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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 15:22
Downton Abbey de Julian Fellowes

Je m'étais réjouie à l'idée de revoir cette famille sur grand écran, mais je dois avouer que le film n'est pas à la hauteur du feuilleton télévisé qui nous avait retenus des heures devant notre petit écran. Bien entendu, tous les personnages sont là, mais le climat n'y est plus vraiment, il y a soudain quelque chose d'artificiel qui s'immisce dans ce cadre grandiose. Les Crawley et les Grantham, qui avaient tissé un lien si étroit avec le petit écran, semblent comme perdus sur le grand et le charme ne fontionne plus de la même façon.  Nous reprenons l’histoire après le mariage des deux filles Mary et Edith et le départ à la retraite du majordome Carson (Jim Carter) remplacé par Thomas Barrow (Rob James-Collier). Rien n’a changé depuis deux ou trois ans à Downton Abbey, où la vie se poursuit dans l’harmonie que nous lui connaissions entre l’étage des maîtres et celui des domestiques. Certes, aucun comédien n'a fait faux bond, c'est plutôt le climat qui n'est plus tout à fait le même. Dans cette version cinématographique, nous ne traversons pas le temps et les années, il ne s’agit que d’un instant de vie qui va mettre le château en ébullition puisque la roi Georges V et la reine Mary s’annoncent pour une journée et une soirée. Rien de moins. Julian Fellowes tisse une intrigue provisoire et des dialogues certes ciselés que ses comédiens savent mettre en valeur dans un nouveau tableau d’époque, qui se déroule au cours de l’année 1923, avec une galerie de personnages hauts en couleur dont la toujours merveilleuse Maggie Smith qui prête à son personnage son génie comique et son snobisme.

 

A l’étage inférieur, le monde domestique est désormais conduit par Thomas Barrow, un homosexuel que sa nature fougueuse invite sans cesse à commettre l’irréparable et qui sera remplacé par Mr Carson lors de la visite royale, ce qui nous assure des moments de réflexion sur le pouvoir, la responsabilité, la transmission et le sens de la communauté grâce auxquels le domaine est en mesure de survivre aux aléas de la modernité. Le mode de vie de ces aristocrates, apparemment d’un archaïsme égocentrique, n’est-il pas le garant d’une certaine forme de cohésion sociale ? Très britannique dans le fond et la forme, la vision de la tradition est à des années lumières de celle que l’on pourrait voir sur les écrans français. Si elle est bousculée elle aussi par les innovations de la vie moderne, l’Angleterre n’en reste pas moins solide sur son socle. Elle sait mieux que quiconque exalter les valeurs de respect, d’intelligence et de délicatesse et unir les forces de la gentry et du peuple autour d’un projet commun. C’est ce que nous transmet en pointillé ce film, empreint d'une réflexion sur le pouvoir et la permanence tellement mis en péril de nos jours. Mais  sans le charme permanent qu'avait su instiller la série télévisée.

 

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Downton Abbey de Julian Fellowes
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commentaires

D
Bonsoir Armelle, c'est agréable à voir mais cela n'a pas la rigueur de Gosford Park ou des Vestiges du jour. La demeure est bien filmée vue d'hélicoptère mais cela ne fait pas un film. Le scénario est un peu léger. Bonne soirée.
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E
Je compte justement y aller demain, n'ayant jamais vu la série. Et je me réjouis!
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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