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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 08:47

Elles tiennent une place de plus en plus importante dans la galaxie du 7e Art depuis quelques années. Elles sont jeunes, ont de l’ambition, du courage, des idées et entendent bien ne plus jouer les seconds couteaux. En voici quelques-unes qui nous livrent aimablement leurs confidences :

 

Mélanie LAURENT :

 

J’ai toujours voulu être réalisatrice, j’ai passé un bac cinéma, réalisé des courts métrages – dont l’un a été sélectionné à Cannes en 2008 -, et suis devenue actrice. Et ce fut une très bonne école. Puis un jour, j’ai rencontré le bon producteur – Bruno Lévy – qui m’a fait confiance pour réaliser mon premier film. J’avais un trac énorme et une vague de panique. Le premier jour de tournage a été horrible. D’ailleurs, j’ai mis tous les rushes à la poubelle. Mon deuxième long métrage, « Respire », est adapté d’un roman écrit par Anne-Sophie Brasme quand elle avait 17 ans. J’avais le même âge quand je l’ai lu et déjà je voulais faire un film. C’est une histoire sur les pervers narcissiques qui fait écho à des gens que j’ai rencontrés dans ma vie. J’ai mis des années à me remettre de ces personnes destructrices, mais aujourd’hui j’ai presque envie de les remercier au générique. La manipulation, je l’ai tellement vécue en tant qu’actrice… que je ne vais pas user de la même méthode. J’obtiens ce que je veux en passant par la gaieté ou l’amour.

 

Géraldine NAKACHE :

 

C’est Lisa Azuelos qui, sur le tournage de « Comme t’y es belle ! » qui m’a poussée à raconter mon histoire. Je travaillais sur la production de la chaîne Comédie. J’ai tout arrêté, je me suis mise à manger des pâtes et, au bout de six ans, « Tout ce qui brille » est sorti. Avec Hervé Mimran, mon coscénariste et coréalisateur, il y a eu des moments où on n’y croyait plus. Alors le premier jour de tournage a été magique. J’ai été bouleversée par « Les parapluies de Cherbourg » de Jacques Dmy. Je me suis dit que c’était comme ça que je voulais voir la vie au cinéma : enchantée et en couleurs. On commence à savoir que Leïla Bekhti, en plus d’être mon amie, est mon actrice préférée. J’ai aussi une passion pour Catherine Deneuve et j’adore Sandrine Kiberlain. L’an dernier, au Festival de Cannes, au Carlton, j’ai côtoyé Jane Campion déjeunant avec sa copine Nicole Kidman. Je n’ai cessé, hallucinée, de les regarder. Une parenthèse enchantée…

 

Katell QUILLEVERE :

 

Deux personnes m’ont donné envie de faire ce métier : Maurice Pialat quant à 16 ans je suis entrée dans le cycle de ses films et Jean-Henri Roger, l’un de mes professeurs à la fac, une grande figure du cinéma militant. Derrière la caméra, je me suis tout de suite sentie chez moi. C’était comme une évidence, une nécessité. J’ai très vite su que si je ne devenais pas réalisatrice, je serais malheureuse toute ma vie. J’aime le romanesque et tout ce qui peut provoquer des émotions fortes. Pour moi, le cinéma est plus fort que la vie. Je suis très touchée par des parcours de personnes empêchées, tiraillées entre ce qu’elles rêveraient d’être, ce à quoi elles essaient d’échapper et ce qui les en empêche. Pour « Suzanne », par exemple, j’avais lu des témoignages de femmes ayant vécu avec des délinquants – Mesrine ou Vaujour -, et j’ai été impressionnée par leur courage – elles sont capables de conduire des hélicoptères – et en même temps leur grande soumission. Sur un tournage, je m’interdis une certaine forme de violence. Je suis plutôt dans une logique de plaisir quand je travaille, pas dans la douleur. J’aime donner confiance aux techniciens et aux comédiens, transmettre de l’énergie, c’est mieux pour réaliser un film libre et audacieux. Et quand c’est nécessaire, j’essaie d’être un gentil tyran.

 

Audrey DANA :

 

C’est Claude Lelouch qui m’a transmis le virus en me disant : "Toi, tu vas vite t’ennuyer comme actrice et tu passeras à la réalisation". Ce n’était pas le cas, mais peu après, je me suis acheté une petite caméra et j’ai commencé à filmer des couples. Six ans plus tard, je décide de faire un film, non plus sur l’amour mais sur les femmes. Et ce fut le choc, la révélation, je ne me suis jamais sentie aussi bien. J’ai tourné mon premier court métrage alors que j’étais enceinte de sept mois et que je ne pouvais plus bouger à cause d’une hyperlaxité des ligaments. Mais dès que j’étais sur le plateau, je sautais partout. Une vraie pile électrique ! Oui, les femmes m’inspirent : leur complexité et la façon dont elles ont évolué. Pour mon film, j’en ai interviewé une centaine : des gynécologues, des dermatologues, des lesbiennes, des reporters de guerre, des créatrices… Au final, toutes ces femmes sont devenues les onze personnages de « Sous les jupes des filles ».

 

Emmanuelle BERCOT :

 

Je voulais être danseuse, puis actrice. Je me suis plus souvent retrouvée serveuse, puis ouvreuse… Un matin, j’ai eu un déclic, je me suis réveillée en me disant qu’il fallait que je passe le concours de La Fémis pour avoir un métier. Je l’ai réussi et j’ai eu la chance de réaliser un premier court-métrage qui a eu le prix du Jury à Cannes, et un film de fin d’étude « La puce » qui est carrément sorti en salles. Désormais, la caméra fait partie de mon corps, je suis totalement dans un élément que je filme. Et ceux que je filme sont toujours plus importants pour moi que les personnages. J’aime me laisser porter parce qu’ils sont dans la vie. Ma première actrice fétiche a été Isild Le Besco, l’actrice de mes cinq premiers films, elle avait 13 ans sur le premier, je ne pouvais concevoir de tourner sans elle, je n’arrivais à m’exprimer qu’à travers elle, elle était un peu mon double. Aujourd’hui, c’est Catherine Deneuve. Avoir pu tourner avec elle « Elle s’en va », est l’une des choses dont je suis le plus fière dans ma carrière. Mon prochain film « La tête haute », dont le tournage démarre en juillet, sera encore avec elle.

 

Mia HANSEN-LOVE :

 

Mon premier film en tant qu’actrice m’a donné l’envie de passer derrière la caméra. J’avais 16 ans et j’ai été prise sur « Fin août, début septembre » d’Olivier Assayas par le biais d’un casting sauvage. Cela a été une révélation. J’ai compris que ma vocation était de raconter des histoires et de les filmer. Plus tard, en écrivant des critiques aux « Cahiers du Cinéma », je suis passée tout naturellement à l’écriture de scénarios, et tout s’est enchaîné. Ce qui m’inspire, ce sont les gens que j’aime. J’ai envie de les filmer, de faire leur portrait, comme un peintre. Mon dernier film « Eden », raconte l’histoire de mon frère quand il était D.J. dans les années 1990. Son parcours est aussi celui d’une génération. J’aime les actrices au charme naturel, comme Greta Gerwig que j’ai fait tourner dans « Eden », ou Julie Gruntvig Wester. J’admire aussi beaucoup Isabelle Huppert pour sa féminité, son intelligence et la force de ses choix.

 

Axelle ROPERT :

 

Je voulais devenir romancière, mais je me suis aperçue que le récit romanesque passait mieux aujourd’hui au cinéma que dans la littérature. Alors, vers la trentaine, je me suis tournée vers l’écriture de scénario. Quand j’ai découvert l’énormité des moyens déployés sur le tournage, j’ai eu un sentiment de panique absolue et de grande excitation. J’étais face à une machinerie et à une équipe de garçons en casquette et baskets devant laquelle il fallait que j’assure. Ce qui m’inspire est un récit excitant avec des enjeux passionnels qui appelle une mise en scène. Mais je suis très loin de l’école actuelle qui est de mettre en scène ses tripes ou sa vie privée. Ingrid Bergman est pour moi la plus grande, belle et singulière actrice. Et j’aime aussi les comédiennes françaises un peu mystérieuses comme Delphine Seyrig, Isabelle Huppert ou Valérie Benguigui et Louise Bourgoin. Ce que je m’interdis toujours sur un tournage : l’hystérie. Je suis d’une nature très angoissée mais aussi très pudique.

 

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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
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commentaires

voyance gratuite en ligne par mail 10/11/2015 17:18

Je suis vraiment fière de vous découvrir, votre blog est vraiment super ! J’aime bien son interface, et j’ai trop adoré le contenu aussi. Surtout continuez ainsi !

Alain 16/11/2014 21:35

J'aime cet article et la place que vous donnez aux réalisatrices. Cette nouvelle vague finira par s'imposer au cinéma. J'en suis certain. Je voudrais que la vague s'étende partout ailleurs, mais là, je reste un vieux rêveur ! Bonne soirée Armelle; À bientôt.

armelle 17/11/2014 14:38

Cher Alain,
J'espère voir le dernier Mélanie Laurent dont les critiques sont dans l'ensemble très positives. J'avais déjà apprécié "Les adoptés" qui laissait présager un vrai grand talent. Et, à l'évidence, il se confirme. Je renonce au Ozon qui n'emballe aucune de mes amies et nous allons souvent au cinéma entre femmes. C'est notre moment de détente. Je comprends bien que la santé de votre mère vous préoccupe beaucoup. Ce sont des moments très difficiles. J'ai connu cela avec mes parents qui sont morts à 15 mois d'écart. Mon père n'ayant pas survécu à son chagrin.
Il parait que le spectacle de la Tosca est magnifique. Une de mes amies a un abonnement et a été emballée. Je le considère comme l'un de mes opéras favoris avec ceux de Mozart.
Très belle soirée et à bientôt.

Alain 17/11/2014 14:15

Comme vous chère Armelle, Mélanie Laurent n'en finira pas de surprendre. Son dernier film "Respire" m'a mis chaos, et je serais très attentif à votre opinion si vous pouviez le voir. J'aime aussi son engagement, le lancement financier qu'elle mis en place avec Cyril Dion sur le net qui a dépassé toutes ses espérances. Et ce, pour la réalisation d'un documentaire sur la situation environnementale, et les solutions qui pourraient être envisagées pour l'avenir des enfants. Il y a aussi Zabou Breitman qui me séduit au plus haut point. Je monte à Paris prochainement pour la nouvelle production de Tosca et L'enlèvement au sérail. Ce dernier étant mis en scène par Z. Breitman. Je mets cette folie sur le compte de mon cadeau de Noël. Il n'y a pas de mal à se faire plaisir. Même si, vous vous en doutez, les difficultés se multiplient ici avec toutes les complications dues à la santé de maman de plus en plus défaillante. Je me lance, et revendrai mes places sur le net si impossibilités. Mais je vous avoue qu'il y aurait un pincement au cœur. J'attends Margot, Erwan et Edmée que "j'ai en charge" cet après-midi. Nul doute que vos amis aquatiques seront assaillis de questions. Bonne journée. À bientôt.

armelle 17/11/2014 09:26

Oui Alain, je pense utile que les femmes apportent un éclairage nouveau, le leur, sur ce 7e Art très masculin jusqu'ici. Elles ont été des interprètes magnifiques et inspirantes, à elles de devenir des réalisatrices qui ouvrent des perspectives encore inédites. Je mise beaucoup sur Mélanie Laurent.

Louisette 05/06/2014 18:23

Bel article, interressant, bonsoir belge

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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