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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 08:43
PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE

La mort de Pasolini, dans des circonstances dramatiques, a conféré une touche tragique à l'auréole de poète maudit dont l'oeuvre, tout autant littéraire que cinématographique, portait déjà la trace. Cette auréole de martyr, on la trouve aussi bien dans les imprécations lyriques des "Cendres de Gramsci" (1957) que dans le chant homosexuel de "Théorème" (1968), dans ses traductions libres d'Eschyle ou de Plaute ou encore dans  "Le Décaméron", les "Contes de Canterbury" et dans les "Mille et une Nuits". Partout se fait entendre le même cri  : " Je suis ... comme un serpent réduit en bouillie de sang ... comme un chat qui ne veut pas crever " - un cri dont l'écho s'identifie avec la souffrance du Christ, liée à celle complémentaire de Judas l'Iscariote, telle que le cinéaste l'a décrite dans sa version très personnelle de  "L'Evangile selon Matthieu" (1964). Son itinéraire de poète et de metteur en scène a toujours eu quelque chose de désespéré et de suicidaire marqué par un constant besoin de transgression, ainsi a-t-il donné naissance à une suite d'ouvrages disparates emplie de béances fascinantes et irrécupérables.

 

Pasolini est venu relativement tard au 7e Art, alors que sa notoriété, en temps que poète, était déjà bien assise. Il débuta en force avec "Accattone" (1961), une fable néo-réaliste cumulant les influences de De Sica et de Visconti, suivie d'un mélodrame freudien "Mamma Roma" (1962) aux accents plutôt bunuéliens. Le cinéma devient très vite pour lui, et selon ses propres termes, " la langue écrite de la réalité qui permet de traquer les vestiges des grands mythes universels, au travers de mes fantasmes personnels, le tout syncrétisé dans la gangue du lieu commun".  Tous ses films seront à double face : à la fois simples et complexes, dérisoires et sublimes, ouverts à l'abstraction mais souvent dépourvus de cohésion externe. L'inspiration est à chaque fois résolument composite, alternant le profane et le sacré, mélange de temps et d'espace, récits entrecroisés, ainsi dans des films comme "Porcherie", "Oedipe roi" et "Médée". Après avoir dédié son "Evangile" à la mémoire de Jean XXIII, il scandalise une fraction de l'opinion catholique avec "Théorème" et en enthousiasme une autre au point de se voir décerner au Festival de Venise le prix de l'Office catholique. La représentation des grands textes classiques ne l'empêchera nullement de les accompagner d'érotisme, de scatologie et de pornographie, ni de faire appel à Maria Callas pour un rôle quasi muet.

 

Dans un recueil de textes théoriques, il exaltera " la nature profondément artistique du cinéma, sa force expressive, son pouvoir de donner corps au rêve, c'est-à-dire son caractère essentiellement métaphorique ". Son exégète, Marc Gervais, décrit le projet pasonilien comme "déchiré, contradictoire, marqué par une sorte d'hystérie apocalyptique mais qui, par les moyens de l'art, cherche sans cesse le lieu et l'instant de la réconciliation ". Pour Pasolini, cette vision épico-religieuse du monde a valeur d'exorcisme. La diversité de ses dons explique sans doute son éclectisme et les exercices de funambule auxquels il aime à se livrer. Le tout ne va pas sans maladresses, rançon d'une combinaison singulière de témérité, d'élégance, de maniérisme et d'amateurisme, ce que l'on ne manquera pas de lui reprocher. Ainsi les terrains vagues à l'infini, les accoutrements baroques, les trognes patibulaires de nombre de figurants, les chairs féminines lourdement étalées ne convaincront pas toujours le public qui déplorera un manque d'harmonie et de cohésion.  Pasolini reste et restera un météore du 7 e Art dont la leçon est indéfiniment méditée. Comme l'écrit Dominique Noguez - il y a désormais un mot qui dit bien ce mélange de réalisme et de mythologie imaginaire, de sculpture moderne et de fausse préhistoire, toute cette féerie sous-prolétarienne, ce bric-à-brac de Tiers-Monde, cet exotisme hétéroclite et superlatif, ce style d'Eisenstein marocain ou de Fellini de banlieue ouvrière. Ce mot n'existait pas avant Pasolini. Il existe désormais : pasolinien.

 

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REALISATEURS DU 7e ART

 

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PIER PAOLO PASOLINI OU UN CINEMA METAPHORIQUE
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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 09:08
BARRY LYNDON de STANLEY KUBRICK

          

"Barry Lyndon" de Stanley Kubrick est un film d'une rare richesse visuelle. Chaque scène, chaque image sont dignes d'un grand maître de la peinture, tant au niveau des costumes (somptueux), des décors (qui le sont tout autant) et de l'exceptionnel travail sur les couleurs et la lumière. L'emploi de torches et de bougies crée très souvent des halos irréels qui contribuent grandement à la magie qu'il exerce. Cela a été possible grâce à l'évolution de la technique et, en particulier, de l'optique, ainsi que du traitement de la pellicule en laboratoire. Il n'en reste pas moins que le travail du chef opérateur John Alcott a fait date et fut récompensé par l'un des quatre Oscars qui couronna cette oeuvre. Enfin la musique est très présente. Pour cela, l'auteur a fait appel à Bach, Haendel, Mozart, Schubert, Vivaldi et l'ensemble contribue harmonieusement au ravissement de l'oreille. Par conséquent un long métrage qui enchante par son extrême beauté esthétique et se révèle être une adaptation exemplaire du roman de Thackeray, auquel Kubrick s'est montré fidèle comme il l'avait été avec "Lolita" de Nabokov ou "Orange mécanique" de Burgess.

 

Film à part néanmoins dans sa production cinématographique, car sans portée morale, psychologique ou politique, mais probablement son chef-d'oeuvre ( le monument du genre historique ) par sa perfection rigoureuse dans la restitution de l'atmosphère de l'époque ( on pense à Gainsborough et à Constable ) et le plus touchant et humain dans le déroulement de son intrigue et le portrait psychologique des principaux protagonistes. D'autant plus humain que ce récit d'apprentissage est digne des plus grandes oeuvres littéraires ( comment ne pas évoquer Stendhal  !) et synthèse idéale entre toutes les formes de l'art. Y contribuent, en partenariat, le cinéma par son mouvement, la peinture par ses plans sophistiqués, la musique qui berce et emporte - grand merci à Schubert plus spécialement - auxquels s'ajoute une construction dramatique qui ne sombre jamais dans le pathos et se nourrit des résonances émises par la complexité humaine des divers personnages.

 

L'Irlande dépeinte est celle du XVIIIe siècle. Ambitieux et naïf, le jeune Barry est bien décidé à s'élever dans l'échelle sociale mais, épris de sa cousine Nora, qui en préfère un autre, il provoque son rival en duel, si bien que sa victoire signe son exil et que, d'aventure en aventure, il se retrouve enrôlé dans l'armée britannique. Déserteur, il est rattrapé par les Prussiens et contraint d'espionner un compatriote irlandais : le chevalier Baribari. Les deux hommes s'enfuient et, pour survivre, s'adonnent au jeu, en trichant bien entendu, et en provoquant les mauvais payeurs en duel. Cynique et corrompu, Barry parvient cependant à séduire une jeune veuve très belle qu'il épouse, la comtesse Lyndon, avec laquelle il aura un fils et qui lui assurera, non seulement une position sociale enviable, mais la jouissance d'une immense fortune. Mais le rustre irlandais ne saura garder ni l'une, ni les autres. Il trompera sa femme et s'attirera la haine de son beau-fils qui le provoquera en duel. La déchéance suivra : il verra mourir son fils Bryan, sombrera dans l'alcoolisme avant de perdre une jambe et d'être banni d'Angleterre. Ryan O'Neal prête toute sa fougue au personnage d'un naïf ambitieux devenu, au contact du monde et des hommes, un débauché brutal et paillard, tandis que Marisa Berenson traverse le film de son élégante fragilité. L'un des sommets du 7e Art de par une magnificence rarement égalée.

 

Pour lire l'article consacré au réalisateur, cliquer sur son titre :   



STANLEY KUBRICK OU LE REGARD CAMERA

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

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BARRY LYNDON de STANLEY KUBRICK
BARRY LYNDON de STANLEY KUBRICK
BARRY LYNDON de STANLEY KUBRICK
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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 09:59
FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR

                                      

Le cinéma m'a sauvé la vie - écrivait François Truffaut, avant d'ajouter : si je me suis jeté dans le cinéma, c'est probablement parce que ma vie n'était pas satisfaisante pour moi dans les années de première jeunesse, à savoir les années d'occupation. De dix à dix-neuf ans, je me suis jeté sur les films : je n'ai pas de recul là-dessus. Et il est vrai qu'avant de devenir cinéaste, Truffaut fut cinéphile, puis critique, métier qu'il pratiquera avec passion. Il fut d'ailleurs un critique redouté et le plus souvent perspicace quant à ses jugements sur le talent des autres. Le sien, il commencera à l'exercer dans Les mistons (1957) où apparaît une configuration qui se perpétue à travers toute son oeuvre : un garçon troublé par une belle femme lui fait une déclaration d'amour écrite. Dans ce premier long métrage, nous voyons une bande de jeunes gens tombant sous le charme de Bernadette Lafont. Les petits voyeurs l'épient, interrompant les baisers qu'elle échange avec Gérard Blain.
 


L'enfance sera pour Truffaut, né en 1932,  une source inépuisable d'inspiration qu'il inaugurera avec  Les quatre cents coups (1959). Tout comme Antoine Doinel, son héros, Truffaut fit de la salle de cinéma un chez lui de substitution. Son regard sur son art s'aiguise avec Tirez sur le pianiste (1960), film noir, jouant sur un registre tragi-comique, où l'on découvre un Charles Aznavour déchiré entre deux femme qu'il ne parvient pas à sauver. Truffaut avait adapté son film d'un roman de David Goodis, transformant un ensemble de rues sombres en un terrain fertile pour gangsters comiques et amants maudits. On retrouve le mélange des tons dans Jules et Jim (1961), adapté lui aussi d'un roman, celui autobiographique d'Henri-Pierre Roché qui traite de l'amitié, de l'amour et de la vénération de deux amis inséparables pour une déesse qui se révélera trop humaine sous les traits de Jeanne Moreau (Catherine) qui incarne à leurs yeux la sublime statue. Grâce à une caméra mobile, Truffaut suscite notre intérêt pour des personnages qui, de prime abord, ne semblent pas sympathiques et, par ce subterfuge, ni ne condamne, ni n'approuve cette relation triangulaire, laissant à la responsabilité du public la spéculation morale. La caméra s'autorise de grandes libertés, additionne travellings, panoramiques et ouvertures de champ, ce qui est encore amplifié par la musique. Le Tourbillon entonné à mi film par Catherine évoque ce qu'il y a d'éphémère dans cette rencontre qui ne sera rien d'autre qu'une brève aventure, une séparation, puis une réunion post mortem, comme si la fin du film suggérait un cycle perpétuel de recommencements. Si Truffaut s'est affirmé comme le cinéaste le plus " littéraire " de la Nouvelle Vague, s'il a montré un penchant pour le commentaire en voix off, c'est parce que ses personnages et sa mise en scène sont particulièrement concernés par le langage. Ses héros ont souvent à voir avec l'écriture, il arrive qu'eux-mêmes rédigent des romans comme dans L'homme qui aimait les femmes. Il n'est pas rare non plus que le cinéaste glisse ici et là des citations puisées dans ses films préférés. Toujours pénétré de la fibre critique et historienne du temps où il écrivait aux Cahiers du cinéma, Truffaut aimait à témoigner dans ses films de sa conscience aiguë d'une continuité cinématographique et à établir une relation avec ses prédécesseurs. Mais ce sont les incertitude de l'amour qui composent la clé de voûte de l'oeuvre, que ce soit dans les années Léaud (Baisers volés, Domicile conjugal, L'amour en fuite, Les deux anglaises et le continent), plus tard dans La nuit américaine, L'enfant sauvage, Une belle fille comme moi, où l'on voit constamment des êtres emprisonnés en eux-mêmes, marginalisés par une société qui ne peut pas les accueillir et qui entretiennent avec l'amour, dont ils ont tant besoin, une relation difficile et angoissante. En ayant souvent recours à la voix off, Truffaut annonce clairement qu'il se considère comme un conteur et ne craint pas d'user d'une narration sophistiquée, ce que beaucoup lui reprocheront.

 


Avec Adèle H, l'histoire d'amour va se décliner sous le mode du JE. Le caractère autonome de cette sombre passion prend un relief particulier lié à la symbolique de l'eau figurant d'abord la noyade de Léopoldine, la fille préférée du père (Victor Hugo), l'évocation de l'île, celles de Guernesey et Jersey où l'écrivain vécut en exil et, enfin, le naufrage d'Adèle dans la folie. Et cela sur fond de musique, saxophone qui devient en quelque sorte la voix d'Adèle, comme "Le Tourbillon" avait lié ensemble, dans une sorte de tournoiement, un amour à 3 visages. Ce contrepoint entre le littéraire et le cinématographique, le visuel et le sonore, le texte préexistant et l'image animée est au centre de cette filmographie ; nous sommes là en présence d'un réalisateur pour qui les livres et les films ont toujours été plus " réels" que la vie, aux yeux de qui le passé semble plus vivant - ou tout au moins plus riche esthétiquement - que le présent. Après viendront des films comme L'amour en fuite, La chambre verte, Le dernier métro et La femme d'à côté. Le réalisateur renoue avec les thèmes de la douleur de la passion romantique et de la violence émotionnelle de l'amour empêché. Curieusement Vivement dimanche, son dernier opus se conclut par une balle dans la tête, alors qu'un an plus tard, le 21 octobre 1984,  l'auteur s'éteindra d'une tumeur au cerveau, laissant derrière lui une oeuvre majeure née sous le signe de la révolte et devenue, au fil du temps, classique. Son itinéraire dit tout ensemble sa passion de la littérature, son goût pour le policier, son amour des femmes, enfin son inaltérable regard d'enfant sur la vie contemplée depuis l'objectif d'une caméra ultra sensible.

 

Pour lire les articles consacrés "Aux acteurs et actrices de la N.V." et "La N.V. et ses jeunes turcs", cliquer sur les titres :

 

 
LES ACTRICES ET ACTEURS DE LA NOUVELLE VAGUE    

 

LA NOUVELLE VAGUE ET SES JEUNES TURCS

 

Et pour consulter les critiques que j'ai consacrées à des films de Truffaut, comme Jules et JimAdèle H., La nuit américaine et Le dernier métro, cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS  

 

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FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR
FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR
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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 18:04
DANIEL DAY-LEWIS - PORTRAIT

 

Daniel Day-Lewis est entré dans le livre des records en obtenant pour son rôle dans Lincoln un troisième Oscar. Ce n'est pas tout à fait un hasard quand on sait le perfectionnisme qui le caractérise et le peu d'apparition qu'il s'autorise sur les écrans, de façon à mieux s'immerger dans ses personnages et à ne les choisir qu'avec circonspection. Cet acteur à l'abord difficile, peu enclin aux épanchements, fuyant les shows médiatiques, né à Londres en avril 1957, est d'origine irlando-britannique et réputé comme le comédien le plus sélectif qui soit, avec seulement cinq films à son actif entre 1998 et 2010. Chacune de ses apparitions le mobilise si intensément qu'il entreprend à chaque fois les recherches nécessaires et méticuleuses pour être en mesure de les incarner selon ses exigences. Ce fut le cas pour Lincoln, rôle qu'il refusa dans un premier temps, avant de l'accepter après avoir mûrement réfléchi à la façon d'entrer dans la peau de cet homme d'état, lisant tout ce qui le concerne, jusqu'au plus infime détail, ce qui a permis à un critique d'écrire : Day-Lewis ne joue pas Lincoln, il est Lincoln.

 

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Après une enfance chaotique, ses parents l'envoient dans un internat privé pour pallier à son indiscipline et c'est là qu'il découvrira les trois activités qui le captiveront le plus par la suite : le travail du bois, la pêche et le métier d'acteur, ce qui ne l'empêchera pas, après la mort de son père en 1972, d'être interné dans un hôpital psychiatrique à la suite d'une overdose médicamenteuse. Rentré dans le rang, et alors qu'il excelle déjà sur la scène du "National Youth Theatre", il choisit de devenir ébéniste, mais son manque d'expérience lui vaut d'être refusé à un stage d'apprenti. C'est alors que, très déçu, il emprunte la voie du théâtre après avoir vu Robert de Niro dans Taxi Driver  en 1976. Inscrit au "Bristol Old Vic", il en suit l'enseignement pendant trois ans qui seront suivis d'interprétations sur les scènes de Londres et de Bristol et intègre par la suite la troupe de la "Royal Shakespeare Company" pour des oeuvres comme Roméo et Juliette et Le songe d'une nuit d'été. Ce n'est qu'en 1987 qu'il endosse le rôle principal dans L'insoutenable légèreté des choses  au côté de Juliette Binoche. Pour cela, il ira jusqu'à apprendre la langue tchèque et se refusera à quitter son personnage entre les prises de vue. C'est dire le souci maniaque qu'il entend consacrer à chacun de ses rôles. Désormais, il va alterner film et pièce, travaillera à l'adaptation de Hamlet, mais un malaise étrange, survenu au cours d'une répétition, l'éloigne à jamais du théâtre au profit du 7e Art.

 

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Il obtient son premier Oscar avec My left Foot  de Jim Sheridan en 1989, où il est le poète irlandais infirme Christy Brown et, pour s'imprégner de son personnage, passe des mois dans un fauteuil roulant afin d'avoir un aperçu réaliste de ce qu'avait été la vie de cet homme, surprenant  l'équipe du film par ses excentricités.

 

En 1992, trois ans après l'Oscar, il collabore pour la première fois à une réalisation du cinéaste Martin Scorsese, face à la ravissante Michelle Pfeiffer. Ce sera Le temps de l'innocence qui l'incitera à se promener pendant deux mois vêtu des costumes de l'aristocratie de l'époque avec haut de forme et chemise à jabot. Ensuite, il entreprend de jouer dans Au nom du père de Sheridan, rôle pour lequel il prend plusieurs kilos, suivi de La chasse aux sorcières, un opus  inspiré de la pièce Les sorcières de Salem, puis, de nouveau, avec Sheridan pour The Boxer, ce qui nécessitera de sa part un entrainement de plusieurs mois  à ce sport, avant de s'absenter cinq années durant en Italie, où il renoue avec son ancienne passion pour l'ébénisterie.

 

En 2003, au retour de son exil italien qu'il n'expliquera jamais, il tourne avec Scorsese le film historique Gangs of New-York. Il y campe un inquiétant Bill le boucher dans le New-York du XIXe siècle. Et poursuit avec The Will Be Blood  de Paul Thomas Anderson en 2007. Son interprétation hallucinée de ce personnage maléfique et sombre lui vaudra son second Oscar, auquel s'ajouteront le Golden Globe et le BAFTA et l'unanimité d'une critique enthousiaste. Ainsi rejoingnait-il, dans la cour d'honneur des acteurs les plus récompensés, les Brando et Nicholson. Aujourd'hui, couronné par un troisième Oscar, il reste néanmoins derrière Katherine Hepburn qui détenait 4 statuettes. Mais Daniel Day-Lewis n'a sans doute pas dit son dernier mot. Avec un acteur de cette envergure, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART  

 

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DANIEL DAY-LEWIS - PORTRAIT
DANIEL DAY-LEWIS - PORTRAIT
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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 11:25
LE TEMPS DE L'INNOCENCE de MARTIN SCORSESE

     

Dans la lignée des très grands films dont  Martin Scorsese  reconnaît devoir des éléments d'inspiration et de réflexion, tels que Le Guépard, Senso ou Le portrait de Dorian Gray, Le Temps de l'innocence s'inspire d'une oeuvre littéraire, celle d'Edith Wharton, prix Pulitzer 1921 - dont le cinéaste va adopter fidèlement les thèmes, tout en proposant les siens propres, sans qu'il y ait une quelconque incompatibilité. On pouvait, à priori, être étonné de voir ce cinéaste s'égarer dans un film " à costumes ", dont on sait qu'ils ont en général mauvaise presse, mais Scorsese ne tombera dans aucun des pièges qui le guettaient : jeu théâtral des comédiens, ambiance convenue, dialogues emphatiques, il empoigne ces clichés pour n'en retenir aucun. Bien qu'il n'ait pas été facile d'adapter à l'écran ce roman-culte, le cinéaste d'origine italienne l'osera avec succès, franchissant les obstacles et signant là l'une de ses plus belles réalisations. 

 

Comme dans Les Affranchis et Casino, et à la manière d'un documentaire, il accompagne le déroulement de la pellicule d'une voix off (Joanne Woodward), qui donne au film un ton particulier et permet d'entrer plus aisément dans l'intimité des personnages. Le Temps de l'innocence (1993) est une fresque sensible sur une société en apparence paisible, mais qui s'avère être, derrière sa façade trompeuse, aussi perfide et cruelle que celle des mafieux que Scorcese nous présentait dans plusieurs de ses films précédents. Dans cette société américaine oubliée des années 1870, assez proche du monde proustien de La Recherche, les émotions, les sentiments se doivent d'être cachés, voire refoulés, comme le sont les amours insatisfaites et les désirs inavoués des deux héros du film. Ne nous y trompons pas ; sous ses dehors policés, Le Temps de l'innocence est une histoire violente, où quelques êtres isolés et en rupture s'opposent à la puissance d'une riche famille, selon  "un rituel tribal ", d'après les propres mots du cinéaste. " Si les victimes ne sont pas abattues d'un coup de pistolet, elles sont en revanche éliminées. La pire chose n'est pas la mort, mais l'éradication". Cette seule phrase explique le film et lui donne sens.  En effet, moins volontaire que les héros habituels de Scorcese, Newland Archer (Daniel Day-Lewissera vaincu par la force des traditions et des conventions qui est l'apanage de cette société new-yorkaise des dernières décennies du XIXe siècle. Il n'aura pas le courage de tout sacrifier à son amour pour la comtesse Ellen Olenska et l'homme vieilli, que nous voyons lors de la dernière scène, ne sera même pas assez résolu  pour rencontrer une dernière fois la femme qu'il a tant aimée...Curieusement, dans ce monde régi par les hommes, ce sont les femmes Ellen et May - la jeune fille que Newland finit par épouser - qui se révèlent être les véritables moteurs de l'intrigue, Newland subissant les événements davantage qu'il ne les provoque. S'il conteste les règles établies dans le privé, il n'ose s'insurger en public, par peur de se faire expulser.
 

 

L'histoire se déroule à New-York dans les années 1870. L'avocat Newland Archer doit épouser May, la fille d'une puissante famille, les Mingott, alors que de retour d'Europe, la belle comtesse Olenska, cousine de May, éveille chez lui une subite passion. La comtesse semble mener une vie assez libre, loin de son mari retenu en France, jusqu'à ce que celui-ci, craignant que son épouse ne finisse par demander le divorce, ne la rappelle à Paris. Redoutant le scandale, elle accepte, mais Newland vient chez elle pour lui avouer son amour et la supplier de rester. Parce qu'elle se refuse à blesser sa cousine fraîchement fiancée, Ellen décide de partir afin que le mariage ait lieu. Dix-huit mois plus tard, toujours obsédé par son souvenir, Archer apprend qu'elle se trouve en résidence à Boston. Il s'y rend et finalement lui et Ellen deviennent amants. Mais apprenant que May attend un heureux événement, Ellen va repartir en Europe rejoindre son mari. Des années plus tard, après la mort de May, Archer, âgé de cinquante-sept ans, accompagne son fils Ted en voyage d'affaires à Paris. Arrivé au bas de l'immeuble d'Ellen, et alors que plus rien ne s'oppose à leur rencontre, il prend la fuite, incapable de se retrouver confronté à une passion qu'il n'a ni su, ni pu assumer. 

 

Martin Scorsese a choisi de pousser à la perfection la reconstitution de la vie de l'époque et mis une attention pointilleuse à soigner les décors, les costumes, les objets, l'étiquette, en s'inspirant de la façon dont son maître Visconti avait usé avant lui. Michelle Pfeiffer déclara à ce propos : " J'ai appris que je ne pouvais pas toucher mon verre de vin blanc parce qu'il était frappé, mais, qu'en revanche, je pouvais caresser mon verre de vin rouge parce qu'il était chambré." 
Alors que le superviseur artistique Dante Ferretti cherche, tel un peintre, à donner une dominante aux décors et s'inspire des toiles de James Tissot, Scorsese veille à ne pas succomber sous le poids de l'exactitude historique et prend ses distances à bon escient. Ce, et en partie, grâce au montage audacieux de Thelma Schoonmaker qui saura apporter au  film une étincelante modernité, se refusant à des ralentis inopportuns et à toute complaisance esthétique.

 


Daniel Day-Lewis, en dandy brimé, se livre, quant à lui, à une époustouflante performance dans le rôle de l'avocat Newland Archer. D'une sensibilité à fleur de peau, il interprète l'un des personnages les plus complexes du cinéma de ces dernières années. A ses côtés, la délicieuse Michelle Pfeiffer - dont les toilettes s'accordent si bien à sa finesse et à sa grâce, qu'elle semble être née pour les porter - lui donne la réplique avec intelligence et sensibilité. C'est sûrement le rôle le plus intéressant qui lui ait été confié dans son encore jeune carrière. Rarement roman ne fut à l'origine d'un si beau film qui, comme Le Guépard,  ne se contente pas d'être une adaptation réussie, mais se veut une oeuvre à part entière. Et quelle oeuvre !
 


Pour lire les articles consacrés à Scorsese et Michelle Pfeiffer, cliquer sur leurs titres :


MARTIN SCORSESE - PORTRAIT            MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

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LE TEMPS DE L'INNOCENCE de MARTIN SCORSESE
LE TEMPS DE L'INNOCENCE de MARTIN SCORSESE
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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 18:09
Mademoiselle de Jonquières d'Emmanuel Mouret

Je ne l'avais pas vu au moment de sa sortie en salles, aussi quel plaisir de le visionner hier soir sur Arte. Ce film est d'un bout à l'autre un enchantement de par son récit, ses propos ciselés qui nous immergent dans le siècle des lumières et assurent la musique des dialogues, enfin par l'élégance des images et le jeu des acteurs. Par ailleurs, la dialectique du langage ne cesse de jongler entre mensonge et vérité à travers des scènes où les résultats ne sont jamais assurés et qui pimente l'action sans faiblir.

Qu'en est-il de ce scénario où le bonheur amoureux chemine par des voies inattendues, travestissant sans cesse la vérité avec désinvolture et qui finira par s'épanouir après avoir traversé la lente maturation d'un sentiment enfoui ? La très jeune femme qui devait être l'instrument d'une vengeance sera, après maints détours, l'objet d'un sentiment enfin révélé à un partenaire volage. 

En effet, le marquis des Arcis (Edouard Baer) est un amant frivole qui a fini par gagner le coeur de la séduisante Madame de la Pommeraye (Cécile de France), mais qui se détournera d'elle très vite, repris par son goût des conquêtes excitantes et hâtives. Ainsi l'opus épouse-t-il le cours sinueux des sentiments et la lutte permanente qu'il suscite. Le siècle des Lumières (nous sommes dans un scénario inspiré par Diderot) offre, il est vrai, à ces joutes amoureuses le piment d'une langue subtile et précise, des jardins qui semblent sortis d'une toile de Watteau, une mode qui met en valeur la grâce féminine et dont le cinéaste sait tirer tous les profits, enfin la distance qui s'établit entre les paroles et les geste, ce que l'on pense et ce que l'on cache, en une dialectique de la vérité et du mensonge habilement dosée. 

Si bien que la joute amoureuse s'immerge ainsi dans un combat d'idées à travers les postures et les apparences qu'empruntent les personnages. Bien que le thème soit différent et s'achève mieux sur le plan sentimental, on retrouve le climat des "Liaisons dangereuses" et leur tournure sulfureuse mais, il y a  dans le film de Mouret, davantage de bienveillance. Pourquoi ? Parce qu'à travers une mise en orbite soignée d'amant volage, le marquis des Arcis devient, à la suite d'habiles manoeuvres, un homme véritablement épris, éperdu d'être éconduit par la ravissante jeune fille qu'il poursuit de ses assiduités (Alice Isaaz), ce qui l'ouvre enfin à la douleur d'aimer.  Le complot, ourdi par madame de la Pommeraye, ne parviendra pas à assurer sa vengeance, puisque celui-ci s'oriente vers une toute autre destination : celle d'un coeur frivole gagné par les réalités de l'amour.

 

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Cécile de France et Edouard Baer. La jeune Alice Isaaz dans le rôle de mademoiselle de Jonquières
Cécile de France et Edouard Baer. La jeune Alice Isaaz dans le rôle de mademoiselle de Jonquières

Cécile de France et Edouard Baer. La jeune Alice Isaaz dans le rôle de mademoiselle de Jonquières

Mademoiselle de Jonquières d'Emmanuel Mouret
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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 09:26
Sur le chemin de l'école de Pascal Plisson

 

« Sur le chemin de l’école » de Pascal Plisson est un film merveilleux par sa simplicité et la formidable leçon de courage qu’il propose avec pédagogie : cinq enfants de 9 à 12 ans dont l’itinéraire, pour rejoindre leurs écoles respectives, est un véritable parcours du combattant au travers de lieux désertiques et pauvres. Il y a Carlos et Micalea qui vivent sur les plateaux de Patagonie en Argentine, Samuel et ses deux frères en Inde, Jackson et sa sœur Salomé au fin fond de la savane kényane, enfin Zahira dans les montagnes du Haut-Atlas au Maroc. Chacun d’eux a cependant la chance d’aller à l’école. Mais à quel prix ! 15 kilomètres à pied à travers la brousse pour Jackson et sa sœur Salomé, 22 kilomètres pour Zahira et ses amies dans les montagnes, 18 kilomètres à cheval dans la lande pour Carlos et sa sœur Micalea. Enfin, Samuel, jeune paraplégique, est tiré et poussé sur son fauteuil roulant fait de bric et de broc par ses deux frères sur 4 kilomètres de chemins terreux, parsemés de ruisseaux. Alors pour quelles raisons vont-ils à l’école ? L’un pour devenir médecin et soigner les enfants paralysés comme lui, l’autre pour être pilote et survoler le monde, une troisième pour enseigner et permettre à tous les enfants du monde d’accéder au savoir, enfin un autre encore pour devenir vétérinaire. 

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Mais l’originalité du film consiste à nous faire partager le trajet de chacun de ces écoliers au coeur de paysages sauvages et la plupart du temps déserts. Comme si le trajet comptait autant, voire plus, que l’objectif final. Le réalisateur nous invite ainsi à nous rendre à la rencontre de ces enfants-marcheurs et nous convainc, par la même occasion, que le véritable apprentissage commence par la marche, que  l’important n’est peut-être pas l’école mais  de s’y rendre, tant il est vrai que l’on apprend d'autant mieux et d'autant plus d’un effort et d’un cheminement avec d’autres, au sein d’une communauté. A contrario, on n’apprend moins en consultant son smartphone. Rimbaud écrivait : « Je suis un piéton, rien de plus. »  Dans le mot piéton ou mieux passager, il y a le symbole d’un lieu où l’on se rend, d’un désir vers lequel on tend, d’un choix que l’on aspire à réaliser. Il y a donc ce passage à effectuer pour devenir autre, pour grandir, apprendre et se réaliser et entrer dans le monde de la connaissance. Mais, avant l'étape du parcours, il y a certains rites à respecter : ainsi Jackson lave-t-il son uniforme dans un trou qu’il creuse dans le sable afin d’atteindre l’eau rare et précieuse ; Carlos se coiffe-t-il avec soin ; Zahira trimbale-t-elle une poule dans un sac qu’elle échangera au marché contre de la nourriture et Samuel enfile-t-il, avec l’aide de ses deux frères, sa chemise d’uniforme afin d’être présentable au moment d’entrer au collège, car la plupart de ces enfants portent un uniforme, une façon d’être tous semblables.

 

 

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Oui,  l’effort, la peur sont sans cesse présents, façonnant leur volonté, structurant leur mental : il faut à chacun de ces enfants vaincre et résister. Très tôt, ils sont mis en présence d’un monde qui n’est pas bienveillant et qu’ils devront leur vie durant surmonter. A aucun moment, nous ne les voyons faiblir, moins encore renoncer. La rivière, les éléphants, la cheville endolorie, la roue du fauteuil roulant qui ne tourne plus, à ces écueils ils trouvent des  solutions, souvent grâce à l’entraide des gens du pays. Ces petits écoliers sont une fierté pour eux, l’avenir en marche. Aussi rares sont ceux qui ne se montrent pas coopérants. Au bout de ces parcours difficiles que nous partageons avec eux, il y a l’école, les copains, le maître que l’on aime et respecte, les cours que l’on écoute avec une attention joyeuse et l’avenir dont on rêve. Le rêve existe encore pour ces enfants qui n’ont autour d’eux que des exemples simples mais solides : la famille, la nature dans sa beauté inchangée, la sérénité des cœurs simples. J’avoue que ce film m’a infiniment émue parce qu’il est comme un long poème, un retour aux sources, à la pureté des choses originelles. Certains penseront qu’il ne nous apprend rien, alors qu’il nous apprend tout, ne serait-ce qu’à poser un regard neuf sur ce qui nous entoure, à écouter la voix du monde quand elle chante aussi juste. 

 

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Sur le chemin de l'école de Pascal Plisson
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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 09:26
Catherine Deneuve

Je dois avouer tout d'abord que Catherine Deneuve n'est pas mon actrice française préférée, mais je lui reconnais d'avoir su mener sa carrière avec beaucoup d'intelligence et d'avoir été, de par son élégance et sa beauté, une merveilleuse ambassadrice de la femme française à travers le monde. Je l'ai beaucoup aimée  dans "Benjamin ou les mémoires d'un puceau" et  "Peau d'âne"  où elle figurait la jeune femme idéale par sa blondeur et la délicatesse de ses traits. Plus tard, je l'ai appréciée dans les comédies musicales de Jacques Demy, sans doute parce que le savoir-faire du cinéaste était en mesure de révéler la grâce et le charme de l'actrice. Il lui a permis de nous toucher dans un registre empli de fantaisie, où nous ne l'attendions pas. Je l'ai aimée aussi dans des films forts comme "Le dernier métro" ou "Indochine" où elle imposait son personnage avec une véritable autorité.          


Ne disait-elle pas : " Je suis aussi d'une lucidité épouvantable, effrayante. (...) La lucidité, pour une actrice, c'est terrible. Parce qu'il faudrait pouvoir réellement s'isoler. Parce qu'il ne faudrait pas toujours sentir certaines choses. Parce qu'il ne faudrait pas toujours voir. Il y a des moments où l'on aurait besoin de se laisser entraîner par un certain élan mais cette lucidité le rend impossible. Elle paralyse, elle empêche la spontanéité. Les gens lucides ont souvent du mal à décoller. J'ai toujours ressenti l'exigence, l'anxiété... En revanche, j'ai l'impression que la lucidité s'aggrave avec le temps ".

 

Réservée, pudique, introvertie, Deneuve a toujours aimé travailler avec des metteurs en scène qu'elle connaissait, si bien que cette confiance réciproque la libérait de ses blocages. Si ce climat ne parvenait pas à s'établir, elle pouvait se refermer comme une huître. Ce fut le cas, à plusieurs reprises, avec le metteur en scène Luis Bunuel dont les rôles, qu'il lui imposait, ne correspondaient pas à sa nature profonde. D'ailleurs elle était si peu le personnage de "Belle de jour" que cet opus m'apparaît aujourd'hui assez ridicule. C'est sans doute cette part d'elle-même, jalousement préservée, qui lui confère une distance imperceptible, un non-dit non révélé, qui a séduit de nombreux réalisateurs. Avec elle- disent-ils - il y a toujours quelque chose qui reste secret et permet au public d'avoir de sa personne des approches multiples. C'était aussi le cas d'une actrice comme Grace Kelly.

            

Catherine Deneuve, de son vrai nom Catherine Dorléac, est née à Paris, le 22 octobre 1943, dans une famille de comédiens : son père était doubleur à la Paramount et sa grand-mère souffleuse à l'Odéon. C'est Roger Vadim, avec lequel elle vivra et aura un fils Christian, qui lui donne sa chance dans  "Le vice et la vertu",  mais ce sont, la même année, "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy qui amorce réellement sa carrière. Elle y campe avec grâce une jeune fille amoureuse d'un soldat, contrainte d'en épouser un autre. L'année suivante, au côté de sa soeur Françoise Dorléac,  morte peu de temps après dans un accident de la route, "Les demoiselles de Rochefort" la propulse dans l'Olympe des acteurs qu'elle ne quittera plus, tant sa carrière sera menée de main de maître, avec un remarquable discernement. Après ces deux comédies charmantes, la jeune femme enchaîne avec  "Répulsion" de Roman Polanski, où elle interprète une tueuse schizophrène avant d'être dans  "Belle de jour"  ( 1966 ) de Bunuel, une femme mariée insatisfaite qui se prostitue à mi-temps. Selon moi, comme je le signalais plus haut, son rôle le plus inattendu avec celui de "Tristana", du moins celui-ci est-il supérieur au précédent par sa complexité intérieurequ'elle tournera, toujours avec Bunuel, trois ans plus tard. Suivront "La sirène du Mississippi",  "Mayerling",  "Fort Saganne", "Le Sauvage" avant qu'elle n'aborde les films de la plénitude avec des scénarios de qualité diverse comme "Indochine",  "Le dernier métro",  "Est-Ouest",  "Place Vendôme",  "8 femmes",  jusqu'au tous derniers dont les choix semblent moins évidents et où sa carrière s'embourbe un peu selon moi.

                   

Du moins, ce sera-t-elle investie dans des personnages divers et composites, tour à tour costumée dans des opus dits d'époque, où elle nous est apparue en princesse, reine, aristocrate - ce fut le cas dans "Le temps retrouvé"  inspiré de "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, dans  "Peau d'âne"  d'après le conte de Perrault, dans "Palais-Royal" d'une facture plus contestable - ou dans "Mayerling", ainsi que dans des comédies légères ou des oeuvres dramatiques. Elle reste aujourd'hui  une actrice convoitée qui a, à son actif, plus de 70 longs métrages. Il est vrai que le mystère demeure entre l'image publique, trop figée, et certains films où elle n'est pas simplement décorative ou ornementale. Si  "La chamade"  apparaît comme le sommet du film frivole, il est évident que "Le dernier métro", "Tristana",  "Les prédateurs", "Dancer in the dark"  déplacent les lignes où l'on voudrait la retenir et que la période de simple splendeur passée, une femme affirmée et plus humaine est apparue. Elle ne se contente plus d'enchanter et de séduire, elle émeut. Peut-être moins facilement, moins complètement qu'une Sandrine Bonnaire ou une Isabelle Huppert, mais elle a pris le pouvoir et, désormais, ne se laisse plus manipuler. Elle s'est investie sans perdre son côté flânerie qui lui va si bien. Aussi la regarde-t-on, de nos jours, non seulement avec plaisir mais avec intérêt et, parfois, surprise ou déception. 
 

                  

Cependant la grande actrice, qu'elle est, ne se cache pas d'être avant tout famille, famille. Elle avoue :  Ma vie personnelle  a toujours été plus importante que mon métier. Non que je sous-estime mon métier, mais j'ai toujours senti que cela ne pouvait pas être l'essentiel de ma vie, que cela n'en serait jamais le moteur. J'ai besoin de travailler, de m'exprimer professionnellement mais ma famille, mes enfants, ce n'est pas seulement un sens des valeurs, c'est primordial pour moi. J'ai des amis, les mêmes depuis vingt ans. Ce sont eux à qui je tiens vraiment. Mon métier est complémentaire.

 

Après avoir vécu avec Vadim, Catherine Deneuve épousa le photographe de mode David Bailey, puis fut la compagne de François Truffaut, de Marcello Mastroïanni dont elle a eu une fille Chiara, actrice elle aussi, comme son demi-frère Christian Vadim. La famille reste immergée dans le monde du spectacle. Catherine a reçu le César de la Meilleure Actrice pour "Le dernier métro" en 1981, un autre César pour "Indochine", la coupe Volpi de la Meilleure Actrice à Venise en 1998,  le Prix d'honneur du Festival du film de Bruxelles et l'Ours d'Or pour l'ensemble de sa carrière à Berlin. Ses dernières apparitions sont moins convaincantes, il semble que les cinéastes ne parviennent pas à saisir cette maturité avec  sensibilité et intelligence afin de magnifier cette quintessence de l'âge qui oscille entre pudeur et autorité. 

                                  

Pour lire les articles consacrés à certains de ses films, dont :

 

Benjamin  -  Les demoiselles de Rochefort  -   Peau d'âne - Le temps retrouvé - Belle de jour

Dancer in the dark  -  Le dernier métro  -  Indochine  -  Ma saison préférée -  Potiche

 

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Catherine Deneuve
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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 09:34
RENE CLAIR OU L'ESPRIT FRANCAIS


René Clair,de son vrai nom René Chomette, était né à Paris le 11 novembre 1898. Fils de savonnier, il grandit dans le quartier des Halles et commença sa carrière comme journaliste à l'Intransigeant, tout en écrivant des paroles pour la chanteuse Damia. Puis, il s'essaya comme acteur dans plusieurs films: "Le lys de la vie", "l'Orpheline", "Parisette" et prit alors le pseudonyme de René Clair. C'est en 1922 qu'il se lance dans la rédaction d'un premier scénario "Le rayon diabolique", qu'il adapte et réalise lui-même un an plus tard et qui sortira dans les salles en 1923, avec un titre plus attrayant  "Paris qui dort". Néanmoins, ce n'est pas avec ce premier long métrage qu'il accédera à la célébrité, mais avec le suivant, la commande d'un court métrage, dont l' objet est de distraire les spectateurs durant l'interruption entre deux ballets. Cette réalisation, peu habituelle, prendra d'ailleurs pour titre celui d'Entracte en 1924. D'inspiration dadaïste, groupe que René Clair  fréquentait à l'époque, elle va faire scandale et assurer ainsi, à son jeune auteur, la notoriété qu'il souhaitait pour poursuivre sa carrière d'écrivain et de cinéaste. Vont se succéder des films étincelants qui ont marqué les mémoires : "Ma femme est une sorcière" (1942), "Le silence est d'or" (1947), enfin "La beauté du diable" (1949) où il revisite le mythe de Faust avec, dans le rôle principal, Gérard Philipe. Cette rencontre va compter pour René Clair, qui découvre, en cet acteur exceptionnel, son double : un être à la mélancolie élégante. Dans le film "Les belles de Nuit" (1952) qu'il tourne avec lui, le cinéaste crée une variation subtile sur la porosité des états de veille et de sommeil,  ligne indiscernable qui sépare la réalité de l'imaginaire, le vécu de l'espéré, s'inspirant de cette pensée de Blaise Pascal : " Si nous rêvions toutes les nuits de la même chose, elle nous affecterait autant que les objets que nous voyons tous les jours. Et si un artisan était sûr de rêver toutes les nuits qu'il est roi, je crois qu'il serait presque aussi heureux qu'un roi qui rêverait toutes les nuits qu'il est artisan".

 

L'histoire est simple : celle d'un modeste professeur de musique dans une ville de province. Ses élèves ne partagent pas sa passion et le chahutent, les femmes paraissent l'ignorer et ses compositions musicales ne plaisent pas davantage. Il s'ennuie et se lamente. Et voilà que, lors d'une leçon particulière qu'il donne et où il s'ennuie plus qu'à l'habitude, il sombre dans un profond sommeil. Qu'advient-il ? Contrairement à ce qu'il vit quotidiennement, ce rêve le comble en lui apportant gratification, amour et succès. Est-ce le bonheur enfin réalisé, le rêve plus fort que la vie ? Partition  sur laquelle René Clair va donner toute sa mesure, celle d'un poète, d'un enchanteur, servi par une distribution brillante. Cette fable délicieuse et morale, qui nous montre que le songe peut être aussi trompeur que la réalité, finit bien, puisque l'obscur professeur, en se réveillant, s'aperçoit, juste à point nommé, qu'il y a mille bonnes raisons d'aimer la vie, dès l'instant où l'on met en elle un brin de rêve, un rien de saveur. Il est amusant de souligner que cet ardent défenseur de l'art du silence fut, par une ironie du sort, l'auteur du premier film parlant français. "Sous les toits de Paris" refuse l'invasion par les dialogues et écarte le parallélisme du son et de l'image, auquel il préfère le contraste et le contre-chant. Lui-même se voyait davantage en pourvoyeur d'idées qu'en styliste. C'est la raison pour laquelle il fit ses premiers pas dans l'audiovisuel à reculons, adoptant une curieuse stratégie : il s'interdira l'usage simultané du son et de l'image. Tantôt nous avons la parole sans l'image (une querelle d'amoureux dans la pénombre), tantôt l'image sans la parole (une scène vue à travers la vitre d'un café). Ces jongleries, même si elles relèvent du gag, ont défini le style de René Clair, malgré lui. Aussi, au début des années 50, était-il considéré comme le metteur en scène français le plus important pour son réalisme poétique, l'ambiance aimable et bon enfant qui caractérisent une part de sa filmographie. Car René Clair, c'est d'abord un regard amusé sur les êtres humains, un ton alternant tristesse et humour, un contact direct avec le public. Henri Langlois notait qu'il représentait au regard de l'étranger la personnification de l'esprit français, en digne successeur de Molière et de Feydeau. Il n'en a pas moins travaillé en Grande-Bretagne où il réalisera deux films dont l'excellent Fantôme à vendre,  dans un esprit parfaitement proche de l'esprit britannique, puis à Hollywood "La belle ensorceleuse", film construit autour de la star Marlene Dietrich et surtout "Ma femme est une sorcière" qui prouve la constance de son style dans un contexte différent. Il signe son retour en France avec  "Le silence est d'or",  une oeuvre où il s'attendrit, non sans nostalgie, sur l'époque du muet. Puis viendront "Les grandes manoeuvres" et  "La porte des Lilas" où apparaît un certain désenchantement, avant que René Clair ne cède à une production plus commerciale et moins inspirée et que la défaveur ne fonde brusquement sur lui. Après avoir été porté aux nues, il tombe en disgrâce. Mais pourquoi ce discrédit soudain ? Certes, ces derniers travaux s'avéraient assez médiocres, son attitude était perçue comme hautaine, et il était devenu à la mode de tuer le père et de dénigrer ses films. Robert Bresson - qui avait travaillé avec lui - considérait que Clair avait privilégié le spectacle au mépris de l'écriture. D'ailleurs Clair lui-même se plaisait à dire qu'une fois son scénario bouclé, le film était quasiment fait. L'écriture littéraire était son jardin secret, moins l'écriture cinématographique. C'était déjà l'installation dans une immortalité qui en ferait un cinéaste classique mais dépassé et son entrée solennelle à l'Académie française.

 

Pour lire les articles consacrés à Michèle Morgan, à Gérard Philipe et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :
 


MICHELE MORGAN         GERARD PHILIPE  

      

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"La beauté du diable" et "Les grandes manoeuvres"
"La beauté du diable" et "Les grandes manoeuvres"

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RENE CLAIR OU L'ESPRIT FRANCAIS
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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:58
DONNE-MOI DES AILES de NICOLAS VANIER

Voilà un film qui, dans la grisaille automnale, est une véritable bouffée de fraîcheur. Que nous propose-t-il : un  joli conte initiatique inspiré d’un fait réel, l'expérience de Christian Moullec, pionnier du vol en ULM avec des oiseaux sauvages, et sans doute du film "L'envolée sauvage" (1996) qui narrait une histoire similaire.  Nicolas Vanier a ce talent de choisir des sujets où les grâces de l’enfance sont encore présentes et de nous amener à considérer la vie sous un autre angle : celui de la réalisation d’un rêve. Dans ce dernier opus «Donne-moi des ailes», il nous propose l'histoire d’un ado de 14 ans, Thomas (Louis Vazquez), qui renoue avec son père grâce à des vacances scolaires et découvre la vie sauvage qui, en quelques semaines, va faire de lui une personne et lui ouvrir des horizons nouveaux.

 


Ado typique, Thomas n’a nul envie d’aller passer ses vacances en Camargue, loin des plaisirs qui sont les siens, en pleine nature et auprès d’un père qui étudie une espèce menacée d’oies sauvages. Mais, peu à peu, le garçon se prend de passion pour le projet fou de ce père (Jean-Paul Rouve) : accompagner les volatiles en ULM pour leur ouvrir une route de migration moins dangereuse. Bien qu’il ne parvienne pas à obtenir les autorisations, Christian s’entête, mais l’expédition est finalement interdite par les autorités norvégiennes. C’est alors que Thomas va leur fausser compagnie et s’envoler avec les oiseaux à bord de l’ULM afin de les ramener au pays, soit en Camargue, par cette nouvelle piste. Cela donne lieu à des paysages magnifiques et des images superbes du vol des oiseaux. Bientôt relayée par des vidéos, l’aventure de l’adolescent prend une tournure nationale et c’est une foule qui le guette et l’attend quelques jours plus tard sur les plages de Camargue. Belle histoire un peu féerique étant donné l’âge de l’ado, mais que l’on se plaît à croire tant elle est bien contée et nous offre un panel de beaux sentiments et de belles images : le sauvetage des oiseaux et la réconciliation de ses parents. Oui, un film qui nous donne des ailes pour envisager des lendemains moins embrumés…  

 

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DONNE-MOI DES AILES de NICOLAS VANIER
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  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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