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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:49

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Le 14e édition du Festival du film asiatique de Deauville, qui s'était tenue du 7 au 11 mars 2012, avait honoré cette année-là Kiyoshi Kurosawa, après Lee Chang-dong  en 2009, Mendoza en 2010 et Kim Jee-woon en 2011. Kiyoshi Kurosawa, né à Kobé en 1955, à ne pas confondre avec son homonyme Akira Kurosawa,fait partie de la nouvelle vague des cinéastes japonais découverts dans les années quatre-vingt-dix. Durant son enfance, il sera influencé par Godzilla et les films de Don Siegel, Sam Peckinpah, Richard Fleischer ou Robert Aldrich qu’il découvre avec son père. Au lycée, préférant sécher les cours, ce sera Fellini, Oshima et Godard. Inspiré par le style et les préoccupations d'Oshima, il tente de l'imiter dans son premier court-métrage et pose la question de l'affrontement entre professeurs et élèves. A la suite de l'accueil glacial qu'il reçoit de la part de ses proches, Kiyoshi Kurosawa part étudier la sociologie à l'université mais vite désintéressé de ces études, il se dirige  vers le cinéma en suivant les cours de Shiguehiko Hasumi qui ne font que confirmer ses pressentiments. Après une courte période à rédiger des critiques et à produire quelques films en super 8, il est assistant sur des films commerciaux puis se décide à devenir réalisateur. Ses deux premiers films, Kandagawa Wars (1983) et The Excitement of the do-re-mi-fa girl (1985), sont des pinkyu-eiga (film érotique) godardiens et cinéphiles, des délires ludo-érotiques situés entre les expérimentations de Shuji Terayama et La chinoise. Sept ans plus tard, il réalise son premier film abouti The Guard From the Underground  (1992) inspiré du giallo de Bava et Argento. Suivra la série Suit Yourself Shoot Yourself  (1996) dont le dernier opus sera une variation pornographique du film Les proies (1971) de Siegel. En 1997, après The Revenge (entre série B et essai de distanciation),  il tourne Cure dont l’histoire de serial killer hypnotiseur lui ouvre les portes de l’Occident. Après Serpent's path et The Eyes of the Spider  (1998), sur le thème de la vengeance, il réalise Licence to Live (1998), son premier film hors genre. En 1999 suivent Vaine Illusion et l’étrange Charisma, entre conte philosophique et farce absurde. Puis, Séance (2000) et Kaïro (2001), des films de fantômes remarqués pour leur ambition théorique. Depuis Kurosawa s’est spécialisé dans ce genre avec des succès inégaux (Jelly Fish, Doppelganger, Loft ) qui ont fait baisser sa côte de popularité en Occident. Jusqu'à Tokyo Sonata (2009), très beau portrait de famille qui lui vaut le Prix spécial du jury à Cannes.

 

Le cinéma original et interrogatif de Kiyoshi Kurosawa est de proposer des méditations ouvertes, au sein desquelles chacun peut frayer le chemin de ses propres réflexions. Il s'agit avec Charisma, par exemple, d'une réflexion philosophique aux enjeux métaphysiques et politiques, qu'il appartient à chaque spectateur d'investir à son gré. Je me permettrai toutefois d'attirer l'attention sur une des approches possibles, qui font que l'arbre puis l'homme qui s'appellent Charisma dans le film incarnent les multiples formes de la tension entre l'exigence collective et la revendication individuelle. Si bien qu'au début du film, placé sous l'empire d'un autre genre cinématographique, le polar, est affichée une étrange revendication « Il faut rétablir les règles du monde ». La grande force de "Charisma" est de mettre en évidence de manière dramatique comment ces règles ont été trahies et comment l'homme, livrée à la solitude de sa conscience, ne trouve d'issue ni dans la nature, ni dans la société. Cette ambivalence féconde, qui met en cause tous les grands systèmes binaires, concerne en particulier son rapport aux autres, l'opposition culture/nature, au point que l'on parvient à douter du caractère  "naturel"  de la nature et que l'on se prend à se demander alors ce que peut ou doit  être une attitude civilisée et ce que l'homme est en mesure de faire en tant qu'individu. Cette destructuration va permettre de parvenir à un point incontournable où chaque personnage finit par expliquer, et sans doute par croire, que tous les autres sont fous et que l'être n'est pas davantage capable de sauver la nature que la nature ne l'est de le sauver et de se sauver elle-même. Ce qui a pour conséquence de placer le spectateur dans une posture d'incertitude qui a quelque chose d'inconfortable, mais aussi de stimulant. Cette ambivalence, cette réversibilité de la référence raisonnable est une aubaine pour un cinéaste moderne, qui travaille sur la mise en question de la logique dramatique et sur ce que peut signifier "le destin". Un tel univers permet de rendre imprévisible le plan suivant, d'aborder de manière parfois effrayante et presque toujours onirique et incroyablement brutale et cruelle le comportement de chacun des protagonistes. C'est une formidable liberté bien qu'elle soit dangereuse, comme toute vraie liberté. Il faut donc un grand artiste pour en user afin que son œuvre ne devienne pas illisible ou incohérente.  Par ailleurs, il y a dans ce film un mystère que Kiyoshi Kurosawa  travaille avec des moyens visuels simples et parfois obscurs aux non initiés. Il n'est pas facile de se frayer un chemin dans ce narratif où, à tout moment, intervient une solution contradictoire. Mais la tentative est intéressante et le film a le mérite d'introduire le questionnement à défaut de proposer des solutions. Ainsi la peur, l'angoisse sont-elles les caractéristiques de l'oeuvre de Kiyoshi Kurosawa. Il ose s'affronter à des sujets effrayants, des tueurs en série, des hommes dotés de pouvoirs hypnotiques, d'employés atteints de parasites inguérissables qui les transforment en zombies, de kidnappeurs ou d'adolescents enclins au suicide ; oui, les cas les pires animent ses divers films avec un âpre réalisme. C'est en quelque sorte la puissance du négatif, le spectre d'une contamination inexorable qui frappe aussi bien l'homme, condamné à détruire son proche, que la nature produisant ses propres poisons pour mieux s'annihiler elle-même. Visiblement hanté par la bombe d'Hiroshima, le cinéaste considère le Japon comme un monde désertifié, frappé à tout jamais par les traumatismes de son Histoire. Si bien que dans la solitude urbaine, aussi bien que dans l'ennui rural, en l'absence de toute transcendance, la silhouette humaine se voit condamnée à devenir spectre, fantôme, ombre et, ayant perdu jusqu'à sa propre trace, à s'effacer progressivement. En définitive, un cinéma du doute et de la désespérance, une forme de perte d'humanité qui hante le monde moderne.

 

Avec son avant-dernier film en deux volets "Shokuzai", présenté en 2013 et en avant-première à Deauville, le réalisateur nous proposait un monde tout aussi éprouvant mais avec une approche plus classique, très élégante même, un raffinement tout en demi-teinte et fardé d'une subtile poésie et d'une vraie finesse psychologique à défaut d'une réelle espérance. Le dernier d'entre eux, "Réal", en avant-première à Deauville pour le 16e Festival du film asiatique 2014, a été projeté en présence du metteur en scène et ne déroge nullement à ses thèmes non-conformistes et à son souci des explorations hors des sentiers battus. Cette fois, Kurosawa nous entraîne dans l'inconscient d'une jeune femme, victime d'un coma prolongé, mais nous déroute aussitôt sur une autre voie qui nous interpelle différemment : en définitive du couple d'amoureux lequel est la victime de l'autre et qui se méprend le plus sur la réalité de leur existence conjugale ? Ainsi, comme à son habitude, le réalisateur japonais prend-t-il un chemin de traverse pour susciter notre surprise et notre interrogation à travers les volutes et méandres de l'esprit, où le réel et l'irréel, le vrai et le supposé se confondent, nous conviant à une aventure métaphysique et onirique surprenante et d'une indéniable efficacité.

 

Pour prendre connaissance du dernier film du réalisateur, cliquer sur son  titre :

 

SHOKUZAI ( PENITENCE ) de KIYOSHI KUROSAWA

 

Et pour consulter la liste de la rubrique REALISATEURS du 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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images-copie-3.jpg  penance japan 2012 -40633

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 11:24
REAL de KIYOSHI KUROSAWA

 

Atsumi (Haruka Ayase) est une jeune et jolie dessinatrice de mangas. Mais, depuis un an, elle est dans le coma après avoir tenté de se suicider. Pour trouver une explication à son geste, son petit ami, Koichi (Takeru Sato), rejoint un programme censé lui permettre de pénétrer dans l'inconscient de la jeune femme. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ? Kurosawa nous invite à un curieux voyage dans le temps et l’inconscient qui, mieux que le conscient, enregistre non le réel supposé mais l'illusoire, l'inexistant, le virtuel, soit notre propre recréation ou, plus précisément, notre propre transposition du monde et de la vie. L’eau omniprésente nous rappelle la profonde réflexion du philosophe Gaston Bachelard dans « L’eau et les rêves » : L’être voué à l’eau est un être en vertige, il meurt à chaque minute. Oui, l’eau fait tour à tour mourir et renaître et c’est ce qui arrive à Koichi, victime de sa mémoire mais aussi de ses rêves, au point qu’il touche tour à tour au fini et à l’infini, à la mort et à la résurrection. C’est au pays d’enfance que le couple se retrouve en pensée, sur une île aujourd’hui déserte, autrefois paradisiaque, que la réalité brutale des hommes a transformée en un enfer surréaliste.

 

Film de science-fiction mais d’une science-fiction intime et interrogative sur nos propres dérives mémorielles qui n’est pas sans rappeler L’aventure de Mme Muir de Joseph Mankiewisz, davantage que Inception de Christopher Nolan dont le discours onirique restait en surface, Kurosawa ouvre des pistes en faisant dialoguer le visible et l’invisible, le réel et le fantasmé avec une rigueur d’une rare intelligence. Familier de l’étrange et du surgissement inquiétant de l’inconnu, Real nous immerge au cœur de cette hantise à travers le dialogue d’un jeune couple dont l’un des deux est dans un coma profond, mais lequel plus que l’autre ? Car le coma semble ici être un refuge, peut-être davantage une voie pour déchiffrer l’incompréhensible, le subjectif, la face cachée des choses et un lieu prédestiné où l’être prend sa vraie mesure et où l’existence se déploie dans sa véritable dimension. Enfin, la faute originelle et la quête du rachat prennent une importance obsédante. C’était déjà le cas avec Shokuzai, ce l’est avec Real qui nous déconnecte du réel pour nous entrainer dans les méandres surprenants, fascinants du cerveau et de ses incroyables fantasmagories.

 

Voilà une œuvre marquante qui sait émouvoir et questionner sur la part chimérique de chaque vie. C’est par ailleurs l’œuvre d’un visionnaire qui met en perspective la responsabilité des hommes en proie à une angoissante manipulation de la matière et des forces nucléaires représentées par un monstre préhistorique surgissant de l’eau, miroir du temps, comme si le présent mordait la queue du passé, incarnation de notre évidente culpabilité. Oui, un grand film. Décidément l’audace et la nouveauté nous viennent de l’Est.

 

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REAL de KIYOSHI KUROSAWA
REAL de KIYOSHI KUROSAWA
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 09:46
UN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLS

En famille, il arrive que l’on se soutienne, il arrive aussi que l’on se déchire à belles dents et avec une voracité d’où le cynisme n’est pas exclu. Suite à la disparition de leur père, un professeur, poète à ses heures, qui a choisi de se suicider à bord d’une barque au milieu d’un lac, les trois filles Weston se retrouvent, après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…et avec quelle violence !

 

Ce huis-clos tragique et loufoque inspiré de la pièce de Tracy Letts n’est pas sans nous évoquer des œuvres comme Cris et chuchotements ou Sonate d’automne du cinéaste Ingmar Bergman et, plus récemment,  Carnage de Roman Polanski où les affrontements donnaient lieu à des scènes quasi tragiques. Chacun des personnages s’avançait cuirassé de haines et de faiblesses et se livrait à des dialogues d’une rare virulence et à des scènes de détresse, dès lors que le dévoilement mettait chacun d’eux en danger.

 

Ici, il s’agit principalement d’une mère et de ses trois filles confrontées en même temps à leur passé et à leur présent dans une ambiance de deuil qui exaspère les sentiments, ce, sur fond de frictions générationnelles. Car les parents ont eu un départ difficile, ont  obtenu ce qu’ils possèdent à la force du poignet, tandis que leurs filles, élevées dans la facilité, ont reçu nécessaire et superflu sans avoir à combattre. D’où les rancoeurs accumulées chez la mère et l’inconscience et la débonnaire insouciance des filles dont les seuls soucis sont ceux qu’elles se créent elles-mêmes. Cette comédie dramatique, fort bien orchestrée par John Wells, est un véritable règlement de compte accentué par l’amertume d’une mère droguée, en proie à un cancer de la langue, ce qui est un clin d’œil à ce que la langue peut avoir de pervers et de redoutable. Cette femme aigrie en veut également à une société qui s’autodétruit, à un monde où les adultes n’ont plus aucune conscience morale, où les enfants sont trop livrés à eux-mêmes et où chacun, ne pensant qu’à soi, s’isole dans son égocentrisme. A travers cette famille, c’est l’Amérique qui nous livre ses tourments, une société déstructurée qui se flagelle avec une sorte de complaisance paranoïaque et une efficacité redoutable, faisant de nous des témoins consentants, car les problèmes de l’Amérique ne sont-ils pas les nôtres ?

 

Ce lavage de linge sale est également un grand moment de théâtre, plus encore que de cinéma – c’est décidément à la mode que le théâtre s’invite à l’écran – mettant en scène un quatuor d’actrices magnifiques  avec en tête Meryl Streep, admirable dans un rôle où elle ose tout, face à une Julie Roberts étonnante, loin des comédies sentimentales qui ont fait sa réputation, sans oublier Juliette Lewis en jeune femme évaporée et Julianne Nicholson en femme sans caractère, fragile et désarmée. Ces actrices portent l’opus avec panache et leurs rivalités, l’ordonnance ou la dés-ordonnance de leurs natures font tout l’intérêt de ces duels successifs où personne ne finit par l’emporter, sinon la désillusion et le cynisme. Famille, je vous hais est sous-jacent tout au long de la projection, d’autant que le secours ne viendra que du dehors, la beauté silencieuse de la nature pour  Alexandra, l’aînée des filles, et les bras secourables de l’employée de maison indienne, soit l’étrangère, pour Violet, la mère. Pour les autres ce sera la fuite et sans doute l’oubli. Un film grinçant où tout s’oppose, même l’amour. Mais il y a les oiseaux en escadrille dans le lointain et la lumière qui filtre à travers les rideaux. Il arrive que l'on fasse sa vie avec ce qui vous manque.

 

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UN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLSUN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLS
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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 18:30
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:49
LES CHIENS ERRANTS de TSAI MING-LIANG

 

Un père Hsiao-kang et ses deux enfants vivent en marge de Taipei, entre les bois et les rivières de la banlieue et les rues pluvieuses de la capitale. Le jour, le père gagne chichement sa vie en faisant l’homme sandwich pour des appartements de luxe pendant que son fils et sa fille hantent les centres commerciaux à la recherche d’échantillons gratuits de nourriture. Tous trois, depuis la disparition de la mère, connaissent la plus grande précarité, couchant dans un immeuble abandonné, sur des matelas posés à même le sol et obligés d’aller se laver dans les toilettes publiques. Une femme, vendeuse dans une grande surface, qui donne à manger aux chiens errants du quartier, va apporter un peu de tendresse maternelle et de nourriture aux enfants et adoucir leur errance morale et physique dans ce milieu urbain où le rythme de vie est devenu infernal et où l’existence quotidienne ne cesse pas de se déshumaniser.

 

Sur ce scénario ramassé, le cinéaste taïwanais Tsai Ming-liang a composé une sorte de sublime et déchirant oratorio de la misère et de la solitude, une symphonie poignante de pluie et de larmes qui vous bouleverse et vous hante des heures durant. Il parvient, malgré cette désespérance cousue à petits points et à larges plans, à produire un film d’une beauté tragique, quasi apocalyptique, qui m’est apparu comme une œuvre testament, peu bavarde, un résumé superbe de l’imagerie cinématographique lorsqu’elle atteint ce degré de sensibilité et d’émotion. Lors des dernières séquences, l’art du cinéaste se résume en quelque sorte, mêlant peinture, musique, détresse humaine et interrogation dernière sur le sens de la vie, sur la tragédie perpétuelle qu’elle inspire, sur les regards qui se croisent et se séparent, sur la douleur infinie, sur la cacophonie d’un monde devenu sourd comme si nous apparaissaient soudain juste au moment de disparaître le premier Adam et la première Eve au cœur d’un désert minéral et en face d’une fresque qui exprime l’ultime image fantasmée de l’art et des hommes.

 

Difficile de parler des acteurs tellement le film les a pris sur le vif, tant les personnages semblent saisis à leur insu dans leur quotidien, tant ils sont naturels et vrais. Bien entendu, on ne peut oublier de mentionner la prestation de l’acteur fétiche du réalisateur Lee Kang-sheng que les spectateurs ont vu grandir et vieillir avec lui, son alter ego comme le fut Antoine Doisnel pour Truffaut, plus émouvant que jamais dans ce rôle où il perd peu à peu son humanité, s’abime dans la solitude et le désarroi. Son regard ne risque pas de s’effacer de nos mémoires car il exprime la grande peine des êtres en marge d’un univers urbanisé à l’extrême, au point que la campagne n’est plus qu’un désolant bourbier, un jardin d'Eden déserté à tout jamais sous des pluies torrentielles. 

 

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LES CHIENS ERRANTS de TSAI MING-LIANG
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 10:51
L'HOMME DES HAUTES PLAINES de CLINT EASTWOOD

                  

Venu de nulle part, un cavalier taciturne surgit dans le petit village de Lago en plein désert et découvre une population terrorisée par la prochaine sortie de prison de trois hors-la-loi. L'étranger, qui a abattu dès son arrivée trois hommes qui l'avaient provoqué, est aussitôt engagé pour défendre la ville. En échange de cette collaboration, il pourra demander tout ce qu'il souhaite, rien ne lui sera refusé.

 

Avec L'homme des hautes plaines (1972), son second film, Clint Eastwood  payait sa dette envers Sergio Leone qui l'avait tiré de l'anonymat en le faisant tourner dans un chef-d'oeuvre : Le bon, la brute et le truand. En effet, cet homme, tireur d'élite, qui débarque à Lago sombre et mal rasé, ressemble au personnage, qu'en tant qu'acteur, Clint interpréta sous la direction du metteur en scène italien. Mais la ressemblance s'arrête là, car Eastwood, avec ce premier western, fait oeuvre d'auteur. Revisitant à sa manière un thème classique, celui d'une ville écrasée par la peur et la couardise (on pense bien sûr au film  Le train sifflera trois fois), il nous fait passer de l'autre côté du miroir. Chez lui point d'héroïsme et de bons sentiments, on ne tire pas son mouchoir face à une réalité aussi froide et cynique. L'homme est un loup pour l'homme, aussi dans la lutte pour le pouvoir est-ce toujours le plus habile et le plus cruel qui emporte la mise. Nous sommes en plein coeur d'un jeu terrifiant où il n'y a aucune place pour une quelconque mansuétude. Violent, et néanmoins captivant, le film est admirablement joué par un Clint Eastwood obsédant et impénétrable, mis en scène par le même Eastwood avec rigueur et concision, qualités qui ne lui feront jamais défaut dans ses autres réalisations.

 

Ne parvenant pas à pardonner la médiocrité ambiante qui règne dans cette ville, l'étranger force les habitants à repeindre leur cité en rouge et nomme shérif le nain dont ils avaient fait leur souffre-douleur, ce qui prête à ce long métrage une atmosphère à la fois crépusculaire et fantastique, avec une touche de surréalisme très envoûtante. D'autant que Eastwood se plaît à laisser planer le doute sur l'identité de son cavalier. Est-il le propre frère du shérif Duncan, qui avait été assassiné par les trois bandits sous les yeux complices et apeurés des habitants, et qui revient se venger d'eux ? Est-ce l'ange de la mort lui-même venu à Lago pour rappeler à chacun sa responsabilité dans le meurtre ? Le mystère demeure. Mais il est vrai que l'arrivée de l'étranger bouleverse les habitudes de cette cité dont la population n'est composée que d'adultes - on ne voit pas d'enfants - liés entre eux par le secret d'une responsabilité criminelle collective. Aussi l'étranger prend-t-il plaisir, à la façon de l'ange exterminateur, à les humilier en les méprisant, en les obligeant à reconnaître pour shérif un être disgracié et à leur faire repeindre en rouge leurs propres maisons, rebaptisant la ville du nom de " Hell " qui signifie " Enfer ". Puis, après avoir tué ses adversaires par le fouet, la corde ou l'arme à feu, il repart comme il était venu dans un anonymat troublant, non sans avoir donné au shérif Duncan une sépulture décente dans le cimetière de Lago.


                  

Jouant des atouts d'une mise en scène flamboyante ( entre autre l'incendie final d'une partie de la ville ), d'une photographie splendide due à l'objectif de Bruce Surtees et d'une musique inspirée de celle d'Ennio Morricone, Eastwood ne se prive pas de manier à l'envi l'humour et la dérision et nous conte avec virtuosité l'histoire de cet homme seul, trahi par une ville impuissante mais faisant face, à la façon d'une parabole inscrite en rouge sang.

 

Pour lire l'article consacré à Clint Eastwood, cliquer  sur son titre :   

 

CLINT EASTWOOD - PORTRAIT

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont les oeuvres de Eastwood, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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L'HOMME DES HAUTES PLAINES de CLINT EASTWOOD
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 10:45
MONSTERZ de HIDEO NAKATA

 

Hideo Nakata, étudiant en journalisme et en sciences, est devenu l'un des cinéastes emblématiques d'une époque, lorsqu’en 1998, il décide d'adapter sur grand écran le best-seller de son compatriote Koji Suzuki. Et ainsi de réhabiliter les histoires de fantômes vengeurs, en vogue dans les années 1950 : Ring et Ring 2 racontent une malédiction transmise par le biais d'une cassette vidéo qui avaient provoqué un électrochoc. Hideo Nakata imprime sa patte, occultant la violence explicite au profit de l'épouvante sophistiquée et élégante, toujours ancrée dans une réalité sociale. Sa carrière est lancée, bientôt jalonnée de suites et de remakes à Hollywood. En 2002, le chef de file de la nouvelle vague nippone signe son chef-d'œuvre, «Dark Water», qui associe la terreur psychologique à la claustrophobie.

 

"Ma fille de 5 ans ne verra pas mes films avant longtemps. [Rires.] Je suis arrivé dans le fantastique par accident. À présent, c'est mon devoir de faire de mon mieux pour effrayer le public. « Monsterz » est un thriller surnaturel dans lequel un génie du mal contrôle l'esprit des personnes qui se trouvent dans son champ de vision. Il croise le chemin d'un homme sur lequel son pouvoir n'a aucun effet. Rêverait-il d'un tel don ? Pas du tout, même si j'admets que cela pourrait faire gagner du temps d'avoir le contrôle total sur un tournage ! J'ai trop besoin d'échanger des idées avec mon équipe, sinon je m'ennuie. Je n'ai pas l'âme d'un dictateur."

 

Le scénario de Monsterz nous montre un homme (Tatsuya Fujiwara) en proie à ses propres maléfices et confronté, pour la première fois de sa vie, à un partenaire que n’atteint nullement son pouvoir de manipulateur. Cet homme du nom de Shuichi Tanaka (Takayuki Yamada) voudrait aider les hommes, car il se sent terriblement culpabilisé par la mort de son jeune frère, qu’il s’était promis de protéger, survenue lors d’un accident de voiture où il était présent à ses côtés. Lui-même, sans bien le savoir, possède des dons étranges, dont celui de guérir presque instantanément de ses graves blessures. Les deux hommes vont s’affronter à maintes reprises, se poursuivre, se provoquer, l’un voulant faire disparaître son rival, l’autre s’employant à le sauver. Cela donnera lieu à des combats d’une extrême violence, à des scènes souvent réussies, car la mise en scène est maîtrisée, mais plombée à plusieurs reprises par des longueurs et des répétitions inutiles. La question posée est la suivante : jusqu’où risque de nous conduire la manipulation des foules, de même que la robotisation et surtout la manipulation génétique ? Il semble que les asiatiques soient sensibles à l’évolution inquiétante de notre société et qu’ils s’interrogent. D’où l’intérêt de cet opus, non dénué de défauts, mais dont le mérite est de nous mettre en interrogation sur l’avenir de notre planète et de notre humanité, surtout lors d’une scène où l’homme-monstre ou l’homme-robot verse une larme parce que l’humanité, qui l’ignore, n’a pas été en mesure de l’humaniser en lui donnant un nom.

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 11:23
NO MAN'S LAND de NING HAO

 

Le 16 ème Festival du film asiatique de Deauville a ouvert ce mercredi 5 mars 2014 par la projection d’un film déjà en compétition au dernier Festival de Berlin. Celui-ci se présente comme un road movie détonnant dont l’action se situe dans la Chine occidentale, à mille lieux de toute vie humaine, ce qui intensifie l’effet de solitude extrême et de dépersonnalisation. L’auteur est le cinéaste chinois Ning Hao, déjà connu pour ses cinq films précédents dont Mongolian Ping Pong qui sera présenté en 2005 dans la section forum du Festival de Berlin. L’année suivante, son film Crazy Stone, une comédie à petit budget, recueillera à la fois l’adhésion de la critique et du public. Son dernier opus No Man’s land est une œuvre violente mais remarquablement bien rythmée et interprétée dans des tons sablés qui se marient fort bien avec les étendues de désert et où, seule, le rouge de la voiture et le sang des victimes donnent sa note tout aussi intense que tranchante.

 

L’histoire raconte la course poursuite d’un avocat Xiao Pan et de celui qu’il a fait innocenter par le tribunal, un certain Big Boss. Ce dernier lui en veut visiblement, peut-être parce qu’il pense que l’avocat conserve à son égard de sérieux soupçons. Au volant de la voiture que Big Boss lui a donné à regret en guise d’émoluments, Xiao Pan prend alors la direction de la seule autoroute qui traverse cette région totalement isolée et coupée du monde des vivants pour rejoindre le tribunal où il exerce habituellement et où il doit être reçu avec les égards qu’il mérite pour être parvenu à sauver la tête d’un suspect. Mais Big Boss ne va pas tarder à se lancer à sa poursuite avec l’aide d’hommes de main afin de récupérer sa voiture, si bien que ce road movie va devenir une véritable chasse à l’homme et bientôt à la femme que l’avocat a retrouvée dans son coffre de voiture et qui, elle, tente d’échapper à son tortionnaire. Ce parcours sera l’occasion de règlements de compte particulièrement cruels entre des hommes que leur extrême solitude et la corruption ont rendu enragés. On découvre parmi eux la fille de joie attachante que sa famille a vendue à un homme sans foi ni loi, des personnages pathétiques et d’une cruauté sans nom, animés par l’envie et la haine et, ce, dans un décor aride et impitoyable qui fait de chacun d’eux le prisonnier de l’espace et de ses pulsions les plus primaires. Si bien que cette suite de bastonnades perpétrées par un monde de salauds n’est pas sans rappeler certaines scènes des grands westerns de jadis.

 

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NO MAN'S LAND de NING HAO
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 09:36
LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN

Calvero est un vieux clown solitaire. Ses spectacles n'ont plus de succès depuis longtemps, si bien qu'il ne sait plus quel sens donner à sa vie, lui qui a fait des représentations dans les plus fameuses salles du pays. Sa vie change quand il rencontre une jeune danseuse (Claire Bloom) qui a tenté de se suicider parce qu'elle ne peut plus danser. Il lui redonnera goût à la vie et en tombera éperdument amoureux, enfin il l’aidera à reprendre la danse et les spectacles avant de se retirer dans l’ombre pour y mourir. Limelight (Les feux de la rampe) aurait pu être le dernier film de Charles Chaplin mais le réalisateur en a encore tourné deux autres ensuite. Néanmoins celui-ci, sorti en 1952, sonne comme son testament. "A la fin, ce n’est pas Cravero qui est en train de mourir, mais Chaplin" - remarquait Bernardo Bertolucci. Et triple testament si l’on considère celui du clown, Cravero, dont le nom suffisait jadis à remplir les salles et qui doit aujourd’hui en changer pour décrocher de maigres contrats, puis d’un réalisateur, Chaplin, blessé par l’échec public de son film précédent Monsieur Verdoux loin du temps de Cravero et de Charlot et, enfin, celui d’un homme qui reconstitue en studio le Londres de son enfance et fait jouer sa famille pour travailler dans un contexte plus affectif. Car l’époque était rude pour Chaplin, victime plus que jamais de l’anticommunisme des Etats-Unis. La première de Limelight aura lieu à Londres et l’artiste sera fêté en héros national. L’émotion que dégage ce film est immense, bien que le public d’alors ne lui ait pas fait l’accueil qu’il méritait, à l’exception des Londoniens, ayant sans doute de la difficulté à reconsidérer Charlot en tant qu’acteur du parlant et non plus en mime comme autrefois, bien que cet opus ne soit pas bavard et que Chaplin s’exprime toujours en homme du silence par l’intensité de ses expressions et de sa gestuelle. A ses côtés, Claire Bloom est délicieuse de fraîcheur, danseuse délicate que Cravero caresse de son regard émerveillé. Leur duo fonctionne parfaitement et il de dégage de leurs personnages une tristesse poignante : celle du vieux clown arrivé au bout de son parcours et celle de cette jeunesse danseuse qui ne croit pas en sa bonne étoile et redoute les impitoyables feux de la rampe.

 

En grande partie autobiographique (le personnage de la jeune danseuse que sauve Cravero est notamment inspiré par sa mère Hannah et son premier amour), le film porte en lui une vision douloureuse de l’art de la scène, de même qu’une grande tendresse. Chaplin émeut, bouleverse, en rajoute peut-être trop par moments dans les sanglots et la morale, fait rire aussi, comme Cravero qui revit le temps d’une soirée de gala, durant laquelle son cœur fatigué s’éteindra, un raccourci de sa vie de clown burlesque et romantique. L’acteur, qui lui fait face ce soir-là, a été lui aussi une vedette du spectacle et son nom a également disparu des affiches : Buster Keaton. Pas de doute, Les feux de la rampe est bien, comme le souligne Bertolucci, "la recherche du temps perdu de Charles Chaplin".

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 10:07
LA FUREUR DE VIVRE de NICHOLAS RAY

Après avoir emménagé avec sa famille à Los Angeles, le jeune Jim Stark (James Dean), 17 ans, s'inscrit à Dawson High School. Un soir, il est amené au poste de police pour ivresse sur la voie publique. Lorsque ses parents arrivent pour le récupérer, la situation familiale de Jim se révèle extrêmement conflictuelle. Son père (Jim Backus) essaye de le défendre, alors que sa mère, une femme autoritaire, entend imposer à son fils une éducation basée sur ses principes. Jim se sent non seulement incompris mais souffre de l'absence de force morale de son père face à une épouse dominante, ce qui provoque en lui un profond mal-être. Tout en essayant de s'intégrer au mieux parmi les étudiants de son nouveau lycée, Jim est impliqué dans une dispute avec Buzz Gunderson, chef de la bande qui fait la loi au sein de l’établissement. Alors qu'il tente de faire face à Buzz  (Corey Allen), il devient ami avec un garçon de 15 ans, John, surnommé Platon (Sal Mineo), qui était également au poste de police lors de la première scène. Après une visite au Planétarium où les jeunes gens assistent à un discours sur la fin de l'univers, Buzz défie Jim dans un combat au couteau dans lequel ils sont blessés tous les deux. Jim obtient cependant la considération de Buzz, qui lui propose de se mesurer à lui dans une course de voiture durant laquelle Buzz perdra la vie. Jim, paniqué et menacé par les comparses de Buzz, tente de chercher de l'aide auprès de la police, sans succès. Trouvant du réconfort auprès de Judy ( Natalie Wood ), ex-petite amie de Buzz, ils s’enfuient ensemble et se réfugient dans une vieille maison abandonnée, où ils sont bientôt rejoints par Platon. Mais lorsque les amis de Buzz les retrouvent, Platon leur tire dessus avec une arme dérobée à sa mère et disparait.


 

Retranché dans l'Observatoire, Platon se laisse convaincre par Jim et Judy de se rendre à la police, qui l'attend à l'extérieur. C’est au moment où il sort enfin de l'observatoire, qu’il est abattu par un agent de police. Les parents de Jim croient d'abord qu'il s'agit de leur fils, puisque ce dernier a prêté sa veste à Platon, mais ils retrouvent finalement Jim sain et sauf, en compagnie de Judy. Le film s'achève sur la promesse du père de retrouver son autorité paternelle, et la présentation de Judy à la famille Stark. Il est certain que ce film a fait date. On voit traité à l’écran, pour la première fois, la révolte d’une jeunesse contre l’autorité et l’établissement, de même qu’une violence larvée qui explose au grand dam de familles maladroites complètement dépassées par les événements. La fureur de vivre, film sorti en 1955, établit une sorte de frontière entre le classicisme de l’âge d’or hollywoodien et la modernité. Avec Géant et A l’est d’Eden, James Dean s’impose une fois encore dans une oeuvre culte et prouve son incroyable présence à l’écran et son charisme qui ont fait de lui une icône du 7e Art, insufflant au personnage de Jim sa force et sa détresse, ayant eu lui-même une enfance difficile. A ses côtés, la ravissante Natalie Wood qui, à l’époque jouissait déjà d’une incontestable notoriété, reste trop effacée et ne parvient pas à imposer son personnage de jeune fille libérée avec suffisamment conviction.

 

Dans ce récit solidement construit, où l’on voit une jeunesse fauchée dans sa fleur et une maturité à jamais blessée, nous assistons aux efforts tragiques que déploie un être marginalisé pour renouer avec la communauté qui l’a exclu. Ce thème était cher au cinéaste Nicholas Ray qui l’a repris dans Derrière le miroir, mais en sens inverse, puisque le malaise n’est plus celui d’un fils mais d’un père, au cœur d’une même quiétude urbaine, quiétude envisagée dès lors comme un enfer. Dès la première scène, nous sommes dans l’ambiance métaphorique : nous découvrons un adolescent recroquevillé sur le bitume dans une position fœtale, tenant un jouet contre lui, image signifiante de son refus de grandir, alors que la musique sombre de Leonard Rosenman souligne cette mélancolie poignante. Cet opus reste l’une des grandes réussites de Nicholas Ray, cinéaste controversé et surtout inégal dans sa production, capable, néanmoins, comme c’est ici le cas, de fulgurances  bouleversantes.

 

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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