le laid, ni le mauvais, ni le méchant. A l'instar de la caricature, il souligne nos travers, nos manquements, nos désaccords, nos étourderies, nos vanités, nos lourdeurs, nos inconséquences, nos manies, nos avarices, nos travestissements, sans être malveillant. Le personnage comique est le plus souvent pétri de jovialité et de bonhomie, au point de susciter notre sympathie et de faire de nous son complice. Enfin le rire exerce une fonction psychologique. Il nous détend et resserre nos liens avec autrui, tant il est vrai que nous nous plaisons à rire ensemble. On rit rarement seul. Le rire est éminemment social. Ne dit-on pas " Plus on est de fous, plus on rit" ?

Né à Paris en 1919, le cinéaste eut la chance d'avoir une mère journaliste qui l'introduisit très tôt dans le milieu artistique. Comme je l'écrivais plus haut, il ne fut pas un acteur de premier plan, bien qu'il ait fait le conservatoire, suivi  les cours de Louis Jouvet et été pensionnaire de la Comédie Française. Dans le même temps, il se tournait  vers le cinéma où on lui confia plus volontiers des rôles de personnages cyniques et antipathiques, ce qui dut le lasser, car il passera bientôt derrière la caméra - pour épater la femme qu'il aimait - Michèle Morgan, dira-t-on - et trouver sa véritable voie.
Sa carrière de metteur en scène sera, contrairement à celle d'acteur, éblouissante et son ascension irrésistible, au point qu'une grande partie de ses films figurent dans la plupart des vidéothèques. Ce seront bien sûr  Le Corniaud, La grande vadrouille, La folie des grandeurs, Rabbi Jacob, L'as des as, parmi les meilleurs, jalonnant un parcours exceptionnel et, ce, dans un registre particulièrement casse-cou : la comédie. On sait aussi l'importance qu'aura pour lui sa rencontre avec Louis de Funès, comédien peu connu à l'époque, qui devait l'inciter, après quelques essais dans le domaine du film noir comme  La menace  ou  Le crime ne paie pas,  à exploiter sa veine comique qu'il avait immédiatement décelée.

 


     Collection Christophe L.


Le 11 mars 1998, Gérard Oury sera élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, au siège anciennement occupé par René Clément, et reçu avec les honneurs qui accompagnent cette intronisation par Pierre Schoendoerffer. En 2001, devenu presque aveugle, il dictera un livre de souvenirs et d'anecdotes publié sous le tire : Mémoires D'éléphant ( Plon ). Il meurt à Saint-Tropez le 20 juillet 2006 à l'âge de 87 ans, après une vie qu'il considérait comme celle d'un laborieux comblé.

 

Pour lire les articles consacrés à Bourvil, de Funès et les Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :

 
LOUIS DE FUNES           BOURVIL      LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 09:33

Pedro Almodovar aux César 2007. Mireille Ampilhac pour AlloCiné

 

Considéré aujourd'hui comme l'un des metteurs en scène les plus innovants et imaginatifs, Pedro Almodovar Caballero, né le 24 septembre 1951 à Calzada de Calatrava en Espagne, quitte à 15 ans la maison familiale, sans argent et sans travail, afin de se consacrer au 7e Art. Mais Franco venant de la fermer, il ne peut s'inscrire à l'école officielle du cinéma, aussi fait-il de nombreux petits boulots avant de parvenir à s'acheter sa première caméra super 8, mais sera néanmoins obligé de travailler douze années durant comme employé de bureau à la compagnie nationale du téléphone, avant de pouvoir vivre de son art. Sans renoncer à se former sur le plan cinématographique lors de ses temps libres, collaborant également à diverses revues dans lesquelles il publie des nouvelles.

   

Entre 1972 et 1978, il parvient à réaliser plusieurs courts métrages et fonde, avec son frère Augustin, la maison de production El Deseo S.A. Dès son premier long métrage "Pépi, Luci, Bom et autres filles du quartier", ce jeune cinéaste, qui n'a cessé d'observer la classe moyenne espagnole, se démarque par sa liberté de ton, ses audaces, son goût prononcé pour les laisser pour compte et les marginaux, ainsi que pour les misères et déboires de tous ordres.

 

Son second long métrage  "Femmes au bord de la crise de nerfs", en 1987, décapante comédie qui met en situation le gynécée qui sera dorénavant son creuset thématique, lui ouvrira les portes du succès et lui méritera les éloges d'une critique qui, jusqu'alors, ne l'avait pas épargné. Ce film obtiendra 5 Goyas en 1989, dont celui du meilleur film. Mêlant le banal du roman-photo populaire au spectaculaire de la bande dessinée ou du polar, il déroute, surprend, dérange, mais intéresse et interpelle, et malgré le reproche que l'on adresse à son penchant pour l'outrance et la vulgarité, il s'impose comme une des têtes de proue de la Movida ibérique. On voit qu'en quelques années, le cinéaste, se refusant à la facilité et à la méthode un peu brouillonne et rageuse de ses débuts, a su bâtir un univers et une esthétique personnels, ainsi que des cadrages rigoureux qui témoignent de son exigence.

 

"Talons aiguilles", en 1991, va marquer un tournant décisif : bien qu'il reste fidèle à ses sources d'inspiration habituelles et son goût de la culture populaire et des personnages extravagants, il délaisse le kitsch au profit d'un cinéma introspectif qui explore les relations entre femmes principalement et revisite les codes du mélodrame, en sachant alterner à bon escient l'émouvant et le burlesque, le cocasse et l'inattendu, thèmes qu'il reprendra par la suite dans "Tout sur ma mère", "Parle avec elle", "Mauvaise éducation", "Volver" et, récemment, "Etreintes brisées". Les rapports entre générations, les crises existentielles, les divers milieux sociaux et même une subtile mélancolie donnent force et véracité à une oeuvre qui sait charmer, séduire et jouer en magicienne de la couleur et de la musique.

 

Désormais, il est considéré par la profession et le public comme un réalisateur qui concilie habilement films grand public et cinéma d'auteur, anticonformisme et indépendance d'esprit, produisant des oeuvres originales, écrites d'une caméra qui se plaît à élaborer des intrigues surprenantes avec une précision narrative et une grande richesse d'images. A ces qualités, le réalisateur ajoute celle d'un directeur d'acteurs remarquable et heureux. Il a su tirer de l'anonymat des jeunes femmes comme Victoria Abril, Julietta Serrano et, dernièrement, la flamboyante Penélope Cruz. Les notions de mensonge et de vérité s'entrecroisent dans un univers où les femmes ont le plus souvent les rôles clés et qui est truffé de références au cinéma américain des années 50 ( Almodovar étant un distingué cinéphile ), ainsi qu'aux autres arts et métiers du spectacle comme le théâtre, la danse, la tauromachie, la peinture.

 

« Depuis mon enfance - dit -il - j'ai une relation passionnée avec le cinéma. J'ai eu la vocation très tôt. J'ai toujours voulu faire des films. En tant qu'enfant, je pensais que les acteurs étaient le cinéma. Plus tard, j'ai découvert qu'il y avait beaucoup d'autres éléments autour d'eux. Des gens, par exemple, qui inventaient une histoire et la racontaient. A partir de ce moment-là, j'ai décidé que ma vocation serait celle du narrateur, le maître du jeu, celui qui décide quelle histoire il veut raconter et comment la raconter. Bien que maintenant je sois réalisateur, je pense toujours que les acteurs sont la matière dont est fait le film. Ce sont eux qui matérialisent l'histoire, ils la portent et en font quelque chose de vivant et de réel. Je suis devenu réalisateur pour diriger les acteurs ».

Tout est dit de son pouvoir à faire éclore les talents.


Pour lire les articles consacrés à Penélope Cruz et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :

PENELOPE CRUZ - PORTRAIT        LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

  

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Pathé Distribution  Pathé Distribution Sony Pictures Classics


 

PEDRO ALMODOVAR OU UN CINEMA ANTICONFORMISTE
PEDRO ALMODOVAR OU UN CINEMA ANTICONFORMISTE
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 08:35
1912 - 2007

1912 - 2007

Cino del DucaAffiche française. Rezo Films Les Grands Films Classiques 


Né à Ferrare, dans le nord de l'Italie, le 29 septembre 1912,  Michelangelo Antonioni, après une licence à l'Université de Bologne, rédige des critiques de films et de pièces de théâtre pour un journal, avant de s'inscrire à une école de cinéma " Centro Sperimentale". Peu après, il commence à rédiger des scénarii pour Rossellini et Fellini avant d'être l'assistant de Marcel Carné dans Les visiteurs du soir. Ces expériences successives l'incitent bientôt à réaliser, pour son propre compte, des documentaires et des courts métrages comme  Les gens du Po  ( 1943 ) ou  Nettoyage urbain  ( 1948 ) avec quelques points communs inévitables avec le mouvement néo-réaliste mené par Rossellini, dont il s'éloignera très vite pour imposer sa propre vision des choses et son style particulier.


C'est en 1950 que le cinéaste signe son premier long métrage  Chronique d'un amour et dévoile son goût pour la psychologie des personnages. Suivront  Les vaincus  ( 1952 ),  La dame sans camélias  ( 1953 ),  Femmes entre elles ( 1955 )  et  Le cri  ( 1957 ), qu'il construit tous sur le même modèle, celui d'une narration presque exclusivement introspective qui lui permet d'évoquer la solitude des êtres, une récurrente angoisse et la dissection du malaise contemporain.

 

 Tamasa Distribution   

 

 

Mais Antonioni est avant tout l'homme d'une trilogie étonnante avec L'avventura (1960 ),  La Notte  ( 1961 )  et  L'éclipse  ( 1962 ), réflexions particulièrement fines et intelligentes sur la difficulté des rapports humains et la fragilité des sentiments. Avec sa muse et compagne Monica Vitti, il s'affirme dans un style psychanalitique qui démontre que l'être n'agit que pour se voir agir, afin de devenir le spectateur privilégié de lui-même. Si bien que pour traduire sa pensée, il a recours à des images volontairement objectives à la façon d'un constat et, ce, très différemment d'un Fellini qui privilégie le rêve et le fantasme. Mais la sobriété de sa mise en scène, le poids de ses images qui s'éternisent sur les visages comme sur des icônes ne cesseront jamais de m'émerveiller.

 


Monica Vitti et Gabriele Ferzetti. Collection Christophe L.


Par ailleurs, Antonioni ne va pas se contenter de tirer les conséquences d'une expérience qui pouvait être capitale pour ses personnages, il cherche à signifier de quelle manière elle l'a été et s'intéresse surtout à ce qui va se produire ensuite et si cette absence est l'absence de l'autre ou,  plus généralement, l'absence de soi. Ainsi se focalise, à travers des films comme Blow up  ( 1966 )  Le désert rouge  ( 1964 ), Zabriskie Point  ( 1970 ), une oeuvre singulière qui traite de notre inadaptation au monde, de notre séparation d'avec lui et de sa reconquête possible à travers une re-coloration créative de l'univers. Est-ce la raison pour laquelle, il se réfugiait volontiers, depuis son accident cérébral survenu en 1985, dans le monde coloré des collages et mobiles ? Aussi laisse-t-il une trace profonde par son approche biaisée de la réalité, sa façon allusive de ne montrer que des bribes de récits et d'accorder aux temps morts la priorité sur la dynamique narrative.

 

Cinéaste cérébral, sans aucun doute, ce qui faisait de lui un réalisateur assez marginal - il avait néanmoins accédé, grâce à son talent et à son originalité et malgré ce qu'il pouvait y avoir d'hermétique dans son oeuvre, à la consécration internationale : Lion d'or à Venise, Palme d'or à Cannes ; de même qu'il exercera et exerce toujours une influence indiscutable sur les jeunes générations.  Car, ce que ce cinéaste critiquait amèrement, ce n'était pas le monde en lui-même, mais nos incohérences, notre permanent mal-être, comme s'il y avait de notre part, pauvres humains, une inadéquation entre nos aspirations modernes et nos névroses chroniques qui nous rendent inaptes à réaliser les mutations nécessaires. Cette oeuvre se singularise aussi par son dualisme avec, d'une part, le poids incessant du passé, les fatigues du monde et la psychose moderne et, d'autre part, notre cerveau capable de créativité et le nouvel espace-temps dont les puissances sont multipliées par les cerveaux artificiels. Quoi qu'il en soit, grâce à lui, nous conserverons en mémoire quelques-unes des plus belles pages du 7e Art.



Pour lire les articles consacrés à Jeanne Moreau, aux acteurs et actrices du cinéma italien et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :

JEANNE MOREAU       LES ACTRICES DU CINEMA ITALIEN  

      

LES ACTEURS DU CINEMA ITALIEN

 


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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 09:24

 Océan Films   

 

 

Né à Shanghaï le 17 juillet 1958, Wong Kar-wai suit sa famille à Hong-Kong où son père est directeur d'hôtel et entreprend des études à l'école polytechnique de la ville avant de se tourner vers une carrière artistique et de devenir assistant de production à la télévision, puis assistant producteur et scénariste de téléfilms et de séries télévisées.
C'est en 1988 que, formé pendant quelques années dans le sérail, il réalise son premier film As Tears Go by et que celui-ci est présenté à la semaine de la Critique à Cannes, mais jugé trop violent par les Occidentaux.  Nos années sauvages ( 1990 ), son second opus, sera un échec commercial, malgré ses qualités évidentes, et la seconde partie ne parviendra jamais à être montée, faute de dividendes. Avec  Les cendres du temps( 1994 ), Wong Kar-wai s'attaque à une grande fresque historique qu'il ne lui demandera pas moins de deux années de travail et pour laquelle il usera de chorégraphies et de scènes de combats d'une extrême précision, en même temps qu'il affichera un casting prestigieux, ce qui lui méritera d'être présent à Venise et d'obtenir le prix de la Meilleure photo. Un grand pas est franchi.

 


18855461_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20070907_051816.jpg  Wong Kar-wai


 

Epuisé par le tournage, le réalisateur décide de revenir à l'essence du cinéma et de filmer simplement des personnages dans le Hong Kong de son enfance, caméra à l'épaule. Le résultat en sera  Chungking Express,  un succès populaire qui le révèle enfin à un public international. Avec Happy Together( 1997 ),  tourné en Argentine, il remporte le Prix de la mise en scène à Cannes, mais crée le scandale en Asie où l'homosexualité est encore un sujet tabou.  In the mood for love  ( 2000 ), son septième film, touche à la magie. Le succès sera considérable et verra l'acteur principal - Tony Leung - couronné par le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes de la même année. Sans rien dévoiler d'intime, le film dégage une sensualité intense et nous conte une histoire d'amour magnifiée comme rarement sur grand écran. Un chef-d'oeuvre absolu qui consacre son auteur comme l'un des maîtres du cinéma international et le plus grand du continent asiatique, capable de séduire le public dès ses premières images. Son romantisme désenchanté fait merveille et parait sans équivalent dans le 7e Art contemporain, un style qu'il développe avec son chef opérateur Christopher Doyle.

 


in-the-mood-for-love-00-09-g.jpg    In the mood for love


 

En prise directe avec la réalité, Wong Kar-wai  inaugure une sorte de romantisme urbain qui privilégie les personnages à l'histoire et se voit en quelque sorte dicté par les contraintes techniques qu'il rencontre. Il s'en explique :

" A Hong Kong, nous n'avons ni le temps, ni l'espace, ni les moyens de tourner autrement que la caméra à l'épaule ou en grand angle. Notre style n'a pas de considération esthétique. Notre style, ce sont les contraintes qui le créent. Peu d'argent, peu de temps pour filmer dans les lieux publics ".

 

Et, néanmoins, ce style fascine par la beauté nuitée des prises de vue, les éclairages qui rappellent ceux du peintre Le Nain et la passion de l'auteur pour le moindre détail et les toilettes féminines. Certains iront jusqu'à lui reprocher ce fétichisme ... Je ne m'en plaindrai pas, trouvant à chacun de ses films une puissance d'évocation rare, une virtuosité formelle et un goût de la séduction qui ne cessent de m'envoûter. Je crois ne pas être la seule.


Conforté par l'immense succès de In the mood for love, le cinéaste produit en 2004  "2046," qui reprend le même thème, sans parvenir à atteindre tout à fait  l'enchantement du précédent, mais où il renoue avec la quintessence de son art, véritable polyphonie amoureuse sur l'éclatement du temps à partir des souvenirs d'un séducteur qui recherche la femme dans toutes les femmes, ce, avec son acteur de prédilection Tony Leung et deux actrices magnifiques : Gong Li et Zhang Ziyi.


Océan Films     The-Grandmaster-Affiche-France


 

De même que l'on reprochera à son dernier opus  My blueberry nights ( 2007 ) d'être empreint de maniérisme et de laisser s'enliser une histoire trop convenue, comme s'il ne parvenait plus à sortir d'un exercice de style devenu vain car trop répétitif. Ce qui est aussi ridicule que si l'on reprochait à un grand écrivain d'écrire toujours le même livre. Alors qu'il faut considérer que le cinéaste indique ainsi, de façon elliptique, l'importance de la narration en images comme en mots, et interroge le cinéma sur ses capacités à jouer avec ses infinies possibilités expressives. Si bien que chacune de ses oeuvres n'est finalement qu'une nouvelle variation sur un sujet identique : une mélodie qui dessine avec le temps un tableau à chaque fois plus riche, plus complet et plus intemporel.

 

Wong Kar-wai présidera le jury du Festival de Cannes en 2006 et deviendra ainsi le premier réalisateur chinois à bénéficier de cet honneur. La même année lui sera remise par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres la médaille de Chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur.

 

Aujourd'hui, il nous revient avec un film sublime The Grandmaster qui lui a demandé trois années de travail et qui, sans nul doute, l'installe définitivement sur les cimes du 7e Art.

 

 

Pour lire les articles consacrés à Gong Li, Tony Leung et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


GONG LI - PORTRAIT        TONY LEUNG CHIU WAI       

 

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Norah Jones. Mars Distribution    My blueberry nights


 

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:20
LUCHINO VISCONTI OU LA TRAVERSEE DU MIROIR

Luchino Visconti aura marqué le 7e Art d'un esthétisme flamboyant, contribuant ainsi à la stylisation de la réalité et à la mise en opéra de l'histoire. 

 

Collection Christophe L.   

 

De sa famille, l'une des plus nobles d'Italie, Luchino Visconti  hérite d'un raffinement inouï, d'une vaste culture et de l'amour du théâtre. Le cinéma l'attire également et il décide de faire carrière dans la mise en scène. Son goût très sûr mais ses idées progressistes dans l'Italie fasciste de Mussolini l'incitent à se rendre en France, où il travaillera avec Jean Renoir dans  "Une partie de campagne"  en 1936. La guerre interrompt leur collaboration qui devait se poursuivre en Italie avec "Tosca" et figurait déjà l'attraction qu'il éprouvera toujours pour l'art lyrique et les récits raffinés.

Son oeuvre cinématographique s'inspire souvent d'éléments et de faits puisés dans un temps historique situé de préférence entre 1850 et 1950, qu'il déploie à la manière ample d'un opéra, parce que son intuition a très tôt fondé son art de telle sorte que la perfection atteigne sa somptueuse plénitude. C'est l'expression d'une exigence qui ne laissera au hasard aucun détail, aucune nuance, aucun des sentiments les plus subtils de l'âme humaine. "Ossessione" ( Les amants diaboliques ), en 1943, donne le coup d'envoi de ce que sera le néo-réalisme et se révèle être aussi sombre et pessimiste que certaines oeuvres de De Sica, à la différence que Visconti se refusera toujours au didactisme et à tout sentimentalisme démagogique.


Au lendemain de la guerre  "La terre tremble"  ( 1948 ), qui a le don d'exaspérer le monde de la finance, forme avec  "Ossessione"  et  "Rocco et ses frères"  une trilogie imprévue qui brosse un portrait social de l'Italie des pauvres, de ses violences et de ses migrations dans l'illusion, mais l'oeil que pose le réalisateur sur la civilisation et les hommes reste avant tout un regard poétique, au sens fort du terme.

 

     Les Acacias


Dans la fable merveilleusement mélodramatique de  "Bellissima"  ( 1951 ), où Anna Magnani se révèle être plus que jamais telle qu'en elle-même, l'auteur ironise sur l'envers de l'illusion, sur le temps du rêve, mais veille à ne pas s'attendrir exagérément sur la crédulité populaire. Visconti sait ne retenir que ce qui est le plus significatif dans la narration et veille à l'épurer de toute complaisance, car seul lui importe ce qui suggère et dénonce. Le réalisateur sait trop que la réalité ne se charge de sens qu'en fonction de l'impact de l'écriture et de l'unité interne de l'oeuvre. Ainsi des intérieurs rustiques de "Rocco et ses frères" aux somptueuses natures mortes de "Senso" ou du "Guépard", il met une scrupuleuse attention, aussi bien historique que sociale et psychologique, aux gestes, aux objets, aux toilettes, afin de recréer dans sa globalité le milieu et le climat de l'époque et lui restituer son authenticité et sa vraisemblance, car la vérité de ces recréations en constitue le label, l'ombre de l'échec et celle de la mort s'étendant peu à peu sur la vie.


Les Films Ariane


C'est à cause de ce regard tout ensemble critique et poétique que le concept de nostalgie existe et établit un lien, qui coure sans se rompre jamais du premier au dernier de ses films, que ce soit  "Le Guépard",  "Sandra",  "Mort à Venise", " Ludwig",  "Violence et passion", Visconti contribuant ainsi à la stylisation de la réalité, à la mise en opéra de l'histoire. Il y a de sa part, et en contre-champ, un moralisme stendhalien que la fréquentation de l'histoire n'incline guère à l'optimisme et un goût identique, chez le metteur en scène de "Mort à Venise" et l'auteur de "La Chartreuse de Parme", pour les passions sans retenue.


Chacun de ses sujets exalte un peu plus, un peu mieux son exceptionnel génie plastique, son esthétisme flamboyant qui évolueront des gris d"'Ossessione", des noirs et blancs de "La terre tremble", à l'impressionnisme raffiné de "Mort à Venise" ou au romantisme pictural de "Ludwig". Mais il arrive que le metteur en scène cède à la parodie et que le souci de vérité - ce sera le cas dans  "Les damnés"  - l'incite à peindre d'un pinceau acéré certains portraits de névropathes et qu'il mette ses pas dans ceux de Dante pour mieux nous plonger dans l'enfer des damnations humaines. Dans ces derniers opus "Violence et passion" ( 1974 ) et "L'innocent" ( 1976 ), l'inspiration s'embrume d'une douleur à peine voilée, s'infléchit dans une contemplation amère et pessimiste de l'art et de l'histoire qui rejoint la prémonition de la mort imminente, alors que le sublime amour, interdit, impossible, inavouable, fait peser sur les fragments de vie l'ombre opaque de son échec. Un combat avec le temps, et contre lui, investit l'oeuvre et nous la restitue en un oratorio pathétique, d'où ne sont exemptes ni la faiblesse, ni la grandeur.



Pour prendre connaissance des articles que j'ai consacrés à Romy Schneider et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT      LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, dont Mort à Venise, Senso, Ludwig et Le guépard, cliquer sur celui ci-dessous : 



LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

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Helmut Berger et Silvana Mangano.

 

 

LUCHINO VISCONTI OU LA TRAVERSEE DU MIROIR
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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