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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 09:57
Dictature et 7 e Art

"Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet". GOEBBELS 


Les dictateurs, qui ont souvent la vie dure, et dont quelques-uns, encore égarés dans notre XXIe siècle vacillent sur leur socle ou mieux l'ont perdu, ces dictateurs comment ont-ils instrumentalisé le cinéma à des fins de propagande ? Les trois cinématographies issues des trois grands régimes du XXe siècle européen, soit le communisme, le nazisme et le fascisme présentent des caractéristiques communes et ont usé et abusé dans leurs productions respectives de slogans ouvertement partisans. Néanmoins, pas plus Hitler que Mussolini n'osèrent nationaliser l'industrie cinématographique, pas davantage qu'ils ne s'opposèrent aux films de divertissement qui, dans l'Italie fasciste comme dans l'Allemagne nazie, constituèrent la majorité de la production, alors que l'URSS encourageait les films plus partisans. C'est du temps de Mussolini, et sous sa férule, que furent créés en 1932 le premier festival international de Venise, la Mostra, et en 1937 les studios de Cinecitta, le Hollywood italien. Les studios romains allaient d'ailleurs attirer des créateurs européens comme Jean Renoir et Max Ophüls, quant aux cinéastes de la péninsule, il y eut ceux qui choisirent de servir le régime, ceux qui employèrent le mode ironique ou restèrent à l'écart de la réalisation durant ces sombres années.

 

Dès 1933, l'aryanisation du cinéma allemand était en marche et vit l'éviction des plateaux de tournage de personnalités telles que Fritz Lang, Max Ophüls, Billy Wilder, Robert Siodmak et également de scénaristes et acteurs juifs, sans provoquer  pour autant de remous dans l'industrie de la pellicule. Effectivement, pour Hitler et Goebbels, il ne s'agissait pas de transformer tous les films en propagande, mais de faire en sorte que ceux de divertissement ou historiques respectent le ton qu'on entendait qu'ils eussent et soient aménagés de façon à ce que leurs récits aillent  dans le sens souhaité. Sur les 1100 films produits sous ce régime, une centaine environ sont nettement marqués par cette idéologie et ... pour cause. C'est le cas de S.A. Brand de Franz Seitz (1933) de Hans Westmar de Franz Wenzler ou encore du Hittlerjunge Quex de Hans Steinhoff. A ces oeuvres de fiction, qui presque toutes illustrent le destin héroïque de jeunes soldats en lutte contre le communisme et la décadence, s'ajoutent des documentaires antisémites ou sur les congrès du parti, à Nuremberg par exemple, dont l'un Le triomphe de la volonté de Leni Riefensthal est particulièrement significatif.

 

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D'autre part, le durcissement du régime stalinien verra l'industrie nationale soviétique se glacer et le temps des avant-gardes et des audaces formelles disparaître des écrans. C'est le film de Eisenstein La ligne générale qui illustre le mieux cette régression  : on y assiste à la création d'un kolkhoze et à la célébration du travail, nouvel évangile du parti. L'année suivante Alexandre P. Dovjenko avec La terre produit un opus comparable. A cette tendance s'ajoute le penchant des autorités pour les films historiques à grand spectacle qui retracent la chanson de geste de la Révolution d'octobre. Au même moment, Mikhaïl Romm réalisera un Lénine en octobre et un Lénine en 1918 qui officialisent, en le soulignant de larges traits rouges, le rôle que l'on entend faire jouer au 7e Art sous cette dictature en leur attribuant une priorité d'intentions propagandes. Ceci prouvant, si besoin était, combien le cinéma était alors aux ordres du pouvoir.

 

Sources : La grande histoire du 7e Art de Laurent Delmas

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES, cliquer   ICI

 

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Dictature et 7 e Art
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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 09:16

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" Le surréalisme est ce point de l'esprit où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement ".

                                                                       André Breton

 

Au lendemain des troubles de la guerre de 14/18, le mouvement surréaliste allait cristalliser un certain mal de vivre et dévoiler "l'envers du décor logique" en privilégiant les aspirations subversives et les fantasmes. D'emblée les membres du groupe vont se passionner pour le cinéma, art qu'ils trouvent moins bourgeois que le théâtre, parce qu'il  permet de jongler avec le temps, de retranscrire les rêves et surtout d'explorer des possibilités inédites jusqu'alors comme l'inconscient et la folie. De même qu'ils placeront au coeur de leur quête l'amour fou, la liberté et la poésie. Ainsi le fantastique, l'extravagant, l'étrange et l'étonnant vont-ils avoir droit de cité dans le 7e Art et y faire une entrée fracassante afin que soient dépassées les conditions dérisoires de l'existence. Peut-être parce que les exigences financières des infrastructures s'accordent mal avec leurs principes, les surréalistes tourneront peu de films, du moins ces films auront-ils le mérite de secouer l'opinion et de faire date. En 1927, Germaine Dulac signe "La coquille et le clergyman" d'après un scénario d'Antonin Artaud qui sera mal reçu d'Artaud lui-même, considérant que l'opus ne correspond pas à son travail. Deux ans plus tard, un cinéaste s'impose avec outrance dans le domaine cinématographique et, tout au long de sa carrière de cinéaste, ne cessera plus de se recommander de ce mouvement qu'il illustre de façon  à déranger le spectateur et à faire de chacun de ses films un manifeste, c'est Luis Bunuel. Ami de Salvador Dali et de Federico Garcia Lorca, il met en pellicule la véritable profession de foi du mouvement avec "Un chien andalou", salué avec enthousiasme par les membres unanimes.  Viendra "L'âge d'or", d'après un scénario écrit avec Dali, oeuvre blasphématoire riche en métaphores visuelles fulgurantes qui tire à bout portant sur toute représentation de l'ordre établi. Le film est projeté en salles durant une semaine, puis sera interdit par la censure et le restera jusqu'en 1980.

 


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A la même époque, Jean Cocteau tourne son premier essai "Le sang d'un poète", financé par un mécène le vicomte de Noailles, où l'auteur s'abandonne à son tour aux tentations de l'inconscient et du rêve avec infiniment de talent mais sera conspué par les surréalistes qui l'accusent d'emprunts illégitimes, d'hybridation, d'artifices et de préciosité. Faux procès lorsque l'on sait que Cocteau s'intéresse principalement aux mythes, qu'il se plaît à tourner dans des décors insolites et qu'il privilégie en tout premier la poésie des images qui se veut à l'égale de celle des mots. Des films comme "La belle et la bête", "Orphée", "Le testament d'Orphée" prouvent sa science innée de la mise en scène, sa primauté de l'image sur le texte, sa méfiance du récit linéaire qui appauvrit le  narratif et principalement son souci de faire cavalier seul et de ne se recommander que de lui-même. Dissous en 1969, le mouvement surréaliste n'en a pas moins marqué les esprits et institué une longue et persistante influence sur les générations. On retrouve son esthétique dans une multitude d'oeuvres et non des moindres. Chez Alfred Hitchcock par exemple, grand explorateur de la folie et des psychoses humaines  dans des films comme Rebecca, "La maison du Dr Edwardes", "Sueurs froides", "Psychose" ou "Les Oiseaux". Egalement chez Charles Laughton et "La nuit du chasseur", chez Federico Fellini, Raoul Ruiz ou David Lynch. Mais ce surréalisme ne dérange plus personne ; il est infiniment moins violent et plus soft, c'est dire combien il s'est éloigné de sa vocation première qui était de réveiller "les volcans" en cédant à la rage subversive et à la provocation.

 

Pour lire les articles consacrés à Luis Bunuel, Alfred Hitchcock, Federico Fellini et David Lynch, cliquer sur leurs titres : 

 

LUIS BUNUEL OU LE DETACHEMENT VOLONTAIRE       

ALFRED HITCHCOCK - UNE FILMOGRAPHIE DE L'ANXIETE               

FEDERICO FELLINI           

DAVID LYNCH

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique MES BILANS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 09:24

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Le 7e Art se féminise depuis quelques années, où sont apparues sur le devant de l'écran de jeunes cinéastes qui font preuve d'une maîtrise et d'un talent qui n'ont rien à envier à ceux des hommes. Elles ont pour noms : Nadine Labaki, Valérie Donzelli, Maïwenn, Mélanie Laurent ou Mila Hansen-Love. Surtout elles ne font rien comme les hommes et osent des castings inattendus, préférant souvent les inconnus aux grandes vedettes et privilégiant ainsi des tournages à budget modeste. Prenons pour exemple Valérie Donzelli qui n'a dépensé que 1,3 millions d'euros pour tourner "La guerre est déclarée", c'est-à-dire cinq fois moins que le budget moyen d'un long métrage en France, alors que son film est en passe d'être le succès le plus rentable de l'année, comptabilisant déjà 240.000 entrées en 9 jours. Et c'est bien parti pour les 900.000 prévoit l'heureux producteur. A 38 ans, cette jeune femme ouvre le bal d'une saison où s'imposent décidément des actrices et réalisatrices dont la moyenne d'âge se situe entre 30 et 40 ans. Le 14 septembre, c'est au tour de "Et maintenant on va où ?de Nadine Labaki, l'auteur de "Caramel"  - un film qui a conquis le public, il y a de cela deux ans - de sortir dans les salles avec pour sujet les tensions religieuses qui ne cessent de s'intensifier au Moyen-Orient. "Polisse" de Maïwenn débutera une carrière prometteuse le 19 septembre, "Poulet aux prunes" de Marjane Satrapi le 26. Soit un total de 20 longs métrages portés par une nouvelle génération de filles. Sans compter Mélanie Laurent et son premier film "Les adoptés", prometteur d'un talent qui affirme déjà son style et son écriture malgré d'indéniables faiblesses.

 

 

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Il y a quelques années de cela- remarque Cécile Felsenberg de l'agence UBBA - les femmes cinéastes se comptaient sur les doigts d'une main : Nicole Garcia, Coline Serreau, Danièle Thompson, Tonie Marshall. Puis, on a vu arriver des spécialistes des comédies populaires telles Isabelle Mergault, Lisa Azuelos et Pascale Pouzadoux. Aujourd'hui la nouvelle génération s'intéresse à tous les genres.

 

Ainsi Katia Lewkowicz (38 ans) dénonce certains aspects du mariage ; Hélène Fillières (39 ans) s'inspire dans "Sévère" de l'affaire Stern avec Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde ; Emmanuelle Bercot (43 ans) puise ses sources dans le scandale du Mediator, quant à Julie Delpy ( 47 ans ) elle passe d'une chronique familiale bien française Le Skylab  à une comédie branchée américaine "2 Days in New-York".

 

Ces réalisatrices douées et ambitieuses ont en commun le goût du cinéma d'auteur, noblesse du 7e art français et semblent plus habiles à faire passer des sujets difficiles- souligne le PDG des agences Artmedia et VMA, Bertrand de Labbey.  Armées comme elles le sont, nul doute qu'elles iront loin et apporteront un nouveau souffle et de nouvelles perspectives au cinéma, sans cesser de nous surprendre.

 

Pour consulter les articles que j'ai consacrés à quelques-uns des films de ces réalisatrices, cliquer sur leurs titres :

 

CARAMEL de NADINE LABAKI           PERSEPOLIS de MARJANE SATRAPI 

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:39

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Voilà un beau film, dur à visionner parce que, dès qu'il s'agit de la vie d'un enfant, l'émotion est aussitôt à fleur de coeur, mais grâce à la maîtrise de la jeune et talentueuse Valérie Donzelli l'opus évite les tentations de pathos qu'un tel sujet risquait de provoquer. Dès les premières images, nous sommes sous le charme d'un narratif vif, juste, précis, véritable hymne à la vie et ode à l'espérance. Oui, la guerre est déclarée à la maladie lorsque le jeune couple formé par Roméo et Juliette s'aperçoit que leur fils Adam, âgé d'un peu plus d'un an, ne marche pas et semble développer les symptômes propres à une évolution retardée. Le résultat du scanner est impitoyable : tumeur au cerveau et, plus grave, tumeur maligne. En quelques secondes, Roméo et Juliette se voient embarqués dans une course de fond qui durera cinq ans. Cinq ans à vivre auprès d'un enfant confiné dans sa chambre stérile et ayant à subir des traitements lourds qui ne lui laissent guère que 10% de chance de guérison. Néanmoins, le miracle se produira. Confrontés à l'insupportable, les parents vont puiser dans leur amour et la tendresse jamais mise à défaut de leurs proches, la force de mener le combat à son terme. Le sujet, pour le moins plombant diront certains, est traité avec intelligence par la réalisatrice qui insuffle à son histoire les ingrédients nécessaires : humour, vitalité, malice, justesse de ton, lui conférant ainsi une coloration très personnelle et un réalisme qui sait habilement déjouer les pièges et user de la dérision pour dynamiter un thème aussi sensible.

 

Après "La reine des pommes", son premier film, Valérie Donzelli impose dès lors un savoir-faire évident auprès de son compagnon, l'acteur Jérémie Elkaïm, tous deux prêtant à leurs personnages respectifs un charisme irrésistible. Accompagné d'une musique en parfaite adéquation avec le sujet et où l'on retrouve Vivaldi, Bach, Ennio Morricone, la chanson de Jacques Higelin "Je ne peux plus dire je t'aime", de même que l'inédit de Benjamin Biolay " Ton grain de beauté ", le film ne cesse de susciter attention et émotion et on se sent très près de ce couple qui fonctionne au courage et à l'espérance, "cette petite espérance - qui entraîne tout" - écrivait Charles Péguy . La guérison et le beau ciel au-dessus de la mer que contemplent, sur la dernière image, un couple et un enfant de 8 ans, est la conclusion confiante et poétique de ce marathon mené à son but. Admirablement interprété avec des seconds rôles plus vrais que nature, "La guerre est déclarée" renouvelle un cinéma trop souvent confiné dans des sujets stériles. Bravo à Valérie Donzelli d'apporter son souffle, sa dérision et sa tendresse au 7e art du XXIe siècle.



Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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LA GUERRE EST DECLAREE de VALERIE DONZELLI
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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:00

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Naomi Watts a le vent en poupe. Son jeu naturel, sa fraîcheur, sa présence toute en finesse et spontanéité l'ont rendue très populaire auprès d'un public international auquel n'a pas échappé ces qualités évidentes. D'autant qu'elle a su mener sa carrière avec feeling, après des débuts assez lents et difficiles, et s'imposer ensuite par le choix de ses metteurs en scène dont David Lynch qui la fait jouer en 2001 dans Mulholland Drive aux côtés de Justin Theroux et Laura Harring. Il expliquera son choix en disant : " J'ai vu quelqu'un dont j'ai deviné immédiatement le talent potentiel, qui de plus avait une belle âme et assez d'intelligence pour aborder des rôles très différents ".

 

Née le 28 septembre 1968 en Angleterre, et après une enfance difficile, Naomi a débuté sa carrière à la télévision australienne où elle est apparue dans diverses séries avant de se lancer dans le théâtre et d'aborder le 7e Art dans des films de classe B, qui n'auront que le mérite de la familiariser avec la pellicule. Après le film de Lynch, qui lui a valu les éloges des spectateurs, elle obtient de nouveau le succès dans L'anneau en 2002 et est nominée aux Oscars en 2004 pour son interprétation de Cristina Peck dans 21 grammes de Alejandro Gonzalez Inarritu face à Sean Penn, recevant, par la même occasion, son premier Academy Award de la meilleure actrice qui confirme très officiellement son talent de comédienne. Elle y est une jeune femme éplorée qui vit une existence dangereuse après l'assassinat de son mari. Le New York Times écrira à ce sujet que Watts se réinvente à chaque performance. Il est facile d'oublier - ajoute-t-il - à quel point elle est brillante ; elle a une audace qui vient d'un manque d'emphase ; tandis que le San Francisco Chronicle la considère comme fascinante.

 

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En 2008, on verra Naomi dans Funny Games du réalisateur Michael Haneke, aux côtés de Tim Roth. Elle y campe une femme retenue en otage avec son mari et son fils par de jeunes délinquants. En 2010, elle sauve en partie le Woody Allen de l'année Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu où, face à Josh Brolin, elle est une épouse dont le couple traverse de sérieuses turbulences et cela avec une conviction et un charme qui suscitent l'adhésion. Convertie au boudhisme et végétarienne, Naomi Watts est également l'ambassadrice des Nations Unies dans sa lutte contre le Sida et a mené une vie sans histoire durant onze années auprès de son mari Liev Shreiber avec lequel elle a eu deux fils Alexander Pete et Samuel Kai et dont elle s'est séparée en 2016. Quant à son apparition en princesse Diana, elle  ne laissera certes pas un souvenir inoubliable, bien que personnellement elle n'ait pas démérité.  En 2018, elle tient le rôle de Gertrude dans Ophelia de Claire McCarthy d'après le roman de Lisa Klein et d'autres apparitions sont programmées, assurant à cette actrice délicate et intelligente une carrière continue et judicieuse. 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

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NAOMI WATTS - PORTRAIT
NAOMI WATTS - PORTRAIT
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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 09:34

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Soeur aînée de Warren Beatty, née en Virginie le 24 avril 1934, Shirley MacLaine a su, dès ses débuts, imposer au public américain et bientôt international, son minois rieur et ses taches de rousseur, à une époque où la beauté hollywoodienne était incarnée par la blonde Marilyn Monroe et la rousse et flamboyante Rita Hayworth. Elle fait ses débuts en 1955 avec Alfred Hitchcock qui utilise au mieux son charme primesautier dans "Mais qui a tué Harry ?". Ensuite viendra une succession de films dont "Deux sur la balançoire"  (1962) de Robert Wise, "Irma la douce" (1963) de Billy Wilder, "Sept fois femme" (1967) de Vittorio de Sica, "Sierra torride" (1970) de Don Siegel et "Valentine's Day" de Garry Marshall en 2010, pas moins d'une cinquantaine de longs métrages, parfois trois ou quatre tournés la même année. Et cela sans compter les livres écrits dont un sur la réincarnation et les nombreuses apparitions à la télévision.

 

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Partenaire de Clint Eastwood ou de Jack Nicholson et interprète de grands réalisateurs comme Billy Wilder et Alfred Hitchcock auquel elle dit tout devoir alors que, jeune danseuse à Broadway, il l'engage et lui ouvre par la même occasion l'avenir et  la carrière que l'on sait, elle déplore qu'aujourd'hui le cinéma américain soit avant tout une affaire de marketing. "Je crois" - dit-elle - "que l'époque des histoires audacieuses, qui faisaient réfléchir, qui apportaient un peu de fraîcheur est vraiment révolue. Il s'agit seulement d'utiliser le dernier outil technologique. ( ... ) J'en ai marre d'aller m'asseoir dans une salle pour voir quel est le dernier objet qui va me sauter à la figure avec le 3D. L'âge d'or du cinéma était celui des histoires qui éveillait  la conscience des spectateurs. On n'est plus là-dedans." Malgré cela Shirley a su conserver son goût des studios et a tourné une comédie de Richard Linklater " Rock Academy" malgré ou grâce à ses 77 printemps. Après Deauville, qui l'avait reçue avec faste dans le cadre de son 37eme Festival du Cinéma Américain, la France lui a remis la Légion d'honneur pour ses bons et loyaux services à l'égard du 7e Art et la cinémathèque, quant à elle, lui a consacré une rétrospective. Longue vie Shirley !

 

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SHIRLEY MACLAINE - PORTRAIT
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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 08:42
UN HOMME ET UNE FEMME de CLAUDE LELOUCH

                                                                                                

Ce serait réduire Deauville que de la considérer seulement comme une station balnéaire, certes luxueuse, mais qui ne devrait son attrait qu'à la seule alliance de la mer et de la campagne. Située à l'embouchure de la Touques, sur la côte basse et marécageuse qui fait suite aux falaises des Roches-Noires, elle a très vite séduit une élite parisienne par son goût marqué pour les innovations les plus avant-gardistes : rallyes automobiles, régates nautiques, meetings d'aviation et d'hydravion, si bien que l'on peut parler d'elle à plus d'un titre : capitale du cheval, site privilégié du nautisme et, aujourd'hui, vitrine flatteuse pour la promotion des films américains, avec son Festival qui voit accourir les professionnels et les amateurs.

 

Grâce à un opus comme "Un homme et une femme", réalisé en 1966, Claude Lelouch faisait office de précurseur et devançait de peu l'engouement pour le grand écran qui allait saisir la ville. C'est en 1975 que le couple d'Ornano crée la première édition du festival du film américain, ouvrant ses salles obscures, son casino, ses grands hôtels aux stars venues d'Outre-Atlantique. Elles allaient bientôt avoir leurs suites dans les palaces, leurs places réservées dans les meilleurs restaurants, leurs habitudes dans les bars et les boutiques, et apprécier le charme incomparable d'une campagne où vallons, coteaux, collines se déclinent avec élégance dans un décor de manoirs, de haras, d'églises romanes et d'abbayes, familier aux peintres et aux écrivains. Peu d'endroit qui ait en main pareils atouts et sache les abattre avec autant d'opportunité. Faisant suite à l'août musical, aux tournois de polo, aux courses de plat, aux ventes de yearlings, le Festival du film américain clôt en apothéose, chaque mois de septembre, la saison estivale.

 

En 1966, il est certain que Deauville n'avait pas retrouvé les fastes de l'avant-guerre et que le film venait à point nommé  rappeler au public combien pouvaient être beaux les espaces liquides que sont ensemble, à certaines heures du soir, le ciel et les sables dénudés par la mer. Le goût pour les week-ends d'hiver, où il fait si bon marcher des heures à l'orée des flots, dans une nature solitaire avec la seule compagnie des oiseaux marins, allait tenter à nouveau les parisiens qui s'apercevaient que Deauville-Trouville n'était jamais qu'à une encablure de la capitale. Le film n'est certes pas un chef d'oeuvre, mais il a le mérite de rendre attrayante une nature hivernale comme recueillie, en même temps qu'il rend palpable les sentiments émouvants que peuvent éprouver deux veufs mis subitement en présence d'un nouvel amour. Cette romance simple, mais délicate, qui se joue sur fond de mer, conjuguant sa gamme infinie de gris, sut plaire. Et plaire au point que le film obtint le grand prix du Festival de Cannes 1966.


Avec peu de moyen et de l'imagination, afin de minimiser le coût de production, Claude Lelouch a réalisé un long métrage qui, malgré le temps, a conservé son actualité et son charme. Depuis ses débuts, dans les années 60, le cinéaste a traversé les époques et les modes et navigué entre les grosses productions et les films plus intimistes, comme celui-ci. Son cinéma, à la fois populaire et d'auteur, a fédéré un public qui lui est resté fidèle, malgré les attaques réitérées de la critique qui ne l'a pas épargné et lui a reproché vigoureusement  un certain amateurisme. Il est vrai que Lelouch aime à filmer ses acteurs au dépourvu, en ne leur donnant leur texte qu'au dernier moment, de façon à susciter l'improvisation. Son cinéma est ainsi le contraire de celui d'un Eric Rohmer si travaillé. Mais n'a-t-on pas jugé Rohmer trop intellectuel ? Heureusement que, faisant fi des propos des uns et des autres, ces deux artistes ont continué à mener leur carrière avec ténacité.


Voici ce que Lelouch devait déclarer à Deauville, lorsque la cité balnéaire jugea opportun de donner son nom à l'une de ses rues. Elle lui devait bien cela...

" C'était à une époque où j'étais au bord du trou. Mon dernier film ne trouvait pas de distributeur et m'avait endetté jusqu'au cou, au point que j'envisageais de vendre ma société Les Films 13. Une nuit du printemps 1965, désespéré, j'ai pris ma voiture, direction autoroute de l'Ouest, un peu au hasard. J'ai atterri à Deauville vers 2/3 h du matin, me suis garé sur les Planches et me suis endormi.
Un lever de soleil sublime m'a réveillé, une lumière comme seule la côte normande peut en générer. La plage était déserte, sauf un point qui bougeait au loin. Je suis sorti de l'auto et me suis dirigé vers ce point qui s'avéra en être trois qui se précisaient au fur et à mesure qu'ils grossissaient dans mon champ de vision. Une femme se promenait sur la plage à 6 h du matin en compagnie d'un enfant et d'un chien. Que fait-elle à cette heure-là ? Quelque chose alors s'est déclenché en moi : je me suis surpris à imaginer sa vie, ce qui l'avait poussée à se balader seule ou presque à l'aube.
Un scénario se mettait en place tout seul dans ma tête. Arrivé à 500 mètres de l'inconnue (qui l'est restée à jamais), j'ai rebroussé chemin et je suis remonté en voiture, direction Paris. A la gare, il y avait un café déjà ouvert, j'ai demandé de quoi écrire et j'ai jeté les bases de ce qui deviendrait 9 mois plus tard Un homme et une femme. Une palme d'or, deux Oscars, 47 récompenses internationales, le miracle... Et maintenant une place à mon nom !"

 

L'universalité du thème, la tendresse voilée et les amours mélancoliques et photogéniques de Jean-Louis Trintignant et d'Anouk Aimée, la musique de Francis Laï avec le fameux chabadabada  qui fit le tour du monde, y sont pour beaucoup. Le film exalte joliment la nostalgie des choses qui finissent et se figent un moment, comme la nature s'immobilise dans son hiver, avant de se remettre dans le mouvement du temps et s'achever sur une note d'espérance. Jean-Louis Duroc, coureur automobile, et Anne Gauthier, qui se sont rencontrés par hasard, se sont rapprochés et éloignés, parce qu'il leur semblait que le passé était encore trop présent, ne manqueront pas le rendez-vous de la dernière chance, où l'on voit Trintignant  attendre sur un quai de la gare St Lazare celle avec qui il souhaite recommencer sa vie.

 

Pour lire l'article consacré à Jean-Louis Trintignant, cliquer sur son titre :   JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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UN HOMME ET UNE FEMME de CLAUDE LELOUCH
UN HOMME ET UNE FEMME de CLAUDE LELOUCH
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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 09:36
FRANCIS FORD COPPOLA - PORTRAIT


La vocation artistique va se développer très tôt chez le jeune Francis Ford Coppola qui, atteint de la poliomyélite, passera son enfance alité, ce qui favorisera son imagination et l'incitera à bricoler des spectacles de marionnettes et à s'inventer un monde fictif en mesure de faire de lui un créateur à part entière. Fils d'un musicien italien émigré (auteur de plusieurs des partitions de ses longs métrages), le jeune Francis s'initie dès son âge le plus tendre à réaliser des films amateurs avec la caméra 8mm de son père, puis part étudier le théâtre à l'Université de Hofstra avant d'intégrer l'école UCLA et, une fois ses études achevées, à accepter toutes sortes de travaux (films d'horreur, érotiques, montage de films soviétiques ) afin de se familiariser avec les techniques cinématographiques et à vivre en osmose avec cet univers. Mais, bientôt, son évidente facilité à rédiger des scénariis lui permet de se consacrer à des tâches plus nobles comme de participer à l'élaboration de  "Paris brûle-t-il ?" de René Clément et  "Reflets dans un oeil d'or"  de John Huston. En 1963, il passe à la réalisation avec "Dementia 13", un film d'horreur produit par Corman, ensuite avec "Big Boy" (1966), comédie sélectionnée pour le Festival de Cannes, enfin avec "La vallée du bonheur", dernière comédie musicale interprétée par Fred Astaire. Refusant les gros budgets auxquels il peut prétendre, il tourne avec une équipe réduite "Les gens de la pluie"  (1969), road-movie typique de la contre-culture des années 60, où on voit une bourgeoisie en rupture de ban prendre en auto stop un athlète mentalement retardé. La beauté de la mise en scène et la qualité de l'interprétation confirmeront auprès du public l'émergence d'un talent original avec lequel il faut désormais compter. C'est à ce moment qu'il fonde avec Georges Lucas les studios American Zoetrope  basés à San Francisco. Hélas, l'échec de "THX1138"  de Georges Lucas mineront les espérances de Coppola et le contraindront à accepter d'écrire le scénario du "Parrain"  d'après un best-seller de Mario Puzo, mais il pose ses conditions et entend gérer ce budget colossal en engageant Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone et un inconnu Al Pacino dans celui de son fils. Or le coup de poker se révélera être un coup de maître et, "Le Parrain", un triomphe qui assoira définitivement la réputation de son auteur.

 

"Le Parrain 2" ne fera que confirmer le succès du premier opus et les deux oeuvres seront récompensées par l'Oscar du meilleur film et l'Oscar du meilleur réalisateur. Entre temps, Coppola a écrit et mis en scène un film d'espionnage de facture  personnelle "Conversation secrète", qui conte l'histoire d'un homme soupçonné d'être impliqué dans un meurtre, sobre thriller politique sur l'obsession des écoutes téléphoniques en pleine actualité dans les années 70 aux Etats-Unis. Ce film recevra la Palme d'or à Cannes. Ensuite, Coppola va alterner les oeuvres baroques et les études psychologiques, fouillant ses sujets avec la maîtrise qui le caractérise, ainsi "Appocalypse Now" en 1979, vision hallucinée des horreurs de la guerre au Viêt-Nam ou "Dracula" (1992) qui dépasse de loin en richesses et intrigues les nombreuses versions précédentes. Dans le second registre, ce seront "Outsiders/Rusty James" (1983), peinture d'une jeunesse à la dérive qui bénéficie d'une somptueuse imagerie et, à mi-chemin entre ces deux orientations, il faut recenser "Coup de coeur"  (1982), projet modeste sur les peines de coeur d'un couple banal dont le mérite est d'avoir expérimenté, pour la première fois, les ressources des trucages numériques. En 1990, soit seize ans après "Le Parrain 2", Coppola met en scène "Le Parrain 3", conclusion et final de cette trilogie magnifique, où le personnage central est toujours campé par Al Pacino, remarquable. Plus encore que les deux précédents, le troisième volet de cette saga est  une grande réussite, un opéra tragique quasi shakespearien où la vie de Mikaël et de la famille Corleone se déploie avec une ampleur baroque et impressionnante et où Coppola signe un film d'une force peu commune qui sonne comme "Le châtiment d'une justice immanente". Mais, très éprouvé par la mort de son fils, le cinéaste traverse une période difficile où il prend goût à la drogue, devient sujet à des crises mystiques et fait même une tentative de suicide, ne tournant plus alors que des oeuvres moins inspirées comme "L'idéaliste" (1997) ou "Supernova" (2000). Il ne reviendra à une réalisation originale et personnelle que sept ans plus tard avec "L'homme sans âge" (2007), d'après le roman éponyme de Mircéa Eliade. Mais ce film ne sera pas un succès. Cependant, malgré ses passages à vide ou ses changements d'humeur, Francis Ford Coppola n'en demeure pas moins l'auteur de quelques films parmi les plus  innovants de notre époque et peut être considéré aujourd'hui, en cette seconde décade du XXIe siècle, avec son retour à la sagesse et sa barbe, comme le patriarche du 7e Art. D'autant que sa fille assure la relève.

 

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Marlon Brando et Al Pacino

Marlon Brando et Al Pacino

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 10:08

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Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux, marié à une femme snob et convenue, découvre qu'une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit... au sixième étage de son immeuble bourgeois. Maria, la jeune femme qui travaille sous son toit, lui fait découvrir un univers exubérant et folklorique à l'opposé des manières et de l'austérité de son milieu. Touché par ces femmes pleines de vie, il se laisse aller et goûte, pour la première fois, à des plaisirs sans prétention. Mais peut-on vraiment changer de vie à 45 ans ?Certes  ce film ne va pas révolutionner le 7e Art, certes il n'échappe pas aux stéréotypes faciles et aux clichés simplistes dans sa peinture de la société des années 60 qui rangeait volontiers ses classes sociales par étages, mais il y a, dans cet opus, une chaleur humaine, une gaieté de bon aloi, un optimisme qui en font un divertissement familial que l'on savoure avec une certaine gourmandise et une totale absence de contrition, car cela nous change de la violence habituelle et des effets spéciaux dont le cinéma américain surcharge ses productions jusqu'à l'overdose. Rien de cela chez Philippe Le Guay qui nous livre un film pleinement franchouillard, où l'on voit un certain Monsieur Joubert, agent de change de son état, réalisant que son avenir n'est pas forcément lié aux actions et obligations boursières, grâce à la découverte, au sixième étage de son bel immeuble haussmannien, d'un petit paradis de gentillesse et de bonne humeur que régissent d'autres valeurs et où la vraie vie est brassée à pleines mains. Dans le rôle de Jean-Louis Joubert, échappant aux convenances et se transformant sous l'effet de cette révélation,  Fabrice Luchini est formidable, jouant ce bourgeois coincé qui s'émancipe avec toute la sobriété nécessaire, n'en faisant ni trop, ni pas assez, aux côtés de Sandrine Kiberlain, plus vraie que nature dans celui d'une femme aseptisée et sans saveur, confinée dans son périmètre de jeune mondaine formatée.

 

Quant aux Ibériennes du 6e étage responsables de la transformation de notre héros, dont l'épopée saura se limiter aux contours de son immeuble, elles sont toutes crédibles. Que ce soit Conception (Carmen Maura), Dolorès, Pilar ou Maria, interprétée par la ravissante Natalia Verbeke, elles ne peuvent que susciter notre sympathie et nous ouvrir les perspectives  d'un univers sans fards, sans botox, sans calcul, sans tricherie, ayant remplacé le nombrilisme rampant par la générosité et l'entraide. Et cette remise en mémoire n'est pas inutile de nos jours. Allez vite vous ressourcer à ce spectacle sans prétention qui rappelle le bon temps d'un cinéma familial qui faisait la joie de nos samedis soirs.

 

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LES FEMMES DU 6e ETAGE de PHILIPPE LE GUAY
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 09:23
BRUNO CREMER - PORTRAIT


Une carrure d'athlète, une voix grave, une intériorité tantôt rassurante, tantôt inquiétante, un souffle perceptible comme celui d'un animal continuellement en alerte, tels étaient quelques-uns des traits caractéristiques de Bruno Cremer, décédé d'un cancer le 9 août 2010, à l'âge de 80 ans. De père français et de mère flamande, cet épicurien, amateur de bonne chair, de bons vins et de gros cigares, pudique et discret, était né à Saint-Mandé le 6 octobre 1929. Peu désireux de poursuivre des études, il décide de devenir comédien et présente le concours d'entrée au Conservatoire, où il échoue. C'est alors qu'il tombe gravement malade et reste plus d'un mois entre la vie et la mort. Une fois guéri, il présente à nouveau le concours et, cette fois, avec succès. Après 4 années au Conservatoire où il aura pour professeurs Madame Dussane et Maurice Escande, il en sort avec le deuxième prix pour sa prestation dans Horace de Corneille.
 


Sa carrière au théâtre commence avec le rôle de Henry dans Richard III de Shakespeare. Elle sera interrompue par son service militaire et piétinera un moment jusqu'à ce que le jeune acteur fasse une rencontre providentielle avec Jean Anouilh, qui l'engage pour interpréter le rôle de Thomas Becket dans Becket ou l'Honneur de Dieu. Ce sera un triomphe. Mais si le théâtre constitue pour le comédien l'art majeur, il ne boudera pas le cinéma qui l'aidera à vivre et lui offrira des rôles intéressants comme dans  La 317e section (1964) de Pierre Schoendoerffer, où il y campe une magnifique figure de soldat durant la guerre d'Indochine, l'adjudant Willsdorff, homme intelligent et charismatique, doué d'une grande finesse psychologique. Viennent ensuite des rôles de qualité dans 5 films d'Yves Boisset : Cran d'arrêt (1970), L'attentat (1972), R.A.S. (1973), Espion , lève-toi (1981) et Le prix du danger (1983). Son talent ne cesse de s'affirmer également dans des registres très différents, comme dans Une histoire simple (1978) de Claude Sautet, ou Anthracite d'Edouard Niermans. Puis il renoue avec Schoendoerffer et tourne sous sa direction L'honneur d'un capitaine en 1982, ce qui est pour lui l'occasion d'être à nouveau le partenaire de Jacques Perrin, et il enchaîne, dans la foulée, deux polars honorables : dans l'un il incarne un personnage violent, c'est A coups de crosse (1984) de Vincente Aranda avec Fanny Cottençon ; dans l'autre un personnage protecteur, c'est  Effraction de Daniel Duval où il donne la réplique à Marlène Jobert et Jacques Villeret.
 


Suivront 3 films de Jean-Claude Brisseau : Un jeu brutal (1983), De bruit et de fureur (1988) et bien sûr Noce blanche (1989) auprès de Vanessa Paradis. Sa carrière cinématographique se clôturera par le fantasmatique Sous le sable (2000) de François Ozon avec Charlotte Rampling et le bouleversant dernier film de José Giovanni  Mon père, il m'a sauvé la vie (2001), ultime témoignage d'un metteur en scène en pleine possession de ses moyens.

 

Mais c'est grâce à la télévision et au personnage de Maigret que Bruno Cremer deviendra véritablement populaire auprès du grand public. Pas moins de 54 épisodes seront tournés en quatorze ans. Il y campe un Maigret fidèle à l'esprit de Georges Simenon, d'une rondeur légèrement bourrue, évitant tout effet de style et d'une présence qui rappelait celle d'un Jean Gabin. Son physique aux traits lourds et marqués dégageait néanmoins un charme lumineux. Alchimie emblématique des acteurs de grande race, comme il y en a eu peu. Toujours juste, toujours sobre, il aura mené sa carrière avec autant de nonchalance que de professionnalisme. Il laisse un vide d'autant plus grand qu'il n'y a pas, dans le paysage cinématographique actuel, de gueule pour le remplacer. Mais est-il seulement remplaçable ? Le plaisir, qu'il nous reste, est celui de revoir ses films et de nous imprégner de cette présence, toute ensemble rugueuse et sensible.


" Cet homme était un mystère, quelque chose d'étrange. Il faisait rarement voir l'affection qu'il éprouvait pour certains êtres. C'était un prince. Je pense que c'était le plus grand de nous tous, très honnêtement " - dira Jean Rochefort lors de ses obsèques.

 

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BRUNO CREMER - PORTRAIT
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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

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