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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:47
Orgueil et préjugés de Joe Wright

Dans un petit village d’Angleterre, sous le règne de George III, Mrs Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L’arrivée de nouveaux voisins, Mr Bingley et son ami Mr Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affaires de cœur tumultueuses. Cette dernière découvre l’amour en rencontrant le bel et aristocratique Darcy. Pourtant, tous deux devront passer outre leur orgueil et les mauvaises interprétations qui s’ensuivent avant de tomber dans les bras l’un de l’autre, à la grande surprise des Bennet.

 

 

Qui aurait parié que cette histoire vieille de plus de deux siècles, écrite par une toute jeune fille, Jane Austen, au fond de sa campagne anglaise, puisse traverser les âges et devenir un modèle de peinture sociale, une histoire d’amour indémodable, un miroir de nos passions ? Joe Wright, en adaptant ce roman au grand écran, a su braver  les a priori et affronter un public très divers avec une romance destinée à l’origine à un lectorat féminin.

 

 

 

 

 

 

Les premières images suffisent à balayer les réticences et à entraîner le spectateur, pendant plus de deux heures, dans le courant d’une histoire qui ne cesse de nous rendre les complices des rebondissements du cœur des deux protagonistes. Des images au bord de la perfection, des comédiens dont le jeu nuancé nous révèle les affres de leurs doutes, de leurs inquiétudes, de leurs émotions au long d’un récit qui casse les codes habituels, voilà de quoi retenir sur son siège le spectateur le plus hésitant. La caméra sait interroger les regards, baigner dans de savants clairs-obscurs les scènes d’intimité familiale, nous promener dans les paysages bucoliques de la belle campagne anglaise, nous mêler à l’effervescence des cinq sœurs, enfin nous convier à être les témoins de la difficulté d’être femme à une époque où elles étaient contraintes, pour ne point connaître la misère, de faire un mariage de raison.

 

 


Joe Wright a su rendre la finesse et la complexité du roman dans une réalisation délicate, s’appuyant sur son sens de l’image qui utilise le moindre détail, le moindre changement de plan, les situations les plus complexes afin de captiver le spectateur. En signant cette seconde adaptation du roman de Jane Austen, il nous offre une fresque somptueuse où l’esthétique n’étouffe jamais le sentiment, restituant à l’œuvre sa densité, sa fraîcheur, sa richesse psychologique et assurant ainsi la victoire de cet amour  transgressif.

 

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 12:14
La La Land de Damien Chazelle

Comme on aimerait que, soudain, dans les embouteillages quotidiens de Paris, les gens sortent spontanément de leurs voitures pour se mettre à chanter et danser sur les airs de jazz que diffuseraient leurs radios et que la cauchemar devienne rêve … C’est ainsi que débute le très plaisant film de Damien Chazelle « La La Land » qui est en train de rafler toutes les récompenses de ce début d’année, dont 7 Golden Globes et déjà 14 citations pour les prochains Oscars. Après "Whiplash », le cinéaste nous propose aujourd’hui une comédie musicale pleine de fraîcheur, un brin nostalgique lorsqu’elle évoque les charmes d’antan et leurs sonorités auxquels l’opus fait abondamment références et la réalité d’aujoud’hui liée davantage au spectaculaire et  à l’éphémère.

 

Sébastien (Ryan Gosling) et Mia (Emma Stone) habitent Los Angeles et attendent que leur vie prenne enfin une tournure professionnelle. Elle est serveuse dans la cafétéria d’un grand studio d’Hollywood et multiplie les auditions pour tenter de devenir comédienne ; lui est pianiste de jazz mais sa carrière stagne car on ne le trouve pas assez moderne, trop attaché à un jazz jugé classique et démodé. Ils se rencontrent  et bientôt comprennent qu’ils sont faits l’un pour l’autre, que leurs dons et leurs aspirations ne peuvent que les mener à une réussite justifiée. Ce qu’ils feront aux dépens de leur bonheur.

 

Oui, ce film évoque avec subtilité la difficulté qu’il y a à mener de front  l’amour et la réussite professionnelle, l’art et la vie quotidienne, tant il est vrai que l’on sert difficilement deux maîtres et que le succès de l’un joue trop souvent de façon négative sur les aspirations de l’autre. Si cet opus n’est pas sans rappeler le « Café Society » de Woody Allen, film plein de charme lui aussi, il s’en démarque pour la simple raison que la façon de raconter de Damien Chazelle sait se faire personnelle et use d’une énergie positive qui marquait déjà son premier opus « Whiplash ». Oui, Chazelle a un ton, un narratif qui lui est personnel et enchante le spectateur car il s’exprime dans l’élégance des images, le jeu d’acteurs parfaitement dirigés, le savoureux mélange des genres entre fantaisie et réalité. Il y a là un tourbillon éloquent de sons, de couleurs, de sentiments, d’actualité et de retours vers le passé parfaitement dosé.  De plus, la bande sonore est de grande qualité et les acteurs époustouflants de grâce, de charme et de fantaisie. Emma Stone, que je n’appréciais guère à ses débuts, est ici transformée, délicieuse de spontanéité, d’émotion face à un Ryan Gosling délicat, élégant, tous deux chantant et dansant avec enthousiasme. On peut sans doute regretter qu’il  n’y ait  pas davantage de numéros de danse, mais je pense que cela n’aurait pas apporté grand-chose de plus au film et n’oublions pas que Emma Stone et Ryan Gosling ne sont ni Fred Astaire, ni Cyd Charisse. Mais ainsi conçu et réalisé, l’ouvrage est une réussite, ne serait-ce que parce qu’il est euphorisant, dénué de toute vulgarité, qu’il charme le spectateur par son contenu et ne cède jamais à la mièvrerie. Aussi, apprécie-t-on de passer deux heures aussi plaisantes à contempler autant d’images belles et à entendre autant de musique envoûtante.

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 10:57
Sully de Clint Eastwood

Le 15 janvier 2009, deux minutes après avoir décollé de l’aéroport de LaGuardia, à New York, l’Airbus A320 du vol 1549 de la US Airways est percuté par une formation de bernaches du Canada, bêtes semblables aux oies, qui met ses deux réacteurs hors d’usage. Aux commandes de l’appareil, le commandant Chesley Burnett Sullenberger, 59 ans, assisté de son copilote Jeffrey Skiles. Chesley dispose de très peu de temps pour réagir. Renonçant à se diriger vers un des aéroports de proximité alors que son avion perd de la vitesse et survole la ville, il choisit l’option, réputée très dangereuse, de l’amerrissage sur le fleuve Hudson. Bien lui en prend : cette décision d’expérience et d’instinct sauve les cent cinquante passagers, les cinq membres de l’équipage, ainsi qu’un nombre inconnu d’habitants d’une mort certaine si l’avion s’était abîmé sur un immeuble, renouvelant le cauchemar, encore très prégnant dans les mémoires, des attentats de septembre 2001.

 

 

Les médias et le grand public ont immédiatement célébré le ­héros mais on sait moins, en revanche, que le commandant Sullenberg a été soupçonné de n’avoir pas pris la bonne décision, celle de revenir à l’un des aéroports les plus proches. De ce fait, il  a été un moment soupçonné d’être  inapte à poursuivre sa carrière par la commission d’enquête du Conseil National de la Sécurité des Transports. Nous assistons ainsi aux auditions qui ont eu lieu à plusieurs reprises à l’issue du sauvetage. C’est à cette procédure, en tant qu’elle est dialectiquement liée à l’héroïsme du personnage, que s’est intéressé Clint Eastwood dans "Sully", procédure qui confère à son film tout son intérêt et donne à l’acte héroïque de ce pilote une dimension légendaire. En effet, US Airways cherche un responsable pour rembourser les frais matériels d'un Airbus irrécupérable et le réalisateur pointe ainsi du doigt la primauté universelle qui place l'argent au-dessus de la vie, faisant de son film une réflexion sur la valeur humaine lorsqu'elle défie les basses contingences matérielles. 

 

Admirable reconstituée, cette page extraordinaire de l’aviation américaine nous est contée sans rien omettre de la tension du commandant de bord et de son co-pilote, de la rapidité de réaction des divers sauveteurs, du sang-froid du personnel naviguant et de la miraculeuse présence d’esprit de tous ceux qui ont participé à ce sauvetage hors normes. Nous avons l’impression de vivre en direct cette épopée qui a stupéfié, à l’époque, la planète entière. Qui ne se souvient des toutes premières photos des rescapés attendant les secours, groupés, grelottants et terrifiés sur les ailes  de l’avion à demi immergé dans l’eau glaciale de l’Hudson ? Car cet accident a eu lieu en janvier par des températures avoisinants les moins 20°, ce qui a fait dire au copilote que s’il devait le revivre, il choisirait le mois de juillet. Trait d’humour qui clôt cette aventure incroyable, admirablement remise en image par la caméra de Clint Eastwood. Une nouvelle fois, l’acteur-réalisateur nous offre un opus enthousiasmant que l’on suit avec une attention et un intérêt qui ne se relâchent jamais. Une réussite totale autant sur le plan de la reconstitution que sur celle de l’interprétation. Un Tom Hanks très à l’aise dans son habit de pilote. Une seule réserve : il est préférable de ne pas voir ce film à la veille d'un embarquement.

 

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Sully de Clint Eastwood
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 08:54
Genius de Michael Grandage

Maxwell Perkins (Colin Firth), éditeur à New-York, a le don pour flairer les grands auteurs. Il publie Francis Scott Fitzgerald, puis Ernest Hemingway. Un jour, le jeune Thomas Wolfe (Jude Law) franchit sa porte avec un imposant roman qui a été refusé par tous mais qui semble bien marqué du signe du génie. Une amitié inattendue va naître entre ces deux hommes qu’une seule chose rassemble : l’amour des mots.

 

 

Une histoire vraie que Michael Grandage conte sans innover mais avec une sensibilité de bon aloi. Si Jude Law a tendance à cabotiner en interprétant cet écrivain torrentiel et insupportable, histrion non dénué de génie qui stigmatise les écrivains tourmentés, Colin Firth est, comme à son habitude, d’une grande sobriété et joue avec beaucoup de naturel un homme déchiré entre sa vie privée et son métier d’éditeur qu’il assume comme un sacerdoce. Ce film est en quelque sorte un hommage à l’art littéraire, à la puissance poétique des mots qui transfigure le réel et nous donne à voir un monde où l’exigence est toute entière focalisée sur la transmission et la transposition. Un régal. 

 

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 07:40
Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick

William et Alice forment un couple idéal : beaux, riches, ils s’aiment et vivent à Manhattan où ils fréquentent la haute société. Mais cédant à la jalousie, le couple glisse progressivement dans une errance initiatique et inquiétante et va se laisser happer par un milieu ambigu, un univers social tissé de faux-semblants et traversé de scènes ésotériques où se dilue progressivement la réalité des choses et permet au metteur en scène de  créer un climat d’une étrange intemporalité. Tout l’intérêt de l’opus est de placer le spectateur dans une constante et progressive expectative.

 

 


Kubrick s’accorde une grande liberté de ton et d’images comme dans les écrits freudiens et laisse la part belle à l’imagination et à l’interprétation de chacun des spectateurs. « Eyes Wide Shut » développe moins une intrigue qu’une ouverture sur un univers des possibles : nous voyons défiler dans un mélange souvent inextricable les séquences réelles et celles fantasmées de perversions diverses, sans que l’un des niveaux vienne prendre l’avantage sur l’autre. L’intrigue est conçue de telle façon qu’elle ne s’oriente jamais dans une direction précise et se contente de suggérer des possibilités d’interprétation : une silhouette inquiétante apparue au coin d’une rue fait écho au polar, tandis qu’une étrange cérémonie de masques s’imprègne de tons fantastiques. Cette composition « en arc-en-ciel » - est rendue possible grâce à la sobriété délibérée de l’esthétique : qu’il s’agisse du code chromatique ou de l’éclairage, généralement intégré au décor, aucun effet ne tombe dans l’outrance et nous autorise d’autant plus aisément  à pénétrer dans l’intimité d’un couple, de mieux comprendre les ressorts intimes de ses actes et de partager l’étrangeté d’un désir ou d’un fantasme, en ayant à l’esprit l’idée que le cinéma est bien l’univers de l’illusion et des mirages et que tous les possibles peuvent y être convoqués.

 

 

Dans des rôles, où ils sont constamment  - et crescendo -  les proies de l’épouvante, Nicole Kidman et Tom Cruise sont très convaincants.

 

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Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:48
CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN
CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN

 

Avec ce nouveau film, qui ouvre le Festival de Cannes 2016, Woody Allen nous prouve, si besoin était, qu’il n’a perdu ni l’inspiration, ni l’élégance, ni l’humour, ni la nostalgie qui ont baigné la quasi-totalité de son œuvre. Une fois encore, le cinéaste traite avec légèreté des choses graves et le charme puissant qui traverse sa filmographie ne cesse de l'enluminer avec bonheur. Est-ce la raison qui fait dire à certains grincheux qu'il réalise toujours le même film ? Mais tout grand artiste, qu’il soit écrivain, musicien ou peintre, ne fait jamais que creuser en permanence le même sillon. Ainsi est-il facile de trouver des points communs avec certaines de ses oeuvres précédentes : "Radio Days", "Manhattan", "Celebrity" ou "Stardust Memories", clins d’œil habiles adressés au passé. Et comment envisager l'avenir sans convoquer le passé ? Woody le sait mieux que personne.


 

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer. Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ( excellent Jessie Eisenberg ) ne tarde pas à tomber amoureux de la jeune et ravissante secrètaire de son oncle ( Kristen Stewart ). Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de … coeur. Mais de nouvelles difficultés vont subvenir pour contrarier ses espérances et décider de sa vie…autrement.
 

 

Outre les années 30, décennie sacrée pour le réalisateur, et le jazz New-Orléans dont on sait combien il l'apprécie, Woody reprend  nombre de ses thèmes favoris : le juif new-yorkais, la sculpturale et tendre californienne, la délicieuse atmosphère d’un passé révolu. Chacun des personnages est conscient qu’il ne laissera pas de trace dans ce beau monde clinquant, aussi s’en remet-il à ses rêves qui expriment sans doute le meilleur de lui-même. "Dreams are dreams" se répète Bobby comme pour mieux s’en convaincre. N’est-ce pas Woody lui-même qui, méditant sur sa fin prochaine, est conscient que la poésie de l’inaccessible est ce qu’il y a en nous de plus persistant et de plus vrai. Soulignons à ce propos combien la photographie de Vittorio Storaro est pour beaucoup dans la réussite de « Café Society », oeuvre d'un magicien de l'image. Chaque plan est une merveille, d’une richesse époustouflante en matière de lumière, de couleur et de contraste. Et la même poésie se dégage de chaque scène, comme si les protagonistes baignaient dans un univers fantasmagorique. Et je n'oublierai pas la musique jazzy merveilleuse et les acteurs : la formidable prestation de Jessie Eisenberg toute en nuance et en finesse, la grâce délicate de la très jolie et charismatique Kristen Stewart qui illumine la pellicule, et les silhouettes hautes en couleur des personnages secondaires qui parcourent le film et lui confèrent sa réalité tangible, dont Ben, le beau-frère de Bobby, ce mauvais garçon qui a la gâchette facile et tue sans atermoiement, l'autre beau-frère qui se sent en permanence responsable de son prochain, enfin le père qui bougonne constamment contre le silence de Dieu - (mais pas de réponse, c'est déjà une réponse). Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres encore, « Café Society » ne peut être réduit à un simple prolongement de l’œuvre de Woody Allen, mais bien à une forme de renaissance, conduite de main de maître  par un expert du 7e Art et un homme aux nostalgies d’une incontestable poésie. Cela, pour notre plus grand bonheur. Courez voir ce petit bijou. Vous ne serez pas déçu.

 

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Et pour prendre connaissance de l'article consacré à ce réalisateur, cliquer sur son titre 

 

"Woody Allen, un génie touche à tout"

 

 

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CAFE SOCIETY de WOODY ALLEN
Jessie Eisenberg, Kristen Stewart et Woody Allen
Jessie Eisenberg, Kristen Stewart et Woody Allen

Jessie Eisenberg, Kristen Stewart et Woody Allen

l'actrice Blake Lively avec Jessie Eisenberg et Steve Carrel
l'actrice Blake Lively avec Jessie Eisenberg et Steve Carrel

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 09:12
La liste de Schindler de Steven Spielberg

«La liste de Shindler»  est l’histoire authentique d’Oskar Schindler, homme d’affaire autrichien, qui profita, dans un premier temps, de la guerre et de la main-d’œuvre juive à bon marché pour en tirer profit. Mais prenant conscience du génocide qui se préparait et de la barbarie nazie, il va changer son fusil d’épaule et mettre tout en œuvre pour sauver le maximum de personnes ( plus de mille ) condamnées à l’extermination dans le camp de Treblinka.

 

 

A partir de cette bouleversante histoire, Steven Spielberg bâtit un film inoubliable, le plus beau sans doute sur la shoah, son chef-d’œuvre, film qui ne reçut pas moins de 12 nominations aux Oscars dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur et qui nous pétrifie d’émotion tellement il touche juste et profond... Conscient de réaliser le film de sa vie, Spielberg oublie l’insouciance de son cinéma habituel (Jurassic Park par exemple) pour livrer un constat implacable sur l’une des périodes les plus noires de l’humanité. A travers le destin d’Oskar Schindler, Spielberg filme le travail souterrain d’un homme touché par la bienfaisance au milieu de la cruauté et de la brutalité absolues de l’Allemagne nazie, en évitant judicieusement les pièges du pathos. Servi par un noir et blanc brumeux, presque fantomatique, tout en contraste, qui convient particulièrement à la dramaturgie du sujet, le réalisateur a opté pour un narratif quasi documentaire qui sait  doser une violence à la fois latente et insoutenable. Oui, Spielberg cesse d’improviser avec sa caméra, comme il se plaît si souvent à le faire, et ne retient, en l’occurrence, que la grammaire cinématographique qu’il maîtrise à la perfection. A cette (rare) occasion, il laisse les événements  parler d’eux-mêmes, se contentant d’une rigoureuse mise en images, cela avec une austérité dont on ne peut que le féliciter. Il en résulte un témoignage d’un réalisme poignant, servi par une musique belle et des acteurs remarquables de vérité et de tempérance. Saluons au passage la performance de Liam Neeson en tout point admirable. Un film à voir et revoir car il est une leçon d’humanité face à la barbarie, barbarie qui est, hélas !, toujours d'actualité. Une palpitante lumière au plus profond des ténèbres.

 

 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 10:06
Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell

"Coup de foudre à Notting Hill" se présente comme un habile brassage de style entre "Quatre mariages et un enterrement" et "Pretty Woman". Du premier, il reprend le producteur, le scénariste, le directeur de la photographie, l'acteur principal Hugh Grant, l'humour très british pratiquant l'autodérision et le fait de mettre en avant toute une série de personnages secondaires dont on nous présente les traits de caractère les plus marqués. Du second, il s’approprie l'actrice principale, Julia Roberts, et la trame de l'histoire, sorte de conte de fée pour grandes personnes où un couple improbable se forme, constitué de deux personnes situées à l'opposé l'une de l'autre sur l'axe de l'échelle sociale. Mélangeant rires et émotions, ce film à l’eau de rose n’a d’autre ambition que d’être  un divertissement léger et sans prétention, susceptible de satisfaire la plupart de ceux qui avaient apprécié les deux films précédents et, en effet, le succès n’a pas manqué d’être au rendez-vous, attirant autant de spectateurs en France qu'un James Bond de la haute époque.



L’un des éléments de ce succès est d'avoir été tourné au sein même d'un des quartiers les plus pittoresques de Londres, le réalisateur Roger Michell restituant parfaitement l'atmosphère si particulière de la capitale britannique et plus précisément le quartier de Notting Hill. Cela ressort d'autant plus que dans le monde d'aujourd'hui la plupart des villes d'Europe se fondent dans un moule de plus en plus stéréotypé concernant leur ambiance, leurs boutiques et les spectacles qu'elles proposent. Le film se cristallise, par ailleurs, sur l’évolution irrésistible des amours de William Thacker ( Hugh Grant ) et d’Anna Scott ( Julia Roberts ), contrariée par la célébrité de l'actrice, célébrité qui l’expose en permanence à être la cible des paparazzi. Le scénario est à la fois une satire de la presse à scandale et une charmante bluette où l'on se demande, sans vraiment s'inquiéter pour eux, comment les deux tourtereaux vont parvenir à vaincre les forces qui les éloignent continûment l'un de l'autre. La peinture aigre-douce et la mise en avant de nombreux personnages secondaires est typique du style du scénariste Richard Curtis. Chaque figure a ses côtés attachants et irritants, à l'image de Spike (Rhys Ifans), le colocataire de William, doté d'un humour plus que douteux. La sœur de William, Honey (Emma Chambers) est une godiche empruntée à souhait, tandis que la personne la plus sensée de l’entourage, Bella (Gina McKee) est clouée dans un fauteuil roulant, mais sait faire preuve d'une vraie joie de vivre. Si l'on ajoute à l'entourage de William, Martin, son employé à la librairie (James Dreyfus), et Bernie, un agent de change gaffeur (Hugh Bonneville), on obtient une joyeuse bande de citoyens ordinaires avec leur vie de tous les jours, leurs travers, leurs émotions et leurs rêves. Tous souhaitent le bonheur de William et ont immédiatement adopté Anna qui force la sympathie par son charme et sa simplicité.


 

Mais le mérite principal de l’opus revient indiscutablement à la présence de deux acteurs qui rivalisent de charme : la délicieuse Julia Roberts qui est alors au faîte de sa grâce et à Hugh Grant, véritablement irrésistible en Roméo de quartier. Devenue culte, cette comédie romantique, aussi convenue qu’elle soit, leur doit l’essentiel de sa séduction.

 

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Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:56
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock

Mark Rutland, un riche homme d’affaires, s’aperçoit que sa secrétaire-comptable lui dérobe de l’argent. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il  découvre peu à peu son trouble passé et lui donne le choix entre le mariage ou la dénonciation à la police.

 

 

En ce début des années 60, Alfred Hitchcock, passionné pour le roman de Winston Graham Marnieengage trois scénaristes successifs pour arriver à l’adapter au cinéma et va proposer le rôle- titre à la princesse de Monaco qui accepte dans un premier temps. Lorsque Grace Kelly finit par y renoncer pour de multiples raisons, Hitchcock offre le rôle à Tippi Hedren qu’il a déjà fait tourner dans « Les Oiseaux ». Et, contre toute attente, il choisit de lui donner pour partenaire Sean Connery, alors connu pour son interprétation de  « L’agent secret 007 ». Malgré l’aspect improbable du duo, le couple fonctionne particulièrement bien et propose une interprétation bien plus moderne que prévu initialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hitchcock reprend ici la formule expérimentée  dans « Psychose »: il débute son film comme une classique histoire de vol afin de captiver le spectateur, avant de faire glisser son œuvre vers tout autre chose un véritable drame psychologique où l’on assiste à la renaissance d’une femme détruite par un traumatisme vécu durant sa petite enfance, plongeant son opus dans un répertoire proprement freudien. D’une grande modernité par l’audace des thèmes abordés (la frigidité, le viol et la puissance destructrice de la libido et du refoulé), ce long métrage bénéficie d’un jeu d’acteurs impeccable, d’une musique percutante de Bernard Herrmann et d’une réalisation subtile et convaincante. Non dépourvu de fulgurances et de lyrisme (les séquences de l’orage ou encore la chute de cheval), ce chant d’amour entre un homme ordinaire et une femme blessée fut néanmoins un échec commercial à l’époque à cause de son caractère inattendu. Aujourd’hui,  « Pas de printemps pour Marnie » compte parmi les films importants de Hitchcock qui, le premier, osait aborder un thème nouveau dans le 7e Art, celui de la psychanalyse. Un bijou du suspense et une intrigue haletante, parfaitement maîtrisée, servie par des acteurs totalement engagés dans leurs rôles respectifs.

 

 

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Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock
Pas de printemps pour Marnie de Alfred Hitchcock
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 10:32
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
Boulevard du crépuscule de Billy Wilder

Billy Wilder nous convie à visiter les coulisses du vieil Hollywood et nous livre, par la même occasion, un chef d’œuvre savamment équilibré et d’une grande liberté de ton pour l’époque. A cela s’ajoute une interprétation de tout premier ordre. L’histoire est celle de Norma Desmond, grande actrice du muet, qui vit recluse dans sa luxueuse villa de Beverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome, qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant...

 


Fidèles compères depuis leurs débuts vers 1942, les scénaristes Charles Brackett et Billy Wilder ont collaboré de façon complémentaire durant les années 40 (le premier intervient comme producteur tandis que le second réalise), signant bon nombre de chefs d’œuvre comme « Assurance sur la mort » (1944) ou « La scandaleuse de Berlin » (1948). Leur  dernière création  constitue l’apogée de leur style, faisant de « Sunset Boulevard », en 1950, l’œuvre la plus marquante sur un Hollywood déclinant et sans aucun doute l’un des meilleurs films de Billy Wilder.

 



Cet opus crépusculaire, à la fois tragique, âpre et caustique, conte avec  subtilité et réalisme la disparition progressive d’un monde balayé par la modernité. Dès les premiers plans, le cinéaste impose son style grâce à des décors gothiques qui semblent d’un autre âge et l’intrusion de la voix off d’un personnage déjà mort. Cette voix d’outre-tombe nous accompagnera tout au long de ce voyage au pays des figures de cire d’un cinéma muet à jamais enseveli. Ainsi entrons-nous dans le monde des  vieilles gloires hollywoodiennes oubliées du grand public qui se murent dans le silence comme dans un caveau. Pour donner vie à ce monde pétrifié, Billy Wilder a eu le coup de génie de demander la participation de vraies stars déchues du cinéma muet. En premier lieu, la volcanique Gloria Swanson qui n’avait tourné qu’un seul film entre 1934 et 1950 et  pouvait ainsi retranscrire à merveille les crises morales de cette vedette oubliée. Non seulement l’actrice n’hésite pas à s’enlaidir et à accentuer les stigmates de la vieillesse, mais elle ose aussi se moquer d’elle-même et  de son propre jeu maniéré et daté. Cet exercice de style, qui tient à la fois de la confession intime et de l’autodérision, touche le spectateur par son incontestable authenticité et sa bouleversante humanité. Les cinéphiles sont également comblés lorsqu’ils entendent  Erich von Stroheim évoquer son passé de cinéaste et ses heures de gloire anciennes.
 



En mettant à nu le tragique désarroi de ces anciennes stars,  Billy Wilder s’en prend à la fois à la vanité d’un monde entièrement basé sur les apparences et règle ses comptes avec un système cruel qui broie les individus au nom de la sacro-sainte rentabilité. Sans jamais faire appel à l’artillerie lourde, sa mise en scène est exemplaire par sa constante fluidité et ses plans-séquences très élaborés servis par un narratif précis et fort bien construit. On ne peut être qu’admiratif devant ce bijou intemporel, sublime par son efficacité, universel par la profondeur de sa réflexion  et l’empreinte que laisse chaque individu malgré l’inexorable passage du temps.

 

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Boulevard du crépuscule de Billy Wilder
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Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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