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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 10:02
Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron

Je l’avoue, je n’ai pas boudé mon plaisir hier soir à la projection du second volet d’un film qui avait cartonné en 2014  « Qu’est qu’on a encore fait au bon Dieu ?» Alors que les critiques des journaux s’opposent sur le plan purement politique, j’encourage mes lecteurs à aller passer une heure trente de détente sur un sujet empli d’une sympathique vision des choses, celle d’un monde qui s’est ouvert depuis longtemps à nos différences. Oui, voilà un retour réussi des familles Verneuil et Koffi que leurs racines civilisationnelles séparent à bien des égards mais que tout rapproche à propos des sentiments et de l’amour qu’ils éprouvent pour leurs enfants et petits-enfants. Plus finement traité que le premier volet, plus subtil dans ses dialogues, ce film aborde les sujets qui fâchent avec humour, si bien que nous voyons à quel point nos à priori sont le plus souvent ridicules et néfastes. Comme dans le précédent opus, Chantal Lauby et Christian Clavier sont une Marie et un Claude Verneuil épatants, ce qui n’enlève rien aux autres acteurs tous excellents et d’une joyeuse diversité dans leurs oppositions de façade et leur côté bobos des banlieues chics.

 

 

 

Derrière ses ressorts comiques efficaces, la comédie de Philippe de Chauveron n’est ni niaise, ni superficielle et touche juste. Elle évoque notre temps sans lourdeur avec un humour qui aère et fait du bien, renouant avec une mise en orbite savoureuse et efficace des divers et nombreux désagréments de notre époque. Et cela, à travers la planète entière, puisque la famille est une composition représentative de nos divers continents. Les thèmes les plus délicats sont abordés de façon si jubilatoire que nous pouvons enfin rire de bon cœur sans nous sentir pris en faute par le « politiquement correct »  et une police de la pensée étouffante. Certes, un film qui a le culot d’aborder les thèmes qui fâchent avec tant de bonne humeur que les spectateurs sont invités à rire sans se sentir pris en faute. Quel talent pour ce second volet de la part de Philippe de Chauveron qui a le mérite d’amuser son public sans le culpabiliser. 

 

 

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Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron
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29 janvier 2019 2 29 /01 /janvier /2019 11:36
Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Michel Legrand

Je n’avais jamais eu l’occasion de voir le film de Michel Legrand « Les parapluies de Cherbourg » en entier, aussi est-ce avec plaisir que je l’ai visionné en entier  hier soir à la télévision. Bien que je trouve la réalisation moins réussie  que celle des « Demoiselles de Rochefort »,  plus rythmée, plus enlevée, je n’ai pas résisté au charme de cette histoire d’amour chantée, à la grâce de Catherine Deneuve et au romantisme des images, bien que ce ne soit en définitive qu’une bluette désuète et sans grande envergure. Mais le charme opère dès les premières images tant la musique est délicate, les prises de vue  poétiques et tant  l’ensemble dégage un attrait irrésistible.

 

Nous sommes à Cherbourg en novembre 1957. Geneviève Emery, dont la mère tient un commerce de parapluies, aime Guy Foucher ( Nino Castelnuo), un jeune garagiste. La mère de Geneviève n'envisage pas d'un bon oeil cette idylle et préférerait voir sa fille épouser Roland Cassard, un diamantaire. C’est alors que Guy est appelé sous les drapeaux pour participer à la guerre d'Algérie. Geneviève se donne à lui avant son départ. Enceinte, elle finira par céder aux instances de sa mère et épousera Roland, cet homme riche qui accepte son enfant.

 

Oui, aucune audace dans cette histoire si ce n’est celle d’avoir osé faire chanter la totalité  des dialogues sur la musique de Michel Legrand et, ainsi, d'avoir transformé le scénario simplet en comédie musicale d’un style inédit qui a peu à voir alors avec les comédies américaines de l’époque. C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès et l’originalité de cette production qui ne peut être comparée à » West Side Story » mais conserve sa fraîcheur et son attrait en grande partie grâce aux mélodies ravissantes de Michel Legrand.

 

Les acteurs ont eu le mérite de se glisser avec tact dans leurs personnages, de jouer avec un naturel et une spontanéité qui procurent à l’histoire sa saveur particulière. Coiffée par les sœurs Carita, Catherine Deneuve est au sommet de sa beauté gracile, Anne Vernon, qui interprète le rôle de sa mère, est fort jolie elle aussi et l’ensemble suscite une indicible émotion. Le pari du metteur en scène et du musicien a parfaitement fonctionné et nous touche à l’heure de la science-fiction, des effets spéciaux et du numérique comme une bouffée d’oxygène.

 

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Catherine Deneuve et Anne Vernon

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Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Michel Legrand
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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 11:00
Edmond d'Alexis Michalik

Je me rendais à cette projection avec un a priori d'autant plus favorable que la critique, dans l’ensemble, s’était montrée élogieuse. D’où ma désillusion à la vue de cette farce outrancière et brouillonne qui m’a davantage agacée que séduite. Nous sommes là à un niveau très scolaire et en présence d’un scénario qui ne relate en rien les affres de l’inspiration poétique et ne correspond absolument pas à la réalité. Ayant sous la main  la biographie d’Edmond Rostand, il n’y a quasi pas un seul point commun avec  l’écriture de cette pièce à succès et ce que nous propose cet opus qui cède à tous les clichés de la facilité. Dommage, car les acteurs méritaient un texte mieux inspiré et une direction plus sobre et plus fine,  en accord avec les prises de vue d’un Paris de l’époque joliment reconstitué. On m'a assuré que la pièce de théâtre était meilleure et plus subtile. Je veux bien le croire ...


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Edmond d'Alexis Michalik
Les acteurs Thomas Solivérès et Tom Leeb

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 10:22
L'incroyable histoire du Facteur Cheval de Nils Tavernier

Voilà un film qui tombe à point nommé, tant son actualité nous met en phase avec une France profonde, humble et immortelle, qui nous offre d’elle  une image pleine de grâce et d’émotion. De nos jours, le facteur Ferdinand Cheval aurait probablement enfilé un gilet jaune avec conviction.

 

Cet avant- propos terminé, le film de Nils Tavernier est un ouvrage tissé à petits points avec une certaine lenteur et un souci constant de donner au personnage sa dimension attachante, à ce taiseux son mystérieux génie et sa pudique réalité. Voilà un homme, né en 1836, qui, après avoir été mitron, il savait ainsi d’ores et déjà modeler la pâte, deviendra facteur, parcourant chaque jour 33 kms à pied car la voiture n’existait pas à l’époque et que le vélo ne lui aurait pas permis de rouler sur les pistes escarpées qu’il avait à emprunter. Vie simple et besogneuse où le souci du travail accompli dans l’effort ne le prive nullement de se laisser gagner par des aspirations artistiques et des rêves grandioses. Cet homme d’apparence frustre est un délicat qui ne rêve plus que de bâtir pour sa fille Alice un palais digne des contes les plus fous. C’est d’ailleurs tel un illuminé, un dément, qu’il est considéré par les gens de son village, tandis que les journalistes et les experts, qui viennent roder sur les lieux, estiment que son délire architectural n’est autre « qu’un ramassis d’insanités qui se brouillent dans la cervelle d’un rustre ». Mais rien ne décourage le facteur Cheval. Tenace, opiniâtre, dur et exigeant envers lui-même, il passera  33 années à élever cette œuvre monumentale qu’André Malraux considérera et classera en 1969, soit quarante-cinq ans après sa mort, « comme la seule représentante en architecture de l’art naïf ».


L’existence de Ferdinand Cheval sera marquée en permanence par la douleur, il perdra ses deux femmes, ses deux enfants, dont sa petite fille Alice qu’il vénérait, et ne sera, durant les 88 années de sa vie, qu’un homme buriné par l’épreuve et dont la seule évasion sera ce palais imaginaire qu’il sculpte patiemment de ses mains, charriant à longueur de soirées et de nuits des brouettes de pierres et de chaux vive. C’est lors d’une chute qu’il remarque que certaines pierres semblent avoir été sculptées par une main inspirée et que son rêve va prendre forme. Si la nature se fait sculpteur, pourquoi lui, Ferdinand Cheval, ne deviendrait-il pas architecte et maçon ? Et le rêve ne cessera plus de prendre forme. 


Dans le rôle de Ferdinand Cheval, Jacques Gamblin est  habité par son personnage. Il est ce taiseux de Hauterives,  dans la Drôme, empli  d’humilité et de passion, ferme et pudique, clos sur lui-même comme sur son rêve et tellement déterminé qu’il  ne renoncera jamais à l’effort surhumain de ce travail, ne cédera jamais  face aux moqueries féroces de son entourage, ni à l’immense douleur de la perte des êtres chers. Constant dans sa détermination, il ira au bout de ce rêve qui a paré sa vie pauvre et silencieuse d’une aura éternelle.  Quant à Laetitia Casta, elle est parfaite dans le rôle de son épouse Philomène, ajoutant une note de tendresse et de douceur à cette attachante reconstitution.

 

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L'incroyable histoire du Facteur Cheval de Nils Tavernier
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Le palais idéal du Facteur Cheval

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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 09:35
Pupille de Jeanne Herry

Voilà un film qui a toutes les apparences d’un documentaire sur l’abandon et l’adoption tant il est bien construit et aborde le sujet avec précision, intelligence et réalisme. Il reste néanmoins un opus envoûtant par cette approche chorale d’une sensibilité délicate et d’une interprétation parfaite. Un enfant naît sous X d’une jeune mère étudiante qui n’envisage pas d’entraver son avenir avec un enfant qu’elle n’a pas désiré. Terrible constat, celui de ce bébé auquel sa procréatrice ne jettera pas même un regard ! Aussitôt la société prend le relais. Comment ? Grâce à un réseau d’aide sociale qui va tenter d’assurer au nouveau-né un avenir que sa mère biologique est bien en peine de lui assurer.

 

Après « Elle l’adore », Jeanne Herry se consacre à un sujet sensible rarement abordé, celui de l’adoption, à travers une chaîne de solidarité collective extrêmement bien traitée et décrite d’une caméra qui ne cède jamais au pathos. Précis, émouvant, admirablement interprété, le scénario respecte la chronologie des événements sans une once d’ennui ou de lourdeur, en une fiction très proche de la réalité, ce qui procure au film cet intérêt documentaire sans lui enlever sa touchante vibration.  La réussite est donc totale. La réalisatrice nous décrit les étapes qui vont permettre à ce petit enfant de connaître une existence normale. Cela, grâce à une administration humaine et efficace interprétée par des comédiens pleinement immergés dans leur sujet. Gilles Lelouche aborde là un rôle d’homme solide et responsable loin du mâle rude et dur auquel il nous avait habitués et nous propose ainsi une version de son talent totalement inédite. Quant aux femmes, Sandrine Kiberlain, Elodie Bouchez et Miou-Miou, elles sont parfaites dans leur dévouement et leur compétence, leur sérieux et leurs interrogations qui assurent à cette ode autant de tendresse que d’authenticité. Dans notre monde régi par le cynisme, « Pupille » est une source de tendresse, une réhabilitation inattendue du collectif au service d’un humain souvent malmené, et une bouffée de fraîcheur et de fraternité à ne pas rater.

 

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Pupille de Jeanne Herry
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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 10:39
Un homme pressé d'Hervé Mimran

Bien sûr, je suis allée voir ce film pour Fabrice Luchini qui, une fois encore, donne une densité à la fois drôle et émouvante à ce personnage d'un grand manitou de l'industrie automobile frappé par un AVC qui endommage grandement sa mémoire et sa parole. Avouez que choisir Luchini pour jouer le rôle d'un homme qui a des problèmes d'élocution ne manque pas d'audace et je dois avouer que l'acteur bafouille de façon irrésistible et que le film, sans être un sommet de la filmographie luchinesque, ne manque ni de saveur, ni de tendresse. Hervé Mimran, qui ne nous avait pas ébloui jusqu'à présent avec deux comédies sans grande finesse, trouve là une expression plus grave car cet homme pressé, qui conduit sa vie au pas de charge en obsédé du travail et de l'efficacité, va soudain, après ce grave accident de santé, remettre en question son existence et surtout renouer avec sa propre humanité. Et Luchini réalise cela à merveille. Il donne à ce personnage que son groupe va virer sans égard, une sensibilité très juste et une touchante proximité avec le public. A ses côtés, les seconds rôles  sont à la hauteur, autant Rebecca Marder dans celui de sa fille que Leïla Bekhti dans celui de l'orthophoniste qui l'aide à rééduquer sa parole sans concession aucune et avec l'humour nécessaire pour qu'il ne sombre pas dans le désespoir. Enfin n'oublions pas le chien fidèle d'entre les fidèles, le plus tendre aussi qui suivra son maître sur le chemin de Compostelle où  le malheureux ponte de l'industrie automobile va chercher et trouver sa rédemption. Un film qui touche et séduit malgré quelques longueurs.


 

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Un homme pressé d'Hervé Mimran
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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 08:53
Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel

 

Tout s’écroule pour Jean-Dominique Baudy (Mathieu Amalric) lorsqu’il se réveille sur son lit d’hôpital après un accident vasculaire. Au sortir du coma, il n’est plus qu’un corps inerte, soumis au locked-in syndrome : il ne peut plus parler, bouger ou même respirer sans assistance. Commence alors un combat de tous les instants pour la vie. Son seul œil mobile va être la clé de sa libération. Après avoir été un livre bouleversant de Dominique Bauby écrit à l'aide de sa paupière, seul moyen dont il disposait encore pour s'exprimer, "Le scaphandre et le papillon" est devenu un film tout aussi émouvant. Ce carnet de voyage immobile est un poignant hymne à la vie et ne fait nullement l'impasse sur la profondeur de la réflexion qui l'a inspiré. "Etais-je aveugle et sourd ou bien faut-il nécessairement la lumière d'un malheur pour éclairer un homme sous son vrai jour" -écrivait-il. Cette enfermement soudain qui libère étrangement les ressources de l'esprit et rompt les amarres trop humaines est merveilleusement rendu par le cinéaste américain qui fait en sorte que cette vie prisonnière jette ses feux à travers les effets de caméra subjective, de voix off et de flash-back. Mathieu Almaric, dans ce rôle difficile, est remarquable de tendresse, de dérision et n'en fait jamais trop ; quant à son regard il est impressionnant de vérité. Il est entouré d'une pléiade d'acteurs talentueux dont Emmanuelle Seigner, Anne Consigny et Max von Sydow qui se penchent avec attention au-dessus de cette conscience virtuelle et tellement troublante. Schnabel a su éviter les risques et ne sombre jamais dans le piège du mélo larmoyant. Sur le plan narratif, il a choisi le montage alterné où sont évoquées les principales étapes de l'existence de Bauby jusqu'à son accident cérébral. Si bien que le film ne se contente pas de provoquer l'émotion mais se révèle être - comme le livre - une formidable leçon d'espoir : celle que le papillon de l'esprit parvient toujours à rejoindre la lumière.

 

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Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel
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8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 09:48
Le papillon de Philippe Muyl

 

Grand collectionneur, Julien part dans le Vercours à la recherche de l'Isabelle, un papillon de nuit dont la beauté n'a d'égale que la rareté. Il ne fera pas le voyage tout seul: Elsa, huit ans, délaissée par sa mère, est bien décidée à s'incruster. Un film délicieux de Philippe Muyl, tourné dans le Vercors, où le cinéaste nous raconte l'histoire d'un amateur de papillons et d'une petite fille livrée à elle seule par une maman très occupée. Aussi le soir, quand sa mère n'est pas là, Elsa vient-elle rendre visite à Julien, auquel elle pose beaucoup de questions sur les papillons. Jusqu'au jour où, désireuse de partir avec lui à la découverte d'un spécimen rare l'"Isabel", elle se cache dans sa voiture, si bien que Julien réalisera trop tard de quelle passagère encombrante il s'est chargé involontairement... Dans ce voyage initiatique, les deux protagonistes finiront pas trouver ce qu'ils cherchaient : pour la petite fille, ce sera le papy dont elle rêvait ; pour le vieux collectionneur, le plus adorable des papillons. Ainsi ce qui aurait pu n'être qu'une banale bluette se transforme-t-il en un véritable petit chef-d'oeuvre de sensibilité et de tendresse. On peut s'étonner que les notables de la critique officielle aient jugé bon de bouder cette jolie parabole contée de façon ravissante, grâce, entre autres, à un jeu d'acteurs exemplaire et aux superbes paysages du Vercors. Michel Serrault est épatant en célibataire ronchon qui, peu à peu, se prend de sympathie pour cette fillette fondante, à l'effronterie primesautière, qu'interprète de façon remarquable la jeune Claire Bouanich. Celle-ci se révèle tour à tour séductrice, manipulatrice, ou tout bonnement authentique, avec un naturel désarmant. La poésie est au rendez-vous.

 

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Le papillon de Philippe Muyl
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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 10:18
Tout le monde debout de Franck Dubosc

 

Jocelyn, homme d’affaire en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d’être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en se faisant passer pour un handicapé. Jusqu’au jour où elle lui présente sa sœur elle-même handicapée. Je l’avoue, je n’ai jamais été fan de Frank Dubosc et, si je suis allée voir ce film, c’est pour la seule présence d’une actrice que j’apprécie beaucoup, Alexandra Lamy. Mais je dois avouer que ce film a été pour moi, et probablement pour quelques autres car il y avait beaucoup de monde dans la salle, une bonne surprise. D’une part, parce que Alexandra Lamy irradie littéralement la pellicule et, d’autre part, parce que l’histoire est habilement troussée. Bien que le sujet puisse inquiéter à juste raison, il est traité avec suffisamment de recul et de tact pour ne provoquer aucun agacement, cela grâce à un narratif  qui a su trouver le ton juste et la parole équilibrée.


Deux personnages, à l’opposé l’un de l’autre, se rencontrent par la grâce d’un énorme mensonge, avant de s’aimer et de devoir faire face à la réalité. Jocelyn, cet homme apparemment dénué de tout scrupule, se retrouve - par un concours de circonstances assez peu crédible au départ mais qui rebondit de façon astucieuse  - à faire croire qu’il est handicapé moteur. Malheureusement, le voilà face à  une femme qui l’est réellement et  l’oblige à mentir au-delà de ce qu’il avait envisagé au départ. Ce qui n’était, dans un premier temps, que farce et attrape, devient un piège redoutable dont il ne maîtrise plus les tenants et les aboutissants. Comment, dès lors, avouer la vérité à celle qu’il aime et qu’il risque de perdre à tout jamais ? On voit assez rapidement ce qui a séduit Franck Dubosc dans ce sujet où il aborde de manière frontale des thèmes déjà largement développés dans ses sketchs sur scène. On pense notamment à la drague, ce besoin quasiment maladif de plaire aux autres, quitte à leur mentir. On retrouve également une métaphore évidente du métier d’acteur, ces menteurs et bluffeurs professionnels qui jouent des personnages pour mieux se cacher aux autres… et à eux-mêmes.


Néanmoins, le thème du handicap est traité sans faux-semblant et avec suffisamment de tact et de justesse pour que le plus à plaindre ne soit certes pas celui que l’on croit. Si la situation  reste plaisante, c’est grâce à la façon dont elle est abordée sans fadeur et de façon dynamique par le personnage interprété par Alexandra Lamy, éclatante de justesse et de lucidité. Quant à Franck Dubosc, il conduit son affaire avec ce qu’il faut de subtilité pour n’en faire ni trop, ni pas assez. Il évolue dans ce personnage d’homme sans scrupule avec finesse et nous offre une prestation sensible qui n’était pas, jusqu’alors, sa spécificité. Bien entendu, nous avons tout de même droit à quelques scènes paillardes et parfaitement inutiles, dont on se serait bien passé, mais qui sont en partie sauvées par la prestation de Gérard Darmon en docteur et ami qui tente de remettre Jocelyn sur le droit chemin tout en soignant ses dérangements intestinaux …


Voilà un film plaisant sans autre prétention que celle de nous distraire, sans autre message à transmettre que celui  « du cœur a ses raisons que la raison ne connait pas » et, pour conclusion, de nous rappeler qu'une comédie pleine de bons sentiments peut éviter de sombrer  dans le mélo.

 

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Tout le monde debout de Franck Dubosc
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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 10:04
Le retour du héros de Laurent Tirard

Sanglé dans son costume de hussard d’un rouge flamboyant, la moustache frétillante et le sourire narquois, on comprend vite que ce héros de pacotille va nous la jouer  sur le ton du vaudeville truculent et que tout, dans sa nature, est fait pour la flagornerie et la filouterie les plus excentriques et les plus excessives. Dans la peau de ce capitaine Neuville, soldat en partance pour une guerre napoléonienne et laissant derrière lui une fiancée inconsolable, Jean Dujardin endosse une nouvelle fois les habits d’un de ces personnages qu’il affectionne et dont le second degré et le ridicule sont assumés dans l’emballage d’une forfaiture troussée de la façon la plus perfide. Sauf qu’on se trouve cette fois sous l’Empire, dans une comédie en costumes, dont le ton, le rythme et les dialogues ne sont pas sans évoquer ceux de Jean-Paul Rappeneau ou de Philippe de Broca, d’autant que ce personnage sans scrupules va devoir affronter une jeune femme  (la délicieuse Mélanie Laurent) qui assume son indépendance d’esprit et son célibat avec une audace plus proche de notre XXIe siècle que de l'Empire, si bien que ce décalage entre le passé et le présent n’est pas sans donner un peu de sel à cette comédie qui, sans cela, aurait  vite sombré dans le conventionnel et le banal.

 

Derrière les apparences du militaire sûr de lui et portant beau, Neuville est un homme lâche et hâbleur qui s’empresse d’oublier la promesse faite à sa fiancée de lui écrire tous les jours. Face au désarroi de celle-ci, Élisabeth, sa sœur aînée, n’a d’autre choix que d’inventer une fausse correspondance et de parer le militaire de faits d’arme et d’exploits admirables puis, la campagne d’Autriche étant achevée, de lui inventer un avenir vers des terres lointaines où elle suppose son existence menacée par toutes sortes de dangers rocambolesques.   

 

De retour, le capitaine déserteur va jouer à qui perd gagne avec Elisabeth qui ne peut désormais plus détruire son savant montage épistolaire sans dénoncer sa propre imposture, aussi ce jeu de fléchette prête-t-il à cette comédie une joyeuse amoralité et assure-t-il ce divertissement d’un ton léger et plaisant. Certes on passe un moment agréable dans ce décor raffiné, au milieu d’une société aimable, mais il manque toutefois un grain de folie à ce marivaudage trop appliqué, trop peu subversif, où les situations s’enchevêtrent sans aller jusqu’au bout de leur ridicule malgré des acteurs excellents qui étaient disposés, sans nul doute, à oser davantage. En effet, Jean Dujardin a toujours assuré avec brio les rôles de fanfaron et Mélanie Laurent a toujours su s’imposer avec grâce et intelligence, de même que les seconds rôles sont eux aussi bien campés et donnent une impression très juste de la facilité avec laquelle une petite société conventionnelle peut facilement se laisser duper et arnaquer par un filou sans foi, ni loi. Se regarde sans déplaisir mais sans enthousiasme non plus. Est-ce un peu trop salé ou pas assez poivré ?

 

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Le retour du héros de Laurent Tirard
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  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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