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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:43
ELLE S'APPELAIT SARAH de GILLES PAQUET-BRENNER

                

Il y avait tout à craindre d'un film qui traitait d'un sujet aussi émotionnel que celui-ci, où l'on assiste à l'arrestation d'une femme et de ses enfants par la police française en août 1942, à l'enfermement d'un petit garçon dans un placard et des conséquences inévitables qui s'en suivront, scénario tragique s'il en est,  inspiré du roman éponyme de Tatiana de Rosnay, dont on se souvient qu'il fût un best-seller. Par chance, il faut reconnaître à Gilles Paquet-Brenner qui, coup sur coup, avait produit deux navets, d'avoir su se ressaisir et nous offrir aujourd'hui une oeuvre mâture à l'imagerie sobre et pudique. Film sur la culpabilité et la quête d'un pardon que l'on a bien du mal à susciter,  Elle s'appelait Sarah  raconte l'histoire d'une journaliste américaine installée en France, Julia Jarmond, chargée d'enquêter sur l'épisode dramatique de la rafle du Vel'd'Hiv, à la suite de la position que le Président de l'époque, soit Jacques Chirac, avait choisi d'assumer sur la part de responsabilité qui incombait à l'état français et qui va progressivement s'investir personnellement dans cette enquête. Pour quelles raisons ?  Simplement, parce que, ce qui ne devait être qu'un article se transforme en un enjeu personnel, une prise de conscience de l'horreur de la shoah, et surtout le dévoilement de l'implication de sa propre belle famille dans le destin d'une famille juive sacrifiée. Les scènes se succèdent entre épisodes du passé et du présent et s'emboîtent sans fausse note les unes dans les autres, donnant à cet opus une densité et un intérêt croissant, ainsi qu'un rythme soutenu et bien dosé. Belle réussite que cette construction à deux thèmes, surtout si l'on tient compte des clichés, des invraisemblances et des pièges qui ne pouvaient manquer d'encombrer un tel narratif ; mais Gilles Paquet-Brenner a eu le bon goût et l'habileté de les éviter en partie, nous faisant grâce des boursouflures qui chargeaient lourdement un précédent film sur un sujet semblable :  La rafle.  

 

Le film doit beaucoup, d'une part, à l'interprétation magistrale de Kristin Scott Thomas, émouvante d'un bout à l'autre, nous donnant à comprendre et à partager le cheminement qui va changer sa vie et conférer à celle-ci un autre sens, d'autres perspectives, la faisant naître à elle-même comme une femme différente, plus responsable, plus humaine et, d'autre part, à celle de Mélusine Mayance, la petite fille qui incarne Sarah enfant de façon sensible et juste. Un film grave et de facture classique, qui n'évite pas totalement les clichés et les poncifs, mais délivre un beau message sur l'importance du devoir de mémoire sans céder à la sensiblerie. Et Dieu sait que, chaque semaine qui passe, nous  propose de nouveaux  devoirs de mémoire, s'entend ! 


Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS  

 

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ELLE S'APPELAIT SARAH de GILLES PAQUET-BRENNER
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commentaires

E
Merci d'en parler car ainsi... ce sera à mon menu plaisir ce soir!
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N
Ce film est tout bonnement magnifique! Il a vraiment su me touché. Une oevre forte, l'un de mes coup de coeurs!
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D

Finalement, je l'ai vu, le film, et j'avoue que j'ai préféré le livre de beaucoup, comme ça arrive souvent. seul "Raison et sentiment" m'a enthousiasmé dans ses deux genres, ainsi que "Brideshead
revisited".


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N

j'ai beaucoup apprécié ce film également :)


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A
Tellement d'accord avec votre article ... Pas vraiment important pour sa carrière, déjà éblouissante, mais cette fois-ci, je ne vois pas comment Kristin Scott Thomas pourrait passer à côté du César !
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F
Un film qui m'a bouleversé. C'est dire : je l'ai vu deux fois, c'est rare !
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M
J'avais aimé le livre et je n'ai pas été déçue, c'est un très beau film.
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D
Chère Armelle,
Merci pour cette note qui me réjouit, j'ai beaucoup aimé le livre qui traitait ce sujet dramatique avec retenue et sensibilité.
En ce qui concerne vos louanges sur l'actrice principale, je n'en attendais pas moins de Kristin Scott Thomas. cela m'encourage à aller voir le film.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
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