Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 10:26

EuropaCorp Distribution      VIDEO


Les héroïnes de  Benoît Jacquot  ont pour constance de prendre la fuite et de privilégier la rupture. Les unes faussent compagnie à leur famille pour suivre un braqueur de banque au Maroc ( A tout de suite ), d'autres s'évadent de Pont-à-Mousson avec l'espoir de rencontrer leur père sur le bord du Gange  ( L'intouchable ). Dans son dernier opus  Villa Amalia  - tiré d'un roman de Pascal Quignard - Ann (  Isabelle Huppert  )  quitte son mari, vend sa maison, brûle les photos de son passé et part dans une errance à la Antonioni qui la conduira jusqu'à la baie de Naples, après avoir surpris ce dernier dans les bras d'une autre. Jacquot filme, une fois encore mais avec un talent qui ne cesse de se décanter, l'itinéraire d'une solitude, une métamorphose physique et mentale, une quête d'un ailleurs intérieur ou plus simplement d'un " autrement ". Ann passe par la souffrance pour atteindre son noyau dur et espère que ce dépouillement la ramène au monde - analyse le cinéaste. Plonger vers autre chose en refusant de faire le tri, rompre définitivement et mêler ainsi la liberté à la nécessité. Tous ces modes de fonctionnement me ressemblent - dit-il encore. Dans "Villa Amalia", je m'identifie à mon personnage. Oui, je suis elle. Je suis Isabelle Huppert. Cela n'évoque-t-il pas le " Madame Bovary, c'est moi " - de Flaubert ?


Isabelle Huppert. EuropaCorp Distribution


Tenter de percer à jour quelqu'un comme Benoît Jacquot revient à refermer ses doigts sur le vide. Non qu'il cultive le secret pour le secret, mais il ne se livre qu'en creux et, à l'évidence, il ne déteste pas la psychanalyse ( n'a-t-il pas consacré un documentaire à Lacan ? ). Assistant de Marguerite Duras, cette expérience fut pour lui capitale. A la suite, il eut sa période Robert Bresson, puis celle où, sans se renoncer, il fit un chemin vers le public avec  La désenchantée

Mon histoire d'amour avec Dominique Sanda s'achevait. Judith Godrèche, une tornade, décida de façon téméraire et très amoureuse de me sauver. Elle m'a amené à réaliser un deuxième premier film. Elle a sauvé ma vie cinématographique en se proposant comme clé. Car, sachez-le, je ne peux filmer une comédienne que si j'en suis amoureux.

Le mot est lâché. Le regard du cinéaste Jacquot est d'abord un regard amoureux sur une femme qui est son double, sur ce qu'il y a en lui de féminin et d'interrogatif. D'où ses longs métrages intimistes qui ont tous des allures de mises à nu et sont d'abord des portraits de comédiennes : La fille seule, La désenchantée, L'école de la chair -  représentant des sortes de documentaires sur des jeunes femmes comme Judith Godrèche, Virginie Ledoyen, Isild Le Besco et Isabelle Huppert, qu'il fait tourner ici pour la cinquième fois. A son sujet, l'auteur précise :


Même si j'ai reconnu d'emblée une partition possible pour nous dans le roman de Pascal Quignard, je n'ai jamais été aussi sceptique quant à la réussite d'un film. Sur le tournage, Isabelle et moi avions pourtant l'impression que nous tracions ensemble quelque chose d'inédit, que nous touchions au coeur de la cible. Nous entendions résonner la note que nous cherchions depuis longtemps. Il faudra, désormais en traquer une autre.



Isabelle Huppert. EuropaCorp Distribution


Voilà un film étrange et réussi qui nous dépeint une existence en forme de désintégration de soi, un hymne à un narcissisme détaché ou résigné saisi avec une précision clinique et des images d'une beauté fascinante. Une oeuvre sur la primauté du moi, réalisée par un cinéaste au faîte de son talent et une actrice tout simplement exceptionnelle. Etonnant.

Actuellement, les cinéastes ont la caméra heureuse avec les femmes...

Pour lire l'article sur Isabelle Huppert, cliquer sur son titre :

 

ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT

 

Et pour consulter la lsite complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 10:29

       VIDEO


L'AOF en 1938. Le petit village de Bourkassa ( Oubangui ) a pour unique fonctionnaire d'autorité Lucien Cordier ( Philippe Noiret ), qui passe, aux yeux de ses administrés et de la communauté européenne, pour un incapable et un parfait cocu. Mais le pleutre va se transformer  - sans que l'on sache très bien pourquoi et quelle mouche l'a piqué -  en ange exterminateur, persuadé qu'il est investi d'une mission divine. Il se met alors à abattre froidement plusieurs membres de son entourage, blanc et noir. Ce carnage colonial prélude en mineur, et sur le mode bouffon, à la sanglante hécatombe qui va bientôt ravager l'Europe.

 

Bertrand Tavernier a toujours travaillé au coup de coeur et, de ce fait, il s'est attelé successivement à des registres très divers, aussi bien à une intrigue policière, à une fresque historique, à un fait criminel du siècle dernier dont il a tiré une sorte de western à la française. Son domaine d'élection, par-delà la diversité des sujets abordés, paraît être la farce tragique ( comme Renoir parlait de " drame gai" ), à grand renfort d'effets baroques, alternant avec des plages de mélancolie ( Un dimanche à la campagne ). Quand on lui demandait de caractériser  Coup de torchon,  il s'en tirait par une boutade en parlant de comédie métaphysique ; ou bien en jouant avec les titres de ses films précédents -  c'est l'histoire du fils du Juge et de l'Assassin qui, à force de voir la mort en direct, décide de prendre une Semaine de vacances !  En souvenir de Prévert, dont l'ombre tutélaire plane, on pourrait sous-titrer cette murder party sur fond d'épopée africaine L'affaire est dans le sac.


Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret. StudioCanal


Typiquement français par son cadre ( le monde colonial à la veille de la Seconde Guerre mondiale ), ses personnages et son esprit anarchisant, ce film n'en témoigne pas moins de l'admiration de son auteur pour la littérature et le cinéma américain : le thème est d'ailleurs emprunté à un roman de Jim Thompson. Le cinéaste a transposé l'action et la typologie des Etats-Unis dans un milieu européen, comme il l'avait déjà fait pour Simenon dans son premier film  L'horloger de Saint-Paul  ( 1974 ). On y gagne une fable intemporelle sur la débilité humaine, la fragilité des esprits et des coeurs, les pulsions incontrôlées des êtres, tout cela empreint d'une féroce jubilation, auquel le personnage interprété par Philippe Noiret, stupéfiant d'ambiguïté, participe beaucoup. Le Bien et le Mal c'est pareil, ça sert pas beaucoup par ici, ça rouille, ça doit être le climat - soliloque le héros, mélange de Don Quichotte et d'Ubu roi.

 

Tous les acteurs méritent d'ailleurs d'être cités - Stéphane Audran et Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle et Guy Marchand,  tant ils contribuent à créer l'atmosphère étouffante et poisseuse de cet opus, mélange relevé et âcre d'humour noir et de farce cruelle, brûlot anachronique qui s'achève sur une pirouette et laisse entendre - selon Alexandre Trauner - que la justice divine est sans doute incompatible avec les idéaux humains.

 

4-e-toiles


Pour lire les articles sur Philippe Noiret, Stéphane Audran et Isabelle Huppert, cliquer sur leurs titres :

PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT         ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT          STEPHANE AUDRAN - PORTRAIT

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 10:45

Rezo Films     

 

Voilà un film toujours d'actualité et qui, sorti en 2008, ne peut laisser personne indifférent. Porté par une Isabelle Adjani qui semble ne faire qu'un avec le personnage de Sonia Bergerac, il nous conte l'histoire d'une prof de français comme tant d'autres, qui s'apprête à affronter pendant les 60 minutes de son cours, des élèves au bord de l'insurrection. A peine a-t-elle refermé la porte de la classe qu'ils l'invectivent, la menacent, l'insultent. Visiblement déprimée, déjà usée avant l'âge, la jeune femme - au bord de la crise de nerfs ou d'épuisement - découvre soudain dans le cartable d'un arrogant jeune beur un pistolet dont elle va se saisir afin de retourner la situation à son avantage et faire en sorte que la violence change de camp. Ainsi allons-nous assister à une tragédie classique, un huit-clos inimaginable il y a seulement quelques années, d'un professeur donnant son cours après avoir pris ses élèves en otage. Dès les premières images le ton est donné et la tension ne fera que s'intensifier lorsque le directeur du lycée, ayant alerté la police, celle-ci arrive sur les lieux, cherchant par des moyens très souvent contestables et brouillons, à régler au mieux une situation paroxysmique. Intervient alors une ministre de l'intérieur vraiment peu crédible. Ensuite rien ne nous sera épargné de la lâcheté et de la veulerie des uns et des autres, du proviseur et des parents d'élèves se refusant tous à analyser la situation avec lucidité, les uns proférant l'anathème à l'encontre de ce prof  trop fragile et probablement raciste, les autres se réfugiant dans le silence par crainte des représailles. On assiste ainsi à l'étalage de tous les poncifs qui font qu'aucun des problèmes concernant l'éducation sont actuellement en voie d'être résolus de manière rationnelle. Une seule collègue courageuse téléphonera en cachette à Sonia Bergerac pour l'assurer de son soutien indéfectible et la supplier de tenir bon. Mais Sonia, à l'évidence, ne se fait aucune illusion : la responsable, le bouc émissaire, ce sera elle, elle seule. On comprend alors à quel point les femmes sont plus exposées que les hommes dans une société qui ne parvient plus à faire respecter le droit et la loi. C'est la raison pour laquelle Sonia Bergerac voudrait instituer la journée de la jupe, de façon à dire haut et fort que la femme qui porte les emblèmes les plus classiques de sa féminité n'est pas pour autant une pute. Effroyable mélange des genres qui permet à des populations d'assimiler la féminité à la luxure et regard sans concession porté sur les conditions désastreuses de l'enseignement en France. La fin de ce huit-clos est dans la droite ligne du combat engagé : bien sûr tant de violence, d'aveuglement, de haine ne peuvent se conclure que dans le sang et les larmes...


Isabelle Adjani. Rezo Films

 

Cet opus courageux pose sans ambages les problèmes qui concernent chacun de nous, car personne ne peut se dérober à un état de fait qui risque d'engendrer les pires catastrophes. L'enseignement est ce qui permet aux plus démunis de s'approprier les outils culturels indispensables pour sortir de leur condition et s'assurer un avenir décent. C'est d'ailleurs ce que ne cesse de leur dire, avec un accent de sincérité bouleversant, dans les conditions dramatiques qui sont les siennes, leur professeur. N'est-elle pas là pour les aider, n'a-t-elle pas consacré sa vie à les former, à les éduquer, afin d'en faire des adultes responsables. Isabelle Adjani se fait leur avocat sans qu'ils s'en rendent compte, adolescents refermés sur eux-mêmes, leurs préoccupations immédiates, leurs pulsions instinctives. Rien ne passe plus d'elle à eux, sinon cette violence née d'une peur inexplicable, irraisonnée, inavouée.

Balançant entre drame, plaidoyer, témoignage, ce long métrage n'est pas dénué de défauts, ni exempt de maladresses, mais il a l'avantage de frapper fort et juste. Bien sûr, rien d'innovant dans une mise en scène linéaire et banale ; rien de stupéfiant, de sublime ( je l'ai lu dans plus d'une critique ) dans le jeu toujours un peu forcé d'Isabelle Adjani, dont on sait qu'elle se plaît dans les drames les plus sombres, mais une fable terrible et, je le suppose, hélas ! ( car je ne suis ni élève, ni professeur ) un constat accablant.
Une mention spéciale pour les jeunes acteurs, tous épatants.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


Rezo Films

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 17:27

En juin 1940, Paulette, une fillette de 5 ans, et ses parents sont jetés, comme des centaines de familles, sur les routes de l'exode. Un bombardement tue net le couple, laissant la fillette seule au bord d'une route inconnue. Elle est recueillie par les Dollé, une famille de paysans. Paulette refuse de se séparer du cadavre de son chien, qu'elle veut enterrer. Le fils des Dollé, Michel, âgé de 11 ans, aménage un cimetière d'animaux, où les deux enfants ensevelissent solennellement d'autres bêtes. Une complicité profonde s'installe entre Paulette et Michel...
 

Avec ce film tourné en 1951, René Clément donne vraiment la mesure de son talent. Jeux interdits, Lion d'or au Festival de Venise en 1952 et Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1953, doit son impact à l'évocation du drame de l'exode et à l'histoire bouleversante de deux enfants qui tentent de sauvegarder une part de leur innocence face aux jeux absurdes de la guerre et à l'incompréhension et froideur du monde adulte. "La prison, l'aliénation commencent dès l'enfance" - dira René Clément, s'accordant sur ce point avec Luigi Comencini, qui traitera ce thème tout au long de sa carrière. Le sujet était difficile et le mérite de Clément est d'avoir évité un sentimentalisme larmoyant et donné une vision juste et émouvante de l'univers poétique de l'enfance aux prises avec les horreurs de la guerre, servi par la musique mélancolique du guitariste  Narciso Yepes.


On y découvre une petite fille de cinq ans qui, sur les routes encombrées de l'exode, voit son père, sa mère et son petit chien mourir à ses côtés, tués par les raids aériens allemands. Alors qu'elle erre seule dans la campagne, son chien mort dans les bras, elle rencontre un garçon de onze ans, Michel, dont la famille accepte de la recueillir momentanément. Avec Michel, son complice, elle va enterrer son chien et créer un cimetière pour les animaux morts, jeu macabre au cours duquel les deux enfants essaient d'apprivoiser la mort et de lui prêter une dimension plus humaine. Jusqu'au jour où des gendarmes viendront chercher la petite Paulette et la conduiront au centre des réfugiés, la perdant une fois encore parmi les autres, séparée à jamais de son compagnon de jeux.

 

Le film suscita une immense émotion, probablement parce qu'il n'y avait pas de façon plus frappante que de montrer la guerre, et ce qu'elle engendre, à travers des regards d'enfants. L'interprétation de Brigitte Fossey, dont c'était la première apparition à l'écran, y est pour beaucoup. Son naturel, sa sensibilité, sa sincérité touchante prouvent à quel point elle fut admirablement dirigée par son metteur en scène. La direction d'acteurs n'était d'ailleurs pas l'une des moindres qualités de René Clément. Le petit Poujouly ne démérite pas non plus à ses côtés. D’autre part, la sublime musique du film joue un rôle à part entière dans cette composition en tous points bouleversante.

 

Pour consulter l'article consacré à René Clément, cliquer sur son titre :

 

RENE CLEMENT OU LE CINEMA D'APRES-GUERRE

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 10:39
LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET

       

"La marche de l'empereur" de Luc Jacquet est un film superbe, une ode émouvante à l'intention du peuple des manchots empereurs qui vit au coeur de l'Antarctique, la région la plus isolée et la plus inhospitalière de notre planète et qui, au prix d'un courage inouï, parvient à assurer le cycle de sa reproduction. Luc Jacquet a dû vivre des mois durant dans des conditions difficiles pour suivre ces animaux dans leurs lentes et longues pérégrinations sur le continent blanc, véritable odyssée d'un peuple animal dont la foi en la vie est tellement forte qu'elle fait de chacun un héros silencieux et grandiose. Film bouleversant par sa simplicité qui fait passer à travers la beauté de ses images un formidable message écologique et nous démontre combien les animaux sont en mesure de nous rappeler, à nous autres les hommes, les notions d'entraide et de fraternité. Ces manchots sont, à l'évidence, attendrissants et majestueux et comme habités par des émotions proches des nôtres. Danse nuptiale pour se séduire, puis protection à tour de rôle par le mâle et la femelle de l'oeuf unique et précieux ; départ de la mère en quête de nourriture pendant que le père continue de couver, transmission permanente des informations pour lutter contre les éléments et le découragement ; vraie histoire d'un combat pour la vie.

 


Bonne Pioche Productions

 

 

Seule critique : des commentaires assez simplistes et une musique peu convaincante encombrent plus qu'ils ne servent ce magnifique documentaire qui méritait davantage de silence.
A voir et à revoir comme une impériale leçon de sagesse.


Car celle de cet animal relève ni plus, ni moins, du roman naturaliste et apparaît au spectateur comme follement cinématographique. C'est du cinéma dramatique qui recèle autant de suspense que de passion et de romance. Dans un cadre particulièrement hostile mais d'une beauté à couper le souffle dans son dénuement immaculé, la rude destinée du manchot en fait un modèle de ténacité et d'endurance et impose l'animal comme un super héros dans sa lutte pour sa survie.

 


Bonne Pioche Productions

la_marche_de_l_empereur_2004_portrait_w858.jpg

 
4-e-toiles 

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

RETOUR A LA PAGE d'ACCUEIL


 

LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET
LA MARCHE DE L'EMPEREUR de LUC JACQUET
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 10:05

Jean-Claude Brialy, Bernadette Lafont et Gérard Blain. Collection Christophe L.    VIDEO

 

Grâce à un petit héritage personnel, Claude Chabrol, alors jeune critique aux Cahiers du cinéma, produit lui-même son premier film, réalisé avec le concours efficace d'une bande de copains réunie dans un village de la Creuse, Sardant, au cours de l'hiver 1957-58. Il ne coûtera que 42 millions de francs et symbolisera, dans le monde vieillissant du 7e Art, l'irruption  de la jeunesse.
En novembre 1957, Françoise Giroud, qui avait le sens des formules, écrivait dans l'Express : -  " la Nouvelle Vague arrive !" - L'image était lancée. L'année suivante, la France, pays conservateur, allait se doter d'une nouvelle Constitution et placer à la tête d'une société, prospère mais vétuste, un vieux militaire qui savait dire non à la fatalité : Charles de Gaulle.
La Nouvelle Vague fut au cinéma un mouvement d'une ampleur exceptionnelle comme le sera la Ve République et cette vague secouera vigoureusement un art qui avait pris l'habitude de ronronner paisiblement à l'abri des grandes convulsions innovantes. Et Le beau Serge sera considéré comme le manifeste de cette Nouvelle Vague cinématographique. " Confrontation, dans le cadre très minutieusement décrit d'une campagne pauvre, de deux types de jeunes hommes, fort opposés et néanmoins amis " - dira de son film le réalisateur lors de sa présentation au public. Il ajoutait qu'il s'agissait là " d'une traversée des apparences". En effet - poursuivait-il - au-delà des apparences, une vérité doit peu à peu de dégager pour le spectateur : l'instable, le complexé, le fou, ce n'est pas Serge mais François. (...) En somme dans "Le beau Serge" se juxtaposent deux films : l'un dans lequel Serge est le sujet et François l'objet, l'autre dans lequel François est le sujet et Serge l'objet. Par définition, c'est le premier de ces films qui apparaît tout d'abord. L'idéal pour moi est que l'on soit sensible à l'autre".

 Jean-Claude Brialy et Bernadette Lafont. Collection Christophe L.

 

Le beau Serge est, naturellement, un titre ironique. Serge ( Gérard Blain ) s'avère être tout sauf beau, lorsque François ( Jean-Claude Brialy ), son vieil ami, débarque dans sa ville natale.

 


François est revenu dans son village natal pour une convalescence. Il avait souffert d'une maladie grave et vient y chercher le repos et la tranquillité. Mais il ne trouve rien de tout cela. La vie de son ami s'est dégradée fortement. Serge est marié à Yvonne, qui l'adore, mais qu'il méprise injustement en raison de leur premier enfant, mort-né.

Il boit presque sans arrêt en compagnie d'un homme plus âgé appelé Glomaud, qui peut ou peut ne pas être le père de Marie, la sirène locale. La propriétaire de la pension de François lui indique que Marie se " fiance" avec un homme différent chaque jour. Marie est joué par Bernadette Lafont qui réussit, malgré ses 19 ans au moment du tournage, à rendre crédible ce rôle de bombe sexuelle.

Chaque événement ajoute à l'incompréhension entre François et les villageois. Lors d'un bal, il s'oppose soudainement au traitement qu'inflige Serge à Yvonne. Il suit Serge dans la rue et ils se battent. Obstinément, François reste dans le village pour exécuter ce qu'il croit être une action rédemptrice.

Il commence à neiger. Une nuit, avec Serge presque ivre-mort, François est au chevet d'Yvonne qui est en train d'accoucher de son deuxième enfant. Il se dépense sans compter pour faire venir le docteur, puis pour retrouver Serge qui s'est sauvé.

Le docteur est pessimiste sur la survie de l'enfant. Apparemment affaibli par le froid, François sort une fois de plus pour se mettre en quête de Serge. Il le trouve dans une grange et doit le traîner dans la neige. Une fois arrivé, il  le réveille avec une poignée de neige, au moment où les cris de son fils brisent le silence. 

Rien de gratuit dans ce long métrage où tout se réfère à une symbolique. En cela se reconnaît la fascination qu'exerce sur Chabrol son maître Hitchcock. Le psychanaliste et l'ésotériste ont ceci de commun que, cerbères du domaine des songes, ils sont les détenteurs de son trousseau de clefs. Le beau Serge présente une suite de scènes subjectives qui nous plongent dans le monde du désir immédiat. Et bien qu'il n'y ait pas de réel conflit dramatique, il y a du Tennessee Williams dans cet opus où l'on plonge dans le même ennui prégnant, la même infinie tristesse. Chacun dans ce village cherche un refuge : Serge et son beau-père dans l'alcoolisme, Marie dans la nymphomanie, le prêtre dans le réconfort sans doute illusoire des belles paroles. Jusqu'au bal, moment privilégié pour s'affronter. Au milieu de cette petite société, la femme de Serge est la seule qui conserve intact son amour de la vie. Elle est l'élément positif, celle qui refuse de fuir, de se fuir.
Quant au film, il se déroule à la manière d'un ballet où les êtres tour à tour se cherchent, s'évitent, s'épient, se quittent, selon des affinités le plus souvent illusoires. S'il fallait le définir d'une phrase, on pourrait dire qu'il s'agit d'une ré-animation dans le sens de " rendre le souffle", de rendre à la vie à des personnages enkystés dans leur morosité. A ce village qui se meurt, François vient apporter une bouffée d'oxygène, redonner un second souffle à une micro-sociéré fantomatique. Par ailleurs, Chabrol a su donner à chacune des scènes le tempo de l'halètement et le photographe l'impression d'un enfermement dans un espace où l'air ne cesse de se raréfier jusqu'à l'oppression. Aussi le premier cri de l'enfant qui vient de naître correspondra-t-il au retour à la vie et à l'espérance.

 

Pour lire l'article consacré à Claude Chabrol, cliquer sur son titre :    

 

 CLAUDE CHABROL OU UNE PEINTURE AU VITRIOL DE NOTRE SOCIETE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont les films de Chabrol, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 11:33

        


Comme le disait Pascal, il n'y a qu'une chose qui intéresse l'homme, c'est l'homme. Tout ce qui entoure l'acteur doit être subordonné à ce but : mettre le public en contact avec un être humain.

                                              Jean Renoir   ( Ma vie et mes films )

 

A propos de Jean Renoir qu'il admirait, François Truffaut disait : Jean Renoir ne filme pas des situations mais des personnages. Effectivement, le cinéaste a toujours considéré le scénario comme quelque chose de relativement accessoire, un instrument parmi d'autres de la mise en scène. Pour lui, l'idéal eut été un film sans sujet, axé prioritairement sur l'acteur auquel il revient d'exprimer la vérité intérieure d'un personnage. C'est la raison pour laquelle il a utilisé fréquemment de longs plans filmés en continu, soit des plans-séquences, afin d'éviter d'avoir à couper une scène en une multitude de plans courts, ce qui aurait pour conséquence de troubler l'inspiration du comédien.
Ne filmant pas des idées- comme le disait encore Truffaut - mais des hommes et des femmes qui ont des idées, Renoir assigne au 7e Art un seul but, apparemment modeste, en réalité infiniment complexe et incertain : mettre le public en contact avec des individus que le dialogue, l'image, la situation, le décor, les éclairages contribuent à révéler.

 


La fonction que Renoir donne à la caméra et à l'art cinématographique est résumée de manière claire dans l'un de ses plus admirables chefs-d'oeuvre La règle du jeu ( 1939 ), où l'auteur devient entomologiste et réussit à constituer, à partir de ses divers personnages, un documentaire aussi fouillé qu'il le ferait dans la nature avec des animaux. Dans un film dramatique, avouait-il - l'acteur ne s'enfuit pas, mais c'est son naturel qui s'enfuit, et c'est pis. Ainsi Renoir sera-t-il toujours en quête de cet homme tout court, démuni, tour à tour ridicule, prétentieux, mégalomane, menteur, parfois criminel, mais si souvent émouvant dans sa recherche obstinée du bonheur. Et c'est cet homme-là, qu'à travers une filmographie exceptionnelle, il tente de saisir. A partir d'un jeu d'associations, d'idées libres, l'auteur donnera corps à un vieux projet, celui de mettre en scène une société riche et complexe et un ensemble de personnages dans un milieu extrêmement élégant et mondain. Le lieu qu'il choisit pour que les acteurs trouvent la vérité de leurs personnages sera la Sologne, région marécageuse entièrement dédiée à la chasse. N'ayant de compte à rendre à personne, puisqu'il vient de fonder sa propre société de production la NEF, Renoir a les mains libres et peut travailler à son rythme, en laissant mûrir ce qui est au départ une idée générale, abstraite et difficilement communicable. Peu à peu, il parviendra à atteindre une sorte d'idéal : un film sans sujet, basé sur les sensations du metteur en scène, traduites à l'usage du public par les acteurs. Bazin écrivait à propos de ce film d'un raffinement rarement égalé : que Renoir était parvenu à se passer totalement de structure dramatique et avait réalisé une oeuvre qui n'est qu'un entrelacs de rappels, d'allusions, de correspondances, un carrousel de thèmes où la réalité et l'idée morale se répondent sans défaillance de signification et de rythme, de tonalité et de mélodie ; mais cependant merveilleusement construite dont nulle image n'est inutile ni placée à contre temps. C'est une oeuvre qu'il faut revoir comme on ré-écoute une symphonie, comme on médite devant un tableau, car on en perçoit mieux chaque fois les harmonies intérieures.


Paulette Dubost et Nora Gregor.  

 

La situation de départ, basée sur une série d'imbroglios amoureux, peut apparaître comme vaudevillesque. Mais de ce point de vue, elle se distingue de la production française de l'époque parce que la trame est totalement problématique et qu'elle ne décrit que des personnages sympathiques et sincères, non misérables ou tarés, si bien que nous assistons à un vaudeville en quelque sorte inversé, à l'histoire la plus anti-dramatiques qui soit, où des gens sincères, honnêtes et généreux n'ont d'autre souci que de devenir encore plus sincères, honnêtes et généreux...Mais ils n'en dansent pas moins sur un volcan. Dans cette atmosphère de fin de règne pour ne pas dire de fin du monde, Renoir dresse le portrait extrêmement précis et détaillé de ces grands bourgeois d'avant-guerre, dé-synchronisés de leur époque, communauté isolée, coupée de tout, où la règle du jeu n'est fondée que sur une seule obligation qui ne souffre aucune dérogation : tenir son rang. Tout est donc permis à la seule condition que chacun puisse feindre de ne rien voir et de ne rien entendre et ne se livre que très discrètement à son petit jeu d'intrigues et de pouvoir.


Nora Gregor et Jean Renoir.


Leur drame réside dans le fait qu'ils se sont abandonnés, par confort ou paresse, à un courant irréversible qui ne cesse plus de les entraîner dans des marais, eaux stagnantes, eaux mourantes où ils s'enseveliront et disparaîtront corps et biens. Nous ne sommes- dit Renoir - que des jouets, des automates dans la main des dieux qui nous mystifient et que nous cherchons, en retour, à mystifier. La sincérité démontre qu'elle provoque parfois autant de catastrophes que le mensonge. Toute vérité est sans doute bonne à dire, mais encore faut-il qu'elle soit dite au bon moment. Pour vivre ensemble, nous supporter, nous sommes ainsi faits que nous avons besoin d'un ensemble de lois, de codes, de ce que le cinéaste appelle la règle du jeu. Cette règle nous assigne nécessairement des rôles et par là même des costumes que l'on se doit d'endosser. Lorsque l'habit est trop étroit ou trop lourd à porter, il en résulte toutes sortes d'ennuis, de complications, de malentendus, voire de catastrophes. Retrouver l'innocence perdue, vivre sans se travestir est un rêve romantique impossible à atteindre et c'est cette vision prophétique qui fait de La règle du jeu une tragédie sur les limites de toute liberté, de la mort une invitée au bal, du désespoir l'envers fatal des sentiments.

Et que se passe-t-il donc dans cette règle du jeu, sinon des chassés-croisés amoureux, celui de Christine et de Jurieu l'aviateur qui croient s'aimer ; celui de Geneviève et du marquis de la Chesnaye qui s'aperçoivent qu'ils ne s'aiment plus ? Par ailleurs, chez les domestiques, les intrigues vont également bon train entre Marceau le braconnier et Lisette mariée au garde-chasse Schumacher. Tout cela aboutira à des pugilats qui seront brusquement interrompus, lors d'une partie de chasse, par des coups de feu. A l'issue d'épisodes mouvementés et trompés par l'obscurité, les protagonistes finiront par tuer l'aviateur mais la règle du jeu, qui régissait ce petit clan, sera sauve et chacun, déçu et blessé, reprendra le cours habituel de sa vie.

Le film, mal reçu à sa sortie, provoquera un déchaînement de haine et une confusion indescriptible aussi bien dans les milieux populaires que bourgeois. Très affecté, Renoir tentera de sauver son film en supprimant de nombreuses scènes, si bien qu'aucune version intégrale ne subsistera après la guerre et qu'il faudra attendre les années cinquante pour reconstituer, à partir des négatifs, les copies que nous pouvons visionner aujourd'hui avec bonheur.

 

5-etoiles

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

Et pour prendre connaissance de l'article consacré au cinéaste cliquer sur son titre: 

 

Jean Renoir - portrait

 

Retour à la page d'accueil
 

 


Roland Toutain et Nora Gregor.

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 12:26

Isabelle Adjani. Collection Christophe L.


Adèle H est l'histoire romancée de la fille cadette de Victor Hugo qui, courtisée par l'officier britannique Pinson ( Bruce Robinson ), va le suivre jusqu'à Halifax et le harceler de son amour exalté dans ses diverses affectations. La première idée de Truffaut était de faire un film sur l'amour à sens unique, total, absolu, définitif, qu'une jeune femme peut éprouver pour un homme qui ne l'aime pas. La seconde était de faire une oeuvre avec le maximum de violence intérieure, de violence émotionnelle s'entend. Ces deux intentions seront rendues possibles grâce au jeu exceptionnel d'Isabelle Adjani dans le rôle d'Adèle et de la musique tout aussi persuasive de Maurice Jaubert, bien que cette dernière ait été composée bien avant les premières prises de vue.
Maurice Jaubert, connu des cinéphiles pour ses illustrations musicales des films de Vigo et de Carné, devait mourir en 1940 et fut, par conséquent, le compositeur posthume de 4 films de Truffaut : L'histoire d'Adèle H.  L'argent de poche, L'homme qui aimait les femmes et La chambre verte. Si bien que le film ne fut pas seulement écrit à partir d'un canevas littéraire inspiré du journal d'Adèle Hugo mais du schéma musical qui prend sa source dans la bande-son de la Suite française de Jaubert, rédigée entre 1932 et 1933.
On comprend aisément pourquoi François Truffaut a pu être séduit par cette musique. En dehors de la violence émotionnelle de la dernière partie du film, le saxophone assourdi fait entendre la voix d'un instrument qui correspond absolument aux vibrations du coeur déchiré d'Adèle et devient en quelque sorte sa voix, l'expression de sa solitude et de son absolue et passionnée dévotion pour le lieutenant français. Car cet amour non partagé est devenu obsessionnel au point que la jeune femme se ment à elle-même, qu'elle vit une sorte de dédoublement permanent, une quête folle qui, après l'avoir menée à Halifax, la conduira jusqu'à l'île de la Barbade avant qu'elle ne passe les quarante années restantes de son existence dans un asile d'aliénés ( comme Camille Claudel qu'Adjani interprétera également à l'écran ).


Isabelle Adjani. Collection Christophe L.


Musicalement le film recrée les ambiances des années 30, de ces harmonies auditives qui, à l'époque, marquèrent profondément Truffaut. Selon Adjani, ce qui intéressait presque exclusivement le cinéaste, était la peinture d'un caractère solitaire. Avec un certain nombre d'autres thèmes récurrents de sa déjà importante filmographie, dont celui d'écrire une fiction à partir de la réalité. Pour lui, Adèle Hugo se considérait comme orpheline et rejetée par les autres parce que son père avait toujours préféré Léopoldine dont la mort l'avait brisé. Truffaut a très bien su faire le lien entre la noyade de Léopoldine et la symbolique de l'eau qui marque le film dès la première scène où l'on assiste à l'arrivée d'Adèle à Halifax à bord d'un navire et la dernière qui se clôt sur un plan où elle est à nouveau debout devant les vagues. Adèle est ainsi associée à l'eau à travers ses cauchemars répétés. Il apparaît que la mort de sa soeur a intronisé son propre drame d'avoir été cette autre fille que son père n'a pas su ou voulu aimer.
La vie d'Adèle sera donc un naufrage annoncé, dominé par les bruns et les teintes assourdies et par la musique qui amplifie ce qu'il y a de sombre dans cette passion sans issue et ce désir inassouvi. Les plans et le cadrage sont eux aussi très soignés. Par ailleurs, le film étant consigné sur le visage d'Adjani, il fallait - écrira Nestor Almandros - un décor presque monochrome. Au cinéma, nous voyons les images dans l'obscurité, notre vision est de ce fait intensifiée. Si l'on souhaite obtenir des tonalités vraies, il faut baisser les tons du décor et des costumes. Ici la composition et l'éclairage rappellent le XIXe siècle des lettres et des journaux intimes. Et que fait Adèle H sinon de consigner d'une plume fièvreuse ses souvenirs comme pour nous convaincre que sa pasion malheureuse est d'abord une quête intérieure romantique.


Isabelle Adjani. Collection Christophe L. 


Le succès d'Adèle H aux Etats-Unis fut immense et le film couronné de nombreux prix. Quant à Adjani, elle est dans ce rôle absolument bouleversante. Son metteur en scène disait d'elle : " Je ne peux la comparer à personne et, à cause de cela, elle me maintient dans une grande tension, car elle me demande beaucoup d'explications qui m'obligent à m'interroger moi-même sur la fonction d'acteur ".
Ce qui me donne le courage de faire des films -
disait-il encore - c'est qu'au cinéma on ne se sent pas solitaire. le drame des peintres abstraits et des musiciens actuels, c'est la solitude. Mais quand je tourne un film et que j'ai le trac, je sens que les acteurs sont plus fragiles que moi, je sens qu'ils sont perdus dès le premier jour de tournage et qu'ils me font confiance. Je sais aussi que je peux les aider à progresser dans leur carrière, que nous allons faire un travail très concret qui va peut-être nous réchauffer le coeur".

 

Pour lire l'article consacré à François Truffaut, cliquer sur son titre :  

 

FRANCOIS TRUFFAUT OU LE CINEMA AU COEUR


Et pour consulter la lsite complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont La nuit américaine et Le dernier métro, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 08:54

StudioCanal     


Prudence et Balisaire Beresford se reposent dans leur propriété au-dessus du lac du Bourget, mais cette vie au ralenti n'est pas du goût de Prudence qui s'ennuie et rêve que quelque chose d'excitant survienne pour rompre cette douce monotonie. Ce voeu va se réaliser avec l'irruption de tante Babeth ( Annie Cordy ), spécialiste de papillons qui, en route pour l'Afrique, fait escale chez ses neveux et leur raconte comment elle vient d'être témoin d'un crime affreux, au cours duquel elle a aperçu, de la fenêtre de son compartiment, un homme étrangler une femme aux gants rouges dans le train qui venait en sens inverse. Cette histoire, à laquelle Balisaire ne croit guère, va déclencher chez Prudence la furieuse envie d'en apprendre davantage. Elle va profiter d'une absence de son mari pour se faire embaucher comme domestique dans un château baroque habité par une famille pour le moins surprenante, cette demeure se trouvant être placée en bordure de la voie empruntée par le chemin de fer et où Prudence s'imagine que le cadavre de la malheureuse victime a pu être balancé par l'auteur du crime. Et, en effet, elle va découvrir dans une annexe de la propriété, là où le châtelain, pingre et râleur, interprété par un Claude Rich un peu trop caricatural à mon goût, a réuni ses collections qui comportent, entre autres choses de grande valeur, plusieurs sarcophages authentiques. Je ne vous révèlerai pas la suite de l'intrigue, certes un peu longuette et alambiquée, mais qui vaut  pour la façon dont elle est traitée par un cinéaste qui se plaît à faire de ses films policiers ( celui-ci est la troisième adaptation d'une oeuvre d'Agatha Christie ) des comédies légères et impertinentes mais que l'on oublient vite.


André Dussollier et Catherine Frot. StudioCanal


Dans des paysages, la plupart du temps neigeux et assez gris, se déroule une action pleine de rebondissements et d'amusants clins d'oeil à des films anciens comme la scène où l'on voit Dussolier passer en kilt au-dessus d'une bouche d'aération, ainsi que le faisait Marylin dans Sept ans de réflexion , ou bien  d'autres qui ne sont pas sans une pointe de piment hitchcockien, mais le génie du maître en moins. Cependant, sans qu'il se renouvelle beaucoup par rapport à ses opus précédents "Mon petit doigt m'a dit"  ou  "L'heure zéro", eux aussi adaptés d'oeuvres d'Agatha Christie, ce dernier-né se laisse regarder avec plaisir, principalement pour le flegme d'André Dussollier, la pétulance et la cocasserie de Catherine Frot, tous deux excellents comme à leur habitude. Décidément Catherine Frot peut tout se permettre ; du drame à la comédie, jusqu'à la loufoquerie, elle sait doser son humour, son charme et son efficacité. Actrice très complète, elle forme avec André Dussolier le couple idéal de cette comédie divertissante et un peu surannée, où  leurs réparties font mouche jusqu'à cette dernière scène où le couple, prenant la poudre d'escampette devant leur maison envahie par leur progéniture, se retrouve à camper à la belle étoile.


2-e-toiles

 

 

Pour lire l'article consacré à Catherine Frot, cliquer sur son titre :    CATHERINE FROT



Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :



LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS
 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


André Dussollier. StudioCanal

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 17:40

                     

                                                                                      VIDEO


Avec ce film-hommage, qui sort dix ans après sa disparition, nous découvrons un Tabarly d'une incroyable présence physique, rédacteur de sa propre histoire, dont la voix, surgie soudain d'outre-tombe, nous conte son aventure, grâce à des archives radiophoniques et audiovisuelles, françaises et étrangères, inédites pour la plupart. Le résultat est prodigieux, d'une grande poésie et, ce, jusqu'à la bande-son épurée qui, le plus souvent, ne laisse filtrer que le bruissement de l'eau, l'écho de la brise, le vacarme des vagues lors des tempêtes. Aussi faut-il accepter d'avoir parfois le mal de mer, de tanguer allégrement pour suivre de port en port cet albatros qui n'était heureux qu'en mer et vola de victoire en victoire, redonnant à la course au large française ses lettres de noblesse.

Homme magnifique que celui-là, dont il fallait écouter les silences, les seuls capables de transmettre cette intimité avec la beauté des océans, le vol des oiseaux, le souffle des vents et l'expérience que l'on acquiert à fixer l'horizon, à sans cesse se dépasser pour ne point être dépassé par les éléments. C'est pourquoi l'on suit avec plaisir les péripéties de ce héros discret qui a navigué sur toutes les mers du globe, nourri nos rêves d'images tempétueuses, de vagues furibondes, d'ailleurs toujours reculés, de voiles gonflées par les vents marins, se forgeant un destin hors norme, à sa ressemblance.

 Pierre Marcel nous livre ainsi une oeuvre grandiose dont la force réside dans les commentaires d'Eric Tabarly lui-même qui, avec des mots simples et un humour pudique, nous dévoile par bribes une histoire, la sienne, véritable épopée tracée par un homme authentique. Au final, un portrait saisissant d'une personnalité qui a marqué son temps, contribué à l'évolution de la technique des bateaux de compétition et redonné à la jeunesse, par son exemple, l'envie de se mesurer aux éléments. 

                      Pathé Distribution


Car Eric Tabarly fut autant un nouveau Surcouf  battant les Anglais qu'un nouveau Jules Verne dessinant l'avenir. Pionnier des futures pratiques de la voile - le sponsoring, les multicoques, les ultralégers, les records - il a communiqué aux Français l'amour de la course au large et de la navigation au meilleur sens du terme. Tous les grands noms de la voile d'aujourd'hui ont appris de ce concepteur ingénieux, fou de bateaux, maître patient et éclairé qui les a formés avec exigence : les Kersauzon, Lamazou, Poupon, Parlier, Desjoyaux. Ainsi Tabarly est-il devenu pour des génération un guide et une référence. Marin hors pair, il a écrit d'une voile sûre une nouvelle page des légendes de la mer et  laissé une image faite de courage et d'humilité, dont la France peut être fière.

"On souhaite s'approcher de ceux que l'on admire pour les écouter, les connaître. Mais ces hommes-là ne racontent pas leur histoire, ils la vivent. Rencontrer Eric est déconcertant. Une présence imposante. Tabarly : la symbiose parfaite entre un homme, un bateau et la mer".  (Jacques Perrin )

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

                        Eric Tabarly. Pathé Distribution

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche