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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 09:53

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Jean-Pierre Melville, né en 1917, réalisateur, scénariste, adaptateur, dialoguiste, interprète, producteur, décorateur, monteur, est un des très grands du cinéma français et international et compte à son actif plusieurs chefs-d'oeuvre indiscutables. Né à Paris le 20 octobre 1917 sous son nom de famille Grumbach, il est appelé sous les drapeaux son baccalauréat tout juste passé et connaitra les tourments de la guerre qui le marqueront à jamais et ne seront pas sans influencer certains de ses films comme "Le silence de la mer" et "L'armée des ombres". En 1942, il gagne Londres et prend le nom de Melville en hommage à l'auteur de Moby Dick et attendra son retour à Paris, en 1945, pour épouser enfin sa vocation de cinéaste et réaliser son premier court-métrage : "Vingt-quatre heures de la vie d'un clown". Son premier long métrage attendra  1947 et sera une adaptation fidèle du roman de Vercors "Le silence de la mer", réalisé avec un budget réduit mais une qualité de mise en scène toute en retenue, suscitant l'admiration  de Jean Cocteau, séduit d'emblée par son style dépouillé et néanmoins lyrique. Il lui confiera l'adaptation des "Enfants terribles" et peu de temps après le cinéaste, soucieux de jouir d'une totale indépendance, s'empressera  d'acquérir les studios Jenner où il tournera la plupart de ses films. Il lui arrivera également de passer derrière la caméra et d'apparaître dans certains opus tels l'"Orphée" de Jean Cocteau, "Deux hommes dans Manhattan", "A bout de souffle" de Godard ou "Landru" de Chabrol.

 

Mais c'est en tant que cinéaste qu'il va marquer les mémoires et être un modèle et un inspirateur pour la nouvelle vague de talents qui trépigne d'impatience dans l'attente d'enterrer au plus vite le cinéma de papa. D'un naturel indépendant, Melville a su très tôt s'affranchir des règles cinématographiques en vigueur pour inaugurer une forme nouvelle d'adaptation proche du cinéma américain. Avec "Bob le flambeur" en 1955 et "Deux hommes dans Manhattan" en 1958, il restitue à merveille l'ambiance du Montmartre des gangsters ou la nuit new-yorkaise à la façon d'un documentaire et au prix d'une froide stylisation qui sait s'attarder sur les détails et tourner le dos aux péripéties psychologiques. D'où ce fétichisme vestimentaire qu'il impose à Belmondo  dans Le Doulos et à Delon dans "Le Samouraï". "Deux hommes dans Manhattan" n'est en définitive que l'échange permanent des figures du Bien et du Mal, thème récurrent chez Melville. Par ailleurs, "L'ainé des Ferchaux", tiré de Simenon dont l'univers l'attirait, et  "L'Armée des ombres" traitent l'un et l'autre des faiblesses humaines, non sans misanthropie et avec l'ampleur tragique qui est la marque première du réalisateur. Créateur hors norme, le cinéaste se plait à filmer des odes sobrement lyriques et l'ambiguïté de personnages affrontés à la guerre ou au crime, se faisant un devoir de restituer des atmosphères lourdes de sens et d'ambivalence. Trois films sortent du lot de ces belles réalisations par leur force narrative, le contre-emploi d'un acteur - ce sera le cas avec Belmondo dans "Léon Morin prêtre" où Melville joue sur des poncifs vaguement bressonniens, prenant ses distances avec le récit de Béatrix Beck et recourant à la voix off - et du "Silence de la mer", d'après le roman de Vercors, situé sous l'occupation allemande et réalisé avec un budget minime et des techniques certes conventionnelles mais que le réalisateur charge d'une sobre intensité. Enfin le troisième chef-d'oeuvre est sans nul doute "Le Samouraï", le plus beau rôle d'Alain Delon avec celui que lui offrit Visconti dans "Rocco et ses frères", où le personnage est défini par ses gestes plutôt que par sa personnalité. Le scénario avait été écrit par Melville en 1963 et correspond si bien au personnage que rêvait d'interpréter Delon que l'entente se fera d'emblée. L'acteur sera prodigieux dans la peau de Jef Costello, plus proche du loup que de l'homme. Ce sabreur solitaire est hanté par la mort et entièrement requis par sa mission qu'il exécute sans faiblir avec  la froideur implacable et le masque d'impassibilité que Delon saura lui prêter. "Le Samouraï" fixe définitivement une écriture singulière, celle d'un Melville inspiré qui a le goût des figures mythiques et le sens aigu de la tragédie à l'ancienne, dont l'oeuvre a quelque chose de fulgurant et d'hypnotique. Il mourra  le 20 août 1973 à l'âge de 56 ans, quelques mois après l'échec cuisant de son dernier film "Un flic", qui l'avait beaucoup affecté.

 

Pour prendre connaissance des critiques des films du réalisateur, cliquer sur leurs titres :

 

LE SAMOURAI de JEAN-PIERRE MELVILLE

        

LE SILENCE DE LA MER DE Jean-Pierre MELVILLE

 

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JEAN-PIERRE MELVILLE OU L'OEUVRE AU NOIR
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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:24

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Michael Haneke est le fils d'un acteur protestant et d'une actrice catholique né à Munich le 23 mars 1942 et qui a grandi non loin de la capitale autrichienne, étudiant la philosophie puis l'art dramatique à l'université de Vienne. Devenu critique de cinéma, il va bientôt collaborer, en temps que rédacteur à la station de télévision allemande Südwestrundfunk, puis passer à la mise en scène afin de diriger plusieurs pièces du répertoire comme celles de Strindberg, Goethe ou von Kleist. De même qu'il assure des représentations d'opéras à Munich, Berlin et Vienne, avant de débuter derrière la caméra à la télévision. Le voilà définitivement immergé dans la mise en scène et s'exerçant à en maîtriser les multiples aspects. Son premier long métrage sera "Le septième continent" en 1989 qui ne lui apporte pas la notoriété. Pour cela, il faudra attendre "Funny Games" en 1997 qui révèle son style particulier, froid et implacable, le voit dénoncer en clinicien les tares humaines et la barbarie, la désagrégation de la cellule familiale, la violence ordinaire, la culture de divertissement qui foudroie l'autre et les problèmes liés au racisme et au refoulement de l'histoire, autant de sujets qui ne cesseront plus d'inspirer une oeuvre exigeante et difficile. Mais c'est en 2001 avec "La pianiste", qui aborde une sulfureuse thématique sexuelle et n'est pas sans provoquer des vagues au sein de la critique, qu'il reçoit le Grand Prix du jury à Cannes et devient un cinéaste de portée européenne qui compte aux yeux du public. Ses acteurs Isabelle Huppert et Benoît Magimel seront d'ailleurs honorés d'un double Prix d'interprétation. En 2006, de retour à la mise en scène d'opéra, il signe celle de "Don Giovanni" au Palais Garnier, reprise en 2012 à l'opéra Bastille, prouvant, si besoin est, qu'il ne se cantonne nullement dans le seul univers du 7e Art.

 

En 2009, nouveau succès à Cannes où "Le ruban blanc" se voit honoré de la Palme d'or à laquelle Isabelle Huppert, présidente du jury cette année-là, a contribué. C'est la réponse de la bergère au berger. Ce premier film en costumes et en noir et blanc raconte l'histoire d'une société villageoise allemande sombrant dans l'obscurantisme à l'aube de la Première Guerre mondiale. Enfin le jury du Festival de Cannes 2012, le 65ème,  présidé par Nanni Moretti, qui ne se  cache pas d'être un admirateur de Haneke, le couronne d'une seconde Palme d'or avec "Amour", un film sur la déchéance physique et psychologique d'un couple âgé interprété par Emmanuella Riva et Jean-Louis Trintignant et dont le succès sera également au rendez-vous, tant ce sujet difficile sur le douloureux déclin du grand âge est traité avec intelligence et sensibilité. Ainsi Haneke devient-il le sixième réalisateur à être doublement palmé après Coppola, Imamura, Kusturica, Bille August et les frères Dardenne.

 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 10:45

polanski.jpg  8f_1_b_3747_1.jpg avec Sharon Tate

 


Roman Polanski est né à Paris le 18 août 1933 d'une mère russe et d'un père juif polonais. Jusqu'à l'âge de quatre ans, il réside en France avec ses parents avant que ceux-ci ne repartent pour la Pologne où ils seront bientôt contraints de vivre en clandestinité dans le ghetto de Cracovie, ce qui marquera le petit garçon pour le restant de ses jours. Alors que sa mère meurt à Auschwitz, il échappe à la vigilance allemande et survit grâce à l'entraide des habitants. Il a alors dix ans et ne reverra son père qu'en 1945, lorsque celui-ci reviendra miraculeusement du camp de Mauthasen. L'horreur, qui a marqué sa prime jeunesse, sera l'une des clefs de son univers cinématographique. Très tôt, l'envie de monter sur scène l'incite à intégrer une troupe et, après une audition, il est choisi pour tenir le rôle principal dans "Fils du régiment" qui remportera un triomphe national. Le succès va lui ouvrir les portes d'une carrière de comédien, d'autant que sa rencontre avec Andrzej Wajda sera déterminante pour son avenir. Entré à l'Institut du cinéma de Lodz, il réalise successivement huit courts métrages dans lesquels il cultive déjà son goût pour les situations insolites, la violence et le voyeurisme et compose, en 1958, une parabole sur l'absurdité de la vie en société : "Deux hommes et une armoire" et, enfin  "Le gros et le maigre" (1961), satire aux implications sadomasochistes, alors que "Les mammifères" développent une réflexion sur les rapports entre maître et esclave. C'est en 1962 qu'il se lance dans son premier long métrage "Le couteau dans l'eau", dont il conçoit le scénario avec Jerzy Skolimowski. Dans ce huis clos à trois personnages, le metteur en scène prolonge les obsessions déjà contenues dans ses courts métrages et fait planer un climat d'insécurité, mais se refuse à aborder de front la lutte des classes, si bien que l'on va lui reprocher en haut lieu de ne pas faire un cinéma au service de l'Etat et de se rapprocher avec trop de complaisance de l'Occident. D'ailleurs ce film sera très apprécié en Europe et aux Etats-Unis. Si bien que Polanski, désormais à l'étroit dans un pays sous régime communiste, s'exile et entreprend dès lors une carrière internationale. Après avoir participé avec un sketch, aux côtés de Godard et Chabrol, au Les plus belles escroqueries du monde, il réalise en Grande-Bretagne "Répulsion" (1965) et "Cul-de-sac" (1966), deux oeuvres profondément polonaise par leur inspiration, où sévit l'influence du théâtre de l'absurde d'un Beckett ou d'un Ionesco qu'il admire. Ces oeuvres vont, par ailleurs, sceller sa collaboration avec le scénariste Gérard Brach. En 1967, "Le bal des vampires", une parodie du film d'épouvante, le voit cultiver son goût de la bouffonnerie baroque. Il est à l'affiche avec la jeune comédienne Sharon Tate qu'il épousera en 1968. Le cinéaste est alors sollicité par Hollywood pour tourner une adaptation du roman d'Ira Levin "Rosemary's baby". Dans cette histoire de possession démoniaque, le réalisateur voit une transposition de ses propres fantasmes : l'oppression du groupe sur l'individu, l'implacable loi du destin, le pouvoir des sectes, l'immaturité et la frustration du personnage principal interprété de façon magistrale par Mia Farrow. Ce film sera considéré comme l'un des grands chefs-d'oeuvre du cinéma fantastique. Un événement tragique va alors le frapper en août 1969 dans sa résidence californienne : la mort atroce de Sharon Tate, alors enceinte, par des proches de Charles Manson, gourou d'une secte et tueur en série. Le drame aura lieu en son absence et sera lourdement relayé par la presse. Malgré la dépression qu'il traverse, Polanski se remet au travail et quitte les Etats-Unis pour la Grande-Bretagne où il va se lancer dans un "Macbeth" tout empreint du drame qu'il vient de vivre, film qui sera mal compris de la critique et se soldera par un échec. Il tourne ensuite, d'après un scénario original de Robert Towne, un policier conçu comme un hommage au film noir américain "Chinatown" avec Jack Nicholson dans le rôle titre et Faye Dunaway dans celui de la femme fatale, les deux stars se faisant voler la vedette par John Huston dans celui secondaire de Noah Cross. Grand vainqueur au Golden Globes en 1975, le film ne récoltera pas moins de 11 nominations aux Oscars. Mais seul le trophée du Meilleur scénario viendra récompenser "Chinatown", les votants lui ayant préféré le second opus du "Parrain" réalisé par Coppola. Il est vrai que cette année-là, la barre était particulièrement haute. En mars 1977, le scandale provoqué par le viol présumé d'une adolescente oblige Polanski à quitter les Etats-Unis. Naturalisé français, il s'établit à Paris et tourne "Tess", une adaptation du célèbre roman de Thomas Hardy. Le film doit beaucoup à l'interprétation de Nastassja Kinski, alors âgée de 15 ans, à la fois fragile et bouleversante dans le rôle d'une jeune paysanne qui, sous l'ère victorienne, est poursuivie par le malheur. Ce film croulera sous une avalanche de prix dont 3 Césars et 3 Oscars en 1980 et 1981.

 

Le cinéaste s'engage ensuite dans une voie hitchcockienne avec "Frantic" (1988) qui lance l'acteur Harrison Ford dans un suspense d'espionnage situé à Paris et qui recevra un accueil favorable, contrairement aux opus suivants : "Lunes de fiel", "La jeune fille et la mort" et "La Neuvième Porte" qui ne seront pas épargnés par la critique. En 1989, il épouse en troisièmes noces, Emmanuelle Seignier avec laquelle il aura deux enfants et est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France. Dans les années 1990, il voue beaucoup de son temps au théâtre et à l'opéra, dirigeant pour l'Opéra-Bastille une nouvelle version des "Contes d'Hoffmann" d'Offenbach, puis mettant en scène "Maria Callas, la leçon de chant"qui lui vaudra une nomination aux Molières, tandis qu'en 1997 il supervise la création d'une comédie musicale tirée de son film "Le bal des vampires" qui sera l'occasion d'une tournée triomphale en Allemagne. Enfin, avec "Le Pianiste" en 2002, il revient au cinéma et évoque de manière personnelle ce que furent la barbarie du IIIe Reich et l'occupation nazie dans une Pologne martyrisée. Ce film admirable remportera la Palme d'or du Festival de Cannes cette année-là et sept Césars l'année suivante. Le film sera également 7 fois nominé aux Oscars et gagnera trois statuettes dont celle du Meilleur réalisateur, mais le cinéaste se refusera à se rendre à Hollywood pour les recevoir. Ce sera Harrison Ford qui s'en chargera et lui remettra lors du Festival du Film américain de Deauville. C'est dans son chalet de Gstaad, où il est astreint à résidence après le rebondissement de l'affaire du viol d'une mineure, qu'il accomplira la post production de "The Ghost Writer", honorée d'un troisième César du Meilleur réalisateur, et adaptera "Carnage" pour le cinéma d'après la pièce de Yasmina Reza, film réalisé en France avec le concours de Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly dans les rôles principaux, parachevant une oeuvre singulière et complexe dans laquelle passent les traumatismes d'une génération frappée par l'Holocauste.

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:03

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Né à Brunico en 1953, Nanni Moretti est l'une des personnalités les plus éminentes du cinéma italien. A l'adolescence, ses études secondaires terminées, il se partage entre deux passions : le water-polo et le 7e Art. Très vite, il se met en tête de devenir acteur et réalisateur, de vivre sa vie à tour de rôle, ou de façon concomitante, devant et derrière la caméra car, le plus souvent, il se mettra en scène lui-même. Dès ses débuts vont alterner les interrogations personnelles et intimes et les questionnements d'ordre politique, Moretti s'étant engagé dans ce domaine dès sa prime jeunesse. Son premier long métrage "Je suis un autarcique"  date de 1976. Il y annonce la couleur et affiche déjà ses positions morales et politiques avec une ironie mordante à l'égard d'un certain gauchisme. Toujours est-il que ce premier ouvrage attire l'attention des critiques et va lui permettre d'en produire un second dans la foulée "Ecce Bombo", en 1978, qui raconte les rapports difficiles d'un étudiant avec son entourage. Il y aborde, de façon frontale, l'exacerbation du moi au travers d'un dédoublement acteur/réalisateur et le personnage de Michele, protagoniste que l'on retrouvera par la suite dans plusieurs de ses films comme son double, variation sur un personnage unique, projection cinématographique de Nanni Moretti lui-même, à mi-chemin entre l'introspection autobiographique et l'invention pure et simple. Qu'il soit membre d'une troupe de théâtre, étudiant, cinéaste, professeur de lycée (Bianca),  prêtre (La messe est finie), homme politique jouer de water-polo (Palombella rossa), c'est encore et toujours le cinéaste qui se questionne tout en questionnant le public. Grâce à sa maison de production fondée en 1986, il va également produire et promouvoir de jeunes talents comme Luchetti et  "Le porteur de serviette", film dans lequel il s'attribuera le rôle titre. En 1994, il obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour "Journal intime",  dans lequel il dévoile son courageux combat contre la maladie de Hodgkin, n'éprouvant plus la nécessité d'avoir recours à un double et intervenant désormais en homme public dans le débat politique et en homme privé dans le cadre de préoccupations plus personnelles.

 

Avec "La chambre du fils" en 2001 (Palme d'or au Festival de Cannes), il donne à son héros le prénom de Giovanni qui est le sien à l'état civil, de manière à prouver, si besoin était, que la cloison entre le cinéaste et l'individu est quasi imperceptible. Enfin avec Le Caïman, il brosse un portrait sans concession de la société italienne au moment de la campagne législative de 2006, faisant de son film une satire féroce contre Silvio Berlusconi. Il prend pour argument celui d'un acteur qui, après avoir refusé dans un premier temps, finit par accepter d'interpréter le personnage de l'homme politique. Souterrainement et malgré la diversité des sujets, l'univers de Moretti conserve sa cohérence : celle d'un homme en proie à des interrogations existentielles qui, au-delà même de sa personne, renvoient à la collectivité et dont le propos, dans sa globalité, débouche sur un constat générationnel. En 2011, avec "Habemus Papam", il confirme l'ampleur de son talent et remporte un vif succès critique et public. Avec "Mia Madre" (2015), son dernier opus, il évoque la mort de sa mère et pointe ainsi du doigt la violence de sa propre maladie, s'interrogeant sur la fragilité des choses et de l'humain lorsque ce dernier est saisi par la douleur de la remémoration.

 

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LA MESSE EST FINIE DE NANNI MORETTI      

 

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NANNI MORETTI OU UN CINEMA GENERATIONNEL
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 11:09

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Mort à 76 ans des suites d'un accident de la circulation, Théo Angelopoulos, né à Athènes en 1935, est l'auteur d'une oeuvre personnelle qui se singularise par la force et l'évidence avec lesquelles elle impose l'essence de sa culture, loin des conditionnements qui trop souvent en réduisent la portée. Exaltés par la photographie de Yorgos Arvanitis et la musique d'Helena Karindou, les films d'Angelopoulos témoignent de l'odyssée contemporaine de la Grèce . Après des études de droit, le jeune homme suit les cours de l'IDHEC et devient un proche de Jean Rouch. De retour dans son pays, il est engagé comme critique de cinéma par le quotidien Allagi, publication suspendue plus tard par la junte militaire. En 1965, Angelopoulos commence à travailler sur un long métrage "Forminx Story" qu'il ne terminera pas et, en 1968, tourne un court métrage  L'émission, avant de passer à la réalisation de son premier long métrage "La reconstitution" (1970), dans lequel il analyse les conséquences d'un crime - l'assassinat d'un émigrant à son retour d'Allemagne par sa femme et l'amant de celle-ci - et les répercussions qui s'en suivent. Remarqué par la critique internationale, le film attire l'attention sur le cinéma grec, qui ne traversait pas alors une période favorable.

 

Angelopoulos se lance ensuite dans un projet plus ambitieux, trois films qui constituent une sorte de trilogie de l'histoire de la Grèce contemporaine. "Jours de 36" se situe juste avant l'élection qui conduit le général Metaxas à imposer sa dictature. L'opus évoque la séquestration d'un membre réactionnaire du Parlement, les hésitations du gouvernement et l'assassinat du preneur d'otage qui annonce la répression sévère qui suivra. "Le voyage des comédiens" (1975), présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, reçoit le prix de la Critique et est considéré comme un chef-d'oeuvre du cinéma moderne. Ce film narre l'histoire d'une troupe de comédiens dans la Grèce des années 1939 à 1952 et fonctionne sur le principe de la mémoire collective, naviguant sans entraves dans les strates d'un passé récent et dramatique : la dictature de Metaxas, l'occupation nazie, la Résistance grecque déchirée par ses tendances diverses, la victoire de la monarchie, la guerre civile, la défaite des communistes en 1949 et les élections de 1952. Les membres de la troupe s'expriment d'ailleurs à plusieurs niveaux - tout comme les figures de l'histoire populaire qu'ils interprètent - selon le point de vue historique et l'évolution de la Grèce elle-même. Dans "Les Chasseurs", que le cinéaste tourne en 1977, il évoque, une fois encore, l'histoire politique de son pays et ouvre son opus sur la découverte par des chasseurs du corps d'un combattant de la Résistance : poids de l'histoire, examen critique du pouvoir, théâtralisation à la Bretch de l'insignifiance de l'individu par rapport au groupe, rejet de la narration conventionnelle au profit d'un récit volontairement décousu dans lequel la caméra fixe de longs plans séquence, tels sont les thèmes et les moyens qu'utilise le metteur en scène afin de donner la sensation d'un temps alternatif qui se joue de l'homme. Le pouvoir sera encore au centre du propos d'"Alexandre le Grand" (1980), récit d'un bandit de grand chemin qui tente de régner en tyran en imposant sa propre démocratie, au tournant du XXe siècle. Issu du peuple, il finira par être détruit par le peuple et la métaphore renvoie, non seulement à la figure antique d'Alexandre, mais également au héros de la révolution grecque et au chef de la Résistance face à l'occupant nazi. Ce film obtiendra le Lion d'or au Festival de Venise. Après la réalisation en 1982 du documentaire "Athènes retour à l'Acropole", Angelopoulos commence une collaboration avec le scénariste et poète Tonino Guerra pour "Voyage à Cythère" en 1984. Dans ce dernier film, qui remportera le prix de la Critique internationale au Festival de Cannes, on suit les traces d'un cinéaste qui veut réaliser un film sur son propre père, un ancien communiste qui revient de l'Union soviétique après trente ans d'exil, et qui est devenu un étranger dans son pays natal. A travers la représentation d'une société dans laquelle toute spiritualité semble avoir été bannie, Angelopoulos exprime de façon subtile sa propre désillusion. Une quête d'identité, clairement marquée par l'influence d'Antonioni, remplace l'étude du groupe. Le thème du retour chez soi, marqué par le franchissement d'une frontière, devient une caractéristique des thématiques suivantes du réalisateur. "L'Apiculteur" (1986), ultime voyage d'un vieil homme, magistralement interprété par Marcello Mastroïanni, puis "Paysage dans le brouillard" (1988), voyage de deux enfants égarés à la recherche d'un père imaginaire, poursuivent l'étude d'un monde sans âme qui a perdu ses repères. Dans ce dernier film, Angelopoulos fait référence au Voyage des comédiens  de façon explicite, à travers le personnage d'Oreste qui rencontre les deux héros du film. "Le Pas suspendu de la cigogne", en 1991, est situé aux limites des deux pays imaginaires, au coeur d'un village envahi de réfugiés. Un journaliste pense avoir reconnu un politicien qui avait mystérieusement disparu. Le cinéaste commence là une réflexion amère sur la perte des repères en Europe depuis la chute du mur de Berlin. Puis viendra "Le Regard d'Ulysse" en 1994, odyssée contemporaine où Angelopoulos se met en quête des racines du 7e Art balkanique et évoque une nouvelle fois la tragédie des guerres, développant une réflexion sur le parcours d'un homme, sa vie, ses amours, ses désillusions. Le film sera honoré du prix du Jury et de celui de la Critique internationale au Festival de Cannes. Mais la récompense suprême, Théo Angelopoulos l'obtiendra en 1998 pour "L'Eternité et un jour", où l'on voit un écrivain vieillissant naviguer entre passé et présent et choisir de quitter l'hôpital où il est soigné pour sauver des enfants albanais et qui lui méritera la Palme d'or. Depuis lors, le réalisateur avait encore produit "Eleni - La Terre qui pleure" en 2004.

Ainsi, film après film, Angelopoulos avait-il redonné ses lettres de noblesse au cinéma grec.

 

Sources : Jean Gili

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:30

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Réalisateur, producteur, scénariste, interprète, cascadeur, rédacteur des inter titres, Howard Hawks, né en 1896, est à coup sûr un homme pressé, que tout intéresse. Alors même qu'il est pilote de chasse, puis de course, il s'introduit dans le milieu du 7e Art en acceptant un emploi d'accessoiriste dans les studios de la Famous Players Lasky, avant de revenir à Hollywood en 1922 et de se consacrer à l'écriture de scénarios pour la Paramount. Henri Langlois notera à son propos que ce qui frappe chez lui, c'est à quel point son cinéma devance son temps.  "Son oeuvre, dans son esprit comme dans sa physionomie, est née de l'Amérique contemporaine et se découvre être celle avec laquelle celle-ci puisse le mieux s'identifier et totalement coïncider avec la modernité, dans notre admiration comme dans notre critique". Un de ses premiers films comme auteur à part entière sera Seuls les anges ont des ailes en 1939. Hawks y relate l'histoire de l'aviation civile avec d'autant plus de réalisme et d'authenticité qu'il fût pilote lui-même. Chaque personnage - précisera-t-il - est inspiré par des faits vécus. Celui de Jean Arthur et ses rapports avec Cary Grant sont authentiques. Dans un souci semblable, et au-travers d'une réalisation étonnamment dépouillée, Sergent York, réalisé en 1941, s'attache à explorer un personnage taciturne et méditatif campé par Gary Cooper. Le cinéaste dirige son acteur de manière à dévoiler la part la plus secrète et la plus intime de ce héros. Suivant cette ligne directrice, qui donne à son oeuvre son unité et sa profondeur, Hawks aborde tous les genres car tous le passionne : le film noir avec "Le port de l'angoisse" (1944) adapté d'une oeuvre de Hemingway, ou "Le grand sommeil" (1946) qui met en scène le couple mythique d'alors : Bacall/Bogart. Le western ne sera pas oublié et donnera des films d'une qualité exceptionnelle comme "La rivière rouge" (1948), "La captive aux yeux clairs" (1952), "Rio Bravo" (1959) et même "Hatari" (1962), sorte de "western africain" tourné au Kenya. Enfin la comédie tiendra dans la production si varié de son réalisateur une place non négligeable et des opus savoureux dont "Allez coucher ailleurs" (1949), "Chéri, je me sens rajeunir" (1952) ou le célébrissime "Les hommes préfèrent les blondes" avec Marilyn Monroe (1953). Il ira jusqu'à s'aventurer dans le peplum avec "La terre des pharaons" adapté de Faulkner et dans la science-fiction avec l'étrange "Chose d'un autre monde".

 

Dès 1926, où il réalise un premier classique "Coeurs d'or" avec une inoubliable Louise Brooks, puis son premier parlant "La patrouille de l'aube" (1930) dans lequel il place ses souvenirs comme pilote de la Première guerre, enfin en 1932 avec "Scarface" inspiré des crimes du gangster Al Capone, Hawks frappe le public et la critique par la nervosité de sa mise en scène et son étonnante modernité. Il innove avec un style qui ne cessera plus d'être maintes fois imité, comme cette façon de typer un personnage par un détail ou un tic. Malgré la violence déjà inhérente à ses scénarios, il s'attache à rendre l'action plus saisissante par les innombrables détails dont il émaille ses récits, ainsi une mitraillette, une arme nouvelle à laquelle il donne une dimension terrifiante. Sa forte personnalité ne manquera pas de le mettre, en diverses circonstances, en porte-à-faux avec les producteurs, aussi cherchera-t-il très vite à faire cavalier seul et à se libérer de leur emprise en produisant lui-même, tout simplement. Ainsi devient-il "un auteur de films" en un temps où cette situation est encore rare et impose-t-il sa qualité d'écriture en collaborant fréquemment avec William Faulkner, se démarquant par la même occasion des carcans classiques imposés par les productions de l'époque. Sobre, usant le moins possible des effets de montage ou d'une surcharge de plans, il donne sa préférence aux conflits intérieurs, jouant de l'espace d'où il tire sa force et la noblesse de ses images qui ne manquent ni de grandeur, ni de majesté, et convoque-t-il fréquemment la nature dans sa beauté afin d'ajouter à son narratif la magie poétique. Hawks le déclarait sans vergogne : "Le film moyen parle beaucoup trop. Vous devez bâtir vos scènes, bien les planter, puis laisser le spectateur faire un peu de travail pour qu'il se sente concerné. Tout script qui se lit avec aisance n'est pas bon. (...) Vous devez écrire ce que le personnage pourrait penser : il motive votre histoire. C'est parce qu'un personnage croit à quelque chose qu'une situation se produit, non parce que, sur le papier, vous décidez qu'elle doit se produire." Ses films se suivront et s'enchaîneront selon des mises en scène toujours plus inventives comme dans "Train de luxe" (1934), opus qui repose déjà sur le rythme et la vivacité des dialogues et dont la seconde partie se déroule entièrement dans un train. Le cinéaste s'impose, par ailleurs, comme directeur d'acteurs, révélant à ses débuts une jeune inconnue Carole Lombard ou dirigeant nombre de grandes vedettes de l'univers hollywoodien, comme le sont Gary Cooper, Joan Cawford  "Après nous le déluge", Edward G. Robinson "Ville sans loi", James Cagney "Brumes", ou encore le couple Katharine Hepburn/Cary Grant dans "L'impossible Monsieur Bébé". Ainsi se construit une oeuvre qui figure parmi les plus grandes de l'âge d'or du cinéma américain, impressionnante par sa qualité, son originalité, et plus encore par sa formidable modernité.

 

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LA RIVIERE ROUGE de HOWARD HAWKS      

 

RIO BRAVO de HOWARD HAWKS

 

L'IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE de HOWARD HAWKS

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 11:49

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" La souffrance ne se comprend pas, elle se ressent. elle est affaire de sensation, non d'intellect, de coeur, non d'esprit ".  Abbas Kiarostami
 

C'est au milieu des années 1980, et malgré la défiance du pouvoir islamique, que le cinéma iranien s'est révélé au monde entier grâce au réalisateur Abbas Kiarostami. Avec l'arrivée de Khomeyni en 1979, la Révolution avait fait table rase du 7e Art considéré comme objet de nuisance, aussi les salles avaient-elles été fermées ou détruites et la production mise sous scellés, malgré l'engouement du peuple iranien pour ce moyen d'expression. C'est donc en secret et sous le manteau que, désormais, les cinéastes iraniens allaient travailler, mais on sait combien l'interdit, et la frustration qu'il génère, favorise la créativité. Quand on se souvient que l'Iran d'aujourd'hui fût la Perse de jadis, on saisit mieux l'intérêt de ce peuple pour l'art en général et l'impact de l'image en particulier, capable de ressusciter des pages de l'histoire et de ré-actualiser une culture et une civilisation. Le cinéma de Kiarostami repose sur l'alliage unique de l'exigence réaliste du monde et de l'enchevêtrement complexe d'un récit initié par les déambulations des personnages. L'important de ce voyage dans le temps n'est pas d'atteindre un quelconque but ou d'affirmer un quelconque postulat, mais de le parcourir et surtout de remonter aux sources sans lesquelles le présent n'a pas de sens. A l'époque du Shah, dans les années 1950, existait un cinéma populaire et commercial sur le modèle du cinéma indien qui plaisait à tout le monde sans apporter aucun message, avant que les jeunes cinéastes, apparus dans le sillage de Kiarostami, ne renouent avec un réalisme social critique. Pour contourner la censure, des réalisateurs comme Dariush Mehrjui avec Le cycle (1974), Kamal Tabrizi avec Le Lézard (2004), Mohsen Makhmalbaf avec Le cycliste (1989) se sont intéressés au monde rural traditionnel, aux minorités exploitées, parfois même à la prostitution, et on devine aisément la ruse, le courage et la détermination qu'il leur a fallu pour mener à bien leurs entreprises. Close-up, sans doute le chef-d'oeuvre d'Abbas Kiarostami, montre à quel point la condition des femmes, les inégalités entre riches et pauvres ont engendré de frustrations et de misères que la Révolution islamique n'a aucunement résolues. Ainsi l'exigence artistique alliée à la critique de toute une société sont-elles les composantes du meilleur cinéma iranien et un témoignage engagé contre le totalitarisme des Ayatollahs

 

Dans "Le goût de la cerise"  de Abbas Kiarostami, cette figure majeure du nouveau cinéma iranien, un homme sillonne les routes à la recherche d'une personne qui l'aidera à accomplir son suicide. Mais, à chaque fois l'accomplissement n'aboutit pas, tandis que le cheminement se révèle formateur. Il y a en permanence dans les films de Kiarostami des guides passeurs et des dédales à parcourir, itinéraire en forme d'un labyrinthe initiatique. Par chance, cette oeuvre magnifique obtint la Palme d'or à Cannes en 1997, mettant à l'abri l'auteur d'un toujours possible attentat. Ce qui  n'empêche nullement ses films de subir la censure et d'être parfois interdits de projection dans son pays. Ce cinéma d'exception a heureusement fait école et inspiré une philosophie en action qui replace l'homme face à l'immensité de l'univers et réhabilite la sagesse orientale millénaire. C'est ce rôle de premier de cordée et de visionnaire qu'a su endosser ce cinéaste poète bouleversé par la beauté du monde et cruellement blessé par la perspective de sa propre finitude et des constantes tergiversations de la nature humaine.

 

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ABBAS KIAROSTAMI OU LE LABYRINTHE des SOURCES
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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 09:36
FRANCIS FORD COPPOLA - PORTRAIT


La vocation artistique va se développer très tôt chez le jeune Francis Ford Coppola qui, atteint de la poliomyélite, passera son enfance alité, ce qui favorisera son imagination et l'incitera à bricoler des spectacles de marionnettes et à s'inventer un monde fictif en mesure de faire de lui un créateur à part entière. Fils d'un musicien italien émigré (auteur de plusieurs des partitions de ses longs métrages), le jeune Francis s'initie dès son âge le plus tendre à réaliser des films amateurs avec la caméra 8mm de son père, puis part étudier le théâtre à l'Université de Hofstra avant d'intégrer l'école UCLA et, une fois ses études achevées, à accepter toutes sortes de travaux (films d'horreur, érotiques, montage de films soviétiques ) afin de se familiariser avec les techniques cinématographiques et à vivre en osmose avec cet univers. Mais, bientôt, son évidente facilité à rédiger des scénariis lui permet de se consacrer à des tâches plus nobles comme de participer à l'élaboration de  "Paris brûle-t-il ?" de René Clément et  "Reflets dans un oeil d'or"  de John Huston. En 1963, il passe à la réalisation avec "Dementia 13", un film d'horreur produit par Corman, ensuite avec "Big Boy" (1966), comédie sélectionnée pour le Festival de Cannes, enfin avec "La vallée du bonheur", dernière comédie musicale interprétée par Fred Astaire. Refusant les gros budgets auxquels il peut prétendre, il tourne avec une équipe réduite "Les gens de la pluie"  (1969), road-movie typique de la contre-culture des années 60, où on voit une bourgeoisie en rupture de ban prendre en auto stop un athlète mentalement retardé. La beauté de la mise en scène et la qualité de l'interprétation confirmeront auprès du public l'émergence d'un talent original avec lequel il faut désormais compter. C'est à ce moment qu'il fonde avec Georges Lucas les studios American Zoetrope  basés à San Francisco. Hélas, l'échec de "THX1138"  de Georges Lucas mineront les espérances de Coppola et le contraindront à accepter d'écrire le scénario du "Parrain"  d'après un best-seller de Mario Puzo, mais il pose ses conditions et entend gérer ce budget colossal en engageant Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone et un inconnu Al Pacino dans celui de son fils. Or le coup de poker se révélera être un coup de maître et, "Le Parrain", un triomphe qui assoira définitivement la réputation de son auteur.

 

"Le Parrain 2" ne fera que confirmer le succès du premier opus et les deux oeuvres seront récompensées par l'Oscar du meilleur film et l'Oscar du meilleur réalisateur. Entre temps, Coppola a écrit et mis en scène un film d'espionnage de facture  personnelle "Conversation secrète", qui conte l'histoire d'un homme soupçonné d'être impliqué dans un meurtre, sobre thriller politique sur l'obsession des écoutes téléphoniques en pleine actualité dans les années 70 aux Etats-Unis. Ce film recevra la Palme d'or à Cannes. Ensuite, Coppola va alterner les oeuvres baroques et les études psychologiques, fouillant ses sujets avec la maîtrise qui le caractérise, ainsi "Appocalypse Now" en 1979, vision hallucinée des horreurs de la guerre au Viêt-Nam ou "Dracula" (1992) qui dépasse de loin en richesses et intrigues les nombreuses versions précédentes. Dans le second registre, ce seront "Outsiders/Rusty James" (1983), peinture d'une jeunesse à la dérive qui bénéficie d'une somptueuse imagerie et, à mi-chemin entre ces deux orientations, il faut recenser "Coup de coeur"  (1982), projet modeste sur les peines de coeur d'un couple banal dont le mérite est d'avoir expérimenté, pour la première fois, les ressources des trucages numériques. En 1990, soit seize ans après "Le Parrain 2", Coppola met en scène "Le Parrain 3", conclusion et final de cette trilogie magnifique, où le personnage central est toujours campé par Al Pacino, remarquable. Plus encore que les deux précédents, le troisième volet de cette saga est  une grande réussite, un opéra tragique quasi shakespearien où la vie de Mikaël et de la famille Corleone se déploie avec une ampleur baroque et impressionnante et où Coppola signe un film d'une force peu commune qui sonne comme "Le châtiment d'une justice immanente". Mais, très éprouvé par la mort de son fils, le cinéaste traverse une période difficile où il prend goût à la drogue, devient sujet à des crises mystiques et fait même une tentative de suicide, ne tournant plus alors que des oeuvres moins inspirées comme "L'idéaliste" (1997) ou "Supernova" (2000). Il ne reviendra à une réalisation originale et personnelle que sept ans plus tard avec "L'homme sans âge" (2007), d'après le roman éponyme de Mircéa Eliade. Mais ce film ne sera pas un succès. Cependant, malgré ses passages à vide ou ses changements d'humeur, Francis Ford Coppola n'en demeure pas moins l'auteur de quelques films parmi les plus  innovants de notre époque et peut être considéré aujourd'hui, en cette seconde décade du XXIe siècle, avec son retour à la sagesse et sa barbe, comme le patriarche du 7e Art. D'autant que sa fille assure la relève.

 

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Marlon Brando et Al Pacino

Marlon Brando et Al Pacino

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 09:42
Martin Scorsese ou les clairs-obscurs d'un visionnaire


Fondateur de la World Cinema Foundation, Martin Scorsese, né aux Etats-Unis le 17 novembre 1942, est considéré comme l'un des plus talentueux cinéastes de sa génération, en même temps que l'un des plus controversés. Ses préoccupations marquées par son éducation religieuse se retrouvent dans la notion de culpabilité et de rachat qui font partie de son questionnement et ne peuvent laisser personne indifférent. Soucieux de célébrer l'homme dans sa noblesse et son obscurité, ce fils d'émigrés italiens ne cesse de puiser, dans son enfance, une inspiration partagée entre le pire et le meilleur, la violence et le lyrisme. Etudiant, puis enseignant à la Colombia University de New-York, Scorsese attire l'attention dès ses premiers courts métrages et ses documentaires autobiographiques. Son premier film, en 1970, "Bertha Boxcar" avec Barbara Hershey et David Carradine impose son style et suscite les encouragements de John Cassavetes. En 1973, "Mean Streets", son oeuvre suivante, est acclamée par la critique et lui permet de faire une rencontre décisive avec l'acteur Robert de Niro qui deviendra son alter ego. Cette chronique violente de deux petits malfrats sans envergure résume la vision en clair-obscur et le ressenti d'un réalisateur qu'interpelle en tout premier lieu notre condition humaine. Mais c'est avec "Taxi Driver" qu'il connaît la consécration, recevant la Palme d'or à Cannes en 1976.

 

L'impact de ses films, le cinéaste le doit principalement à l'image, à cette façon très particulière qu'il a de créer une mythologie urbaine qui déforme les corps et les esprits, meurtri les coeurs et qu'il sature de couleurs volontairement agressives. Au centre de ce chaos, un être progressera lentement vers la lumière ou s'abîmera définitivement dans les ténèbres. Ce sera le cas de l'une ou l'autre de ces finalités dans  "New-York, New-York", "Raging Bull", "Affranchis", "A tombeau ouvert", "Casino". Le monde du crime, la mafia, les mégapoles déshumanisées forgent un enfer dans cette approche mystique qui caractérise l'univers du cinéaste. Parfois, au coeur de ce déferlement brutal, des rituels raffinés d'une société privilégiée illustrent comme dans "Le temps de l'innocence" un enfer tout aussi dangereux car trompeur. Robert de Niro prêtera ses traits à plusieurs de ces héros. Selon les voeux du metteur en scène, cet immense acteur saura modeler son corps, tantôt musclé et aminci, tantôt bouffi et vieilli, afin de signifier l'évolution de l'être en proie à une possession diabolique ou aux prises avec une possible rédemption. Lorsque Scorsese aborde le Messie dans "La dernière tentation du Christ", c'est à travers les corps des uns et des autres chargés de symboliser les déchirements des âmes. Par des moyens physiques, une imagerie obsédante, l'oeuvre de Scorsese ne se contente pas de peindre l'homme de son temps et ses malaises sociétaux, il l'inscrit dans une perspective où l'idée de la grâce n'est pas absente et lui accorde des prolongements culturels et historiques, un sens et un rayonnement universel. Ainsi nous invite-t-il en permanence à la réflexion. Leonardo Di Caprio reprendra le flambeau dans des films plus récents comme "Shutter island" et "Aviator". Avec son dernier film, "Silence", Scorsese amorçait, davantage encore, un retour vers le spirituel après plusieurs films davantage grand public où, dans le Japon médiéval, le croyant délivre une profonde réflexion sur la foi dans un désert d'ignorance et de brutalité. Cette oeuvre est celle d'un visionnaire qui ne s'est pas contenté de saisir l'homme de son temps, le plus souvent dans ce qu'il a de pire, il l'a inscrit dans une perspective culturelle et historique afin de lui conférer un statut universel.
 


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Martin Scorsese ou les clairs-obscurs d'un visionnaire
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 10:28
Avec Catherine Deneuve

Avec Catherine Deneuve

Avec Jeanne Moreau

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Luis Bunuel  est né le 22 février 1900, avec le siècle, à Calanda, petite ville de l'Aragon réputée pour son obscurantisme religieux. Aîné d'une famille aisée de sept enfants, il dut subir les durs principes d'une éducation rigoureuse, chez lui et chez les Jésuites auprès desquels il fit ses études secondaires, éducation qui, à l'évidence, ne convenait pas à sa nature rebelle. A dix-sept ans, il commence des études supérieures et obtient un diplôme de philosophie. Il fait alors deux rencontres qui le marquent profondément (et on le comprend) : celles de Dali le peintre et de Garcia Lorca le poète, qui exerceront une forte influence sur ses premières oeuvres cinématographiques. Grâce à l'aide financière de sa mère, il peut, à 28 ans, tourner son premier film, secondé par Dali : "Un chien andalou". Ces débuts prometteurs vont de suite lui mériter l'estime des intellectuels et le succès auprès du public. En 1930, la projection de  "L'âge d'or"  provoque un scandale tel, que le film est retiré du circuit et frappé d'un interdit qui ne sera levé qu'en 1981. Peu après éclate la guerre civile d'Espagne, au cours de laquelle Bunuel ne s'engagera que moralement, en participant à un documentaire pro-républicain  "Madrid 36",  puis il part pour les Etats-Unis où il va s'employer à démontrer aux Américains le danger des films de propagande nazi. Mais son anticléricalisme et son marxisme lui valent des ennuis et des pressions qui vont le contraindre à s'exiler au Mexique. Là, il  reprend sa carrière de cinéaste et réalise  Los Olvidados  en 1950,  "Archibald de la Cruz" en 1955,  "La mort en ce jardin"  en 1956 et  "Nazarin"  en1958, longs métrages qui font référence à Sade, la religion et la bourgeoisie qu'il pourfend de son ironie implacable. De retour en Europe, il se consacre à un long métrage qui compte parmi ses chefs-d'oeuvre "Viridiana".  Avec ce film, il obtient en 1961 la palme d'or du Festival de Cannes, mais n'échappe pas aux remous politiques, diplomatiques et religieux qu'il suscite. Franco qui, dans un premier temps, avait autorisé son tournage et accepté son exploitation, finit par l'interdire dans la très catholique Espagne. Suivront d'autres réalisations, toujours provocantes : "L'ange exterminateur" en 1962,  "Le journal d'une femme de chambre"  en 1964, "Simon du désert" en 1964,   "Belle de jour"  en 1966,  "Tristana"  en 1969. Avec  "Le charme discret de la bourgeoisie",   il obtient l'Oscar du meilleur film étranger et met un terme à sa prodigieuse carrière en 1977 avec "Cet obscur objet du désir".  Il meurt à Mexico le 29 juillet 1983. Le meilleur du cinéma de Bunuel se situe à l'intersection du monde du besoin, symbolisé par la nourriture et le sexe qui sont le lot quotidien de l'existence, opposé à la mise en scène réglée par les conventions bourgeoises et la religion. Le cinéaste s'est plu à montrer  combien la civilisation et les bonnes moeurs ne sont jamais qu'un vernis fragile et que l'homme se rapproche de l'animal à maints égards. Un animal de raison souvent déraisonnable. "Au fond - disait-il - j'ai toujours choisi l'homme contre les hommes".

 

"Viridiana"  est, parmi les nombreux  films de Luis Bunuel, sans doute l'un des plus forts et des plus aboutis. Il est certain que l'on ne sort pas de cette projection indemne. Ce film coup de poing nous interpelle au plus profond de nos doutes et de nos convictions. Iconoclaste, on comprend qu'il ait soulevé la controverse. Bunuel s'y livre, une fois de plus, à l'un de ses règlements de compte envers les siens et les Jésuites qui le formèrent, selon une règle dont il considère qu'elle l'a opprimé au point de gâcher son enfance et son adolescence. Il y aborde également les thèmes qui lui sont chers : l'inceste, l'hypocrisie de l'église, la bêtise et la suffisance de la bourgeoisie, la bestialité du peuple. Tout y passe avec une insolence, une audace à couper le souffle. On prend conscience de l'impact que l'art cinématographique peut avoir lorsqu'il est exercé par un homme de génie. Cela dépasse de beaucoup les résonances de l'écrit. La Cène où le Christ et ses apôtres sont remplacés par des mendiants est l'un des sommets de la provocation. De même que les passages où l'auteur se plait à détruire les objets de l'iconographie religieuse. Dans ce film, comme dans la plupart des précédents et des suivants, il n'hésite pas à décrire avec délectation la puissance étouffante du milieu social, monde originaire qui figure la permanence de l'asservissement auquel aucun d'entre nous n'échappera, milieux si semblables à des systèmes cosmiques indépendants, qu'ils ne peuvent être perméables les uns aux autres et que, s'ils évoluent, ce ne peut être qu'à l'état d'ébauches déjà condamnées. Chez lui, comme chez le marquis de Sade, le bien conduit au mal, son envers, si bien que les tentatives de charité et de bonté sont vaines et n'aboutissent qu'à produire des monstres ou des zombies. Jugeons-en par l'expérience de Viridiana et résumons son histoire pour la mieux comprendre : Viridiana, juste avant sa prise de voile et ses voeux définitifs, rend visite à son protecteur et vieil oncle, Don Jaime, sur les conseils et les encouragements de la Mère supérieure du couvent. Celui-ci vit seul depuis la mort de son épouse survenue la nuit de leurs noces. Or il s'avère que Viridiana ressemble étrangement à cette femme. Troublé par la beauté de sa nièce, Don Jaime n'a plus qu'une idée : la garder auprès de lui. Avec la complicité de sa servante Ramona, il lui fait absorber un somnifère et tente d'abuser d'elle pendant son sommeil. Le lendemain, épouvantée à l'idée qu'il l'a possédée, comme il le lui laisse croire, elle s'enfuit. Mais sur le chemin du retour, apprend qu'il s'est donné la mort. Elle revient alors au domaine - dont elle est l'héritière avec l'un de ses cousins - et décide de renoncer à la vie monastique pour se consacrer aux pauvres. Un soir de fête, les malheureux, qu'elle a recueillis, se livrent à une sorte de bacchanale, se saoulent, pillent la demeure et essaient même de violer leur bienfaitrice. En cherchant à améliorer la condition d'existence de ces pauvres gens, Viridiana n'est parvenue qu'à exacerber davantage leurs pulsions animales. Pulsions de mort et d'anéantissement qui habitent l'homme depuis la nuit des temps. Rien ne vaut rien. Le pessimisme de Bunuel ne lui permet pas d'envisager une quelconque rédemption, même pas une espérance. Puisque, selon lui, l'univers est livré inexorablement au néant. Les scènes carnavalesques et les simulacres n'ont pour but que d'aggraver ce qu'il y a de dérisoire dans tout effort qui tendrait à envisager un possible salut. Dans cette perspective, la perversion se révèle être un dérivatif. L'homme y devient un prédateur et l'assouvissement des riches n'a d'égal que l'inassouvissement des pauvres. Bunuel, s'il admet la valeur symbolique de la religion et des arts, lui reproche de ne proposer aux hommes qu'un idéalisme fallacieux, une vision magnifiée et forcément trompeuse d'eux-mêmes ; le destin humain lui apparaissant comme voué à jamais à sa perte. D'où son ironie grinçante qui n'est pas le désespoir, mais un détachement volontaire et passablement hautain des choses. Le cinéaste entend nous confronter avec  le réel, sans céder à la complaisance. Il est certain qu'un tel film, sorte de  " contre-bible " laisse longtemps dans l'esprit son amer désenchantement.

 

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JEANNE MOREAU    

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LUIS BUNUEL OU LE DETACHEMENT VOLONTAIRE
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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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