Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 11:19

20088330.jpg     

 


Antoine d’Anthac, célèbre auteur dramatique, convoque par-delà sa mort, tous les amis qui ont interprété sa pièce "Eurydice". Ces comédiens ont pour mission de visionner une captation de cette œuvre par une jeune troupe, la compagnie de la Colombe. L’amour, la vie, la mort, l’amour après la mort ont-ils encore leur place sur une scène de théâtre ? Ce sera à eux d’en décider. Entre réalité et fiction, le partage ne sera pas simple...et l'art seul sortira vainqueur des coulisses de la vie. Alors que bien des films actuels sont décevants et manquent cruellement d'imagination, un magicien nonagénaire dépoussière le 7e art pour le faire sortir, le temps d'une projection, de ses rails trop bien balisés et nous entraîner dans une vision où l'art de la parole et de l'image est appelé devant les instances du jugement (celui des spectateurs bien entendu) à reprendre vie et à réactualiser le passé. Car c'est à nous, en dernier ressort, d'entrer dans le jeu de la pièce et des acteurs et, par delà la forme proposée, de nous immiscer à l'invitation du Destin (interprété par Almaric) à forger le nôtre. Emprunté à l'Eurydice et à Cher Antoine ou l'amour raté, pièces de Jean Anouilh que le scénario a compilées, nous plongeons au coeur du mythe, en même temps que dans l'envers du décor où 13 acteurs revivent la pièce qu'ils ont interprétée à tour de rôle et la réaniment de manière à ce qu'elle entre en éternité comme l'amour qu'elle est sensée  perpétrer. Deux couples vont, sous l'impulsion de cette captation qui leur est projetée, donner  existence au passé, le leur et celui de la pièce. Tout est dans la version cérébrale mais combien captivante de Resnais qui se plaît à jouer sur les décalages d'âge et de décor, les inflexions de chacun des interprètes, le jeu des couleurs et des champs, dont la profondeur n'appartient qu'au 7e Art. 

 

23b3ac2d9ec1cf813b9c5fe33030d31b_w350.jpg

 

Pour ce faire, le cinéaste a souhaité que ses interprètes improvisent au fur et à mesure des scènes, de façon à garder au film son authenticité expérimentale par rapport au théâtre, auquel le cinéma rend ici hommage.  Tous sont merveilleux de sensibilité et on ne saurait assez vanter le talent des deux Eurydice Sabine Azéma (malgré ses cheveux rouges) et Anne Consigny et des deux Orphée Pierre Arditi et Lambert Wilson. L'hommage du cinéaste s'adresse également à eux qui ont formé, au long de sa carrière, sa troupe de choc. Ainsi par ce jeu de poupées russes et de dialogues qui ne cessent de s'imbriquer les uns aux autres, Alain Resnais fait-il preuve de sa capacité à repenser l'art cinématographique et à rester, malgré son âge ou bien grâce à lui, aussi inventif et imprévisible. Ne fait-il pas de la vie notre enfer et de nos rêves notre rédemption ? Et l'amour et la mort ne sont-ils pas  invités à donner le ton et ne créent-ils pas de nouvelles voies esthétiques et artistiques sans revêtir pour autant un aspect morbide mais, a contrario, en sommant le réalisateur de dépasser les lignes trop exiguës du réel ?

 

320295-22281-vous-n-avez-encore-rien-vu-2012-22-620x0-1.jpg

 

Depuis Mélo et Smoking/Smoking, le cinéaste nous avait habitués à ce mélange des genres, mais avec Vous n'avez encore rien vu - titre qui ne correspond guère à l'opus - le mélange est plus audacieux  parce qu'il brasse dans des dialogues incisifs les deux pièces d'Anouilh, tout en leur conservant leur théâtralité, mais en les adaptant avec doigté au cinéma, cela grâce au jeu des acteurs qui ainsi se dédouane  du strict cadre de la scène et de l'unité de temps. C'est donc le temps qui sort victorieux de son duo avec la mort, le temps qui inverse les perspectives et exhorte les comédiens à user avec subtilité des ressorts de la mémoire. Une réussite.

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Alain Resnais, cliquer sur son titre :
 

 

ALAIN RESNAIS OU UN CINEMA DE LA MEMOIRE 
 

 

Et pour consulter les articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :
 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS 
 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL 

 

 

 film_resnais.jpg

 

VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN VU d'ALAIN RESNAIS
Partager cet article
Repost0
13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 09:13

20133206.jpg     

 

C'est la rentrée des ­classes. Au lycée Gustave-Flaubert, le directeur de cet établissement pilote a décidé que tous les élèves porteraient le même uniforme au nom de l'équité démocratique. Professeur de français désabusé qui a passé tout l'été à lire Schopenhauer, Germain replonge sans conviction dans sa classe et donne un sujet de rédaction qu'il pense facile : raconter son week-end. Les pires ­banalités vont se succéder jusqu'à ce qu'il lise le texte d'un certain Claude Garcia (Ernst Umhauer) qui raconte s'être immiscé dans la maison de son copain Rapha. Pour qu'un film soit bon, comme un livre d'ailleurs, encore faut-il que le thème, l'enjeu soit susceptible de convaincre. Or, François Ozon, en charge d'y parvenir, s'empresse d'oublier le conseil que le professeur, interprété par Fabrice Lucchini,  prodigue à son élève  chez qui il devine un goût certain pour l'écriture et le récit- " faites en sorte de capter l'attention par un sujet fort, une action brillante, des propos accrocheurs " - alors même que son opus, sensé défendre cette cause, sombre très vite dans le bavardage stérile et la banalité la plus triviale. Ainsi Ozon a-t-il raté son but malgré la bonne volonté d'acteurs talentueux, tous prêts à l'y conduire. L'idée était bonne, excellente même puisque axée sur la transmission du savoir et l'éveil d'une vocation, encore fallait-il un scénario suffisamment crédible et rigoureux pour la développer avec subtilité et conviction. C'est raté.

 

1772185_5_b435_dans-la-maison_ffcf6282fe4eb0a30119bc29db9ba.jpg

 

La raison en est que le sujet se dilue dans un amateurisme regrettable au point que Ozon ne nous sert là qu'un  film bâclé et maladroit. En assurant, bien en vain, que la réalité sert l'imaginaire ou vice versa, il nous démontre le contraire tant son imaginaire à lui tourne trop vite court. Il y avait pourtant à dire. L'histoire de ce lycéen doué, remarqué par son professeur de français avec lequel s'établit un lien d'intérêt et de sympathie est si peu probante que l'on décroche dès les premières scènes. Tout d'abord parce que la famille qui inspire l'adolescent n'a rien d'inspirante  : comment trouver sur l'échelle sociale un couple et son fils unique dénués à ce point de saveur culturelle et humaine ? Il fallait pour que l'on adhère au sujet choisir une famille en mesure de subjuguer l'écrivain en herbe et justifier l'histoire qu'il se plaît à raconter jour après jour à son professeur au point de tenir celui-ci en haleine. Malheureusement il ne se passe rien, rien qui justifie la faute professionnelle que le maître va être amené à commettre sous l'effet de cette supposée fascination. Oui, cela est totalement illogique.

 

dans la maison 2

 

A l'exception de quelques réparties drôles et quelques moments bien venus, la spectatrice que je suis est restée étrangère à cette démonstration dont le final est accablant. Dommage, les ingrédients étaient là qui pouvaient constituer un bon  scénario entre des mains plus expertes et chez un cinéaste mieux inspiré. Malgré des acteurs qui ne déméritent pas - surtout le jeune Ernst Umhauer - car l'excellent Lucchini semble s'être mis en retrait de son rôle, Dans la maison n'incite guère à s'y attarder. On est plutôt tenté de rester sur le seuil tellement rien de captivant ne s'y passe, aucune démonstration ou action exaltante nous y retient. Le seul exploit de François Ozon est de parvenir à nous offrir un mauvais film avec de bons acteurs, ce qui était déjà le cas avec 8 femmes. Mais étant donné que ce cinéaste a la chance d'être "tendance" et a su mieux faire auparavant, il ne manquera probablement pas de laudateurs.

  

Pour consulter les articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Premiere-seance-du-10-octobre-Ozon-plus-fort-que-Clochette-.jpg  

 

 

Partager cet article
Repost0
1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 09:43
LES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENT


Hortense Laborie est une cuisinière réputée qui vit dans le Périgord. A sa grande surprise, le Président de la République la nomme responsable de ses repas personnels au Palais de l'Élysée. Malgré les jalousies des chefs de la cuisine centrale, Hortense s’impose grâce à son caractère bien trempé et à sa compétence. L’authenticité de sa cuisine séduira rapidement le Président, mais dans les coulisses du pouvoir, les obstacles sont nombreux et la vie épuisante. Si bien qu'elle sera amenée à donner sa démission et à aller en tant que simple cantinière se reconstruire ailleurs.

 

Foie de canard en gelée et son pain de maïs, nougatine aux pistaches, saumon au chou coiffé de carottes avec leurs fanes, Les saveurs du palais est un film poétique et savoureux sur l'émotion et l'art culinaire quand ce dernier touche à l'excellence. Porté par une Catherine Frot parfaite en reine des fourneaux, le film nous fait entrer dans les cuisines de la République avec ses rivalités, ses luttes intestines,  ses agitations et ses frivolités et nous découvre un univers macho où les privilèges du pouvoir sont tout simplement exorbitants. Le Nouveau régime n'ayant rien à envier à l'Ancien !  Mais le film du fin connaisseur en gastronomie qu'est Christian Vincent ( réalisateur de La discrète ) ne s'arrête pas là. Il brosse d'abord et avant tout le portrait d'une femme, inspiré de la vie de Danièle Delpeuch, que rien ne préparait à occuper un tel poste - où elle s'usera d'ailleurs, au point de le quitter - et évoque à travers une série de flash-bach son expérience unique mais amère qui l'obligera ensuite à s'exiler sur la base scientifique Albert-Faure en pleine région arctique, afin de reprendre ses esprits et retrouver son équilibre, car tout ce qui touche au pouvoir épuise et abîme.

 

1760662_3_b093_catherine-frot-dans-le-film-francais-de_8a4a.jpg

  

Provinciale en diable face à un Président en majesté qui semble l'être de coeur tout autant qu'elle, Hortense Laborie nous convie à apprécier gourmandement l'art culinaire à la française, riche de produits d'une qualité hors pair, truffes, cèpes, foie gras, dont la seule évocation est un exercice de style dans la bouche de la cuisinière et du président (dont on regrette que les dialogues ne soient pas plus nombreux et étoffés), deux amateurs éclairés du pur plaisir sensoriel lorsque celui-ci se transforme en art de vivre.

 

Dans le rôle de président Mitterand, Jean d'Ormesson est sans nul doute la surprise de ce long métrage réussi et délicieusement gourmet. Il incarne le personnage qu'il a souvent combattu sans afféterie inutile et avec ce qu'il faut de retenue et de solennité. Quant à Catherine Frot, elle retrouve avec ce morceau de choix une interprétation à sa mesure. Elle est légère, lumineuse, juste, et se révèle une fois encore notre meilleure actrice française, à la hauteur de la cuisine qu'elle incarne. Rien que pour elle, je serais allée voir le film. Un moment à goûter et à savourer, seul ou en famille. Encore un bon cru 2012.

 

Pour prendre connaissance des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer    ICI

 

Et pour consulter l'article consacré à Catherine Frot, cliquer sur son titre :     CATHERINE FROT

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

  

LES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENT
LES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENT
Partager cet article
Repost0
27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 08:54

 L-affiche-du-film-de-la-semaine-Bowling_portrait_w674.jpg    

 

   

Ce sera, à n'en pas douter, un des succès de l'été : 700 000 entrées minimum, le million si l'été est pourri dans le Finistère et alentour. Bowling emprunte aux Ch'tis son caractère régionaliste, son hyper-localisation : Carhaix, patrie des Vieilles Charrues. Mais qui est donc l'auteur, cette Marie-Castille Mention-Schaar ?  Une ancienne productrice passée à la réalisation et qui est l'unique cinéaste français(e ) à avoir sorti deux films cette année :  - Ma première fois - qui était aussi la sienne - en janvier et, bien entendu,  Bowling en juillet. Ce n'est pas lui faire offense de dire que Bowling, co-écrit avec un autre ex-producteur, Jean-Marie Duprez, est d'abord un coup de production. Un soupçon de comédie sociale à l'anglaise et  le récit de l'épanouissement tardif d'une bourgeoise parisienne (Catherine Frot en DRH délaissée par son odieux époux) ; en quelque sorte la province contre la capitale avec dialogues en breton et deux vedettes qu'on ne taxera pas de parisianisme abusif : Mathilde Seigner et Catherine Frot. Le scénario a certes été bâclé à la hâte et la mise en images n'est guère inspirée. Si ce n'est pas tout à fait un nanar, c'est, en tous les cas, un symptôme : le nouveau cinéma moyen français n'a d'autre mission que de divertir. Et il y parvient, parce que l'histoire a un bon goût d'humanisme tout terrain et que les actrices se donnent un mal fou pour tirer vers le haut une bluette sociale pleine de bons sentiments et de maladresses. Que les jeunes cinéastes aillent voir ailleurs, ce n'est pas ici qu'ils trouveront des idées et des innovations, un style et du panache. Mais c'est tout plein gentil, on ne s'ennuie pas vraiment, et je le répète les quatre rôles principaux sont tenus par des personnes charismatiques ; Catherine Frot arriverait à me faire sourire ou à me toucher en me racontant l'accouchement de sa soeur et on connait la présence d'une Mathilde Seigner qui, dans le personnage d'une sage-femme au fort caractère, n'a pas même besoin d'en rajouter : un froncement de sourcil, un sourire, tout est dit.

 

bowling-120718.jpg

 

Que je vous raconte néanmoins l'histoire puisqu'il y en a une et qu'elle est même tirée d'un fait divers : la maternité de l'hôpital de Carhaix, au coeur de la Bretagne, est en péril. Si bien que lorsque la DRH chargée de restructurer les services débarque dans la petite ville, elle est accueillie comme un chien au milieu d'un jeu de quille. Et ce n'est pas là un jeu de mots puisque le sport local n'est autre, en effet,  que le bowling. Malgré l'hostilité ambiante, Catherine la parisienne va découvrir les charmes de la vie provinciale. Elle, qui est cruellement privée d'affection conjugale auprès d'un mari collectionneur qui n'a d'yeux que pour ses statues en ferronnerie et en plâtre, va parvenir à s'intégrer à son nouvel environnement en se familiarisant avec le bowling, loisir qui passionne ses collègues et, ce, d'autant plus que les compétitions entre villes bretonnes approchent. N'est-ce pas le meilleur moyen pour Carhaix d'attirer l'attention de la presse locale et de faire parler d'elle et la façon la plus astucieuse  pour Catherine de se faire accepter de son entourage ?  Si bien que l'esprit d'équipe qui unit  les quatre femmes sur les pistes va également les réunir dans la lutte qu'elles entendent mener pour sauver la maternité. Tout cela est extrêmement sympathique, plein d'énergie et de bonne humeur, il y a même quelques jolis paysages de Bretagne qui défilent sur l'écran et le quatuor est irrésistible, en connivence parfaite avec les personnages représentés qui,  sans nul doute, ont été écrits sur mesure pour elles au point de juger inutile de changer les prénoms. Au final - et afin que la philosophie ait toujours le dernier mot -  il arrive que de simples quilles, une fois unies, renversent les montagnes.  A bon entendeur salut, nous sommes en plein positif.

 

 

Pour accéder à la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS


 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

14335_039_DSC_4050.jpg

Partager cet article
Repost0
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 09:30
JULES ET JIM de FRANCOIS TRUFFAUT

 

 
Troisième film du très doué François Truffaut après "Les quatre cents coups" et "Tirez sur le pianiste", "Jules et Jim", sorti en 1962, est une fantaisie dramatique d'une grande poésie qui va installer définitivement son auteur sur les plus hautes marches du 7e Art français. Inspiré du roman de  Henri-Pierre Roché, qui mourra avant d'avoir pu assister à la projection du film, il est aujourd'hui de nouveau dans les salles en une version restaurée en haute définition par MK2, à l'occasion de son cinquantième anniversaire, ce qui va ravir les cinéphiles peu gâtés par les productions actuelles

 

Jules et Jim sont deux personnages très proches au début du film, leur relation fait même naître certaines rumeurs dans la capitale, toutefois lorsqu'ils partent en vacances avec Catherine (Jeanne Moreau) les deux personnages deviennent distants et leur amitié cède place au trio, tous deux tombant amoureux de la jeune femme. Il existe une part de fatalité dans la première moitié de ce long métrage, lorsque Jules avertit Jim que Catherine sera sa femme et qu'en conséquence il ne doit pas tenter de la séduire ; le spectateur prend alors conscience de l'aspect tragique du film. S'ensuit une période trouble durant la Première Guerre mondiale où Catherine prend des amants et s'éloigne de ses amis hantés par la peur que l'un tue l'autre au combat. Après l'armistice, la complicité entre Jim et Catherine devient croissante, ils aspirent même à avoir un enfant, d'autant plus que le couple qu'ils forment ne dérange pas Jules, celui-ci promettant d'aimer Catherine quoi qu'il advienne. La fougue amoureuse liant les deux amants va toutefois s'estomper progressivement et laisser place à un climat tendu. Catherine menace de tuer Jim. Le pire ne pourra être évité : elle se donnera la mort avec celui-ci en empruntant un pont détruit au volant de sa nouvelle automobile et en négligeant de freiner à l'extrémité de la chaussée. L'auto chute à pic, ne donnant nullement l'impression de prendre son envol, ce qui rend cet instant encore plus pesant. Jules assiste impuissant à la catastrophe.

 

JulesJim-2-f1329.jpg

 

Malgré la fin douloureuse et le climat souvent oppressant, il n'en reste pas moins vrai que ce film poétiquement farfelu reste une variation, une fantaisie sur les aléas de l'amour, la folie des sentiments et l'irresponsabilité affective, ce qui lui imprime cette allure irréelle, lunaire, capricieuse, passionnelle et, au final, bohème. A sa sortie en 1962,  Jules et Jim  fut curieusement reçu par un public sous le charme de cette improvisation géniale, de la musique délicieuse, de l'interprétation remarquable des trois acteurs, Jeanne Moreau irrésistible de grâce et de naturel, Henri Serre et Oskar Werner très convaincants dans leur duo d'amitié que rien ne peut finalement détruire, mais choqué par ce ménage à trois qui s'accorde toutes les libertés et les audaces. C'est une sorte de folie extravagante qui coure tout au long de l'opus comme une ritournelle et dispense ses accents nostalgiques et séduisants selon le rythme répétitif de la chanson interprétée avec talent par Jeanne Moreau.

Une réussite bien sûr et un ton, un style qui vont caractériser désormais l'oeuvre du réalisateur.  A voir et à revoir.

 

 

Pour consulter l'article consacré à François Truffaut, cliquer sur son titre : 
 

FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR

 

Et pour prendre connaissance de ceux de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer   ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Jeanne-Moreau-in-Fran-ois-007.jpg

 

   

JULES ET JIM de FRANCOIS TRUFFAUT
Partager cet article
Repost0
10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 09:09
DE ROUILLE ET D'OS de JACQUES AUDIARD

     

A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, le destin d’Ali croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre, elle est belle et pleine d’assurance. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Lorsque l’un de ses spectacles tourne au drame, Stéphanie se retrouve bloquée à vie dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion ni pitié à revivre. A partir de ce synopsis, qui ne rend nullement compte du  climat  du film, des personnages déglingués s'affrontent et tentent de s'en sortir, l'une de son grave accident professionnel, l'autre parce qu'il s'est fait virer de ses emplois successifs et se retrouve en errance avec son gamin de 5 ans. Un sujet peu enthousiasmant, s'il n'y avait, pour lui tenir la tête hors de l'eau, la présence de Marion Cotillard qui le porte sur ses épaules et me rappelle la Simone Signoret de "Les chemins de la haute ville". Voilà qu'elle me séduit à nouveau après m'avoir tellement déçue dans  "Inception" et quelques-unes de ses récentes apparitionet me rassure sur son potentiel dramatique et l'aisance qu'elle a à montrer les fêlures les plus intimes d'un personnage.

 

Une fois de plus, Jacques Audiard, qui n'a guère l'humour de son père, ni sa fibre comique, se complaît dans un climat glauque, violent, qui ne nous prend pas aux tripes, hélas ! mais nous laisse sur le carreau, malmené par des images chaotiques et brutales, des dialogues qui ne sortent guère de la banalité ordinaire. C'est déjà ce que l'actualité nous sert quotidiennement, alors dommage que le 7e Art se charge de nous la resservir ... en pire. Car tout y est : l'amputation, la maltraitance, l'amour vache, la clandestinité, le chômage, les combats de rue, le sang, la peur, l'abandon, rien ne nous est épargné des noirceurs du monde et des hommes. Mais, je le répète, il y a Marion Cotillard, émouvante, les paupières lasses, la voix cassée, la détresse à l'état pur et l'enfant aux yeux si bleus, innocence immergée dans les eaux glacées d'un lac, scène poignante dans un paysage comme immobilisé sur son irréelle beauté. Pour le reste, une humanité à la dérive qui a bien du mal à nous toucher. A voir si on aime Marion Cotillard.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

image-rcacanxxq408_sh_tournage_film-small.jpg 

 

Partager cet article
Repost0
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 09:49
GARDE A VUE de CLAUDE MILLER

 

Au cœur d'un huis clos situé quelque part en France dans les bureaux de la PJ une nuit de la Saint-Sylvestre, Jérôme Martineau, notaire, interprété par Michel Serrault, s’escrime contre l’inspecteur Gallien (Lino Ventura). Appelé à témoigner sur le viol et l’assassinat de deux fillettes, le notable cynique et sans histoires se transforme en suspect numéro un. L’enquête en elle-même, dont on peut critiquer le dénouement un peu parachuté des cinq dernières minutes, n’est en fait qu’un formidable alibi pour visiter les arrières cuisines d’une petite bourgeoisie de province dévorée par sa médiocrité, sa mesquinerie et son vide humain. Une société que mai soixante-huit n’a pas changée d’un poil : les mêmes sauteries mondaines ankylosées par les mêmes conventions, la même génération de garces bien élevées paradant aux bras des mêmes bons partis  qui les gavent de fourrures véritables et de séjours à Ibiza.

 

Cependant, tandis qu’un Claude Chabrol aurait sans doute montré cela avec une acidité cruelle, Miller filme simplement l’humiliation de Jérôme Martineau tandis qu’Audiard le fait parler, sous la lumière blanche de l’investigation policière. Le hiatus langagier et psychologique qui opposent Martineau et Gallien, chacun « poursuivant son histoire », porte le film à un niveau exceptionnel de tension, triple palier qui peint à la fois une affaire criminelle, une société viciée et le cœur d’un homme anéanti par le désenchantement conjugal. Face à face de deux acteurs prodigieux dans un registre à l'opposé l'un de l'autre, ce film est un formidable suspense qui tient en haleine le spectateur par la qualité des dialogues d'Audiard particulièrement ciselés pour l'occasion,  la tension permanente que l'évolution du scénario fait peser sur ce présumé coupable, d'autant que sa femme, interprétée avec sensibilité par Romy Schneider, ne fait que noircir le tableau et conforter l'inspecteur dans la piste de la pédophilie. Tout concoure en effet à accuser cet homme qui, impudent, provocateur et désabusé, ne fait rien pour sauver sa peau. Son couple n'ayant plus d'issue, sa vie étant un immense gâchis, il s'accuse des deux meurtres pour en finir définitivement, suicide programmé en quelque sorte. On ne dira jamais à quel point Michel Serrault, qui recevra pour ce rôle un second César, est admirable et méritait le compliment d'Audiard d'être le meilleur acteur du monde. D'autant qu'il a fort à faire avec Ventura dont la présence puissante ne se relâche à aucun moment. Tous deux tissent une toile inéluctable où la respectabilité s'enlise à tout jamais, où le discernement ait mis à rude épreuve, où les vêtements peuvent être interchangeables selon les méandres d'une actualité que l'on ne maîtrise plus. Discrète et toute de retenue, Romy Schneider fait une apparition qui force l'admiration par sa densité douloureuse, sa désillusion amère et revancharde, par ce quelque chose d'à jamais perdu ou gaspillé, tandis que Guy Marchand méritait bien son César du meilleur second rôle dans celui du scribe un peu trop réactif qui s'immisce de façon brutale et maladroite dans cette garde à vue. Un film que l'on ne peut oublier avec sa musique lancinante, son décor d'une banalité décourageante et la pluie qui ne cesse de faire miroiter les vitres comme si la fin d'un jour, la fin d'un monde s'était tout à coup réfugié entre les murs poussiéreux de cette PJ.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 



claude-miller-en-six-films-M83491.jpg





GARDE A VUE de CLAUDE MILLER
GARDE A VUE de CLAUDE MILLER
Partager cet article
Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 09:09
MINCE ALORS ! de CHARLOTTE de TURCHKEIM

      

Nina, jeune femme un peu trop ronde, veut maigrir pour plaire à son mari qui n'aime que les minces - et pour cause, ils travaillent tous les deux dans une entreprise de maillots de bain - et ne semble pas, de surcroît, un modèle de fidélité. Il lui offre d'ailleurs, pour retrouver plus librement sa maîtresse, une cure d'amaigrissement de trois semaines à Brides-les-Bains, célèbre station des Alpes dont la réputation, dans ce genre de traitement, n'est plus à faire. Rythmé par des dialogues très drôles, le film est plus subtil que l'on aurait pu le craindre car, à travers les cas de ces hommes et femmes atteints de surcharge pondérale, se cachent de petits maux et de grandes misères engendrés par une société bourrée de contradictions et dispendieuse de diktats impitoyables.

 

imagesCAHMI8RL.jpg

 

A l'hôtel où elle descend, Nina (la charmante Lola Dewaere) va rencontrer Emilie (très convaincante Catherine Hosmalin), une mère de famille enveloppée qui clame volontiers que "Big est beautiful" et qu'elle se fiche de son surpoids comme d'une guigne, mais on découvrira très vite ses coups de blues, ses refoulements, ses angoisses. Il y a aussi Sophie, une avocate marseillaise, campée par la pétulante et irrésistible Victoria Abril qui vient en cure pour se distraire, se chouchouter et trouver des compagnons de passage, affirmant à qui veut bien la croire,  que ces aventures ne sont que des distractions agréables et sans conséquence, ce qui est faux, bien entendu ... Tout cela est assez simpliste, mais Charlotte de Turckheim n'a jamais eu pour ambition de servir le 7e Art, seulement d'amuser un public tout disposé à rire avec des comédies faciles qu'ils auront oubliées dès le lendemain, mais qui leur enjolivent passagèrement l'humeur. L'auteur aborde un sujet sensible avec une moquerie savoureuse, sans vulgarité, ce qui n'est déjà pas mal, et nous montre l'obésité et les problèmes de santé qu'elle génère sous sa face la plus joviale, avec assez de générosité  et de bonne humeur décomplexée pour que chacun des protagonistes s'en sorte avec dignité. Un film qui fait passer un bon moment, bien que la mise en scène soit inexistante, sauvé par sa chaleur humaine, ses réparties et le jeu des actrices, toutes rafraîchissantes. 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

3141332743555.jpg

 

 

Partager cet article
Repost0
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:09

The-Artist-MIchel-Hazanavicius.jpg     


Je me rendais à la projection de ce film avec un à priori favorable, après avoir lu des critiques enthousiastes, ce qui n'est certes pas la meilleure façon d'aborder un film, tant le risque est grand d'être déçue. Eh bien non ! - je ne l'ai pas été, tout au contraire, je suis entrée dans cet opus avec délice, j'ai marché totalement dans cette histoire qui relate les destins croisés de George Valentin (clin d'oeil à l'acteur Valentino, idole des années 1920) et de la sémillante Peppy Miller et nous plonge dans l'âge d'or du 7e Art hollywoodien. Cette évocation, tournée en noir et blanc sur fond musical, sans discours emphatiques, ni vaines paroles - et pour cause c'est un film muet - est une réussite inespérée, une ode poétique à un passé au charme suranné et néanmoins irrésistible. Il fallait oser à l'époque d'un cinéma bavard et provocateur, souvent violent et gâché par les effets spéciaux et un réalisme outrancier, remonter aux sources, revenir au cinéma de nos grands-mères et nous convier à re-visiter les studios d'Hollywood au temps où régnaient Mary Pickford, Charlie Chaplin et Buster Keaton. L'engouement du public d'alors était tel qu'il avait abouti à une guerre commerciale pour le contrôle de l'industrie naissante. En ce temps-là, les salles obscures étaient pleines et on passait du court-métrage ou du film à épisodes aux superproductions de dix à douze bobines qui introduisaient un souffle nouveau dans le récit cinématographique. A la veille du crack de 1929, la mecque du 7e Art était euphorique. La première guerre mondiale, en affaiblissant les concurrents européens, avait assuré la suprématie du cinéma américain. Près de 50 millions d'entre eux fréquentaient les salles obscures chaque semaine et les vedettes de l'écran étaient devenues les nouveaux dieux de cette olympe. Mais en 1924, déjà, la Warner faisait le pari d'adapter la technologie du son au cinéma et, en 1926, la société produisait Don Juan, le premier long métrage sonore d'Alan Grosland avec John Barrymore. Il est vrai que cette innovation était encore loin de satisfaire ses promoteurs et l'endettement de la Warner atteignit un niveau critique. Mais aussi fou qu'il soit, le pari allait  réussir et, en 1928, la Warner, requinquée par le procédé Movietone, se convertissait totalement au parlant. C'est ce moment clé que le réalisateur Michel Hazanavicius a choisi pour toile de fond. Ainsi nous invite-t-il à suivre l'histoire d'un acteur à succès qui se refuse à tenter l'expérience et déclare  que cette révolution se fera sans lui, reprenant à quelques détails près ce que disait Mary Pickford : - "ajouter du son au cinéma serait comme mettre du rouge à lèvre à la Venus de Milo". Le destin de George Valentin est celui que connurent quelques-uns des acteurs légendaires de l'époque. Après avoir été au sommet de leurs carrières, il leur fallut descendre l'escalier de la gloire, vite remplacés par une génération triomphante et convaincue que l'avenir et le progrès leur appartenaient.

 


 uggy the artist 267 251 filled 

 

Cela sera le cas de Peppy Miller, une figurante, qui entrée par la petite porte, va peu à peu monter les marches que George est en train de descendre. Pour ajouter à ce déclin, voilà que survient le crack de 1929. A la désaffection du public s'ajoutent désormais pour George les soucis financiers et bientôt le désespoir, car il n'est plus seulement un acteur fini mais un homme ruiné. C'est ainsi que l'on passe, presque sans transition, de l'ombre à la lumière et vice versa. Je ne vous dirai rien de plus  de ce délicieux mélo qui nous est narré de façon exquise, est truffé de scènes inattendues et de trouvailles comme celle où Peppy, se croyant seule, s'imagine dans les bras de Valentin. Il se dégage une sensualité pleine de poésie qui en dit plus long que la plupart des scènes hard de notre production contemporaine. Et puis, il y a les acteurs : Jean Dujardin, qui a bien mérité sa palme d'or à Cannes et Bérénice Bejo que le film de son compagnon Michel Hazanavicius révèle au public sous le jour le plus séduisant. Elle crève l'écran par son charme - mais il est vrai que tout est charme dans ce long métrage - sa grâce, sa présence, sa pétulance et sa photogénie. N'oublions surtout pas le troisième acteur, tout aussi fantastique, qui à lui seul fait craquer le spectateur : le petit fox-terrier Uggy, amateur de hot-dogs,  qui sait tout faire, même semblant de mourir,  et auquel il ne manque que la parole... a été également couronné d'une Palme : la palme dog. Lorsqu'on a proposé le rôle à Dujardin, celui-ci fut quelque peu interloqué  - : J'avais un peu peur, mais surtout ça m'excitait. Je savais que j'allais être privé de texte, je savais que j'allais être privé de la voix. Ce n'est pas rien ! " Il est vrai aussi qu'à l'époque peu de producteurs misaient sur lui. Il s'était même entendu dire que pour faire du cinéma son visage était trop mobile. Ce défaut allait le servir au-delà de toute espérance pour cet opus où sa mobilité fait merveille. Finalement - ajoutera-t-il - j'ai découvert que le muet était presqu'un atout : il suffit de penser l'émotion pour qu'elle se voie. Aucun dialogue ne vient la polluer. Il suffit d'un rien, un regard, un battement de cil pour que l'émotion soit palpable.


Courez vite voir ce film, c'est un bain de fraîcheur servi par une imagerie et une gestuelle magnifiques, une oeuvre attachante qui nous propose de remonter le temps et où fidélité, délicatesse, élégance et amour sont à l'honneur, ce qui n'est pas si courant de nos jours.

 

Pour prendre connaissance de l'interview accordée par le petit chien Uggie, cliquer sur son titre :

 

INTERVIEW de UGGIE, LE CHIEN de "THE ARTIST"

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


the-artist-2011-21224-1022088894.jpg

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 12:11

adoptes-laffiche-film-melanie-laurent-L-kN6GJA.jpg    

 


Une famille de femmes que la vie a souvent bousculée et qui est parvenue, avec le temps, à apprivoiser les tumultes, où les hommes ont peu de place et qui va naturellement vaciller quand l’une d’entre elles tombera amoureuse. L’équilibre est alors à redéfinir et  chacune  s’y emploiera tant bien que mal. Mais le destin ne les laissera souffler que peu de temps avant d’imposer une autre réalité. La famille se verra alors dans l'obligation de tout réapprendre. La mécanique de l’adoption sera à nouveau sollicitée, forçant les uns et les autres à s'orienter vers d'autres perspectives. Tel est l'argument de cette variation délicate, musique de chambre tout en demi teinte, avec pour fond les nocturnes de Chopin. Ce premier film d'une jeune femme ambitieuse et créative est une bonne surprise, malgré les critique acerbes qu'il a suscitées dans la presse. Certes, l'histoire n'a pas la prétention de renverser l'ordre des choses, mais donne à ces choses leur place modeste entre lumière et ombre, murmure et chagrin, tendresse et inquiétude. La première partie est une vraie réussite : jolies images, douceur des attitudes, charme des actrices toutes trois excellentes : Marie Denardau, la libraire, qui tombe amoureuse d'Alex (Denis Ménochet) quand la pluie offre à celui-ci  l'occasion inespérée de se réfugier dans sa boutique, Clémentine Selarié dans le rôle de la mère, une femme qui a le goût du bonheur et n'impose rien qui ne soit de l'ordre du coeur et, enfin, Mélanie Laurent dans celui de Lisa,  la luthière, qui élève seule son petit garçon, ce qui donne lieu à des scènes délicieuses et très justes sur la relation mère/enfant. Cette poésie du quotidien procure à cette première partie  sa tonalité et voit se succéder de belles images aux savants clairs-obscurs et une suite de scènes de la vie de tous les jours peintes par touches légères et subtiles.

 

La seconde partie, aux inévitables longueurs, où l'une des soeurs, victime d'un accident, tombe dans le coma est encombrée de trop de symboles pas assez lisibles et d'une série de clips qui, ensemble,  alourdissent  le récit et c'est dommage. Toutefois, malgré ces erreurs, et on en a pardonné d'autres plus graves à des metteurs en scène confirmés, ce premier film nous révèle un authentique talent de réalisatrice, que ce soit dans l'ordonnance des séquences, le déroulement du narratif, la conduite des acteurs, Mélanie Laurent sait faire bon usage de ses sources et s'inventer un style qui ne demande qu'à se parfaire.

  

Prix du Jury et du Public au Festival de Saint Jean de Luz

 

Pour consulter la liste complète de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :
 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

adoptes-laffiche-film-melanie-laurent-L-f0KKuc.jpg adoptes-laffiche-film-melanie-laurent-L-FKQWJr.jpg

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche