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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 11:09

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Eté 1980. Barbara est chirurgien-pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province, au milieu de nulle part. Tandis que son amant Jörg, qui vit à l’Ouest, prépare son évasion, Barbara est troublée par l’attention que lui porte André, le médecin-chef de l’hôpital. La confiance professionnelle qu’il lui accorde, ses attentions, son sourire... Est-il amoureux d’elle ? Est-il chargé de l’espionner ? D'autre part, le malheur de la population ne peut en aucun cas la laisser indifférente. Dans ce monde clos où chacun espionne chacun, quelle place va-t-elle parvenir à trouver pour survivre ? Ce n'est pas sans raison, que l'affiche nous la montre de dos, car véritablement Barbara se trouve, dès le début de l'histoire, le dos au mur. Cette nouvelle vie, au fin fond d'une sinistre province, est-elle ou non acceptable ? Emmurée dans son silence et son opposition, comment parviendra-t-elle à conserver sa dignité , comment échappera-t-elle à la lente érosion de l'ennui et de la solitude ?

 

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Sobre, dépouillé à l'extrême, ce quatuor à cordes, où chacun des personnages joue en permanence sur la plus sensible, est un moment à part dans la production actuelle. Centré sur le personnage de Barbara, admirablement campé par Nina Hoss impénétrable à souhait, cet opus montre, à travers les faits et gestes de l'héroîne, le lent cheminement qui va la conduire à renoncer à son projet initial pour emprunter une tout autre voie. Celle-ci se révèlera plus conforme aux convictions intérieures que cette expérience douloureuse n'a pu manquer de lui inspirer. Ainsi le malheur des autres peut-il engendrer une forme de résistance et d'apaisement intérieur. En offrant sa compassion généreuse à des êtres en proie au désespoir, Barbara fait basculer sa propre existence et s'engage sur le chemin inverse de celui prévu avec son amant. La désespérance, que ne cesse de générer un régime totalitaire pervers et inhumain, provoque en elle un sursaut d'humanité. C'est le mal environnant qui lui fait choisir le bien qu'elle dispensera en soignant, en étant présente, et c'est ce désert  de l'âme qui parvient à lui inspirer des actes de pur désintéressement et de fraternité profonde. Un film original de par son thème, sa mise en scène ponctuelle, sa lenteur calculée, sa réflexion entre la fuite et la résistance, entre le désir de vivre et celui de s'accomplir. A noter également la présence physique très forte de l'acteur Ronald Zehrfeld, formidable dans le rôle du médecin-chef André qui conserve jusqu'à la fin son mystère et son ambiguïté.

 

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 10:17
PORTRAIT DE FEMME de JANE CAMPION

En 1872, Isabel Archer, une jeune Américaine, va rendre visite à ses cousins anglais, les Touchett. Elle les surprend par sa liberté de ton et, surtout, par son esprit  indépendant. C'est ainsi qu'elle refuse successivement les propositions de mariage pourtant financièrement fort avantageuses de lord Warburton et de Caspar Goodwood, un richissime admirateur qui a traversé l'Atlantique pour déposer son amour et sa fortune à ses pieds. Isabel a d'autres centres d'intérêt. Elle ne comprend pas très bien Serena Merle, une belle compatriote qu'elle a rencontrée chez monsieur Touchett, mais tombe sous le charme de sa grâce et de son élégance. A la mort de monsieur Touchett, le fils du défunt, Ralph, a soin de léguer à Isabel une confortable rente...Devenue riche, la jeune femme commence par voyager afin de mettre un peu d’ordre, croit-elle, dans son esprit exigeant, épris d’indépendance, mais se fourvoyer gravement, dès son retour, en cédant aux avances d’un dilettante peu soucieux d’éthique amoureuse qui ne l’épousera que pour sa fortune et surtout pour que celle-ci revienne plus tard à sa fille Pansy, qu’il a eue de sa longue liaison avec Serena Merle.

 

Histoire d’une vie ratée, Portrait de femme ( 1996 ) est une jolie variation sur les méprises de l’intelligence et des sentiments, en un narratif un peu longuet qui, malgré sa subtilité, ne parvient pas à convaincre pleinement.  Sans doute parce que le personnage de Osmond, interprété par  John Malkovitch, très peu convaincant et aussi peu habité que possible, détruit passablement  cette composition centrée autour d’une femme qui ne cesse de se refuser et finit par devenir la prisonnière de sa propre défiance. Manœuvrée par un  mari sans scrupules qui se joue d’elle, Isabel est aveuglée par une coupable indifférence et se mure dans une froideur et une fierté blessée qui n’arrangent en rien son existence. Malheureusement, il manque à cette étude féminine, librement inspirée d’une œuvre de Henry James, une approche plus réaliste du quotidien, l’opus se plaisant à rester dans le registre d’une esthétique rigoureuse et savamment orchestrée, grâce à une mise en scène somptueuse et une  reconstitution sublime de la fin du XIXe siècle. Jane Campion, ayant un goût prononcé pour tout ce qui touche aux objets, aux toilettes, aux jardins, à  la campagne, aux bouquets de fleurs, travaille davantage en peintre qu'en réalisatrice. De plus, la musique est toujours un enchantement, si bien que ce  film, malgré ses faiblesses, se laisse regarder avec plaisir, tant il est esthétiquement beau.

 

J’ai déjà dit ce que je pensais de l’interprétation décevante de John Malkovitch dans le personnage égoïste et dominateur de Osmond qui n’est pas loin de celui qu’il campait dans  Les liaisons dangereuses, mais alors avec quel panache, tandis que les femmes sont magnifiques. En premier lieu Nicole Kidman, belle, distante, tourmentée, figée dans une solitude et un enfermement volontaire qui la coupent du monde extérieur, face à une Serena Merle jouée par la belle Barbara Hershey, maillon fort de ce trio et manœuvrière dépassée par ses propres intrigues, donnant la réplique à son âme damnée Gilbert Osmond. A travers de longues pages de silence, Jane Campion nous invite à introduire notre propre interprétation des faits. Elle n’impose rien, elle se contente de dévoiler, de suggérer, de placer ses personnages dans une dualité permanente, nous incitant à entrer dans le mystère de leur conscience et de leurs sentiments.  Le personnage de Ralph (Martin Donovan), le cousin d’Isabel, qui se meurt lentement de phtisie, est la note la plus touchante de cet opus qui souffre d’un scénario un peu trop éthéré.

 

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Jane Campion, cliquer sur son titre :

 

JANE CAMPION, UN CINEMA AU FEMININ

 

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PORTRAIT DE FEMME de JANE CAMPION
PORTRAIT DE FEMME de JANE CAMPIONPORTRAIT DE FEMME de JANE CAMPION
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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 10:05

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                                               1918 - 1987

 

Avec "Gilda", elle est devenue du jour au lendemain la femme fatale par excellence, l'atomic Gilda, la briseuse de coeur, la rousse au pouvoir d'attraction irrésistible avec un côté sombre exploité par la pellicule qui n'avait d'autre objectif que de l'entourer d'une aura de mystère et de diaboliser sa troublante sensualité. En effet, "Gilda" de Charles Vidor, qui sort sur les écrans à la fin de la guerre, dégage un érotisme brûlant qui atteint son paroxysme lors du numéro musical que la jeune femme interprète langoureusement en retirant ses gants au rythme de la musique. La pin-up, dont les G.I. avaient peint l'effigie sur la bombe atomique lancée sur l'atoll de Bikini, est consacrée pour l'éternité comme la vamp américaine. D'autant qu'elle enchaîne avec "La dame de Shanghai" d'Orson Welles, son mari, en 1946. L'affiche la montre en blonde platine, les cheveux courts, alors que le slogan précise : " Vous ne savez rien de la perversité ! " Le film étant, sans doute, destiné à nous l'apprendre. Il est vrai que ce personnage n'est rien moins que machiavélique et ternira un peu l'image de la femme pulpeuse chantant et dansant avec talent qu'elle affichait dans l'opus précédent. Si bien que l'on reprochera à Orson Welles de l'avoir chargée pour se venger de ses infidélités, ce qui est probablement injuste.

 

Gilda_trailer_hayworth1.jpg  Gilda

 

 Ainsi, après ces deux films, est-elle devenue un mythe, une icône rayonnant sur le 7e Art de son époque. Reine de beauté incontestable, elle fut élevée au rang suprême de déesse de l'amour, faisant la couverture des magazines les plus en vue et séduisant un public toujours plus large avec une comédie musicale comme "La reine de Broadway" avec Gene Kelly pour partenaire et de nouveau Charles Vidor comme réalisateur. Car la belle sait danser, formée dès l'enfance par son père Eduardo Cansino d'origine sévillanne et danseur professionnel. Sa mère Volga, née Haworth, était également danseuse et fille d'un acteur irlandais. La petite Rita est donc venue au monde dans le milieu du spectacle et fera ses premiers pas sur scène à l'âge de 4 ans avec éventail et castagnettes, lors d'un récital à Carnegie Hall.

 

Son père ne cessera d'exiger d'elle un travail intense, lui imposant des cours de danse astreignants, persuadé que l'avenir est aux comédies musicales. Si bien que, dans cette perspective, il créera une école de danse à Los Angeles, espérant poursuivre une carrière au cinéma qui semblait s'intéresser de plus en plus au monde de la danse. Douée de grâce et de charme, la petite Rita commence à retenir l'attention des quêteurs de talent, d'autant qu'elle est très belle : une chevelure somptueuse, un sourire éblouissant ; il suffira d'éclaircir ses cheveux, de la faire maigrir car elle est ronde, d'épiler ses cheveux afin d'agrandir son front et le tour sera joué... D'ailleurs elle dansera dès son premier film "L'enfer"  en 1935 aux côtés de Spencer Tracy et c'est son père qui en réglera la chorégraphie.

 

Mais la Fox a des soucis d'argent et la licencie. Par chance, de bonnes fées veillent sur elle et un homme d'affaires, qui a aussitôt évalué son potentiel, ne tarde pas à lui trouver des contrats avec des firmes moins prestigieuses mais qui ont le bon goût de la faire tourner. Elle épousera l'homme pour fuir son étouffante famille et se pliera à ses exigences en se teignant en rousse, en se faisant arracher plusieurs molaires afin de creuser ses joues et en changeant son nom de Cansino pour Hayworth. Ne répond-t-elle pas désormais aux critères des studios hollywoodiens ?  Certes, aussi apparaît-elle pour la première fois, à la suite de ces transformations, dans "Criminels de l'air"  en 1937 et entre-t-elle à la Colombia où son destin s'amorce. Ultérieurement, remarquée dans le film d'Howard Hawks "Seuls les anges ont des ailes"  auprès de Cary Grant et de Jean Arthur, elle emballe les critiques et le public masculin et voit ses émoluments se multiplier par dix au cours des années suivantes. Après plusieurs films mineurs, Rita tourne avec la 20th Century Fox dans "Arènes sanglantes"  de Darryl Zanuck, fasciné par sa gestuelle sensuelle et son éclat. Si bien qu'elle est définitivement lancée et jouit d'une popularité considérable auprès des G.I. engagés dans la Seconde Guerre mondiale.

 

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                                              Dans Gilda avec Glenn Ford

 

A la Columbia, l'actrice va avoir la chance de danser à deux reprises avec Fred Astaire dans "L'amour vient en dansant" et "O toi ma charmante". Lors de ce dernier, le couple explose littéralement  dans un pas de deux d'une grande sensualité. Fred Astaire écrira d'ailleurs qu'il prît beaucoup de plaisir à danser avec Rita et précisera que " chacun de ses mouvements épousaient les siens ". C'est l'époque où on lui prête des liaisons avec Victor Mature, David Niven et Howard Hugues, le collectionneur de conquêtes féminines. C'est aussi celle où elle se sépare de son mentor Edward Judson devenu jaloux et menaçant.

Le 7 septembre 1943, elle épouse Orson Welles et rejoint le plateau de la comédie musicale "La Reine de Broadway", opus précurseur des films musicaux qui marqueront les années 50 et où elle révélera une fois encore ses qualités de danseuse. A sa sortie, en 1944, le film est un triomphe sans précédent qui assied définitivement la renommée internationale de l'actrice. Mais l'apothéose sera atteinte avec "Gilda", le film phare de sa carrière, prouvant s'il était encore nécessaire son pouvoir érotique, et la faisant entrer dans la légende des déesses hollywoodiennes. Cependant, et malgré la naissance d'une petite fille, son mariage avec Orson  bat de l'aile, en proie à des scènes de jalousie permanentes, d'un côté comme de l'autre. Pour cadeau de rupture, Welles offrira à Rita le rôle étrange et fascinant de "La dame de Shanghai", où le final est devenu un moment d'anthologie, celui où Elsa Bannister, l'héroïne interprétée par Rita, agonise au milieu d'un labyrinthe de miroirs qui multiplie à l'envi son reflet. Leur divorce sera prononcé peu après.

 

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C'est alors que les désillusions commencent. Son mariage avec le prince Ali Khan fait d'elle une princesse non plus seulement à l'écran mais dans la vie civile, sans lui apporter d'autre bonheur que la naissance d'une seconde fille Yasmina. Le conte de fée sera de courte durée et son retour à Hollywood comme entaché de mélancolie. Elle tourne alors Salomé, un film biblique réalisé par Rouben Mamoulian, dont le résultat est criblé d'invraisemblances et d'un goût douteux, bien que Rita reste éblouissante et infiniment suggestive dans la célèbre scène de la danse des "sept voiles ". Contactée pour être "La comtesse aux pieds nus", elle abandonne le rôle à l'autre déesse d'Hollywood Ava Gardner, trop absorbée par les multiples difficultés et rebondissements de son divorce avec le prince Ali qui lui refuse la garde de leur enfant. Elle apparaît encore en 1957 dans "L'enfer des Tropiques" avec Robert Mitchum resté un ami fidèle, puis La blonde ou la rousse auprès de Frank Sinatra, et épouse en 1958 son cinquième mari James Hill, un producteur rencontré lors de ce dernier tournage.

Le déclin de Rita s'amorce durant les années 60. C'est l'apparition de la maladie d'Alzheimer qui l'emportera et dont on attribue à tort les symptômes à l'alcool. Bien qu'on lui propose toujours des rôles au cinéma et au théâtre, elle refuse la plupart  tant elle souffre d'épuisement et de graves troubles de mémoire. Elle fera encore une belle composition auprès de John Wayne dans "Le plus grand cirque du monde", puis dans "Sur la route de Salina" de George Lautner, où elle retrouve son partenaire et ami Glenn Ford. En 1981, placée sous tutelle, elle s'absente définitivement de la scène et de l'écran, veillée et soignée par sa fille Yasmina, et s'éteindra le 14 mai 1987 à New-York, laissant d'elle une impérissable image de beauté et de charme.

 

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                      A 59 ans, en 1977, malade et encore si belle !

 

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:13

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                                         1932 - 2011


Elle fut en même temps que la blonde Marilyn, la rousse Rita Hayworth, la sublime Ava Gardner, la légende ( brune ) d'Hollywood, à l'époque de son âge d'or et de ses femmes fatales, croqueuses d'hommes et de diamants, déesses à la séduction ravageuse pour lesquelles les superlatifs apparaissent désuets. Belle au delà de toute expression avec une peau diaphane, des yeux violets et une épaisse chevelure sombre, Elisabeth Taylor était une conquérante. Elle entendait que rien ne lui résistât, pas même la maladie qui, à plusieurs reprises, la conduira dans l'antichambre de la mort.

 

Elisabeth est née à Londres de parents américains le 27 février 1932. Son père dirigeait alors une galerie d'art et sa mère était actrice. Ses parents regagneront les Etats-Unis au début des hostilités entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne en avril 1939. La famille s'installe à Los Angeles, dont Mme Taylor est originaire et où le père s'empresse d'ouvrir une nouvelle galerie, bientôt fréquentée par de nombreuses célébrités hollywoodiennes, qui ne tarderont pas à remarquer l'exceptionnelle beauté de la petite fille. C'est ainsi que celle que l'on surnommera Liz entre tout enfant dans la  prestigieuse Mecque du 7e Art et sera choisie pour être l'héroïne de  La fidèle Lassie, puis de  Les quatre fille du docteur March. Dès lors, elle sera la petite fiancée de l'Amérique et  ne cessera plus de tourner et de défrayer la chronique, car son aura dépassera de beaucoup les étroites limites de l'écran.


Liz Taylor savait aussi bien jouer dans la fiction que dans la vie, au point que sa vie fut une incroyable fiction, où les maris et les amants se succédèrent mais également les maladies, les scandales et les cures de désintoxication, tant il est vrai que l'actrice ne savait pas faire les choses à moitié. Elle fut en toutes occasions une passionaria. C'est sans doute pourquoi son rôle dans La mégère apprivoisée, où elle donnait la réplique à Richard Burton, qu'elle épousa deux fois, est l'un des plus emblématiques.

Actrice dans une quarantaine de films, elle aimait interpréter des personnages extrêmes qui lui permettaient de libérer les pulsions de son tempérament porté naturellement vers le drame et la démesure. C'est ainsi qu'elle excellera dans La chatte sur un toit brûlant, Géant, Cérémonie secrète, Soudain l'été dernier et Qui a peur de Virginia Woolf, ce dernier opus lui méritant un second Oscar.


     


Son rôle dans Cléopâtre, où, à nouveau, elle se trouve face à Richard Burton marque l'apothéose hollywoodienne de sa carrière et un cachet fabuleux, sans doute l'un des plus lourds de l'histoire du cinéma,  mais ne rend pas vraiment compte de ses qualités d'actrice. On la préfère dans des interprétations plus subtiles où elle donnait tout d'elle-même avec une indéniable générosité.  

 


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La fin de sa vie sera triste, car la beauté n'a pas le droit de vieillir et qu'elle en était l'une des représentations les plus accomplies. D'où l'insécurité dont elle souffrira toujours et la raison qui la fit se marier huit fois avec seulement sept maris, puisqu'elle épousa l'un d'eux à deux reprises, de même que les excès qui ne cessèrent de jalonner son périple terrestre. Elle avait écrit dans son livre-confession "Elisabeth dit tout", publié en 1988 : " L'une des rares fois où j'ai été vraiment heureuse est lorsque j'étais enfant, avant que je commence à tourner". Tout est dit du faux bonheur des stars.

 

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 09:59

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                                                1920 - 1991


D'elle, on peut dire qu'elle représentait la féminité dans sa douceur et sa finesse les plus extrêmes. C'était une femme dont le regard vous attendrissait et que tout homme devait avoir le désir de protéger. Des traits délicats, une chevelure châtain, des yeux d'un bleu presque transparent, Gene Tierney est naturellement émouvante et inspire la tendresse. Il y a en elle une mélancolie profonde, quelque chose qui vous fait penser que cette femme-là est faite pour souffrir, qu'elle est comme une apparition, à la fois irréelle et brisée.

Née à New-York dans une famille aisée, son père était courtier en assurances et sa mère professeur de gymnastique, elle aimait tout enfant rédiger des poèmes et l'écriture sera souvent un refuge au cours de sa vie, d'autant qu'elle fait de bonnes études et passe deux ans en Europe dans une école privée de Lausanne, ce qui explique qu'elle parlait couramment français. Ebloui par sa beauté, alors que revenue aux Etat-Unis la jeune Gene visite les studios de la Warner Bros, Anatole Litvak l'encourage à devenir actrice. Mais ses parenst se montrent réticents, considérant ce monde comme celui de la perdition, où l'on gagne très mal sa vie. Mais Gene supplie, s'entête et auditionne à l'American Academy of Dramatic Arts où elle est acceptée. Parmi les talents notoires de l'époque figurent Lauren Bacall, Grace Kelly, Katherine Hepburn et Spencer Tracy. Engagée par la Fox, la jeune femme deviendra très vite l'une des principales stars  de la firme. C'est Fritz Lang qui la fera débuter dans un western avec Henri Fonda pour partenaire, mais son premier rôle important ne viendra qu'un peu plus tard et lui sera offert par Sternberg dans Shanghaï Gesture en 1941.

 

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Puis, ce sera Le chevalier de la vengeance en 1942 auprès de Tyrone Power, Le ciel peut attendre l'année suivante de Ernst Lubitsch où elle impose sa beauté délicate et juvénile. Mais son rôle le plus mythique reste incontestablement celui que lui proposera Otto Preminger dans Laura, de même que L'aventure de Mme Muir avec Rex Harrison, aventure sentimentale et fantastique qui comptent comme les deux films les plus marquants de sa carrière. En effet, dès 1950, ses essais dans la comédie s'avèrent peu concluants. D'autant que de graves ennuis de santé l'éloignent momentanément des studios. Elle sera même internée pour des problèmes mentaux à la suite des malheurs qui la frappent. Mariée deux fois, une première avec le costumier et styliste Oleg Cassini qui l'abandonne, une seconde avec un baron du pétrole texan qui la laissera veuve. Elle aura deux filles dont l'une naît prématurément aveugle, sourde et retardée mentalement. Le désarroi de la jeune mère sera la cause d'un état maniaco-dépressif que ses échecs sentimentaux successifs ne feront qu'aggraver.  Elle mourra dix ans après son second époux d'emphysème et est enterrée à Houston au Texas où elle vécut plus de 30 ans.

 

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L'AVENTURE DE Mme MUIR de JOSEPH MANKIEWICZ

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 08:38

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Elle n'avait ni le charme d'Audrey Hepburn, ni la délicate élégance de Grace Kelly, ni le talent d'Elisabeth Taylor, ni la vulnérabilité de Marilyn Monroe, elle était seulement, et sans doute pour son malheur, d'une beauté stupéfiante et a probablement été la plus belle femme qui soit, d'une splendeur qui l'apparentait aux déesses de l'Olympe et à leur sombre destin, une somptueuse panthère noire faite pour rugir. D'autant qu'elle ne se contentait pas d'être parfaite, elle possédait le regard, la gestuelle, la sensualité qui faisaient que les autres femmes pâlissaient toutes face à elle et que les hommes ont été probablement effrayés par le magnétisme sensuel qu'elle dégageait et par le désir qu'elle ne cessait d'inspirer. Trois mariages et un grand nombre de liaisons et d'aventures la laisseront seule et désespérée, d'autant qu'elle-même ne s'aimait pas et portait au plus profond du coeur un désarroi inguérissable. Née le 14 décembre 1922 dans une famille d'exploitants agricoles ( plantations de tabac ), elle est la dernière de 7 enfants et ne pourra pas faire d'études, seulement apprendre la sténo-dactylo afin de devenir secrétaire et souffrira toute sa vie de ne pas être cultivée. Si celle-ci était à refaire - écrivait-elle dans ses mémoires - ce serait l'instruction que je placerai en priorité. Le mari de sa soeur aînée, photographe professionnel, va être très tôt subjugué par sa beauté. Alors qu'elle n'a que 17 ans, il la choisit pour modèle et prend des dizaines de photos qu'il s'empresse de placer dans sa vitrine et qu'un employé de la MGM, qui passait par là, remarquera. Si bien que la jeune Ava est convoquée pour des bouts d'essai et qu'elle signe un contrat de 7 ans avec la firme pour 50 dollars par semaine. Mais ses débuts ne seront guère brillants, d'abord parce qu'elle n'a pas la vocation de comédienne, qu'on l'affuble de petits rôles peu exaltants et qu'elle ne parvient pas à se débarrasser d'un redoutable accent du terroir. Son nom n'apparaîtra dans un générique qu'en 1944 dans Trois hommes en blanc

 


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C'est à cette époque qu'elle croise dans les couloirs de la MGM un acteur en vogue et très populaire, à défaut d'être grand et beau : Mickey Rooney. Il lui fait une cour assidue et elle finit par l'épouser le 10 janvier 1942. Mais la cour est une chose, la vie maritale une autre et il semble bien que Mickey n'ait aucune idée de ce que doit être un mari attentif et fidèle. Ils divorceront un an plus tard pour "cruauté mentale". Restée sans argent, l'impétueuse, le coeur chaviré, balade pour 100 dollars la semaine son regard de braise et son corps de déesse dans 17 mélos qui ne feront rien pour l'imposer comme actrice au firmament hollywoodien. John Huston lui fait la cour à son tour et tente de l'hypnotiser, mais la belle n'entend pas se laisser asservir en un lieu où tout est illusion et mensonge. Howard Hugues, producteur outrancier et paranoïaque, prendra la relève sans plus de succès mais la poursuivra durant vingt ans de son assiduité, la faisant suivre et mettre sur écoutes, en proie à une tyrannie sans bornes. Après un mariage éclair avec Artie Shaw qu'elle aimera mais qui la méprisera, ce qui la blesse affreusement, elle rencontre Frank Sinatra. Envoûté par sa beauté et bien que marié à Nancy, il va conquérir le coeur de la rebelle en lui chantant des mélodies de sa voix de crooner, mais là encore leur passion ne sera pas un long fleuve tranquille. Ces deux-là sont jaloux et leur chambre va très vite devenir un ring  où ils ne cessent de s'affronter et de se réconcilier et où les injures et les coups pleuvent, au point que Sinatra feindra le suicide et qu'Ava ira se consoler dans les bras de Mario Cabré, un acteur sans scrupule qui profitera de l'aubaine et entourera leur brève liaison d'une publicité flatteuse pour lui seul. Entre temps, Sinatra a divorcé de Nancy ; il est à nouveau un homme disponible qu'Ava, qui n'a pas encore guéri de lui, accepte d'épouser pour le meilleur et pour le pire... Leur lune de miel ou de fiel se passera dans l'île de Cuba, alors sous l'autorité très permissive de Baptista, casino et lupanar tout ensemble où les "people américains" de l'époque aimaient à  faire la fête.

 

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Le film Mogambo en 1953 ( après Pandora en 1951 ) qu'Ava tourne avec Grace Kelly et Clark Gable rehausse sa côte au box office au point que l'Académie des Oscars nomine enfin l'actrice. Impressionné par sa présence à l'écran, Joseph Mankiewicz  va lui cococter un rôle à sa mesure. Ce sera  La comtesse aux pieds nus, où elle peut enfin donner la mesure de son tempérament dans une Espagne ardente, la chaleur de ses nuits, et qu'elle séduit, dans la foulée, un mythe vivant : le torero Luis Miguel Dominguin. Mais ce dernier, poursuivi par les vindictes de Howard Hugues, préférera épouser la plus reposante et ravissante actrice italienne Lucia Bosè. Il semble bien que les hommes, qui ont croisé sa route, aient tous été paniqués par le désir qu'elle ne cessait de susciter. Désir, mais point amour, passion mais point tendresse. La torride et sensuelle Ava sera certes désirée mais pas aimée et de cela elle mourra à petit feu. Les années passent. L'actrice s'est réfugiée en Angleterre, à Londres, après que Madrid lui ait réclamé un arriéré astronomique d'impôts. Elle semble y mener une vie assez sage, s'étant éloignée du feu des projecteurs et de leurs fatales désillusions pour l'ombre plus propre à l'apaisement. Elle meurt d'une pneumonie le 25 janvier 1990. Elle n'a que 67 ans mais a tout vécu trop vite et trop intensément, âme subversive et tourmentée, rongée par le doute et le scepticisme. Ses films les plus marquants seront Pandora ( 1951), Les neiges du Kilimandjaro ( 1952),  Mogambo (1953), La comtesse aux pieds nus (1954), La croisée des destins ( 1956) et La nuit de l'iguane (1964).

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 08:38

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Pour l'état civil, elle fut Norma Jean Baker Mortenson. Pour le monde entier, Marilyn Monroe devint le mythe absolu de la féminité et de la sensualité sur grand écran avec cette fragilité qui plaisait aux hommes et attendrissait les femmes. Une parfaite cible mouvante pour la grande machine hollywoodienne qui contribuera à la broyer.

 

"Voilà une pauvre fille qui devient tout à coup une vedette célèbre. Alors, ces gens viennent lui dire qu'elle doit devenir une grande actrice. C'est comme un homme qui ferait une chanson idiote : le Toutou à la fenêtre - ça fait un succès, et il faut qu'il écrive des symphonies pour Toscanini ! Ils veulent essayer d'élever Marilyn où elle ne peut exister."

Cette charge d'une cruauté absolue, c'est Billy Wilder qui la prononce et la signe l'année même de Sept ans de réflexion en 1955. Dans son outrance, elle reflète parfaitement une partie de l'opinion hollywoodienne à l'égard d'une star féminine qui refusa jusqu'au bout de se plier totalement aux usages en vigueur dans cette usine à rêves qui pouvait si facilement devenir une usine à cauchemars. Cette attitude du milieu hollywoodien à son égard sera pour Marilyn une blessure qui ne se refermera jamais et s'ajoutera à son enfance de petite fille abusée sexuellement et abandonnée par sa mère malade. Un passé qui a inscrit dans ses gênes une dépression permanente, une paranoïa dont aucun homme, aucun psychiatre ne parviendront à la guérir et, qui plus est, à la sauver.

 

L'histoire de sa vie ressemble à un conte qui très vite tournerait mal ou, mieux encore, à un film plus noir que rose, bien que les premières années furent la concrétisation parfaite de ce que Gladys Baker, sa mère, avait espéré pour sa fille : Marilyn devenue une star mondialement admirée pour son éclatante beauté. En 1947, âgée de 21 ans, elle obtient un premier rôle dans une production de la Fox Dangerous Years d'Arthur Pierson ; ainsi a-t-elle déjà forcé la porte de la Mecque du 7e art, même si le film ne vaut pas tripette. Car ses apparitions, mêmes secondaires et fugaces, sont remarquées, si bien qu'en 1950 elle tourne dans deux films : La pêche au trésor  des Marx Brothers qui ne fera pas date dans les annales et Quand la ville dort de John Huston qui marque son entrée officielle au box office. Deux ans plus tard, elle est déjà en tête du très officiel classement des " étoiles de demain", tandis qu'avec Chérie, je me sens rajeunir, elle se voit confier par Howard Hawks son premier emploi de vedette aux côtés de Ginger Rogers et Cary Grant. L'année suivante, c'est la consécration définitive avec le rôle principal d'un nouvel Howard Hawks Les hommes préfèrent les blondes auprès de la brune Jane Russell. Elle incarne Lorelei, une chanteuse de cabaret, à laquelle elle prête sa voix délicieuse. Marilyn fait merveille dans ce rôle de jeune femme intéressée et quelque peu frigide, mais dotée d'une ingénuité qui fait tout passer, y compris auprès du public féminin. Cet instinct des êtres et des choses qu'elle possède au plus haut degré lui permet d'être toujours juste dans ses gestes et ses expressions. Oui, il n'y  plus de doute : Marilyn jouit d'un étonnant magnétisme.

 

Désormais, le personnage de la blonde sexy, pulpeuse, gentiment séductrice, avec une mouche sur le visage, un sourire radieux et des lèvres parées d'un rouge éclatant, sachant danser et chanter, s'impose à tous. Le magazine Photoplay la sacre alors " meilleure actrice populaire de l'année " et les financiers d'Hollywood, toujours à l'affût, se frottent les mains à la seule pensée de la manne dont ils vont bénéficier grâce au charisme de cette femme à la séduction irrésistible. En effet, au cours des années 1953 - 54 et 56, M. M. figure parmi les dix vedettes qui rapportent le plus de dollars. C'est bien entendu l'époque où elle enchaînera les tournages les plus marquants de sa carrière : Niagara, Comment épouser un millionnaire, Rivière sans retour, La joyeuse parade, Sept ans de réflexion et Bus Stop.

 

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Au fur et à mesure que s'amplifie le mythe Monroe, Marilyn, qui n'est pas dupe, mesure la vacuité du star-system cynique et dénué d'humanité. Son mariage avec le prestigieux écrivain Arthur Miller, en 1956, sonne comme un défi aux a priori de certains : " La beauté de Marilyn rayonne parce que son âme se montre à tout moment " - écrira-t-il, mais leur couple finira par se défaire, l'écrivain s'inquiétant que la jeune femme l'entraîne irrémédiablement dans sa perte. Or, il entend se ressaisir. Le choc de leur séparation la rendra définitivement vulnérable et transformera ses dernières années en une lente descente aux enfers. Dans Certains l'aiment chaud de Billy Wilder en 1959, le metteur en scène qui la considère toujours avec une nuance d'apitoiement, elle est une fois encore une chanteuse face à Tony Curtis et Jack Lemmon en musiciennes d'orchestre. Dans cet opus d'un comique savoureux, Marilyn dévoile un formidable potentiel comique et une sensualité torride, mais Wilder l'a  tout de même circonscrite dans un personnage de ravissante idiote. En 1959, alors qu'elle tourne Le milliardaire de Georges Cukor, elle a une courte liaison avec son partenaire Yves Montand qui la laissera une nouvelle fois désemparée. Puis ce seront des liaisons dangereuses avec le Président des Etats-Unis John Kennedy et son frère Bob, un tournage difficile avec The Misfits, film réalisé par John Huston d'après un scénario d'Arthur Miller qui met en scène leur propre histoire, l'abus de substances nocives, son isolement progressif et un film inachevé qui fait apparaître l'envers du décor et un pathétique appel au secours qui ne semble pas avoir été entendu. Au bout de ce tunnel, l'actrice la plus célèbre du monde mais, probablement la moins bien aimée, choisira de se donner la mort le 5 août 1962, il y a un demi siècle de cela, dans sa villa de Brentwood à Los Angeles. Cette étoile à la trajectoire si brève - elle n'avait que 36 ans lors de sa disparition - n'en reste pas moins une étoile persistante au firmament du 7e Art.

 

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MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 08:54

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Ce sera, à n'en pas douter, un des succès de l'été : 700 000 entrées minimum, le million si l'été est pourri dans le Finistère et alentour. Bowling emprunte aux Ch'tis son caractère régionaliste, son hyper-localisation : Carhaix, patrie des Vieilles Charrues. Mais qui est donc l'auteur, cette Marie-Castille Mention-Schaar ?  Une ancienne productrice passée à la réalisation et qui est l'unique cinéaste français(e ) à avoir sorti deux films cette année :  - Ma première fois - qui était aussi la sienne - en janvier et, bien entendu,  Bowling en juillet. Ce n'est pas lui faire offense de dire que Bowling, co-écrit avec un autre ex-producteur, Jean-Marie Duprez, est d'abord un coup de production. Un soupçon de comédie sociale à l'anglaise et  le récit de l'épanouissement tardif d'une bourgeoise parisienne (Catherine Frot en DRH délaissée par son odieux époux) ; en quelque sorte la province contre la capitale avec dialogues en breton et deux vedettes qu'on ne taxera pas de parisianisme abusif : Mathilde Seigner et Catherine Frot.

 

Le scénario a certes été bâclé à la hâte et la mise en images n'est guère inspirée. Si ce n'est pas tout à fait un nanar, c'est, en tous les cas, un symptôme : le nouveau cinéma moyen français bien budgeté qui n'a d'autre mission que de divertir. Et il y parvient, parce que l'histoire a un bon goût d'humanisme tout terrain et que les actrices se donnent un mal fou pour tirer vers le haut une bluette sociale pleine de bons sentiments et de maladresses cinématographiques. Que les jeunes cinéastes aillent voir ailleurs, ce n'est pas ici qu'ils trouveront des idées et des innovations, un style et du panache. Mais c'est tout plein gentil, on ne s'ennuie pas vraiment, et je le répète les quatre rôles principaux sont tenus par des personnes charismatiques, Catherine Frot arriverait à me faire sourire ou à me toucher en me racontant l'accouchement de sa soeur et on connait la présence d'une Mathilde Seigner qui, dans le personnage d'une sage-femme au fort caractère, n'a pas même besoin d'en rajouter : un froncement de sourcil, un sourire, tout est dit.

 

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Que je vous raconte néanmoins l'histoire puisqu'il y en a une et qu'elle est même tirée d'un fait divers : la maternité de l'hôpital de Carhaix, au coeur de la Bretagne, est en péril. Si bien que lorsque la DRH chargée de restructurer les services débarque dans la petite ville, elle est accueillie comme un chien au milieu d'un jeu de quille. Et ce n'est pas là un jeu de mots puisque le sport local n'est autre, en effet,  que le bowling. Malgré l'hostilité ambiante, Catherine la parisienne va découvrir les charmes de la vie provinciale. Elle, qui est cruellement privée d'affection conjugale auprès d'un mari collectionneur qui n'a d'yeux que pour ses statues en ferronnerie et en plâtre, va parvenir à s'intégrer à son nouvel environnement en se familiarisant avec le bowling, loisir qui passionne ses collègues et, ce, d'autant plus que les compétitions entre villes bretonnes approchent. N'est-ce pas le meilleur moyen pour Carhaix d'attirer l'attention de la presse locale et de faire parler d'elle et la façon la plus astucieuse  pour Catherine de se faire accepter de son entourage ?  Si bien que l'esprit d'équipe qui unit  les quatre femmes sur les pistes va également les réunir dans la lutte qu'elles entendent mener pour sauver la maternité. Tout cela est extrêmement sympathique, plein d'énergie et de bonne humeur, il y a même quelques jolis paysages de Bretagne qui défilent sur l'écran et le quatuor est irrésistible, en connivence parfaite avec les personnages représentés qui,  sans nul doute, ont été écrits sur mesure pour elles au point de juger inutile de changer les prénoms. Au final - et afin que la philosophie ait toujours le dernier mot -  il arrive que de simples quilles, une fois unies, renversent les montagnes.  A bon entendeur salut, nous sommes en plein positif...

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 09:02
THE ROAD MOVIE OU LES CARNETS de VOYAGE du 7e ART

 

La pellicule aime le voyage et il n'y a pour s'en convaincre qu'à considérer le nombre de films que le départ, la route, l'évasion ont inspiré aux cinéastes du monde entier. Je n'en veux pour preuve que le dernier Sur la route de Wim Wenders qui reprend un thème souvent traité et passe, à cette occasion, de la plume à l'image. Et comment ne pas être inspiré par un sujet aussi envoûtant, la quête permanente de l'ailleurs qui sollicite constamment l'homme et le jette dans des aventures sans cesse recommencées. 

En 1960, le film de voyage s'impose aux Etats-Unis comme un genre nouveau après le western et la comédie musicale. Les héros sont le plus souvent des contestataires qui soignent leur mal de vivre en prenant la route. Il est vrai qu'il y a au voyage de sérieux antécédents littéraires, L'Odyssée et Don Quichotte pour ne citer que les plus emblématiques. Le cinéma ne pouvait pas ignorer longtemps un genre aussi riche et si l'errance a si profondément inspiré les Américains, n'est-ce pas parce que leur pays est issu d'une longue épopée : la conquête de l'Ouest. Charlie Chaplin était déjà ce vagabond en quête d'un paradis imaginaire et Les raisins de la colère de John Ford ne raconte-t-il pas l'histoire de paysans chassés de leur terre  par la crise qui fuient vers la Californie afin d'y trouver du travail ? Dans les années 60, alors que le pays s'embourbe au Viêt Nam, la jeunesse cherche un exutoire et beaucoup de jeunes partent sur les routes, le voyage apparaissant comme une solution en mesure d'apaiser leur mal de vivre. Les routes symbolisent la liberté, l'insoumission et a le mérite de vous faire faire des rencontres et voir du pays. C'est au jour le jour une constante improvisation qui n'a plus rien à voir avec la monotonie habituelle du quotidien. Coppola illustrera le thème avec Les Gens de la pluie en 1969 et Denis Hopper avec Easy rider, la même année. 

 

David Lynch, jamais en panne d'imagination, poussera très loin son goût de malmener le spectateur à coups de sensations fortes, à travers l'équipée sauvage de Sailor et Lula, Palme d'or à Cannes en 1990. Ce road movie mène ni plus, ni moins au pays du cauchemar. Avec son conducteur poursuivi par un camion fou, Duel de Steven Spielberg ( 1971 ) est plus proche du thriller et du fantastique, alors qu'avec Honkytonk Man, Clint Eastwood nous invite à une escapade cocasse avec un musicien, sorte de road movie nonchalant qui est dans l'esprit d'un réalisateur qui aime faire cavalier seul.

 

Avec Thelma et Louise en 1991, Ridley Scott nous propose une randonnée à haut risque avec deux héroïnes qui ont décidé de s'offrir un week-end entre filles, le temps d'une virée sur la route. Quand un macho tente de violer Thelma, Louise fait feu et les voilà obligées de fuir vers le Mexique. De meutrières, elles deviendront braqueuses avant de finir cernées de toutes parts, au-dessus du Grand Canyon du Colorado, cavale jubilatoire magnifiée par des paysages grandioses. Avec ce film, Ridley Scott dénonce la brutalité de l'Amérique profonde où il n'est pas facile pour une femme d'être considérée à l'égal de l'homme. Les actrices Susan Sarandon et Geena Davis donnent un relief très convaincant à leurs rôles.

 

Mais pour moi le plus accompli du genre est sans nul doute Into the Wild de Sean Penn, petit chef-d'oeuvre où un jeune homme trouvera la mort seul dans une caravane après une épopée personnelle d'une rare intensité. Un film dont je fais l'éloge dans l'article suivant. Cliquer sur le titre pour en prendre connaissance :

 

   INTO THE WILD de SEAN PENN

 

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Les Européens ont également un style qui leur est propre et en 1974 avec Alice dans les villes, Wim Wenders commence une trilogie du voyage, en suivant un journaliste et une petite fille dans l'Europe des années 70. Traité par sa caméra, le film se teintera volontiers de métaphysique.  Faux mouvement adaptera les tribulations du Wilhelm Meister de Goethe et dans Au fil du temps ( 1976 ) un projectionniste itinérant sillonnera l'Allemagne en quête de sa vision très personnelle des choses. En France, dans Sans toit ni loi ( 1985 ), Agnès Varda met en scène une jeune vagabonde qui marche sans but et finira dans un fossé, le road movie s'avérant sans issue, alors qu'avec Tandem ( 1987 ), Patrice Leconte s'amuse des étapes successives de deux animateurs de jeux radiophoniques, un road movie quasi professionnel. Et n'oublions pas de citer la virée bretonne de Paco l'Espagnol et de Nino le Russe dans Western ( 1997 ) de Manuel Poirier.

 

Le plus frappant reste Paris,Texas, toujours de Wim Wenders en 1984 où, sortant du désert, un homme épuisé s'effronde. Transporté à l'hôpital, il reste muet mais son frère l'identifie - il s'appelle Travis - et le ramène à Los Angeles. Palme d'or au Festival de Cannes 1984, Paris, Texas est d'abord la rencontre de plusieurs talents : celui de Wenders, qui a rarement été aussi sensible, de Sam Shepard pour un scénario qui tient vraiment la route, de Ry Cooder pour la musique, sans oublier les superbes images de Roby Müller et la performance de l'acteur Harry Dean Stanton, bouleversant Travis, qui renaît lentement au monde. La scène où il retrouve sa femme  ( Nastassja Kinski ) est restée mythique.

 

paris texas Paris, Texas

 

En l'an 2000, s'il a perdu beaucoup de son esprit contestataire, le road movie n'a jamais quitté les écrans, comme en témoignent des films aussi différents et originaux que Une histoire vraie ( 1999 ), où David Lynch suit un vieil américain parcourant des kilomètres sur une tondeuse à gazon. Il fallait être Lynch pour trouver cela... Inspiré lointainement  de l'Odyssée d'Homère,  O Brother de Joel Coen ( 2000 ) montre trois bagnards en cavale lancés à la recherche d'un trésor dans l'Amérique de la Grande Dépression, alors que dans Twentynine ( 2003 ), Bruno Dumont prend pour décor les amples espaces désertiques qu'affectionnait tant John Ford et nous fait participer à un voyage érotico-horrifique que l'on peut oublier de voir. Enfin dans Sideways ( 2005 ) d'Alexander Payne, nous voyons deux amis qui choisissent de parcourir la route des vins californiens pour faire le point de leur existence. Les voyages continuent et ont encore un bel avenir devant eux...

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 09:43
NEW-YORK MELODY de JOHN CARNEY

Gretta et son petit ami viennent de débarquer à NYC. La ville est d’autant plus magique pour les deux anglais qu’on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l’idylle voler en éclat quand, aveuglé par sa gloire naissante, le jeune homme va la plaquer pour une carrière solo et... une attachée de presse. 


C’est alors, et bien que ses valises soient prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, que Gretta décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur copain. Ce dernier l’emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle, un producteur talentueux l’observe avec intérêt et émotion. A  la suite de sa séparation d’avec sa femme, il noie sa vie dans l’alcool et semble avoir perdu son feeling. Revenu de tout, du succès et de sa gloire passée, amer, rancunier, il se laisse couler... Soudain,  il entend cette voix, découvre cette grâce, ce talent brut et authentique... Une rencontre qui va remettre tous les cœurs à l’endroit.

 

Une romance qui ne le cède en rien à la facilité d’un sentimentalisme outrancier mais nous plonge dans l’univers de la musique, véritable thérapie pour sauver une jeune femme d'un désespoir amoureux, un père malheureux des affres que lui cause sa fille en pleine crise d’ado et même son ex-épouse incontestablement perturbée de se retrouver seule au foyer. Sans mélo excessif, ce scénario fait la part belle à la chanson, au rythme, à la bonne humeur, aux scènes de rue et, malgré quelques longueurs et répétitions inutiles, nous mène à une conclusion sympathique : celle des épousailles du réel et de l’espéré. Enfin  aucune scène de sexe, aucune vulgarité dans cet opus empli de bons sentiments qui nous ouvre un horizon positif et nous immerge dans une bonne humeur contagieuse. Tous les personnages se respectent en un univers où la musique adoucit les mœurs.

A voir, surtout si l’on souffre d’un peu de vague à l’âme.

 

 

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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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