Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 10:51

Photo_2-3cfdf.jpg 


 

C'était d'abord une voix, ensuite un regard intense, douloureux, qui dévorait de son feu un visage émacié. Longue silhouette osseuse, d'où tout le superflu avait disparu, Laurent Terzieff mort à l'âge de 75 ans en 2010 occupait une place à part dans l'art théâtral, celle si rare d'un homme qui tente de nommer les choses et surtout de dire véritablement ce qu'elles sont. De nous spectateurs, il demandait l'écoute, de lui acteur, il exigeait l'excellence, parce qu'on ne se fait pas impunément l'écho des profondeurs, le chantre de quelques-uns des plus beaux textes de la littérature.


D'origine russe, né en 1935, il était arrivé en France à l'âge de 9 ans, marqué par les horreurs de la guerre et déjà sensible à ce qui dans l'homme s'acharne à se perdre. C'est le cinéaste Marcel Carné qui lui offrira sa première chance en lui proposant l'un des rôles titre dans son film   Les Tricheurs  en 1958, où il campe un étudiant bohème et cynique, salué par la critique unanime comme l'un des jeunes premiers les plus prometteurs de sa génération. Par la suite, il tournera avec Bunuel, Pasolini, sans que pour autant le 7e Art donne satisfaction à sa quête personnelle, telle qu'il la concevait, privilégiant  le texte à l'image et donnant voix à des auteurs comme Pirandello,  Ibsen,  Carol Bernstein,  Claudel,  Adamov,  Bretch, ainsi qu'aux poètes qu'il appréciait par-dessus tout : Oscar Milosz et Rainer Maria Rilke.
 

Avec sa compagne Pascale de Boysson, il créait en 1961 la compagnie de théâtre Laurent Terzieff, seul moyen de s'assurer une complète liberté et la possibilité de mettre en scène et de choisir les rôles qui correspondaient  le mieux à ses interrogations. Passionné, il s'engageait à fond dans ce qu'il faisait, prêtant à ses personnages une intensité rare. A chaque apparition, il semblait se mettre lui-même en péril, comme si sa vie en dépendait, comme s'il était habité par la Parole ... des autres. " L'écran peut mentir, pas la scène " - se plaisait-il à dire. Et cette phrase le révèle. Lui, qui avait commencé sa carrière d'acteur par un film dont le titre était les tricheurs, était l'homme qui ne trichait pas, ni dans sa vie, ni dans sa profession qu'il assumait à la manière d'un sacerdoce. Parce que c'est de vérité intérieure dont il s'agissait. De cette vérité qui tient l'homme vertical, tel qu'il l'était lui-même. Mieux encore qu'un grand seigneur de la scène, comme certains se sont plus à le qualifier, à juste titre d'ailleurs, c'était un homme sans compromissions dont le beau visage ravagé par l'exigence et la voix restent inoubliables.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur la liste ci-dessous :
 


LISTE DES ARTICLES - acteurs du 7e Art

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 
 

LAURENT TERZIEFF : UNE VOIX
Partager cet article
Repost0
16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 10:24
INGRID BERGMAN - PORTRAIT

            

                                                                                                                                                                                                        

Ingrid Bergman est peut-être l'actrice qui me touche le plus, non seulement par son incandescente féminité mais par la qualité de son jeu, cette façon de rendre l'émotion palpable. Oui, elle est à mes yeux l'une des comédiennes les plus accomplies et je ne connais pas un seul de ses films où elle ne contribue à conférer à ses personnages une dimension inoubliable. Pensons à ses interprétations dans "Sonate d'automne", "Elena et les hommes", "Jeanne au bûcher", "Hantise" de George Cukor ou encore "Casablanca" de Michael Curtiz. A chacun de ses rôles, elle a prêté sa sensibilité et sa détermination, sa tendresse et sa passion, elle a irradié l'écran non seulement de sa beauté et de son élégance, mais d'une ferveur qui lui était personnelle. 
 

Orpheline à l'âge de deux ans, Ingrid Bergman, née à Stockholm le 29 août 1915, étudie l'art dramatique dès son adolescence et obtient très vite un petit rôle dans "Munkbrogreven", grâce à son aisance et à son naturel. Après une dizaine de films tournés en Suède, David O. Selznick la remarque et l'engage pour jouer un remake d'"Intermezzo" qui aura un énorme succès et va  définitivement orienter la carrière de la jeune comédienne. Elle s'installe à Hollywood, qu'elle ne va pas tarder à conquérir, en étant l'héroïne du film "Casablanca" (1942) au côté de Humphrey Bogart, puis de  "Pour qui sonne le glas" (1943) de Sam Wood auprès de Gary Cooper, où elle se montre si convaincante qu'elle sera nominée pour l'Oscar de la meilleure actrice, Oscar qu'elle ne recevra que l'année suivante avec le film "Hantise" (1944) de George Cukor et honneur qui lui méritera d'être propulsée dans l'olympe des stars hollywoodiennes. Elle devient alors la vedette fétiche d'Alfred Hitchcock, qui ne lui pardonnera jamais de lui avoir préféré Rossellini, et tourne avec lui "La maison du docteur Edwardes", "Les Enchaînés" (Notorious) et "Les Amants du Capricorne "(1949), trois longs métrages où elle s'impose comme une grande comédienne et fait preuve d'une formidable présence. C'est en 1949 que la jeune femme, bouleversée par la projection de "Rome ville ouverte", écrit au metteur en scène pour lui proposer de jouer dans l'un de ses films et, qu'à la suite de son invitation, elle se rend à Rome. La passion que le réalisateur et l'actrice vont éprouver l'un pour l'autre sera telle qu'Ingrid quitte mari et enfant et, devant le scandale provoqué par cet abandon familial, se voit obligée de s'éloigner momentanément des Etats-Unis pour s'installer dans la ville éternelle. Elle et Rossellini vivront sept années d'un amour tumultueux, auront trois enfants dont l'actrice mannequin Isabella Rossellini et tourneront six films dont "Stromboli" (1950), "Le voyage en Italie" (1953), "La Peur" (1954) et "Jeanne au bûcher". Ils divorcent en 1957. 

                       

Revenue à Hollywood, qui lui a pardonné son escapade italienne, elle gagne d'emblée un second Oscar dans le rôle d'"Anastasia" produit par Anatole Litvak, tourne une douzaine d'autres films dont "Aimez-vous Brahms" où elle est merveilleuse de charme et de séduction auprès d'Yves Montand et d'Anthony Perkins, puis "Le crime de l'Orient-Express" (1974) de Sidney Lumet avant de rencontrer son homonyme et concitoyen Ingmar Bergman, rencontre qui  marque une date importante dans sa carrière. Elle joue sous sa direction "Sonate d'automne" (1978), huis-clos d'une force sidérante baigné par les couleurs flamboyantes de l'automne suédois, face à Liv Ullmann. Elle y est une mère qui a négligé sa fille au profit de sa vie de concertiste. Ses retrouvailles avec elle l'obligeront à revisiter un passé mal cicatrisé et à faire amende honorable d'une existence trop entièrement consacrée à sa propre satisfaction de musicienne et d'interprète. Dans ce rôle difficile, intériorisé, d'une gravité contenue, Ingrid Bergman donne  la mesure de son talent, ce qui sera confirmé par sa dernière apparition sur un écran de télévision dans celui de Golda Meir, femme politique israélienne, qui fut le premier ministre de son pays de 1969 à 1974, et dont elle parviendra à faire une composition saisissante. Elle meurt d'un cancer le 13 août 1982 à l'âge de 67 ans. Une partie de ses cendres seront dispersées dans la mer, l'autre inhumées à Stockholm, sa ville natale.


Pour prendre connaissance des critiques de films où apparaît Ingrid Bergman dont  Casablanca, Les enchaînés, Voyage en Italie et Sonate d'automne, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN    

   

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

                                 

INGRID BERGMAN - PORTRAIT
INGRID BERGMAN - PORTRAIT
INGRID BERGMAN - PORTRAIT
Partager cet article
Repost0
10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 08:29
CHARLTON HESTON

                                                                            
Il fut le conducteur de char dans Ben-Hur, il a été Moïse dans Les dix Commandements et quelques autres héros épiques, dernière figure légendaire d'une époque révolue : - J'ai une tête qui appartient à un autre siècle - se plaisait-il à dire. Charlton Heston,  mort à Los Angeles le 5 avril 2008, aura marqué de sa présence quelques-unes des plus belles fresques historiques de Hollywood, où son visage carré, ses yeux bleus, sa stature l'imposaient d'emblée comme l'homme juste, le héros sans peur et sans reproche. Il avait commencé à suivre des cours d'art dramatique à la North Western University avant de servir pendant trois ans dans les îles Aléoutiennes. A son retour, il est metteur en scène de la troupe du Thomas Wolfe Memorial Theatre d'Asheville en Caroline du nord. Il joue à Broadway Antoine et Cléopâtre qu'il filmera plus tard. Il fait de la télévision, puis est engagé par Hal Wallis pour Paramount. Pour cette firme prestigieuse, il sera successivement Marc-Antoine, Michel-Ange, Saint Jean-Baptiste et a laissé le souvenir d'un acteur généreux qui avait une haute idée de son métier et le faisait en artisan soucieux d'être à la hauteur des êtres mythiques qu'il avait à charge d'incarner. Mais il restait avant tout un homme de théâtre et trouvait plus gratifiant encore de jouer du Shakespeare que d'être le partenaire d'Ava Gardner ou de Sophia Loren. Néanmoins, il eut le souci de mener de front ces deux carrières avec équité : celle qui le promouvait sur l'écran en personnage invincible et celle plus complexe, plus intériorisée, des héros du théâtre classique. Sans oublier qu'il a été à six reprises le Président du Syndicat des acteurs et également à la tête de l'American film Institute et qu'il prit des positions courageuses et controversées contre la détention d'armes aux Etats-Unis, étant un homme de conviction et d'engagement.

                     

Fils de meunier, Charlton Heston était né le 4 octobre 1923 à Evanston dans l'Illinois et avait fait ses débuts à la radio et au théâtre, avant de servir dans l'armée de l'air durant la Seconde guerre mondiale. En 1945, il tente sa chance à Broadway et enchaîne avec un rôle dans l'adaptation de Jules César à la télévision. Cecil B. DeMille le remarque et l'engage pour jouer dans Sous le plus grand chapiteau du monde qui remportera l'Oscar du Meilleur film et propulsera l'acteur sur le devant de l'écran. Après avoir collaboré à des westerns, où sa carrure d'athlète faisait merveille, et à des films fantastiques ou de science-fiction, dont La planète des singes, il revient à ses premiers amours et remonte sur les planches. Plus tard, il sera tenté par la réalisation et mettra en scène Antoine et Cléopâtre en 1972, ainsi que La fièvre de l'or  en 1982, film de qualité où il tient un double rôle, acteur et metteur en scène, avec beaucoup d'entrain et de conviction. Marié à Lydia Clarke, il s'est éteint auprès d'elle après 64 années de vie conjugale, un beau record. Charlton Heston a été le lauréat d'un Oscar en 1959 pour son interprétation dans Ben-Hur,  qui en a reçu 11 au total, et a été décoré, en 2003, de la médaille présidentielle de la Liberté, l'une des plus hautes décorations civiles aux Etats-Unis.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

                     

CHARLTON HESTON
Partager cet article
Repost0
11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 08:53
HARRISON FORD - PORTRAIT


Né à Chicago dans l'Illinois le 13 juillet 1942, Harrison Ford commence à jouer la comédie dans son collège du Wisconsin et lors de tournées estivales. Après ses études, il s'établit en Californie et poursuit ses activités théâtrales sur la scène du " Laguna Beach Playhouse ". Pris sous contrat à la Columbia, il fait quelques apparitions au cinéma, notamment dans  Un truand  de Bernard Girard en 1966 face à James Coburn ou dans  Luv de Clive Donner en 1967. Mais cela ne nourrit pas son homme, aussi travaille-t-il pour la télévision dans des séries comme  L'homme de fer, Sur la piste du crime et Dynasty. Après avoir obtenu un rôle secondaire dans Campus de Richard Rush en 1970, l'acteur, découragé, décide de cesser des activités qui ne lui permettent pas de donner sa mesure. Dans l'attente de décrocher le rôle qui lui conviendra enfin, il trouve plus honorable de devenir charpentier que d'accepter n'importe quelle proposition pour des raisons financières. Trois ans plus tard, la chance lui sourit  grâce à la proposition de George Lucas qui fait appel à lui pour American Graffiti. Le film remportera un succès critique et commercial tel que l'acteur est enfin lancé. L'année suivante, il tient un rôle secondaire important dans Conversation secrète  de Francis Ford Coppola, la palme d'Or de 1974. Puis en 1977, ce sera le triomphe du premier volet de la trilogie  La guerre des étoiles  de George Lucas, suivi en 1981 de celui des  Aventuriers de l'arche perdue  de Steven Spielberg. Avec Blade Runner de Ridley Scott (1982), il ajoute une dimension quasi mythique à son métier d'acteur - dira Steven Spielberg. Grâce à ces films, qui pulvérisent les records d'audience, il figure dans les années 80 comme un acteur incontournable Outre-Atlantique. Peter Weir fait appel à lui en 1985 pour Witness long métrage dans lequel il incarne un inspecteur de police obligé de se fondre dans une communauté Amish afin de résoudre un meurtre. Il est nommé pour ce rôle à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur acteur. En 1986, il retrouve Peter Weir sur  Mosquito Coast,  interprétant un père de famille luttant contre les méfaits de la jungle d'Amérique Centrale. L'année suivante, il tourne à Paris sous la direction de Roman Polanski un thriller d'inspiration hitchcockienne  Frantic et, en 1988, Mike Nichols le dirige aux côtés de Sigourney Weaver et Melanie Griffith dans la comédie romantique  Working Girl. L'année suivante, il endosse pour la troisième fois sa tenue d'aventurier dans  Indiana Jones et la dernière croisade  de Steven Spielberg avant de tourner dans  Présumé innocent  (1990) un thriller réalisé par Alan J. Pakula.

 


Dans les années 90, Harrison Ford est à l'affiche de nombreux films d'action comme  Jeux de guerre de Phillip Noyce (1992),  Le fugitif de Andrew Davis (1993),  Danger immédiat  toujours de Phillip Noyce ( 1994 ). Il s'intéresse aussi à la comédie, ce qui le change de ses rôles habituels, avec  Sabrina  de Sydney Pollack (1995) et  Six jours, sept nuits  de Ivan Reitman (1998) Il retrouvera Sydney Pollack en 1999 pour  L'ombre d'un soupçon,  excellent film, avant d'incarner le mari criminel de Michelle Pfeiffer dans  Apparences  de Robert Zemeckis en 2000. En 2002, le Festival du cinéma américain de Deauville lui rend hommage en présentant  K19 - le piège des profondeurs de Kathryn Bigelow. L'année suivante il joue aux côtés de Josh Hartnett dans  Hollywood Homicide  de Ron Shelton. Après avoir tourné dans  Firewall  de Richard Loncraine (2004), l'acteur se glisse pour la quatrième fois dans la peau d'Indiana Jones dans  Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal  de Steven Spielberg (2008). En 2009, le 35e Festival du Cinéma américain de Deauville lui rendra un nouvel hommage en sa présence. Par ailleurs, l'acteur, sensibilisé aux problèmes de la nature, a mis sa notoriété au service de la préservation de l'environnement et à la lutte contre la déforestation des forêts tropicales.

 

Pour consulter la liste des articles ACTEURS DU 7e ART, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Partager cet article
Repost0
10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 09:52
ANDY GARCIA - PORTRAIT


Né à la Havane le 12 avril 1956, Andy Garcia quitte bientôt Cuba avec sa famille qui fuit le castrisme, gardant un souvenir nostalgique de son île, sentiment que l'on retrouvera dans certains de ses films comme  "Adieu Cuba"  (2004) et dans sa musique fortement imprégnée des rythmes cubains. Après des études de théâtre à la "Floride International University", il monte sur scène dans divers théâtres nationaux avant de partir à Los Angeles, à la fin des années 70, poursuivre une carrière d'acteur sur scène et sur écran. Il obtient son premier rôle en 1981 dans la série télévisée  "Hill Street Blues". Après des débuts remarqués au cinéma, notamment dans "Huit millions de façons de mourir"  de Hal Ashby en 1986, Andy Garcia obtient une reconnaissance internationale en 1987 avec  "Les incorruptibles"  de Brian De Palma, film dont il partage la vedette avec Kevin Costner et Sean Connery. Dès lors, il va enchaîner les tournages et confirmer son aisance dans le genre policier, au point que certains voient en lui un nouveau Al Pacino. Se succèdent des films comme  "Dead again"  de Kenneth Branagh (1991), "Héros malgré lui"  de Stephen Frears  en 1992,  "Dans l'ombre de Manhattan"  de Sidney Lumet en 1997. En 1991, il est nommé à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur second rôle dans  "Le parrain 3"  de Francis Ford Coppola. Deux ans plus tard, il fait ses débuts de réalisateur et de producteur avec le documentaire " Cachao...Como Su Ritmo No Hay Dos" sur la vie du bassiste Israel Lopez et incarne, par la suite, le poète espagnol Federico Garcia Lorca dans "The Disappearance of Garcia Lorca" de Marcos Zurinaga en 1997, puis Lucky Luciano dans  "Les seigneurs de Harlem"  de Bill Duke en 1997. Il est encore à l'affiche dans  "Sous le silence"  de Tom McLoughlin en 2001, de "Confidence" de James Foley en 2003 et d' "Instincts meurtriers"  de Philip Kaufman, tandis que Steven Soderberg le dirige à trois reprises dans  "Ocean's Eleven", "Ocean's Twelve" et "Ocean's Thirteen" en 2001, 2004 et 2007.



En 2000, Andy Garcia tient le rôle principal du téléfilm à succès "For love or Country : The Arturo Sandoval Story" de Joseph Sargent sur la vie du trompettiste cubain pour lequel il est nommé une nouvelle fois au Golden Globe et également à l'Emmy Award du meilleur acteur. L'année suivante, sous la bannière de sa société de production Cineson Productions, il réalise et interprète "The Man from Elysian Fields" de George Hickenlooper et incarne en 2003  le peintre Amedeo Modigliani dans "Modigliani" de Mick Davis, film qui ne sera pas un succès. C'est en 2004 que Andy Garcia se lance en tant que producteur, réalisateur et interprète dans un film ambitieux qui raconte l'histoire de son île lors de la révolution qui va porter au pouvoir Fidel Castro "Adieu Cuba", projet qu'il porte en lui depuis longtemps et pour lequel il obtiendra le Prix du meilleur réalisateur et celui du Meilleur Film aux "Imagen Awards 2006". A tous ces talents, Andy Garcia ajoute celui de musicien et compositeur pour des films comme celui consacré à Lorca ou  "Faux frères, vrais jumeaux"  de Andrew Davis en 1995  et "Gary et Linda" de Richard Wenk et a, bien entendu, composé la bande sonore de "Adieu Cuba". En 2018, il apparaît dans "La mule" de Clint Eastwood et l'année suivante dans "Transfert" de Mark Polish. Sa filmographie est impressionnante, de même que ses innombrables distinctions. Il est un acteur incontournable du cinéma international auquel le Festival du cinéma américain de Deauville a réservé un hommage pour l'ensemble et la diversité de sa carrière en 2009.

 

Vous pouvez lire ma critique de "Adieu Cuba"  avec la belle Inès Sastre  en cliquant  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 
 

Andy Garcia dans le rôle de Modigliani.

Andy Garcia dans le rôle de Modigliani.

Partager cet article
Repost0
25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 09:27

julie_christie_13.jpg

                                                                      


Julie Christie, l'inoubliable Lara du "Docteur Jivago", est née à Chukua aux Indes le 14 avril 1941, d'un père qui possédait une plantation de thé et d'une mère au foyer. Elle effectuera sa scolarité en Angleterre et en France avant de rejoindre la Central School of Music and Drama de Londres. Elle n'a que 16 ans lorsqu'elle débute dans une troupe de théâtre et 20 ans lorsqu'elle décroche le rôle-titre à la télévision dans la série "A for Andromeda". Remarquée pour la finesse de son jeu et sa grâce très scandinave, elle ne tarde pas à tourner pour le metteur en scène John Schlesinger et apparaît successivement dans deux de ses films: "Billy le menteur" en 1963 et "Darling" en 1965 pour lequel elle recevra l'Oscar de la meilleure actrice. Sa carrière est lancée. Et si bien lancée que la même année David Lean lui offre le rôle magnifique de l'héroïne si émouvante du chef d'oeuvre de Boris Pasternak, Lara, auprès d'Omar Sharif et de Géraldine Chaplin, qui sera un succès mondial. Il y est parfaite de sensibilité et forme avec l'acteur égyptien le couple cinématographique de la décennie. D'ailleurs comment décrire cette actrice discrète mais d'une étonnante présence à l'écran, qu'elle doit principalement à l'intensité de son regard et à quelque chose de voilé et de caressé dans ses gestes et ses attitudes. L'année qui suit Jivago, Truffaut la demande pour son film "Fahrenheit 451" qu'elle tourne en France avant d'enchaîner avec  "Le messager" de Joseph Losey en 1970,  "John Mc Cabe"  de Robert Altman en 1971, un thriller en 1973 "Ne vous retournez pas" de Nicolas Roeg, une comédie dramatique "Nashville" encore avec Altman en 1975, ou des comédies légères comme "Le ciel peut attendre" en 1978 de Warren Beatty. Elle sera en quelque sorte une des actrices phares des années 70.

 


Julie_Christie_in_Doctor_Zhivago_3.jpg


 

En 1980, sa carrière ralentit car, actrice exigeante, Julie Christie entend n'apparaître que dans des métrages qui correspondent à sa nature et à ses convictions comme Chaleur et poussière de James Ivory en 1982, "Les coulisses du pouvoir" de Sidney Lumet en 1986 et "Hamlet"  de Kenneth Branagh en 1996. Son retour sur le devant de l'écran en 2006 dans "Loin d'elle", où on retrouve sa grâce et sa présence lumineuse en femme atteinte de la maladie d'Alzheimer, lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars de la Meilleure actrice, Oscar qui sera finalement attribué à Marion Cotillard pour sa prestation dans "La Môme". Et cette même année, Julie Christie épouse, à la surprise générale, le journaliste Duncan Campbell, son compagnon de vie depuis 28 ans.


Pour lire ma critique de  "Loin d'elle", cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS du 7e ART, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

JULIE CHRISTIE
JULIE CHRISTIE
Partager cet article
Repost0
11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 09:02
JEAN-PIERRE CASSEL

                                        

Jean-Pierre Cassel, mort à 74 ans le 19 avril 2007, ne se contentait pas d'être un comédien apprécié, il y ajoutait des talents de chanteur et de danseur de claquettes qui firent de lui l'interprète idéal des comédies musicales de Philippe de Broca, dont il fut l'un des acteurs fétiche (Les jeux de l'amour). Il avait d'ailleurs été découvert par Gene Kelly qui avait su déceler ses qualités de danseur, mesurer l'impact de son élégance et de son charme qui, bientôt, feraient merveille à la scène comme à l'écran. Il faut se rappeler que l'acteur a tourné dans une centaine de longs métrages et participé à une cinquantaine de pièces de théâtre durant sa  brillante carrière. On le vit dans des films de Renoir  (Le caporal épinglé), de Bunuel, Chabrol, René Clair, Losey, Melville, Altman et bien sûr Broca. Il fut l'un de ceux qui a compté dans le cinéma français des années 60 à 80, période féconde s'il en fut et qu'il sut marquer de sa présence dans des oeuvres comme  L'armée des ombres  de Melville,  Le charme discret de la bourgeoisie de Bunuel ou  Les fêtes Galantes  de René Clair. Plus tard, il fera merveille dans des films comme  L'enfer  et  La cérémonie  de Claude Chabrol. Fils d'un médecin et d'une chanteuse d'opéra, Cassel était né le 27 octobre 1932 et avait très vite été attiré par la danse et le chant. Son modèle ne fut autre que Fred Astaire auquel il consacra en 1994 un spectacle intitulé : " Jean-Pierre Cassel chante et danse Fred Astaire". Il  partageait, avec le fabuleux danseur américain, un charme désinvolte et une élégance naturelle qui s'imposèrent sans tarder. A partir des années 90, il s'éloigna du cinéma, lui préférant la scène, qui le mettait plus intimement en contact avec le public.  Mêlant l'ironie à la séduction, il était le type accompli du séducteur français, d'autant plus que sa simplicité et son naturel le rendaient immédiatement sympathique. Cassel ne posait pas, il était la légèreté même. Il aimait le spectacle et cela se sentait. Il manque beaucoup au cinéma français d'aujourd'hui. Il nous reste heureusement ses films, dont le dernier est Contre-enquête de Franck Mancuso (1996). Son fils Vincent a cédé à son tour aux chants des sirènes cinématographiques, mais dans un registre différent. Ce qui ne l'empêcha nullement de se montrer convaincant en professeur de danse dans " Black Swan".

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

                                               
 

JEAN-PIERRE CASSEL
Partager cet article
Repost0
8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 09:10
PENELOPE CRUZ - PORTRAIT

  

Pénélope Cruz a déjà un joli palmarès à son actif : 4 films avec Almodovar, un avec Woody Allen, un Oscar du meilleur second rôle l'an dernier à Hollywood. Comment douter après cela  que sa carrière d'actrice ne s'affirme avec éclat et que la belle n'ait nullement l'intention d'en rester là ! A l'évidence, elle a du ressort et des atouts indiscutables, ne serait-ce qu'un tempérament de feu et un goût prononcé pour les rôles flamboyants. Si je la comparais à une actrice du passé, ce serait sans nul doute à Anna Magnani, dont elle a le charisme, la flamme, le panache, la ferveur latine. Elle doit ses rôles les plus étonnants à soeur Maria Rosa Sanz dans  Tout sur ma mère,  à Raimunda, la mère courage de Volver,  à Lena, la petite standardiste qui rêve d'un destin d'actrice dans  Etreintes brisées.  "Dans ce dernier film, il y a d'ailleurs trois personnages en cette Lena" - analyse-t-elle. "La vraie Lena, celle qui affronte la mort de son père et son amour pour le metteur en scène Mateo Blanco. La Lena comédienne de sa propre vie, capable de manipuler Ernesto Martel, son protecteur. Et Pina, le personnage qu'elle interprète dans Filles et valises, le film tourné par Mateo et produit par Martel. "M'identifier à une héroïne ne m'intéresse pas. Il me suffit de comprendre son point de vue. La fatigue de Lena m'inspirait de la compassion. D'ailleurs, dès que nous avons commencé à répéter, une immense tristesse m'a envahie : la sienne. Elle m'a harcelée un bon bout de temps après que le film fut fini, et puis elle s'est évanouie"- avoue l'actrice.

 

Pour incarner la terrienne de Volver, Almodovar avait demandé à Pénélope de déplacer le poids de son corps vers le bassin et de porter un faux-cul. Pour Etreintes brisées, il a contraint ses gestes. " Je suis très expressive, je parle avec les mains, je ne suis pas latine pour rien " - soupire Pénélope. "Pedro m'a donc poussée à un travail de contention : se tenir, se brider, ronger son frein. Je lui obéis. Il sait tout du jeu et de la vie. J'ai parfois pu faire valoir mon droit de voir les choses différemment sur d'autres plateaux. Pas avec lui. Entre nous, la confiance règne. L'Almodovar metteur en scène, qui me juge digne d'un quatrième rôle, ne me ment jamais. L'ami, auquel j'écris sans arrêt, encore moins. Pedro a donné de la voix dès les années movida. Il a contribué à changer la société espagnole. C'est un maître. Mon maître".

 


Pénélope Cruz a fait ses classes sur le tas et appris les ficelles de la comédie en observant les clientes du salon de coiffure de sa maman Encarna : " J'y regardais les clientes défiler et conservais leur image dans un coin de ma tête. " Ensuite, elle étudia la danse, fut mannequin durant un temps et apparut dans un certain nombre de navets indigestes." J'apprenais " - dit-elle.  A 17 ans, en effet, Pénélope, qui a assisté à la projection de   Attache-moi  dans une salle madrilène, décide de tenter sa chance au cinéma et postule pour un petit rôle auprès d'Almodovar qui la trouve trop jeune mais lui promet de penser à elle. Et il tiendra promesse en lui offrant, en 1997, de tourner dans En chair et en os, une scène où elle accouche dans un autobus le jour où Franco déclare l'état d'exception. Ce rôle minuscule va lui ouvrir les portes du 7e Art et lui permettre d'enchaîner avec  Jambon Jambon, une farce de Bigas Luna. Sa carrière est lancée.
 

 
Le New York Times a clamé, non sans perfidie, qu'elle avait insufflé de la vitalité à Woody Allen en manque d'inspiration en jouant une artiste volcanique suicidaire dans Vicky Cristina Barcelona et en mettant le feu à la pellicule. Mais c'est ce qu'elle ne cesse jamais de faire, même si Almodovar lui propose des personnages plus nuancés, faisant appel à ses ressources de vraie comédienne. Ainsi dans Volver, en appelait-il à une Sophia Loren ou une Anna Magnani, dans Etreintes brisées à Catherine Deneuve et à la Séverine de Belle de jour. Et l'actrice se plie à ses exigences avec le désir, dit-elle, de s'améliorer. Il est vrai qu'elle est aujourd'hui une comédienne sur laquelle on peut compter, qui sait nous surprendre à chacune de ses prestations. Son prochain film sera un remake musical de Huit et demi signé Rob Marshall. Elle y jouera la maîtresse de Guido Contini ( Daniel Day-Lewis ), y chantera et y dansera, renouant avec ses premières amours. "Je me tiens constamment sur les montagnes russes qui sont miennes entre " peut mieux faire " et " tu vas y arriver "- confesse-t-elle. Cette quête de l'excellence l'honore et il semble qu'elle n'ait pas fini de nous étonner. Depuis la liste de ses films s'est encore allongée et Pénélope peut s'honorer de faire une carrière internationale sans avoir rien perdu de son authenticité méditerranéenne.

 

Pour lire les critiques des films interprétés par Pénélope Cruz, dont  VolverVicky, Cristina, Barcelona et  Etreintes brisées, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

  

PENELOPE CRUZ - PORTRAIT
PENELOPE CRUZ - PORTRAIT
Partager cet article
Repost0
20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 09:47
MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT

                                                                                                                

Elle est de ces rares femmes qui semblent avoir été créées pour faire rêver la pellicule. A peine apparaissent-elles sur l'écran que quelque chose se passe d'ineffable et de magique. Elles possèdent cette grâce particulière, ce charme incomparable de définir une féminité idéale, de transcender la nature humaine au point de la rendre immatérielle. Michelle Pfeiffer appartient à ce cercle restreint d'actrices qui, de Greta Garbo à elle, en passant par Danielle Darrieux ( rappelez-vous "La ronde" ou "Madame de"... ) Gene Tierney si fragile et évanescente dans "L'aventure de Mme Muir", Grace Kelly et Audrey Hepburn, ensorcellent les salles obscures.

 


Parce qu'elle semble intemporelle, Michelle Pfeiffer peut tout jouer et principalement les films en costumes, nous donnant à voir des femmes du passé qui finissent par nous paraître contemporaines, parce qu'elle leur apporte ce frémissement de vie, ce relief de tempérament et de caractère qui exaltent et ne figent pas. Car l'actrice est tout sauf fade. Terriblement vivante et présente, souvent drôle, fantasque, originale, inattendue, malicieuse, elle s'empare de la pellicule comme la lumière de l'ombre. Elle a le geste élégant mais vif, le visage fin mais mobile, la sensualité délicate mais intense. Excellente actrice, elle sait se couler dans la peau de personnages très différents, leur insuffler une énergie, leur conférer un relief, leur accorder une authenticité qui emportent l'adhésion.

 


Née en Californie le 29 avril 1958, son premier long métrage sera un téléfilm, suivi immédiatement par "Falling in love again" en 1979. Dès lors, elle n'arrêtera plus de tourner - sauf pendant quelques années où elle se retire pour élever ses enfants - avec les meilleurs réalisateurs et partenaires de la légende hollywoodienne. La qualité de son jeu, l'émotion que suscite sa présence, sa capacité à rendre crédible n'importe quel personnage, pour lequel elle éprouve des affinités, auront vite fait d'elle l'une des stars les plus en vue du cinéma américain. Mais son exigence n'en est pas moins grande et l'incite à renoncer à ceux pour lesquels elle ne se sent pas en phase. C'est ainsi, qu'à la suite de ses refus, Sharon Stone récupérera à son profit les rôles titres dans  "Basic instinct"  et  "Casino" et se verra, à son tour, propulsée sur le devant de l'écran. 

 

 

Parmi les plus belles interprétations de Michelle Pfeiffer, il y a celle de Madame de Tourvel dans " Les liaisons dangereuses"  de Stephen Frears en 1988, qu'elle retrouve avec "Chéri", et sa présence dans "Le temps de l'innocence"  ( 1993 ) de Martin Scorsese, où elle campe une Ellen Olenska bouleversante face à Daniel Day-Lewis. A son actif une trentaine de longs métrages qui en ont fait l'une des meilleures actrices de sa génération, capable de rebondir, de se renouveler à chacune de ses apparitions. Ainsi "Chéri", dernier opus de Stephen Frears, où elle nous surprend une fois encore par sa classe, sa présence, sa beauté et nous séduit dans le personnage d'une courtisane qui se vante de n'être jamais tombée amoureuse jusqu'au jour où une ancienne cocotte la charge de déniaiser son fils.
Et cependant l'actrice dit d'elle-même qu'elle est le contraire d'une éthérée. " Moi je me sens masculine dans ma façon d'être, et je suis toujours surprise de cette féminité exacerbée qu'on veut me prêter. Jeune, j'étais un garçon manqué, assez massive, du reste. Les sensations de l'enfance vous poursuivent toute votre vie : moi je me vois toujours comme ça, masculine ".

Pas nous !


Quant à Stephen Frears, qui la connaît pour l'avoir dirigée à deux reprises, il avoue :  "Le temps n'a pas de prise sur elle, mais comme c'est une actrice imaginative, elle use de son imagination." Et il est bien qu'il en soit ainsi, que l'actrice puise dans son imaginaire les ressources nécessaire  pour nous restituer des êtres à jamais disparus ou simplement fictifs. Puisque l'âge n'a pas de prise sur elle, espérons que nombreux seront les metteurs en scène qui feront encore appel à son talent.

 

Pour consulter les critiques des films dont Le temps de l'innocence et Chéri, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT
MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT
Partager cet article
Repost0
30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 10:40
PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT

                                                                                                                          

Philippe Noiret, qui nous a quittés le 23  novembre 2006  à l'âge de 76 ans des suites d'un cancer, a laissé un vide immense dans le cinéma français. Cet acteur, par son talent, son élégance, son naturel et sa simplicité, avait su, mieux qu'aucun autre, gagner l'estime et l'affection du public et interpréter les rôles les plus divers avec le même bonheur, la même humanité, sachant être tour à tour flic, truand, amoureux transi, bourgeois râleur ou débonnaire rigolard. Bien qu'il soit venu assez tard au cinéma, sa filmographie est impressionnante. Environ 125 films avec les plus grands metteurs en scène français et italiens, dont voici quelques titres parmi les plus marquants : "La Grande bouffe" - "Alexandre le bienheureux" - "La vie de château" - "Thérèse Desqueyroux" - "L'Attentat" - "Que la fête commence" - "Un taxi mauve" - "Tendre poulet"- "Le vieux fusil" - "Les Ripoux" - "Coup de torchon" - "Cinema paradiso" - "La vie et rien d'autre" , qui, à eux seuls, prouvent, si besoin est, le souci constant de l'acteur de ne donner son accord qu'à des oeuvres de qualité.

            

Né le 1er octobre 1930, Philippe Noiret, après des études classiques dans un collège d'oratoriens, débuta en 1950 une carrière au cabaret avec Jean-Pierre Darras, puis au Théâtre National Populaire avec Jean Vilar.  Il y interprétera de nombreuses pièces dont "La nuit des rois", "Lorenzaccio" et "Le Cid", expérience fondatrice qui lui apprit la rigueur et l'exigence et lui prêta pour partenaires des comédiens comme Gérard Philipe, Maria Casarès et Monique Chaumette, qu'il épousa par la suite. Cela lui vaudra également une diction parfaite et une modulation de la voix qui conférera un attrait supplémentaire à son jeu d'acteur. Son premier rôle au cinéma lui est proposé par Agnès Varda dans  "La pointe courte"  en 1956, mais il lui faut attendre quatre ans avant de jouer à nouveau dans  "Zazie dans le métro"  de Louis Malle et d'imposer au petit écran sa stature, son visage clément et ce quelque chose de très français qu'il savait teinter d'une pointe d'élégance tout britannique. Après "Zazie", il enchaîne film sur film pendant près de 50 ans, marquant l'écran de sa présence chaleureuse et de sa prodigieuse aptitude à jouer les contre-emplois. Grâce à ce prodigieux pouvoir de métamorphose, il se fera une spécialité des personnages de composition, auxquels il communiquera, tour à tour, sa bonhommie ou sa gravité, son humour ou sa tendresse, sa jovialité ou sa bougonnerie. Il entre vraiment en popularité grâce au film d'Yves Robert  "Alexandre le bienheureux"  (1967),  sorte de dithyrambe de la paresse, qui lui sied à merveille. Ainsi va-t-il, au long d'une filmographie d'une rare qualité, imposer un personnage peu commun, malgré un physique banal, qui, au gré des circonstances, fera preuve d'équilibre, de bonté, de drôlerie, mais également d'un lymphatisme qui pouvait aller jusqu'à la lâcheté, d'une sensualité qui frôlait parfois le vice et d'un laxisme qui, à l'occasion, s'apparenterait à de l'impudence. C'est probablement Bertrand Tavernier qui a su le mieux utiliser cette formidable ambiguïté et dégager ce qu'il pouvait y avoir d'inquiétant et de perverti dans son image la plus rassurante, en lui confiant le rôle du policier dans son film "Coup de torchon". C'est ainsi que pour les besoins d'un rôle, cet  acteur pouvait osciller entre la rigidité bourgeoise et la tentation anarchiste. De fait, il excella dans tous les rôles et sut mettre de l'émotion jusque dans sa façon de s'effacer discrètement.

 

Chez lui, jamais d'amertume, mais une bienveillance inlassable, un souci constant de donner le meilleur de soi, d'insuffler à ses personnages, du plus sombre au plus caustique, une épaisseur humaine. Il ne se considéra jamais comme une star, dont il n'avait ni les caprices, ni les éclats, mais comme un artisan, désireux de se renouveler et de s'enrichir au quotidien, enclin à toujours mieux faire. Menant une brillante carrière internationale sous la direction des plus grands : Cukor, Hitchcock, Rosi, Noiret alterne intelligemment  les films destinés au grand public et les oeuvres plus personnelles et originales, sans jamais donner sa caution à n'importe quelle entreprise. Même lorsqu'il échoue avec un film comme "Le Grand Carnaval"  (1984) d'Alexandre Arcady, il ne semble jamais compromis auprès d'un public qui se sent proche de cet homme courtois et modeste. C'est la raison pour laquelle le comédien put enchaîner en cette même année 1984 le rôle de l'officier colonial de  "Fort Saganne" d'Alain Corneau et celui du flic des "Ripoux" de Claude Zidi, qu'il illumine de son cynisme jovial car, mieux qu'une vedette, Noiret était une nature. Il joua mille et une variations sur le thème de la bonhomie, n'excluant ni les crises d'autorité, ni les fourberies. Un critique écrira de lui : " Noiret est le seul qui puisse faire rire et pleurer dans le même instant, danser le french-cancan, pousser la chansonnette, jouer Racine ou Ionesco, être grossier et subtil avec le même raffinement des acteurs de vieille race". Le public le savait et l'appréciait, devinant en lui les qualités de l'honnête homme dans le sens plein du mot. N'étant pas de nature à se plier au conformisme ambiant, il eut parfois quelques coups de gueule mémorables, entre autre celui poussé à propos du Paris-Dakar qu'il désapprouvait : " Si on ne voit pas que le Paris-Dakar est un crachat sur la beauté du désert et une offense aux populations africaines, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle" - disait-il.
       

Noiret fut couronné du César du meilleur acteur à deux reprises : pour "Le vieux fusil" de Robert Enrico et  "La vie et rien d'autre"  de Bertrand Tavernier.

Pour  prendre connaissance de mes critiques sur les films où apparaît l'acteur, dont  "Cinéma Paradisio", "Coup de torchon"  et  "Le vieux fusil", cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS     

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

ACTEURS DU 7e  ART

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche