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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 09:59

Collection Christophe L.                    VIDEO


Adieu ma concubine, le chef-d'oeuvre de Chen Kaige, date de 1992 et apparait comme un vibrant hommage à l'Opéra de Pékin. Grâce à ce film, Kaige présente au monde cet art typique de son pays, un art codifié où rien n'est laissé au hasard. Douzi et Shitou, qui se sont rencontrés enfants lors de leur rude apprentissage à l'école de l'Opéra, en sont les personnages principaux. Soutenue par des images majestueuses, leur histoire est fascinante et nous conte, à travers leurs deux destins, les bouleversements que la Chine subira au long d'un demi-siècle. Alors que, durant leur jeunesse, les amis vivaient au coeur d'une société qui prônait la discipline comme le seul moyen de surmonter les drames de l'existence et de s'en rendre maître, l'effort étant habituel, ils vont, par la suite, partager le sort de la population lors de la révolution culturelle et de l'immergence du communisme, qui se révèleront être la cause majeure de leur propre déchéance et de celle de l'art. Cette évolution du système politique chinois est admirablement rendue, mieux que la relation ambiguë entre les personnages qui, parfois, est assez peu lisible et finit par le mariage de l'un et le suicide de l'autre qui ne peut surmonter sa douleur d'avoir été délaissé pour une femme.


                 TFM Distribution

 

Par ailleurs, l'apparition du nouvel ordre politique va entraîner l'inexorable disparition des vestiges de l'ancienne société et être la cause d'affreux débordements et de sombres trahisons, ce que le cinéaste nous dépeint avec talent. Ce film fut évidemment censuré et interdit en Chine, avant que le succès international ne le rejoigne à Cannes, où il reçut la Palme d'or en 1993, ex-aequo avec une autre grand film dont je parlerai bientôt  La leçon de piano de Jane Campion. Au final, une oeuvre magnifique où se mêlent, dans une mise en scène grandiose, réalité et fiction, peinture de la Chine à travers cinquante ans de son histoire et amours conflictuels entre deux hommes et une femme. Ce long métrage a également pour mérite d'allier le souffle de l'épopée à l'intimité d'un drame humain et sentimental.

 

Leslie Cheung,  acteur emblématique du cinéma asiatique, mort en 2003 à l'âge de 46 ans, domine le film et se montre absolument remarquable. On ne peut oublier son visage grimé où se lisent successivement douceur, tendresse, confiance, détresse,  résignation et désespoir. Bien que le rôle d'un travesti soit délicat à interpréter, l'acteur, chanteur et danseur, ne tombe jamais dans le piège d'en faire trop. Il joue sur la corde sensible de sa difficile identité avec finesse et intelligence, tandis que Gong Li maîtrise avec une merveilleuse féminité l'alternance de la séduction et de la révolte. Cette somptueuse réalisation  doit autant à la qualité de la mise en scène qu'à celle de l' interprétation.

 

5-etoiles

 

Pour lire l'article consacré à Gong Li, cliquer sur son titre :     GONG LI - PORTRAIT  

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

adieu-ma-concubine-1993-06-g.jpg

                                          

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
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