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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 09:21
Shutter Island de Martin Scorsese

En 1954, une femme placée dans le centre de détention psychiatrique de Shutter Island disparaît. Elle s'appelle Rachel Solando et est une meurtrière extrêmement dangereuse. Deux officiers du corps fédéral des marshals, Teddy Daniels et Chuck Aule, quittent alors Seattle pour enquêter sur place. Ils découvrent l'île humide et brumeuse où se trouve cet hôpital-prison d'un genre très particulier. Très vite, Teddy Daniels comprend que le personnel de l'établissement cache quelque chose. Seul indice dont il dispose : un bout de papier sur lequel est griffonnée une suite de chiffres entrecoupée de lettres...

 

Un scénario qui met en cause d'emblée l’équilibre de l’enquêteur  (admirablement interprété par Léonardo DiCaprio) dans un labyrinthe de la folie et de la douleur où de misérables personnages achèvent leur existence au cœur d’un délire hallucinatoire habilement provoqué afin que ceux-ci disparaissent du monde des vivants et soient  à jamais irrécupérables. Inspiré du roman à succès de Dennis Lehane, cet opus brillant joue sur les nerfs en permanence grâce à un climat fort bien entretenu entre faux-semblants et réalités ténébreuses qui ne cessent de déstabiliser le spectateur. Du grand art développé par une mise en scène habilement élaborée où les rebondissements psychologiques sont à la fois crédibles et intelligents.

 

A défaut de faire jaillir la vérité dans son enquête, Teddy Daniels plonge dans ses propres abîmes et découvre l’ambiguïté des siennes. Servi par l’imagerie soignée de Robert Richardson où l’ombre et la lumière stimulent l’imaginaire et soulignent les symboles de cette fiction à plusieurs paliers, « Shutter Island » est un polar mental d’une efficacité redoutable qui brise les codes de l’espace et du temps, du vrai et du faux grâce à un scénario tendu qui repose sur une constante perte de repères. Un film, dont l’irréalité est devenue le noyau dur de la réalité. Etonnant mais oppressant. 

 

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Shutter Island de Martin Scorsese
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 10:25
Talons Aiguilles de Pedro Almodovar

C'est sans doute avec "Talons aiguilles" en 1992 qu'Almodovar trouve la consécration. Il s'agit avec ce film d'une évolution enfin apaisée qui correspond à une plus grande stabilité de la part du réalisateur. On y sent poindre d'ailleurs plus de mélancolie, d'amertume et de regrets, et une sorte de désenchantement lucide a envahi la pellicule. Après des années passées à l'étranger, une chanteuse Becky Del Paramo revient à Madrid, se sachant atteinte d'une grave maladie cardiaque et y retrouve sa fille Rebecca qu'elle a sacrifiée à sa brillante carrière et perdue de vue depuis sa petite enfance. Rebecca est aujourd'hui une jeune femme active, présentatrice d'un journal télévisé et épouse d'un directeur de chaîne, Manuel, qui fut autrefois l'amant de Becky et dont la maîtresse en vogue est désormais Isabel. Tiraillée entre son amour et sa rancune à l'égard de cette mère si absente, Rebecca se console auprès d'un travesti. Peu après, Manuel est assassiné et le juge Dominguez convoque les trois suspectes : Becky, Rebecca et Isabel. Le soir même, Rebecca annonce au journal télévisé qu'elle est la meurtrière. Mais sa mère, bouleversée par cette révélation et consciente de sa dette envers sa fille, décide d'endosser la responsabilité du crime. Elle mourra peu après, s'étant réconciliée avec elle et toutes deux ayant trouvé enfin la voie de l'apaisement qui permettra à Rebecca d'entrevoir son avenir plus sereinement.

 

Ce thème avait déjà été abordé par Bergman dans sa poignante "Sonate d'automne", mais avec Almodovar l'intrigue se plait à flirter avec l'émotion véhiculée par les personnages en plein conflit intérieur autant qu'avec le burlesque et le polar, sans que ce mélange nuise vraiment à l'unité du narratif. Voilà donc un drame qui se laisse gagner par des situations hilarantes et par une verve insolente et iconoclaste chère au cinéaste. Celui-ci ne craint pas de secouer ses images dans un shaker et à utiliser au mieux le talent de ses actrices: Abril et Parades. Une des œuvres marquantes du réalisateur espagnol.

 

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Talons Aiguilles de Pedro Almodovar
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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 09:22
Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet

En 1914, Mathilde, âgée de 19 ans, est fiancée à Manech. Mais celui-ci part au front et comme des millions d'autres meurt au champ d'honneur. C'est écrit noir sur blanc sur l'avis officiel. Cependant Mathilde se refuse à l'admettre. Si Manech était mort, elle l'aurait senti, elle l'aurait su. Ainsi se raccroche-t-elle à son intuition et, de faux espoirs en incertitudes, parvient à démêler l'écheveau et à retrouver la trace de l'homme qu'elle aime.

 

Inspiré du roman de Sébastien Japrisot, prix Interallié, ce film de Jean-Pierre Jeunet (2004) sait rendre l'enfer des tranchées sans tomber dans l'effusion de sang et de cadavres. La mise en scène brillante, parfois lyrique, ne cède pas non plus à l'ostentatoire et cela mérite d'être souligné. Travaillé dans des couleurs aux tons nuancés, les images esquissent une palette d'impressions agréablement contrastée et restituent une époque soigneusement stylisée par l'auteur. Mais ce ne serait là qu'une oeuvre d'illustrateur, s'il n'y avait le regard singulier posé par lui sur un univers qui épouse pleinement la vision du personnage principal, celui de Mathilde, admirablement interprété par Audrey Tautou, qui se livre, ou plutôt s'abandonne tout entier, aux puissances de l'imaginaire. Par ailleurs le film confirme l'immense talent de deux autres comédiennes : Jodie Foster et Marion Cotillard. Un film réussi qui ne manque pas de beauté et séduit, sans parvenir à émouvoir totalement.

 

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Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:16
La leçon de piano de Jane Campion

"La leçon de piano" de Jane Campion, autant leçon d'amour que leçon de musique - l'éveil à la musique coïncidant avec l'éveil des sens - se passe de mots : le maître est muet et l'élève fruste. Le savoir se transmet par l'oreille, l'oeil, les mains, la peau, s'exprime par des sons et des harmonies. Avec sa fille Flora, Ada, veuve et musicienne mais ayant perdu l'usage de la parole, débarque sur une plage de Nouvelle-Zélande où elle va épouser un colon Alistair Stewart. Ce dernier se refuse, à cause du mauvais temps, à remonter le piano que la jeune femme a amené avec elle. Ce sera un autre colon du nom de Baines (Harvey Keitel, remarquable dans ce rôle) qui se chargera de transporter l'instrument chez lui, en contrepartie des leçons qu'Ada accepte de lui donner. Finalement Ada et Baines vont devenir amants. Mis au courant, Stewart, fou de jalousie, au cours d'une scène terrible, coupe l'un des doigts d'Ada afin qu'elle ne puisse plus exercer son art, mais se résigne à laisser partir le couple. Stewart, qu'Ada n'a jamais aimé, a cru la détruire en lui tranchant un doigt, mais Ada a appris autre chose : l'intensité du désir, la force de l'amour, la complicité des corps. Elle est prête à affronter une vie nouvelle en compagnie de Baines, cet homme rustre mais sensible, une vie tout aussi poétique, mais plus charnelle. En réalité, ce n'est jamais qu'un piano qui gît désormais au fond de l'océan, échoué sur les sables, dans le silence sépulcral des profondeurs. Ada est déterminée : elle va renaître, réapprendre à parler, à exister, à vivre, à aimer.  Avec ce film superbe, Jane Campion s'est hissée au rang des plus grands : en témoigne sa palme d'or à Cannes en 1993. Holly Hunter, touchante dans le rôle d'Ada, reçut, quant à elle, l'Oscar de la meilleure actrice à Hollywood. Une poésie charnelle intense se dégage et fait vibrer l'espace. Et c'est la musique qui, soudain, donne son accord à celle des corps.

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Jane Campion, cliquer sur son titre :

 

Jane Campion, un cinéma au féminin

 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 09:20
Erin Brockovich de Steven Soderbergh

Pour son dixième long-métrage, Steven Soderbergh est tombé par hasard sur un sujet en or. L’histoire réelle d’Erin Brockovich, une Américaine moyenne, élevant seule ses trois enfants, qui n’a jamais fait d’études en droit quand elle découvre par hasard, lors d’un accident de voiture, un énorme scandale environnemental et de santé publique. Son acharnement sur ce dossier condamnera finalement la société en cause à payer plus de 300 millions de dollars aux victimes, une histoire si incroyable qu’elle aurait été jugée peu crédible si elle n’était pas vraie. On découvre alors toutes les implications du scandale au fur et à mesure de son évolution. Il ne s’agit d’abord que d’une famille ou deux, puis une dizaine et finalement ce seront plus de 600 personnes qui porteront plainte, grâce à l’opiniâtreté d’Erin Brockovich. Le film ne s’intéresse pas vraiment au procès mais davantage aux longues préparations qui ont permis à cette jeune femme, sans qualification particulière, de mettre une ville à ses pieds et une multinationale à genoux, selon le slogan  choisi par l’affiche française qui résume les faits en quelques mots.

 

« Erin Brockovich, seule contre tous » commence avec un entretien d’embauche raté et c’est encore peu dire. Divorcée de fraîche date, elle a absolument besoin d’un travail, quitte à postuler n’importe où. En l’occurrence, un cabinet de médecins alors qu’elle n’a jamais fait d’étude de médecine : on comprend vite le malaise du praticien qu’elle rencontre. Avec cette première scène, Steven Soderbergh pose déjà son personnage principal : cette jolie blonde semble n’avoir jamais eu de chance dans sa vie et d’ailleurs elle ne sort de son entretien que pour avoir immédiatement un accident de voiture. Un modeste avocat est assigné automatiquement pour la défendre et c’est à cette occasion qu’elle pose un pied dans l’univers des avocats. Après avoir perdu son procès, elle parvient à obtenir un travail dans le cabinet. Au début, il ne s’agit que d’un petit boulot de tri et de rangement de papiers, mais c’est justement en rangeant un dossier qu’elle tombe par hasard sur une affaire étrange. En effet, Erin est étonnée de trouver dans un même dossier un bilan de santé et une proposition immobilière et c’est en allant vérifier sur place qu’elle découvre un énorme scandale. Une entreprise utilise depuis une trentaine d’années un produit toxique en le cachant aux habitants et ce produit a empoisonné les nappes phréatiques et les habitants à des kilomètres à la ronde, étant donné que les responsables sont parvenus jusque-là à cacher, puis à étouffer l’affaire. On suit ainsi au jour le jour la persévérance d’Erin à mettre tout en œuvre pour parvenir à dénoncer le scandale et à faire éclater la vérité.

 

Steven Soderbergh a eu la bonne idée de confier le rôle à Julia Roberts. Dix ans après «Pretty Woman », qui lui avait apporté la gloire, l’actrice est parfaitement convaincante dans ce personnage fort qu’elle porte sur ses épaules avec une formidable énergie et qui lui a valu un Oscar bien mérité. Belle et offensive, elle ne lâche rien et nous émeut par sa détermination sans faille. Un beau rôle pour une Julia Roberts au mieux de son talent et un film que l’on suit avec un intérêt qui ne se relâche pas. Une réalisation passionnante.

 

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Erin Brockovich de Steven Soderbergh
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:40
Orgueil et préjugés de Joe Wright

Dans un petit village d’Angleterre, sous le règne de George III, Mrs Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L’arrivée de nouveaux voisins, Mr Bingley et son ami Mr Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affres de cœur tumultueuses. Cette dernière découvre l’amour en rencontrant le bel et aristocratique Darcy. Pourtant, tous deux devront passer outre leur orgueil et les mauvaises interprétations qui s’ensuivent avant de tomber dans les bras l’un de l’autre, à la grande surprise des Bennet. Qui aurait parié que cette histoire vieille de plus de deux siècles, écrite par une toute jeune fille, Jane Austen, au fond de sa campagne anglaise, puisse traverser les âges et devenir un modèle de peinture sociale, une histoire d’amour indémodable, un miroir de nos passions ? Joe Wright, en adaptant ce roman au grand écran, a su braver  les a priori et affronter un public très divers avec une romance destinée à l’origine à un lectorat féminin.

 

 

 

Les premières images suffisent à balayer les réticences et à entraîner le spectateur, pendant plus de deux heures, dans le courant d’une histoire qui ne cesse de nous rendre les complices des rebondissements du cœur des deux protagonistes. Des images au bord de la perfection, des comédiens dont le jeu nuancé nous révèle leurs tourments, leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs émotions au long d’un récit qui casse les codes habituels, voilà de quoi retenir sur son siège le spectateur le plus hésitant. La caméra sait interroger les regards, baigner dans de savants clairs-obscurs les scènes d’intimité familiale, nous promener dans les paysages bucoliques de la belle campagne anglaise, nous mêler à l’effervescence des cinq sœurs, enfin nous convier à être les témoins de la difficulté d’être femme à une époque où elles étaient contraintes, pour ne point connaître la misère, de faire un mariage de raison.
 

 


Joe Wright a su rendre la finesse et la complexité du roman dans une réalisation délicate, s’appuyant sur son sens de l’image qui utilise le moindre détail, le moindre changement de plan, les situations les plus complexes afin de captiver le spectateur. En signant cette seconde adaptation du roman de Jane Austen, il nous offre une fresque somptueuse où l’esthétique n’étouffe jamais le sentiment, restituant à l’œuvre sa densité, sa fraîcheur, sa richesse psychologique et assurant ainsi la victoire de cet amour  transgressif.

 

 

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Orgueil et préjugés de Joe Wright
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 10:47
JESSICA CHASTAIN OU L'AUDACE EN PRIME TIME

Il y a seulement trois ans Jessica Chastain était ce que l’on appelle une actrice célèbre dont personne n’avait entendu parler. En 2011, elle apparaît dans un grand succès commercial "L’affaire Rachel Singer" et un film d’auteur primé "Take Shelter" qui va achever de la lancer dans la jungle du cinéma et du spectacle. C’est également l’année où elle va présenter "The tree of Life" au Festival de Cannes et entend les journalistes se demander perplexes qui est cette rousse étincelante qui monte les marches au côté de Brad Pitt. Son talent lui avait pourtant mérité une bourse d’études à la prestigieuse Julliard School de New-York, parrainée par le regretté Robin Williams. Mais sa carrière va s’amorcer dès 2004 dans des séries télé et au théâtre où elle aime les rôles de femmes réfléchies que les studios californiens ne trouvent pas assez modernes à leur goût et qui est un prétexte insuffisant pour lui valoir les lumières de la renommée.

 

Tenace, Jessica Chastain s’accroche ; soudain le miracle va se produire car elle crève littéralement l’écran dans "La couleur des sentiments", puis sa carrière fait un bond spectaculaire avec "Zero Dark Thirty", le brûlot réalisé par Kathryn Bigelow qui lui vaut un Golden Globe de la meilleure actrice dans un drame. La suite ne va plus cesser de s’accélérer tant chacun de ses choix l’installe dans la lignée des vrais acteurs. Ses deux nouveaux films révèlent cette quête d’exigence qui est la sienne et l’autorise à se sentir aussi à l’aise dans le rôle tragique de "Mademoiselle Julie", film d’époque réalisé par Liv Ullmann avec Colin Farrel qu’en héroïne de science-fiction dans "Interstellar" de Christopher Nolan qui sera l’événement de la rentrée. A 37 ans la jeune femme est devenue une actrice incontournable du 7e art, aussi Le 40 e Festival du film américain de Deauville a-t-il tenu, en son temps, à l’honorer comme il se doit.  Lors des interviews, l’actrice n’avait pas caché le plaisir qu’elle avait pris à tourner avec Liv Ullmann et à incarner ce personnage torturé qu’est Julie, un être hybride où elle a retrouvé une part d’elle-même. Elle n’a pas craint non plus de se mettre en danger, danger qui est pour elle un stimulant puissant. "Le manque de passion, c’est la mort pour un artiste" – dit-elle. "Mais je me sens très vulnérable lorsque je me découvre à l’écran, face à un public, et je me reconnais dans des moments très intimes" – poursuit-elle.

 

Le cinéma, qui, désormais, a envahi son existence, ne la détourne pas de son désir de fonder une famille. C’est un défi qu’elle s’est donné car - dit-elle, "cela me fait peur. Que se passera-t-il si je m’interromps pour me consacrer à ma vie privée ? Est-ce que l’envie de jouer va disparaître ? Mais je ne veux pas non plus me réveiller dans six ans et constater que je suis passée à côté d’une part essentielle de mes rêves". Non, à l'évidence, le goût du cinéma ne l'a pas quittée, ni celui de fonder une famille, preuve en est qu'elle vient de se marier et qu'elle ne cesse de tourner, récemment dans deux films dont elle était la vedette : "Molly's Games" de Aaron Sorkin auprès de Kevin Costner et "Miss Sloane" de John Madden qui, hélas ! n'ont  figuré ni l'un, ni l'autre, aux Oscars. Et on vient de la voir dans  "La femme  du gardien de zoo" de Niki Caro qui a été projeté tout dernièrement au Festival du Film américain de Deauville et déjà deux opus sont annoncés : "X-Men : Dark Phoenix" de Simon Kinberg dont la sortie est prévue le 2 novembre aux Etats-Unis et "The death and life of John F. Donovan" de Xavier Dolan en 2018. Par ailleurs, la jeune actrice s'implique beaucoup dans la vie philanthropique, entre autre contre la discrimination faite aux femmes et aux minorités et soutient les associations caritatives oeuvrant pour la santé mentale. Longue vie à cette actrice flamboyante qui a su donner sens à sa vie.

 

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ACTEURS DU 7e ART

 

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JESSICA CHASTAIN OU L'AUDACE EN PRIME TIME
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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 10:01
Lion de Garth Davis

Quelle belle et captivante histoire que celle de Saroo, 5 ans, qui vit dans un  village indien avec sa mère, son grand frère et sa petite soeur. Certes, ils sont très pauvres : les garçons ramassent du charbon, la mère des pierres pour les constructions et la petite soeur est gardée à tour de rôle par sa mère ou ses frères. Mais ils s'aiment. Au cours d'une escapade avec son frère aîné pour gagner un peu d'argent, Saroo s'endort dans un train et se réveille 1600 km plus loin, à l'autre bout du pays. Par chance, il atterrit dans un orphelinat de Calcutta, après avoir échappé de justesse à de nombreux traquenards et sera tiré de ce mauvais pas par un couple australien (David Wenham et Nicole Kidman) qui, renonçant volontairement à avoir leurs propres enfants, se consacrent à sauver des enfants en grande détresse. Et c'est le cas de Saroo.  Devenu adulte (sous les traits de Dev Patel), Saroo se lance dans la vie professionnelle et rencontre une jeune fille avec laquelle il entend faire sa vie, mais pas avant d'être remonté à ses sources et de les avoir retrouvées, car il ne cesse d'être taraudé par des réminiscences de plus en plus obsédantes de son enfance indienne. Il se lance alors, grâce à internet, à une quête des lieux dont il n'a que peu de souvenirs et seulement le nom de son village. Et il y parviendra. 

 

Oui, l'histoire est incroyable mais vraie et Garth Davis nous la restitue d'une image tendre et délicate. Saroo, enfant, est absolument adorable et d'un naturel touchant et tous les acteurs, dont Nicole Kidman sans maquillage, sont remarquables de naturel et d'authenticité. Aussi, comment ne pas vibrer en suivant cette quête bouleversante d'identité, comment ne pas adhérer à ce parcours du combattant entrepris par Saroo pour rétablir son lien biologique avec les siens, sans, pour autant, blesser ses parents adoptifs d'un dévouement et d'une compréhension admirables. Oui, ce film est beau, les personnages parlent justes et ce mélodrame, qui pourrait sombrer dans le pathos, se tient à hauteur d'homme et de sensibilité et emporte l'adhésion d'un public touché par sa grâce.

 

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Lion de Garth Davis
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 11:11
Emma Stone - Portrait

J'ai eu beaucoup de mal au début avec le jeu et surtout le physique de cette jeune actrice qui, par ailleurs, ne manque pas de présence. Mais sa mâchoire carnassière ne se conformait pas aux rôles de jeune icône qu'elle était sensée interpréter dans des films comme "Magic in the moonlight". C'est avec "La La Land" que j'ai vraiment apprécié son jeu et sa grâce, l'actrice s'étant métamorphosée en une femme plus coquette, la chrysalide étant devenue enfin papillon et dansant et chantant avec beaucoup d'aisance. 

 

Née le 6 novembre 1988 dans l'Arizona d'un père entrepreneur et d'une mère au foyer, Emma Stone se produit très jeune dans différentes productions théâtrales et suit des cours par correspondance. A l'âge de 15 ans, elle convainc ses parents de s'installer à Los Angeles pour se lancer dans la comédie et s'y installe avec sa mère. Elle fait ses véritables débuts en 2007 dans un premier film "SuperGrave" où elle est une lycéenne qui s'amourache d'un camarade de classe. L'année suivante, elle apparaît dans "The Rocker" où elle est une jeune musicienne et apprend à jouer de la basse pour être plus près de son personnage. Elle aura toujours ce souci de ne jamais rien laisser au hasard en actrice très scrupuleuse et très professionnelle.

 

En 2010, elle obtient son premier grand rôle dans la comédie "Easy Girl" qui lui permet d'être citée pour un Golden Globe l'année suivante. En 2011, elle est l'interprète principale de "La couleur des sentiments" dont on sait le succès international, opus qui assoie définitivement sa notoriété. Bientôt sa prestation sera de nouveau saluée dans un film de Woody Allen "Magic in the moonlight" où personnellement - comme je le notais plus haut - la magie n'a pas opéré pour moi. Trop grimaçante, elle ne me semblait pas être le personnage de cette déesse qui détenait le pouvoir de captiver son entourage et de rendre folle la gente masculine. Elle tournera de nouveau avec Woody Allen dans "L'homme irrationnel", devenant la nouvelle muse du cinéaste après Scarlett Johansson. Mais là où elle m'a vraiment séduite, c'est dans la comédie musicale "La La Land" qui lui mérite l'Oscar de la Meilleure actrice. Dans ce film, qui semble correspondre à sa nature, elle donne sans retenue  l'ampleur de son talent avec charme, élégance et beaucoup de classe. En 2017, elle revient sur les écrans avec un drame historique "Battle of the sexes", film qui échouera au box office. Elle apparaît ensuite dans "The favourite", sixième long métrage du cinéaste Yorgos Lanthimos qui lui vaut une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Depuis octobre 2017, elle est la compagne du réalisateur américain Dave McCary. 

 

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Emma Stone - Portrait
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:42
La La Land de Damien Chazelle

Comme on aimerait que, soudain, dans les embouteillages quotidiens de Paris, les gens sortent spontanément de leurs voitures pour se mettre à chanter et danser sur les airs de jazz que diffuseraient leurs radios et que la cauchemar devienne rêve. C’est ainsi que débute le très plaisant film de Damien Chazelle « La La Land » qui est en train de rafler toutes les récompenses de ce début d’année 2017, dont 7 Golden Globes et déjà 14 citations pour les prochains Oscars. Après "Whiplash », le cinéaste nous propose aujourd’hui une comédie musicale pleine de fraîcheur, un brin nostalgique lorsqu’elle évoque les charmes d’antan et leurs sonorités auxquels l’opus fait abondamment référence et la réalité d’aujoud’hui liée davantage au spectaculaire et à l’éphémère. Sébastien (Ryan Gosling) et Mia (Emma Stone) habitent Los Angeles et attendent que leur vie prenne enfin une tournure professionnelle. Elle est serveuse dans la cafétéria d’un grand studio d’Hollywood et multiplie les auditions pour tenter de devenir comédienne ; lui est pianiste de jazz mais sa carrière stagne car on ne le trouve pas assez moderne, trop attaché à un jazz jugé classique et démodé. Ils se rencontrent et bientôt comprennent qu’ils sont faits l’un pour l’autre, que leurs dons et leurs aspirations ne peuvent que les mener à une réussite justifiée. Ce qu’ils feront aux dépens de leur bonheur.

 

Oui, ce film évoque avec subtilité la difficulté qu’il y a à mener de front  l’amour et la réussite professionnelle, l’art et la vie quotidienne, tant il est vrai que l’on sert difficilement deux maîtres et que le succès de l’un joue trop souvent de façon négative sur les aspirations de l’autre. Si cet opus n’est pas sans rappeler le « Café Society » de Woody Allen, film plein de charme lui aussi, il s’en démarque pour la simple raison que la façon de raconter de Damien Chazelle sait se faire personnelle et use d’une énergie positive qui marquait déjà son premier opus « Whiplash ». Oui, Chazelle a un ton, un narratif qui lui est personnel et enchante le spectateur car il s’exprime dans l’élégance des images, le jeu d’acteurs parfaitement dirigés, le savoureux mélange des genres entre fantaisie et réalité. Il y a là un tourbillon éloquent de sons, de couleurs, de sentiments, d’actualité et de retours vers le passé parfaitement dosé.  De plus, la bande sonore est de grande qualité et les acteurs époustouflants de grâce, de charme et de fantaisie. Emma Stone, que je n’appréciais guère à ses débuts, est ici transformée, délicieuse de spontanéité, d’émotion face à un Ryan Gosling délicat, élégant, tous deux chantant et dansant avec enthousiasme. On peut sans doute regretter qu’il  n’y ait  pas davantage de numéros de danse, mais je pense que cela n’aurait pas apporté grand-chose de plus au film et n’oublions pas que Emma Stone et Ryan Gosling ne sont ni Fred Astaire, ni Cyd Charisse. Mais ainsi conçu et réalisé, l’ouvrage est une réussite, ne serait-ce que parce qu’il est euphorisant, dénué de toute vulgarité, qu’il charme le spectateur par son contenu et ne cède jamais à la mièvrerie. Aussi, apprécie-t-on de passer deux heures aussi plaisantes à contempler autant d’images belles et à entendre autant de musique envoûtante.

 

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La La Land de Damien Chazelle
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Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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