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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 09:03

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Jerry Lewis, de son vrai nom Joseph Levitch, est un humoriste, acteur, producteur et réalisateur de cinéma, né le 16 mars 1926 à Newark dans l'État du New Jersey, aux États-Unis. Considéré comme un pitre sans ambition, c'est en France qu'il va véritablement rencontrer un public. Plus qu'aux burlesques, c'est à un grand clown qu'il fait penser par la construction en scènes et épisodes successifs de ses scénarios. Ce rapprochement inclut également la dimension existentielle et tragique du personnage qu'il incarne et qui ne le réduit jamais à un faiseur de grimaces. Issu d'une famille de comédiens de tradition juive, Joseph Levitch commence sa carrière dans les cabarets et forme bientôt avec Dean Martin un duo comique très populaire dans les années 50. L'intervention d'un cinéaste, du nom de Frank Tashlin, va susciter progressivement l'intérêt que Jerry  prend  pour la mise en scène. Le réalisateur, quant à lui, s'empresse de réunir sur la pellicule les deux inséparables Martin/Lewis, supputant la veine comique qu'il entend exploiter. Hélas, au fil du temps, la séparation va se révéler inéluctable, chacun  des deux acteurs aspirant à poursuivre sa carrière en solo, et Lewis ne rêvant plus que de devenir l'auteur complet de ses films. "Le Dingue du palace" en 1960 impose son style de scénariste : une situation, un décor et une suite de saynètes qui tiennent du court métrage et qui, en s'alignant, modifient continuellement la situation et le personnage jusqu'au dénouement. En règle général, le héros souffre d'un complexe qu'il finira par surmonter, mais à quel prix !

 

Lewis a réalisé 13 films dont les meilleurs se situent au début des années 60. L'ensemble constitue un discours sur la beauté intérieure, bien supérieure à la beauté extérieure qui est faite pour disparaître, alors que l'autre a le pouvoir de résister au temps. Ce sera le cas dans "Dr Jerry et Mr Love", son oeuvre maîtresse où le héros finit par conquérir sa propre autonomie. La démarche est certes dangereuse puisque la progression du personnage vers la "normalité" s'accompagne immanquablement de la perte progressive du comique dont il était porteur. Parfois, Jerry Lewis n'hésite pas à flirter avec le fantastique - la femme chauve-souris par exemple dans "Le tombeur de ces dames". Par son goût pour le décor féerique coloré et brillant, il n'hésite pas davantage à pointer du doigt une certaine esthétique américaine. Il se dégage de ces opus une sorte de jubilation, ainsi le jeu avec le gigantesque décor de l'hôtel, en coupe comme une maison de poupée, dans "Le tombeur de ces dames" (1961). Lewis a d'autre part tendance à remplacer les gags attendus par des instants de contemplation esthétique (la danse du couple de laiderons dans "Jerry souffre-douleur") ou par des pastiches qui fonctionnent grâce à l'ingéniosité de la mise en scène (les différents oncles dans "Les Tontons farceurs" et la parodie du film d'espionnage dans "Jerry la grande gueule"). Plus tard, en abordant la seconde guerre mondiale avec "Ya ya mon général"  en 1970 et avec l'inédit  "Le jour où le clown pleura", Lewis désirait s'engager dans l'héritage chaplinien, mais le public refusa de le suivre et sa carrière s'acheva ainsi sur une voie de garage, ce qui fait de lui définitivement le clown triste du "Jour où le clown pleura". Il est mort le 20 août 2017 à Las Vegas à l'âge de 91 ans. Il aurait déshérité les six fils de son premier mariage au profit de sa seconde épouse SanDee Picnick, de 24 ans sa cadette, épousée en 1980 et de leur fille adoptive âgée aujourd'hui de 25 ans. Son plus jeune fils, mort d'une overdose en 2009 à l'âge de 45 ans, disait que vivre avec lui était un enfer. Cette dernière farce laisse un goût amer de cet acteur et metteur en scène qui fut l'amant passionné et éphémère de Marilyn Monroe et fit rire - souvent jaune - la planète entière.

 

Pour consulter la critique du film Docteur Jerry et Mister Love, cliquer   ICI

 

Et pour prendre connaissance des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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JERRY LEWIS, LE DERNIER CLOWN
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commentaires

Gérard Rocher 08/02/2013 19:46

Jerry représente plein de souvenirs pour moi. Sans parler des tous derniers lesquels m'avaient laissé sur ma faim, quel artiste! quelle carrière avec ou sans Dean Martin, avec ou sans Tashlin ! Je
regarde de temps en temps mes DVD sur lesquels ce personnage atypique me séduit toujours autant. Contrairement à certains, je pense que Jerry n'est pas "démodé et qu'il ne se démodera jamais.

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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