Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 08:40
PORTRAIT DE FEMME de JANE CAMPION

En 1872, Isabel Archer, une jeune Américaine, va rendre visite à ses cousins anglais, les Touchett. Elle les surprend par sa liberté de ton et, surtout, par son esprit  indépendant. C'est ainsi qu'elle refuse successivement les propositions de mariage pourtant financièrement fort avantageuses de lord Warburton et de Caspar Goodwood, un richissime admirateur qui a traversé l'Atlantique pour déposer son amour et sa fortune à ses pieds. Isabel a d'autres centres d'intérêt. Elle ne comprend pas très bien Serena Merle, une belle compatriote qu'elle a rencontrée chez monsieur Touchett, mais tombe sous le charme de sa grâce et de son élégance. A la mort de monsieur Touchett, le fils du défunt, Ralph, a soin de léguer à Isabel une confortable rente...Devenue riche, la jeune femme commence par voyager afin de mettre un peu d’ordre, croit-elle, dans son esprit exigeant, épris d’indépendance, mais se fourvoyer gravement, dès son retour, en cédant aux avances d’un dilettante peu soucieux d’éthique amoureuse qui ne l’épousera que pour sa fortune et surtout pour que celle-ci revienne plus tard à sa fille Pansy, qu’il a eue de sa longue liaison avec Serena Merle.

 

Histoire d’une vie ratée, Portrait de femme (1996) est une jolie variation sur les méprises de l’intelligence et des sentiments, en un narratif un peu longuet qui, malgré sa subtilité, ne parvient pas à convaincre pleinement.  Sans doute parce que le personnage de Osmond, interprété par  John Malkovitch, très peu convaincant et aussi peu habité que possible, détruit passablement  cette composition centrée autour d’une femme qui ne cesse de se refuser et finit par devenir la prisonnière de sa propre défiance. Manœuvrée par un  mari sans scrupules qui se joue d’elle, Isabel est aveuglée par une coupable indifférence et se mure dans une froideur et une fierté blessée qui n’arrangent en rien son existence. Malheureusement, il manque à cette étude féminine, librement inspirée d’une œuvre de Henry James, une approche plus réaliste du quotidien, l’opus se plaisant à rester dans le registre d’une esthétique rigoureuse et savamment orchestrée, grâce à une mise en scène somptueuse et une  reconstitution sublime de la fin du XIXe siècle. Jane Campion, ayant un goût prononcé pour tout ce qui touche aux objets, aux toilettes, aux jardins, à  la campagne, aux bouquets de fleurs, travaille davantage en peintre qu'en réalisatrice. De plus, la musique est toujours un enchantement, si bien que ce  film, malgré ses faiblesses, se laisse regarder avec plaisir, tant il est esthétiquement beau.

 

J’ai déjà dit ce que je pensais de l’interprétation décevante de John Malkovitch dans le personnage égoïste et dominateur de Osmond qui n’est pas loin de celui qu’il campait dans  Les liaisons dangereuses, mais alors avec quel panache, tandis que les femmes sont magnifiques. En premier lieu Nicole Kidman, belle, distante, tourmentée, figée dans une solitude et un enfermement volontaire qui la coupent du monde extérieur, face à une Serena Merle jouée par la belle Barbara Hershey, maillon fort de ce trio et manœuvrière dépassée par ses propres intrigues, donnant la réplique à son âme damnée Gilbert Osmond. A travers de longues pages de silence, Jane Campion nous invite à introduire notre propre interprétation des faits. Elle n’impose rien, elle se contente de dévoiler, de suggérer, de placer ses personnages dans une dualité permanente, nous incitant à entrer dans le mystère de leur conscience et de leurs sentiments.  Le personnage de Ralph (Martin Donovan), le cousin d’Isabel, qui se meurt lentement de phtisie, est la note la plus touchante de cet opus qui souffre d’un scénario un peu trop éthéré.

 

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Jane Campion, cliquer sur son titre :

 

JANE CAMPION, UN CINEMA AU FEMININ

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :
 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

PORTRAIT DE FEMME de JANE CAMPION
Partager cet article
Repost0
24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 10:05

a8s81cldq1wdc1d8.jpg    

                                               

Avec "Gilda", elle est devenue du jour au lendemain la femme fatale par excellence, l'atomic Gilda, la briseuse de coeur, la rousse au pouvoir d'attraction irrésistible avec un côté sombre exploité par la pellicule qui n'avait d'autre objectif que de l'entourer d'une aura de mystère et de diaboliser sa troublante sensualité. En effet, "Gilda" de Charles Vidor, qui sort sur les écrans à la fin de la guerre, dégage un érotisme brûlant qui atteint son paroxysme lors du numéro musical que la jeune femme interprète langoureusement en retirant ses gants au rythme de la musique. La pin-up, dont les G.I. avaient peint l'effigie sur la bombe atomique lancée sur l'atoll de Bikini, est consacrée pour l'éternité comme la vamp américaine. D'autant qu'elle enchaîne avec "La dame de Shanghai" d'Orson Welles, son mari, en 1946. L'affiche la montre en blonde platine, les cheveux courts, alors que le slogan précise : " Vous ne savez rien de la perversité ! " Le film étant, sans doute, destiné à nous l'apprendre. Il est vrai que ce personnage n'est rien moins que machiavélique et ternira un peu l'image de la femme pulpeuse chantant et dansant avec talent qu'elle affichait dans l'opus précédent. Si bien que l'on reprochera à Orson Welles de l'avoir chargée pour se venger de ses infidélités, ce qui est probablement injuste.

 

Gilda_trailer_hayworth1.jpg  Gilda

 

Ainsi, après ces deux films, est-elle devenue un mythe, une icône rayonnant sur le 7e Art de son époque. Reine de beauté incontestable, elle fut élevée au rang suprême de déesse de l'amour, faisant la couverture des magazines les plus en vue et séduisant un public toujours plus large avec une comédie musicale comme "La reine de Broadway" avec Gene Kelly pour partenaire et de nouveau Charles Vidor comme réalisateur. Car la belle sait danser, formée dès l'enfance par son père Eduardo Cansino d'origine sévillanne et danseur professionnel. Sa mère Volga, née Haworth, était également danseuse et fille d'un acteur irlandais. La petite Rita est donc venue au monde dans le milieu du spectacle et fera ses premiers pas sur scène à l'âge de 4 ans avec éventail et castagnettes, lors d'un récital à Carnegie Hall. Son père ne cessera d'exiger d'elle un travail intense, lui imposant des cours de danse astreignants, persuadé que l'avenir est aux comédies musicales. Si bien que, dans cette perspective, il créera une école de danse à Los Angeles, espérant poursuivre une carrière au cinéma qui semblait s'intéresser de plus en plus au monde de la danse. Douée de grâce et de charme, la petite Rita commence à retenir l'attention des quêteurs de talent, d'autant qu'elle est très belle : une chevelure somptueuse, un sourire éblouissant ; il suffira d'éclaircir ses cheveux, de la faire maigrir car elle est ronde, d'épiler ses cheveux afin d'agrandir son front et le tour sera joué. D'ailleurs elle dansera dès son premier film "L'enfer"  en 1935 aux côtés de Spencer Tracy et c'est son père qui en réglera la chorégraphie. Mais la Fox a des soucis d'argent et la licencie. Par chance, de bonnes fées veillent sur elle et un homme d'affaires, qui a aussitôt évalué son potentiel, ne tarde pas à lui trouver des contrats avec des firmes moins prestigieuses mais qui ont le bon goût de la faire tourner. Elle épousera l'homme pour fuir son étouffante famille et se pliera à ses exigences en se teignant en rousse, en se faisant arracher plusieurs molaires afin de creuser ses joues et en changeant son nom de Cansino pour Hayworth. Ne répond-t-elle pas désormais aux critères des studios hollywoodiens ?  Certes, aussi apparaît-elle pour la première fois, à la suite de ces transformations, dans "Criminels de l'air"  en 1937 et entre-t-elle à la Colombia où son destin s'amorce. Ultérieurement, remarquée dans le film d'Howard Hawks "Seuls les anges ont des ailes"  auprès de Cary Grant et de Jean Arthur, elle emballe les critiques et le public masculin et voit ses émoluments se multiplier par dix au cours des années suivantes. Après plusieurs films mineurs, Rita tourne avec la 20th Century Fox dans "Arènes sanglantes"  de Darryl Zanuck, fasciné par sa gestuelle sensuelle et son éclat. Si bien qu'elle est définitivement lancée et jouit d'une popularité considérable auprès des G.I. engagés dans la Seconde Guerre mondiale.

 

gilda-1946-08-g.jpg

                                             

A la Columbia, l'actrice va avoir la chance de danser à deux reprises avec Fred Astaire dans "L'amour vient en dansant" et "O toi ma charmante". Lors de ce dernier, le couple explose littéralement  dans un pas de deux d'une grande sensualité. Fred Astaire écrira d'ailleurs qu'il prît beaucoup de plaisir à danser avec Rita et précisera que " chacun de ses mouvements épousaient les siens ". C'est l'époque où on lui prête des liaisons avec Victor Mature, David Niven et Howard Hugues, le collectionneur de conquêtes féminines. C'est aussi celle où elle se sépare de son mentor Edward Judson devenu jaloux et menaçant. Le 7 septembre 1943, elle épouse Orson Welles et rejoint le plateau de la comédie musicale "La Reine de Broadway", opus précurseur des films musicaux qui marqueront les années 50 et où elle révélera une fois encore ses qualités de danseuse. A sa sortie, en 1944, le film est un triomphe sans précédent qui assied définitivement la renommée internationale de l'actrice. Mais l'apothéose sera atteinte avec "Gilda", le film phare de sa carrière, prouvant s'il était encore nécessaire son pouvoir érotique, et la faisant entrer dans la légende des déesses hollywoodiennes. Cependant, et malgré la naissance d'une petite fille, son mariage avec Orson  bat de l'aile, en proie à des scènes de jalousie permanentes, d'un côté comme de l'autre. Pour cadeau de rupture, Welles offrira à Rita le rôle étrange et fascinant de "La dame de Shanghai", où le final est devenu un moment d'anthologie, celui où Elsa Bannister, l'héroïne interprétée par Rita, agonise au milieu d'un labyrinthe de miroirs qui multiplie à l'envi son reflet. Leur divorce sera prononcé peu après.

 

600full-ritad630-2627d.jpg

 

C'est alors que les désillusions commencent. Son mariage avec le prince Ali Khan fait d'elle une princesse non plus seulement à l'écran mais dans la vie civile, sans lui apporter d'autre bonheur que la naissance d'une seconde fille Yasmina. Le conte de fée sera de courte durée et son retour à Hollywood comme entaché de mélancolie. Elle tourne alors Salomé, un film biblique réalisé par Rouben Mamoulian, dont le résultat est criblé d'invraisemblances et d'un goût douteux, bien que Rita reste éblouissante et infiniment suggestive dans la célèbre scène de la danse des "sept voiles ". Contactée pour être "La comtesse aux pieds nus", elle abandonne le rôle à l'autre déesse d'Hollywood Ava Gardner, trop absorbée par les multiples difficultés et rebondissements de son divorce avec le prince Ali qui lui refuse la garde de leur enfant. Elle apparaît encore en 1957 dans "L'enfer des Tropiques" avec Robert Mitchum resté un ami fidèle, puis La blonde ou la rousse auprès de Frank Sinatra, et épouse en 1958 son cinquième mari James Hill, un producteur rencontré lors de ce dernier tournage. Le déclin de Rita s'amorce durant les années 60. C'est l'apparition de la maladie d'Alzheimer qui l'emportera et dont on attribue à tort les symptômes à l'alcool. Bien qu'on lui propose toujours des rôles au cinéma et au théâtre, elle refuse la plupart  tant elle souffre d'épuisement et de graves troubles de mémoire. Elle fera encore une belle composition auprès de John Wayne dans "Le plus grand cirque du monde", puis dans "Sur la route de Salina" de George Lautner, où elle retrouve son partenaire et ami Glenn Ford. En 1981, placée sous tutelle, elle s'absente définitivement de la scène et de l'écran, veillée et soignée par sa fille Yasmina, et s'éteindra le 14 mai 1987 à New-York, laissant d'elle une impérissable image de beauté et de charme.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

  529px-Rita_Hayworth_-1977-.jpg 

                      A 59 ans, en 1977, malade et encore si belle !

 

 

Partager cet article
Repost0
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 10:45

01.jpg   

                                         
Elle fut en même temps que la blonde Marilyn, la rousse Rita Hayworth, la sublime Ava Gardner, la légende (brune) d'Hollywood, à l'époque de son âge d'or et de ses femmes fatales, croqueuses d'hommes et de diamants, déesses à la séduction ravageuse pour lesquelles les superlatifs apparaissent désuets. Belle au delà de toute expression avec une peau diaphane, des yeux violets et une épaisse chevelure sombre, Elisabeth Taylor était une conquérante. Elle entendait que rien ne lui résistât, pas même la maladie qui, à plusieurs reprises, la conduira dans l'antichambre de la mort. Elisabeth est née à Londres de parents américains le 27 février 1932. Son père dirigeait alors une galerie d'art et sa mère était actrice. Ses parents regagneront les Etats-Unis au début des hostilités entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne en avril 1939. La famille s'installe à Los Angeles, dont Mme Taylor est originaire et où le père s'empresse d'ouvrir une nouvelle galerie, bientôt fréquentée par de nombreuses célébrités hollywoodiennes, qui ne tarderont pas à remarquer l'exceptionnelle beauté de la petite fille. C'est ainsi que celle que l'on surnommera Liz entre tout enfant dans la  prestigieuse Mecque du 7e Art et sera choisie pour être l'héroïne de La fidèle Lassie, puis de  Les quatre fille du docteur March. Dès lors, elle sera la petite fiancée de l'Amérique et  ne cessera plus de tourner et de défrayer la chronique, car son aura dépassera de beaucoup les étroites limites de l'écran. Liz Taylor savait aussi bien jouer dans la fiction que dans la vie, au point que sa vie fut une incroyable fiction, où les maris et les amants se succédèrent mais également les maladies, les scandales et les cures de désintoxication, tant il est vrai que l'actrice ne savait pas faire les choses à moitié. Elle fut en toutes occasions une passionaria. C'est sans doute pourquoi son rôle dans La mégère apprivoisée, où elle donnait la réplique à Richard Burton, qu'elle épousa deux fois, est l'un des plus emblématiques. Actrice dans une quarantaine de films, elle aimait interpréter des personnages extrêmes qui lui permettaient de libérer les pulsions de son tempérament porté naturellement vers le drame et la démesure. C'est ainsi que le dernier d'entre eux  lui méritera un second Oscar. Son rôle dans Cléopâtre, où, à nouveau, elle se trouve face à Richard Burton, marque l'apothéose hollywoodienne de sa carrière et un cachet fabuleux, sans doute l'un des plus lourds de l'histoire du cinéma, mais ne rend pas vraiment compte de ses qualités d'actrice. On la préfère dans des interprétations plus subtiles où elle donnait tout d'elle-même avec une indéniable générosité. Ainsi excellera-t-elle dans La chatte sur un toit brûlant, Géant, Cérémonie secrète, Soudain l'été dernierQui a peur de Virginia Woolf  et quelques autres.

 


 40479-elizabeth_taylor.jpg


La fin de sa vie sera triste, car la beauté n'a pas le droit de vieillir et qu'elle en était l'une des représentations les plus accomplies. D'où l'insécurité dont elle souffrira toujours et la raison qui la fit se marier huit fois avec seulement sept maris, puisqu'elle épousa l'un d'eux à deux reprises, de même que les excès qui ne cessèrent de jalonner son périple terrestre qui s'acheva en 2011. Elle avait écrit dans son livre-confession "Elisabeth dit tout", publié en 1988 : " L'une des rares fois où j'ai été vraiment heureuse est lorsque j'étais enfant, avant que je commence à tourner". Tout est dit du faux bonheur des stars.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

taylor_perles.jpg

elizabeth-taylor-et-richard-burton.jpg

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 08:55

120-1255438991-ss2.jpg       

                                     


D'elle, on peut dire qu'elle représentait la féminité dans sa douceur et sa finesse les plus extrêmes. C'était une femme dont le regard vous attendrissait et que tout homme devait avoir le désir de protéger. Des traits délicats, une chevelure châtain, des yeux d'un bleu presque transparent, Gene Tierney est naturellement émouvante et inspire la tendresse. Il y a en elle une mélancolie profonde, quelque chose qui vous fait penser que cette femme-là est faite pour souffrir, qu'elle est comme une apparition, à la fois irréelle et brisée.

 

Née à New-York en 1920 dans une famille aisée, son père était courtier en assurances et sa mère professeur de gymnastique, elle aimait tout enfant rédiger des poèmes et l'écriture sera souvent un refuge au cours de sa vie, d'autant qu'elle fait de bonnes études et passe deux ans en Europe dans une école privée de Lausanne, ce qui explique qu'elle parlait couramment français. Ebloui par sa beauté, alors que revenue aux Etat-Unis la jeune Gene visite les studios de la Warner Bros, Anatole Litvak l'encourage à devenir actrice. Mais ses parents se montrent réticents, considérant ce monde comme celui de la perdition, où l'on gagne très mal sa vie. Mais Gene supplie, s'entête et auditionne à l'American Academy of Dramatic Arts où elle est acceptée. Parmi les talents notoires de l'époque figurent Lauren Bacall, Grace Kelly, Katherine Hepburn et Spencer Tracy. Engagée par la Fox, la jeune femme deviendra très vite l'une des principales stars  de la firme. C'est Fritz Lang qui la fera débuter dans un western avec Henri Fonda pour partenaire, mais son premier rôle important ne viendra qu'un peu plus tard et lui sera offert par Sternberg dans "Shanghaï Gesture" en 1941.

 

 

gene-tierney-p02.jpg

 

Puis, ce sera "Le chevalier de la vengeance" en 1942 auprès de Tyrone Power, "Le ciel peut attendre" l'année suivante de Ernst Lubitsch où elle impose sa beauté délicate et juvénile. Mais son rôle le plus mythique reste incontestablement celui que lui proposera Otto Preminger dans "Laura", de même que "L'aventure de Mme Muir" avec Rex Harrison, aventure sentimentale et fantastique qui comptent comme les deux films les plus marquants de sa carrière. En effet, dès 1950, ses essais dans la comédie s'avèrent peu concluants. D'autant que de graves ennuis de santé l'éloignent momentanément des studios. Elle sera même internée pour des problèmes mentaux à la suite des malheurs qui la frappent. Mariée deux fois, une première avec le costumier et styliste Oleg Cassini qui l'abandonne, une seconde avec un baron du pétrole texan qui la laissera veuve. Elle aura deux filles dont l'une naît prématurément aveugle, sourde et retardée mentalement. Le désarroi de la jeune mère sera la cause d'un état maniaco-dépressif que ses échecs sentimentaux successifs ne feront qu'aggraver. Elle mourra d'emphysème dix ans après son second époux, en 1991, et est enterrée à Houston au Texas où elle vécut plus de 30 ans.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

Et pour prendre connaissance de ma critique de "L'aventure de Mme Muir", cliquer sur son titre :

 

L'AVENTURE DE Mme MUIR de JOSEPH MANKIEWICZ

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

tierney10b.jpg gt3muir.jpg

 

Partager cet article
Repost0
9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 08:36

ava-gardner.jpg    

 


Elle n'avait ni le charme d'Audrey Hepburn, ni la délicate élégance de Grace Kelly, ni le talent d'Elisabeth Taylor, ni la vulnérabilité de Marilyn Monroe, elle était seulement, et sans doute pour son malheur, d'une beauté stupéfiante et a probablement été la plus belle femme qui soit, d'une splendeur qui l'apparentait aux déesses de l'Olympe et à leur sombre destin, une somptueuse panthère noire faite pour rugir. D'autant qu'elle ne se contentait pas d'être parfaite, elle possédait le regard, la gestuelle, la sensualité qui faisaient que les autres femmes pâlissaient toutes face à elle et que les hommes ont été probablement effrayés par le magnétisme sensuel qu'elle dégageait et par le désir qu'elle ne cessait d'inspirer. Trois mariages et un grand nombre de liaisons et d'aventures la laisseront seule et désespérée, d'autant qu'elle-même ne s'aimait pas et portait au plus profond du coeur un désarroi inguérissable. Née le 14 décembre 1922 dans une famille d'exploitants agricoles (plantations de tabac), elle est la dernière de 7 enfants et ne pourra pas faire d'études, seulement apprendre la sténodactylo afin de devenir secrétaire et souffrira toute sa vie de ne pas être cultivée. Si celle-ci était à refaire - écrivait-elle dans ses mémoires - ce serait l'instruction que je placerai en priorité. Le mari de sa soeur aînée, photographe professionnel, va être très tôt subjugué par sa beauté. Alors qu'elle n'a que 17 ans, il la choisit pour modèle et prend des dizaines de photos qu'il s'empresse de placer dans sa vitrine et qu'un employé de la MGM, qui passait par là, remarquera. Si bien que la jeune Ava est convoquée pour des bouts d'essai et qu'elle signe un contrat de 7 ans avec la firme pour 50 dollars par semaine. Mais ses débuts ne seront guère brillants, d'abord parce qu'elle n'a pas la vocation de comédienne, qu'on l'affuble de petits rôles peu exaltants et qu'elle ne parvient pas à se débarrasser d'un redoutable accent du terroir. Son nom n'apparaîtra dans un générique qu'en 1944 dans "Trois hommes en blanc"

 


Ava_gardner_i.jpg

 

C'est à cette époque qu'elle croise dans les couloirs de la MGM un acteur en vogue et très populaire, à défaut d'être grand et beau : Mickey Rooney. Il lui fait une cour assidue et elle finit par l'épouser le 10 janvier 1942. Mais la cour est une chose, la vie maritale une autre et il semble bien que Mickey n'ait aucune idée de ce que doit être un mari attentif et fidèle. Ils divorceront un an plus tard pour "cruauté mentale". Restée sans argent, l'impétueuse, le coeur chaviré, balade pour 100 dollars la semaine son regard de braise et son corps de déesse dans 17 mélos qui ne feront rien pour l'imposer comme actrice au firmament hollywoodien. John Huston lui fait la cour à son tour et tente de l'hypnotiser, mais la belle n'entend pas se laisser asservir en un lieu où tout est illusion et mensonge. Howard Hugues, producteur outrancier et paranoïaque, prendra la relève sans plus de succès mais la poursuivra durant vingt ans de son assiduité, la faisant suivre et mettre sur écoutes, en proie à une tyrannie sans bornes. Après un mariage éclair avec Artie Shaw qu'elle aimera mais qui la méprisera, ce qui la blesse affreusement, elle rencontre Frank Sinatra. Envoûté par sa beauté et bien que marié à Nancy, il va conquérir le coeur de la rebelle en lui chantant des mélodies de sa voix de crooner, mais là encore leur passion ne sera pas un long fleuve tranquille. Ces deux-là sont jaloux et leur chambre va très vite devenir un ring  où ils ne cessent de s'affronter et de se réconcilier et où les injures et les coups pleuvent, au point que Sinatra feindra le suicide et qu'Ava ira se consoler dans les bras de Mario Cabré, un acteur sans scrupule qui profitera de l'aubaine et entourera leur brève liaison d'une publicité flatteuse pour lui seul. Entre temps, Sinatra a divorcé de Nancy ; il est à nouveau un homme disponible qu'Ava, qui n'a pas encore guéri de lui, accepte d'épouser pour le meilleur et pour le pire. Leur lune de miel ou de fiel se passera dans l'île de Cuba, alors sous l'autorité très permissive de Baptista, casino et lupanar tout ensemble où les "people américains" de l'époque aimaient à  faire la fête.

 

ava-gardner2.jpg

 

Le film Mogambo en 1953 (après Pandora en 1951) qu'Ava tourne avec Grace Kelly et Clark Gable rehausse sa côte au box office au point que l'Académie des Oscars nomine enfin l'actrice. Impressionné par sa présence à l'écran, Joseph Mankiewicz  va lui cococter un rôle à sa mesure. Ce sera  La comtesse aux pieds nus, où elle peut enfin donner la mesure de son tempérament dans une Espagne ardente, la chaleur de ses nuits, et qu'elle séduit, dans la foulée, un mythe vivant : le torero Luis Miguel Dominguin. Mais ce dernier, poursuivi par les vindictes de Howard Hugues, préférera épouser la plus reposante et ravissante actrice italienne Lucia Bosè. Il semble bien que les hommes, qui ont croisé sa route, aient tous été paniqués par le désir qu'elle ne cessait de susciter. Désir, mais point amour, passion mais point tendresse. La torride et sensuelle Ava sera certes désirée mais pas aimée et de cela elle mourra à petit feu. Les années passent. L'actrice s'est réfugiée en Angleterre, à Londres, après que Madrid lui ait réclamé un arriéré astronomique d'impôts. Elle semble y mener une vie assez sage, s'étant éloignée du feu des projecteurs et de leurs fatales désillusions pour l'ombre plus propre à l'apaisement. Elle meurt d'une pneumonie le 25 janvier 1990. Elle n'a que 67 ans mais a tout vécu trop vite et trop intensément, âme subversive et tourmentée, rongée par le doute et le scepticisme. Ses films les plus marquants seront "Pandora" (195), "Les neiges du Kilimandjaro" (1952), "Mogambo" (1953), "La comtesse aux pieds nus" (1954), "La croisée des destins" (1956) et "La nuit de l'iguane" (1964).

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

Et pour prendre connaissance de ma critique de Pandora, cliquer    ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL 

 

 

cpavfupl.jpg 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 10:33
MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE

imagesCAVY7KCA 


                                                       


Pour l'état civil, elle fut Norma Jean Baker Mortenson. Pour le monde entier, Marilyn Monroe devint le mythe absolu de la féminité et de la sensualité sur grand écran avec cette fragilité qui plaisait aux hommes et attendrissait les femmes. Une parfaite cible mouvante pour la grande machine hollywoodienne qui contribuera à la broyer.

 

"Voilà une pauvre fille qui devient tout à coup une vedette célèbre. Alors, ces gens viennent lui dire qu'elle doit devenir une grande actrice. C'est comme un homme qui ferait une chanson idiote : le Toutou à la fenêtre - ça fait un succès, et il faut qu'il écrive des symphonies pour Toscanini ! Ils veulent essayer d'élever Marilyn où elle ne peut exister."

Cette charge d'une cruauté absolue, c'est Billy Wilder qui la prononce et la signe l'année même de Sept ans de réflexion en 1955. Dans son outrance, elle reflète parfaitement une partie de l'opinion hollywoodienne à l'égard d'une star féminine qui refusa jusqu'au bout de se plier totalement aux usages en vigueur dans cette usine à rêves qui pouvait si facilement devenir une usine à cauchemars. Cette attitude du milieu hollywoodien à son égard sera pour Marilyn une blessure qui ne se refermera jamais et s'ajoutera à son enfance de petite fille abusée sexuellement et abandonnée par sa mère malade. Un passé qui a inscrit dans ses gênes une dépression permanente, une paranoïa dont aucun homme, aucun psychiatre ne parviendront à la guérir et, qui plus est, à la sauver.

 

L'histoire de sa vie ressemble à un conte qui très vite tournerait mal ou, mieux encore, à un film plus noir que rose, bien que les premières années furent la concrétisation parfaite de ce que Gladys Baker, sa mère, avait espéré pour sa fille : Marilyn devenue une star mondialement admirée pour son éclatante beauté. En 1947, âgée de 21 ans, elle obtient un premier rôle dans une production de la Fox Dangerous Years d'Arthur Pierson ; ainsi a-t-elle déjà forcé la porte de la Mecque du 7e art, même si le film ne vaut pas tripette. Car ses apparitions, mêmes secondaires et fugaces, sont remarquées, si bien qu'en 1950 elle tourne dans deux films : La pêche au trésor  des Marx Brothers qui ne fera pas date dans les annales et Quand la ville dort de John Huston qui marque son entrée officielle au box office. Deux ans plus tard, elle est déjà en tête du très officiel classement des " étoiles de demain", tandis qu'avec Chérie, je me sens rajeunir, elle se voit confier par Howard Hawks son premier emploi de vedette aux côtés de Ginger Rogers et Cary Grant. L'année suivante, c'est la consécration définitive avec le rôle principal d'un nouvel Howard Hawks Les hommes préfèrent les blondes auprès de la brune Jane Russell. Elle incarne Lorelei, une chanteuse de cabaret, à laquelle elle prête sa voix délicieuse. Marilyn fait merveille dans ce rôle de jeune femme intéressée et quelque peu frigide, mais dotée d'une ingénuité qui fait tout passer, y compris auprès du public féminin. Cet instinct des êtres et des choses qu'elle possède au plus haut degré lui permet d'être toujours juste dans ses gestes et ses expressions. Oui, il n'y  plus de doute : Marilyn jouit d'un étonnant magnétisme.

 

Désormais, le personnage de la blonde sexy, pulpeuse, gentiment séductrice, avec une mouche sur le visage, un sourire radieux et des lèvres parées d'un rouge éclatant, sachant danser et chanter, s'impose à tous. Le magazine Photoplay la sacre alors " meilleure actrice populaire de l'année " et les financiers d'Hollywood, toujours à l'affût, se frottent les mains à la seule pensée de la manne dont ils vont bénéficier grâce au charisme de cette femme à la séduction irrésistible. En effet, au cours des années 1953 - 54 et 56, M. M. figure parmi les dix vedettes qui rapportent le plus de dollars. C'est bien entendu l'époque où elle enchaînera les tournages les plus marquants de sa carrière : Niagara, Comment épouser un millionnaire, Rivière sans retour, La joyeuse parade, Sept ans de réflexion et Bus Stop.

 

imagesCA11B0KM.jpg imagesCA94AZNW.jpg

 

Au fur et à mesure que s'amplifie le mythe Monroe, Marilyn, qui n'est pas dupe, mesure la vacuité du star-system cynique et dénué d'humanité. Son mariage avec le prestigieux écrivain Arthur Miller, en 1956, sonne comme un défi aux a priori de certains : " La beauté de Marilyn rayonne parce que son âme se montre à tout moment " - écrira-t-il, mais leur couple finira par se défaire, l'écrivain s'inquiétant que la jeune femme l'entraîne irrémédiablement dans sa perte. Or, il entend se ressaisir. Le choc de leur séparation la rendra définitivement vulnérable et transformera ses dernières années en une lente descente aux enfers. Dans Certains l'aiment chaud de Billy Wilder en 1959, le metteur en scène qui la considère toujours avec une nuance d'apitoiement, elle est une fois encore une chanteuse face à Tony Curtis et Jack Lemmon en musiciennes d'orchestre. Dans cet opus d'un comique savoureux, Marilyn dévoile un formidable potentiel comique et une sensualité torride, mais Wilder l'a  tout de même circonscrite dans un personnage de ravissante idiote. En 1959, alors qu'elle tourne Le milliardaire de Georges Cukor, elle a une courte liaison avec son partenaire Yves Montand qui la laissera une nouvelle fois désemparée. Puis ce seront des liaisons dangereuses avec le Président des Etats-Unis John Kennedy et son frère Bob, un tournage difficile avec The Misfits, film réalisé par John Huston d'après un scénario d'Arthur Miller qui met en scène leur propre histoire, l'abus de substances nocives, son isolement progressif et un film inachevé qui fait apparaître l'envers du décor et un pathétique appel au secours qui ne semble pas avoir été entendu. Au bout de ce tunnel, l'actrice la plus célèbre du monde mais, probablement la moins bien aimée, choisira de se donner la mort le 5 août 1962, il y a un demi siècle de cela, dans sa villa de Brentwood à Los Angeles. Cette étoile à la trajectoire si brève - elle n'avait que 36 ans lors de sa disparition - n'en reste pas moins une étoile persistante au firmament du 7e Art.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
Partager cet article
Repost0
27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 08:54

 L-affiche-du-film-de-la-semaine-Bowling_portrait_w674.jpg    

 

   

Ce sera, à n'en pas douter, un des succès de l'été : 700 000 entrées minimum, le million si l'été est pourri dans le Finistère et alentour. Bowling emprunte aux Ch'tis son caractère régionaliste, son hyper-localisation : Carhaix, patrie des Vieilles Charrues. Mais qui est donc l'auteur, cette Marie-Castille Mention-Schaar ?  Une ancienne productrice passée à la réalisation et qui est l'unique cinéaste français(e ) à avoir sorti deux films cette année :  - Ma première fois - qui était aussi la sienne - en janvier et, bien entendu,  Bowling en juillet. Ce n'est pas lui faire offense de dire que Bowling, co-écrit avec un autre ex-producteur, Jean-Marie Duprez, est d'abord un coup de production. Un soupçon de comédie sociale à l'anglaise et  le récit de l'épanouissement tardif d'une bourgeoise parisienne (Catherine Frot en DRH délaissée par son odieux époux) ; en quelque sorte la province contre la capitale avec dialogues en breton et deux vedettes qu'on ne taxera pas de parisianisme abusif : Mathilde Seigner et Catherine Frot. Le scénario a certes été bâclé à la hâte et la mise en images n'est guère inspirée. Si ce n'est pas tout à fait un nanar, c'est, en tous les cas, un symptôme : le nouveau cinéma moyen français n'a d'autre mission que de divertir. Et il y parvient, parce que l'histoire a un bon goût d'humanisme tout terrain et que les actrices se donnent un mal fou pour tirer vers le haut une bluette sociale pleine de bons sentiments et de maladresses. Que les jeunes cinéastes aillent voir ailleurs, ce n'est pas ici qu'ils trouveront des idées et des innovations, un style et du panache. Mais c'est tout plein gentil, on ne s'ennuie pas vraiment, et je le répète les quatre rôles principaux sont tenus par des personnes charismatiques ; Catherine Frot arriverait à me faire sourire ou à me toucher en me racontant l'accouchement de sa soeur et on connait la présence d'une Mathilde Seigner qui, dans le personnage d'une sage-femme au fort caractère, n'a pas même besoin d'en rajouter : un froncement de sourcil, un sourire, tout est dit.

 

bowling-120718.jpg

 

Que je vous raconte néanmoins l'histoire puisqu'il y en a une et qu'elle est même tirée d'un fait divers : la maternité de l'hôpital de Carhaix, au coeur de la Bretagne, est en péril. Si bien que lorsque la DRH chargée de restructurer les services débarque dans la petite ville, elle est accueillie comme un chien au milieu d'un jeu de quille. Et ce n'est pas là un jeu de mots puisque le sport local n'est autre, en effet,  que le bowling. Malgré l'hostilité ambiante, Catherine la parisienne va découvrir les charmes de la vie provinciale. Elle, qui est cruellement privée d'affection conjugale auprès d'un mari collectionneur qui n'a d'yeux que pour ses statues en ferronnerie et en plâtre, va parvenir à s'intégrer à son nouvel environnement en se familiarisant avec le bowling, loisir qui passionne ses collègues et, ce, d'autant plus que les compétitions entre villes bretonnes approchent. N'est-ce pas le meilleur moyen pour Carhaix d'attirer l'attention de la presse locale et de faire parler d'elle et la façon la plus astucieuse  pour Catherine de se faire accepter de son entourage ?  Si bien que l'esprit d'équipe qui unit  les quatre femmes sur les pistes va également les réunir dans la lutte qu'elles entendent mener pour sauver la maternité. Tout cela est extrêmement sympathique, plein d'énergie et de bonne humeur, il y a même quelques jolis paysages de Bretagne qui défilent sur l'écran et le quatuor est irrésistible, en connivence parfaite avec les personnages représentés qui,  sans nul doute, ont été écrits sur mesure pour elles au point de juger inutile de changer les prénoms. Au final - et afin que la philosophie ait toujours le dernier mot -  il arrive que de simples quilles, une fois unies, renversent les montagnes.  A bon entendeur salut, nous sommes en plein positif.

 

 

Pour accéder à la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS


 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

14335_039_DSC_4050.jpg

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 09:50
NEW-YORK MELODY de JOHN CARNEY

Gretta (Keira Knightley) et son petit ami viennent de débarquer à NYC. La ville est d’autant plus magique pour les deux anglais qu’on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l’idylle voler en éclat quand, aveuglé par sa gloire naissante, le jeune homme va la plaquer pour une carrière solo et... une attachée de presse. C’est alors, et bien que ses valises soient prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, que Gretta décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur copain. Ce dernier l’emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle, un producteur talentueux l’observe avec intérêt et émotion. A  la suite de sa séparation d’avec sa femme, il noie sa vie dans l’alcool et semble avoir perdu son feeling. Revenu de tout, du succès et de sa gloire passée, amer, rancunier, il se laisse couler... Soudain,  il entend cette voix, découvre cette grâce, ce talent brut et authentique... Une rencontre qui va remettre tous les cœurs à l’endroit.

 

Une romance qui ne le cède en rien à la facilité d’un sentimentalisme outrancier mais nous plonge dans l’univers de la musique, véritable thérapie pour sauver une jeune femme d'un désespoir amoureux et un père malheureux des affres que lui cause sa fille en pleine crise d’ado et même son ex-épouse incontestablement perturbée de se retrouver seule au foyer. Sans mélo excessif, ce scénario fait la part belle à la chanson, au rythme, à la bonne humeur, aux scènes de rue et, malgré quelques longueurs et répétitions inutiles, nous mène à une conclusion sympathique : celle des épousailles du réel et de l’espéré. Enfin  aucune scène de sexe, aucune vulgarité dans cet opus empli de bons sentiments qui nous ouvre un horizon positif et nous immerge dans une bonne humeur contagieuse. Tous les personnages se respectent en un univers où la musique adoucit les mœurs et Keira Knightley y est délicieuse de fraîcheur.

A voir, surtout si l’on souffre d’un peu de vague à l’âme.

 

 

Pour consulter la liste de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 


LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

NEW-YORK MELODY de JOHN CARNEY
NEW-YORK MELODY de JOHN CARNEY
Partager cet article
Repost0
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 11:34

to-rome-with-love-bande-annonce-officielle-L-uyKfua.jpg   

 


Etonnant Woody Allen qui, malgré son âge, a conservé une jeunesse d'esprit que nombre de jeunes réalisateurs pourraient lui envier. Son dernier opus, malgré une critique grincheuse, est un grand moment de plaisir et ne dessert en rien son palmarès, tant le rythme est enlevé, le scénario - qui articule quatre histoires s'entrecroisant sans cesse - est conduit avec une vraie cohérence et une indiscutable maîtrise de mise en scène et de supports comiques qui vous séduisent et vous amusent, l'humour et la malice étant sans cesse présents dans les dialogues et l'interprétation. Loufoque, extravagant, fantasque, il n'en reste pas moins vrai que Allen n'a rien perdu, au fil du temps, de sa verve, de son savoir-faire et de son talent à saisir les travers et  ridicules de notre époque qu'il pointe du doigt sans méchanceté mais avec un humour décapant, soit le goût immodéré de l'argent, du pouvoir,  du paraître et du sexe.

 

C'est la jeune femme qui, peu comblée par son époux, voue un culte naïf aux acteurs, le malheureux employé d'une société qui est soudainement pris dans l'engrenage d'une émission de télé-réalité avec des rebondissements désopilants et une remarquable interprétation de Roberto Benigni, le futur architecte qui sombre dans les bras d'une starlette déjantée, la psychanaliste qui a sur tout événement un jugement péremptoire et défaitiste, enfin le metteur en scène ( interprété par Woody Allen ) plus ou moins raté qui, en visite à Rome pour les fiançailles de sa fille, découvre que le futur beau-père, entrepreneur de pompes funèbres, a  une voix digne de Caruso quand il chante sous sa douche et se voit déjà, grâce à lui, prenant sa revanche sur son passé.

 

 

 20104463_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120511_010758.jpg 20104470_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120511_010838.jpg

 

 

Au fil des scènes, tout s'articule de façon inattendue, farfelue certes,  mais jamais banale, vulgaire ou vaine. On s'amuse beaucoup et on succombe une fois de plus au talent de cet éternel jeune homme qui n'a pas son pareil pour vous ficeler un film irrésistible et poétique, loin des sentiers battus et du misérabilisme ambiant.

 

 

Voici d'autre part l'interview que Woody Allen a accordé à la presse  :

 

Le réalisateur américain Woody Allen a présenté vendredi à Rome son dernier opus "To Rome With Love" où il partage l'affiche avec Alec Baldwin, Penelope Cruz et Roberto Benigni, faisant revivre à la Cité éternelle un peu de la fièvre des années de la Dolce Vita.

"Aucune autre ville n'est comme Rome, contrairement à Londres ou Paris, compréhensibles pour un Américain, Rome est extrêmement exotique..., le mode de vie est totalement différent, tout comme les couleurs", a déclaré devant la presse le cinéaste après la projection en avant-première mondiale de la version doublée en italien de son film.

"J'ai grandi avec le cinéma italien, j'ai été influencé par les films qui sortaient à New York", a ajouté le réalisateur, en chemise et pull et égal à lui-même à 76 ans, entouré de la star espagnole Penelope Cruz, de l'Italien Benigni mais aussi d'Alec Baldwin et Jesse Eisenberg ("The Social Network").

Interrogé sur son choix de métropoles européennes (Barcelone, Londres, Paris) pour une série de films récents, il a lancé sur un ton ironique: "Je ne pourrais pas filmer à la campagne ou dans le désert. Ces villes sont similaires à New York en termes d'énergie et culture".

Woody Allen connaît bien Rome, où il vient presque tous les étés jouer de la clarinette avec son groupe de jazz.

La dernière oeuvre du maestro new-yorkais qui sort le 20 avril en Italie, le 21 juin aux Etats-Unis, retrace en quatre séquences la vie d'un groupe d'Américains et d'Italiens, "leurs romances, leurs aventures et diverses situations difficiles qu'ils traversent", selon la présentation officielle du film.

Benigni, célèbre au plan international depuis sa comédie douce-amère "La Vie est Belle" sur l'Holocauste (1998, 3 Oscars), incarne dans le film un homme ordinaire pris par erreur pour une star et poursuivi par les paparazzi dans tous les recoins de sa vie intime.

"Le film a été tourné dans l'Italie de l'époque" quand Silvio Berlusconi était chef du gouvernement, a souligné l'acteur, dont les spectacles moquent souvent le magnat des médias. "Nous avions notre Premier ministre, les escorts, les fêtes, maintenant tout a changé, on a la pluie et (le sobre Premier ministre Mario) Monti", a poursuivi l'acteur.

Penelope Cruz, qui joue le rôle d'une prostituée, a dit avoir "adoré travailler avec Woody Allen". "C'est une surprise tous les jours, il est vraiment particulier, très précis avec les acteurs. Mon personnage est un vrai bijou, agréable à préparer et à jouer, même si je l'ai rendu fou avec mes questions", a confié la belle actrice.

Alec Baldwin a plaisanté en racontant avoir mal lu le script du film et avoir accepté son rôle d'architecte parce qu'il pensait se retrouver à faire l'amour avec Cruz dans une chambre d'hôtel. "J'ai immédiatement dit oui", a-t-il lancé.

"To Rome with Love" arrive juste après un autre hommage à une capitale européenne, le film "Midnight in Paris" ("Minuit à Paris"), le plus gros succès commercial de Woody Allen à ce jour, où il raconte le voyage imaginaire dans le Paris des années 30 d'un scénariste hollywoodien en panne d'inspiration.

Les fans de Woody Allen ont vu dans son film parisien les signaux d'un renouveau créatif de l'auteur de films culte des années 70 comme "Annie Hall" et "Manhattan", des comédies de moeurs à fond psychanalytique, et plus récemment du surprenant thriller "Match Point".

Allen Stewart Konigsberg, né en 1935 dans une famille d'immigrants juifs de New York, a grandi à Brooklyn. Très jeune, il écrit des gags pour des comédiens, puis se fait connaître comme auteur d'émissions télévisées avant de faire ses débuts au cinéma en 1966 avec "Quoi de neuf, Pussycat ?". Sa carrière prolifique qui s'étale sur un demi-siècle compte plus de 40 films.

Interrogé par la presse sur son rythme d'un film par an, il a répondu que cela "l'amuse beaucoup". "Si je ne faisais pas des films, je serai assis à la maison à ruminer sur combien la vie est difficile".

Grâce à son film, Rome et son mélange de ruines antiques et de façades baroques retrouve un peu de sa gloire d'antan, quand la Cité éternelle servait de toile de fond à des chefs d'oeuvre comme "Vacances Romaines" (William Wyler, 1953) et "La Dolce Vita" (Federico Fellini, 1960).

Le tournage l'été dernier sur des sites aussi célèbres que la Place d'Espagne, le Colisée ou la Via Veneto avait suscité la fièvre des paparazzi comme aux plus beaux jours de la "Dolce Vita" quand on pouvait croiser Audrey Hepburn ou Gregory Peck à la terrasse d'un café.

Ces "chasseurs d'images" étaient à l'aéroport jeudi soir à l'arrivée de Penelope Cruz avec son bébé Leo et sa mère, et guettaient la moindre promenade au parc ou le moindre shopping de Baldwin et de sa fiancée ou du jeune Eisenberg, avant la soirée de gala prévue à l'auditorium de Rome vendredi soir.

 

 

Pour prendre connaissance de l'article que j'ai consacré à Woody Allen cliquer sur son titre :

 

WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


Bande-Annonce-To-Rome-With-Love-Grazia_fr_h607.jpg

MG_4543_RVB.jpg 

Partager cet article
Repost0
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 09:30
JULES ET JIM de FRANCOIS TRUFFAUT

 

 
Troisième film du très doué François Truffaut après "Les quatre cents coups" et "Tirez sur le pianiste", "Jules et Jim", sorti en 1962, est une fantaisie dramatique d'une grande poésie qui va installer définitivement son auteur sur les plus hautes marches du 7e Art français. Inspiré du roman de  Henri-Pierre Roché, qui mourra avant d'avoir pu assister à la projection du film, il est aujourd'hui de nouveau dans les salles en une version restaurée en haute définition par MK2, à l'occasion de son cinquantième anniversaire, ce qui va ravir les cinéphiles peu gâtés par les productions actuelles

 

Jules et Jim sont deux personnages très proches au début du film, leur relation fait même naître certaines rumeurs dans la capitale, toutefois lorsqu'ils partent en vacances avec Catherine (Jeanne Moreau) les deux personnages deviennent distants et leur amitié cède place au trio, tous deux tombant amoureux de la jeune femme. Il existe une part de fatalité dans la première moitié de ce long métrage, lorsque Jules avertit Jim que Catherine sera sa femme et qu'en conséquence il ne doit pas tenter de la séduire ; le spectateur prend alors conscience de l'aspect tragique du film. S'ensuit une période trouble durant la Première Guerre mondiale où Catherine prend des amants et s'éloigne de ses amis hantés par la peur que l'un tue l'autre au combat. Après l'armistice, la complicité entre Jim et Catherine devient croissante, ils aspirent même à avoir un enfant, d'autant plus que le couple qu'ils forment ne dérange pas Jules, celui-ci promettant d'aimer Catherine quoi qu'il advienne. La fougue amoureuse liant les deux amants va toutefois s'estomper progressivement et laisser place à un climat tendu. Catherine menace de tuer Jim. Le pire ne pourra être évité : elle se donnera la mort avec celui-ci en empruntant un pont détruit au volant de sa nouvelle automobile et en négligeant de freiner à l'extrémité de la chaussée. L'auto chute à pic, ne donnant nullement l'impression de prendre son envol, ce qui rend cet instant encore plus pesant. Jules assiste impuissant à la catastrophe.

 

JulesJim-2-f1329.jpg

 

Malgré la fin douloureuse et le climat souvent oppressant, il n'en reste pas moins vrai que ce film poétiquement farfelu reste une variation, une fantaisie sur les aléas de l'amour, la folie des sentiments et l'irresponsabilité affective, ce qui lui imprime cette allure irréelle, lunaire, capricieuse, passionnelle et, au final, bohème. A sa sortie en 1962,  Jules et Jim  fut curieusement reçu par un public sous le charme de cette improvisation géniale, de la musique délicieuse, de l'interprétation remarquable des trois acteurs, Jeanne Moreau irrésistible de grâce et de naturel, Henri Serre et Oskar Werner très convaincants dans leur duo d'amitié que rien ne peut finalement détruire, mais choqué par ce ménage à trois qui s'accorde toutes les libertés et les audaces. C'est une sorte de folie extravagante qui coure tout au long de l'opus comme une ritournelle et dispense ses accents nostalgiques et séduisants selon le rythme répétitif de la chanson interprétée avec talent par Jeanne Moreau.

Une réussite bien sûr et un ton, un style qui vont caractériser désormais l'oeuvre du réalisateur.  A voir et à revoir.

 

 

Pour consulter l'article consacré à François Truffaut, cliquer sur son titre : 
 

FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR

 

Et pour prendre connaissance de ceux de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer   ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Jeanne-Moreau-in-Fran-ois-007.jpg

 

   

JULES ET JIM de FRANCOIS TRUFFAUT
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche