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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:02

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La fin des années 1960 voit le système hollywoodien remis en cause. BBS, la société de production qui a permis à "Easy Rider" de voir le jour, a prouvé qu'on pouvait laisser les réalisateurs jouir d'une vraie liberté créative et avoir du succès. Dans ce nouveau paysage, les studios n'ont d'autres choix que d'ouvrir les portes à de jeunes cadres, plus en phase avec la réalité. Le changement de management est facilité par une série de fusions et de rachats qui vont bouleverser le paysage hollywoodien à partir de 1966. L'ère des producteurs est achevée, s'ouvre désormais celle des réalisateurs. Grâce aux influences conjuguées de John Calley à la Warner, de Robert Evans à Paramount et de Ned Tanen à Universal, le pouvoir passe donc entre leurs mains. Peter Bart, cadre de la Paramount à l'époque, se souvient :  "Tout le monde cherchait une réponse. Et l'une des réponses semblait être - si vous trouvez un jeune et brillant réalisateur avec une vision, foncez ! "

 

Ainsi ce changement va-t-il favoriser l'avènement d'une nouvelle génération de cinéastes issus, pour la plupart, des écoles de cinéma fraîchement créées. Influencés par la Nouvelle Vague européenne, ces talents nouveaux  maîtrisent également les classiques américains. Tous aspirent à un cinéma plus réaliste et plus sincère. Francis Ford Coppola devient leur chef de file. Formé à l'UCLA, il a déjà deux films à son actif lorsque la Warner lui confie la réalisation de "La vallée du bonheur" ( 1968 ), comédie musicale avec Fred Astaire. L'expérience se révélera désastreuse mais Coppola parvient à enchaîner avec "Les gens de la pluie" ( 1969 ), un road-movie inspiré par sa mère. Le succès de l'expérience lui permet de fonder Zoetrope, un studio alternatif destiné à accueillir les jeunes réalisateurs. La Warner le soutient dans sa démarche et bientôt d'autres jeunes talents le rejoignent comme George Lucas et John Milius.

 

Porté par ce vent de renouveau, c'est une génération spontanée de talents qui explose. Peter Bogdanovich va s'imposer avec "La dernière séance" ( 1971 ), Brian De Palma avec "Get to Know Your Rabbit" ( 1972 ) et "Soeurs de sang" ( 1973 ), un thriller sophistiqué qui séduit le public, tandis que Scorsese fera recette avec "Mean Streets" ( 1973 ), un opus qui dégage une violence émotionnelle inhabituelle et reçoit un accueil favorable des critiques. Cette jeune génération apporte incontestablement un nouveau souffle à un 7e Art qui commençait à tourner en rond.

Mais l'enthousiasme sera de courte durée. Le naufrage de "The last movie" ( 1971 ), second film de Denis Hopper marque la fin du rêve. Paul Lewis, producteur, raconte : " C'en était fini. Finie la liberté que nous avions pu avoir. La fin des années 70 s'est amorcée dès le début de la décennie. " L'échec de plusieurs autres films, issus des structures alternatives mises en place, incite les majors à s'impliquer davantage dans la production, si bien qu'après avoir fait un pas en avant, Hollywood amorce un pas en arrière. Si les réalisateurs conservent le pouvoir, ils devront apprendre à composer avec les studios qui contrôlent la distribution des films et détiennent les clés du business. Une seule solution pour sauvegarder son indépendance est de réussir au sein du système. William Friedkin est l'un des premiers à le comprendre et lorsqu'il s'engage sur "French Connection" en 1971, un film policier adapté d'une histoire vraie, il se réapproprie l'intrigue, créant un personnage principal complexe, à la fois victime et bourreau et impose, pour ce faire, un style réaliste. Produit pour 1,8 million de dollars, le film en rapportera 26,3 à la Warner qui se frotte les mains et confiera peu de temps après la réalisation de "L'exorciste" ( 1973 ), adapté d'un best-seller de l'époque, à ce réalisateur qui en fera une oeuvre terrifiante mais capable de rapporter 89 millions de dollars au box-office américain.

 

Coppola à son tour reprend le chemin des studios. Sommé de rembourser la Warner après l'échec en salle du premier film de Zoetrope, il accepte d'adapter "Le parrain", best-seller de Mario Puzo, pour la Paramount. Pour parvenir à ses fins, il soigne l'authenticité dans les moindres détails et a recours à un style sombre, peu conventionnel, qui  séduira le public. A sa sortie, le film atteint les 86 millions de dollars et bouleverse l'industrie cinématographique par son succès hors norme. C'est au tour de Steven Spielberg, jeune prodige du cinéma, de faire son entrée en scène et après "Duel", en 1971, un thriller fantastique particulièrement efficace, d'enchaîner avec  "Sugurland Express" ( 1974 ), puis Les dents de la mer ( 1975 ) où, là aussi, il joue la carte du réalisme afin de ne pas produire un remake de "Moby Dick". Il refuse de tourner en studio et insiste pour n'avoir aucune star au générique, afin d'assurer au public  une identification totale. Le film ne fera pas moins de 129 millions de recettes et sera projeté dans le monde entier. C'est alors que la télévision entre en scène d'une façon inquiétante, retenant les amateurs de salles obscures devant leur petit écran. Les représentants de la jeune génération seront bien obligés de s'adapter et vont viser un cinéma plus grand public, renonçant en partie à un cinéma d'auteur. C'est ainsi que "American Graffiti" ( 1973 ), "La guerre des étoiles" ( 1977 )  et  "Rencontres du troisième type" ( 1977 ) feront d'excellents scores.

 

Il n'en reste pas moins qu'une décennie s'achève et qu'un rêve amorce son déclin.  Scorsese doit se battre pour imposer "Taxi Driver" en 1976, que Bert Schneider s'enlise pendant trois ans sur la production des "Moissons du ciel"  de Terrence Malick et que Coppola, bien qu'auréolé par le succès du "Parrain", a bien du mal à convaincre les producteurs de le suivre sur l'adaptation de  "Apocalypse Now" ( 1979 ). Cette même année, Michael Cimino entame la réalisation de "La porte du paradis", un western avec Isabelle Huppert et Kris Kristofferson. Faisant exploser le budget par son perfectionnisme, il tourne près de 220 heures de film. Les responsables de l'United Artists restent impuissants. L'oeuvre sort en 1980 dans une version de plus de trois heures et demi, accompagnée de critiques désastreuses, aussi l'échec est-il sans appel. Le film, qui a coûté 44 millions de dollars, n'en rapportera que 1,3. Cette débâcle met un terme définitif à la politique des auteurs. "La porte du paradis nous a coulés. A ce moment-là, j'ai compris que quelque chose était mort " - dira Martin Scorsese. A cette date, les dirigeants des studios, plus financiers que cinéphiles, délaisseront les oeuvres ambitieuses et novatrices pour des films plus formatés mais assurés d'un succès d'audience. A ce propos Robert Towne écrira amer : " L'essentiel dans les années 1970 était de révéler la réalité du pays. Au fur et à mesure des années 1980, nous sommes entrés dans un monde de super-héros. " Et il est vrai que la production contemporaine n'a plus rien à voir avec la contre-culture de la nouvelle vague hollywoodienne qui entendait donner au 7e Art d'authentiques lettres de noblesse. Seul, le "system" a repris du grade.

 

Sources : Roland Delmas et Jean-Claude Lamy

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 08:52

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Mariée depuis de longues années, Kay ( Meryl Streep ) rêve de pimenter un peu son couple et de resserrer les liens avec son mari  Arnold qui se montre, dans la vie quotidienne aussi mufle que possible. Lorsqu’elle entend parler d’un gourou spécialiste des relations conjugales ( Steve Carell ) qui exerce dans la ville de Great Hope Springs, elle fait en sorte de persuader ce ronchon sceptique (Tommy Lee Jones ) de prendre l’avion avec elle pour une semaine intense de thérapie de couple et de réveil sexuel… Mais tout recommencer n’est pas évident et les protagonistes rarement au diapason l'un de l'autre...

 

Sur cette trame légère, David Frankel essaie de nous concocter un plat qui, pour le moins, manque de sel et de piment. Tout est très plat/plat dans cet opus, de la banalité des propos à la mise en scène tout aussi insipide. Certes on sourit à de rares moments, certes Meryl Streep mal fringuée et mal coiffée nous convainc sans peine qu'elle est  une épouse aussi peu branchée que possible, mais la mayonnaise ne prend pas et la fin, qui se joue dans un optimisme  béat, ne parvient pas à combler les lacunes d'un petit film sans ambition, comme l'était déjà le précédent du réalisateur  : Le diable s'habille en Prada. L'inspiration est visiblement ce qui manque le plus à David Frankel, ce dernier  se contentant d'aligner les lieux communs, sans doute persuadé qu'il touchera le public le plus large. Est-ce vrai ? Peut-être, puisque notre époque a perdu beaucoup de l'exigence de nos ancêtres, pour notre plus grand malheur.

 

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La question que je me pose - et c'est bien la seule que suscite la projection de Tous les espoirs sont permis - c'est ce qui a bien pu motiver des acteurs comme Meryl Streep et Tommy Lee Jones  à s'embarquer dans cette galère sans éclat ou leur talent sauve le peu qui peut être sauvé. Qu'avaient-ils à y gagner après les carrières qui ont été les leurs. Rien à l'évidence, et je souffrais un peu pour Meryl de la voir, dans une salle de cinéma, se mettre à genou au pied de son mari afin de lui accorder une petite gâterie. Misérable et aussi peu drôle que possible. Toutes ces gesticulations plombent davantage encore un sujet qui, en des mains expertes, auraient pu être empreint de fantaisie, de légèreté et d'humour. Là, il n'en est rien, c'est lourd, parfois vulgaire, le plus souvent ridicule. On sort de la salle ... navré.

 

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 11:19

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Antoine d’Anthac, célèbre auteur dramatique, convoque par-delà sa mort, tous les amis qui ont interprété sa pièce "Eurydice". Ces comédiens ont pour mission de visionner une captation de cette œuvre par une jeune troupe, la compagnie de la Colombe. L’amour, la vie, la mort, l’amour après la mort ont-ils encore leur place sur une scène de théâtre ? Ce sera à eux d’en décider. Entre réalité et fiction, le partage ne sera pas simple...et l'art seul sortira vainqueur des coulisses de la vie.

 

Alors que bien des films actuels sont décevants et manquent cruellement d'imagination, un magicien nonagénaire dépoussière le 7e art pour le faire sortir, le temps d'une projection, de ses rails trop bien balisés et nous entraîner dans une vision où l'art de la parole et de l'image est appelé devant les instances du jugement ( celui des spectateurs bien entendu ) à reprendre vie et à réactualiser le passé. Car c'est à nous, en dernier ressort, d'entrer dans le jeu de la pièce et des acteurs et, par delà la forme proposée, de nous immiscer à l'invitation du Destin ( interprété par Almaric ) à forger le nôtre. Emprunté à l'Eurydice et à Cher Antoine ou l'amour raté, pièces de Jean Anouilh que le scénario a compilées, nous plongeons au coeur du mythe, en même temps que dans l'envers du décor où 13 acteurs revivent la pièce qu'ils ont interprétée à tour de rôle et la réaniment de manière à ce qu'elle entre en éternité comme l'amour qu'elle est sensée  perpétrer. Deux couples vont, sous l'impulsion de cette captation qui leur est projetée, donner  existence au passé, le leur et celui de la pièce. Tout est dans la version cérébrale mais combien captivante de Resnais qui se plaît à jouer sur les décalages d'âge et de décor, les inflexions de chacun des interprètes, le jeu des couleurs et des champs, dont la profondeur n'appartient qu'au 7e Art. 

 

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Pour ce faire, le cinéaste a souhaité que ses interprètes improvisent au fur et à mesure des scènes, de façon à garder au film son authenticité expérimentale par rapport au théâtre, auquel le cinéma rend ici hommage.  Tous sont merveilleux de sensibilité et on ne saurait assez vanter le talent des deux Eurydice Sabine Azéma ( malgré ses cheveux rouges ) et Anne Consigny et des deux Orphée Pierre Arditi et Lambert Wilson. L'hommage du cinéaste s'adresse également à eux qui ont formé, au long de sa carrière, sa troupe de choc. Ainsi par ce jeu de poupées russes et de dialogues qui ne cessent de s'imbriquer les uns aux autres, Alain Resnais fait-il preuve de sa capacité à repenser l'art cinématographique et à rester, malgré son âge ou bien grâce à lui, aussi inventif et imprévisible. Ne fait-il pas de la vie notre enfer et de nos rêves notre rédemption ? Et l'amour et la mort ne sont-ils pas  invités à donner le ton et ne créent-ils pas de nouvelles voies esthétiques et artistiques sans revêtir pour autant un aspect morbide mais, a contrairio, en sommant le réalisateur de dépasser les lignes trop exiguës du réel ?

 

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Depuis Mélo et Smoking/Smoking, le cinéaste nous avait habitués à ce mélange des genres, mais avec Vous n'avez encore rien vu - titre qui ne correspond guère à l'opus - le mélange est plus audacieux  parce qu'il brasse dans des dialogues incisifs les deux pièces d'Anouilh, tout en leur conservant leur théâtralité, mais en les adaptant avec doigté au cinéma, cela grâce au jeu des acteurs qui ainsi se dédouane  du strict cadre de la scène et del'unité de temps. C'est donc le temps qui sort victorieux de son duo avec la mort, le temps qui inverse les perspectives et exhorte les comédiens à user avec subtilité des ressorts de la mémoire. Une réussite.

 

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Pour prendre connaissance de l'article consacré à Alain Resnais, cliquer sur son titre :

 

ALAIN RESNAIS OU UN CINEMA DE LA MEMOIRE 

 

Et pour consulter les articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS  

 

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 08:36

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C'est la rentrée des ­classes. Au lycée Gustave-Flaubert, le directeur de cet établissement pilote a décidé que tous les élèves porteraient le même uniforme au nom de l'équité démocratique. Professeur de français désabusé qui a passé tout l'été à lire Schopenhauer, Germain replonge sans conviction dans sa classe et donne un sujet de rédaction qu'il pense facile : raconter son week-end. Les pires ­banalités vont se succéder jusqu'à ce qu'il lise le texte d'un certain Claude Garcia (Ernst Umhauer) qui raconte s'être immiscé dans la maison de son copain Rapha. 


Pour qu'un film soit bon, comme un livre d'ailleurs, encore faut-il que le thème, l'enjeu soit susceptible de convaincre. Or, François Ozon, en charge d'y parvenir, s'empresse d'oublier le conseil que le professeur, interprété par Fabrice Lucchini,  prodigue à son élève  chez qui il devine un goût certain pour l'écriture et le récit- " faites en sorte de capter l'attention par un sujet fort, une action brillante, des propos accrocheurs " - alors même que son opus, sensé défendre cette cause, sombre très vite dans le bavardage stérile et la banalité la plus triviale. Ainsi Ozon a-t-il raté son but malgré la bonne volonté d'acteurs talentueux, tous prêts à l'y conduire. L'idée était bonne, excellente même puisque axée sur la transmission du savoir et l'éveil d'une vocation, encore fallait-il un scénario suffisamment crédible et rigoureux pour la développer avec subtilité et conviction. C'est raté.

 

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La raison en est que le sujet se dilue dans un amateurisme regrettable au point que Ozon ne nous sert là qu'un  film bâclé et maladroit. En assurant, bien en vain, que la réalité sert l'imaginaire ou vice versa, il nous démontre le contraire tant son imaginaire à lui tourne trop vite court. Il y avait pourtant à dire.

L'histoire de ce lycéen doué, remarqué par son professeur de français avec lequel s'établit un lien d'intérêt et de sympathie est si peu probante que l'on décroche dès les premières scènes. Tout d'abord parce que la famille qui inspire l'adolescent n'a rien d'inspirante  : comment trouver sur l'échelle sociale un couple et son fils unique dénués à ce point de saveur culturelle et humaine ? Il fallait pour que l'on adhère au sujet choisir une famille en mesure de subjuguer l'écrivain en herbe et justifier l'histoire qu'il se plaît à raconter jour après jour à son professeur au point de tenir celui-ci en haleine. Malheureusement il ne se passe rien, rien qui justifie la faute professionnelle que le maître va être amené à commettre sous l'effet de cette supposée fascination. Oui, cela est totalement illogique.

 

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A l'exception de quelques réparties drôles et quelques moments bien venus, la spectatrice que je suis est restée étrangère à cette démonstration dont le final est accablant. Dommage, les ingrédients étaient là qui pouvaient constituer un bon  scénario entre des mains plus expertes et chez un cinéaste mieux inspiré. Malgré des acteurs qui ne déméritent pas - surtout le jeune Ernst Umhauer - car l'excellent Lucchini semble s'être mis en retrait de son rôle, Dans la maison n'incite guère à s'y attarder. On est plutôt tenté de rester sur le seuil tellement rien de captivant ne s'y passe, aucune démonstration ou action exaltante nous y retient. Le seul exploit de François Ozon est de parvenir à nous offrir un mauvais film avec de bons acteurs, ce qui était déjà le cas avec 8 femmes. Mais étant donné que ce cinéaste a la chance d'être "tendance" et a su mieux faire auparavant, il ne manquera probablement pas de laudateurs.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 08:57

 

Rezo Films Pathé Distribution Pathé Distribution UGC

                                   

 
                                                          


Catherine Frot s'est installée lentement et sûrement au firmament du cinéma français, dont elle est devenue l'une des personnalités incontournables, une actrice capable, avec la même aisance et la même force de persuasion, de passer du comique au tragique, d'endosser les personnages les plus paradoxaux et, cela, sans céder jamais au cabotinage.

Née le 1er mai 1956 d'un père ingénieur et d'une mère professeur de mathématiques, sa vocation pour la comédie s'affirme très tôt et, dès l'âge de 17 ans, elle entre à l'école de la rue Blanche, puis au Conservatoire. A 21 ans, elle devient la co-fondatrice de la compagnie du "Chapeau Rouge", lieu où elle fera la connaissance de Jean-Pierre Daroussin. Sa vocation première est le théâtre où elle s'épanouit pleinement dans des rôles classiques, mais elle est bientôt remarquée par le monde du cinéma et décroche son premier rôle dans "Mon oncle d'Amérique" de Resnais. En 1986, elle sera nominée au César du meilleur second rôle pour sa prestation dans le film "Escalier C" de Jean-Charles Tacchella. Sa carrière est dès lors lancée et en 1985 elle obtient un triomphe dans le spectacle de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui "Un air de famille". C'est à cette occasion que le grand public la découvre vraiment, d'autant mieux qu'elle obtient le Molière du meilleur second rôle et que Cedric Klapisch décide d'adapter la pièce à l'écran et que le succès est de nouveau au rendez-vous avec, pour Catherine Frot, le César en 1997. Désormais, les films ne vont plus cesser de s'enchaîner. Ce seront :

 

Le dîner de cons
La dilettante
7 ans de mariage
Vipère au poing
Mon petit doigt m'a dit
Le passager de l'été
La tourneuse de page
Odette Toulemonde
L'empreinte de l'ange
Les saveurs du palais

et dernièrement Marguerite

 

Sans compter sa carrière théâtrale tout aussi brillante. A chacune de ses apparitions, son talent, son naturel ne cessent de nous séduire. Elle peut tout jouer, être touchante, austère, drôle, sans sombrer dans la caricature et révèle ainsi une personnalité à multiples facettes qui subjugue les cinéphiles les plus exigeants. Pas vraiment belle, mieux que cela intéressante et expressive, elle fait preuve d'une présence inouïe. Par ailleurs, héroïne d'oeuvres qui revisitent le patrimoine national ( "Vipère au poing", "Boudu" ), elle est devenue très populaire et touche un public de plus en plus large. Elle sait articuler autour de sa personnalité les représentations les plus diverses de la femme, ce qui fait d'elle une actrice en mesure de se glisser dans les contradictions les plus surprenantes sans jamais paraître décalée ou  invraisemblable. C'est dire quel boulevard s'ouvre encore devant elle, si elle reste cohérente dans ses choix. 

 

Récemment, elle est apparue dans des films qui n'étaient pas des chefs-d'oeuvre "Bowling" et "Associés contre le crime", tous deux de 2012, ce qui prouve combien l'actrice est sollicitée, mais a pris sa revanche avec "Les saveurs du palais", mis en boîte en 2012 également, où elle retrouve un rôle à sa mesure. Une nouvelle réussite à son actif. Aujourd'hui, elle nous surprend et nous captive dans "Marguerite" où elle est tour à tour ridicule et poignante, risible d'inconscience et admirable d'audace, frôlant le génie à force d'ingénuité. Catherine Frot rend ce personnage incroyablement émouvant, d'autant qu'il est le seul de l'histoire à être sincère au centre d'un tableau corrosif et drôlatique de l'hypocrisie sociale. Elle est sans nul doute notre plus grande actrice française, en mesure  de tout aborder avec intelligence, humour, conviction, émotion et panache. Une valeur sûre.



Pour prendre connaissance des films où apparait Catherine Frot, cliquer sur le lien ci-dessous :

  

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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LISTE DES ARTICLES - acteurs du 7e Art
 

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 09:02
LES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENT

 


Hortense Laborie est une cuisinière réputée qui vit dans le Périgord. A sa grande surprise, le Président de la République la nomme responsable de ses repas personnels au Palais de l'Élysée. Malgré les jalousies des chefs de la cuisine centrale, Hortense s’impose grâce à son caractère bien trempé et à sa compétence. L’authenticité de sa cuisine séduira rapidement le Président, mais dans les coulisses du pouvoir, les obstacles sont nombreux et la vie épuisante. Si bien qu'elle sera amenée à donner sa démission et à aller en tant que simple cantinière se reconstruire ailleurs ...

 

Foie de canard en gelée et son pain de maïs, nougatine aux pistaches, saumon au chou coiffé de carottes avec leurs fanes, Les saveurs du palais est un film poétique et savoureux sur l'émotion et l'art culinaire quand ce dernier touche à l'excellence. Porté par une Catherine Frot parfaite en reine des fourneaux, le film nous fait entrer dans les cuisines de la République avec ses rivalités, ses luttes intestines,  ses agitations et ses frivolités et nous découvre un univers macho où les privilèges du pouvoir sont tout simplement exorbitants. Le Nouveau régime n'ayant rien à envier à l'Ancien !  Mais le film du fin connaisseur en gastronomie qu'est Christian Vincent ( réalisateur de La discrète ) ne s'arrête pas là. Il brosse d'abord et avant tout le portrait d'une femme, inspiré de la vie de Danièle Delpeuch, que rien ne préparait à occuper un tel poste - où elle s'usera d'ailleurs, au point de le quitter - et évoque à travers une série de flash-bach son expérience unique mais amère qui l'obligera ensuite à s'exiler sur la base scientifique Albert-Faure en pleine région arctique, afin de reprendre ses esprits et retrouver son équilibre, car tout ce qui touche au pouvoir épuise et abîme.

 

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Provinciale en diable face à un Président en majesté qui semble l'être de coeur tout autant qu'elle, Hortense Laborie nous convie à apprécier gourmandement l'art culinaire à la française, riche de produits d'une qualité hors pair, truffes, cèpes, foie gras, dont la seule évocation est un exercice de style dans la bouche de la cuisinière et du président ( dont on regrette que les dialogues ne soient pas plus nombreux et étoffés ), deux amateurs éclairés du pur plaisir sensoriel lorsque celui-ci se transforme en art de vivre.

 

Dans le rôle de président Mitterand, Jean d'Ormesson est sans nul doute la surprise de ce long métrage réussi et délicieusement gourmet. Il incarne le personnage qu'il a souvent combattu sans affeterie inutile et avec ce qu'il faut de retenue et de solennité. Quant à Catherine Frot, elle retrouve avec ce morceau de choix une interprétation à sa mesure. Elle est légère, lumineuse, juste, et se révèle une fois encore notre meilleure actrice française, à la hauteur de la cuisine qu'elle incarne. Rien que pour elle, je serais allée voir le film. Un moment à goûter et à savourer, seul ou en famille. Encore un bon cru 2012.

 

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CINEMA FRANCAIS

 

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 CATHERINE FROT

 

 

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LES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENT
LES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENTLES SAVEURS DU PALAIS de Christian VINCENT
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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 10:16

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Bachir Lazhar, un Algérien de 50 ans, apprend dans le Journal de Montréal qu’une institutrice de sixième année s’est pendue dans sa classe, le soir après les cours. Aussi s'en vient-il offrir ses services de remplaçant à la directrice de l’école. Il dit avoir été instituteur à Alger et disponible sur le champ. Bachir fait alors la rencontre d’un groupe d’enfants ébranlés par le terrible événement. Le fossé entre lui, professeur à l'ancienne, et ses jeunes élèves va apparaître, dès le premier jour, abyssal,  alors qu'il leur propose une dictée hors de leur portée, tirée de Honoré de Balzac. Personnage énigmatique, qui pénètre dans un monde de femmes et de réformes pédagogiques, Bachir s’attache peu à peu à Alice et Simon, deux élèves qui se démarquent par leur charisme et croient être un peu responsables de  la mort de leur professeur, l'une cherchant des issues avec une maturité stupéfiante, l'autre s'enfermant dans sa supposée culpabilité. Quant à Bachir, personne à l’école ne connaît sa vie algérienne et le risque qu'il encourt d'être expulsé manu militari.

 

Tiré d'une pièce de  Evelyne de la Chenelière, le film de  Philippe Falardeau s'articule autour de deux thèmes  : celui de l'exil qui frappe cet algérien obligé de fuir son pays où sa femme a été assassinée ainsi que sa famille à la suite de la publication d'un ouvrage mettant en cause le gouvernement, et celui des difficultés liées à l'enseignement et à la transmission du savoir à une époque où toutes les valeurs, et les plus essentielles, sont remises en cause. Bachir sera lui-même obligé à des concessions pour garder son emploi, mis en péril permanent du fait qu'il est un réfugié, en dissidence avec son pays d'origine.

 

Ces deux thèmes, tellement actuels,  traités sans lourdeur, avec infiniment de tact et de sensibilité, nous offrent un film accompli et très prenant, admirablement porté par le charisme de l'acteur principal  Mohammed Fellag, qui n'en est pas à son premier essai, mais donne ici la pleine mesure de son talent, fait d'intériorité et de douceur. Et, ce, face à une pléïade de jeunes acteurs prodigieusement naturels, justes et convaincants. Cela n'en était pas moins un exercice difficile que de nous entretenir de sujets aussi délicats que le suicide et la fuite hors frontière d'un  opposant au régime de son pays, sujets qui risquaient à tout moment de sombrer dans le mélo mais que l'auteur accomplit avec maitrise, nous donnant  à entendre, charme supplémentaire, l'accent québecois et haut en couleur des jeunes élèves. Si je n'ai pas tout compris, j'avoue que cela ajoute un piment  et une note de gaieté à un opus circonscrit dans le tragique, dont la disparition de Martine, la jeune enseignante qui choisit de se pendre dans sa propre salle de classe - ce que Bachir considère comme une faute grave  - et la situation illégale de ce dernier. L'école est avant tout un lieu de vie, non un lieu de mort - dira-t-il, déculpabilisant avec les mots justes la  mauvaise conscience de certains élèves, se gardant bien, quant à lui,  d'aborder ses soucis personnels.

 

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Riche de tels atouts, Monsieur Lazhar, qui figurait dans la liste des Oscars pour le meilleur film étranger, oeuvre sobre, sans épanchement inutile, sans faute de goût et sans excès oratoires, compte parmi les bonnes surprises de l'année 2012 et émeut par l'humanisme de bon aloi qu'il dégage.

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 10:22

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Steven Spielberg, réalisateur du premier blockbuster Les dents de la mer, est entré dans la légende du 7e art pour des productions qui toutes ont suscité un grand engouement de la part du public comme Jurassic Park, E.T., Il faut sauver le soldat Ryan et l'incontournable chef-d'oeuvre La liste de Schindler. Sept de ses productions ont comptabilisé le plus d'entrées dans les salles de spectacle, un record qu'ont récupéré tout récemment les nouveaux disciples, tel Cameron. C'est dire que Spielberg tient une place à part dans cet univers malgré les critiques qui n'ont pas manqué de lui être faites sur son simplisme, ses excès, une certaine presse lui reprochant d'utiliser la grosse machine hollywoodienne à des fins mercantiles. Mais, aujourd'hui, ce même reproche est adressé à Cameron, comme hier à Luc Besson.

 

La filmographie du réalisateur peut se diviser en deux parties : le cinéma de divertissement qu'illustrent des films comme la saga d'Indiana Jones, Jurassic Park et Minority Report, ou encore des films sur les extra-trerrestres tels La guerre des mondes ou Rencontres du troisième type. La seconde concerne ses oeuvres les plus sérieuses, les plus intimistes, celles en rapport direct avec l'histoire des hommes et dont les titres sont les suivants : La couleur pourpre, Amistad, L'empire du soleil et, bien entendu, La liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan. Ces films ont d'ailleurs animé de nombreux débats et soulevé une vive émotion dans le public.

 

Né en 1946 à Cincinnati dans l'Ohio, peu doué pour les études, le jeune Steven va très tôt suivre des cours d'art dramatique et tourner, dès l'âge de 12 ans ( vocation précoce ), un western de 4 minutes avec la caméra 8mm que lui a offerte son père. Par la suite, il se fera remarquer chez Universal pour ses compétences techniques et dirigera bientôt Joan Crawford dans The Eyes, un des épisodes de la série Night Gallery créée par Rod Serling. Son premier succès sera Duel. Malgré un budget minimal, le film fera sensation pour l'efficacité de sa mise en scène et remportera le Grand Prix du Festival du film fantastique d'Avoriaz. Spielberg est sorti de l'anonymat.

 

En 1974, il essuie un échec cuisant au box-office avec Sugarland Express, le public considérant le sujet de deux marginaux et leur otage poursuivis par une meute de policiers et de journalistes trop scabreux. Par chance, l'incroyable succès des Dents de la mer le remet en selle et lui permet d'envisager de vastes projets, conformes à sa nature et son entregent.  Ainsi va-t-il aligner les triomphes et créer des mythologies contemporaines avec Les aventuriers de l'arche perdue, E.T., Rencontres du troisième type. Cette réussite exceptionnelle inspirera une génération de jeunes cinéastes dont les réalisations seront encouragées et  financées par Spielberg, dès lors qu'elles vont dans le sens de son optimisme, de sa générosité et de ses bons sentiments.

 

Aussi son goût d'alterner les sujets graves et les projets plus ludiques exhorte-t-il certains à ne pas le prendre au sérieux, alors même que son génie de "showman" n'est nullement incompatible avec sa vision personnelle des choses où une large place est accordée au monde de l'enfance. (Tintin et Indiana Jones en témoignent). Et son dernier opus Le pont des espions est là pour confirmer que le réalisateur n'a pas perdu la main, d'autant qu'il a su très bien s'entourer et pour le scénario et pour les dialogues, d'où une production de grande qualité qui évite la démesure.

 

Mais la maturité, perceptible dans des opus comme La guerre des mondes et Munich par exemple, nous invite à reconsidérer sa production dans son ensemble et à en tirer les lignes maîtresses. Si Spielberg a su sensibiliser le grand public et frôler la démesure emporté par son dynamisme, il ne peut se défendre d'une vision pacifique du monde, d'une quête de l'innocence retrouvée, démontrant une personnalité riche et complexe qui s'emploie à aborder ses divers sujets avec le maximum d'objectivité. Son cinéma est celui d'un honnête homme subtil, moins manichéen qu'on a bien voulu le laisser croire, ne reculant devant aucun risque, s'engageant avec ferveur et opiniatreté sur des sujets difficiles et montrant, en toutes occasions, sa virtuosité technique et l'inspiration d'un véritable créateur. " Mentir, moi, jamais, la vérité est bien trop amusante" - a-t-il écrit. Si quelques films ont été ratés ou moins réussis, la plupart ont bénéficié d'une large audience et  placé l'homme et le cinéaste parmi les grandes figures du cinéma mondial.

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:44
PAUL NEWMAN

  

                                                   1925 - 2008

 


Il était le dernier des grands acteurs de l'après-guerre, une belle gueule qui avait enflammé la pellicule et contribué grandement à la légende hollywoodienne. Son regard bleu sans concession, sa détermination, son sérieux avaient vite fait de le placer au sommet de l'affiche, dont d'ailleurs il ne redescendra jamais. Paul Newman, c'était d'abord une présence et, dans l'action, quelqu'un de ferme,  d'inaltérable comme  l'acier. Avec lui, on ne tergiversait pas : on sentait d'emblée un homme décidé à aller au bout des choses... absolument.

 

Ce beau gosse du cinéma américain avait dans ses veines un heureux mélange de sang juif, hongrois, polonais et slovaque. Son père, tenant un magasin d'articles de sport à Cleveland, espérait que son fils prendrait sa suite. Mais le sort allait en décider autrement. En 1943, le jeune homme s'engage comme radio/mitrailleur lors de la guerre du Pacifique. Blessé, cet accident le rend désormais inapte au sport, l'incitant à se consacrer au théâtre. Entré à l'Acto's Studio, il monte sur scène à Broadway dans "Picnic" en 1953 et, deux ans plus tard, comme l'un des interprètes de "The disperate hours" où il séduit le public et se voit proposer un rôle au cinéma dans "Le calice d'argent" du réalisateur Victor Saville, sa première prestation à l'écran.

 

Sa notoriété ne se fera pas attendre longtemps, grâce à deux films qui font date dans la filmographie hollywoodienne : "Le gaucher" d'Arthur Penn en 1957 et "La chatte sur un toit brûlant" en 1958 où il s'impose face à l'irrésistible Elisabeth Taylor, les plus beaux yeux violets du 7e Art. Dorénavant, il ne tournera plus qu'avec les très grands. Ce seront successivement  "Exodus" ( 1960 ), "L'Arnaqueur" ( 1961 ), "Bush Cassidy" et le "Kid" ( 1969 ), "L'arnaque" ( 1973 ), "Le verdict" ( 1982 ). En 1958, il avait épousé en secondes noces l'actrice Joanne Woodward qu'il avait rencontrée lors du tournage de "Les feux de l'été" et avec laquelle il battra un record : celui du couple marié à Las Vegas qui a la plus longue existence matrimoniale, puisque seule la mort les séparera et avec laquelle il aura 3 filles après avoir eu 3 autres enfants de sa première épouse Jacquie White. Son fils aîné Scott décédera en 1978 d'une overdose.



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Trente neuf fois nominé aux Golden Globe Award, il sera couronné par l'Oscar pour son rôle dans "La couleur de l'argent" de Martin Scorsese en 1986. L'acteur est également connu pour son implication dans le sport automobile à la suite du film "Virages", où il tenait le rôle d'un pilote tentant de concilier sa vie sentimentale et sa carrière. Ne pouvant plus viser les sommets pour raison d'âge, il parvient néanmoins à décrocher une seconde place aux Vingt-Quatre heures du Mans sur une porsche 935 en 1979. Et, par la suite, il créera une écurie de CanAm puis de CART/champ Car en partenariat avec Carl Haas, une figure bien connue du milieu automobile.

 

Parallèlement à sa carrière d'acteur, Paul Newman s'investie dans les actions caritatives auprès des enfants cancéreux pour lesquels il organise des camps de vacances et sera généreux, d'autre part, pour financer des Centres de désintoxication. Avec son épouse, il crée la fondation "Scott Newman" en souvenir de son fils dont le but est bien entendu de lutter contre la drogue et ses conséquences. Atteint d'un cancer du poumon, il annonce en mai 2007 la fin de sa carrière cinématographique et meurt à l'âge de 83 ans le 26 septembre 2008 à Westport dans le Connecticut.

"Je ne suis plus capable de travailler - avait-il dit - au niveau que je souhaite. Quand on commence à perdre la mémoire, la confiance, sa capacité d'invention, il vaut lieux tout arrêter."

 

Acteur de grand talent et homme de grand coeur, Paul Newman ne défrayait la chronique que pour les bonnes causes et a su, au travers de 63 longs métrages, imposer un regard,  une présence qui était tout simplement magnétique. Lui-même réalisa 5 films : en 1968 "Rachel, Rachel" ; en 1971 "Le clan des irréductibles" ; en 1972 "De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites" ; en 1983 "L'affrontement" et en 1987 "La ménagerie de verre".

 

Connu et respecté pour sa discrétion, il n'en a pas moins, et à juste raison, critiqué les dérives d'Hollywood et de l'Amérique en général. Pour nous, qui ne l'avons pas quitté, revoir ses films sera toujours un immense plaisir. Son regard bleu continuera longtemps à hanter la pellicule, parce qu'il avait, en plus de la perspicacité, de l'exigence, de la rigueur et une infinie élégance morale.

 

Pour consulter la critique du film La chatte sur un toit brûlant, cliquer sur son titre :

 

LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT de RICHARD BROOKS

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 11:07

600full-jean--pierre-melville.jpg  1917 - 1973

 


Jean-Pierre Melville, réalisateur, scénariste, adaptateur, dialoguiste, interprète, producteur, décorateur, monteur, est un des très grands du cinéma français et international et compte à son actif plusieurs chefs-d'oeuvre indiscutables. Né à Paris le 20 octobre 1917 sous son nom de famille Grumbach, il est appelé sous les drapeaux son baccalauréat tout juste passé et connaitra les tourments de la guerre qui le marqueront à jamais et ne seront pas sans influencer certains de ses films comme Le silence de la mer et L'armée des ombres. En 1942, il gagne Londres et prend le nom de Melville en hommage à l'auteur de Moby Dick et attendra son retour à Paris, en 1945, pour épouser enfin sa vocation de cinéaste et réaliser son premier court-métrage : Vingt-quatre heures de la vie d'un clown.

 

Son premier long métrage attendra  1947 et sera une adaptation fidèle du roman de Vercors Le silence de la mer, réalisé avec un budget réduit mais une qualité de mise en scène toute en retenue, suscitant l'admiration  de Jean Cocteau, séduit d'emblée par son style dépouillé et néanmoins lyrique. Il lui confiera l'adaptation des Enfants terribles et peu de temps après le cinéaste, soucieux de jouir d'une totale indépendance, s'empressera  d'acquérir les studios Jenner où il tournera la plupart de ses films. Il lui arrivera également de passer derrière la caméra et d'apparaitre dans certains opus tels l'Orphée de Jean Cocteau, Deux hommes dans Manhattan, A bout de souffle de Godard ou Landru de Chabrol.

 

Mais c'est en tant que cinéaste qu'il va marquer les mémoires et être un modèle et un inspirateur pour la nouvelle vague de talents qui trépigne d'impatience dans l'attente d'enterrer au plus vite le cinéma de papa. D'un naturel indépendant, Melville a su très tôt s'affranchir des règles cinématographiques en vigueur pour inaugurer une forme nouvelle d'adaptation proche du cinéma américain. Avec Bob le flambeur en 1955 et Deux hommes dans Manhattan en 1958, il restitue à merveille l'ambiance du Montmartre des gangsters ou la nuit new-yorkaise à la façon d'un documentaire et au prix d'une froide stylisation qui sait s'attarder sur les détails et tourner le dos aux péripéties psychologiques. D'où ce fétichisme vestimentaire qu'il impose à Belmondo  dans Le Doulos et à Delon dans Le Samouraï. Deux hommes dans Manhattan n'est en définitive que l'échange permanent des figures du Bien et du Mal, thème récurrent chez Melville. Par ailleurs, L'ainé des Ferchaux, tiré de Simenon dont l'univers l'attirait, et L'Armée des ombres traitent l'un et l'autre des faiblesses humaines, non sans misanthropie et avec l'ampleur tragique qui est la marque première du réalisateur. Créateur hors norme, le cinéaste se plait à filmer des odes sobrement lyriques et l'ambiguïté de personnages affrontés à la guerre ou au crime, se faisant un devoir de restituer des atmosphères lourdes de sens et d'ambivalence.

 

Trois films sortent du lot de ces belles réalisations par leur force narrative, le contre-emploi d'un acteur - ce sera le cas avec Belmondo dans Léon Morin prêtre où Melville joue sur des poncifs vaguement bressonniens, prenant ses distances avec le récit de Béatrix Beck et recourant à la voix off - et du Silence de la mer, d'après le roman de Vercors, situé sous l'occupation allemande et réalisé avec un budget minime et des techniques certes conventionnelles mais que le réalisateur charge d'une sobre intensité. Enfin le troisième chef-d'oeuvre est sans nul doute Le Samouraï, le plus beau rôle d'Alain Delon avec celui que lui offrit Visconti dans Rocco et ses frères, où le personnage est défini par ses gestes plutôt que par sa personnalité. Le scénario avait été écrit par Melville en 1963 et correspond si bien au personnage que rêvait d'interpréter Delon que l'entente se fera d'emblée. L'acteur sera prodigieux dans la peau de Jef Costello, plus proche du loup que de l'homme. Ce sabreur solitaire est hanté par la mort et entièrement requis par sa mission qu'il exécute sans faiblir avec  la froideur implacable et le masque d'impassibilité que Delon saura lui prêter. Le Samouraï fixe définitivement une écriture singulière, celle d'un Melville inspiré qui a le goût des figures mythiques et le sens aigu de la tragédie à l'ancienne, dont l'oeuvre a quelque chose de fulgurant et d'hypnotique. Il mourra  le 20 août 1973 à l'âge de 56 ans, quelques mois après l'échec cuisant de son dernier film Un flic, qui l'avait beaucoup affecté.

 

Pour prendre connaissance des critiques des films du réalisateur, cliquer sur leurs titres :

 

LE SAMOURAI de JEAN-PIERRE MELVILLE          LE SILENCE DE LA MER DE Jean-Pierre MELVILLE

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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