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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 10:37
BOURVIL
BOURVIL

                  
André Raimbourg, dit  Bourvil, est né le 27 juillet 1917 à Pétrot-Vicquemare en Seine-Maritime. Il ne connaîtra jamais son père, mort au front. Sa mère, devenue veuve, revient habiter dans son village natal en Normandie et se remarie peu de temps après, si bien que le petit André passe son enfance à Bourville, d'où son pseudonyme. Aimant la musique, il s'initie à l'accordéon et au cornet à piston mais, pour satisfaire le souhait maternel, se destine au métier de boulanger et entre très tôt en apprentissage. La musique le rattrape au service militaire, qu'il accomplit dans la fanfare du 24e régiment d'infanterie de Paris. Démobilisé en 1940, il s'essaie au cabaret en se composant le personnage d'un paysan benêt, bégayant des monologues et des chansons d'une voix de fausset. De crochets radiophoniques en salles de patronage, Bourvil fait des débuts si peu glorieux au music-hall qu'ils ne peuvent, en aucun cas, laisser présager qu'il sera un jour l'un des acteurs comiques les plus célèbres de France, avec Fernandel et Louis de Funès. Pour l'instant, il ne tourne encore que d'aimables divertissements, ce sont : Pas si bêtes  (1946), Le Coeur sur la main  (1949) et Le Trou normand  (1952), mais parvient ainsi à se faire connaître et apprécier, car il est drôle, toujours un peu décalé et ahuri. Par la suite, viendront les rôles de valet débrouillard dans Les Trois Mousquetaires (1953), Le Bossu  (1959) et  Le Capitan  (1960) tous trois d'André Hunebelle. Il enchaînera avec celui de chanteur dans Le Chanteur de Mexico  (1956) de Richard Pottier et de trouillard opportuniste dans La Traversée de Paris  de Autant-Lara, pour lequel il se voit attribuer le prix d'interprétation à la Mostra de Venise. Désormais Bourvil s'écrit avec un B majuscule et l'acteur est considéré comme l'une des têtes d'affiche que l'on s'arrache.


Le public n'a-t-il pas reconnu en lui un homme authentique, un acteur sensible qui peut, avec la même aisance, le faire rire et le faire pleurer, et  plus particulièrement l'attendrir ?Chacun se retrouve dans les maladresses, les doutes, les faiblesses, les modesties, les désillusions, les audaces et les indignations de cet homme gauche et vrai. Il est le français moyen par excellence, malin, débrouillard, matois, mais toujours disposé à défendre les bonnes causes. La fin de sa carrière, brisée trop tôt par le cancer - il meurt en 1970, à l'âge de 53 ans - sera éblouissante.

 

Il apparaîtra successivement dans Le miroir à deux faces  (1958) de Cayatte, très émouvant auprès de Michèle Morgan transformée par une opération de chirurgie esthétique, au point de devenir subitement une autre, trop belle pour lui,  Fortunat (1960) d'Alex Joffé, Un drôle de paroissien  (1963) de Jean-Pierre Mocky, La cuisine au beurre  (1963) de Gilles Grangier au côté de l'idole de sa jeunesse Fernandel,  puis Le Corniaud  (1964) et La grande vadrouille  (1966) de Gérard Oury, où il formera, à deux reprises, avec son complice Louis de Funès le plus fameux duo du cinéma français. Il y aura également  La grande frousse  (1964), La grande lessive  (1968) et L'Etalon  (1969) de Jean-Pierre Mocky, Les grandes gueules  (1965) de Robert Enrico et enfin, le dernier, qu'il tourna malgré sa fatigue et ses souffrances l'année de sa mort  : Le Cercle rouge  de Jean-Pierre Melville, où il interprétait, à contre-emploi, le rôle d'un inspecteur implacable, ce qui nous permet de mesurer le chemin parcouru.

            

Populaire et généreux, modeste et bonhomme, il a été, à sa façon, un artiste unique et irremplaçable, campant, avec un talent qui ne cessait de s'approfondir, le personnage d'un naïf, d'une finesse tout paysanne. Juste de ton, toujours en intelligence avec ses rôles, il est l'un des rares comédiens à avoir su mêler aussi harmonieusement la tendresse et l'humour.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - acteurs du 7e Art

 

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 09:37
SIMONE SIGNORET entre ombre et lumière

       

Simone Signoret, pseudonyme de Simone Kaminker, choisi en l'honneur de Gabriel Signoret interprète fin et distingué du cinéma muet, naquit à Wiesbaden en Allemagne le 25 mars 1921 et vécut ensuite à Neuilly-sur-Seine. Pour ne pas mourir de faim, dans la France occupée de sa jeunesse, elle alterne les petits boulots une fois son baccalauréat en poche : sténo-dactylo, professeur d'anglais et figurante. C'est ainsi qu'elle débute sous la direction de  Jean Boyer dans  "Le Boléro" (1941) et "Le Prince charmant"  (1942). La rencontre décisive, qui orientera le reste de sa vie, se produisit en 1943, lorsque sa route croise celle d'Yves Allégret. Il lui offre son premier grand rôle dans  Les Démons de l'aube  (1945). Elle l'épouse l'année suivante et lui donne une fille : Catherine. Sous la direction de son mari, Simone enchaîne les rôles, "Dédée d'Anvers" (1947), "Manèges" (1949), mais elle devra attendre 1951 pour entrer définitivement dans l'histoire du 7e Art, grâce à son  interprétation lumineuse, au côté de Serge Reggiani, dans "Casque d'or", le film-culte de Jacques Becker, histoire d'une prostituée foudroyée par un amour impossible. Le film, jugé à sa sortie comme un mélo passionnel et boudé par les critiques, sera réhabilité et assurera par la suite sa renommée. 

 

Signoret n'a tourné qu'une cinquantaine de films, ce qui n'est pas énorme pour une personnalité tellement médiatisée et considérée comme la plus grande actrice de sa génération, mais elle eut l'intelligence de ne choisir que les meilleurs cinéastes et de n'accepter que les personnages qui correspondaient à sa nature, si bien qu'elle bénéficie, de par cette exigence, d'une filmographie d'une rare qualité. On pourrait presque dire qu'elle n'a tourné que des chefs-d'oeuvre. Parmi ses succès :  "Thérèse Raquin"  de Carné,  "La Mort en ce jardin"  de Bunuel,  "Les Diaboliques" de Clouzot. Elle qui écrivait: "Un acteur a besoin d'être inventé par les autres" - connut  une courte période d'instabilité autour des années 55,  la profession lui reprochant son soutien trop affiché au Parti communiste. Mais sa carrière reprend avec  "Les chemins de la Haute Ville" (1959), où elle est si étonnante qu'elle est couronnée par un Oscar à Hollywood, en même temps qu'un César à Cannes. Elle tournera également deux films avec René Clément "Le Jour et l'heure" (1962) et "Paris brûle-t-il ?"(1965), puis deux avec le controversé Costa-Gavras : "Compartiment tueurs" et "L'aveu" auprès d'Yves Montand, qu'elle avait épousé en 1951. Ils formèrent un couple profondément uni, non seulement par l'amour qu'ils se portaient mais par l'admiration réciproque qu'ils se vouaient l'un à l'autre et qui fut un véritable ciment. A ce propos, Simone écrivit :  "Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle, mais de savoir fermer les yeux quand il faut". Elle sera très émouvante aussi dans "L'Armée des Ombres" de Melville (1969) en résistante prête à tous les sacrifices. Dans les années 70, ses apparitions se feront plus rares.

 

Curieusement, ce qu'elle avait perdu en beauté, elle sut le reconvertir en force. On la verra auprès de Jean Gabin dans "Le Chat" (1971), inébranlable dans cet  incroyable huis-clos de deux monstres sacrés, ensuite dans "La Veuve Couderc" au côté d'Alain Delon qu'elle parvint à impressionner, deux films à succès de Pierre Granier-Deferre,  enfin dans "La Vie devant soi" de Moshe Mizrahi (1977) qui lui vaudra un second César à Cannes. Minée par un cancer du pancréas, elle s'éteint le 30 novembre 1985. Elle avait 64 ans. A l'annonce de sa disparition, le public unanime saluera l'une de ses très grandes comédiennes, une femme inclassable qui avait osé faire de son vieillissement un atout, ce qui ne pouvait étonner de la part d'une battante, d'une conquérante. Contrairement à Marilyn Monroe, à Greta Garbo,  elle assuma ses rides avec témérité. Plutôt que de casser le miroir, elle le défia, et prouva ainsi que l'âge enseigne non seulement la sagesse mais procure, à ceux qui l'assument sans faiblir, un supplément de talent et de crédibilité. A sa carrière artistique s'ajoute une carrière littéraire. Simone Signoret écrivit deux ouvrages de mémoire : "La nostalgie n'est plus ce qu'elle était" et "Le lendemain, elle était souriante". Par la suite, elle publia un roman : "Adieu Volodia". On sait également l'importance qu'eurent toujours pour elle ses engagements politiques qu'elle partageait avec Montand. Elle affronta l'opinion avec courage et fut vaillante devant l'adversité, cabocharde quand il lui arriva de se tromper. Aucune actrice, peut-être, ne m'a autant émue, à l'exception de  Giulietta Masina. Son regard était étonnant ; on y lisait, à la fois, de la modestie et de la fierté, de la féminité et de la force, de la tendresse et de la provocation. Ce regard-là était unique. De même que sa voix sourde, un peu voilée, comme si, en elle, s'était produit une brisure. Pour moi, comme pour vous sans doute - et malgré les rôles magnifiques qu'elle interpréta par la suite - elle reste, par delà le temps, l'inoubliable casque d'or et une femme qui incarna les combats, les erreurs et les risques de son époque.


Vous pouvez prendre connaissance des articles des films où figure l'actrice en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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SIMONE SIGNORET entre ombre et lumière
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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 09:23
JEAN GABIN

 

Jean Gabin, pseudonyme d'Alexis Moncorgé, est né le 17 mai 1904 dans la banlieue parisienne. Il était le fils d'un petit acteur de café-concert et commença par être ouvrier, après avoir abandonné ses études de bonne heure, avant de participer à des spectacles de music-hall et d'opérette, sans vocation particulière, poussé par la volonté paternelle. Ses vrais débuts au cinéma datent de 1935 avec "La Bandera" de Julien Duvivier, suivi en 1936 par "Pépé-le-Moko", toujours de Duvivier. "La Grande illusion" de Jean Renoir en 1937, "Gueule d'amour" de Grémillon la même année et "Quai des brumes" de Carné en 1938 contribuent à faire de lui l'un des très grands acteurs du cinéma français. Il faut dire que Gabin, dès ses premières apparitions, frappe le spectateur par son charisme, sa gueule, sa présence et sa voix forte, virile, impérieuse. Il s'impose d'emblée à l'écran, si bien que les metteurs en scène ne seront pas long à comprendre qu'ils tiennent là une nature, aussi les rôles s'enchaînent-ils, tantôt celui de jeune ouvrier sympathique, tantôt celui de criminel. Il passe de l'un à l'autre avec le même pouvoir de persuasion et un instinct tel qu'il donne chair à ses divers personnages et les rend crédibles. Il fera battre le coeur d'une génération avec ses yeux bleus et son genre voyou au bon coeur, homme souvent traqué, oscillant entre danger et passion. C'est sa grande époque, celle de "La Bête humaine" de Renoir, de  "Le Jour se lève" de Carné et de "Remorques" de Grémillon, tournés juste avant que l'Occupation ne l'incite à partir aux Etats-Unis, comme le fera Michèle Morgan. Là-bas, il ne se produira que dans des films médiocres, mal employé par des cinéastes qui ne surent pas utiliser sa personnalité trop française et sans doute inexportable. Il faut dire que le caractère est corsé, un mélange de gaulliste, de patriote, de french lover, comme l'affirmera Marlène Dietrich qui partagera sa vie.

 

Lorqu'il rentre en France, il a vieilli, il n'a plus cette gueule d'amour de ses films d'avant-guerre et doit changer de registre, s'embourgeoiser sans doute, travailler son personnage différemment. Mais l'étonnant dans l'histoire est que, tout en passant dans une tranche d'âge supérieure, il reste Gabin, un peu plus ronchonnant, plus épais, plus lourd, mais irrésistiblement Gabin, improvisant ses répliques quand cela correspond mieux à l'idée qu'il se fait de son héros. Difficile à diriger, sans nul doute, mais toujours à l'heure, toujours rigoureux, irréprochable dès qu'il s'agit de son travail. On sait l'influence qu'il eût sur de jeunes acteurs comme Belmondo et Delon. Il était le modèle, le maître. Gabin en imposait et s'imposait. 

                                                     

Les films vont se succéder à nouveau, ce seront : "Touchez pas au grisbi" de Becker en 1953, "French-Cancan" de Renoir en 1955, "La Traversée de Paris" de Claude Autant-Lara en 1956, "Les Misérables" de Le Chanois en 1957, "En cas de malheur" d'Autant-Lara en 1958, "Les Grandes Familles" de Denis de la Patellière en 1959, "Un Singe en hiver" de Henri Verneuil en 1962, période faste où il ne cesse de se renouveler dans des rôles d'homme mûr et où il fait preuve de maîtrise et d'autorité. Ainsi son incroyable présence physique et morale domine-t-elle ces années 50/60 du cinéma français. Souvent, et alors qu'il est parvenu au faîte de la gloire, il est  tenté d'arrêter. Lucide, il craint de se répéter, de gabiniser, ce que certains ne manqueront pas de lui reprocher en temps utile. Et lui bougonnait déjà : " Cette fois, c'est fini ; plus de cinéma pour moi. J'ai d'autres occupations qui m'intéressent bien davantage". Il est certain que la vie de fermier lui plaisait autrement. Il avait épousé un mannequin de chez Lanvin Dominique Fournier avec laquelle il aura trois enfants, acheté des terres en Normandie et des chevaux. Cette vie au grand air et en famille lui convenait, mais on venait sans cesse le rechercher sous le prétexte qu'aucun acteur n'était en mesure de tenir tel rôle ou tel autre et Gabin finissait par céder et par revenir devant la caméra. Sans illusion. Modeste, il considérait qu'il n'était vraiment fier que d'une dizaine de films, les autres, avouait-il, c'était le gagne-pain.  Ce n'était pas quelqu'un qui avait le culte de lui-même, il avait trop les pieds dans la bonne terre de la campagne pour cela.
 

 

Dans ces derniers films, on le voit peu à peu se transformer en vedette de polar à la française, dont les scénaristes Michel Audiard, Pascal Jardin, Alphonse Boudard ou José Giovanni exploitent la verve avec une indiscutable complaisance. "Le Chat" de Granier-Deferre en 1971, au côté de Simone Signoret, reste sans doute, dans les mémoires, le film où il retrouva l'éclat pathétique de ses jeunes années dans un huit-clos implacable. Son der des ders sera  "L'année Sainte" de Jean Girault, mis en boîte quelques mois avant sa mort survenue le 15 novembre 1976 ; il a 72 ans. A son palmarès 95 films et la coupe Volpi du meilleur acteur à la Mostra de Venise en 1951 pour "La Nuit est mon royaume", de nouveau la coupe Volpi à Venise en 1954 pour "L'air de Paris", l'Ours d'argent à Berlin en 1959 pour "Archimède et le clochard", un second Ours d'argent en 1971 pour "Le Chat "et un César d'honneur à titre posthume en 1987 à Cannes. Gabin, chevalier de la Légion d'honneur, avait servi dans un corps d'élite : les fusiliers marins. C'est la raison pour laquelle, selon ses volontés, ses cendres furent répandues en mer, au large de la Bretagne. Ainsi disparaissait l'un de nos derniers monstres sacrés puisque, à notre époque, cette appellation n'est plus guère utilisée. D'ailleurs avons-nous encore des monstres sacrés ?

 

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JEAN GABIN
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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 10:30
GERARD PHILIPE - PORTRAIT

                                           
Gérard Philipe fut, sans contexte, le plus grand comédien français de l'après-guerre, interprète mythique à la scène et à l'écran, compagnon de Jean Vilar au TNP, il bénéficia d'une exceptionnelle popularité, en particulier pour ses créations dans "Le diable au corps""Fanfan la Tulipe", "Les grandes manoeuvres",  et la brièveté de sa vie ne fit qu'ajouter à sa légende, déjà bien établie de son vivant. Par sa présence lumineuse, sa grâce, son élégance, il incarna les aspirations de toute une génération bousculée par l'histoire, qui voyait s'ouvrir devant elle une vie culturelle nouvelle. Sa première prestation sera celle du prince Mychkine dans une adaptation sans éclat de "L'idiot" (1946) de Dostoïevski mise en scène par Georges Lampin. Mais sa véritable consécration lui vint, peu de temps après, grâce à Autant-Lara, qui fit de lui le héros de Raymond Radiguet dans Le diable au corps. Sa composition lui permit de retrouver l'apparence du naturel et de l'expression de l'adolescent. Le film provoquera un scandale et battra des records de recettes, ceci étant la cause de cela. Plus tard, sa rencontre avec René Clair, dont il fut l'ami proche, orientera sa vie de comédien de façon décisive. Certes "La beauté du diable" (1949) ne compte pas parmi les grandes réussites du cinéaste, mais Gérard Philipe, face à Michel Simon, tirera brillamment son épingle de cette parabole laborieuse. Toujours sous la direction de Clair, il sera le jeune professeur de musique, séduit et accaparé par ses rêves, dans un divertissement ravissant où René Clair s'amuse à faire du René Clair : Les belles de nuit.  Il  entrera ensuite dans le personnage du lieutenant Armand de la Verne, pris au piège d'un pari fâcheux, au côté de Michèle Morgan dans "Les grandes manoeuvres" (1955), actrice qu'il aura de nouveau pour partenaire dans "Les Orgueilleux" de Marc Allégret.
 

Si bien qu'au théâtre, comme au cinéma, on ne cesse plus de lui proposer des rôles de premier plan, où il se révèle toujours en parfaite adéquation avec ses personnages, au point de les marquer à tout jamais. Au théâtre, il est successivement "Le Cid" de Corneille, "Le Prince de Hombourg" de Von Kleist, "Ruy Blas" de Hugo, "Richard II" de Shakespeare, ainsi que les héros des "Caprices de Marianne", de "Lorenzaccio" et de "On ne badine pas avec l'amour" de Musset. En 17 ans de carrière, il participera à vingt pièces de théâtre. Pour le seul TNP, il sera apparu dans 605 représentations du Cid et de On ne badine pas avec l'amour. Au point qu'apprenant sa mort, le poète Aragon s'écrira : " Non Perdican n'est pas mort. Simplement il avait trop joué, il se repose ". 
 

Quant au cinéma, il tournera dans 29 films, dont "La Chartreuse de Parme" de Christian-Jaque (1948),  "Une si jolie petite plage"  d'Yves Allégret (1948),  "La beauté du Diable"  de René Clair (1949), "Juliette ou la clé des songes"  de Marcel Carné (1950),  "Fanfan la Tulipe"  de Christian-Jaque (1952),  "Monsieur Ripois"  de René Clément (1953),  "Le Rouge et le Noir"  d'Autant-Lara (1954), "La Meilleure Part"  d'Yves Allégret (1955),  "Montparnasse"  de Jacques Becker (1957), "Pot-Bouille"  de Duvivier (1958) et "La fièvre monte à El Pao" de Bunuel (1959). Avec "Monsieur Ripois", l'acteur se libère du personnage de "Fanfan la tulipe" qui commençait à trop lui coller à la peau et réussit l'une de ses plus fameuses interprétations au cinéma dans le rôle de ce personnage ambigu qui se montre tour à tour misérable et brillant, veule et charmant, mesquin et séducteur, dans une oeuvre cynique, ironique et enlevée : - un Gérard Philipe de soie et d'acier - écrira Jacques Audiberi.  

 

Acteur engagé, il sera l'un des premiers, en 1950, à signer la pétition contre les armes nucléaires en pleine guerre froide et se montrera un Président énergique et apprécié à la direction du Syndicat français des acteurs. Le 25 novembre 1959, alors qu'il est atteint d'un cancer du foie, il succombe soudainement à une crise cardiaque ; il n'a que 37 ans. Selon ses dernières volontés, on l'ensevelit au cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez, dans le costume du Cid, qu'il avait tant de fois revêtu sur scène. En mourant si jeune, en pleine gloire, il a laissé l'image la plus belle, celle que le temps n'a pu écorner. Avec lui disparaissait le dernier des romantiques, un acteur unique par son charisme et le don qu'il possédait de porter à leur paroxysme de complexité et d'expression chacun de ses rôles. Pour ses détracteurs, et il y en aura, son jeu très construit et composé était à l'opposé du jeu instinctif et improvisé de l'acteur de la Nouvelle Vague, N.V. qui entendait jeter aux oubliettes le cinéma de papa, dénoncé par les "jeunes turcs" dans Les Cahiers du cinéma. Mais, il n'en reste pas moins que sa voix, sa présence illuminent la pellicule et, mieux encore, l'ensorcellent et confèrent une étrangeté et une singularité inoubliables à son jeu.  

 

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GERARD PHILIPE - PORTRAIT
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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