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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 18:17

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                                          VIDEO 
 

 

Charles Chaplin est né à Londres le 16 avril 1889 de parents pauvres qui travaillaient dans le music-hall. La vie familiale fut pertubée par un père alcoolique et une mère sujette à de fréquentes crises de folie. L'enfance du petit Charles sera misérable, mais elle fit de lui un observateur attentif du monde grouillant des quartiers populaires de Londres. Après une tournée de music-hall, il va se fixer aux Etats-Unis, où il produira une soixantaine de films avec des firmes différentes, dont quelques inoubliables chefs-d'oeuvre. Il crée, avec d'autres grands noms, la compagnie United Artist ( artistes associés ), mais soupçonné de sympathie avec le parti communiste par la Commission des activités anti-américaines, Chaplin quitte les Etats-Unis en 1952 avec sa dernière épouse Oona O'Neill, fille du dramaturge américain Eugène O'Neill, et se fixe dans un superbe manoir en Suisse, sur les rives du lac Léman. Il tournera encore plusieurs films dont  Limelight en 1952 et  Un roi à New-York  en 1957. Il est fait Chevalier par la reine Elisabeth d'Angleterre et meurt à Vevey le 15 décembre 1977.


les-lumières-de-la-ville-charlie-chaplin 

 

Les Lumières de la ville  ( 1931 ) est son dernier film muet. S'il n'est pas le plus accompli, il est sûrement le plus touchant, un vrai miracle de fraîcheur et de nostalgie. Chaplin savait qu'ensuite il lui faudrait franchir le pas et entrer dans le mode  "parlant" qu'il redoutait, lui, qui, mieux que personne, savait utiliser les silences et se passer des mots, tout dire sans rien dire. Pour Chaplin, le seul intérêt du son était la musique qu'il composait lui-même, orchestrait et adaptait à l'image au millimètre près.

Dans le rôle de l'aveugle, la délicieuse Virginia Cherrill - dont ce fut le seul grand rôle - fut la partenaire idéale, bien que, dans le privé, Charlie et elle ne se supportaient pas et que le cinéaste fût tenté de prendre une autre partenaire. Conçu dans le doute et la douleur, ce film remporta un immense succès. La caméra est déjà habilement utilisée et le découpage des scènes envisagé avec une extrême rigueur pour mieux servir le scénario, qui sait faire mouche à tous moments, balance entre le drame et la farce, le rire et les larmes, le burlesque et l'émouvant. Chaplin nous donne ici un échantillonnage des travers de la société, sans oublier les incursions dans les profondeurs du coeur humain, et c'est tout bonnement stupéfiant.


Contrairement aux films précédents qui se déployaient dans le sens où la réalité décevante inspirait l'illusion, celui-ci part de l'illusion pour se heurter à la réalité, ce qui est chez Chaplin une étape innovante de son inspiration. De toute sa filmographie, Les lumières de la ville est sans doute sa réalisation la plus pure, faisant de son auteur un artiste à part, inclassable, insurpassable dans une forme de comique très personnelle qui permet aux personnages de passer d'un sentiment à l'autre instantanément. Grâce à ce long métrage, véritable chant d'adieu au muet, l'auteur atteint des sommets, tant il est persuadé de la pérennité d'une expression qu'il considère comme parfaite en soi, celle du geste, de la mimique, langage éloquent du silence. La plus belle scène d'une oeuvre, qui en contient beaucoup, est celle où la jeune fleuriste, ayant retrouvé la vue, reconnaît le vagabond qui l'a sauvée, en touchant ses mains. La retenue de Charlot, l'émotion qu'il exprime est un des instants les plus bouleversants du 7e Art.

 5-etoiles


 Pour lire l'article consacré à Charlie Chaplin, cliquer sur son titre :  

 
CHARLIE CHAPLIN, LE VAGABOND DE GENIE   

 

Et pour prendre connaissance de la critique d'un autre film de Chaplin, cliquer sur le lien ci-dessous  :

LES TEMPS MODERNES de CHARLIE CHAPLIN

                          

 
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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
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commentaires

Maxime 05/01/2014 12:51

Un film qui n'a pas pris une ride et qui m'émeut toujours autant. Je profite de ce passage pour vous souhaiter sur ce blog, l'ayant déjà fait sur l'autre, une excellente année 2014. Et espérons-le
une année satisfaisante pour les cinéphiles comme vous.

Kleinhase 30/12/2007 00:16

Mon Chaplin préféré et tout simplement mon film préféré. Le seul film qui arrive toujours à me faire pleurer, l'une des plus belles histoires d'amour du 7ème Art, si ce n'est la plus belle.

A ce propos, j'organise actuellement un petit sondage "spécial Chaplin" sur mon blog... je t'invite à y répondre si ça t'intérésse !

Fritzlangueur 11/08/2007 12:27

Chaplin, Welles, Visconti, Bunuel, Carné, Bergman compte aussi dans mes réalisateurs préférés. Même si je préfère La splendeur des Amberson pour Welles, Fanny et Alexandre pour Bergman, Ludwid pour Visconti et los olvidados pour Bunuel... Mais comme tu le dis le cinéma est aussi une question de goûts et de sensibilité, chacun les siens et c'est bien de pouvoir partager...

Flav43 03/06/2007 18:36

Chaplin, Welles, Carné, Eisenstein, Fellini, Bergman, Bunuel, Comencini, Visconti... Vous semblez m'avoir de bons goûts.
Je vous invite si vous le souhaitez sur mon blog, consacré au cinéma dit "d'hier". En ce moment j'y propose un jeu sur les films de Woody Allen et de Yasujirô Ozu.

g2rard ROCHER 11/05/2006 07:03

AlléchantBonjour, C'et un excellent choix, toutefois je ne vois pas beaucoup de films plus "contemporain". Celui-ci présente pourtant de très grands film et nous permettent d'analyser notre société actuelle. Est-ce un choix ? En tout cas, encore un débat intéressant en perspective. A bientôt et bravo pour ton blog qui sent bon l'évasion, Gérard

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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