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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 14:36
LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

Cette liste se divise en deux parties : les WESTERNS et les AUTRES FILMS :

 

 

LES WESTERNS  :

 

 

 LA FLECHE BRISEE de DELMER DAVES
 
     

 

LES SEPT MERCENAIRES de JOHN STURGES
 

   

 LE DERNIER DES GEANTS de DON SIEGEL  
    

 

L'HOMME DES HAUTES PLAINES de CLINT EASTWOOD
 

 

PALE RIDER de CLINT EASTWOOD       
    

 

JEREMIAH JOHNSON de SYDNEY POLLACK    
 

 

LES PROFESSIONNELS de RICHARD BROOKS

 


L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE de JOHN FORD


 

LA PRISONNIERE DU DESERT de JOHN FORD

 


LA POURSUITE INFERNALE de JOHN FORD 



ALAMO de JOHN WAYNE        

 

RIO BRAVO de HOWARD HAWKS
 

LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS  
 
       

VERA CRUZ de ROBERT ALDRICH       


L'ANGE DES MAUDITS de FRITZ LANG
 

L'APPAT d' ANTHONY MANN       


LA PORTE DU DIABLE d'ANTHONY MANN 
         

LA CHARGE FANTASTIQUE de RAOUL WALSH      


LE GRAND PASSAGE de KING VIDOR
 

LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS DE FRED ZINNEMANN

 

 

LES AUTRES FILMS :

 

LATE NIGHT de NISHA GANATRA

 

BLUE de KEITH SCHOLEY

 

LADY BIRD de GRETA GERWIG

 

LA REINE CHRISTINE de ROUBEN MAMOULIAN

 

TAXI DRIVER de MARTIN SCORSESE

 

NEW-YORK, NEW-YORK de MARTIN SCORSESE

 

SHUTTER ISLAND de MARTIN SCORSESE

 

CASINO de MARTIN SCORSESE 


LE TEMPS DE L'INNOCENCE de MARTIN SCORSESE 

 

ERIN BROCKOVICH de STEVEN SODERBERGH

 

ORGUEIL ET PREJUGES de JOE WRIGHT

 

LA LA LAND de DAMIEN CHAZELLE

 

EYES WIDE SHUT de STANLEY KUBRICK


SPARTACUS de STANLEY KUBRICK           


BARRY LYNDON de STANLEY KUBRICK   

 

GENIUS de MICHAEL GRANDAGE



PENTAGON PAPERS de STEVEN SPIELBERG

 

LA LISTE DE SCHINDLER de STEVEN SPIELBERG

 

LE PONT DES ESPIONS de STEVEN SPIELBERG

 

LE NOUVEAU STAGIAIRE de NANCY MEYERS

 

MOGAMBO de JOHN FORD

 

LE PATIENT ANGLAIS d'ANTHONY MINGHELLA

 

THE TREE OF LIFE de TERRENCE MALICK

 

GONE GIRL de DAVID FINCHER

 

LES RECETTES DU BONHEUR de LASSE HALLSTROM

 

 

MOMMY de XAVIER DOLAN      


JUSTE LA FIN DU MONDE de XAVIER DOLAN
 


INCEPTION de CHRISTOPHER NOLAN  

 

BASIC INSTINCT de PAUL VERHOEVEN

 

DRÔLE DE FRIMOUSSE de STANLEY DONEN


CHANTONS SOUS LA PLUIE de STANLEY DONEN

 

DIAMANTS SUR CANAPE de BLAKE EDWARDS 

 

NEW-YORK MELODY de JOHN CARNEY 

 

LE JOUR LE PLUS LONG de DARRYL ZANUCK

 

JOE de DAVID GORDON GREEN 

 

LE DICTATEUR de CHARLIE CHAPLIN 

 

LES LUMIERES DE LA VILLE de CHAPLIN       

 

LIMELIGHT de CHARLIE CHAPLIN 

 

LES TEMPS MODERNES de CHARLIE CHAPLIN 

 

 

APPRENTI GIGOLO de JOHN TURTURRO 

 

UN ETE A OSAGE COUNTY de JOHN WELLS 

 

TITANIC de JAMES CAMERON             


LE TITANIC, DE LA REALITE A LA LEGENDE  

 

LE MAJORDOME de LEE DANIELS        

 

LE PONT de la RIVIERE KWAI de DAVID LEAN   

 

 LA FILLE DE RYAN de DAVID LEAN 


LAWRENCE D'ARABIE, DE LA REALITE A LA LEGENDE       

 

 COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL de ROGER MICHELL

 

 

Ariane de Billy WILDER         


TEMOIN A CHARGE de BILLY WILDER       

 

SABRINA de BILLY WILDER
 

BOULEVARD DU CREPUSCULE de BILLY WILDER


SEPT ANS DE REFLEXION de BILLY WILDER 

  

 

LA FUREUR DE VIVRE de NICHOLAS RAY 

 

GATSBY LE MAGNIFIQUE de BAZ LUHRMANN 

 

HAPPINESS THERAPY de DAVID O. RUSSEL    

 

VACANCES ROMAINES de WILLIAM WYLER 

 

SKYFALL de SAM MENDES 

 

ARGO de BEN AFFLECK           


GONE, BABY, GONE de BEN AFFLECK

 

FORREST GUMP de ROBERT ZEMECKIS 

 

MONSIEUR LAZHAR de PHILIPPE FALARDEAU


   

 TOOTSIE de SYDNEY POLLACK  


ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX de SYDNEY POLLACK 


OUT OF AFRICA DE SYDNEY POLLACK 

 

LA MULE de CLINT EASTWOOD         


SULLY de CLINT EASTWOOD

 

MILLION DOLLAR BABY de CLINT EASTWOOD

 

SUR LA ROUTE DE MADISON de CLINT EASTWOOD

 

 J.EDGAR de CLINT EASTWOOD 


AU-DELA de CLINT EASTWOOD 


L'ECHANGE DE CLINT EASTWOOD
 
 

GRAN TORINO de CLINT EASTWOOD 
 


BLUE JASMINE de WOODY ALLEN  

 

MINUIT A PARIS de WOODY ALLEN

 

MAGIC IN THE MOONLIGHT de WOODY ALLEN 

 

TO ROME WITH LOVE de WOODY ALLEN 

 

MATCH POINT de WOODY ALLEN  

 

L'HOMME IRRATIONNEL de WOODY ALLEN      


CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN


WHATEVER WORKS de WOODY ALLEN      

 

VICKY CRISTINA BARCELONA de WOODY ALLEN


VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU de WOODY ALLEN 


 LES FELINS de KEITH SCHOLEY        

 

BLACK SWAN de DARREN ARONOFSKY 


ULYSSE de MARIO CAMERINI 

                    

RAISON ET SENTIMENTS de ANG LEE       


RAISONS d'ETAT de ROBERT DE NIRO 

 

 THE AFRICAN QUEEN de JOHN HUSTON 

 

DOUZE HOMMES EN COLERE de SIDNEY LUMET        

 

JULIE&JULIA de NORA EPHRON 

     

LA PROPOSITION de LESLI LINKA GLATTER 

       

ADIEU CUBA de ANDY GARCIA        

 

L'IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE de HOWARD HAWKS


LE PORT DE L'ANGOISSE de HOWARD HAWKS 

 

LAST CHANCE FOR LOVE de JOEL HOPKINS         

 

INTO THE WILD de SEAN PENN            


LA FAILLE de GREGORY HOBLIT 

 

L'ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON de DAVID FINCHER 

 

AUSTRALIA de BAZ LUHRMANN        


HIGH SOCIETY       


LOIN D'ELLE de SARAH POLLEY 

 

QUANTUM OF SOLACE de MARC FORSTER 

 

 APPALOOSA de Ed. HARRIS           

 

BROKEN ENGLISH de ZOE CASSAVETES       

 

GRACE IS GONE de JAMES STROUSE        

 

BONNIE AND CLYDE d'ARTHUR PENN 

 

LES CHEMINS DE LA LIBERTE de PETER WEIR   

 

MASTER AND COMMANDER de PETER WEIR  


LE CERCLE DES POETES DISPARUS de PETER WEIR           

 

MISSION de ROLAND JOFFE        


AMADEUS DE MILOS FORMAN 

 

NEVER FOREVER de GINA KIM       


MICHAEL CLAYTON de TONY GILROY 

 

JOYEUSES FUNERAILLES de FRANK OZ       

 

LA VENGEANCE DANS LA PEAU de PAUL GREENGRASS       

 

BLOOD DIAMOND D'EDWARD ZWICK 

 

L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES de ANDREW DOMINIK   

 

REBECCA d'ALFRED HITCHCOCK      


LA CORDE d'ALFRED HITCHCOCK

 

PAS DE PRINTEMPS POUR MARNY d'ALFRED HITCHCOCK

 

LES OISEAUX d'ALFRED HITCHCOCK       

 

LA MORT AUX TROUSSES d'Alfred HITCHCOCK    

 

SUEURS FROIDES d'Alfred HITCHCOCK       

 

MAIS QUI A TUE HARRY ? d'Alfred HITCHCOCK   

 

LA MAIN AU COLLET d'ALFRED HITCHCOCK  
    

 
FENETRE SUR COUR d'Alfred HITCHCOCK 

 

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT d'Alfred HITCHCOCK 

 

L'INCONNU DU NORD-EXPRESS d'Alfred HITCHCOCK  
  

 
PSYCHOSE d'ALFRED HICTHCOCK 

 

LES ENCHAINES d'ALFRED HITCHCOCK        


FRENZY d'ALFRED HITCHCOCK  

        

LE REBELLE de KING VIDOR 

 

LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT de RICHARD BROOKS 

 

 CITIZEN KANE d'ORSON WELLES 
 


LA DAME DE SHANGHAI d'ORSON WELLES     

 

 PANDORA d'ALBERT LEWIN 

 

L'AVENTURE DE Mme MUIR de JOSEPH MANKIEWICZ       


LAURA de OTTO PREMINGER 

 

CASABLANCA de MICHAEL CURTIZ 

 

VACANCES ROMAINES de WILLIAM WYLER          

 

AUTANT EN EMPORTE LE VENT de VICTOR FLEMING        

 

UN VIOLON SUR LE TOIT de NORMAN JEWISON      

 

MADAME BOVARY de VINCENTE MINNELLI


UN AMERICAIN A PARIS de VINCENTE MINNELLI  

 

WEST SIDE STORY             


MY FAIR LADY de GEORGE CUKOR    
 

      

ENTRONS DANS LA DANSE de CHARLES WALTERS    


 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 10:14
Sully de Clint Eastwood

Le 15 janvier 2009, deux minutes après avoir décollé de l’aéroport de LaGuardia, à New York, l’Airbus A320 du vol 1549 de la US Airways est percuté par une formation de bernaches du Canada, bêtes semblables aux oies, qui met ses deux réacteurs hors d’usage. Aux commandes de l’appareil, le commandant Chesley Burnett Sullenberger, 59 ans, assisté de son copilote Jeffrey Skiles. Chesley dispose de très peu de temps pour réagir. Renonçant à se diriger vers un des aéroports de proximité alors que son avion perd de la vitesse et survole la ville, il choisit l’option, réputée très dangereuse, de l’amerrissage sur le fleuve Hudson. Bien lui en prend : cette décision d’expérience et d’instinct sauve les cent cinquante passagers, les cinq membres de l’équipage, ainsi qu’un nombre inconnu d’habitants d’une mort certaine si l’avion s’était abîmé sur un immeuble, renouvelant le cauchemar, encore très prégnant dans les mémoires, des attentats de septembre 2001.

 

Les médias et le grand public ont immédiatement célébré le ­héros mais on sait moins, en revanche, que le commandant Sullenberg a été soupçonné de n’avoir pas pris la bonne décision, celle de revenir à l’un des aéroports les plus proches. De ce fait, il  a été un moment soupçonné d’être  inapte à poursuivre sa carrière par la commission d’enquête du Conseil National de la Sécurité des Transports. Nous assistons ainsi aux auditions qui ont eu lieu à plusieurs reprises à l’issue du sauvetage. C’est à cette procédure, en tant qu’elle est dialectiquement liée à l’héroïsme du personnage, que s’est intéressé Clint Eastwood dans "Sully", procédure qui confère à son film tout son intérêt et donne à l’acte héroïque de ce pilote une dimension légendaire. En effet, US Airways cherche un responsable pour rembourser les frais matériels d'un Airbus irrécupérable et le réalisateur pointe ainsi du doigt la primauté universelle qui place l'argent au-dessus de la vie, faisant de son film une réflexion sur la valeur humaine lorsqu'elle défie les basses contingences matérielles. 

 

Admirablement reconstituée, cette page extraordinaire de l’aviation américaine nous est contée sans rien omettre de la tension du commandant de bord et de son co-pilote, de la rapidité de réaction des divers sauveteurs, du sang-froid du personnel naviguant et de la miraculeuse présence d’esprit de tous ceux qui ont participé à ce sauvetage hors normes. Nous avons l’impression de vivre en direct cette épopée qui a stupéfié, à l’époque, la planète entière. Qui ne se souvient des toutes premières photos des rescapés attendant les secours, groupés, grelottants et terrifiés sur les ailes  de l’avion à demi immergé dans l’eau glaciale de l’Hudson ? Car cet accident a eu lieu en janvier par des températures avoisinants les moins 20°, ce qui a fait dire au copilote que s’il devait le revivre, il choisirait le mois de juillet. Trait d’humour qui clôt cette aventure incroyable, admirablement remise en image par la caméra de Clint Eastwood. Une nouvelle fois, l’acteur-réalisateur nous offre un opus enthousiasmant que l’on suit avec une attention et un intérêt qui ne se relâchent jamais. Une réussite totale autant sur le plan de la reconstitution que sur celle de l’interprétation. Un Tom Hanks très à l’aise dans son habit de pilote. Une seule réserve : il est préférable de ne pas voir ce film à la veille d'un embarquement.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer  ICI

 

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Sully de Clint EastwoodSully de Clint Eastwood
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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 10:24
Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Je suis allée voir ce film avec quelques à priori. Tout d’abord à cause du battage fait par une certaine presse qui voit en cet opus le chef-d’œuvre absolu et une autre qui pointe du doigt sa totale indigence. Trop de trop ne pouvait manquer d’aiguiser ma curiosité et m’inciter à me forger ma propre opinion. Que Xavier Dolan soit un jeune cinéaste doué, nous le savions depuis ses débuts à l’âge de 20 ans. Il en a aujourd’hui 27 et s’affirme avec plus de maturité, façonnant son style non sans quelques maladresses mais un souci constant d’originalité et une quête soucieuse du dire vrai et de l’image juste.

 

Cette dernière réalisation, bien qu’inégale, recèle des moments d’une vraie et profonde beauté et une exigence dans l’expression de l’incommunicabilité entre les êtres, les désordres intérieurs, l’incapacité de chacun à vivre une relation, à établir un dialogue, à sortir de son emmurement. Le silence est sans doute la plus grande liberté de l’homme, dont il sait si peu faire bon usage. Les personnages du film apparaissent tous, à l’exception du visiteur, comme les prisonniers d’eux-mêmes, les victimes de leur ego, les invalides de l’existence, partageant un huis clos  où ils n’ont pour pires ennemis qu’eux-mêmes. Tous vivent dans une agitation permanente, un onirisme sans consistance, tous sont les victimes de la dictature du bruit et de l’éphémère, de la fébrilité et de l’inquiétude. Alors ils crient, ils fument, ils s’apostrophent avec violence, chacun est l’ennemi de chacun et pire encore : l’ennemi de lui-même.

 

Le bruit est le constant fléau de notre actualité. Il nous mutile et nous prive de l’essentiel : notre silence intérieur où s’épanouissent les fleurs de notre pensée, les fruits de notre réflexion. Alors, lorsque le silence survient dans ce désordre et plonge au cœur de ce chaos psychologique, les excès sont possibles et la tragédie se joue à coups d'estoc, de mots qui blessent, de formules éculées et misérables. Nous ne sommes plus en quête du mot juste, du mot vrai, mais du mot qui tue, œuvre d’un monde décervelé en totale déliquescence, un monde malade tout simplement. Le film de Dolan, inspiré de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, est un concentré de ce vide abyssal dans lequel nous évoluons. Mais ce qui est intéressant, ce qui pose question et fait l’intérêt du film, est Louis, ce fils qui n’a pas revu les siens depuis 12 ans, ce jeune écrivain-dramaturge de 34 ans qui apparaît comme l’ange visiteur, silencieux et souriant, et pose sur eux – sa mère, sa sœur, son frère et sa belle-sœur comme l’écho émouvant de l’expérience du désert, la douceur intérieure de la certitude, le sourire de la grâce. Gaspard Ulliel est magnifique dans ce rôle où son jeu se résume à quelques paroles sobres, à cette gravité du regard qui concrétise l’approche du silence éternel. Ce qu’il était venu dire, il ne le dira pas et qu’importe : personne n’était en mesure de l’entendre. A la fin, un oiseau s’envole de la vieille horloge qui sonne encore les heures et se cogne contre les murs avant de trouver l’issu vers la lumière, la porte ouverte vers l’ineffable.

 

Symphonie des regards, monologues tronqués, jugements hâtifs, mots vains, colères puériles, cela est soudainement absorbé par les visages qui disent leur désarroi face au questionnement muet du visiteur dont ils perçoivent vaguement l’exigence et la fatalité. Un film qui pose les questions essentielles, se focalise sur les expressions inquiètes, les met en images de belle façon avec leur plein et leur vide, leurs interrogations et leurs dénis et bénéficie d’une parfaite interprétation de la part des comédiens. A ne pas douter, Dolan n’a pas fini de nous interroger sur nos finitudes.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN , cliquer    ICI

 

Si vous souhaitez  prendre connaissance de la critique d'un autre de ses films, cliquer sur son titre :  "MOMMY"

 

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Juste la fin du monde de Xavier Dolan
Juste la fin du monde de Xavier Dolan
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 08:54
Genius de Michael Grandage

Maxwell Perkins (Colin Firth), éditeur à New-York, a le don pour flairer les grands auteurs. Il publie Francis Scott Fitzgerald, puis Ernest Hemingway. Un jour, le jeune Thomas Wolfe (Jude Law) franchit sa porte avec un imposant roman qui a été refusé par tous mais qui semble bien marqué du signe du génie. Une amitié inattendue va naître entre ces deux hommes qu’une seule chose rassemble : l’amour des mots.

 

Une histoire vraie que Michael Grandage conte sans innover mais avec une sensibilité de bon aloi. Si Jude Law a tendance à cabotiner en interprétant cet écrivain torrentiel et insupportable, histrion non dénué de génie qui stigmatise les écrivains tourmentés, Colin Firth est, comme à son habitude, d’une grande sobriété et joue avec beaucoup de naturel un homme déchiré entre sa vie privée et son métier d’éditeur qu’il assume comme un sacerdoce. Ce film est en quelque sorte un hommage à l’art littéraire, à la puissance poétique des mots qui transfigure le réel et nous donne à voir un monde où l’exigence est toute entière focalisée sur la transmission et la transposition. Un régal. 

 

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Genius de Michael Grandage
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 09:26
Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick

William et Alice forment un couple idéal : beaux, riches, ils s’aiment et vivent à Manhattan où ils fréquentent la haute société. Mais cédant à la jalousie, le couple glisse progressivement dans une errance initiatique et inquiétante et va se laisser happer par un milieu ambigu, un univers social tissé de faux-semblants et traversé de scènes ésotériques où se dilue progressivement la réalité des choses et permet au metteur en scène de  créer un climat d’une étrange intemporalité. Tout l’intérêt de l’opus est de placer le spectateur dans une constante et progressive expectative.


Kubrick s’accorde une grande liberté de ton et d’images comme dans les écrits freudiens et laisse la part belle à l’imagination et à l’interprétation de chacun des spectateurs. « Eyes Wide Shut » développe moins une intrigue qu’une ouverture sur un univers des possibles : nous voyons défiler dans un mélange souvent inextricable les séquences réelles et celles fantasmées de perversions diverses, sans que l’un des niveaux vienne prendre l’avantage sur l’autre. L’intrigue est conçue de telle façon qu’elle ne s’oriente jamais dans une direction précise et se contente de suggérer des éventualités : une silhouette inquiétante apparue au coin d’une rue fait écho au polar, tandis qu’une étrange cérémonie de masques s’imprègne de tons extravagants. Cette composition «en arc-en-ciel» est rendue possible grâce à la sobriété délibérée de l’esthétique : qu’il s’agisse du code chromatique ou de l’éclairage généralement intégré au décor, aucun effet ne tombe dans l’outrance, si bien qu'il nous autorise  à pénétrer aisément dans l’intimité d’un couple, de mieux comprendre les ressorts intimes de ses actes et de partager la singularité d’un désir ou d’un fantasme, en ayant à l’esprit l’idée que le cinéma est bien l’univers de l’illusion et des mirages et que tous les possibles peuvent y être convoqués. Dans des rôles, où ils sont constamment  - et crescendo -  les proies de l’épouvante, Nicole Kidman et Tom Cruise sont convaincants. Avec le recul que nous avons aujourd'hui, l'oeuvre de Stanley Kubrick est prémonitoire de l'univers dans lequel nous pénétrons sans en connaitre les enjeux et qui ne cesse d'altérer et de chahuter notre jugement.

 

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Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:16
CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN

 

Avec ce nouveau film, qui ouvre le Festival de Cannes 2016, Woody Allen nous prouve, si besoin était, qu’il n’a perdu ni l’inspiration, ni l’élégance, ni l’humour, ni la nostalgie qui ont baigné la quasi-totalité de son œuvre. Une fois encore, le cinéaste traite avec légèreté des choses graves et le charme puissant qui traverse sa filmographie ne cesse de l'enluminer avec bonheur. Est-ce la raison qui fait dire à certains qu'il réalise toujours le même film ?Mais tout grand artiste, qu’il soit écrivain, musicien ou peintre, ne fait jamais que creuser en permanence le même sillon. Ainsi est-il facile de trouver des points communs avec certaines de ses oeuvres précédentes : "Radio Days", "Manhattan", "Celebrity" ou "Stardust Memories", clins d’œil habiles adressés au passé. Et comment envisager l'avenir sans convoquer le passé ? Woody le sait mieux que personne.


 

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer. Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ( excellent Jessie Eisenberg ) ne tarde pas à tomber amoureux de la jeune et ravissante secrètaire de son oncle ( Kristen Stewart ). Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de … coeur. Mais de nouvelles difficultés vont subvenir pour contrarier ses espérances et décider de sa vie…autrement. Outre les années 30, décennie sacrée pour le réalisateur, et le jazz New-Orléans dont on sait combien il l'apprécie, Woody reprend  nombre de ses thèmes favoris : le juif new-yorkais, la sculpturale et tendre californienne, la délicieuse atmosphère d’un passé révolu. Chacun des personnages est conscient qu’il ne laissera pas de trace dans ce beau monde clinquant, aussi s’en remet-il à ses rêves qui expriment sans doute le meilleur de lui-même. "Dreams are dreams" se répète Bobby comme pour mieux s’en convaincre. N’est-ce pas Woody lui-même qui, méditant sur sa fin prochaine, est conscient que la poésie de l’inaccessible est ce qu’il y a en nous de plus persistant et de plus vrai ?

 

Soulignons à ce propos combien la photographie de Vittorio Storaro est pour beaucoup dans la réussite de « Café Society », oeuvre d'un magicien de l'image. Chaque plan est une merveille, d’une richesse époustouflante en matière de lumière, de couleur et de contraste. Et la même poésie se dégage de chaque scène, comme si les protagonistes baignaient dans un univers fantasmagorique. Et je n'oublierai pas la musique jazzy merveilleuse et les acteurs : la formidable prestation de Jessie Eisenberg toute en nuance et en finesse, la grâce délicate de la très jolie et charismatique Kristen Stewart qui illumine la pellicule, et les silhouettes hautes en couleur des personnages secondaires qui parcourent le film et lui confèrent sa réalité tangible, dont Ben, le beau-frère de Bobby, ce mauvais garçon qui a la gâchette facile et tue sans atermoiement, l'autre beau-frère qui se sent en permanence responsable de son prochain, enfin le père qui bougonne constamment contre le silence de Dieu - (mais pas de réponse, c'est déjà une réponse). Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres encore, « Café Society » ne peut être réduit à un simple prolongement de l’œuvre de Woody Allen, mais bien à une forme de renaissance, conduite de main de maître  par un expert du 7e Art et un homme aux nostalgies d’une incontestable poésie. Cela, pour notre plus grand bonheur. Courez voir ce petit bijou. Vous ne serez pas déçu.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN où figurent bon nombre des films de Woody, cliquer  ICI

 

Et pour prendre connaissance de l'article consacré à ce réalisateur, cliquer sur son titre 

 

"Woody Allen, un génie touche à tout"

 

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CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 10:08
La liste de Schindler de Steven Spielberg

«La liste de Shindler»  est l’histoire authentique d’Oskar Schindler, homme d’affaire autrichien, qui profita, dans un premier temps, de la guerre et de la main-d’œuvre juive à bon marché pour en tirer profit. Mais prenant conscience du génocide qui se préparait et de la barbarie nazie, il va changer son fusil d’épaule et mettre tout en œuvre pour sauver le maximum de personnes ( plus de mille ) condamnées à l’extermination dans le camp de Treblinka.

 

 

A partir de cette bouleversante histoire, Steven Spielberg a bâti un film inoubliable, le plus beau sans doute sur la shoah, son chef-d’œuvre, film qui ne reçut pas moins de 12 nominations aux Oscars dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur et qui nous pétrifie d’émotion tellement il touche juste et profond... Conscient de réaliser le film de sa vie, Spielberg oublie l’insouciance de son cinéma habituel (Jurassic Park par exemple) pour livrer un constat implacable sur l’une des périodes les plus noires de l’humanité. A travers le destin d’Oskar Schindler, Spielberg filme le travail souterrain d’un homme touché par la bienfaisance au milieu de la cruauté et de la brutalité absolues de l’Allemagne nazie, en évitant judicieusement les pièges du pathos. Servi par un noir et blanc brumeux, presque fantomatique, tout en contraste, qui convient particulièrement à la dramaturgie du sujet, le réalisateur a opté pour un narratif quasi documentaire qui sait  doser une violence à la fois latente et insoutenable. Oui, Spielberg cesse d’improviser avec sa caméra, comme il se plaît si souvent à le faire, et ne retient, en l’occurrence, que la grammaire cinématographique qu’il maîtrise à la perfection. A cette (rare) occasion, il laisse les événements  parler d’eux-mêmes, se contentant d’une rigoureuse mise en images, cela avec une austérité dont on ne peut que le féliciter. Il en résulte un témoignage d’un réalisme poignant, servi par une musique belle et des acteurs remarquables de vérité et de tempérance. Saluons au passage la performance de Liam Neeson en tout point admirable. Un film à voir et revoir car il est une leçon d’humanité face à la barbarie, barbarie qui est, hélas !, toujours d'actualité. Une palpitante lumière au plus profond des ténèbres.

 

 

Pour accéder à la liste des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer  ICI

 

 

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La liste de Schindler de Steven Spielberg
La liste de Schindler de Steven Spielberg
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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 10:30
Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell

"Coup de foudre à Notting Hill" (1999) se présente comme un habile brassage de style entre "Quatre mariages et un enterrement" et "Pretty Woman". Du premier, il reprend le producteur, le scénariste, le directeur de la photographie, l'acteur principal Hugh Grant, l'humour très british pratiquant l'autodérision et le fait de mettre en avant une série de personnages secondaires dont on nous présente les traits de caractère les plus marqués. Du second, il s’approprie l'actrice Julia Roberts et la trame de l'histoire, sorte de conte de fée pour grandes personnes où un couple improbable se forme, constitué de personnes situées à l'opposé l'une de l'autre sur l'axe de l'échelle sociale. Mélangeant rire et émotion, ce film à l’eau de rose n’a d’autre ambition que d’être  un divertissement léger et sans prétention, susceptible de satisfaire la plupart de ceux qui avaient apprécié les deux films précédents et, en effet, le succès n’a pas manqué d’être au rendez-vous, attirant autant de spectateurs en France qu'un James Bond de la haute époque.



L’un des éléments de ce succès est d'avoir été tourné au sein d'un des quartiers les plus pittoresques de Londres, celui de Notting Hill, dont le réalisateur Roger Michell nous restitue l'atmosphère si particulière et le charme indéniable. On apprécie d'autant plus cette reconstitution précise que, dans le monde d'aujourd'hui, la plupart des villes d'Europe se fondent dans un moule de plus en plus stéréotypé en ce qui concerne leur ambiance, leurs boutiques et les spectacles qu'elles proposent. L'opus se cristallise, par ailleurs, sur l’évolution irrésistible des amours de William Thacker (Hugh Grant) et d’Anna Scott (Julia Roberts), contrariée par la célébrité de l'actrice qui l’expose en permanence à être la cible des paparazzi. Le scénario est à la fois une satire de la presse à scandale et une charmante bluette où l'on se demande, sans vraiment s'inquiéter pour eux, comment les deux tourtereaux vont parvenir à vaincre les forces qui les éloignent continûment l'un de l'autre. La peinture aigre-douce du milieu social et la mise en avant de nombreux personnages secondaires sont typiques du style du scénariste Richard Curtis. Chaque figure a ses côtés attachants et irritants, à l'image de Spike (Rhys Ifans), le colocataire de William, doté d'un humour plus que douteux. La sœur de William, Honey (Emma Chambers) est une godiche empruntée à souhait, tandis que la personne, la plus sensée de l’entourage, Bella (Gina McKee) est clouée dans un fauteuil roulant mais sait faire preuve d'une vraie joie de vivre. Si l'on ajoute à l'entourage de William, Martin, son employé à la librairie (James Dreyfus) et Bernie, un agent de change gaffeur (Hugh Bonneville), on obtient une joyeuse bande de citoyens ordinaires avec leur vie de tous les jours, leurs travers, leurs émotions et leurs rêves. Tous souhaitent le bonheur de William et ont immédiatement adopté Anna qui force la sympathie par son charme et sa simplicité.

 

Mais le mérite principal de l’opus revient indiscutablement à la présence de deux acteurs qui rivalisent de charme : la délicieuse Julia Roberts, qui est alors au faîte de sa grâce, et le non moins délicieux Hugh Grant, irrésistible en Roméo de quartier. Devenue culte, cette comédie romantique, aussi convenue qu’elle soit, leur doit l’essentiel de sa séduction.

 

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Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:26
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock

Mark Rutland, un riche homme d’affaires, s’aperçoit que sa secrétaire-comptable lui dérobe de l’argent. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il  découvre peu à peu son trouble passé et lui donne le choix entre le mariage ou la dénonciation à la police. Proche de l'esthétique des années 40, ce film n'en reste pas moins le dernier grand chef-d'oeuvre du réalisateur. Hitchcock a toujours joué sur les peurs, petites et grandes, sur les culpabilités potentielles ou réelles des personnages et le résultat a toujours été saisissant. Ni blanc, ni noir, le héros hitchcockien est bien plus que cela : traversé par des ambivalences infinies qui tissent son humanité, piégé dans des rapports ambigus avec autrui.

 

 

Hitchcock reprend ici la formule expérimentée  dans « Psychose » : il débute son film comme une classique histoire de vol afin de captiver le spectateur, avant de faire glisser son œuvre vers tout autre chose, un véritable drame psychologique où l’on assiste à la renaissance d’une femme détruite par un traumatisme vécu durant sa petite enfance, le réalisateur plongeant son opus dans un répertoire proprement freudien. D’une grande modernité par l’audace des thèmes abordés (la frigidité, le viol et la puissance destructrice de la libido et du refoulé), ce long métrage bénéficie d’un jeu d’acteurs impeccable, d’une musique percutante de Bernard Herrmann et d’une réalisation subtile et convaincante. Non dépourvu de fulgurances et de lyrisme (les séquences de l’orage ou encore la chute de cheval), ce chant d’amour entre un homme ordinaire et une femme blessée fut néanmoins un échec commercial à l’époque à cause de son caractère inattendu. Aujourd’hui,  « Pas de printemps pour Marnie » compte parmi les films importants de Hitchcock qui, le premier, osait aborder un thème nouveau dans le 7e Art, celui de la psychanalyse. Un bijou du suspense et une intrigue haletante, parfaitement maîtrisée, servie par des acteurs totalement engagés dans leurs rôles respectifs.

 

 

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Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 11:00
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder

Billy Wilder nous convie à visiter les coulisses du vieil Hollywood et nous livre, par la même occasion, un chef d’œuvre savamment équilibré et d’une grande liberté de ton pour l’époque. A cela s’ajoute une interprétation de tout premier ordre. L’histoire est celle de Norma Desmond, grande actrice du muet, qui vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome, qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant...

 


Fidèles compères depuis leurs débuts vers 1942, les scénaristes Charles Brackett et Billy Wilder ont collaboré de façon complémentaire durant les années 40 (le premier intervient comme producteur tandis que le second réalise), signant bon nombre de chefs d’œuvre comme « Assurance sur la mort » (1944) ou « La scandaleuse de Berlin » (1948). Leur  dernière création  constitue l’apogée de leur style, faisant de « Sunset Boulevard », en 1950, l’œuvre la plus marquante sur un Hollywood déclinant et sans aucun doute l’un des meilleurs films de Billy Wilder.

 



Cet opus crépusculaire, à la fois tragique, âpre et caustique, conte avec  subtilité et réalisme la disparition progressive d’un monde balayé par la modernité. Dès les premiers plans, le cinéaste impose son style grâce à des décors gothiques qui semblent d’un autre âge et l’intrusion de la voix off d’un personnage déjà mort. Cette voix d’outre-tombe nous accompagnera tout au long de ce voyage au pays des figures de cire d’un cinéma muet à jamais enseveli. Ainsi entrons-nous dans le monde des vieilles gloires hollywoodiennes oubliées du grand public qui se murent dans le silence comme dans un caveau. Pour donner vie à ce monde pétrifié, Billy Wilder a eu le coup de génie de demander la participation de vraies stars déchues du cinéma muet. En premier lieu, la volcanique Gloria Swanson qui n’avait tourné qu’un seul film entre 1934 et 1950 et  pouvait ainsi retranscrire à merveille les crises morales de cette vedette oubliée. Non seulement l’actrice n’hésite pas à s’enlaidir et à accentuer les stigmates de la vieillesse, mais elle ose aussi se moquer d’elle-même et  de son propre jeu maniéré et daté. Cet exercice de style, qui tient à la fois de la confession intime et de l’autodérision, touche le spectateur par son incontestable authenticité et sa bouleversante humanité. Les cinéphiles sont également comblés lorsqu’ils entendent  Erich von Stroheim évoquer son passé de cinéaste et ses heures de gloire anciennes.
 



En mettant à nu le tragique désarroi de ces anciennes stars,  Billy Wilder s’en prend à la fois à la vanité d’un monde entièrement basé sur les apparences et règle ses comptes avec un système cruel qui broie les individus au nom de la sacro-sainte rentabilité. Sans jamais faire appel à l’artillerie lourde, sa mise en scène est exemplaire par sa constante fluidité et ses plans-séquences très élaborés servis par un narratif précis et fort bien construit. On ne peut être qu’admiratif devant ce bijou intemporel, sublime par son efficacité, universel par la profondeur de sa réflexion  et l’empreinte que laisse chaque individu malgré l’inexorable passage du temps.

 

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  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

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