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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 11:27

                             Metro Goldwyn Mayer (MGM) 


                                                                          

Dans les années 1920, les problèmes divers que posèrent aux équipes de cinéma le passage du muet au sonore ont inspiré l'intrigue de ce film qui n'a d'autre prétention que d'être un parfait divertissement. L'histoire est simple : inquiet de la voix nasillarde de sa vedette, un metteur en scène - sachant son film très attendu - a l'idée de le transposer en comédie musicale. A partir de ce mince sujet, Stanley Donen aura l'intelligence et le talent de se livrer à un travail d'orfèvre. Il commence par choisir des mélodies à succès, un bon chorégraphe et surtout d'excellents artistes, dont certains ont déjà fait leurs preuves dans le music-hall et la scène. Enfin pour jouer les rôles principaux, il pose son dévolu sur Gene Kelly, qui vient de remporter un immense succès avec  Un américain à  Paris de Vincente Minelli, et Debbie Reynolds, âgée alors de 19 ans, et considérée à Hollywood comme l'ingénue malicieuse du moment. Ce film contribuera d'ailleurs à la propulser au rang de star. Il est vrai qu'elle apparaît dans cette comédie rafraîchissante, rayonnante de charme et de fantaisie, et qu'elle ne retrouvera jamais plus un rôle qui lui conviendra à ce point. A côté d'elle et de Gene Kelly, on découvre, lors d'un duo devenu pour les cinéphiles un numéro d'anthologie, une Cyd Charisse qui faisait là des débuts prometteurs. On sait la carrière éblouissante qui fut la sienne par la suite. 

 

 Le film ( 1952 ) se présente donc comme une satire savoureuse des débuts du parlant et, tout au long de son déroulement, nous distille, comme le ferait un bon vin ou une coupe de champagne, une délicate ivresse.  Pas d'état d'âme, mais une bonne dose de philosophie optimiste qui aborde les inévitables tracas de l'existence comme autant d'obstacles à franchir dans l'allégresse. La pluie, elle-même, devient un élément ludique de diversion avec lequel on joue et que l'on accepte en riant. Jamais elle n'a été dans un long métrage une partenaire aussi convaincante, aussi gaillarde et guillerette. Tout est motif à chanson et à danse,  d'où  l'entrain  irrésistible de ce film qui est un remède souverain contre la morosité. Cette gaieté de l'entre-deux-guerres n'est pas sans rappeler celle des années 60. Même insouciance, même légèreté  dans une actualité où rien ne semble devoir peser. C'est frais comme un sorbet, pétillant comme un gin-tonic et se laisse regarder avec délectation.  



" C'était une très bonne idée de faire un film sur la période de transition du muet au parlant. (...) Ainsi au départ, nous ne disposions d'aucune ligne directrice ; aucune vedette prévue si ce n'est Kelly " - dira Stanley Donen en 1963.  Pour réaliser le scénario, Adolph Green et Betty Comden n'hésitèrent pas à travailler dans les cabarets et à se pencher, en vrais professionnels, sur les moindres détails relatifs aux spectacles de chant et de danse. Dans un premier temps, le film devait se présenter comme un remake de Bombshell de Victor Fleming, dont Jean Harlow était la vedette. Mais, réflexion faite, il fut décidé de renoncer à cette idée  pour un scénario totalement original. Gene Kelly, ayant été choisi par Stanley Donen, il restait à trouver la vedette féminine en mesure de chanter et danser avec naturel face à un partenaire de la compétence et de l'envergure de Kelly. Debbie Reynolds ne savait effectuer ni l'un, ni l'autre, mais Louis B. Mayer tenait à ce qu'elle soit la vedette féminine de la comédie musicale, aussi Gene Kelly la soumit-il à un entraînement intensif et épuisant durant 3 mois, à raison de huit heures de travail par jour. Sur le point de craquer, Debbie fut aidée par Fred Astaire qui répétait Mariage royal sur un plateau voisin.

 

Eblouissante comédie, Chantons sous la pluie est, en effet, un film dont chaque instant porte la marque du souci de perfection de ses créateurs. Les centaines d'heures d'apprentissage, d'entraînement et de répétition aboutissent à quelques minutes de pur ravissement. Par ailleurs, le film pose un regard à la fois tendre et ironique sur le cinéma d'autrefois et évoque avec humour les derniers mois du muet et les débuts compliqués du parlant. Les références sont nombreuses et pertinentes. La plus judicieuse est l'utilisation d'extraits de The three Musketeers ( 1948 ) de George Sidney. C'est l'exemple le plus intelligent de ré-emplois, puisque certains plans du film de Sidney s'enchaînent directement avec ceux tournés par Gene Kelly et Stanley Donen. La scène, inoubliable entre toutes, est probablement celle où l'on voit Kelly chanter et danser sous la pluie, pataugeant dans l'eau avec bonheur, sous les yeux médusés d'un agent de la circulation.



L'autre grand moment n'est autre que l'apparition de Cyd Charisse qui danse d'abord avec Kelly comme une vamp, avant de le retrouver peu de temps après dans un club de jeu. Cyd Charisse danse de nouveau avec Kelly alors que sa longue traîne évolue dans l'air au gré d'une soufflerie, puis la jeune femme disparaît et son partenaire retrouve brusquement l'agitation de Broadway, passant du rêve à la réalité sans transition, comme s'il n'y avait pas, à proprement parler, de ligne de démarcation précise entre le vécu et l'espéré.


Ainsi tout fut mis en oeuvre afin d'assurer la réussite de ce film : que ce soit les costumes de Walter Plunkett, les décors, la musique, la précision de la chorégraphie, même la voix de Debbie Reynolds, jugée insuffisante, fut doublée pour les chansons par celle de Betty Royce ; oui, aucun détail ne fut laissé au hasard par une équipe soudée, dont l'ambition était de donner le meilleur d'eux-mêmes et de faire de ce spectacle un époustouflant moment de bonheur. Ils y ont parfaitement réussi et cette comédie musicale fait partie des films-cultes que l'on aime à se passer et repasser sans éprouver la moindre lassitude.

 

 

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CHANTONS SOUS LA PLUIE de STANLEY DONENCHANTONS SOUS LA PLUIE de STANLEY DONEN
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26 mai 2006 5 26 /05 /mai /2006 08:38

George Chakiris. United Artists      VIDEO 1

                  VIDEO 2

                   

 

West side story est dans le genre " comédie musicale" le chef -d'oeuvre absolu.  Adaptation d'un spectacle créé à Broadway, il bénéficie de l'admirable chorégraphie de Jerome Robbins, de la musique de Léonard Bernstein et de la mise en scène originale de Robert Wise. Sans compter l'interprétation qui fut à la hauteur du challenge, dont celle de Natalie Wood, émouvante Maria et du magnifique danseur qu'était George Chakiris. Tout est donc réuni pour que cette romanesque transposition du Roméo et Juliette de William Shakespeare, dans l'Amérique des années 50, ne déçoive pas la critique la plus pointue. Il est vrai que, depuis lors, ce film, réalisé en 1961, n'a pas pris une ride et que les nouvelles générations l'adoptent avec le même enthousiasme. Le sujet est certes toujours actuel, puisque les Capulets et les Montaigus de l'époque de la Renaissance sont remplacés par les bandes rivales des Sharks et des Jets du quartier West Side de New-York. C'était la première fois qu'une comédie musicale osait aborder les affrontements ethniques ( ceux entre Porto-Ricains, Italiens, Irlandais et Polonais ) et la violence urbaine. Pour que l'on partage plus étroitement le sentiment d'étouffement qu'éprouvaient les jeunes protagonistes à être parqués dans des quartiers sinistres, le film s'ouvre sur une vue aérienne de Manhattan avec ses gratte-ciel gigantesques qui rendent les rues semblables à de minuscules artères pour lilliputiens. Pour le reste, le film fut tourné en studio et ne nécessita pas moins de 50 décors différents, la ville devenant un élément essentiel de l'action, avec ses terrains vagues, ses parkings déserts, ses éclairages inquiétants, ses graffitis qui exhalent  l'atmosphère oppressante dans laquelle vivait quotidiennement la jeune population d'immigrés. Le film nous touche d'autant plus, que cette réalité est encore actuelle, qu'elle s'est même aggravée, si bien que l'on peut se demander à l'heure des " tournantes" si le tendre sourire de Maria ne s'est pas effacé à jamais...


Carlotta Films    George Chakiris. Carlotta Films

 

 

Tout a été dit sur ce film, sa musique, ses acteurs, sa mise en scène. Rappelons-nous qu'il fut récompensé par dix Oscars et que des mélodies comme Maria, América, Cool, Somewhere, nous émeuvent autant que celles d'un Gershwin ou d'un Brahms, c'est dire à quel niveau se situe cette réalisation musicale et chorégraphique, servie par un livret en tous points réussi. 

 

Initialement la pièce devait opposer des Irlandais à des Juifs de New-York, mais les auteurs Arthur Laurents ( le livret ), Stephen Sondheim ( les chansons ), Leonard Bernstein ( la musique ) décidèrent finalement de porter leur choix sur des gangs de Blancs et de Portoricains qui correspondaient mieux aux tensions sociales de l'époque. Créée le 26 septembre 1957 au Winter Garden de New-York, West Side Story obtint immédiatement un succès immense. Lorsque le projet d'en faire un film prit de la consistance, les responsables cherchèrent aussitôt à obtenir la collaboration de Jerome Robbins, le créateur du spectacle et de sa chorégraphie et Robbins, à son tour, proposa de fixer le choix de la mise en scène cinématographique à Robert Wise. Dès sa sortie en salles, le film frappa par sa nouveauté, ouvrant à la comédie musicale de nouvelles perspectives. Mais il faut bien admettre aujourd'hui que celui-ci n'eut pas à proprement parler de descendance musicale, mais influença probablement des cinéastes comme Coppola ou Lars Von Trier.

 


 

L'ouverture demeure de nos jours encore un fabuleux moment de cinéma dans lequel l'intégration des danseurs au cadre new-yorkais est stupéfiante. L'entente entre le metteur en scène Robert Wise et le maître de ballet Jerome Robbins y est pour beaucoup 

"Notre collaboration s'est étendue à tous les niveaux du scénario, au choix des décors, des comédiens, bien que Robbins ne soit pas resté avec moi jusqu'à la fin du film - écrira Wise. Et savez-vous pourquoi ? - ajoutait-il. Parce que nous nous entendions trop bien. Notre complicité nous a mis terriblement en retard sur le plan du travail et le studio a jugé bon de nous séparer, surtout que nous avions longuement étudié et répété tous les numéros de danse et qu'il avait déjà tourné quatre ou cinq ballets."

Robert Wise a donc terminé seul la réalisation et ce film témoigne d'une parfaite osmose entre les deux metteurs en scène.


Pour lire l'article consacré à Natalie Wood, cliquer sur son titre :  


NATALIE WOOD - PORTRAIT

 

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                                  George Chakiris. Carlotta Films

 

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13 mai 2006 6 13 /05 /mai /2006 20:30

     VIDEO


Orson Welles,  né le 6 mai 1915 à Kenosha dans le Wisconsin, avait 25 ans lorsqu'il réalisa Citizen Kane. Formé, en tant qu'acteur de théâtre, à la Todd School de Woodstock, il commence par adapter et filmer des pièces pour la radio et le cinéma avec sa troupe, la " Mercury Théâtre ". Dès son jeune âge, il apparait comme un meneur, épris de nouveauté et doté du sens de la dérision, d'autant que la mort de ses parents l'oblige trop vite à se prendre en charge et à se débrouiller seul. La solitude va marquer sa vie et celle de ses héros.


Orson Welles. Carlotta Films   Orson Welles

 

Citizen Kane  nous conte l'existence compliquée et conflictuelle d'un magnat de la presse ( il s'est inspiré de William Hearst ), sur laquelle pèse une énigme, que le cinéaste va amplifier et aggraver à plaisir, mais avec quel talent !. Que signifiait, en effet, ce mot " rosebud " que Kane avait prononcé juste avant de mourir ? La vie du personnage est  retracée d'après l'enquête conduite scrupuleusement par un journaliste, à l'aide de flashbacks, qui sont utilisés, pour l'occasion, de façon inhabituelle, autorisant le cinéaste à des variations qui s'appliquent toutes à déconstruire le temps.Chacun de ceux qui ont côtoyé Kane donne de lui une version différente, si bien que les récits s'entrecroisent, brouillent les pistes et accroissent le sentiment de mystère qui nimbe la personnalité du héros.

 

Ainsi Welles introduisait-il, dans le jeune cinéma américain, des innovations que ses successeurs utiliseront avec plus ou moins de bonheur.  Mais, à moins de trente ans, il  venait de marquer d'une empreinte indélébile le cinéma international, son influence ayant  tôt fait de déborder les frontières de l'Amérique. Ainsi a-t-il  eu recours à la "profondeur du champ", comme si les scènes se superposaient ou s'entrechoquaient, dilatant l'espace, ainsi que le flashback avait déconstruit le temps, et offrant à l'art cinématographique des possibilités encore insoupçonnées.

 

Malgré les trouvailles techniques, esthétiques, narratives, le film fut un échec commercial. La firme RKO retira même à son auteur le droit de superviser ses films suivants. Ainsi en va-t-il trop souvent des novateurs, rarement reconnus de leur vivant. Le génie hors norme de Welles et son goût du subversif en faisaient un homme à part, qui ne parvenait pas à s'adapter à la cuisine des grands studios hollywoodiens. Il aimait trop l'outrance des personnages grandioses et monstrueux. En amour, il ne fut guère plus heureux, mais il laisse derrière lui une filmographie remarquable, où voisinnent Othello et Macbeth, auxquels il devait s'identifier. Citizen Kane, son film de jeunesse, le place aux côtés d'un Eisenstein ou d'un Dreyer. Oeuvre personnelle s'il en est,  réflexion désabusée sur le sens de la vie et le tragique du destin humain, il y révèle son savoir-faire, son habileté et sa formidable originalité de créateur.

 


Pour lire l'article consacré à Orson Welles, cliquer sur son titre :

ORSON WELLES OU LA DEMESURE

 

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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 18:17

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                                          VIDEO 
 

 

Charles Chaplin est né à Londres le 16 avril 1889 de parents pauvres qui travaillaient dans le music-hall. La vie familiale fut pertubée par un père alcoolique et une mère sujette à de fréquentes crises de folie. L'enfance du petit Charles sera misérable, mais elle fit de lui un observateur attentif du monde grouillant des quartiers populaires de Londres. Après une tournée de music-hall, il va se fixer aux Etats-Unis, où il produira une soixantaine de films avec des firmes différentes, dont quelques inoubliables chefs-d'oeuvre. Il crée, avec d'autres grands noms, la compagnie United Artist ( artistes associés ), mais soupçonné de sympathie avec le parti communiste par la Commission des activités anti-américaines, Chaplin quitte les Etats-Unis en 1952 avec sa dernière épouse Oona O'Neill, fille du dramaturge américain Eugène O'Neill, et se fixe dans un superbe manoir en Suisse, sur les rives du lac Léman. Il tournera encore plusieurs films dont  Limelight en 1952 et  Un roi à New-York  en 1957. Il est fait Chevalier par la reine Elisabeth d'Angleterre et meurt à Vevey le 15 décembre 1977.


les-lumières-de-la-ville-charlie-chaplin 

 

Les Lumières de la ville  ( 1931 ) est son dernier film muet. S'il n'est pas le plus accompli, il est sûrement le plus touchant, un vrai miracle de fraîcheur et de nostalgie. Chaplin savait qu'ensuite il lui faudrait franchir le pas et entrer dans le mode  "parlant" qu'il redoutait, lui, qui, mieux que personne, savait utiliser les silences et se passer des mots, tout dire sans rien dire. Pour Chaplin, le seul intérêt du son était la musique qu'il composait lui-même, orchestrait et adaptait à l'image au millimètre près.

Dans le rôle de l'aveugle, la délicieuse Virginia Cherrill - dont ce fut le seul grand rôle - fut la partenaire idéale, bien que, dans le privé, Charlie et elle ne se supportaient pas et que le cinéaste fût tenté de prendre une autre partenaire. Conçu dans le doute et la douleur, ce film remporta un immense succès. La caméra est déjà habilement utilisée et le découpage des scènes envisagé avec une extrême rigueur pour mieux servir le scénario, qui sait faire mouche à tous moments, balance entre le drame et la farce, le rire et les larmes, le burlesque et l'émouvant. Chaplin nous donne ici un échantillonnage des travers de la société, sans oublier les incursions dans les profondeurs du coeur humain, et c'est tout bonnement stupéfiant.


Contrairement aux films précédents qui se déployaient dans le sens où la réalité décevante inspirait l'illusion, celui-ci part de l'illusion pour se heurter à la réalité, ce qui est chez Chaplin une étape innovante de son inspiration. De toute sa filmographie, Les lumières de la ville est sans doute sa réalisation la plus pure, faisant de son auteur un artiste à part, inclassable, insurpassable dans une forme de comique très personnelle qui permet aux personnages de passer d'un sentiment à l'autre instantanément. Grâce à ce long métrage, véritable chant d'adieu au muet, l'auteur atteint des sommets, tant il est persuadé de la pérennité d'une expression qu'il considère comme parfaite en soi, celle du geste, de la mimique, langage éloquent du silence. La plus belle scène d'une oeuvre, qui en contient beaucoup, est celle où la jeune fleuriste, ayant retrouvé la vue, reconnaît le vagabond qui l'a sauvée, en touchant ses mains. La retenue de Charlot, l'émotion qu'il exprime est un des instants les plus bouleversants du 7e Art.

 5-etoiles


 Pour lire l'article consacré à Charlie Chaplin, cliquer sur son titre :  

 
CHARLIE CHAPLIN, LE VAGABOND DE GENIE   

 

Et pour prendre connaissance de la critique d'un autre film de Chaplin, cliquer sur le lien ci-dessous  :

LES TEMPS MODERNES de CHARLIE CHAPLIN

                          

 
Les-Lumieres-de-la-ville scale 762 366 

 

 

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30 avril 2006 7 30 /04 /avril /2006 10:53

Fred Astaire. Editions Montparnasse  

 


En ces temps de vacances, un peu de champagne, un peu de joie, un peu de fête. C'est ce que nous propose ce film qui n'a pas pris une ride et que je vous invite à visionner lors d'une douce soirée entre amis, avant de partir danser à votre tour...

 

Ginger Rogers et Fred Astaire. Editions Montparnasse

                                                      

 

Entrons dans la danse est l'un de ceux qui ont contribué à assurer la renommée du couple Astaire/ Rogers, de même qu'il  nous révèle cet art de la danse qu'ils ont servi avec un talent inégalé. Danseurs-nés tous deux, leur rencontre à Hollywood en 1930 fut un merveilleux hasard. Elle leur permit, dès l'année suivante, de tourner leur premier film : La joyeuse divorcée. La firme RKO avait immédiatement deviné que leur association était vouée au succès et, en effet, celui-ci fut présent au rendez-vous. Ce premier galop d'essai réussi, ils vont enchaîner film sur film avec le même brio et cinq nominations aux Oscars les feront bientôt entrer dans la légende de Hollywood. Il est vrai qu'ils avaient tout pour séduire : la grâce, la légèreté, l'élégance et une technique, une virtuosité insurpassables. Alors ne boudons pas notre plaisir, vite à nos DVD si c'est possible...

Le film de Charles Walters est entièrement consacré à  la danse et c'est tant mieux. Dans le genre, c'est une réussite parfaite, un enchantement pour l'oeil et l'oreille, une suite de ballets  étincelants, de duos inoubliables, où Fred et Ginger donnent le meilleur d'eux-mêmes et nous envoûtent. L'histoire est celle d'un couple de danseurs célèbres Josh et Dinah tenté un moment par une carrière d'acteurs dramatiques, mais qui s'empresse de revenir à ses premières amours - a été taillée à leurs mesures. Ils peuvent ainsi donner libre cours à leurs improvisations, à ces pas de deux époustouflants qui s'enchaînent au rythme des claquettes. Les toilettes de Ginger Rogers sont ravissantes, sa beauté et sa souplesse font merveille auprès d'un Fred Astaire d'une sobre élégance. Le film est joyeux, enlevé, les décors se succèdent comme les ballets, selon une synchronisation qui ne laisse rien au hasard. Il y a entre ces deux admirables danseurs  une magie qui nous atteint et nous subjugue. Comment faire mieux ? La perfection est réellement atteinte. On est là au sommet de ce que Hollywood a pu et su accomplir pour notre plus grand bonheur.

 

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 11:19

 Universal Pictures New Line Cinema    

 

 Dans la lignée des très grands films dont  Martin Scorsese  reconnaît devoir des éléments d'inspiration et de réflexion, tels que Le Guépard, Senso ou Le portrait de Dorian Gray, Le Temps de l'innocence s'inspire d'une oeuvre littéraire, celle d'Edith Wharton, prix Pulitzer 1921 - dont le cinéaste va adopter fidèlement les thèmes, tout en proposant les siens propres, sans qu'il y ait une quelconque incompatibilité. On pouvait, à priori, être étonné de voir ce cinéaste s'égarer dans un film " à costumes ", dont on sait qu'ils ont en général mauvaise presse, mais Scorsese ne tombera dans aucun des pièges qui le guettaient : jeu théâtral des comédiens, ambiance convenue, dialogues emphatiques ; il empoigne ces clichés pour n'en retenir aucun. Bien qu'il n'ait pas été facile d'adapter à l'écran ce roman-culte, le cinéaste d'origine italienne l'osera avec succès, franchissant les obstacles et signant là l'une de ses plus belles réalisations.

 

     

 

Comme dans Les Affranchis et Casino, et à la manière d'un documentaire, il accompagne le déroulement de la pellicule d'une voix off ( Joanne Woodward ), qui donne au film un ton particulier et permet d'entrer plus aisément dans l'intimité des personnages. Le Temps de l'innocence ( 1993 ) est une fresque sensible sur une société en apparence paisible, mais qui s'avère être, derrière sa façade trompeuse, aussi perfide et cruelle que celle des mafieux que Scorcese nous présentait dans plusieurs de ses films précédents. Dans cette société américaine oubliée des années 1870, assez proche du monde proustien de La Recherche, les émotions, les sentiments se doivent d'être cachés, voire refoulés, comme le sont les amours insatisfaites et les désirs inavoués des deux héros du film. Ne nous y trompons pas ; sous ses dehors policés, Le Temps de l'innocence est une histoire violente, où quelques êtres isolés et en rupture s'opposent à la puissance d'une riche famille, selon  "un rituel tribal ", d'après les propres mots du cinéaste. " Si les victimes ne sont pas abattues d'un coup de pistolet, elles sont en revanche éliminées. La pire chose n'est pas la mort, mais l'éradication."Cette seule phrase explique le film et lui donne sens.  En effet, moins volontaire que les héros habituels de Scorcese, Newland Archer ( Daniel Day-Lewis )sera vaincu par la force des traditions et des conventions qui est l'apanage de cette société new-yorkaise des dernières décennies du XIXe siècle. Il n'aura pas le courage de tout sacrifier à son amour pour la comtesse Ellen Olenska et l'homme vieilli, que nous voyons lors de la dernière scène, ne sera même pas assez résolu  pour rencontrer une dernière fois la femme qu'il a tant aimée...Curieusement, dans ce monde régi par les hommes, ce sont les femmes Ellen et May - la jeune fille que Newland finit par épouser - qui se révèlent être les véritables moteurs de l'intrigue, Newland subissant les événements davantage qu'il ne les provoque. S'il conteste les règles établies dans le privé, il n'ose s'insurger en public, par peur de se faire expulser.

 

 

 

 

L'histoire se déroule à New-York dans les années 1870. L'avocat Newland Archer doit épouser May, la fille d'une puissante famille, les Mingott, alors que de retour d'Europe, la belle comtesse Olenska, cousine de May, éveille chez lui une subite passion. La comtesse semble mener une vie assez libre, loin de son mari retenu en France, jusqu'à ce que celui-ci, craignant que son épouse ne finisse par demander le divorce, ne la rappelle à Paris. Redoutant le scandale, elle accepte, mais Newland vient chez elle pour lui avouer son amour et la supplier de rester. Parce qu'elle se refuse à blesser sa cousine fraîchement fiancée, Ellen décide de partir afin que le mariage ait lieu.
Dix-huit mois plus tard, toujours obsédé par son souvenir, Archer apprend qu'elle se trouve en résidence à Boston. Il s'y rend et finalement lui et Ellen deviennent amants. Mais apprenant que May attend un heureux événement, Ellen va repartir en Europe rejoindre son mari.Des années plus tard, après la mort de May, Archer, âgé de cinquante-sept ans, accompagne son fils Ted en voyage d'affaires à Paris. Arrivé au bas de l'immeuble d'Ellen, et alors que plus rien ne s'oppose à leur rencontre, il prend la fuite, incapable de se retrouver confronté à une passion qu'il n'a ni su, ni pu assumer... 

 

Martin Scorsese a choisi de pousser à la perfection la reconstitution de la vie de l'époque et mis une attention pointilleuse à soigner les décors, les costumes, les objets, l'étiquette, en s'inspirant de la façon dont son maître Visconti avait usé avant lui. Michelle Pfeiffer déclara à ce propos : " J'ai appris que je ne pouvais pas toucher mon verre de vin blanc parce qu'il était frappé, mais, qu'en revanche, je pouvais caresser mon verre de vin rouge parce qu'il était chambré." 
Alors que le superviseur artistique Dante Ferretti cherche, tel un peintre, à donner une dominante aux décors et s'inspire des toiles de James Tissot, Scorsese veille à ne pas succomber sous le poids de l'exactitude historique et prend ses distances à bon escient. Ce, et en partie, grâce au montage audacieux de Thelma Schoonmaker qui saura apporter au  film une étincelante modernité, se refusant à des ralentis inopportuns et à toute complaisance esthétique.


Daniel Day-Lewis, en dandy brimé, se livre, quant à lui, à une époustouflante performance dans le rôle de l'avocat Newland Archer. D'une sensibilité à fleur de peau, il interprète l'un des personnages les plus complexes du cinéma de ces dernières années. A ses côtés, la délicieuse Michelle Pfeiffer - dont les toilettes s'accordent si bien à sa finesse et à sa grâce, qu'elle semble être née pour les porter - lui donne la réplique avec intelligence et sensibilité. C'est sûrement le rôle le plus intéressant qui lui ait été confié dans son encore jeune carrière. Rarement roman ne fut à l'origine d'un si beau film qui, comme Le Guépard,  ne se contente pas d'être une adaptation réussie, mais se veut une oeuvre à part entière. Et quelle oeuvre !

 

5-etoiles


Pour lire les articles consacrés à Scorsese et Michelle Pfeiffer, cliquer sur leurs titres :

 


MARTIN SCORSESE - PORTRAIT            MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT

 

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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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