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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 09:28

le navire-est-voile-3 (Petit)                                                                            

      

                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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DANCER IN THE DARK de LARS VON TRIER   (Ce soir sur France 4 (14) à 21h15)
 

 

 

SYDNEY POLLACK - PORTRAIT  


 

  

 

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17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 15:35
Gérard Oury, le magicien du rire

Comprenant qu'il n'avait pas un grand avenir d'acteur, Gérard Oury eut la sagesse de se tourner vers une autre activité, celle de metteur en scène, où il excellera. Cet homme intelligent et cultivé avait un oeil imparable pour déceler nos ridicules. On sait que le comique est le propre de l'homme, lié principalement à ce qui est de l'ordre de l'humain. Un objet ne fera pas rire par lui-même, un paysage non plus. Et on ne rira de l'animal que s'il présente, par une attitude ou une expression, une similitude avec l'homme. Gérard Oury sut utiliser les ressources du comique avec économie, sans céder à la vulgarité. Il eut également le mérite de choisir ses acteurs et les associer en des duos percutants. On ne peut oublier le couple formé par Louis de Funès et Bourvil ; pas davantage par le duo Montand/de Funès. Peu d'échec dans sa filmographie. Par contre, des pages d'anthologie et quelques chefs-d'oeuvre inénarrables d'humour, où les tics des uns, les bons mots des autres, la naïveté de certains, le caractère agité et outrancier de quelque autre déclenchaient notre hilarité. Il est vrai qu'il est plus aisé d'émouvoir que d'amuser. Alors que l'émotion est près du coeur, le rire est proche de l'intelligence, au point d'avoir les moyens d'éduquer nos moeurs. Il y a chez l'auteur d'une pièce ou d'un film comique un pédagogue et un moraliste qui sommeillent. Le comique n'est ni le laid, ni le mauvais, ni le méchant. A l'instar de la caricature, il souligne nos travers, nos manquements, nos désaccords, nos étourderies, nos vanités, nos lourdeurs, nos inconséquences, nos manies, nos avarices, nos travestissements, sans être malveillant. Le personnage comique est le plus souvent pétri de jovialité et de bonhomie, au point de susciter notre sympathie et de faire de nous son complice. Enfin le rire exerce une fonction psychologique. Il nous détend et resserre nos liens avec autrui, tant il est vrai que nous nous plaisons à rire ensemble. On rit rarement seul. Le rire est éminemment social. Ne dit-on pas " Plus on est de fous, plus on rit" ?

 

Né à Paris en 1919, le cinéaste eut la chance d'avoir une mère journaliste qui l'introduisit très tôt dans le milieu artistique. Comme je l'écrivais plus haut, il ne fut pas un acteur de premier plan, bien qu'il ait fait le conservatoire, suivi  les cours de Louis Jouvet et été pensionnaire de la Comédie Française. Dans le même temps, il se tournait  vers le cinéma où on lui confia plus volontiers des rôles de personnages cyniques et antipathiques, ce qui dut le lasser, car il passera bientôt derrière la caméra - pour épater la femme qu'il aimait - Michèle Morgan, dira-t-on - et trouver sa véritable voie. Sa carrière de metteur en scène sera, contrairement à celle d'acteur, éblouissante et son ascension irrésistible, au point qu'une grande partie de ses films figurent dans la plupart des vidéothèques. Ce seront bien sûr  Le CorniaudLa grande vadrouille, La folie des grandeurs, Rabbi Jacob, L'as des as, parmi les meilleurs, jalonnant un parcours exceptionnel et, ce, dans un registre particulièrement casse-cou : la comédie. On sait aussi l'importance qu'aura pour lui sa rencontre avec Louis de Funès, comédien peu connu à l'époque, qui devait l'inciter, après quelques essais dans le domaine du film noir comme  La menace  ou  Le crime ne paie pas,  à exploiter sa veine comique qu'il avait immédiatement décelée. Le 11 mars 1998, Gérard Oury sera élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, au siège anciennement occupé par René Clément, et reçu avec les honneurs qui accompagnent cette intronisation par Pierre Schoendoerffer. En 2001, devenu presque aveugle, il dictera un livre de souvenirs et d'anecdotes publié sous le tire : "Mémoires d'éléphant" (Plon). Il meurt à Saint-Tropez le 20 juillet 2006 à l'âge de 87 ans, après une vie qu'il considérait comme celle d'un laborieux comblé.

 

Pour lire les articles consacrés à Bourvil, de Funès et les Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :
 

 
LOUIS DE FUNES           BOURVIL      

 

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Bourvil et Louis de Funès

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Gérard Oury et Michèle Morgan

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 11:03
René Clair ou rigueur et nostalgie du 7e Art

René Clair,de son vrai nom René Chomette, était né à Paris le 11 novembre 1898. Fils de savonnier, il grandit dans le quartier des Halles et commença sa carrière comme journaliste à l'Intransigeant, tout en écrivant des paroles pour la chanteuse Damia. Puis, il s'essaya comme acteur dans plusieurs films: "Le lys de la vie", "l'Orpheline", "Parisette" et prit alors le pseudonyme de René Clair. C'est en 1922 qu'il se lance dans la rédaction d'un premier scénario "Le rayon diabolique", qu'il adapte et réalise lui-même un an plus tard et qui sortira dans les salles en 1923, avec un titre plus attrayant  "Paris qui dort". Néanmoins, ce n'est pas avec ce premier long métrage qu'il accédera à la célébrité, mais avec le suivant, la commande d'un court métrage, dont l' objet est de distraire les spectateurs durant l'interruption entre deux ballets. Cette réalisation, peu habituelle, prendra d'ailleurs pour titre celui d'Entracte en 1924. D'inspiration dadaïste, groupe que René Clair  fréquentait à l'époque, elle va faire scandale et assurer ainsi, à son jeune auteur, la notoriété qu'il souhaitait pour poursuivre sa carrière d'écrivain et de cinéaste. Vont se succéder des films étincelants qui ont marqué les mémoires : "Ma femme est une sorcière" (1942), "Le silence est d'or" (1947), enfin "La beauté du diable" (1949) où il revisite le mythe de Faust avec, dans le rôle principal, Gérard Philipe. Cette rencontre va compter pour René Clair, qui découvre, en cet acteur exceptionnel, son double : un être à la mélancolie élégante. Dans le film "Les belles de Nuit" (1952) qu'il tourne avec lui, le cinéaste crée une variation subtile sur la porosité des états de veille et de sommeil,  ligne indiscernable qui sépare la réalité de l'imaginaire, le vécu de l'espéré, s'inspirant de cette pensée de Blaise Pascal : " Si nous rêvions toutes les nuits de la même chose, elle nous affecterait autant que les objets que nous voyons tous les jours. Et si un artisan était sûr de rêver toutes les nuits qu'il est roi, je crois qu'il serait presque aussi heureux qu'un roi qui rêverait toutes les nuits qu'il est artisan".

 

L'histoire est simple : celle d'un modeste professeur de musique dans une ville de province. Ses élèves ne partagent pas sa passion et le chahutent, les femmes paraissent l'ignorer et ses compositions musicales ne plaisent pas davantage. Il s'ennuie et se lamente. Et voilà que, lors d'une leçon particulière qu'il donne et où il s'ennuie plus qu'à l'habitude, il sombre dans un profond sommeil. Qu'advient-il ? Contrairement à ce qu'il vit quotidiennement, ce rêve le comble en lui apportant gratification, amour et succès. Est-ce le bonheur enfin réalisé, le rêve plus fort que la vie ? Partition  sur laquelle René Clair va donner toute sa mesure, celle d'un poète, d'un enchanteur, servi par une distribution brillante. Cette fable délicieuse et morale, qui nous montre que le songe peut être aussi trompeur que la réalité, finit bien, puisque l'obscur professeur, en se réveillant, s'aperçoit, juste à point nommé, qu'il y a mille bonnes raisons d'aimer la vie, dès l'instant où l'on met en elle un brin de rêve, un rien de saveur. Il est amusant de souligner que cet ardent défenseur de l'art du silence fut, par une ironie du sort, l'auteur du premier film parlant français. "Sous les toits de Paris" refuse l'invasion par les dialogues et écarte le parallélisme du son et de l'image, auquel il préfère le contraste et le contre-chant. Lui-même se voyait davantage en pourvoyeur d'idées qu'en styliste. C'est la raison pour laquelle il fit ses premiers pas dans l'audiovisuel à reculons, adoptant une curieuse stratégie : il s'interdira l'usage simultané du son et de l'image. Tantôt nous avons la parole sans l'image (une querelle d'amoureux dans la pénombre), tantôt l'image sans la parole (une scène vue à travers la vitre d'un café). Ces jongleries, même si elles relèvent du gag, ont défini le style de René Clair, malgré lui. Aussi, au début des années 50, était-il considéré comme le metteur en scène français le plus important pour son réalisme poétique, l'ambiance aimable et bon enfant qui caractérisent une part de sa filmographie. Car René Clair, c'est d'abord un regard amusé sur les êtres humains, un ton alternant tristesse et humour, un contact direct avec le public. Henri Langlois notait qu'il représentait au regard de l'étranger la personnification de l'esprit français, en digne successeur de Molière et de Feydeau. Il n'en a pas moins travaillé en Grande-Bretagne où il réalisera deux films dont l'excellent Fantôme à vendre,  dans un esprit parfaitement proche de l'esprit britannique, puis à Hollywood "La belle ensorceleuse", film construit autour de la star Marlene Dietrich et surtout "Ma femme est une sorcière" qui prouve la constance de son style dans un contexte différent. Il signe son retour en France avec  "Le silence est d'or",  une oeuvre où il s'attendrit, non sans nostalgie, sur l'époque du muet. Puis viendront "Les grandes manoeuvres" et  "La porte des Lilas" où apparaît un certain désenchantement, avant que René Clair ne cède à une production plus commerciale et moins inspirée et que la défaveur ne fonde brusquement sur lui. Après avoir été porté aux nues, il tombe en disgrâce. Mais pourquoi ce discrédit soudain ? Certes, ces derniers travaux s'avéraient assez médiocres, son attitude était perçue comme hautaine, et il était devenu à la mode de tuer le père et de dénigrer ses films. Robert Bresson - qui avait travaillé avec lui - considérait que Clair avait privilégié le spectacle au mépris de l'écriture. D'ailleurs Clair lui-même se plaisait à dire qu'une fois son scénario bouclé, le film était quasiment fait. L'écriture littéraire était son jardin secret, moins l'écriture cinématographique. C'était déjà l'installation dans une immortalité qui en ferait un cinéaste classique mais dépassé et son entrée solennelle à l'Académie française.

 

Pour lire les articles consacrés à Michèle Morgan, à Gérard Philipe et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :
 


MICHELE MORGAN         GERARD PHILIPE  

      

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La beauté du diable et Les grandes manoeuvres
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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 09:48
LA FILLE COUPEE EN DEUX de CLAUDE CHABROL

   

Inspiré d'un fait divers américain, l'assassinat en 1906 d'un célèbre architecte Stanford White par l'époux de son ex-maîtresse, une jeune actrice de music-hall, et de  "La fille sur la balançoire " (1955), l'excellent film de  Richard Fleischer,   La fille coupée en deux  de  Claude Chabrol  décrit l'ambition d'une jeune femme, présentatrice météo sur une chaîne de télévision locale, d'abord éprise d'un écrivain en vogue égotique et pervers, puis d'un jeune héritier déjanté et suicidaire, dont les amours partagées aboutiront à un drame trop bien annoncé pour surprendre aucun des spectateurs, et nous immerge dans le microcosme médiato-culturel de la télévision et de l'édition.


Chabrol, qui se considère volontiers comme "l'impitoyable anatomiste des passions humaines",  ne nous fait grâce d'aucune des perversions de ce milieu restreint et nous le dépeint avec une sombre férocité qui, malheureusement, n'échappe pas au trait excessif et caricatural, au point de gâter notre plaisir et de nuire à la cohérence psychologique des personnages. Ce maître du trompe-l'oeil, qui se plait depuis  Le beau Serge  à dénoncer les faux-semblants et les tares de notre société, nous livre ici un scénario trop outrancier, une intrigue qui dégénère assez vite en une farce dans laquelle le fils à papa, dandy de sous-préfecture, campé par un  Benoît Magimel  auquel on en demande trop et qui surcharge son rôle de façon à ce qu'il ne soit plus crédible, coopèrent pour rendre peu vraisemblable cette histoire de séduction et de vengeance. Je suis sortie déçue de cette projection, alors que je m'y rendais sans aucun à-priori, étant une admiratrice du cinéaste dont je considère certains de ses films comme d'incontestables chefs-d'oeuvre.

 

Là, le savoir-faire de Chabrol, son rythme de découpage incisif et percutant, l'atmosphère qu'il sait créer dès les premières images, moment où le décor, les personnages, les situations se mettent en place, ce talent où se mêlent dérision et subtilité ne fonctionne pas à plein et nous laisse sur une amère déception. On ne retrouve pas le grand Chabrol que nous avons apprécié et dont chacun des films était une leçon du style le plus décapant qui soit. Là, on subit un échantillonnage d'êtres en rupture avec eux-mêmes, figés dans des compositions paroxysmiques dont on ne peut croire qu'elles sont l'ordinaire de notre temps. Seule Ludivine Sagnier  nous touche, lors des premières scènes, quand la jeune fille, qu'elle est sensée représenter, découvre le monde corrompu dans lequel son amant tente de l'entraîner... un moment de grâce.

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Claude Chabrol, cliquer sur son titre :

 

CLAUDE CHABROL OU UNE PEINTURE AU VITRIOL DE NOTRE SOCIETE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont La femme infidèle, Le beau Serge et Que la bête meure, cliquer sur le lien ci-dessous :
 

 

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LA FILLE COUPEE EN DEUX de CLAUDE CHABROL
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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 11:30
Adieu Monsieur Haffmann de Fred Cavayé

Paris 1941. Inquiet de la tournure que prennent les événements, le juif Joseph Haffmann (Daniel Auteuil), joaillier installé dans la capitale avec sa femme et ses trois enfants, pense que le temps est venu de se réfugier en France libre tant l’étau se resserre dangereusement et que les persécutions nazies se précisent. Sa femme et ses enfants sont déjà partis lorsque celui-ci, ayant négocié son affaire auprès de son employé, peut lui confier la boutique et l’appartement le temps que durera cette sinistre guerre. Malheureusement, depuis le départ de sa femme et de ses enfants, l’étau s’est resserré au point que Joseph Haffmann est obligé de rester sur place, dans la cave de sa propre boutique, nourri et caché par son employé et son épouse. Cohabitation d’autant plus compliquée que ce dernier n’hésite pas à satisfaire les exigences et les caprices d’une clientèle allemande qui se rend de plus en plus souvent dans la boutique dont l'enseigne a bien évidemment changé. En effet, François Mercier (Gilles Lellouche) voit ici l’occasion de connaitre davantage de confort et surtout de permettre à sa femme de quitter son emploi et de vivre plus bourgeoisement auprès de son mari claudiquant qui ne parvient même pas à lui faire un enfant et bénéficie ainsi et, momentanément, d’une forme de revanche sur le mauvais sort.

 

Cette revanche incite Mercier à se compromettre auprès des allemands qui lui réclament des bijoux originaux que seul Haffmann, enclos solitaire dans la cave, est en mesure d’exécuter. Cette cohabitation douloureuse est admirablement rendue par le jeu des acteurs et, particulièrement, la jeune Sara Giraudeau, l’épouse de François Mercier, vibrante de délicatesse dans une interprétation toute en nuances et en interrogations face à une actualité qui s'emploie à la dérouter. Bien construit en une unité de lieu quasi constante,  le spectateur est tenu en haleine de bout en bout par ce drame sombre qui montre la dépendance de chacun à l’égard de chacun et la domination inquiétante que fait régner sur eux la dépendance morale et physique qu'exige l’envahisseur. Un drame que Fred Cavayé nous conte avec autant de précision que de finesse dans une actualité qui conserve son insupportable empreinte.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Adieu Monsieur Haffmann de Fred Cavayé
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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 10:24
MA NUIT CHEZ MAUD d'ERIC ROHMER

                                                                                                 

Plus âgé que Truffaut et Godard auxquels on le rattache volontiers, Eric Rohmer, de son vrai nom Maurice Schérer, est né à Nancy en 1920. Il débute sa carrière, au lendemain de la guerre, dans la critique de cinéma, écrivant dans La revue du cinéma, Les temps modernes, La gazette du cinéma et Les cahiers du cinéma dont il sera le rédacteur en chef à la mort d'André Bazin de 1958 à 1963. Son oeuvre critique, réunie en un volume sous le titre" Le goût de la beauté", est l'une de celle qui a eu le plus d'influence pour définir la pensée cinématographique à partir des années 50. Plus profond et moins tapageur que Godard, il eut à coeur de défendre Renoir et Rossellini alors très attaqués, et sut se battre pour l'émergence d'un cinéma méritant pleinement sa place de 7e Art.  Il commença par réaliser des courts métrages dont "Véronique et son cancre" en 1958, où l'on trouve déjà l'essentiel des qualités d'humour, d'intelligence, d'ironie qui le distingueront et auquel s'ajoute un savoir-faire indiscutable. Ce fut en 1963 qu'il signe son premier long métrage "Le signe du lion", produit par son ami Chabrol. Ce film n'eut hélas aucun succès auprès du public, d'autant qu'il avait été tourné avec des acteurs peu connus ; néanmoins quelques connaisseurs le considéreront d'emblée comme une promesse d'avenir. Ennemi de la provocation et de la facilité, Rohmer amorce avec ce premier film une démarche personnelle, faite de rigueur et d'un souci évident d'esthétique, ce qui n'était pas toujours le fait des débutants de l'époque. Cet échec l'obligea à travailler un certain temps pour la télévision. Après cette période, où il se consacre à des films scolaires et, dans un ensemble d'émissions sur les cinéastes de notre temps, à une étude sur Carl Dreyer, il reprend le long métrage avec un projet ambitieux, celui des "Six contes moraux".



C'est avec "La collectionneuse" en 1967 que l'on découvre enfin l'ampleur de son talent, sa qualité d'écriture, la beauté de ses images, avant qu'il ne s'impose de façon éclatante avec ce que je considère comme son chef-d'oeuvre : "Ma nuit chez Maud". Ce film ralliera à Rohmer les derniers hésitants, désorientés un moment par  la diversité brouillonne de ses propos. Avec "Ma nuit chez Maud", il impose un ton, un dépouillement quasi janséniste. Bien qu'appartenant à la série des "Six contes moraux", ce film s'en détache par sa gravité particulière. Elle réside dans le sujet lui-même et un grand nombre de dialogues. Bien que non dénué d'humour et même de drôlerie, principalement lors du tête à tête embarrassé de Maud et du narrateur, le film, de par sa structure, relève davantage du récit classique que de la comédie et ceci davantage encore qu'il est raconté à la première personne et au présent, ce qui est une prouesse qui n'avait jamais été tentée à l'écran et démontre l'audace et l'esprit d'innovation du cinéaste. C'est ainsi dans une sorte de présent-passé que se déroule le film et l'effet de décalage, qui en résulte, contribue à créer un climat d'étrangeté ; de même que l'histoire s'accompagne de son propre commentaire, initiative supplémentaire de la part de Rohmer. 
Les héros sont des intellectuels et, d'ailleurs, s'expriment comme tels. Les entretiens sur Pascal et son défi, sur la probabilité et la grâce sont ceux d'un auteur à part entière. Rohmer n'élude aucune difficulté et va jusqu'au bout de sa démonstration comme un artiste complet, associant la valeur du texte à celle de l'image, sans être jamais ni ennuyeux, ni pédant. Pour une fois, un cinéaste intellectuel ose faire un film qui lui ressemble et l'on découvre que le résultat est tout simplement passionnant. En cela, Rohmer se rappoche d'un Renoir et d'un Rossellini qui avaient tenté l'expérience sans aller aussi loin, car Ma nuit chez Maud réussit une synthèse encore plus aboutie que celle envisagée dans Le Fleuve (195O) et Le voyage en Italie (1954). Comme chez ces deux cinéastes auxquels il se rallie avec cette oeuvre, Rohmer soigne sa mise en scène qui, à force de maîtrise, devient transparente et toute entière consacrée au contenu, car ce qui compte est l'écriture serrée du scénario, la pertinence des dialogues et le caractère des personnages. A ces derniers, le cinéaste confère un degré d'existence rare, que le choix des interprètes porte à un paroxysme d'excellence. Jamais Trintignant n'a été meilleur que dans le rôle de l'ingénieur catholique qui cache ses tourments sous une assurance factice, plus convaincante Marie-Christine Barrault dont le visage rayonnant dissimule ses secrets et ses ombre, plus séduisante Françoise Fabian en femme épanouie, maîtresse d'elle-même et d'une classe folle et, plus efficace et horripilant un Antoine Vitez en parfait intellectuel, dialecticien agile et passablement verbeux. Film très "milieu du siècle" comme Rohmer le dit lui-même, qui utilise pleinement les ressources du noir et blanc, "Ma nuit chez Maud"  illustre à la perfection le monde poétique de son auteur. " Quand je filme - a confié Rohmer lors d'un entretien avec Les Cahiers du cinéma - je réfléchis sur l'histoire, sur le sujet, sur la façon d'être des personnages. Mais la technique du cinéma, les moyens employés me sont dictés par le désir de montrer quelque chose." Sur ce plan, il a parfaitement atteint son but, réalisant en un seul film une impressionnante synthèse sur les questions essentielles qui se posent à l'homme d'aujourd'hui. Mauriac n'est pas si loin.

  

Pour prendre connaissance des articles consacrés à Eric Rohmer et Jean-Louis Trintignant, cliquer sur leurs titres :

 

ERIC ROHMER OU UN CINEMA DE LA PAROLE               JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont "Le genou de Claire", cliquer sur le lien ci-dessous :
 

 
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MA NUIT CHEZ MAUD d'ERIC ROHMER
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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 11:02
ALAIN CORNEAU

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Héritier proclamé de la Nouvelle Vague, Alain Corneau incarne avec quelques autres comme Téchiné, Miller et Tavernier la relève du cinéma d'auteur et apparaît comme un témoin de son temps entre fin de siècle et nouvelles incertitudes. En 2004, l'ensemble de son oeuvre avait été distingué par le prix René Clair et, en 2010, il s'était vu décerner le prix Henri-Langlois. En 1992, "Tous les matins du monde", qui relate l'histoire d'un joueur de viole au XVIIe siècle interprété par Jean-Pierre Marielle, avait connu un vif succès public et reçu le César du meilleur film. Alain Corneau était le compagnon de la cinéaste et écrivain Nadine Trintignant. Il était né le 7 août 1943 à Meung-sur-Loire (Loiret). Musicien de formation, il était entré très tôt à l'Institut des hautes études cinématographiques (Idhec), devenant dans un premier temps stagiaire sur des films, puis assistant de Constantin Costa-Gavras en 1970 pour "L'Aveu". Il y rencontrera Yves Montand qu'il dirigera par la suite. Également assistant de Nadine Trintignant pour "Ça n'arrive qu'aux autres", il co-écrit avec elle "Défense de savoir" en 1973. Cette même année, il réalise son premier film "France, société anonyme", un échec commercial.

 

En 1976, en passionné de cinéma américain, il s'inspire du personnage de l'inspecteur Harry (incarné par Clint Eastwood) pour sa deuxième réalisation, "Police python 357", avec Yves Montand. Les deux hommes collaborent à nouveau sur "La Menace" (1977) et "Le Choix des armes" (1981), classiques du film noir à la française. Entre-temps, Alain Corneau signe l'adaptation de "Série noire" (1979). Patrick Dewaere et Marie Trintignant y font une forte prestation. À partir des années 80, le réalisateur s'essaie à d'autres genres. Connu pour ses polars, il aborde également de nombreux autres registres. En 1984, il met en scène la prestigieuse fresque coloniale "Fort Saganne" avec Gérard Depardieu, tirée du roman historique de Louis Gardel et cultive ainsi  le plaisir de la narration par le cinéma. C'est, à l'époque, le film le plus cher du cinéma français. En 1992, "Tous les matins du monde", d'après un roman de Pascal Quignard, obtient un succès public et assez inattendu sur un sujet aussi austère (l'histoire du violiste et compositeur du XVIIe siècle Marin Marais), avec un Jean-Pierre Marielle au sommet de son art et un jeune acteur prometteur Guillaume Depardieu. Alain Corneau s'engagera ensuite dans des oeuvres plus intimistes comme le subtil "Stupeur et tremblements" (2003), adapté du roman éponyme de l'écrivain belge Amélie Nothomb, ou "Les Mots bleus" (2005), basé sur le livre du même nom de Dominique Mainard. L'année suivante, Alain Corneau concrétisera un rêve vieux de trente ans en transposant à l'écran l'ouvrage de son ami José Giovanni "Le Deuxième Souffle" avec Daniel Auteuil et Monica Bellucci. Il meurt en 2010.



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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 14:02
Les illusions perdues de Xavier Giannoli

Les siècles se succèdent sans que les choses changent autant que nous le supposerions. Sous Louis XVIII, il était tout aussi difficile de concilier les Français que cela ne l'est aujourd'hui. Au XIXe siècle, il y avait les royalistes et les autres, comme il y a de nos jours la droite et la gauche, et ce monde ne marche nullement du même pas. Lorsque Lucien de Rubempré quitte sa province et l'imprimerie familiale au bras de sa protégée la belle Louise de Bargeton (Cécile de France), l'expérience se révèle cruelle à ce jeune homme de 20 ans. Paris n'est pas la province et n'entend pas accueillir ce poète désargenté, et dont la particule n'est nullement celle de son père, avec l'enthousiasme qu'il supposait. De même ses vers, aussi charmants soient-ils, ne susciteront pas l'enthousiasme. Dans ce Paris où se font et se défont les réputations, celle de Lucien sera très vite mise à l'épreuve. Sa poésie fait sourire par sa trop tendre fraicheur et ses ambitions ne sont pas portées, hélas ! par un nom de famille à la consonance irréprochable, ce Rubempré n'est jamais que celui de sa mère qui a perdu son aura en épousant un roturier sans panache, dirigeant une modeste imprimerie d'Angoulème.

 

Benjamin Voisin et Cécile de France

Benjamin Voisin et Cécile de France

Adaptant la seule partie centrale du roman de Balzac, le réalisateur privilégie une mise en scène superbe de la vie parisienne sous Louis XVIII, constellée par une galerie de personnages hauts en couleur et fort représentatifs d'un temps où l'existence semblait partager les mêmes faiblesses qu'aujourd'hui. Soit les tentations sociales et les extravagances comme la corruption, la polémique, la rumeur, les fausses informations, nous ne sommes pas loin des titres de nos journaux contemporains et il est visible que Giannoli se plaît à les souligner et à les mettre en images, nous offrant une ample fresque qui disséque les principales faiblesses de cette époque. Mais il est vrai aussi que la démonstration est trop constante et les clins d'oeil trop excessifs sur les fautes et compromissions contemporaines. Cela prive le film d'une légèreté qui nous aurions probablement appréciée et charge le tempo d'un exposé à bien des égards alourdi  par ces rappels. Mais nous devons admettre que Xavier Giannoli a le sens de la mise en scène. Je l'avais remarqué dans son précédent opus "Marguerite" et, à nouveau, il nous emporte par la nervosité de son rythme et un sujet d'une implacable cruauté. Quant aux acteurs, ils savent proférer avec éclat des répliques provocantes et cinglantes. Une mention spéciale pour le jeune Benjamin Voisin qui prête à son personnage une sensibilité encore embrumée de naïveté. Film plus spectaculaire qu'émouvant, il n'en est pas moins une adaptation réussie d'une page chargée d'incroyables intuitions de la part d'un des nos écrivains phares, Honoré de Balzac, qui avait la nostalgie de la bienveillance et d'un reste de pureté originelle.
 

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 11:48

600px-Charlton Heston in The Ten Commandments film trailer

 


En 1950, un danger se profile qui peut miner l'essor du cinéma américain : l'envahissement du petit écran dans les foyers, soit cette lucarne qui a le pouvoir de retenir chez lui le spectateur et de le dissuader de se rendre dans les salles obscures. Peu importe que les images télévisées soient encore en noir et blanc, les écrans petits et les émissions proposées de piètre qualité, le cinéma est en danger et les professionnels sont tenus de réagir au plus vite, s'ils ne veulent pas que le 7e Art périclite inexorablement. C'est alors que les exploitants des salles lancent une campagne d'affiches où l'on peut lire ceci : " Prenez votre auto, dînez dehors, allez voir un bon film!" De son côté, l'industrie cinématographique multiplie les innovations et se lance un défi : au petit écran, elle oppose ... l'écran panoramique, les couleurs de plus en plus travaillées et des essais de films en 3D (en 1954 la Warner en sortira trois). Quant aux producteurs, ils se ressaisissent à leur tour en innovant dans des superproductions que le petit écran serait bien peine de concurrencer, instituant un cinéma spectaculaire sensé asseoir à tout jamais sa suprématie. Ce mouvement hollywoodien vers un cinéma qui suppose des moyens colossaux sera incarné par Cécil B. De Mille qui, dès 1918, avait appliqué le mot d'ordre d'Adolph Zukor : "Tournez des pièces prodigieuses avec des acteurs de premier ordre." En 1956, De Mille décide de tourner Les dix commandements avec Charlton Heston, Yul Brynner et Anne Baxter qui s'avèrera son film-testament ;  il y multipliera les prouesses de mise en scène en dirigeant 15 000 figurants dans les péplums bibliques dont on sait déjà qu'ils enthousiasment le public (il y avait eu en 1951 le Quo Vadis de Mervyn LeRoy). La Rome antique et l'ancienne Egypte sont des sujets porteurs qui permettent des images grandioses et des reconstitutions flatteuses à l'oeil du spectateur, si bien qu'après Les dix commandements, ce sera le Ben-Hur de William Wyler, superproduction des superproductions qui recueillera tous les superlatifs : son coût de 15 millions de dollars, ses milliers de figurants, ses quatre mois de répétition, sa séquence de course de chars qui a nécessité un réalisateur spécifique, ses trois mois de tournage, sa longueur exceptionnelle de trois heures et demie, sans compter qu'au final le film récoltera neuf Oscars et se placera au premier rang du box-office aux côtés de  Autant en emporte le vent

 


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A sa suite, mais sans le surpasser, il y aura Le tour du monde en 80 jours de Michael Anderson, Barabbas de R. Fleisher et la magnifique fresque historique de David Lean Lawrence d'Arabie qui fera souffler dans les salles obscures les vents du désert. Production anglo-américaine, le scénario se conformait au livre de Thomas E. Lawrence lui-même "Les sept piliers de la sagesse", où l'on voit le colonel britannique tenter de promouvoir auprès des représentants du Royaume-Uni et de la France l'indépendance des pays arabes. Trois ans plus tard, David Lean signera, avec le même scénariste Robert Bolt, une adaptation très réussie du roman de Boris Pasternak : Docteur JivagoPourtant rien n'y fera et le nombre de spectateurs continuera de chuter de façon vertigineuse. Si en 1955, on recensait chaque semaine 50 millions de spectateurs aux Etats-Unis, le nombre ne sera plus que de 30 cinq ans plus tard. L'inflation des superproductions n'est pas parvenue à gagner la guerre contre le petit écran. Néanmoins, de ce combat perdu, il nous reste quelques scènes d'anthologie inoubliables qui ont nourri notre imaginaire et contribué à parfaire à jamais la légende du 7e Art.



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LAWRENCE d'ARABIE, DE LA REALITE A LA LEGENDE          

DAVID LEAN, L'IMAGIER PRESTIGIEUX

CHARLTON HESTON    

 

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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 13:48
Eugénie Grandet de Marc Dugain

Filmé par une caméra qui sait s'attarder sur les visages et les lenteurs de la vie provinciale, Marc Dugain, s'inspirant du remarquable roman d'Honoré de Balzac auquel il reste fidèle pour l'essentiel, nous met en images la vie austère d'un négociant en vins  Monsieur Grandet, qui demeure près de Saumur. Ce dernier fait vivre sa femme et sa fille Eugénie dans une austérité qu'elles croient toutes deux due à la pauvreté familiale, ne soupçonnant pas un instant qu'elle est le fruit d'une avarice incroyable, alors même qu'elles dorment sur des réserves d'or. Félix Grandet envisage, bien entendu, pour sa ravissante fille, un mariage d'argent avec un notable de la région, mariage qui n'inspire qu'inquiétude à cette jeune fille tendre et imaginative. C'est alors qu'un cousin parisien est envoyé à Saumur par son père qui a décidé de se suicider à la suite de mauvaises affaires et que Félix Grandet va s'empresser d'éloigner, ayant deviné les sentiments qui se sont emparés des jeunes gens. 

 

C'est à la mort de son père qu'Eugénie se trouvera  à la tête d'une fortune considérable qu'elle ne soupçonnait pas mais, n'ayant pu unir sa vie à celle de son cousin, elle envisage d'abord de rembourser les dettes de son oncle, ce que son fils, revenu des îles et sur le point d'épouser une noble héritière, a omis de faire. Ensuite, elle verra, sans doute voyagera-t-elle. Sur ce canevas proche du roman, le cinéaste a su créer une atmosphère provinciale remarquable d'authenticité, et consacrer l'essentiel de l'histoire à deux acteurs de talent : Olivier Gourmet dans celui de Monsieur Grandet qui, chargé d'exprimer  la monstruosité du personnage, s'en empare avec force et conviction, et Joséphine Japy dans celui d'Eugénie, qui rassemble sur son visage délicat le feu intérieur, marque indélébile de sa résistance aux événements. Voilà un opus qui séduit par la qualité de l'interprétation, la modestie d'une chaumière campagnarde centralisant autour de la table familiale et de la cheminée le drame en train de s'accomplir, enfin la détermination des trois femmes, la mère, la fille et la servante qui acceptent l'inéluctable, confrontées qu'elles sont à la violence abrupte d'un homme qui sacrifie tout à sa terrifiante ladrerie.  


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Eugénie Grandet de Marc Dugain
Eugénie Grandet de Marc Dugain
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Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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