Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 10:08
La jeune fille à la perle de Peter Webber

J’avais raté la sortie de cet opus en 2004, aussi ai-je sauté sur l'occasion de le découvrir l’autre soir sur Arte. Je n'ai pas été déçue.

 

En 1665, dans la ville hollandaise de Delft, une jeune fille de 17 ans, Griet, est engagée comme servante dans la demeure de Johannes Vermeer. Le peintre vit avec sa femme Catharina, ses nombreux enfants et sa belle-mère Maria, qui dirige la maisonnée d'une main de fer. Discrète et soumise, Griet est vite fascinée par le travail de son maître, dont elle est chargée de nettoyer l'atelier. Attiré par la beauté de la jeune femme, Vermeer en fait son assistante, lui demandant d'acheter et de mélanger ses couleurs. Il accueille même avec intérêt les remarques de la jeune servante au sujet de ses compositions picturales et finit par lui demander de poser pour un portrait. Mais l'œuvre devra être exécutée en secret pour ne pas éveiller la jalousie de Catharina. Appelé  soit "Jeune fille au turban", soit "Jeune fille à la perle", le célèbre tableau de Vermeer, qui a servi d'inspiration au roman de Tracy Chevalier (d'où est tiré le scénario), est parfois surnommé la Joconde du Nord. L'histoire de sa création, telle qu’elle est racontée ici, est en grande partie fictive. En effet, si bon nombre de détails évoquant la vie familiale de Vermeer sont authentiques, le personnage de la servante a été inventé par l’auteur du roman et ne fait qu’ajouter au charme de l’œuvre picturale. C'est à travers le regard attentif, admiratif, parfois troublé et effarouché de cette jeune fille sensible à l'art que le spectateur est invité à pénétrer dans l'intimité créatrice d'un des peintres les plus fascinants du XVIIe siècle, celui que Marcel Proust considérait comme son peintre préféré. L'intrigue elle-même demeure mince, mais le film est riche en observations sur la hiérarchie sociale et son cloisonnement à l’époque, sur les détails psychologiques subtilement allusifs de la relation qui se tisse entre le peintre et son modèle. Il faut dire aussi qu'au-delà de son récit, l’opus a le mérite de plonger le spectateur dans l'atmosphère du temps et qu’il est merveilleusement servi par le travail  remarquable du directeur de la photographie Eduardo Serra.

 

Néanmoins, Peter Webber devait faire face à deux difficultés majeures. En adaptant le roman de Tracy Chevalier, le réalisateur risquait de passer à côté du raffinement et de la délicatesse du roman. Le second enjeu est inhérent au cinéma et à la peinture : comment rendre compte du génie pictural de Vermeer qui réside justement dans son sens aigu de la lumière et des accords chromatiques ? Or, c’est dans ce registre qu’excelle Peter Webber dont la reconstitution de l’atmosphère et des détails de l’époque est remarquable et nous offre une suite de scènes de la vie quotidienne flamande éblouissante. Par petites touches, le réalisateur se glisse dans l’antre de la création, distillant les reconstitutions des œuvres les plus connues du maître hollandais. La caméra traite son sujet comme le ferait un pinceau  et nous offre des images d’une harmonie rare, au point que certaines scènes s’élèvent comme de purs instants de grâce. Et si le réalisateur ne parvient pas aussi subtilement que dans le roman à teinter de romantisme et de tension charnelle la relation entre la muse et l’artiste, l’interprétation touchante et délicatement nuancée de Scarlett Johansson  et le flegme de Colin Firth illuminent La jeune fille à la perle que l’on contemple avec la même fascination que le tableau original, tant le sujet semble avoir pénétré le tableau.

 

Pour consulter la liste des films du CINEMA EUROPEEN, cliquer  ICI

 


RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

La jeune fille à la perle de Peter Webber
La jeune fille à la perle de Peter Webber
Partager cet article
Repost0
3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 10:41

6FEST~2   

 

Deauville, comme Vénus, est née de la mer. Avant les années 1850, les lieux n'étaient qu'une étendue de sable et de marais où paissaient des moutons. C'est grâce à l'invitation du docteur Oliffe, en l'été 1858, que Charles Auguste Louis Joseph, duc de Morny, frère adultérin de l'empereur Napoléon III, fît la connaissance du port de Trouville et de ses environs. Découvrant lors de ses promenades, à la sortie du petit port, 160 hectares de terrains vierges et de plage de sable fin, ce visionnaire épris de luxe et de beauté, à une époque où les bains de mer commençaient à être à la mode, eut l'idée de faire sortir des marais, au bord du flot et des sables, à à peine 200 km de la capitale, cette station balnéaire qu'il voulait élégante et prestigieuse.



L'ensemble des plans fut établi par Berney, architecte parisien, amoureux de ce littoral. Il n'y manquait ni la gare, ni le casino, ni l'hippodrome, ni même le pont sur la Touques, trait d'union avec Trouville, cette aînée qui voyait grandir jour après jour une cadette déjà prête à rivaliser avec elle. L'affaire fut donc rondement menée et, dès 1866, le boulevard Cornuché voyait s'élever de luxueuses villas, alors que le Grand Hôtel s'apprêtait à recevoir une clientèle avide de distractions et de plaisirs. Malheureusement le duc de Morny n'eut guère le temps de profiter de la ville née à la fois de l'eau, des sables et de son imagination. Il mourut brutalement en 1865, laissant à ses successeurs le soin de poursuivre son oeuvre et de parer de séduction l'enfant chérie qui se préparait à devenir l'une des stars les plus convoitées de la côte. D'autant que Deauville ne se contentait pas d'offrir les loisirs habituels des stations balnéaires, son ambition était autre : elle désirait être le site des innovations que cette fin de XIXe ne cessait de promouvoir, préfigurant la modernité du siècle suivant, si bien que la ville devint, dès 1910, le lieu privilégié des courses automobiles, équestres et même d'aviation et d'hydravion. En août 1913, la course Paris-Deauville en hydro-aéroplane suivie, deux semaines plus tard, du concours des avions marins marqueront les mémoires. Ce dernier avait pour objectif la sélection d'appareils susceptibles de répondre aux besoins de la marine française. Quinze pilotes seront présents sur des monoplaces et des biplans et la meilleure vitesse sur base sera atteinte par Molla qui couvrait la distance de 555 km en 5h24m. Les nombreux spectateurs et les badauds présents sur les lieux s'enthousiasmèrent autant des performances que du passage, sur les planches, de personnalités comme Mistinguet, Maurice Chevalier et Roland Garros. Régates nautiques, courses diverses, hôtels et boutiques de luxe, casino, golf, Deauville avait tout pour séduire. Il ne lui manquait qu'un festival ... elle l'aura, après que deux guerres, et surtout celle de 39/45, aient affligé la Normandie de dommages dont elle sera longue à se relever et donné à l'Amérique le redoutable privilège de jouer dans son histoire un rôle déterminant. En 1945, la province est exsangue, les villes ravagées, les populations meurtries, mais le débarquement a eu lieu et la France est libérée ou sur le point de l'être. Le littoral a vu mourir sur ses plages des milliers de jeunes soldats américains, canadiens, anglais et français bien entendu, au point que les cimetières ont remplacé les champs d'épeautre où fleurissaient les coquelicots. Il est indispensable que le trait d'union entre la France et l'Amérique subsiste, mais de la façon la plus réconfortante, la plus artistique et innovante qui soit. Ce sera un festival du cinéma que vont patiemment envisager le groupe Barrière, le maire Michel d'Ornano et sa femme, Lionel Chouchan et André Halimi, pour rester fidèle à l'esprit novateur de la station. Ils le porteront sur les fonds baptismaux en septembre 1975, au cours d'une fête modeste, mais qui ne cessera plus, au fil des années, de recueillir les suffrages, d'attirer le public et d'apparaître comme l'un des événements incontournable du 7e Art. D'autant que Deauville met en avant la diversité cinématographique des Etats-Unis et n'a de cesse de faire découvrir au public français les nouveaux talents.
 



SLIDER-AFFICHE-V3.jpg

                                     Affiche du Festival 2013

 

On se rend à Deauville comme à Cannes ou à Venise ; ce Festival est l'un des rendez-vous les plus courus par les professionnels et les amateurs. Ils savent qu'ils seront bien reçus, que la ville dispose d'un ensemble hôtelier et de salles de spectacle dignes d'une telle manifestation. Pas moins de 50.000 spectateurs et 200.000 visiteurs en 2007 ; il est vrai que les organisateurs s'en sont donnés les moyens. Chaque année, en septembre, la ville resplendit de fleurs, les drapeaux claquent au vent, les restaurants ont affiné leurs menus, le ciel voit revenir les lumières aquarellées d'un début d'arrière-saison généralement agréable en cette région. Après les hommages institués en 1977 pour honorer des personnalités remarquables du 7e Art, la compétition des avant-premières sera inaugurée en 1995. Avant cela, le Festival se contentait d'être une rampe de lancement pour les grosses productions d'Outre-Atlantique ; désormais, à travers ses divers Grands Prix, Deauville se plaît à récompenser des oeuvres indépendantes et de qualité. Et, récemment, une toute nouvelle innovation a donné satisfaction à la plupart des cinéphiles :  Les nuits américaines qui projettent dans les salles des cinémas de la station les classiques, mémoire d'un cinéma qui a largement contribué à l'aura dont bénéficie l'art cinématographique. Ne devons-nous pas à l'Amérique des films inoubliables que ce Festival nous propose de revoir avec plaisir ?  Ainsi, dans un décor de rêve, le long d'un littoral que les plus grands peintres se sont plus à évoquer, en cette fin d'été si propice aux lumières douces et à peine voilées, le Festival de Deauville attire les amoureux, non seulement du cinéma, mais peut-être aussi de la lumière particulière que l'art pose sur les choses. Les célèbres planches ne cessent plus de voir défiler, se promener, s'attarder ces gens dont on parle. Après l'Aga Khan, Churchill, le roi d'Espagne, André Citroën, Coco Chanel, ce sont George Clooney, Harrison Ford, Tom Cruise, Matt Damon, Sharon Stone, Julia Roberts, Angela Joly ou Meryl Streep. Les badauds se bousculent, rêvent un moment, sommes-nous en France, en Normandie, à Deauville ou simplement ailleurs.

 

Pour consulter les articles de la rubrique BILANS CINEMATOGRAPHIQUES, cliquer   ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

    

                                                          

DEAUVILLE ET L'AMERIQUE - HISTOIRE D'UN FESTIVAL
Partager cet article
Repost0
30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 10:39
My Lady de Richard Eyre

Faut-il obliger un adolescent mineur à recevoir la transfusion qui pourrait le sauver ? Fiona Maye, juge  à la Haute Cour britannique, familièrement appelée My Lady par ses confrères et consoeurs,  décide de lui rendre visite à l’hôpital avant de prononcer son jugement. Cette rencontre va bouleverser le cours des choses.

 

Inspiré de son roman sur la responsabilité individuelle, l’écrivain Ian McEwan a adapté pour l’écran ce sujet poignant, mis en scène par Richard Eyre, d’une femme confrontée, à l’aube de ses 60 ans, à l’une des décisions les plus difficiles de sa longue carrière de juge spécialisée dans les affaires familiales. Alors que son mari insiste pour qu’elle l’accompagne lors du prochain week-end dans les environs de Londres avec l'espoir de renouer des liens affectifs en voie d’extinction, un médecin demande de toute urgence au barreau à pratiquer une transfusion, seule en mesure de sauver un jeune adolescent victime d’une leucémie qui, influencé en cela par ses parents, tous deux Témoins de Jéhovah, s'y refuse. Fiona, saisie par la gravité de la situation, renonce à ce week-end pour s'investir totalement dans cette nouvelle affaire, alors même que son couple se porte au plus mal et que, lassé d’attendre, son mari quitte le foyer pour prendre le large et s’offrir une aventure amoureuse, ne serait-ce que pour remettre un peu de sel dans son qutidien.

 

Traité avec intelligence et conviction, ce film démontre la difficulté de s’immiscer dans les drames humains de cette ampleur où les convictions spirituelles entrent en conflit avec la vie elle-même et où un enfant mineur est l’enjeu d’un drame d’ordre  moral. Le débat est d’autant plus saisissant que chacune des parties s’exprime, les parents prêts à accepter la mort de leur enfant, le médecin chargé de sauver ce jeune Adam et enfin le juge pris en tenaille entre  l’humain et le divin, en l’occurrence la foi de cette famille. Aussi, avant de trancher, Fiona Maye se rend-elle au chevet d’Adam, un jeune garçon d’une vive intelligence qui est soudain captivé par la présence de cette juge qui sait lui parler comme à un adulte et pose les questions qui choquent et réveillent. Si bien qu’Adam cède et accepte, contre la volonté de ses parents, cette transfusion. Sauvé, il va tout tenter pour se rapprocher de cette femme qui le subjugue par sa force et sa détermination, jusqu'à ce que tout bascule.

 

Dans le rôle difficile de Fiona Maye, Emma Thompson est simplement sublime. Belle, déterminée, forte, parfois même dure, elle donne à son personnage une densité rare, une ampleur magistrale, une bouleversante intensité. Il y a longtemps que nous ne l’avions vue dans un rôle aussi complet où elle fait vibrer toutes les facettes d’un personnage en proie au doute, à l’incompréhension, à la distance que lui impose sa position professionnelle. Et une fois de plus, elle sait faire cela avec infiniment de talent. Face à elle, qui domine le film de bout en bout, le jeune et talentueux Fionn Whitehead est émouvant et juste.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer   ICI


RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
 

My Lady de Richard Eyre
My Lady de Richard Eyre
Partager cet article
Repost0
20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 08:50
EMMA THOMPSON

                                                                                               
Cette actrice inclassable, parmi les interprètes les plus douées et les plus subtiles de sa génération, est née à Londres le 15 avril 1959 d'un père producteur et metteur en scène et d'une mère actrice de théâtre. Enfant de la balle, bercée dès son plus jeune âge dans le monde du spectacle, elle fait preuve d'une vocation précoce et suit l'exemple parental en jouant à l'université dans la troupe de théâtre de Cambridge Footligts. Sa première expérience à la télévision se fait aux côtés de deux membres de sa troupe : Stephen Fry et Hugh Laurie, ce dernier ayant été l'un de ses " boy friend ".
 


Emma enchaîne ensuite sur les planches avec la comédie musicale Me an My girl, où elle donne la réplique à Robert Lindsay. En 1988, son travail dans Tutti Frutti et Fortunes of war est récompensé par un British Academy Award et lui offre l'occasion de rencontrer le réalisateur Kenneth Branagh. En 1989, ce dernier lui propose d'être la reine Catherine de France dans une adaptation de Shakespeare et peu après le couple se marie. Emma, désormais, participe plus activement aux tournages de son mari ( 3 films en 3 ans ) et apparaît en parallèle à la télévision dans la série Cheers auprès de Ted Danson. C'est dans "Retour à Howards End"   (1991) - qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice -  et "Les vestiges du jour" ((1994), deux longs métrages de James Ivory avec pour partenaire Anthony Hopkins, qu'elle peut montrer toute l'étendue de son talent. Elle s'y impose comme l'actrice phare du cinéma britannique.
 

               
En 1995, Ang Lee lui demande d'incarner le personnage d'Elénor Dashwood dans la comédie romantique "Raison et sentiments", adaptée d'un roman de Jane Austeen avec pour partenaire Hugh Grant, où elle campe une fois encore une femme amoureuse et fière avec justesse et sensibilité. Rôle très différent en 1998 dans "Primary Colors" où elle est l'épouse d'un candidat aux dents longues auprès de John Travolta  et affiche un caractère bien trempé, à l'opposé de son interprétation précédente.


  

Séparée de son mari Kenneth Branagh, elle épouse en secondes noces l'acteur Greg Wise avec lequel elle aura une fille Gaia Romilly, née le 4 décembre 1999. On la verra en 2003 dans une nouvelle comédie romantique "Love Actually" de Richard Curtis auprès de Hugh Grant puis, la même année, dans la série de Mike Nichols "Angels in America" qui relate le difficile "coming out" des homosexuels atteints du sida durant les années 80, série de 6 épisodes à laquelle participent également Al Pacino et Meryl Streep. En 2007, elle endosse le rôle de l'excentrique professeur Trelawney de Harry Potter et l'ordre du phénix et en 2007, elle est présente dans  "Je suis une légende", film de science fiction où elle est le Dr Alice Kriffin, une spécialiste de la santé, rescapée du cancer.



A cette filmographie variée, il faut ajouter une comédie charmante au côté de Dustin Hoffman,  "Last chance for love" qui  prouve, si besoin était, les ressources d'une actrice aussi complète qu'Emma Thompson qui peut, tour à tour, jouer comédie ou tragédie  avec un égal pouvoir de conviction et une semblable aisance. Et sans compter avec sa remarquable interprétation d'une femme juriste dans "My Lady"  (2017)  de Richard Eyre  et  son personnage au réalisme vigoureux dans "Late Night" (2019) de Nisha Ganatra. Elle est avec Meryl Streep et Catherine Frot, ma préférée parmi les actrices d'aujourd'hui.

 

Pour prendre connaissance de la liste des films de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

             

EMMA THOMPSON
EMMA THOMPSON
Partager cet article
Repost0
18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 08:53
Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel

 

Tout s’écroule pour Jean-Dominique Baudy (Mathieu Amalric) lorsqu’il se réveille sur son lit d’hôpital après un accident vasculaire. Au sortir du coma, il n’est plus qu’un corps inerte, soumis au locked-in syndrome : il ne peut plus parler, bouger ou même respirer sans assistance. Commence alors un combat de tous les instants pour la vie. Son seul œil mobile va être la clé de sa libération. Après avoir été un livre bouleversant de Dominique Bauby écrit à l'aide de sa paupière, seul moyen dont il disposait encore pour s'exprimer, "Le scaphandre et le papillon" est devenu un film tout aussi émouvant. Ce carnet de voyage immobile est un poignant hymne à la vie et ne fait nullement l'impasse sur la profondeur de la réflexion qui l'a inspiré. "Etais-je aveugle et sourd ou bien faut-il nécessairement la lumière d'un malheur pour éclairer un homme sous son vrai jour" -écrivait-il. Cette enfermement soudain qui libère étrangement les ressources de l'esprit et rompt les amarres trop humaines est merveilleusement rendu par le cinéaste américain qui fait en sorte que cette vie prisonnière jette ses feux à travers les effets de caméra subjective, de voix off et de flash-back. Mathieu Almaric, dans ce rôle difficile, est remarquable de tendresse, de dérision et n'en fait jamais trop ; quant à son regard il est impressionnant de vérité. Il est entouré d'une pléiade d'acteurs talentueux dont Emmanuelle Seigner, Anne Consigny et Max von Sydow qui se penchent avec attention au-dessus de cette conscience virtuelle et tellement troublante. Schnabel a su éviter les risques et ne sombre jamais dans le piège du mélo larmoyant. Sur le plan narratif, il a choisi le montage alterné où sont évoquées les principales étapes de l'existence de Bauby jusqu'à son accident cérébral. Si bien que le film ne se contente pas de provoquer l'émotion mais se révèle être - comme le livre - une formidable leçon d'espoir : celle que le papillon de l'esprit parvient toujours à rejoindre la lumière.

 

Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel
Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel
Partager cet article
Repost0
8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 09:48
Le papillon de Philippe Muyl

 

Grand collectionneur, Julien part dans le Vercours à la recherche de l'Isabelle, un papillon de nuit dont la beauté n'a d'égale que la rareté. Il ne fera pas le voyage tout seul: Elsa, huit ans, délaissée par sa mère, est bien décidée à s'incruster. Un film délicieux de Philippe Muyl, tourné dans le Vercors, où le cinéaste nous raconte l'histoire d'un amateur de papillons et d'une petite fille livrée à elle seule par une maman très occupée. Aussi le soir, quand sa mère n'est pas là, Elsa vient-elle rendre visite à Julien, auquel elle pose beaucoup de questions sur les papillons. Jusqu'au jour où, désireuse de partir avec lui à la découverte d'un spécimen rare l'"Isabel", elle se cache dans sa voiture, si bien que Julien réalisera trop tard de quelle passagère encombrante il s'est chargé involontairement... Dans ce voyage initiatique, les deux protagonistes finiront pas trouver ce qu'ils cherchaient : pour la petite fille, ce sera le papy dont elle rêvait ; pour le vieux collectionneur, le plus adorable des papillons. Ainsi ce qui aurait pu n'être qu'une banale bluette se transforme-t-il en un véritable petit chef-d'oeuvre de sensibilité et de tendresse. On peut s'étonner que les notables de la critique officielle aient jugé bon de bouder cette jolie parabole contée de façon ravissante, grâce, entre autres, à un jeu d'acteurs exemplaire et aux superbes paysages du Vercors. Michel Serrault est épatant en célibataire ronchon qui, peu à peu, se prend de sympathie pour cette fillette fondante, à l'effronterie primesautière, qu'interprète de façon remarquable la jeune Claire Bouanich. Celle-ci se révèle tour à tour séductrice, manipulatrice, ou tout bonnement authentique, avec un naturel désarmant. La poésie est au rendez-vous.

 

Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Le papillon de Philippe Muyl
Le papillon de Philippe Muyl
Le papillon de Philippe Muyl
Partager cet article
Repost0
3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 10:21
Le cercle littéraire de Guernesey de Mike Newell

Adapté du roman éponyme à succès (écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrow), ce film nous fait voyager dans le temps et nous renvoie directement en 1946, peu après la Seconde Guerre Mondiale. On y retrouve Juliet Ashton (Lily James), auteure et journaliste britannique en manque d’inspiration. Un jour, la jeune femme reçoit une lettre d’un homme, un certain Dawsey Adams, agriculteur et éleveur de cochons, interprété avec retenue et sensibilité par Michiel Huisman qui se dit membre d’un mystérieux club de lecture : le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ! Curieuse d’en savoir plus à propos des gens qui y sont décrits, et espérant y trouver peut-être une nouvelle source d'inspiration, la jeune femme - qui vient de se fiancer à un riche américain - découvre un monde clos sur lui-même mais infiniment touchant et authentique, si bien que Juliet décide  d’aller à la rencontre de ces personnes et d'en apprendre davantage sur les épreuves qui les ont irrémédiablement marqués.

 

En apparence, et en apparence seulement, ces personnages singuliers n’ont rien en commun, mais la guerre de 39/45, l'occupation allemande, les exécution sommaires ont su les rassembler et en faire une famille soudée, d'autant que pour échapper à l'insupportable réalité, ils se sont réfugiés dans la lecture et imaginés ce club littéraire comme échappatoire aux pressions et surveillances que certains d'entre eux subissent. Un sombre mystère plane néanmoins sur le groupe. Mystère qui a bouleversé leurs vies et s'apprête à  bouleverser celle de Juliet.
 

Le cercle littéraire de Guernesey de Mike Newell

Si l’histoire d’amour naissante entre Juliet et Dawsey ne nous surprend guère, elle est vite relayée au second plan par l’intrigue centrale du film. En effet, les découvertes de plus en plus importantes, que l’héroïne est amenée à faire, nous attachent aux profils divers des protagonistes bien cadrés et d'une dimension très humaine, campés par des acteurs dont certains ont participé à la série de "Downton Abbey" dont Jessica Brown qui endosse une fois encore le rôle d'une jeune femme qu'aucun danger ne décourage, Penelope Wilton qui joue celui d'Amelia, la résidente qui a perdu sa fille, et Lily James elle-même qui interprète le rôle principal, la jeune auteure en quête de sujet, chacun d'eux sachant insuffler à son personnage un caractère authentique et touchant. Un film fondé, par ailleurs, sur l'importance des relations humaines et de la littérature - la meilleure des évasions à l'heure du numérique - contribuant à surmonter les pires épreuves de l'occupation et de la guerre, film qui surfe sur le sensible, le vrai et le tendre, ce qui n'est pas du goût de certains qui lui préfèrent la violence et le sexe et que ce film fait sourire. Une grande partie de la critique n'a-t-elle pas jugé ce dernier entaché de sensiblerie, le taxant de bluette mièvre et sans saveur, alors qu'il a su miser sur la vraie vie qui est celle du coeur et de l'altruisme, même s'il cède à d'indéniables facilités. Au scénario, fidèle au roman et aux personnages sympathiques qui l'animent, j'ajouterai la beauté des paysages qui nous ouvre à des horizons tout aussi sympathiques et reflète une nature encore préservée des outrages infligés par ce que l'on qualifie volontiers de ... progrès.


Pour consulter les articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer   ICI


RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Le cercle littéraire de Guernesey de Mike Newell
Le cercle littéraire de Guernesey de Mike Newell
Partager cet article
Repost0
27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 10:09
La femme au tableau de Simon Curtis

Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé au musée du Belvédère à Vienne, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis avec son  mari musicien. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la "Joconde autrichienne" à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

 

Inspiré de cette histoire vraie, ce film, certes académique, n'en est pas moins passionnant et interprété de façon magistrale par l'éblouissante Helen Mirren. On suit cette histoire incroyable avec un intérêt qui ne se relâche pas, tant les événements sont replacés dans leur contexte avec une précision qui en font un véritable documentaire sur une époque tragique qui vit les juifs autrichiens poursuivis et massacrés sans pitié par le régime nazi. Fidèle à l'histoire, Simon Curtis nous conte  l'existence tourmentée de Maria Altmann, fille d'une riche famille, qui a fait fortune dans l'industrie du sucre, et se plaît à être la mécène des artistes de l'époque dont Gustav Klimt qui réalisera plusieurs portraits de la belle Adèle Bloch-Bauer dont le fameux "La femme en or" qui rappelle le portrait de l'impératrice Théodora de la basilique de Ravenne, ce tableau étant à l'évidence un hommage à la beauté féminine dans ce qu'elle a d'éternel et d'inaltérable. Cette oeuvre spoliée par l'armée allemande se trouvait dans le musée privé du führer jusqu'à ce que l'Allemagne le restitue à l' Autriche et qu'il figure comme "la Joconde autrichienne" au musée du Belvédère à Vienne jusqu'à ces toutes dernières décennies.

 

La femme au tableau de Simon Curtis

Mais cela serait sans compter avec la détermination de Maria Altmann qui entend que les toiles, appartenant à sa famille, lui soient restituées de plein droit. Pour entreprendre un procès qu'elle sait long et difficile, elle choisit pour avocat le jeune Randol Shöenberg, petit-fils du compositeur et lui aussi d'origine juive et autrichienne, interprété sans éclat particulier par Ryan Reynolds. Ce procès au long cours, fait de rebondissements constants, durera près de soixante années avant que, s'inclinant devant l'inéluctable, l'Autriche restitue les oeuvres à leurs acquéreurs d'origine. Peu de temps avant sa mort, qui surviendra en 2011, Maria Altmann reprend possession du portrait de sa tante, morte sans descendance à l'âge de 43 ans d'une méningite, qu'elle mettra en vente et qui sera acquise par Ronalds Lauder, fils d'Estée Lauder, la créatrice des parfums et cosmétiques du même nom, pour la somme de 135 millions de dollars. Ce merveilleux tableau est exposé désormais à la Neue Galerie à New-York et, grâce à ce film, nous accompagnons une femme dans ces longs et courageux démêlées avec l'Histoire. Nous ne sommes pas ici en présence d'un opus innovant mais d'un récit qui ne peut laisser le spectateur indifférent, pour la simple raison qu'il nous remet en mémoire les méthodes dont certains gouvernements ont usées avec une lâcheté et une constance machiavéliques.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

La femme au tableau de Simon Curtis
La femme au tableau de Simon Curtis
Partager cet article
Repost0
28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 09:07
1932 - 2018

1932 - 2018

                                                           
Une de nos actrices les plus talentueuses, Stéphane Audran, qui vient de s'éteindre à l'âge de 85 ans, n'a jamais fait parler d'elle, sinon pour nous convaincre par son jeu sensible qu'elle était la digne continuatrice des grandes comédiennes d'avant-guerre. Née le  8 novembre 1932 à Versailles d'un père médecin et d'une mère enseignante, Stéphane Audran, qui s'appelait encore Colette Suzanne Dacheville, une fois ses études secondaires achevées, devient l'élève de Charles Dullin, de Tania Balachova et de Michel Vitold, avant d'être découverte par Claude Chabrol qu'elle épousera en secondes noces, après son divorce d'avec Jean-Louis Trintignant. Sa carrière débute par un petit rôle dans Les Cousins (1959) que Chabrol, en découvreur de talent averti, lui confie avant de la révéler dans Les Bonnes Femmes (1960), puis de l'imposer en vedette dans une quinzaine de ses films ; on retiendra, tout particulièrement, ses prestations dans Les Biches (1968), La Femme infidèle (1969), Le Boucher (1969), Les Noces rouges (1973), Violette Nozière (1978), Le Sang des autres (1983), Poulet au vinaigre (1984) ou Betty (1992) où, grâce à la qualité de son jeu fait d'intelligence, d'une séduction un peu froide et d'une classe évidente, elle séduit  le public et devient une comédienne incontournable des années 60/80.  Elle obtiendra le César de la meilleure actrice en 1978 pour Violette Nozière où, curieusement, apparaît la nouvelle égérie de Chabrol : Isabelle Huppert. Le couple va se séparer en 1980 et la carrière de Stéphane Audran en souffrira fatalement. On la verra encore dans Le soleil en face (1980) de Kast, Coup de torchon (1981) de Tavernier,  dans l'inoubliable rôle de Babette dans Le Festin de Babette (1987) de Gabriel Axel qui est sans nul doute sa prestation la plus éblouissante, et, dernièrement,  dans La fille de Monaco (2008) auprès de Fabrice Luchini.

 

Dans La femme infidèle face à Michel Bouquet, dans Le boucher face à Jean Yanne, dans Coup de torchon, et, davantage encore, dans son rôle de Babette, on se rappelle de la finesse, de l'élégance, de la subtilité de ses interprétations qui, toutes, frappent par l'intensité des expressions et une silencieuse et indiscutable présence. Pas d'effets, mais une interrogation permanente, quelque chose d'indicible et de pathétique dans le regard, une délicatesse dans les gestes, une économie étonnement efficace. Je compte cette merveilleuse actrice, qui avait su se retirer sans faire de vagues, parmi mes préférées.

 

Pour consulter les critiques de films intérprétés par l'actrice, dont La femme infidèle et Le festin de Babette, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS        

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

      

STEPHANE AUDRAN
STEPHANE AUDRAN
Partager cet article
Repost0
27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 10:06
Blue de Keith Scholey

Blue, le nouveau film Disney Nature, est une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Un monde où la nature invente des couleurs, des formes et des sons étonnants. L'Océan est unique, seuls les hommes le mettent au pluriel. Il est partout, recouvre  plus de 70% de la Terre et donne à notre maison sa couleur et son nom: la planète bleue. Dans cet environnement somptueux et fragile, les dauphins ont été choisis comme guides privilégiés afin de conter cette belle histoire de l'Océan qui est, ni plus, ni moins, celle de nos origines et de notre avenir, si, toutefois, nous lui en accordons un. Une histoire universelle qu’il est urgent de faire résonner en chacun de nous.

 

 

 

Comme les films précédents de Disney Nature, Blue a fait l’objet d’un scénario plausible mais voué à se transformer au fil du temps car avec les animaux, rien n’est joué d’avance. Le cinéaste est en permanence voué à l’improvisation. « J’ai l’expérience des fonds marins et cela n’a aucun intérêt d’écrire une histoire infaisable » - note Keith Scholey, coréalisateur anglais venu de la BBC. Il a fallu en permanence s’adapter aux conditions de tournage toujours aléatoires. Aussi le scénario a-t-il évolué selon les prises. Avec cette particularité que « tout est beaucoup plus compliqué dans l’océan parce que l’équipe doit d’abord réussir à rester en vie » - explique Keith Scholey. « Sous l’eau, les humains sont si lents et la visibilité si mauvaise qu’il faut constamment s’adapter aux circonstances. Si le dauphin que nous filmons s’en va, on ne peut pas le suivre ».

 

 

Dans le film, le personnage de Blue est en réalité incarné par plusieurs dauphins rencontrés au gré des séquences. Et une fois l’animal trouvé, rien n’est acquis. « Un dauphin qui voit un plongeur vient jouer, taper dans la caméra » - raconte Denis Lagrange. « Mais il faut des images où il ne s’occupe pas de l’objectif. Cela implique de rester longtemps, pour qu’il nous oublie, avec le risque que, tout à coup, il file. » Filmer la mer et ses habitants est donc un casse-tête. Pour Blue, les techniciens ont utilisé des jet-skis ou encore une caméra montée sur une perche et immergée sous la surface depuis un bateau. Les équipes ont posé des trépieds au fond de l’eau, pour les plans fixes, et un bras mécanique, pour des travellings. En Polynésie, Denis Lagrange plonge avec des caméras de cinéma enfermées dans des caissons étanches, construits sur mesure par une entreprise suisse. Un câble permet de faire la mise au point de l’image à distance : un deuxième plongeur, équipé d’un écran, s’en charge ou un assistant resté sur le bateau.  En revanche, pas d’inquiétude pour le son, il sera ajouté ensuite en post-production. Plutôt que des bouteilles, les techniciens utilisent des « recycleurs », qui permettent de plonger plusieurs heures et de ne pas rejeter de bulles, perçues comme une menace par la faune marine. Pour repérer les baleines, Denis Lagrange a compté sur ses amis installés à Tahiti et Moorea. Ils le préviennent quand ils en aperçoivent dans le lagon. Une fois sur place, il faut prendre des précautions. Un nageur avec un masque et un tuba va d’abord vérifier qu’elles sont calmes. Dans ce cas, Denis plonge avec sa caméra pour s’approcher au plus près de ces mastodontes gros comme des bus. Moins il y a d’eau entre l’objectif et la baleine, plus l’image est nette. Quant aux requins, ils ont été filmés près de l’atoll de Fakarava, à 300 kilomètres de Tahiti. Des centaines de requins gris chassent la nuit dans ce récif coralien, saturant l’eau de leurs corps massifs.
 


 

Voilà comment, après des mois de travail, s’est élaboré ce documentaire qui rend grâce à la beauté des profondeurs, aux océans que l’homme met en permanence en danger, univers d’une beauté et d’une intensité de vie stupéfiant. Le message n’a certes pas la force de celui d’ « Océans » qui, il y a quelques années, avait mis le doigt sur les monstruosités perpétrées avec une inconscience coupable et qui, d’ici une quarantaine d’années, auront pratiquement anéanti un tiers de la vie sous-marine, désastre écologique  irréversible. Ce film est une immersion dans un monde en voie de disparition avancée dont la beauté, la puissance, la diversité, la splendeur rendent d’autant plus tragiques les inconséquences de l’homme et tentent de lui faire prendre conscience de ce qu’il est en train de sacrifier, cela malgré un texte un peu faible à mon goût, étant donné la gravité  des faits.

 

Bien que ce narratif soit un peu faible, ne ratez pas le documentaire et la plongée dans ces eaux matricielles et initiatrices, là où la vie est sans doute la plus imaginative et la plus féconde, étant donné les couleurs, les formes, les comportements de cette multitude de vivants. Le spectacle ravit  les yeux et donne à méditer sur nos comportements de prédateurs aveugles, insoucieux et imprévoyants qui ne semblent pas avoir  pris la mesure ... du désastre programmé.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL
 

Blue de Keith Scholey
Blue de Keith Scholey
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche