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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 11:16
ERIC ROHMER OU UN CINEMA DE LA PAROLE

         
Aux Cahiers du Cinéma, dont il fut le rédacteur en chef de 1957 à 1963, Eric Rohmer partageait avec Doniol-Valcroze et Pierre Kast un goût proche pour le marivaudage cinématographique. Tous trois nés en 1920 étaient les aînés des jeunes turcs : Rivette, Chabrol, Godard et Truffaut nés entre 1928 et 1932. En tant que critique, Rohmer allait s'attacher à réfléchir à la nature de l'imaginaire cinématographique et au cinéma comme art de l'espace. Une fois derrière la caméra, il placera néanmoins la parole au coeur de son oeuvre et fera de celle-ci un long journal intime, journal d'un séducteur toujours repris par le démon de la fidélité. Admirateur de Hitchcock sur lequel il écrira un ouvrage avec Chabrol en 1957, de Hawks, de Rossellini, de Renoir et de Mizoguchi, il sera un défenseur du cinéma classique et un opposant de fait au cinéma moderne. Convaincu que la Grèce est le berceau et le centre de la civilisation mondiale, nous proposant un modèle de beauté insurpassable, il voit en Hollywood ce que la Renaissance italienne fut au monde des arts. Passionné de pédagogie, Rohmer travaillera pour la télévision scolaire de 1964 à 69, réalisant des émissions sur la littérature, l'urbanisme et l'architecture, ainsi qu'un documentaire sur les films Lumière, sous forme de conversation entre Henri Langlois et Jean Renoir.


 

Son oeuvre composée, pour l'essentiel, de séries avec "Les six contes moraux" (1962-1972), "Les comédies et proverbes" ( six films de 1981 à 1987 ), "Les contes des quatre saisons" (1990 - 1998) fait de la conversation ordinaire ou érudite (Ma nuit chez Maud - 1969), l'enjeu narratif de ses films. Les dialogues d'une grande pureté littéraire révèlent à eux seuls un authentique talent d'écrivain au point que leur lecture provoque déjà un réel plaisir. Ce cinéma de la parole entrepris avec des moyens minimalistes explore la relation entre un texte épuré et des images étincelantes et aborde à l'écran des sujets peu habituels : la religion catholique, le puritanisme, le pari de Pascal, sans pour autant verser dans une quelconque affectation. Ce cinéma est, par ailleurs, celui de la tentation (L'amour l'après-midi  Le genou de Claire), du renoncement, du passage à l'acte attendu et  non accompli par fidélité à des valeurs, à un code moral, à une conviction spirituelle. Contrairement à ses amis de la Nouvelle Vague, il connaîtra le succès tardivement grâce à "Ma nuit chez Maud" (1969), son film le plus accompli avec Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian. Il se consacrera, plus tard, à des recherches picturales innovantes avec des films comme "Perceval le Gallois" (1978), "La marquise d'O" (1976) ou  "L'anglaise et le duc" (2001). Proche de Bresson de par son goût de l'épure et de la pureté, il s'en éloigne par son attirance prononcée pour les beautés de la chair, l'éclat du corps de jeunes filles ravissantes et une certaine perversité maîtrisée. A la façon d'un Henry James, il fait du non-dit, de l'implicite, du malentendu, la dramaturgie de ses films. Dans le cinéma français, il tient une place à part, celle d'un cinéaste chez lequel l'intelligence a pris le pouvoir sur le sentiment et l'énoncé du verbe sur l'image.

     

Pour consulter mes articles consacrés à des films de Rohmer comme Ma nuit chez Maud  -  Les nuits de la pleine lune - Les amours d'Astrée et de Céladon  et  Le genou de Claire, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 11:49
FRITZ LANG, UN CINEMA DU DESENCHANTEMENT


Né le 5 décembre 1890 , fils d'architecte, Fritz Lang a incarné, par excellence, les vertus du cinéma allemand de la République de Weimar, puis le classicisme de l'âge d'or des studios avec lesquels il entretiendra cependant des rapports distants. Aux côtés du producteur Eric Pommer, sa carrière connaît une rapide ascension dans un milieu où se rencontrent des créateurs venus du théâtre et des auteurs issus de la littérature populaire. A ce carrefour d'influences, Lang apparaît comme un cinéaste raffiné qui se plaît à aborder des thèmes macabres et fantastiques, à s'intéresser au crime, aux pouvoirs occultes et aux sociétés secrètes. "Mabuse", "Les espions", "La femme sur la lune" recèlent de nombreuses trouvailles, aussi bien dans le montage qui accentue le rythme de l'action que dans les plans qui privilégient les jeux de l'ombre et de la lumière. Lang s'impose également comme l'initiateur de mythes modernes. Ainsi son "Mabuse" de 1922 sur lequel il reviendra en 1932 et 1959. Si les films du cinéaste juif, d'origine autrichienne, reflètent parfaitement les angoisses de son époque, ils n'en sont pas pour autant les esclaves et, dès l'apparition du parlant, Fritz Lang confirme son talent de créateur informel et puissant. "M le maudit" (1931) dénonce déjà le danger des milices autoproclamées. Le cinéaste organise son récit de la traque humaine autour de deux systèmes opposés qui finiront par s'unir : la force publique incarnée par l'inspecteur de police et le clan du crime organisé avec, à sa tête, Schränker qui, avec l'aide des mendiants, entend se débarrasser d'un intrus dont la présence est pour tous un élément perturbateur. Situé dans une ville anonyme, M nous dépeint une société faite de dénonciations, de rumeurs, de fausses informations, où les pressions de masses gouvernent en lieu et place de la loi. Après "M le Maudit", il tournera  "Le testament du Docteur Mabuse", charge féroce contre le pouvoir, que Goebbels fera interdire, ce qui ne l'empêchera pas, par un de ces caprices  qui lui étaient habituels, de proposer à l'auteur de diriger l'industrie cinématographique allemande. Méfiant à juste titre, Lang fuira l'Allemagne dès le lendemain de cette proposition. Il passera par Paris le temps de tourner "Liliom", puis gagnera les Etats-Unis. Il est vrai que durant sa période allemande, ce cinéaste, élégant et réfractaire aux classifications, se nourrissait volontiers du métissage des références, d'où des divergences d'interprétation et des malentendus dont seront victimes plusieurs de ses films, auxquels certains reprocheront la dimension héroïque qui sut séduire un moment les nazis. Dans "Les espions", "Métropolis", la vision pessimiste de l'avenir entretient le doute sur la supériorité des représentants de l'ordre et de l'autorité. Et l'on sait que la conclusion de "Métropolis", récit humaniste et compassionnel, propose une réconciliation entre dominants et dominés.

 

Emigré aux Etats-Unis, Lang - qui s'est fait naturaliser américain -  va dès lors porter à l'écran les idéaux démocratiques de son pays d'adoption et réaliser des films de genres divers : guerre (Guérillas), espionnage (Espions sur la Tamise), enquête policière (La femme au gardénia), thriller (Chasse à l'homme), en veillant à éviter tout stéréotype. Il est également séduit par l'éthique du western, dont il transforme les archétypes en sagas à l'ancienne (Le retour de Frank James), bien que "L'ange des maudits" (1952) échappe à toute classification. "La Rue rouge" (Scarlet street), étude clinique des rapports amoureux, sera un remake de "La chienne" de Jean Renoir, transformée en odyssée de la culpabilité, un thème récurrent chez Lang, ainsi que ceux de la vengeance et de la volonté de puissance qui trouvent leurs fondements dans les machinations des hommes et les ressources de la psychanalyse (Le secret derrière la porte). Dans ce dernier long métrage, il exprime métaphoriquement les rapports de domination et de soumission, le vertige qui vous saisit devant le vide et le passage inquiétant entre deux niveaux de conscience. "L'invraisemblable vérité", l'un de ses rares films en couleurs, renonce, quant à lui, à tout effet visuel pour atteindre une forme d'abstraction, l'abondance des péripéties et des retournements de situations contrastant avec la réduction des valeurs plastiques. Mais quand il sort en 1956, Fritz Lang est las. Les projets qu'on lui propose ne l'enthousiasment pas et ses mauvais rapports avec Bert Friedlob n'ont fait que s'ajouter aux nombreux conflits qu'il a eus avec ses producteurs précédents. Aussi quitte-t-il Hollywood pour revenir en Allemagne et y réaliser, pour le producteur Arthur Brauner, une oeuvre en deux parties : "Le tigre du Bengale" et  "Le tombeau hindou". Avec ce diptyque, Lang renoue avec son goût du mythe. Malgré une intrigue peu convaincante, il peaufine la forme, retrouve l'expressivité du cinéma muet et joue avec des couleurs apaisées, tout en attardant sa caméra sur la surface lisse des marbres, le corps sensuel de Debra Paget et les innombrables détours des labyrinthes, où il peut donner libre cours à son sens de l'architecture. L'architecture sera également présente dans "Le diabolique docteur Mabuse" avec l'hôtel Louxor, ses corridors sans fin, ses ascenseurs, lieux de passage privilégiés où il arrive que des destins se croisent. Les mille yeux du docteur Mabuse - titre original du film - ne sont autres que les systèmes technologiques de surveillance qui permettent au disciple du docteur de contrôler ses futures victimes sans être vu. Lang n'a plus besoin de recourir à l'hypnose comme dans son film de 1922. C'est désormais la technique qui domine le monde et la télévision qui, bientôt, supplantera le cinéma. Ce film, comme les précédents, sera accueilli par une critique allemande presqu'unanimement hostile, et moins clémente encore à son égard que ne l'avait été, auparavant, la presse américaine, ce qui incitera le cinéaste à prendre sa retraite. Il est vrai que Lang ne s'était pas privé de faire en sorte de souligner, à dessein, l'amnésie de l'Allemagne contemporaine à l'égard du IIIe Reich et que cela n'avait pas plu à tout le monde. Mort à Hollywood le 2 août 1976, Lang aura sa revanche posthume, tant il va exercer une influence incontestable sur les cinéastes de la Nouvelle Vague et, plus précisément, sur des personnalités comme Godard, Rohmer et Rivette. Godard n'hésitera pas à dire qu'il fût un modèle, le seul père reconnu, le dinosaure avec lequel il pouvait dialoguer d'égal à égal, le grand aîné dont le style ne cessa de s'épurer de tout artifice jusqu'à atteindre ce que son jeune disciple appellera une "quasi-abstraction". Mais abstraction ou pas, Fritz Lang reste un témoin éclairé du XXe siècle. Son sens de l'espace, le lien étroit qu'il établit entre la complexité de ses personnages et un montage suscitant une tension narrative permanente, l'articulation qu'il se plaît à entretenir entre l'imprévisible et l'inéluctable expliquent pourquoi son oeuvre est de nos jours considérée comme l'une des plus puissantes du 7e Art.  

 

Pour prendre connaissance des critiques que j'ai consacrées à des films de Fritz Lang, comme  M le Maudit, cliquer sur le lien ci-dessous ( L'ange des maudits étant classé parmi les westerns et le cinéma américain ) :

 

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 12:41
PARFUM DE FEMME de DINO RISI

                                                                                            

On sait que les années 70 ont été pour le cinéma italien un âge d'or et que la comédie y a tenu une large place, servie par des cinéastes comme Scola, Comencini, Monicelli et Risi. Ils offrirent à un public enthousiaste des films d'une qualité rare qui savaient conjuguer l'optimisme et son contraire et nous livrer une peinture ironique et décapante de la société italienne. Parfum de femme ( 1974 ) en est la parfaite illustration, bien que les préoccupations spirituelles ne soient pas exclues, d'où une lecture à plusieurs niveaux.

 

Fausto (Vittorio Gassman),  ancien capitaine de cavalerie, est devenu aveugle à la suite d'un accident qui lui a coûté également la perte de sa main gauche. Fier et lucide, il ne peut accepter cette déchéance et a décidé secrètement d'en finir avec cette existence humiliante, en projetant de mettre un terme à ses jours. C'est la raison pour laquelle il a glissé dans ses bagages un revolver, ainsi que la photo d'une jeune fille qu'il a connue avant de perdre la vue, alors qu'il s'apprête à partir pour Naples, sa ville natale, rejoindre un ami aussi handicapé que lui, accompagné de son jeune ordonnance Ciccio (Alessandro Momo). Irascible et flamboyant, il ne reste à ce fauve blessé que le parfum des femmes et l'alcool pour réordonner sa vie autour d'un désir implacable, bestial et dionysiaque. Son  road-movie pittoresque le conduit d'abord à Gênes où il ira se distraire un moment avec une prostituée, puis à Rome, ville qu'il n'aime pas comme tant d'autres choses, afin d'y rencontrer un ami prêtre auquel il demande sa bénédiction, mais qui le rassure en lui disant que ses souffrances d'aveugle lui ont déjà gagné son salut. Enfin lui et son ordonnance arrivent à Naples, où tous deux s'installent chez Vincenzo, aveugle comme Fausto et ancien officier du même corps d'armée. Parmi les servantes qui assurent le service de leurs repas, il y a la fille de la restauratrice Sara ( Agostina Belli ), 20 ans, belle comme le jour, qui, depuis des années, l'aime avec discrétion d'un amour absolu. Néanmoins, Fausto la repousse avec brutalité, comme il repousse tout le monde, son jeune ordonnance entre autre, tour à tour exaspéré et fasciné par cet être flamboyant et cruel. Mais comment pourrait-il aimer, cet homme qui ne s'aime pas lui-même, et dont le cynisme et l'insolence sont la seule parade ?

 


Grand classique, ce film est l'emblème d'un style aujourd'hui disparu, bien qu'il n'ait pas pris une ride et soit toujours d'actualité, tant le langage agressif et provocant de Fausto, sonne juste. D'une grande subtilité, l'art de Dino Risi parvient à faire se succéder le comique et le tragique, car nous ne y trompons pas, Parfum de femme, toute comédie qu'il se revendique, est une tragédie permanente, la tragédie d'un homme handicapé qui refuse son état et qu'habitent une violence et une révolte de tous les instants. Les répliques et l'interprétation de Vittorio Gassman y sont pour beaucoup, dans la mesure où ce personnage s'illustre par son impudence et son humour féroce, dans des séquences comme celle où il lit dans un quotidien les petites annonces de dernière page. Son comportement belliqueux évite au scénario de céder au misérabilisme et donne, au contraire, à ce long métrage d'une extraordinaire intensité, sa verve et sa profondeur : celle d'une douleur qui refuse de s'avouer.
 


Satire de moeurs à l'italienne, Parfum de femme est admirablement interprété par des acteurs totalement spontanés et investis qui procurent au film sa couleur et son authenticité. Il est bien sûr préférable de le voir en version originale et d'en goûter le parler chatoyant. Agostina Belli est une touchante madone empreinte de grâce et toute offerte à cet amour sans calcul, le jeune acteur Alessandro Momo, tantôt exaspéré, tantôt subjugué par son irascible maître, apporte une note de fraîcheur et de naïveté auprès d'un Gassman époustouflant de cruauté désespérée, homme brisé qui, par lucidité, se refuse à tout apitoiement et même à l'amour de cette jeune fille, tant il craint que celui-ci ne lui soit inspiré par la pitié. Cela jusqu'au moment où l'amour à l'oeuvre, après son suicide manqué, l'éblouira de sa lumière au point de le jeter à terre. Toute sa haine pour le monde et pour lui-même sera effacée et, ayant renoncé à la mort, il pourra partir, au bras de Sara, recommencer la vie.  

  

Pour prendre connaissance des articles consacrés à Vittorio Gassman et  Dino Risi, cliquer sur leurs titres :  

 

DINO RISI         VITTORIO GASSMAN

 

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 10:22
LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET

       

"La marche de l'empereur" de Luc Jacquet est un film superbe, une ode émouvante à l'intention du peuple des manchots empereurs qui vit au coeur de l'Antarctique, la région la plus isolée et la plus inhospitalière de notre planète et qui, au prix d'un courage inouï, parvient à assurer le cycle de sa reproduction. Luc Jacquet a dû vivre des mois durant dans des conditions difficiles pour suivre ces animaux dans leurs lentes et longues pérégrinations sur le continent blanc, véritable odyssée d'un peuple animal dont la foi en la vie est tellement forte qu'elle fait de chacun un héros silencieux et grandiose. Film bouleversant par sa simplicité qui fait passer à travers la beauté de ses images un formidable message écologique et nous démontre combien les animaux sont en mesure de nous rappeler, à nous autres les hommes, les notions d'entraide et de fraternité. Ces manchots sont, à l'évidence, attendrissants et majestueux et comme habités par des émotions proches des nôtres. Danse nuptiale pour se séduire, puis protection à tour de rôle par le mâle et la femelle de l'oeuf unique et précieux ; départ de la mère en quête de nourriture pendant que le père continue de couver, transmission permanente des informations pour lutter contre les éléments et le découragement ; vraie histoire d'un combat pour la vie.

 

Seule critique : des commentaires assez simplistes et une musique peu convaincante encombrent plus qu'ils ne servent ce magnifique documentaire qui méritait davantage de silence.
A voir et à revoir comme une impériale leçon de sagesse.


Car celle de cet animal relève ni plus, ni moins, du roman naturaliste et apparaît au spectateur comme follement cinématographique. C'est du cinéma dramatique qui recèle autant de suspense que de passion et de romance. Dans un cadre particulièrement hostile mais d'une beauté à couper le souffle dans son dénuement immaculé, la rude destinée du manchot en fait un modèle de ténacité et d'endurance et impose l'animal comme un super héros dans sa lutte pour sa survie.


 

la_marche_de_l_empereur_2004_portrait_w858.jpg

 

 

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LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET
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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 11:33
AUSTRALIA de BAZ LUHRMANN

       

Dans les années 30, Lady Sarah Ashley (Nicole Kidman), belle aristocrate anglaise, hautaine et capricieuse, s'envole pour l'Australie avec l'idée de ramener au foyer son mari volage. Mais elle apprend que celui-ci vient d'être assassiné et qu'elle hérite d'un domaine, Faraway Dones, en faillite et convoité par un escroc. Que faire, sinon prendre en charge cette immense propriété pour laquelle elle va très vite éprouver une passion, au point de ne plus vouloir la quitter. Pour la seconder, elle aura recours aux services d'un cow-boy local, aux manières frustres, avec lequel elle partagera une idylle qui étonne de la part de cette aristocrate chichiteuse. En sa compagnie, elle va parcourir les immensités sauvages et désertiques qui viennent de tomber dans son escarcelle, apprendre la vie des éleveurs et nous promener dans des paysages somptueux et exotiques à souhait, dignes d'un office de tourisme en mal de clientèle.  Si bien que, dans un premier temps, on peut se laisser embarquer par cette aventure naïve, empreinte de magie aborigène, mais très vite les faiblesses du scénario, le peu de consistance et de crédibilité des héros agacent. D'autant que les situations elles-mêmes sont stéréotypées : ici c'est un incendie digne de celui d'Atlanta, là un attachement à la terre qui évoque l'impétueuse Scarlett O'Hara - à la différence que celle-ci était originaire de ses terres et les avait dans le sang - maintenant un discours sur l'émancipation des populations opprimées qui rappelle trop "Out of Africa". Aussi a-t-on le sentiment désagréable d'assister à la projection d'un film qui n'est parvenu à exister qu'en empruntant aux autres les 3/4 de son inspiration. On a l'impression que l'opus a été fait pour complaire à l'actrice et lui donner l'occasion de se glisser dans le rôle de sa vie. D'ailleurs elle l'avouera volontiers :

 

"C'est le film dont j'ai rêvé toute ma vie. J'ai toujours eu très envie de tourner dans mon pays, l'Australie. C'est une contrée qui vous envoûte, qui pénètre au plus profond de votre âme. C'est quelque chose dans l'air, le sol, la nature des gens qui vous saisit et, avant que vous en ayez pris conscience, avant que vous le sachiez, vous faites partie de cette terre."

 

Et c'est un autre acteur australien, Hugh Jackman, qui dépeint les débuts de leur relation cinématographique houleuse : Le Drover (meneur de troupeaux) déteste l'establishment, les riches propriétaires, et Sarah est l'illustration même de l'aristocratie. Il prend un malin plaisir à la choquer et à l'agacer, parce que tout en elle le contrarie. Elle est arrogante, prétentieuse, frustrante et d'un caractère impossible. Et pourtant, il va faire tomber toutes les barrières autour d'elle et s'en éprendre 

 


Très attendu, "Australia" sortira précédé d'un battage publicitaire qui laissait entendre que nous tenions là un nouveau "Autant en emporte le vent". Hélas, malgré son ambition et l'argent investi, ce long métrage ne remplit absolument pas son contrat et ne bénéficie nullement d'une semblable aura dramatique. C'est la montagne qui accouche d'une souris. Film d'actrice, conçu et réalisé pour et autour de Nicole Kidman, il va à l'encontre du but recherché et désacralise la jeune femme plutôt qu'il ne parachève sa consécration. Si le souffle manque, si l'émotion n'est pas au rendez-vous, c'est que l'héroïne est trop précieuse, trop distante, trop star hollywoodienne pour correspondre au personnage que l'on tente de lui faire jouer, et que son partenaire Hugh Jackman, qui n'est ni Robert Redford, ni Clark Gable, n'a pas l'étoffe nécessaire pour nous emballer autrement que par son physique de carte postale. Aussi suis-je restée sur ma désillusion et ai-je regretté les 2h35 de cette super-production sans sel et sans grande saveur qui nous laisse, au final,  out of Australia

 

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AUSTRALIA de BAZ LUHRMANN
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 11:34
HIGH SOCIETY

                                              

L'une des scènes de Chantons sous la pluie est la reconstitution d'une réception au cours de laquelle un producteur montre à ses invités un essai de cinéma chanté. L'expérience apparaît peu concluante et les spectateurs sont sceptiques, persuadés que ce style de cinéma n'aura pas d'avenir. Cette attitude était alors celle de la quasi totalité de la profession cinématographique en 1925. Mais la perfection esthétique à laquelle les films allaient accéder encouragerait le 7e Art à développer ce nouveau genre et à poursuivre dans cette voie. Ce qui donnera naissance à quelques chefs-d'oeuvre dont ceux tournés avec le couple Astaire/Rogers et d'autres où s'illustrèrent des vedettes comme Gene Kelly, Cyd Charisse, Judy Garland, Debbie Reynolds, Leslie Caron, et des metteurs en scène de la pointure de Vincente Minelli, George Sidney, Stanley Donen, Charles  Walters. High Society, qui date de 1956,  est justement l'oeuvre de Walters. Sans être une réussite comme Un américain à Paris ou Funny Face, cette comédie est plaisante, ne serait-ce que par la présence lumineuse de Grace Kelly,  ainsi que celles d'hommes aussi talentueux que Bing Crosby et Frank Sinatra, aux voix d'or.



" La distribution était très impressionnante - déclarait Charles Walters. Crosby est un des êtres les plus agréables avec qui j'ai jamais travaillé. La musique était très bonne, ce dont j'étais particulièrement content, étant donné que j'allais régler tous les numéros moi-même. Il y a une seule chanson que Cole Porter n'arrivait pas à nous fournir et c'était très important puisque c'était celle qui allait réunir Crosby et Sinatra et que tout le monde allait attendre. Cole a essayé plusieurs fois mais il n'arrivait pas à écrire la chanson qu'il fallait. Alors Saul Chaplin, qui s'occupait de la musique, s'est mis à faire des recherches et il est tombé sur "Well did you Evah ". Je crois que c'était une chanson vraiment idéale pour eux".

 

Le soliloque de Bing Crosby chantant " I love you Samantha", l'aveu de Frank Sinatra à Grace Kelly,  "You're sensationnal" et le "Well did you Evah" qu'interprètent Crosby et Sinatra bénéficient du professionnalisme des deux chanteurs, parfaitement à l'aise avec la musique de Cole Porter. Quant à l'histoire, il faut admettre que son livret est mince, très mince : Tracy Lord (Grace Kelly) doit épouser le séduisant George Kittredge (John Lund), mais son ancien mari Dexter-Haven (Bing Crosby), qui l'aime toujours, va ré-apparaître dans sa vie et finira par la convaincre de re-convoler en juste noce avec lui. Voilà les éléments principaux de cette fiction autour de laquelle viennent se greffer des incidents consécutifs aux préparatifs mondains au mariage et aux indiscrétions dévoilées par un journal à propos de la liaison qu'entretient Seth Lord, le père de Tracy, avec une jeune fille de la bonne société. Tout cela gentillet, sans plus.



Mais il y a la musique de Cole Porter, la trompette virtuose de Louis Amstrong  et ces moments attachants comme celui où l'on voit Grace Kelly, au bord de la piscine, mettre à l'eau la réplique du "True Love", maquette exacte du bateau qui a abrité autrefois ses amours avec son mari. Il est probable que sans la présence de l'actrice, toute de charme et de féminité, High Society aurait pu sombrer dans le marivaudage matrimoniale le plus conventionnel. Mais dans ce film, le dernier qu'elle tourne quelques semaines avant de prendre le bateau qui la conduira à Monaco afin d'y  épouser le prince Rainier, il se dégage d'elle une séduction faite d'émotion et de nostalgie qui  prête à ce long métrage une aura particulière, en même temps qu'il lui procure l'indéniable privilège de réunir pour la première fois les deux crooners les plus célèbres d'Amérique. Pour toutes ces raisons, cette comédie musicale mérite d'être revisionnée (le DVD existe). Elle distille avec saveur le goût d'un passé encore récent, bien qu'à jamais disparu.

 

Pour lire l'article consacré à Grace Kelly, cliquer sur son titre :      GRACE KELLY    

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN & CANADIEN, cliquer sur le lien ci-dessous :

  

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HIGH SOCIETY
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 11:10
ALAIN RESNAIS OU UN CINEMA DE LA MEMOIRE

                                                     

Alain Resnais,1922 -2014, laisse derrière lui une oeuvre d'une grande poésie et d'une inventivité qui le classent parmi les réalisateurs incontournables du cinéma français. Son film L'année dernière à Marienbad compte parmi mes films préférés. Extrêmement subtil, le cinéaste aimait retrouver une vision des choses authentique, posant sur chacune d'elles un regard qui savait encore s'émerveiller. Homme discret, voire secret, Alain Resnais appartenait à la génération de la Nouvelle Vague. Avec deux films aussi remarquables que  "Hiroshima mon amour" et  "L'année dernière à Marienbad",  il marque de son empreinte le cinéma français en proposant une confrontation du passé et du présent et en ébauchant une nouvelle structure du temps. Cette empreinte sera considérable. Breton de naissance (3 juin 1922), il est apparenté à Merlin l'enchanteur et sera, dès sa prime jeunesse, un lecteur éclairé d'une littérature où se côtoient Proust, la bande dessinée, les poètes en général et les classiques en particulier. Bachelier en 1939, il s'inscrit au cours de René Simon et fera partie, lors de la création de l'IDHEC en 1943, de la première promotion. Son service militaire en Allemagne terminé, il travaille à "Paris 1900" et réalise "L'alcool tue" avec Remo Forlani, courts métrages où il fait ses gammes et devient un des auteurs les plus originaux du genre. Son "Van Gogh" tourné en 1948 est immédiatement remarqué comme une oeuvre riche de promesses. Primé à Venise, ce film obtient un Oscar à Hollywood. "Gauguin" en 1950 sera moins réussi, alors que "Guernica", sur un texte de Paul Eluard, est un authentique chef-d'oeuvre et obtient le Prix du film d'Art au Festival de Punta del Este. Conscient de maîtriser son écriture cinématographique, Resnais met en chantier plusieurs projets dont "Moderato Cantabile" d'après Duras, "Pierrot mon ami" d'après Queneau et "Les mauvais coups" d'après Roger Vailland. Avec "Nuit et brouillard", il aspire à toucher un public plus large et recule les limites de ce que l'on croyait réalisable, en s'efforçant de trouver les formes adaptées à la transmission de l'intransmissible : les camps de la mort. Avec Jean Cayrol, le cinéaste a rencontré le partenaire inespéré, car rescapé de Mauthausen et soucieux lui-même "non de fuir, mais de trouver le lieu et la formule". "Nuit et brouillard"  obtint le prix Vigo 1956 et son audience n'a pas cessé, depuis lors, de se renouveler. Avec "Hiroshima mon amour", qui confirme la modernité de son auteur par son lyrisme incantatoire, vient le temps des longs métrages qui permettront à Resnais, déjà très apprécié et de faire une entrée fracassante dans l'histoire du 7e Art. Cela, grâce à une conception personnelle du montage et du récit, où s'opposent et se complètent les moments-clés de deux vies hypothéquées par l'Histoire. Le scénario, signé Marguerite Duras, situe d'emblée le film dans une nouvelle problématique romanesque. Ce recours aux écrivains en quête de voies nouvelles valut au réalisateur la réputation ambiguë de cinéaste littéraire, alors même que ce recours remonte aux origines du cinéma. Nombreux furent les metteurs en scène qui se sont inspirés de textes de grands auteurs et les ont adaptés selon leur propre sensibilité avec plus ou moins de bonheur. Mais la démarche de Resnais s'effectue en faisant appel à un autre processus qui vise à modifier le statut du texte écrit. Ce qu'on a englobé sous l'appellation "Nouveau roman" s'inscrit dans un engagement partagé par l'écrivain et le cinéaste de recourir à une narration objective. Ce n'est donc pas une simple transposition qui s'effectue entre eux mais une autre forme de lecture qui s'impose selon des lois qui lui sont propres et où s'ajoutent des éléments comme la musique, le son, les timbres de voix, créant un texte polymorphe. Aussi n'est-ce pas un hasard si Resnais apparaît dans l'Histoire du Cinéma comme quelqu'un qui remet en cause le romanesque traditionnel. "L'année dernière à Marienbad" en 1961 se fera avec la complicité d'Alain Robbe-Grillet (scénario et dialogues) et remportera le Lion d'or à la Biennale de Venise, récompense méritée pour un film que je considère comme l'un des plus beaux du cinéma français. Une histoire simple qui se dérobe, fuit, glisse, échappe et se refuse à l'élucidation critique, où le temps lui-même se soucie très peu du calendrier et où les souvenirs, les rêves, les désirs, viennent à tous moments brouiller les cartes d'un jeu onirique et ouvrir la voie à un ressassement sans fin. Jean-Louis Leutrat écrira à ce propos que l'on retrouve dans ce film labyrinthe "une filiation avec la tradition poétique qui, du Moyen-Age à Julien Gracq, en passant par les romantiques allemands, a su exprimer la magie nocturne et les rencontres somnanbuliques ; la charge érotique des paysages insolites solitaires et fantomatiques ; silencieux et muets comme des après-midi éblouis de soleil ou des minuits ténébreux traversés d'astres froids ".


"Muriel" (1963), sur un texte de Jean Cayrol, ne recueillera qu'un piètre succès et sera suivi de "La guerre est finie" (1966), avec la collaboration de Jorge Semprun (scénario et dialogues) et l'interprétation d'Yves Montand, alors que "Je t'aime, je t'aime" (1968) sortira dans un contexte peu favorable. En effet, la dissection de l'imaginaire, de l'inconscient et des rêves coïncidait mal avec la confusion idéologique d'une période de crise.  En 1980, "Mon oncle d'Amérique" obtient, quant à lui, le Prix spécial du Jury au Festival de Cannes et un succès inespéré auprès du public. Ce film, ainsi que "Providence" et "La vie est un roman" sont trois variations sur les rapports entre la théorie et la fantaisie, la réflexion et l'imagination, la comédie et le drame. En 1984, "L'amour à mort" sera à son tour présenté à Venise et s'articule autour de l'idée que mourir d'amour peut arriver à n'importe qui. "L'amour jusqu'à la mort, l'amour est plus fort que la mort ou l'amour est si fort qu'il peut conduire à la mort"- dira son auteur lors de la présentation à la Biennale de Venise. Ici les références au Dreyer de "Ordet" ou au Bergman des "Communiants" sont évidentes ; elles confrontent la vérité de la Parole (ou du Verbe) à celle de la chair, comme pour en mieux signifier le divorce ou le malentendu. Pour Resnais, l'agnostique, la conscience de la mort est la seule voie grâce à laquelle l'homme et la femme peuvent imaginer le bonheur et l'amour. "Mélo", en 1986, est construit selon un schéma assez proche de celui de "L'année dernière à Marienbad", mais reste dans le registre du théâtre filmé et n'a nullement l'ampleur du précédent. Néanmoins, le film dépasse de loin le simple exercice de virtuosité et débouche, comme toujours chez Resnais, sur une réflexion intelligente à propos du langage parlé et de l'amour à l'épreuve du mal, qui permet de distinguer entre ce qui relève de l'aventure frivole et du véritable sentiment. Parmi les dernières réalisations du cinéaste, "On connait la chanson", est une brillante variation sur la chanson populaire, où se mêlent un jeu de références et une comédie sur l'image de soi, alors que "Smoking No Smoking" met en scène celui des apparences et est adapté d'un cycle théâtral réputé injouable de l'anglais Alan Ayckbourn. Virtuose du montage, paradoxal et inclassable, Resnais a réalisé une filmographie qui frappe par son exigence, son originalité, sa force, sa poésie, son charme lancinant et s'organise autour de deux pôles, l'amour et la mort, éminemment attractifs, qui ont pour vocation d'affirmer la prééminence de la vie, des émotions, des rêves et de s'octroyer le pouvoir de recourir au mythe constitutif de notre propre sensibilité culturelle : celui magique et envoûtant d'Orphée. A 90 ans, le jeune homme avait proposé son avant dernier opus "Vous n'avez encore rien vu", tout un programme que le public avait accueilli mollement et, alors qu'il vient de s'éloigner, un ultime film va nous le rendre éternellement vivant et nous prouver que s'il quitte le cinéma, le cinéma ne le quitte pas.


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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 10:31
LOLA MONTES de MAX OPHULS

      
Lola Montès,  film réalisé en cinémascope et couleur et dernier opus de Max Ophüls, a été restauré récemment avec le soutien de la fondation Thomson et du Fonds culturel franco-américain. Bien que défendu par des personnalités comme Rossellini, Truffaut ou Cocteau lors de ses premières projections en 1955, le film avait été un échec retentissant, si bien que pour tenter d'obtenir l'adhésion du public, les producteurs n'avaient pas hésité à le mutiler gravement. Désormais, après des mois d'un travail minutieux, nous retrouvons le montage initial, les couleurs, le son et le format d'origine. C'est une vraie résurrection d'un des chefs-d'oeuvre du cinéma qui nous est offert grâce aux efforts conjugués des sponsors et des  spécialistes. 

 

 

Le fils de Max Ophüls, Marcel, avait travaillé avec son père sur ce long métrage tourné en anglais, allemand et français. Dans une lettre très émouvante, datée du 10 avril 2008, Marcel Ophüls se souvient de la première séance de Lola Montès, l'après-midi du 23 décembre 1955, au cinéma Le Marignan, sur les Champs-Elysées : "Au-dessus de l'entrée du cinéma, une affiche énorme, d'un goût douteux, placardait en lettres et en images les charmes incontestables, discrètement révélés, de la grande vedette française du moment Martine Carol. Il pleuvait à torrents. Assis tous deux en face dans un café, mon père, un peu plus pâle que d'habitude, sirotait lentement un tilleul-menthe, ses mains serrées très fort autour de la tasse, comme si celle-ci pouvait encore lui réchauffer le moral et éviter la catastrophe".

 

 

Rien n'y fit. Les spectateurs, sortis de la première séance, allaient convaincre ceux qui patientaient sous la pluie de "ne pas perdre de temps sous l'averse et leur conseiller vivement de rentrer chez eux".
Les premières critiques reflétaient la mauvaise humeur de ces inconnus. "L'esthétique du gargouillis et du borborygme se mêle dans Lola Montès à l'esthétique de la crème fouettée"-  écrivait Jean Dutourd, tandis que Les Lettres françaises déploraient - "la lourdeur germanique de ce film qui au moins aurait dû être affriolant, coquin et capiteux".
Le jeune François Truffaut, qui avait failli devenir l'assistant de Max Ophüls, fut l'un des rares à trouver ce film admirable. Au point de s'engager corps et âme dans sa défense. Il rallia à sa cause Rivette et Godard, et s'engagea alors dans Arts : "Faudra-t-il combattre, nous combattrons. Faudra-t-il polémiquer, nous polémiquerons"... Depuis Paris, le jeune turc de la cinéphilie rendait compte quotidiennement à Max Ophüls, en mauvaise santé dans un sanatorium de la Forêt-Noire, des menaces qui planaient sur son film, tant en France qu'en Allemagne.

 

 

A la version originale de décembre 1955 succéda celle de février 1956, dans laquelle les dialogues allemands furent remplacés par des voix françaises postsynchronisées, et enfin celle de 1957, remontée contre la volonté de Max Ophüls, l'histoire étant replacée dans un ordre chronologique, accompagnée d'une voix off.


 


Echec injustifié car le film est superbe et fut heureusement réhabilité et porté aux nues par les jeunes cinéastes qui virent en Ophüls un créateur aussi singulier qu'un Robert Bresson et se reconnurent, pour certains d'entre eux, dans sa filiation.
Si le film se montrait infidèle à la vérité historique ( comme le best-seller dont il s'inspirait ), il est remarquable à plus d'un titre : son ton onirique, ses recherches de couleurs, le foisonnement de trouvailles et la vivacité du style qui parviennent à balayer quelques extravagances superflues. A travers cet opus, le cinéaste peint le monde tel qu'il le voit : un cercle infini de hasards et de concordances, des couleurs flamboyantes où s'imbriquent l'or et la pourpre, une suite de tableaux qui préside à la finalité d'un monde sombrant de façon tapageuse et arrogante dans une irréversible décadence.

 


Sous la direction d'un manager, habillé en Monsieur Loyal (Peter Ustinov formidable), le film nous conte l'histoire de Lola Montès, comtesse déchue, réduite par la misère à exhiber son brillant passé à un public indiscret, dévoilant les secrets de ses liaisons amoureuses avec des amants célèbres comme Franz Liszt et Louis Ier de Bavière, excitant ainsi sa jalousie, son acrimonie et sa pitié. Spectacle cruel d'une déchéance qui nous retrace en une suite de flash-backs des heures de gloire et de folie, selon une magistrale orchestration d'images. Martine Carol y trouvait là son plus beau rôle sous la direction d'un metteur en scène qui avait voué son oeuvre à dénoncer le sort réservé aux femmes par une société indigne et perverse. Bien conduite, l'actrice y apparaît belle et émouvante, très différente des personnages de blonde écervelée qu'on lui confiait habituellement. Une fois encore, le malheur frappait une femme amoureuse et bouclait, en une sorte d'apothéose, une oeuvre de toute première grandeur qui honore, ô combien ! notre 7e art. François Truffaut, fidèle à sa conception du cinéma, lui rendra un vibrant hommage, mais le cinéaste, hélas ! était déjà mort, ne s'étant pas remis de ce douloureux désastre professionnel.


 


Cette oeuvre magnifique sort enfin et définitivement de son purgatoire, après avoir connu l'enfer. Et ce n'est que justice. La version rénovée permet aux spectateurs d'apprécier le travail sur les couleurs de Christian Matras et les décors de Jean d'Eaubonne et nous offre la visualisation des passages supprimés en 1956 qui tous accentuent le côté crépusculaire du film : fuite en calèche à Munich, désespoir de Lola sur le pont du navire. D'autre part, nous retrouvons ici les préoccupations majeures du metteur en scène, peintre incomparable des désillusions amoureuses, comme ce l'était déjà dans La ronde ou Madame de.., ou encore dans Lettre d'une inconnue, d'après le roman de Stefan Zweig.

 


Quant au style, il est celui d'un Ophüls au faîte de son génie, baroque et inventif, qui sait mieux que personne traduire les vertiges et les désespoirs. Alors que le public s'était offusqué de cette mise en perspective d'une ancienne courtisane livrée de façon obscène à la vindicte populaire, le film apparaît au contraire comme une dénonciation de la société du spectacle, ce qui le rend d'autant plus percutant à l'époque de la télé-réalité ; le calvaire de Lola obligée de livrer à des voyeurs des pans entiers de sa vie intime et qui finit comme un animal de cirque dans une cage est à ce titre révélateur.

 


Inspiré d'un roman de Jacques Laurent,  Lola Montès sera transformé de façon magistrale par le cinéaste, au point que l'on peut se demander si la faiblesse du document littéraire n'a pas contribué à cette transcendance cinématographique qui donne à l'histoire déchirante et romanesque de cette courtisane son caractère universel. On parla à propos de cette dernière oeuvre de Max Ophüls d'un film-testament, tellement il est la somme de l'imaginaire et des innovations du maître dans le domaine du 7e Art. Ainsi le jeu des couleurs qui accentue la charge poétique et participe de façon symbolique à la compréhension du récit. Chacun des épisodes possède sa couleur dominante chargée d'évoquer une saison, mais plus subtilement les états d'âme de l'héroïne. Ustinov, pour sa part, a parlé de la manière dont le cinéaste dirigeait ses acteurs, selon un dosage très pédagogique de précision et de souplesse, afin de créer un climat de confiance et par là même d'obtenir d'eux, comme des décorateurs, caméramans et autres collaborateurs, ce qui lui tenait le plus à coeur : l'excellence.

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MAX OPHULS ET LE CINEMA BAROQUE

 

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LOLA MONTES de MAX OPHULS
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 11:01
ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT


Elève de Jean-Laurent Cochet et d'Antoine Vitez, Isabelle Huppert, née le 16 mars 1953 à Paris, fit sa première apparition à l'écran à l'âge de 18 ans dans "Faustine et le bel été" de Nina Companeez, à côté d'une autre débutante Isabelle Adjani. Avec son physique de petite fille et ses tâches de rousseur, elle était alors la représentante idéale de l'adolescente, dont l'allure paisible pouvait soudainement se fissurer pour donner libre cours à une violence intérieure contenue. "J'éprouvais un certain plaisir à exprimer ces sentiments, à me voir souffrir et pleurer à l'écran" - dira-t-elle. C'est ainsi qu'elle apparaît sous des personnages très divers dans "César et Rosalie"  de Claude Sautet où elle joue le petit rôle de Marité, en fille révoltée dans  "Les valseuses"  de Bertrand Blier, en démente qui cache un talent de peintre dans "Aloïse" de Liliane de Kermadec, en victime d'un beauf violeur et raciste (Jean Carmet) dans "Dupont la joie" d'Yves Boisset, en maîtresse d'un juge (Philippe Noiret) dans "Le juge et l'assassin"  de Tavernier, enfin en petite shampouineuse qui lit des romans-photos dans "La dentellière"  de Claude Goretta, où elle était stupéfiante d'intériorité et de douce modestie.


Avec "Violette Nozière"de Claude Chabrol, elle passe à la vitesse supérieure et s'affirme comme une actrice avec laquelle il va falloir compter, en réussissant superbement à saisir la personnalité complexe du personnage. Maîtrisant son art, elle peut désormais choisir ses metteurs en scène et va conduire sa carrière avec intelligence et ferveur. Car une flamme brûle chez cette petite bonne femme au physique plutôt banal, sur laquelle on ne se retournerait pas dans la rue. Mais à l'écran, elle sait accrocher le regard par cette intensité qu'elle confère à chacun de ses rôles. Claude Chabrol sera le premier à bénéficier de ses choix judicieux et ils tourneront ensemble à six reprises dont "Une affaire de femme" et "L'ivresse du pouvoir ".

" Les plus grands livres et les plus grands films sont ceux qui mêlent distance et émotion" - confiera-t-elle. Et c'est ce que j'ai envie de restituer comme actrice, intuitivement. C'est d'ailleurs pour cette raison que je me suis trouvée à l'aise dans les films de Chabrol : ils conçoit aussi l'alliage entre le romantisme et la distance critique".      


Isabelle Huppert se distingue de ses contemporaines par son goût du risque, de la provocation, et les rôles  les plus difficiles l'exaltent d'autant plus qu'elle se plaît, en tant qu'actrice, à se mettre en danger. Aussi ira-t-elle naturellement vers des auteurs exigeants qui ne font  l'impasse sur aucune audace : elle tournera successivement avec Olivier Assayas, Patrice Chereau, Jacques Doillon, Jean-Luc Godard, Maurice Pialat, Raoul Ruiz, Bertrand Tavernier pour la France ; Michael Cimino, Marco Ferreri, Michael Haneke, Andrzej Wajda en ce qui concerne les réalisateurs étrangers. Tout en respectant scrupuleusement les contraintes techniques et le style propre à chacun, l'actrice apporte son imaginaire et sa vision du personnage : " Les metteurs en scène essaient de vous soumettre à leur loi et moi j'essaie de les soumettre à la mienne" - ne craint-elle pas d'affirmer. Et elle poursuit : " Parce qu'en fait il s'agit d'une communication très souterraine qui ne passe pas par des ordres ".


Aussi a-t-on volontiers qualifié l'actrice "d'intellectuelle". A tort, car il s'agit chez elle d'une interprétation très intuitive, voire sensitive. A ce propos, Franck Garbarz et Yann Tobin ont écrit : " Isabelle Huppert endosse des rôles organiques qui font appel autant à son intelligence qu'à sa pure présence physique. Interprète au sens quasi musical du terme, elle épouse avec souplesse le regard des cinéastes qui projettent en elle leurs fantasmes et leur vision du monde. Loin de se cacher derrière un masque de star, elle est sans répit dans le don d'elle-même, tout en gardant le sens du jeu". Bel hommage à l'une de nos actrices les plus talentueuses et les plus insaisissables. Pensons à ses rôles dans  "La pianiste" de Michael Haneke (2000) ou "Merci pour le chocolat" de Claude Chabrol (2000), où elle allait au bout d'elle-même avec une force, un abandon, une violence qui ont marqué profondément les spectateurs. Elle a renoué avec Haneke pour "Amour" où elle interprète la fille de ce couple âgé dont la femme est en fin de vie. Un rôle plus modeste mais qu'elle tient avec cette justesse de ton qui la caractérise. Dernièrement, elle a à nouveau endossé le rôle d'un personnage ambigu et sulfureux, comme elle les aime, dans "Elle",  que chacun appréciera selon sa sensibilité.

 

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ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT
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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 10:38
THE DUCHESS de SAUL DIBB

The duchess de Saul Dibb, est le film idéal à voir pendant la période des fêtes. Tous les ingrédients sont réunis pour notre plaisir : la splendeur des tableaux, la flamboyance des images et costumes, le romanesque revisité avec talent par ce metteur en scène et, enfin, une interprétation - made in England  - d'une efficacité avérée.

  
Giorgiana Spencer, ancêtre de Lady Diana, dont le destin n'est pas sans évoquer celui de la princesse de Galles, mena une existence conflictuelle au sein de sa propre famille à la fin du XVIIIe siècle. Belle, charismatique et élégante, elle brillait par la vivacité de ses répliques et l'audace de ses toilettes, au point de devenir très populaire auprès du peuple et véritable icône de la mode auprès des aristocrates. Malheureusement cette féministe avant l'heure sera contrainte d'accepter, sous son toit, la présence de la maîtresse de son époux, le duc de Devonshire. Cette offense, qui la blesse profondément, l'incitera à s'engager dans la vie publique et à mener campagne pour le parti libéral, jouant de son esprit frondeur et de son charme pour tenter de faire avancer la cause des femmes.  A l'évidence, sans grand succès.


Mariée dans sa prime jeunesse par une mère qui souhaitait conserver le prestige de son rang, elle se trouve livrée, en son âge tendre, à un époux qui n'attend d'elle que deux choses : qu'elle lui donne un héritier et se montre docile. Au grand dépit de ce dernier, la charmante Giorgiana met tout d'abord au monde deux filles mais accepte d'élever, comme la sienne, une enfant qu'il a eue d'une de ses nombreuses liaisons et dont la mère est morte. L'absence d'héritier rend le duc ombrageux et l'éloigne d'une jeune épouse qu'il n'a jamais aimée. A la suite d'une violente dispute, il abuse d'elle et, de cette étreinte brutale, naîtra enfin l'héritier tant souhaité. Mais Giogiana ne supporte plus la froideur de son mari et la présence, dans sa demeure et son intimité, de la maîtresse de celui-ci - son ancienne amie - aussi part-elle se reposer à Bath, dans l'un des châteaux de la famille, avec le secret désir d'y retrouver l'homme qu'elle aime et qui partage ses idées libérales : Charles Grey. De leur amour passionné va naître une petite Elisa que le duc, mis au courant, l'a priée d'aller mettre au monde en cachette, dans une résidence sise en pleine campagne. Charles Grey lui propose de l'épouser, mais elle ne peut accepter cette solution, qui va dans le sens de ses propres sentiments, sans risquer de perdre ses autres enfants. Aussi retourne-t-elle, contrite et forcée, auprès du duc de Devonshire et de sa maîtresse, le coeur brisé d'être éloignée de cette petite fille que le père se charge d'élever. La fin de l'histoire nous dit que Giorgiana restera, jusqu'à sa mort, très populaire et courtisée, mais toujours aussi malheureuse, tenant son rang par la force des choses dans une société corsetée par les usages où, sous le couvert de l'honneur, tous les déshonneurs sont permis. 

 

En s'attachant au parcours singulier de cette séduisante duchesse, inspiré de la biographie de Amanda Foreman, Saul Dibb  nous livre une adaptation cinématographique plaisante mais sans grande originalité, dont le principal mérite réside en une mise en scène soignée où les tableaux qui se succèdent, plus beaux les uns que les autres,  nous montrent éloquemment combien difficile était la condition de la femme à une époque où, soumise à l'autorité impérieuse d'un mari tout puissant, elle était dans l'impossibilité d'acquérir, ne serait-ce qu'un semblant d'indépendance, aussi affirmées et intrépides que soient sa nature et sa personnalité.

 

Le rôle de Giorgiana Spencer est campé avec grâce par Keira Knightley, dont la silhouette longiligne fait merveille dans des toilettes élaborées ; celui de sa mère par l'excellente Charlotte Rampling qui affiche une attitude glaciale à souhait dans ce rôle de femme soucieuse de préserver sa position sociale et les avantages qu'elle suppose, tandis que Ralph Fiennes  joue celui d'un duc de Devonshire mufle et brutal de façon détachée et quelque peu absente. Un réalisation fastueuse comme les britanniques savent le faire dès qu'il s'agit d'évoquer une Grande-Bretagne magnifiquement démodée et, néanmoins, éternelle.

 

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  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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