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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 09:28

                    Paramount Pictures France

                                                                                   VIDEO

Cette animation réussie mêle habilement la grâce chorégraphique des arts martiaux à des gags délirants, où chaque animal apporte son éclat drolatique, de la mante religieuse à la vipère, de la tigresse à la grue. Dans cette ménagerie agitée, le débonnaire panda, dodu à souhait, persuadé que son avenir n'est pas dans la restauration de nouilles du petit troquet paternel mais dans la pratique du kung-fu - ce qui n'enlève rien à sa gourmandise légendaire - repasse une fois de plus le message volontariste des auteurs que "rien n'est impossible à celui qui le veut". Elu pour accomplir une ancienne prophétie, le rêve de Po devient réalité lorsqu'il rejoint, à la suite de beaucoup d'efforts, le monde du kung-fu et apprend les arts martiaux auprès de ses idoles, les Cinq Cyclones, sous les ordres de leur entraîneur, maître Shifu.


                      Paramount Pictures France

 


Mais le terrible léopard des neiges Taï Lung, le préféré de Shifu, dont le coeur est mauvais, est parvenu à échapper à la vigilance de ses geôliers et revient à grands pas, animé des plus noirs desseins. Or, c'est Po qui est chargé par maître Shifu de protéger la vallée de cette menace. Po mettra autant de corps que de coeur à mener à bien son ouvrage et viendra à bout de l'ennemi public au grand soulagement de la population animalière. Si bien, qu'aussi curieux que cela puisse paraître, ce panda typiquement chinois véhicule-t-il des idées purement américaines. Ce gourmand solitaire devient ainsi le prototype de l'ado dont les vices sont habilement maquillés en vertus. Obèse, paresseux, voire glouton et inconséquent, Po réussit à se transformer en héros, élu des dieux de la bienveillance, et aura, peut-être grâce à sa bonne volonté et à son altruisme, raison de l'irascible ennemi au coeur froid ; la

 chaleur, la rondeur l'emportant sur la force, la violence et la cruauté.
Cela mené à un train d'enfer et de main de maître dans une imagerie éblouissante qui confère à certains plans la beauté d'une estampe chinoise. De très belles trouvailles, dont une pluie de pétales qui emporte le vieux sage au paradis, des phrases qui font mouche, pour ce long métrage agréable à voir en famille et qui séduit par son humour, sa poésie, malgré un scénario assez bateau et des redondances dont on se serait bien passées. Ces faiblesses heureusement palliées par un esthétisme raffiné et le jeu des expressions d'une savoureuse humanité.

  

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

                     Paramount Pictures France

 

 

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 08:18

                      


                                                                                      VIDEO

 

Le premier film de Zoe Cassavetes, en compétition à Deauville en septembre dernier au Festival du Film Américain, ne restera probablement pas dans les annales, mais il est toujours sympathique de se pencher sur les débuts d'une jeune cinéaste, fille de son père, ce qui facilite les choses, mais n'enlève rien au fait qu'étant tombée dans le chaudron à pellicules, elle ait été gagnée par la contagion des studios et y ait pris goût. Si elle a la nationalité américaine, ses origines sont grecques et elle est française depuis 10 mois. Exilée par amour à Paris, comme sa grande amie Sofia Coppola, Zoe nous raconte dans ce film, très autobiographique, l'histoire d'une trentenaire new-yorkaise qui découvre le grand amour dans les bras d'un séduisant gaulois. Ce film charmant et sans prétention pourrait être le chaînon manquant entre Le journal de Bridget Jones et Sex and the City, interprété agréablement par Parker Posey et la grande Gena Rowlands, mère de la réalisatrice, qui contribuent l'une et l'autre à donner à cet opus une saveur indéniable.


                      Gena Rowlands et Parker Posey. Eurozoom


Néanmoins, il faudra que, par la suite, Zoe choisisse des scénarii plus charpentés et use de la caméra sur un rythme plus soutenu. En imaginant, en bonne francophile nourrie aux films de la Nouvelle Vague par son père, la rencontre de son héroïne avec un Français bohême et bon vivant, joué par Melvil Poupaud, Zoe Cassavetes ne se doutait pas qu'elle allait à son tour croiser l'homme de sa vie d'une façon quasi identique, ce qui a nourri son inspiration.
Se lancer dans la réalisation, après avoir été photographe, n'a pas été simple, même si l'on appartient au sérail. Zoe le reconnaît volontiers : " Oui, il m'arrive d'avoir peur, même si j'ai beaucoup de chance". Elle sait qu'elle est attendue et que les critiques ne lui feront pas de cadeau.
L'intérêt principal du film, en dehors de l'interprétation, tient dans la façon dont la jeune cinéaste s'empare d'un sujet convenu pour essayer de contourner les clichés au milieu desquels elle navigue. Il y a, dans ce long métrage, autant de fraîcheur que de naïveté. Mais, en refusant de se prendre au sérieux, l'auteur communique une bonne humeur appréciable, si bien que l'on regarde ce gentil premier film avec indulgence. On réservera l'exigence pour le prochain.

 

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                    Parker Posey et Melvil Poupaud. Eurozoom

 

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 10:32

              Portrait de Louis de Funès. Collection Christophe L.

                                              VIDEO HOMMAGE
 

 

Plusieurs décades que ce trublion agité de tics nous a quittés. Mais il n'est mort que pour l'état civil car il reste l'un des acteurs préférés des Français. Grâce aux nombreux films qu'il a tournés et que la télévision nous re-diffuse régulièrement, Louis de Funès n'a jamais cessé d'être présent et de nous faire rire aux larmes dans des oeuvres cultes d'un comique inépuisable.


Carlos Luis de Funès de Galarza, né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, appartenait à la noblesse sévillane et fit ses études au lycée Condorcet à Paris. Après avoir été dessinateur, pianiste dans des boîtes de nuit, il s'oriente vers une carrière de comédien, mais le succès mettra beaucoup de temps à le rattraper. Petit, 1m64, malingre, il dut se contenter durant de nombreuses années de rôles peu gratifiants, voire d'une simple figuration, aussi bien au théâtre qu'au cinéma, avant que la chance ne commence à lui sourire avec La traversée de Paris de Claude Autant-Lara en 1956, où il joue aux côtés de Gabin et de Bourvil.  On était loin alors de se douter qu'il deviendrait l'une des vedettes européennes les plus populaires des années 60 à 80 et que les producteurs lui feraient des ponts d'or pour qu'il figure dans leur production. Bien qu'à la fin des années 50, il ait pu se targuer d'avoir une centaine de films à son actif, il n'a pas trouvé le rôle déterminant qui en fera une tête d'affiche. Le phénomène de Funès reste le privilège de quelques initiés, dont Eddy Barclay qu'il amusait tellement lorsque, dans les boîtes de nuit, il se trémoussait derrière son clavier. Ce sera la pièce Oscar dans laquelle ses mimiques font merveille, et qu'il interprétera pendant des mois à guichets fermés, qui sera à l'origine de sa formidable carrière et l'installera définitivement dans le succès. Après Oscar, Pouic Pouic en 1963 confirmera sa renommée, si bien que désormais les producteurs, qui l'avaient tant boudé, vont en délégation venir lui faire leur cour.

 

 

                      


A partir de là, sa carrière va s'articuler en deux axes : l'axe Gérard Oury et celui de Jean Girault. Ce dernier lui offre un rôle d'anthologie dans la peau de l'inspecteur Cruchot. Entre temps, Gérard Oury le confirme dans ses trois plus grands succès. Ses duos avec Bourvil, dans Le corniaud d'abord  ( 1964 ) et La grande vadrouille ( 1966 ) ensuite, passeront à la postérité et rempliront les salles comme rarement, avec des répliques et des séquences inoubliables. Le personnage irascible qu'il campe face à un Bourvil débonnaire et bon gars est irrésistible. Ce sera une réussite également avec Yves Montand dans La folie des grandeurs, un petit chef d'oeuvre de cocasserie. Avec Les aventures de Rabbi Jacob en 1973,  il réussit l'exploit de faire rire ensemble musulmans, juifs et catholiques.  Et pourtant, il disait qu'on  aurait pu l'appeler Monsieur Inquiétude, tant il avait un tempérament anxieux et timide. Oui - poursuivait-il, je trimbale cela avec moi. Et pourtant, j'ai tout pour être heureux, une femme charmante ( il avait épousé en seconde noce Jeanne Barthélémy de Maupassant, la nièce de l'écrivain ), des enfants charmants ( l'un de ses fils jouera auprès de lui dans Le grand restaurant et Sur un arbre perché ) et un métier que j'aime. Mais c'est ainsi et mon tempérament me désole. Chez moi, je ne suis pas drôle du tout.

 

Cependant, s'il a l'aval du public, il n'a pas celui des critiques, cette intelligentsia patentée qui semble avoir avalé son parapluie à le voir susciter l'hilarité. On entendra lors d'une émission du Masque et la Plume, l'un des intervenants nous assurer d'un ton docte qu'il en avait des hauts le coeur d'assister à des projections d'une inanité pareille et qu'avec un film comme Le Corniaud, le 7e Art était tombé dans le caniveau. Pauvre de lui, il doit rougir aujourd'hui d'avoir proféré de telles sottises... 

 

                     Louis De Funès. Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)


Mais deux infarctus successifs l'obligent à s'éloigner momentanément des studios et des planches et les metteurs en scène ne cherchent pas à lui proposer des rôles différents de ceux habituels, se contentant d'exploiter le filon. Il y eut bien une exception pour l'Harpagon de Molière, où son interprétation n'aurait probablement pas déplu à l'illustre comédien. Ce qui prouve qu'il était en mesure d'assumer des rôles plus tragiques, des personnages extrêmes. Après cette obligation de repos, il revient avec La soupe aux choux en  1981 qui sera un ultime succès. Il s'éclipsera le 27 janvier 1983 à Nantes d'une crise cardiaque. Il avait toujours été dans l'accélération, le mouvement. Il meurt de la même façon, d'un coup, en pleine action. Il repose désormais au cimetière de Cellier, non loin de son château de Clermont que ses cachets lui permettaient de remettre en état. Mais cela lui va si mal de se reposer et il savait si peu le faire, que je me plaîs davantage à l'imaginer faisant le clown au Paradis pour le plus grand plaisir de nos chers disparus.

 

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                 René Chateau René Chateau René Chateau René Chateau

                                                                         


 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 19:55

                    Clark Gable et Vivien Leigh. Collection Christophe L.

                                                     
Elle est restée pour nous l'inoubliable Scarlett d'Autant en emporte le vent. Mais Vivien Leigh ne fut pas que cette jeune fille si attachée à sa terre, à ses origines, à son indépendance, qu'elle était prête à tout leur sacrifier ; elle fut d'abord et avant tout une grande actrice de théâtre, la partenaire de Laurence Olivier, après qu'elle ait frappé le public par sa grâce et sa beauté le 15 mai 1935 dans une pièce costumée, intitulée "Mask of virtue", tirée d'un épisode de "Jacques le fataliste" de Diderot. Dès le lendemain, le producteur de cinéma Alexandre Korba lui proposera un contrat de cinq ans et elle changera son prénom de Vivian pour Vivien, devenant à 22 ans Vivien Leigh.


Vivian Marie Hartley était née le 5 novembre 1913 à Darjeeling ( Inde ), d'un père agent de change - qui se plaisait à faire du théâtre en amateur et transmit cette passion à sa fille - et d'une mère au foyer fort belle de sa personne. C'est elle qui désira que sa fille fut élevée à Londres, au couvent du Sacré Coeur, si bien que Vivian ne reverra l'Inde qu'en 1964. Au collège, elle se distingue très vite dans les activités artistiques, dont le théâtre, le violoncelle et la danse. Egalement pour ses brusques changements d'humeur et ses accès de mélancolie qui inquiètent les religieuses.
En 1932, ses études étant achevées, elle s'inscrit à la Royal Academy of Dramatic Art et, dans le même temps, épouse Leigh Holman, un avocat de 31 ans, qui ressemble étrangement à l'acteur Leslie Howard, dont elle sera éperdument amoureuse dans Autant en emporte le vent. L'année suivante naîtra une petite fille Suzanne, sa seule enfant. En 1934, la jeune femme parvient à obtenir un petit rôle dans le film "Things are looking up" et, malgré les réticences de son époux, prend un agent dont la mission est d'assurer sa carrière, car il est évident que Vivian n'a nullement l'intention de se cantonner dans le rôle de l'épouse parfaite, mais aspire de toutes ses forces à devenir une actrice à part entière.

En septembre 1934, alors qu'elle assiste à une représentation au Théâtre Royal, elle remarque un jeune acteur de 27 ans : Laurence Olivier. C'est le coup de foudre. Son jeu très physique, qui tranche avec le jeu habituel des interprètes de l'époque, la fascine et la séduit. Elle n'a plus qu'une idée : le rencontrer. Elle y parviendra en se faisant remarquer pour sa beauté sur des photos de mode et en obtenant le fameux rôle qui la rendra célèbre en une nuit.

Laurence Olivier est subjugué à son tour et va l'applaudir. C'est lui qui la décidera à poursuivre une carrière théâtrale, considérant le cinéma comme un art mineur, et partagera avec elle la vedette dans Hamlet de Shakespeare au château d'Elseneur en mai 1937. Les représentations seront un tel triomphe que le prince de Danemark, en personne, se déplacera pour les voir jouer. A leur retour en Grande-Bretagne, Vivien quitte son mari pour s'installer auprès de Laurence Olivier, confiant sa fille Suzanne aux bons soins de sa mère, qui se chargera de son éducation. 


Vivien décide alors de tenter d'obtenir le rôle de Scarlett dans le film mis en chantier à Hollywood. Elle a lu le roman de Margaret Mitchell et se sent proche du personnage. Pour ce faire, elle prend pour agent Myron Selznick, le frère de David, le producteur de la réalisation sur le point de démarrer, dès lors que l'on aura découvert la perle rare : l'actrice capable d'être idéalement Scarlett. On connaît la suite. Vivien l'emporte sur 1400 candidates, dont Bette Davis, Joan Crawford, Katherine Hepburn et Paulette Goddard. Cela, malgré qu'elle soit peu connue dans le milieu cinématographique et anglaise de surcroît. Heureusement sa carrière ne s'arrêtera pas à ce film qui eut un retentissement international inimaginable. Elle n'est pas restée statufiée pour l'éternité dans le rôle de Scarlett, bien qu'en pensant à elle, ce soit en priorité les images de Tara et d'Atlanta qui reviennent spontanément à la mémoire...Elle sera aussi la partenaire de Robert Taylor en jeune danseuse fragile dans La valse de l'ombre, Juliette au théâtre auprès de Roméo son mari, Cléopâtre sous la direction de Gabriel Pascal ( c'est au cours du tournage qu'elle glissera et perdra l'enfant qu'elle attendait ). Atteinte d'une psychose maniaco-dépressive, pour laquelle aucun traitement efficace n'existait encore, elle devient difficile à vivre pour son entourage.

 

Afin de la mettre à l'abri et la tranquilliser, Laurence Olivier fait l'acquisition de l'abbaye de Notley qu'ils aménagent ensemble et où ils aiment recevoir leurs amis : les Bogart, David Niven, Orson Welles, Margot Fonteyn, Cecil Beaton, Judy Garland. En ces années d'après-guerre, Vivien est considérée comme la femme la plus belle et la plus élégante d'Angleterre. Mais alors qu'Olivier poursuit une carrière éblouissante, son épouse voit son étoile pâlir et en souffre secrètement. Atteinte de tuberculose, elle doit s'éloigner momentanément des studios et des planches et n'y reviendra qu'après une convalescence forcée avec Anna Karénine de Julien Duvivier, où elle porte les superbes toilettes dessinées à son intention par Cecil Beaton. Le film sera néanmoins un échec et, curieusement, elle ne va plus interpréter que des rôles de femmes au destin tragique. Ainsi sera-t-elle Blanche Dubois auprès de Marlon Brando dans Un tramway nommé désir, puis Cléopâtre de Shakespeare aux côtés de son époux. En 1953, elle est rapatriée d'urgence pour une forte dépression, alors qu'elle tournait à Ceylan  La marche des éléphants et qu'Elisabeth Taylor est appelée en catastrophe pour la remplacer.

Dès lors, sa santé ne cesse plus de se détériorer et elle ira jusqu'à subir des traitements par électrochocs, que les médecins lui prescrivent, pour tenter de remédier à ses crises d'hystérie. Mais, malgré cette santé en dents de scie, elle poursuit vaille que vaille sa carrière théâtrale en étant Lady Mackbeth. Séparée de Laurence Olivier, elle épouse Jack Merivale qui avait été la doublure d'Olivier dans Roméo et Juliette. Elle s'installe avec lui dans un grand appartement à Londres et apparaît sur scène une dernière fois dans une comédie musicale Tovarich avec Jean-Pierre Aumont pour partenaire. Hélas ! des troubles gravissimes sur le plan mental l'obligeront à céder son rôle à une remplaçante. Elle mourra de tuberculose le 7 juillet 1967. En guise de deuil et d'hommage, les enseignes lumineuses des théâtres londoniens resteront éteintes cette nuit-là. Ses cendres seront dispersées dans le lac Tickerage Mill Pond ( Sussex ), non loin de Londres.

 

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imagesCAQF5J6U.jpg               

 

 

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 08:22

                        

                                                                   
Alice, manucure dans un institut de beauté, mène une existence ordinaire dans la banlieue de Sao Paulo, auprès de sa mère, de son mari, chauffeur de taxi, et de ses trois fils. Rien de particulier ne serait à signaler, hormis que le couple s'entend  mal. Bien qu'Alice fasse semblant, après vingt années de mariage, d'ignorer les infidélités de Lindomar, attiré par les jeunettes complaisantes, les scènes sont fréquentes et le désamour largement entamé. Lorsque réapparaît Nilson, l'un de ses anciens soupirants, elle voit en lui le magicien capable de changer sa vie sentimentale et professionnelle, d'exaucer ses rêves les plus romantiques. Mais ses désirs seront-ils comblés, de même que ceux de ses fils, dont l'un aspire à devenir militaire pour adopter le comportement autoritaire de ses supérieurs, que l'autre, le plus affectueux, souhaite acquérir quelques biens matériels, alors que le benjamin est troublé par l'éveil de sa sexualité et  que sa vieille mère, devenue quasi aveugle, s'affecte chaque jour davantage de la lente et inexorable déchéance familiale ? Je vous laisse le plaisir de le découvrir...


                        La Station


Chico Teixeira, documentariste, réalise avec A casa de Alice son premier film de fiction, nous proposant  la trajectoire d'une femme observée avec la précision d'un anthropologiste et un portrait brossé sans complaisance, ni cruauté. Une immersion dans son quotidien irrémédiablement banal, traversé par les soucis que lui donnent son mari volage, ses enfants insatisfaits et sa vieille maman atteinte de cécité. Au-delà de la pression qu'exerce l'atmosphère de la mégalopole ( par exemple les inextricables difficultés qu'engendrent les transports urbains ), le sujet principal n'en reste pas moins l'emprise du désir sur chacun de nous. Admirablement interprétée par Carla Ribas, Alice, à la fois magnifique et quelconque, nous est montrée comme un être désirant, une femme pleine de richesse et de complexité, partagée entre ses élans enfantins, ses croyances naïves et une vraie grandeur intérieure. D'un trait vif et précis, la caméra nous prend à témoin de cette vie grise où adultères, affrontements, déceptions, élans brisés font l'ordinaire des jours, sans que cela ne sombre jamais dans la vulgarité ou l'ennui et où la vie familiale se révèle être frustrante dans un monde régi par les diktats de l'argent.
Au final, le réalisateur fait la part belle à la lucidité, renonçant à céder à la molle complaisance de la compassion envers cette Madame Bovary moderne qui nous touche à plus d'un titre. Un film qui ne peut laisser personne indifférent et pose un regard d'une belle délicatesse sur des personnages qui parviennent, au fur et à mesure que se dévide la pellicule, à gagner en densité et émotion.


                       Carla Ribas. La Station


Grand Prix du 22e Festival du Film Romantique de Cabourg

 

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 08:03

                    Rupert Graves et James Wilby.

                                                                  VIDEO    
                                                          
 

Cambridge 1910. Maurice, un jeune bourgeois, ressent une profonde attirance pour Clive, un aristocrate qui étudie le droit. Plus tard, devenu agent de change, il continue à fréquenter le jeune homme mais tous deux décident d'en rester à une amitié tout platonique. Requis pour défendre Risley, un de leurs camarades de promotion accusé de corruption, Clive refuse, mais est bientôt taraudé par un double remords et tombe malade, au point de partir pour la Grèce se refaire une santé au soleil. A son retour, il se marie et repousse l'amitié de Maurice et la tentation de céder à un penchant qui ne l'a pas quitté. Ce dernier, désespéré, prend d'abord son état en horreur, puis choisit, avec le jeune garde-chasse, de l'assumer pleinement, se doutant bien qu'il en paiera lourdement les conséquences.

Je crois que ce film magnifique est l'oeuvre la plus belle que j'ai vue sur l'homosexualité, traitée par le cinéaste avec autant de tact, de délicatesse que d'intelligence. Inspiré comme Chambre avec vue ( 1986 )  d'un roman de E.M. Forster, les héros de Maurice ( 1987 ) sont eux aussi la proie de conflits intérieurs. Doivent-ils se soumettre aux exigences de la morale commune en cette ère victorienne très répressive à l'égard des moeurs ou laisser libre cours à leurs penchants ? La réponse commune de Forster et Ivory est sans équivoque : on peut trouver l'équilibre comme Lucy ou Maurice en assumant sa sexualité ou se dessécher comme Cecil, Charlotte ou Clive en refusant  de passer outre aux diktats de l'ordre social. Mais une différence de taille sépare les deux films : alors que les héros de Chambre avec vue sont hétérosexuels, ceux de Maurice sont homosexuels et le combat qui s'annonce entre leur nature et la société n'en est que plus douloureux. James Ivory, très à l'aise dans ce genre d'atmosphère tout ensemble sophistiquée et subversive, excelle à créer un climat pesant et feutré, où les gestes, les regards, les silences sont plus éloquents que les mots. Son style est particulièrement bien adapté à une époque finissante, sertie dans son luxe raffiné et ses manières courtoises, dont la rétention des sentiments avait été érigée en un véritable art de vivre.

                       Rupert Graves, James Wilby et Hugh Grant.


Par ailleurs, il faut reconnaître au cinéaste américain une justesse de ton jamais prise à défaut. James Ivory sait déployer les fastes de l'époque avec un constant souci esthétique : demeures ancestrales, robes à corsets, objets précieux, lourdes tentures, intérieurs cossus, aidé en cela par des directeurs de la photo comme Tony Pierce Roberts pour Chambre avec vue et Pierre Lhomme pour Maurice. Ce monde est animé par des comédiens attentivement sélectionnés, de façon à ce qu'ils coïncident au plus près à leurs personnages. Il est vrai que Forster, lui-même professeur à Cambridge et homosexuel clandestin, connaissait mieux que quiconque ces êtres épris de liberté qui se heurtent à la norme et que Ivory, lui emboîtant le pas, a parfaitement transposé le climat du roman dans son film. Cet orfèvre en sentiments réprimés a trouvé, pour couronner le tout, déjà excellentissime, en James Wilby et Hugh Grant des interprètes idoines qui évoluent avec subtilité entre hardiesse, gêne et vulnérabilité. Un chef-d'oeuvre.

 

 Pour lire l'article consacré à James Ivory, cliquer sur son titre :

 

JAMES IVORY OU GRANDEUR ET DECADENCE DES CIVILISATIONS

 

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 17:40

                     

                                                                                      VIDEO


Avec ce film-hommage, qui sort dix ans après sa disparition, nous découvrons un Tabarly d'une incroyable présence physique, rédacteur de sa propre histoire, dont la voix, surgie soudain d'outre-tombe, nous conte son aventure, grâce à des archives radiophoniques et audiovisuelles, françaises et étrangères, inédites pour la plupart. Le résultat est prodigieux, d'une grande poésie et, ce, jusqu'à la bande-son épurée qui, le plus souvent, ne laisse filtrer que le bruissement de l'eau, l'écho de la brise, le vacarme des vagues lors des tempêtes. Aussi faut-il accepter d'avoir parfois le mal de mer, de tanguer allégrement pour suivre de port en port cet albatros qui n'était heureux qu'en mer et vola de victoire en victoire, redonnant à la course au large française ses lettres de noblesse.

Homme magnifique que celui-là, dont il fallait écouter les silences, les seuls capables de transmettre cette intimité avec la beauté des océans, le vol des oiseaux, le souffle des vents et l'expérience que l'on acquiert à fixer l'horizon, à sans cesse se dépasser pour ne point être dépassé par les éléments. C'est pourquoi l'on suit avec plaisir les péripéties de ce héros discret qui a navigué sur toutes les mers du globe, nourri nos rêves d'images tempétueuses, de vagues furibondes, d'ailleurs toujours reculés, de voiles gonflées par les vents marins, se forgeant un destin hors norme, à sa ressemblance.

 Pierre Marcel nous livre ainsi une oeuvre grandiose dont la force réside dans les commentaires d'Eric Tabarly lui-même qui, avec des mots simples et un humour pudique, nous dévoile par bribes une histoire, la sienne, véritable épopée tracée par un homme authentique. Au final, un portrait saisissant d'une personnalité qui a marqué son temps, contribué à l'évolution de la technique des bateaux de compétition et redonné à la jeunesse, par son exemple, l'envie de se mesurer aux éléments. 

                      Pathé Distribution


Car Eric Tabarly fut autant un nouveau Surcouf  battant les Anglais qu'un nouveau Jules Verne dessinant l'avenir. Pionnier des futures pratiques de la voile - le sponsoring, les multicoques, les ultralégers, les records - il a communiqué aux Français l'amour de la course au large et de la navigation au meilleur sens du terme. Tous les grands noms de la voile d'aujourd'hui ont appris de ce concepteur ingénieux, fou de bateaux, maître patient et éclairé qui les a formés avec exigence : les Kersauzon, Lamazou, Poupon, Parlier, Desjoyaux. Ainsi Tabarly est-il devenu pour des génération un guide et une référence. Marin hors pair, il a écrit d'une voile sûre une nouvelle page des légendes de la mer et  laissé une image faite de courage et d'humilité, dont la France peut être fière.

"On souhaite s'approcher de ceux que l'on admire pour les écouter, les connaître. Mais ces hommes-là ne racontent pas leur histoire, ils la vivent. Rencontrer Eric est déconcertant. Une présence imposante. Tabarly : la symbiose parfaite entre un homme, un bateau et la mer".  (Jacques Perrin )

 

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                        Eric Tabarly. Pathé Distribution

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 11:48

 

                         Vittorio Gassman et Agostina Belli. Dean Film

 

Dino Risi, le cinéaste de la comédie italienne par excellence, s'en est allé à l'âge de 91 ans, sans tambour, ni trompette, nous laissant le souvenir d'une filmographie hilarante et de qualité, allant du magnifique Parfum de Femme ( 1975 ) à  Le Fou de guerre ( 1985 ). Auteur d'une oeuvre savoureuse, ce fils de médecin, qui se destinait dans un premier temps à une carrière de psychiatre, a géré le genre avec un immense talent et une fine intelligence. C'est lui qui, après la vague du néo-réalisme, fit revenir le sourire dans les salles obscures. Après avoir été l'assistant de Soldati et de Lattuada, Dino Risi sauta le pas et devint réalisateur avec un premier long métrage en 1952. Il y évoque alors les classes défavorisées dans Pauvres mais beaux ( 1956 ) avant de signer les troisième volet de Pain, amour et..., où il révélait la sculpturale Sophia Loren qui prenait le relais de Gina Lollobrigida.  Ainsi s'est-il plu à brosser des portraits jubilatoires des personnages de la vie quotidienne italienne, sans oublier de pointer du doigt avec ironie et férocité les vestiges toujours sombres du fascisme.

 

 

 

 

 

                       Fair Films 

 

Cela avant de tourner ce que certains considèrent comme son chef-d'oeuvre  Le Fanfaron ( 1962 ), où les ressorts conventionnels de la comédie s'effritent dans une confrontation cruelle entre Vittorio Gassman et  Jean-Louis Trintignant, le quadragénaire hâbleur et le jeune homme timoré, symboles d'une société que le metteur en scène pointait du doigt sans complaisance. Il excelle également dans un film à sketchs comme Les Poupées et réussit une prodigieuse satire avec Les Monstres ( 1963 ), où il épingle, non sans délectation, la sottise de ses contemporains.


Ce metteur en scène avait choisi de traiter les tragédies de l'histoire en jetant sur le faciès des montres de notre époque ou des laissés-pour-compte un masque bouffon, abordant le terrorisme par le biais de l'ambiguïté ou le mariage des prêtres par celui de l'émotion. Artisan moraliste, pudique et lucide, il le prouve encore dans Parfum de femme qui valut à Gassman un prix d'interprétation au Festival de Cannes 1975 et osa s'approcher d'un sujet difficile - celui d'un aveugle coureur de jupons - sans hypocrisie, où il apparaît que le désespoir peut se déguiser et s'étourdir afin que le drame vire à la farce et que le cynisme finisse par déposer les armes devant le sentiment.
Avec Parfum de femme ( 1974 ) commence sa période pessimiste : de l'aveugle exubérant de ce film au fou dédoublé d'Ames perdues ( 1976 )  et jusqu'au vieil acteur déchu de  Dernier amour ( 1978 ),  tous représentent les facettes révélatrices de leur auteur de plus en plus obsédé par un monde qui semble fasciné par ses abîmes.

 

Pour lire les articles de la rubrique consacrée aux réalisateurs, cliquer sur son titre :
LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter les critiques que j'ai faites des films de  Risi dont Parfum de femme et Le fanfaron, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN 



  


                     Vittorio Gassman. Dean Film

 

 

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 09:56

                   


                                                                            VIDEO

Tom Ripley ( Alain Delon ) a été chargé par un riche industriel américain, Greanleaf, d'aller chercher son fils Philippe ( Maurice Ronet ) en Italie, où il mène une vie oisive en compagnie de Marge ( Marie Laforêt )  sa maîtresse et de quelques fêtards richissimes. Ripley se joint à eux, mais ne peut s'empêcher d'éprouver une profonde jalousie et envie à leur égard. Philippe, qui commence à deviner les véritables sentiments de Tom, l'humilie devant Marge. Au cours d'une croisière en Méditerranée où Tom et Philippe sont seuls, Tom le tue et jette son corps à la mer. Revenu sur la terre ferme, ce dernier imite partout la signature de Philippe et contrefait sa voix au téléphone, afin de se faire passer pour lui et obtenir de l'argent. Cependant un ami devine le stratagème, tant et si bien que Tom l'assassine en laissant croire que c'est Philippe l'auteur du crime. Puis il retrouve Marge et devient son amant après l'avoir persuadée que Philippe l'a oubliée. Il est prêt de triompher en s'étant approprié la fortune et la considération, lorsque la mer rejette le corps de Philippe et, qu'à la suite de cet événement, il est démasqué et confondu... 

Plein soleil réalisé en 1959 a fait l'objet d'une nouvelle version en 1999 et s'impose aujourd'hui encore comme l'une des oeuvres majeures du cinéma français, proche du Psychose d'Alfred Hitchcock de par sa structure qui se partage en deux parties séparées par un meurtre et par sa thématique générale où l'on voit le centre d'intérêt se porter sur l'un des personnages, puis sur l'autre, et montre comment un homme condamné en arrive à bâtir lui-même sa propre prison. Thème de l'enfermement qui multiplie les correspondances visuelles de la boucle au cercle et dresse une dimension véritablement poétique à cette oeuvre maîtresse de René Clément. En effet, l'intérêt de ce film réside dans son pouvoir de suggestion, cela grâce à des images savamment allusives qui retentissent fortement et ouvrent une dimension symbolique complexe et enrichissante. C'est que le réalisateur entend révéler les contradictions de ses personnages et la gémellité qui existe entre eux, l'un vivant au crochet de l'autre, au point que l'on assiste ensuite, de la part de Tom Ripley, à un véritable dédoublement, voire même à une usurpation, de la personnalité. Faire exister un mort et exister à la place de ce mort, c'est ce que Ripley parvient à réaliser dans un premier temps jusqu'à ce que le piège de la fatalité se referme sur lui, car le destin n'oublie jamais.


                       


Les épithètes les plus laudatifs n'exprimeraient qu'incomplètement ce que cette oeuvre a de parfait dans sa composition, la beauté de ses images dues à la caméra d' Henri Decaë, qui a utilisé le procédé Eastmancolor de façon prodigieuse, la musique de Nino Rota ( dont le nom reste associé aux films de Fellini ) excellente comme toujours, et au jeu des acteurs, tous remarquables. Alain Delon, alors âgé de 24 ans, trouve là l'un de ces plus beaux rôles, tant il a su s'incarner dans le personnage de Tom Ripley et lui donner consistance ; Marie Laforêt, aux yeux d'aigue-marine, y faisait, quant à elle, des débuts prometteurs et Maurice Ronet, que l'on retrouvera auprès d'Alain  et de Romy dans  La Piscine, est, comme à son habitude, très juste et d'une froideur calculée dans cet homme gâché par l'argent et la vie facile. Un chef-d'oeuvre qu'on ne se lasse pas de revoir et qui prouve combien le cinéma français a imprimé une marque profonde dans le 7e Art.

 Pour lire l'article que j'ai consacré à René Clément, cliquer  sur son titre :

RENE CLEMENT ET LE CINEMA D'APRES-GUERRE

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 


                     

 

 

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 09:05

                     Jean Yanne. Collection Christophe L.


                                                                                        VIDEO


Que la bête meure
  ( 1969 ), l'un des grands Chabrol  avec La femme infidèle et  Le boucher, est l'adaptation d'un roman policier de Nicholas Blake par le scénariste complice du metteur en scène, Paul Gegauff. Le cinéaste en profite pour se livrer à quelques exercices hitchcockiens, mais très vite trace son trait d'une cruauté rare et développe une atmosphère très chabrolienne. L'histoire est la suivante : sur la place d'un village breton, un petit garçon, qui s'en revient de la pêche à la crevette, se fait renverser et tuer par un automobiliste qui, pris de panique, s'enfuit. Le père de la victime jure de se venger et de retrouver le chauffard. Dès lors, Charles Thénier ne vit plus que dans l'espoir de recueillir les indices nécessaires qui le conduiront jusqu'à l'homme qu'il entend abattre sans pitié. Le hasard aidant, il découvre une piste, et va s'approcher de Paul Decourt à pas de loup, d'abord en séduisant Hélène sa compagne, puis en entrant peu à peu au sein de la famille, savourant le plaisir qu'il aura bientôt à anéantir le monstre. Car Paul est selon lui un monstre abominable : un jouisseur, un profiteur, imbu de sa personne, implacable dans ses jugements, cynique dans ses propos, sachant tirer profit de cette société de consommation où il s'ébroue à l'aise. D'ailleurs ses attitudes ont fini par lui valoir la haine de son propre fils Philippe, qui le déteste en silence et va, bien entendu, faire de Charles son ami.

 

                      Michel Duchaussoy et Jean Yanne. Collection Christophe L.


Interprété par un Jean Yanne fantastique ( comme il le sera dans Le boucher), Paul, garagiste de Quimper, est filmé par la caméra de Chabrol comme un insecte malfaisant qu'il étudie à la loupe ( un peu grossissante, il est vrai ), tellement le cinéaste semble fasciné par cet individu sinistre ; il en surprend les conversations qui trahissent les sentiments les plus vulgaires et en souligne les attitudes qui transpirent l'auto-suffisance la plus médiocre. Or le portrait de cet individu méprisable a curieusement pour toile de fond la douceur des paysages de la Dordogne que baigne une lumière dorée et où se trouvent les grottes sur les parois desquelles figurent les signes d'une préhistoire encore mystérieuse. Le choix de ces lieux n'est pas un hasard, mais bien la volonté du cinéaste qui semble chercher, jusque dans les profondeurs de la terre, l'explication d'une humanité aussi rustre et primitive. Car, malgré les apparences, il y a dans chaque être de bien étranges zones d'ombre, où les malheurs du plein jour peuvent se tapir, avant de surgir à nouveau lors d'un événement imprévisible. A partir de ce thème, Chabrol emprunte à Hitchcock certains mouvements de caméra, ainsi qu'une manière d'insinuer la peur sous les cieux les plus cléments. L'art de peindre les vallons verdoyants ou le calme des sous-bois selon  Mais, qui a tué Harry ?

 

                     Caroline Cellier et Michel Duchaussoy.


Avec cette oeuvre cruelle et poignante, Chabrol confirme la maîtrise de son art au service d'un narratif incisif et précis et pose, à la manière de Fritz Lang, à qui il est fait référence, une interrogation provocante et anxieuse sur la culpabilité.

 

Pour lire mon article consacré à Claude Chabrol, cliquer sur son titre :

 

CLAUDE CHABROL OU UNE PEINTURE AU VITRIOL DE NOTRE SOCIETE

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont Le beau Serge, La femme infidèle et La fille coupée en deux, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

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