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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 08:42

 

Equation

 

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Dans l'agitation de Kaboul, ville tout ensemble remuante et fantomatique, Khaled, chauffeur de taxi, prend en charge une femme vêtue de sa burka. D'elle, il ne remarque que deux choses : elle est grande et elle a un grain de beauté sur la cheville gauche. Lorsqu'elle descend de sa voiture et se perd dans la foule, elle laisse sur le siège arrière son bébé de quelques mois, enveloppé dans ses langes. Le film va nous conter alors les trois jours que Khaled va vivre pour tenter de retrouver la mère et l'évolution de ses sentiments qui vont, au fil des heures, osciller entre abandon et adoption. En effet, Khaled a cinq filles et pas de fils et comme le lui font remarquer ses amis : Khaled, dans quelques années, cet enfant sera une aide pour toi.

Le scénario, auquel a participé Jean-Claude Carrière, est mince et le film pourrait très vite tourner en rond, mais  Barmak Akram,  avec ce premier long métrage  L'enfant de Kaboul ( Kabuli Kid ), nous offre son oeil de cinéaste pour nous faire visiter sa ville natale et nous permettre de  la découvrir autrement qu'au journal télévisé de 20 heures. Après vingt-cinq années de guerre, le décor est brut de brut, tout en plaies et bosses, noyé en permanence dans un nuage de poussière blanche... ou grise, tandis que le fond sonore est assuré par les bruits de rues, les klaxons, les appels des passants, les invites des commerçants ambulants et la musique contemporaine qui a enfin, après les années de silence imposées par les talibans, droit de cité en Afghanistan.


Equation

Les spectateurs que nous sommes deviennent ainsi les témoins de ces existences rudes, de ces vies saisies sur le vif où règnent la débrouille mais également la misère quotidienne : ici des enfants orphelins, là des amputés et partout des femmes bleues, longues silhouettes qui avancent d'un pas rapide comme si elles avaient autant peur d'elles-mêmes que des autres. Grâce à Khaled nous entrons au sein d'une famille : dans une modeste cambuse vivent le vieux père, l'épouse et les cinq filles. Femme et filles soumises qui savent néanmoins jouer, rire, solliciter un petit présent, et servir les hommes avec grâce et discrétion. Incursion dans le quotidien de ces gens ruinés, en état de survie, dans un pays totalement désorganisé, un chaos indescriptible, l'amoncellement des ruines et où le statut de la femme est le pire qui soit. On se rend compte, à contempler cette immense misère, combien il est préférable d'avoir un fils en Afghanistan. Aussi l'arrivée incongrue de cet enfant mâle dans la famille de Khaled pourrait-elle changer la donne. Tous en sont conscients.


Equation


Le film permet également de côtoyer différentes institutions avec un regard amusé : l'orphelinat où le manque de moyens invite aux compromis, Radio-Kaboul et ses misérables locaux, enfin les ONG qui tentent, autant que faire se peut, d'apporter une aide aux familles et, principalement, aux enfants. Si bien que ce long métrage est peut-être davantage un documentaire qu'un film. Pas d'histoire émouvante mais un constat, une réalité qui est l'Histoire en elle-même, un voyage, un récit, un témoignage, rythmé par l'ordinaire des jours, une fatalité qui semble parfois esquisser un sourire.

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 10:25

Warner Bros. France   Warner Bros. France    

 

 

Une petite fille du centre de la France, placée dans un orphelinat avec sa soeur, et qui attend en vain tous les dimanches que son père vienne les chercher. Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l'arrière-boutique d'un tailleur de province. Une amoureuse qui sait qu'elle ne sera "la femme de personne", pas même celle de Boy Capel, l'homme qui pourtant l'aimait aussi. Une rebelle que les conventions de l'époque empêchent de respirer, et qui s'habille avec les chemises de ses amants. C'est l'histoire de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l'inventer...

Voici ce qu' Anne Fontaine  a choisi de nous raconter dans son dernier opus, le plus classique, le plus amidonné de sa production, alors que le pari aurait exigé de l'audace et de l'impertinence. Si le film déçoit à maints égards, il n'en est pas moins agréable à regarder, élégant et raffiné, et nous révèle un  Benoît Poelvoorde  enfin  débarrassé de sa panoplie d'amuseur et de son goût prononcé pour le canular. Rendu à sa vraie nature d'acteur, le comédien belge campe un noceur désabusé, éleveur de chevaux et amateur de cocottes, faisant de Gabrielle sa petite geisha avant de se rendre compte que la diablesse l'a envoûté. Dans ce rôle d'Etienne Balsan, châtelain décadent, il est la vraie bonne surprise du film, et trouve là un rôle émouvant, plein d'une tendresse douce-amère, auprès d'une Audrey Tautou au charmant minois, certes, mais qui n'est pas aussi convaincante que lui dans son personnage de Coco avant Chanel. Si elle n'est pas Chanel, hormis l'habillement et la coupe de cheveux, elle n'est pas non plus Coco, pour la bonne raison qu'elle a trop de fossettes et pas assez d'angles pour représenter cette femme trempée, à la fois, dans l'acier et le vitriol, et qui ne fit jamais de concessions à qui que ce soit, dans le seul souci de son irrésistible ascension.


Audrey Tautou. Warner Bros. France

 


En définitive, ce biopic inspiré du livre d'Edmonde Charles-Roux n'est jamais qu'une version édulcorée de ce qui fit le sel, le poivre et le piment de cette existence de gagneuse et n'évoque que superficiellement le tempérament inflexible et la personnalité intraitable de la demoiselle de la rue Cambon. Si bien que l'on reste sur sa faim et que l'on se contente de voir défiler passivement des images léchées et habilement mises en scène ( Anne Fontaine a du métier ) sans être ému, sans vraiment entrer dans un sujet qui méritait mieux. Car, en y réfléchissant, ce destin est d'autant plus exceptionnel si l'on considère la condition de la femme à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, et lorsque l'on sait que cette petite jeune fille, sans un sou, de condition plus que modeste et simple couseuse, est parvenue, malgré tout, à force de courage, de volonté et de talent, à créer l'empire Chanel. Oui, le défi fut considérable et la réussite exemplaire. Et notre déception d'autant plus grande que le long métrage gentillet, que lui a consacré la cinéaste, n'exhale rien de la senteur enivrante du N° 5 et si peu de la trajectoire passionnée de cette héroïne hors-norme. Le film reste un plaisant album de belles images précieuses et convenues, où l'on voit une femme tenter de se construire, mais où rien d'important ne nous est livré de ses combats intérieurs, de son évolution personnelle, de son époque même ; nous restons à la surface des choses, à leur apparence, à l'éphémère. Certes Audrey Tautou a une jolie frimousse ( qui fit merveille dans Amélie Poulain ), mais Mademoiselle Chanel, ce n'était pas une frimousse, plutôt un port altier,  un masque de souveraine. Et cela, Anne Fontaine l'a passablement oublié.


2-e-toiles
 

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 10:26

EuropaCorp Distribution      VIDEO


Les héroïnes de  Benoît Jacquot  ont pour constance de prendre la fuite et de privilégier la rupture. Les unes faussent compagnie à leur famille pour suivre un braqueur de banque au Maroc ( A tout de suite ), d'autres s'évadent de Pont-à-Mousson avec l'espoir de rencontrer leur père sur le bord du Gange  ( L'intouchable ). Dans son dernier opus  Villa Amalia  - tiré d'un roman de Pascal Quignard - Ann (  Isabelle Huppert  )  quitte son mari, vend sa maison, brûle les photos de son passé et part dans une errance à la Antonioni qui la conduira jusqu'à la baie de Naples, après avoir surpris ce dernier dans les bras d'une autre. Jacquot filme, une fois encore mais avec un talent qui ne cesse de se décanter, l'itinéraire d'une solitude, une métamorphose physique et mentale, une quête d'un ailleurs intérieur ou plus simplement d'un " autrement ". Ann passe par la souffrance pour atteindre son noyau dur et espère que ce dépouillement la ramène au monde - analyse le cinéaste. Plonger vers autre chose en refusant de faire le tri, rompre définitivement et mêler ainsi la liberté à la nécessité. Tous ces modes de fonctionnement me ressemblent - dit-il encore. Dans "Villa Amalia", je m'identifie à mon personnage. Oui, je suis elle. Je suis Isabelle Huppert. Cela n'évoque-t-il pas le " Madame Bovary, c'est moi " - de Flaubert ?


Isabelle Huppert. EuropaCorp Distribution


Tenter de percer à jour quelqu'un comme Benoît Jacquot revient à refermer ses doigts sur le vide. Non qu'il cultive le secret pour le secret, mais il ne se livre qu'en creux et, à l'évidence, il ne déteste pas la psychanalyse ( n'a-t-il pas consacré un documentaire à Lacan ? ). Assistant de Marguerite Duras, cette expérience fut pour lui capitale. A la suite, il eut sa période Robert Bresson, puis celle où, sans se renoncer, il fit un chemin vers le public avec  La désenchantée

Mon histoire d'amour avec Dominique Sanda s'achevait. Judith Godrèche, une tornade, décida de façon téméraire et très amoureuse de me sauver. Elle m'a amené à réaliser un deuxième premier film. Elle a sauvé ma vie cinématographique en se proposant comme clé. Car, sachez-le, je ne peux filmer une comédienne que si j'en suis amoureux.

Le mot est lâché. Le regard du cinéaste Jacquot est d'abord un regard amoureux sur une femme qui est son double, sur ce qu'il y a en lui de féminin et d'interrogatif. D'où ses longs métrages intimistes qui ont tous des allures de mises à nu et sont d'abord des portraits de comédiennes : La fille seule, La désenchantée, L'école de la chair -  représentant des sortes de documentaires sur des jeunes femmes comme Judith Godrèche, Virginie Ledoyen, Isild Le Besco et Isabelle Huppert, qu'il fait tourner ici pour la cinquième fois. A son sujet, l'auteur précise :


Même si j'ai reconnu d'emblée une partition possible pour nous dans le roman de Pascal Quignard, je n'ai jamais été aussi sceptique quant à la réussite d'un film. Sur le tournage, Isabelle et moi avions pourtant l'impression que nous tracions ensemble quelque chose d'inédit, que nous touchions au coeur de la cible. Nous entendions résonner la note que nous cherchions depuis longtemps. Il faudra, désormais en traquer une autre.



Isabelle Huppert. EuropaCorp Distribution


Voilà un film étrange et réussi qui nous dépeint une existence en forme de désintégration de soi, un hymne à un narcissisme détaché ou résigné saisi avec une précision clinique et des images d'une beauté fascinante. Une oeuvre sur la primauté du moi, réalisée par un cinéaste au faîte de son talent et une actrice tout simplement exceptionnelle. Etonnant.

Actuellement, les cinéastes ont la caméra heureuse avec les femmes...

Pour lire l'article sur Isabelle Huppert, cliquer sur son titre :

 

ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 09:07

Michelle Pfeiffer. Pathé Distribution

                                                     
                                                           VIDEO


 Elle est de ces rares femmes qui semblent avoir été créées pour faire rêver la pellicule. A peine apparaissent-elles sur l'écran que quelque chose se passe d'ineffable et de magique. Elles possèdent cette grâce particulière, ce charme incomparable de définir une féminité idéale, de transcender la nature humaine au point de la rendre immatérielle. Michelle Pfeiffer appartient à ce cercle restreint d'actrices qui, de Greta Garbo à elle, en passant par Danielle Darrieux ( rappelez-vous La ronde ou Madame de... ) Gene Tierney si fragile et évanescente dans L'aventure de Mme Muir, Grace Kelly et Audrey Hepburn, ensorcelle les salles obscures.
Parce qu'elle semble intemporelle, Michelle Pfeiffer peut tout jouer et principalement les films en costumes, nous donnant à voir des femmes du passé qui finissent par nous paraître contemporaines, parce qu'elle leur apporte ce frémissement de vie, ce relief de tempérament et de caractère qui exaltent et ne figent pas. Car l'actrice est tout sauf fade. Terriblement vivante et présente, souvent drôle, fantasque, originale, inattendue, malicieuse, elle s'empare de la pellicule comme la lumière de l'ombre. Elle a le geste élégant mais vif, le visage fin mais mobile, la sensualité délicate mais intense. Excellente actrice, elle sait se couler dans la peau de personnages très différents, leur insuffler une énergie, leur conférer un relief, leur accorder une authenticité qui emportent l'adhésion.


Michelle Pfeiffer. Universal Pictures


Née en Californie le 29 avril 1958, son premier long métrage sera un téléfilm, suivi immédiatement par Falling in love again en 1979. Dès lors, elle n'arrêtera plus de tourner - sauf pendant quelques années où elle se retire pour élever ses enfants - avec les meilleurs réalisateurs et partenaires de la mecque hollywoodienne. La qualité de son jeu, l'émotion que suscite sa présence, sa capacité à rendre crédible n'importe quel personnage pour lequel elle éprouve des affinités auront vite fait d'elle l'une des stars les plus en vue du cinéma américain. Mais son exigence n'en est pas moins grande et l'incite à renoncer à ceux pour lesquels elle ne se sent pas en phase. C'est ainsi, qu'à la suite de ses refus, Sharon Stone récupérera à son profit les rôles titres dans  Basic instinct  et  Casino et se verra, à son tour, propulsée sur le devant de l'écran. 

 

Michelle Pfeiffer. Collection Christophe L.

 

Parmi les plus belles interprétations de Michelle Pfeiffer, il y a celle de Madame de Tourvel dans  Les liaisons dangereuses  de Stephen Frears en 1988, qu'elle retrouve aujourd'hui avec Chéri, et sa présence dans Le temps de l'innocence  ( 1993 ) de Martin Scorsese, où elle campe une Ellen Olenska bouleversante face à Daniel Day-Lewis. A son actif une trentaine de longs métrages qui en ont fait l'une des meilleures actrices de sa génération, capable de rebondir, de se renouveler à chacune de ses apparitions. Ainsi  Chéri , dernier opus de Stephen Frears, où elle nous surprend une fois encore par sa classe, sa présence, sa beauté et nous séduit dans le personnage d'une courtisane qui se vante de n'être jamais tombée amoureuse jusqu'au jour où une ancienne cocotte la charge de déniaiser son fils.
Et cependant l'actrice dit d'elle-même qu'elle est le contraire d'une éthérée. " Moi je me sens masculine dans ma façon d'être, et je suis toujours surprise de cette féminité exacerbée qu'on veut me prêter. Jeune, j'étais un garçon manqué, assez massive, du reste. Les sensations de l'enfance vous poursuivent toute votre vie : moi je me vois toujours comme ça, masculine ".

Pas nous !


Quant à Stephen Frears, qui la connaît pour l'avoir dirigée à deux reprises, il avoue :  Le temps n'a pas de prise sur elle, mais comme c'est une actrice imaginative, elle use de son imagination.
Et il est bien qu'il en soit ainsi, que l'actrice puise dans son imaginaire les ressources nécessaire  pour nous restituer des êtres à jamais disparus ou simplement fictifs. Puisque l'âge n'a pas de prise sur elle, espérons que nombreux seront les metteurs en scène qui feront encore appel à son talent.

 

Pour consulter les critiques des films dont Le temps de l'innocence et Chéri, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 


Metropolitan FilmExport Universal Pictures Collection Christophe L. Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 09:24

 Océan Films   

 

 

Né à Shanghaï le 17 juillet 1958, Wong Kar-wai suit sa famille à Hong-Kong où son père est directeur d'hôtel et entreprend des études à l'école polytechnique de la ville avant de se tourner vers une carrière artistique et de devenir assistant de production à la télévision, puis assistant producteur et scénariste de téléfilms et de séries télévisées.
C'est en 1988 que, formé pendant quelques années dans le sérail, il réalise son premier film As Tears Go by et que celui-ci est présenté à la semaine de la Critique à Cannes, mais jugé trop violent par les Occidentaux.  Nos années sauvages ( 1990 ), son second opus, sera un échec commercial, malgré ses qualités évidentes, et la seconde partie ne parviendra jamais à être montée, faute de dividendes. Avec  Les cendres du temps( 1994 ), Wong Kar-wai s'attaque à une grande fresque historique qu'il ne lui demandera pas moins de deux années de travail et pour laquelle il usera de chorégraphies et de scènes de combats d'une extrême précision, en même temps qu'il affichera un casting prestigieux, ce qui lui méritera d'être présent à Venise et d'obtenir le prix de la Meilleure photo. Un grand pas est franchi.

 


18855461_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20070907_051816.jpg  Wong Kar-wai


 

Epuisé par le tournage, le réalisateur décide de revenir à l'essence du cinéma et de filmer simplement des personnages dans le Hong Kong de son enfance, caméra à l'épaule. Le résultat en sera  Chungking Express,  un succès populaire qui le révèle enfin à un public international. Avec Happy Together( 1997 ),  tourné en Argentine, il remporte le Prix de la mise en scène à Cannes, mais crée le scandale en Asie où l'homosexualité est encore un sujet tabou.  In the mood for love  ( 2000 ), son septième film, touche à la magie. Le succès sera considérable et verra l'acteur principal - Tony Leung - couronné par le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes de la même année. Sans rien dévoiler d'intime, le film dégage une sensualité intense et nous conte une histoire d'amour magnifiée comme rarement sur grand écran. Un chef-d'oeuvre absolu qui consacre son auteur comme l'un des maîtres du cinéma international et le plus grand du continent asiatique, capable de séduire le public dès ses premières images. Son romantisme désenchanté fait merveille et parait sans équivalent dans le 7e Art contemporain, un style qu'il développe avec son chef opérateur Christopher Doyle.

 


in-the-mood-for-love-00-09-g.jpg    In the mood for love


 

En prise directe avec la réalité, Wong Kar-wai  inaugure une sorte de romantisme urbain qui privilégie les personnages à l'histoire et se voit en quelque sorte dicté par les contraintes techniques qu'il rencontre. Il s'en explique :

" A Hong Kong, nous n'avons ni le temps, ni l'espace, ni les moyens de tourner autrement que la caméra à l'épaule ou en grand angle. Notre style n'a pas de considération esthétique. Notre style, ce sont les contraintes qui le créent. Peu d'argent, peu de temps pour filmer dans les lieux publics ".

 

Et, néanmoins, ce style fascine par la beauté nuitée des prises de vue, les éclairages qui rappellent ceux du peintre Le Nain et la passion de l'auteur pour le moindre détail et les toilettes féminines. Certains iront jusqu'à lui reprocher ce fétichisme ... Je ne m'en plaindrai pas, trouvant à chacun de ses films une puissance d'évocation rare, une virtuosité formelle et un goût de la séduction qui ne cessent de m'envoûter. Je crois ne pas être la seule.


Conforté par l'immense succès de In the mood for love, le cinéaste produit en 2004  "2046," qui reprend le même thème, sans parvenir à atteindre tout à fait  l'enchantement du précédent, mais où il renoue avec la quintessence de son art, véritable polyphonie amoureuse sur l'éclatement du temps à partir des souvenirs d'un séducteur qui recherche la femme dans toutes les femmes, ce, avec son acteur de prédilection Tony Leung et deux actrices magnifiques : Gong Li et Zhang Ziyi.


Océan Films     The-Grandmaster-Affiche-France


 

De même que l'on reprochera à son dernier opus  My blueberry nights ( 2007 ) d'être empreint de maniérisme et de laisser s'enliser une histoire trop convenue, comme s'il ne parvenait plus à sortir d'un exercice de style devenu vain car trop répétitif. Ce qui est aussi ridicule que si l'on reprochait à un grand écrivain d'écrire toujours le même livre. Alors qu'il faut considérer que le cinéaste indique ainsi, de façon elliptique, l'importance de la narration en images comme en mots, et interroge le cinéma sur ses capacités à jouer avec ses infinies possibilités expressives. Si bien que chacune de ses oeuvres n'est finalement qu'une nouvelle variation sur un sujet identique : une mélodie qui dessine avec le temps un tableau à chaque fois plus riche, plus complet et plus intemporel.

 

Wong Kar-wai présidera le jury du Festival de Cannes en 2006 et deviendra ainsi le premier réalisateur chinois à bénéficier de cet honneur. La même année lui sera remise par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres la médaille de Chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur.

 

Aujourd'hui, il nous revient avec un film sublime The Grandmaster qui lui a demandé trois années de travail et qui, sans nul doute, l'installe définitivement sur les cimes du 7e Art.

 

 

Pour lire les articles consacrés à Gong Li, Tony Leung et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


GONG LI - PORTRAIT        TONY LEUNG CHIU WAI       

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA  ASIATIQUE, dont "In the mood for love", "Blueberry nights" et "The grandmaster" cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

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Norah Jones. Mars Distribution    My blueberry nights


 

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 10:03

Pathé Distribution         

Stephen Frears  signe avec  Chéri,  son récent opus, un conte cruel et magnifique, qui séduit peut-être plus qu'il n'émeut, monde futile qui voit l'argent régner en maître et la férocité s'inviter en permanence dans le quotidien de ces femmes légères et vénales. Après  Les liaisons dangereuses  où Michelle Pfeiffer faisait déjà merveille, Frears nous livre, 20 ans après, une adaptation littéraire de Chéri d'après Colette. Fidèle au milieu dépeint par l'écrivain, il pose sa caméra au coeur du demi monde luxueux des courtisanes de la Belle Epoque et nous introduit au plus secret de la liaison entre Léa de Lonval, dans l'éclat de sa maturité, et le très jeune Fred Peloux, surnommé Chéri. Pour lui, c'est le premier amour ; pour elle, ce sera le dernier.
Frears, dont on connaît la sensibilité attentive et nuancée, mais également la verve satirique, n'a lésiné ni sur le raffinement des costumes de Consolata Boyle, ni sur la splendeur des décors signés Alan MacDonald, ni sur la musique très plaisante que nous dispense le compositeur Alexandre Desplat. Par ailleurs, le scénariste Christophe Hampton a su reproduire le style impressionniste de Colette et son tempo particulier, grâce à une écriture vive comme les battements de coeur des amants baignant ensemble dans les fastes de la fin du XIXe siècle, de même qu'il conduit au grand galop le récit de cette passion amoureuse qui sera lentement empoisonnée par un narcissisme envahissant.


Michelle Pfeiffer et Rupert Friend. Pathé Distribution


Frears dit à propos de ce film dont il ne cache pas qu'il fût le plus difficile à réaliser de sa carrière : Tout a l'air futile et spirituel chez Colette mais la tristesse se cache sous ce vernis, les sentiments sont suggérés. J'aime les écrans de fumée, ce qui n'est pas dit. Et il avoue qu'il lui a fallu sans cesse osciller entre le champagne, le brillant et le sombre, le tragique.
Ce qui en résulte est un film élégant qui unit avec subtilité la méditation sur le temps qui passe et la comédie de moeurs. S'y exhibe une panoplie de sentiments qui couvre un large spectre, allant de la perversité narquoise à la résignation digne. Dans ce duo qui pourrait très vite sombrer dans le ridicule, Frears, comme l'avait fait Colette, nous rend attachants et proches un jeune dandy creux et décadent et une cocotte délicieuse qui brûle en sa compagnie les derniers feux de sa beauté et nous montre, par là même, que ces gens apparemment frivoles souffrent autant, sinon plus que les autres, pour toutes sortes de raisons que nous n'avons pas de mal à deviner, puisqu'ils ont misé leur existence sur le superflu et l'éphémère.


Le réalisateur Stephen Frears et Michelle Pfeiffer. Pathé Distribution 

Michelle Pfeiffer et Stephen Frears


Si le film éblouit par ses qualités esthétiques et la rigueur de sa mise en scène, l'accent doit être mis également sur son interprétation et principalement sur la composition admirable que Michelle Pfeiffer  fait de son personnage de séductrice confrontée à son proche déclin. Alors que celui de Chéri, joué par  Rupert Friend,  manque de conviction et de charisme ( sans doute une erreur de casting ), elle est ni plus ni moins sensationnelle. Encore très belle, mais fragilisée par une fin de règne envisagée avec une fière résignation, elle en trahit la secrète douleur par un regard, un tremblement d'épaule ou, simplement, en se figeant pour mieux exprimer le désarroi des amours finissantes. Cousue sur elle comme la robe de l'ultime apparition, elle colle à son personnage, s'y fond avec une grâce émouvante, toute de retenue et de gravité, de nostalgie et de subite insouciance, et trouve dans ce rôle majeur sa vraie consécration d'actrice. Le film mériterait d'être vu, ne serait-ce que pour elle.

Une mention spéciale pour de  Kathy Bates  formidable dans celui haut en couleur de Madame Peloux.

Pour lire l'article sur Michelle Pfeiffer, cliquer sur son titre :

MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :  

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 


Michelle Pfeiffer. Pathé Distribution

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 10:29

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L'AOF en 1938. Le petit village de Bourkassa ( Oubangui ) a pour unique fonctionnaire d'autorité Lucien Cordier ( Philippe Noiret ), qui passe, aux yeux de ses administrés et de la communauté européenne, pour un incapable et un parfait cocu. Mais le pleutre va se transformer  - sans que l'on sache très bien pourquoi et quelle mouche l'a piqué -  en ange exterminateur, persuadé qu'il est investi d'une mission divine. Il se met alors à abattre froidement plusieurs membres de son entourage, blanc et noir. Ce carnage colonial prélude en mineur, et sur le mode bouffon, à la sanglante hécatombe qui va bientôt ravager l'Europe.

 

Bertrand Tavernier a toujours travaillé au coup de coeur et, de ce fait, il s'est attelé successivement à des registres très divers, aussi bien à une intrigue policière, à une fresque historique, à un fait criminel du siècle dernier dont il a tiré une sorte de western à la française. Son domaine d'élection, par-delà la diversité des sujets abordés, paraît être la farce tragique ( comme Renoir parlait de " drame gai" ), à grand renfort d'effets baroques, alternant avec des plages de mélancolie ( Un dimanche à la campagne ). Quand on lui demandait de caractériser  Coup de torchon,  il s'en tirait par une boutade en parlant de comédie métaphysique ; ou bien en jouant avec les titres de ses films précédents -  c'est l'histoire du fils du Juge et de l'Assassin qui, à force de voir la mort en direct, décide de prendre une Semaine de vacances !  En souvenir de Prévert, dont l'ombre tutélaire plane, on pourrait sous-titrer cette murder party sur fond d'épopée africaine L'affaire est dans le sac.


Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret. StudioCanal


Typiquement français par son cadre ( le monde colonial à la veille de la Seconde Guerre mondiale ), ses personnages et son esprit anarchisant, ce film n'en témoigne pas moins de l'admiration de son auteur pour la littérature et le cinéma américain : le thème est d'ailleurs emprunté à un roman de Jim Thompson. Le cinéaste a transposé l'action et la typologie des Etats-Unis dans un milieu européen, comme il l'avait déjà fait pour Simenon dans son premier film  L'horloger de Saint-Paul  ( 1974 ). On y gagne une fable intemporelle sur la débilité humaine, la fragilité des esprits et des coeurs, les pulsions incontrôlées des êtres, tout cela empreint d'une féroce jubilation, auquel le personnage interprété par Philippe Noiret, stupéfiant d'ambiguïté, participe beaucoup. Le Bien et le Mal c'est pareil, ça sert pas beaucoup par ici, ça rouille, ça doit être le climat - soliloque le héros, mélange de Don Quichotte et d'Ubu roi.

 

Tous les acteurs méritent d'ailleurs d'être cités - Stéphane Audran et Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle et Guy Marchand,  tant ils contribuent à créer l'atmosphère étouffante et poisseuse de cet opus, mélange relevé et âcre d'humour noir et de farce cruelle, brûlot anachronique qui s'achève sur une pirouette et laisse entendre - selon Alexandre Trauner - que la justice divine est sans doute incompatible avec les idéaux humains.

 

4-e-toiles


Pour lire les articles sur Philippe Noiret, Stéphane Audran et Isabelle Huppert, cliquer sur leurs titres :

PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT         ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT          STEPHANE AUDRAN - PORTRAIT

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LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

 

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 09:26

                 Philippe Noiret et Gisele Preville. Mocky Delicious Products    Michel Bouquet et Philippe Noiret. EuropaCorp Distribution

                  Lorant Deutsch et Philippe Noiret. Gaumont Buena Vista International (GBVI)  Philippe Noiret et Isabelle Huppert. Studio Canal

                                                                       
                                                   VIDEO HOMMAGE


 

1930 - 2006

 

Philippe Noiret, qui nous a quittés le 23  novembre 2006  à l'âge de 76 ans des suites d'un cancer, a laissé un vide immense dans le cinéma français. Cet acteur, par son talent, son élégance, son naturel et sa simplicité, avait su, mieux qu'aucun autre, gagner l'estime et l'affection du public et interpréter les rôles les plus divers avec le même bonheur, la même humanité, sachant être tour à tour flic, truand, amoureux transi, bougeois râleur ou débonnaire rigolard. Bien qu'il soit venu assez tard au cinéma, sa filmographie est impressionnante. Environ 125 films avec les plus grands metteurs en scène français et italiens, dont voici quelques titres parmi les plus marquants :  La Grande bouffe - Alexandre le bienheureux - La vie de château - Thérèse Desqueyroux - L'Attentat - Que la fête commence - Un taxi mauve - Tendre poulet - Le vieux fusil - Les Ripoux - Coup de torchon - Cinema paradiso - La vie et rien d'autre , qui, à eux seuls,  prouvent, si besoin est, le souci constant de l'acteur de ne donner son accord qu'à des oeuvres de qualité.

 

 

             Gaumont Buena Vista International (GBVI)

 

 

Né le 1er octobre 1930, Philippe Noiret, après des études classiques dans un collège d'oratoriens, débuta en 1950 une carrière au cabaret avec Jean-Pierre Darras, puis au Théâtre National Populaire avec Jean Vilar.  Il y interprétera de nombreuses pièces dont La nuit des rois,  Lorenzaccio et Le Cid, expérience fondatrice qui lui apprit la rigueur et l'exigence et lui prêta pour partenaires des comédiens comme Gérard Philipe, Maria Casarès et Monique Chaumette, qu'il épousa par la suite. Cela lui vaudra également une diction parfaite et une modulation de la voix qui conférera un attrait supplémentaire à son jeu d'acteur. Son premier rôle au cinéma lui est proposé par Agnès Varda dans  La pointe courte  en 1956, mais il lui faut attendre quatre ans avant de jouer à nouveau dans  Zazie dans le métro  de Louis Malle et d'imposer au petit écran sa stature, son visage clément et ce quelque chose de très français qu'il savait teinter d'une pointe d'élégance tout britannique. Après Zazie, il enchaîne film sur film pendant près de 50 ans, marquant l'écran de sa présence chaleureuse et de sa prodigieuse aptitude à jouer les contre-emplois. Grâce à ce prodigieux pouvoir de métamorphose, il se fera une spécialité des personnages de composition, auxquels il communiquera, tour à tour, sa bonhomie ou sa gravité, son humour ou sa tendresse, sa jovialité ou sa bougonnerie. Il entre vraiment en popularité grâce au film d'Yves Robert  Alexandre le bienheureux  ( 1967 ),  sorte de dithyrambe de la paresse, qui lui sied à merveille. Ainsi va-t-il, au long d'une filmographie d'une rare qualité, imposer un personnage peu commun, malgré un physique banal, qui, au gré des circonstances, fera preuve d'équilibre, de bonté, de drôlerie, mais également d'un lymphatisme qui pouvait aller jusqu'à la lâcheté, d'une sensualité qui frôlait parfois le vice et d'un laxisme qui, à l'occasion, s'apparenterait à de l'impudence. C'est probablement Bertrand Tavernier qui a su le mieux utiliser cette formidable ambiguïté et dégager ce qu'il pouvait y avoir d'inquiétant et de perverti dans son image la plus rassurante, en lui confiant le rôle du policier dans son film Coup de torchon. C'est ainsi que pour les besoins d'un rôle, cet  acteur pouvait osciller entre la rigidité bourgeoise et la tentation anarchiste. De fait, il excella dans tous les rôles et sut mettre de l'émotion jusque dans sa façon de s'effacer discrètement.

 

 

Chez lui, jamais d'amertume, mais une bienveillance inlassable, un souci constant de donner le meilleur de soi, d'insuffler à ses personnages, du plus sombre au plus caustique, une épaisseur humaine. Il ne se considéra jamais comme une star, dont il n'avait ni les caprices, ni les éclats, mais comme un artisan, désireux de se renouveler et de s'enrichir au quotidien, enclin à toujours mieux faire. Menant une brillante carrière internationale sous la direction des plus grands : Cukor, Hitchcock, Rosi, Noiret alterne intelligemment  les films destinés au grand public et les oeuvres plus personnelles et originales, sans jamais donner pour autant sa caution à n'importe quelle entreprise. Même lorsqu'il échoue avec un film comme Le Grand Carnaval  ( 1984 ) d'Alexandre Arcady, il ne semble jamais compromis auprès d'un public qui se sent proche de cet homme courtois et modeste. C'est la raison pour laquelle le comédien put enchaîner en cette même année 1984  le rôle de l'officier colonial de  Fort Saganne d'Alain Corneau et celui du flic des Ripoux de Claude Zidi, qu'il illumine de son cynisme jovial, car mieux qu'une vedette, Noiret était une nature. Il joua mille et une variations sur le thème de la bonhomie, n'excluant ni les crises d'autorité, ni les fourberies. Un critique écrira de lui : " Noiret est le seul qui puisse faire rire et pleurer dans le même instant, danser le french-cancan, pousser la chansonnette, jouer Racine ou Ionesco, être grossier et subtil avec le même raffinement des acteurs de vieille race". Le public le savait et l'appréciait, devinant en lui les qualités de l'honnête homme dans le sens plein du mot. N'étant pas de nature à se plier au conformisme ambiant, il eut parfois quelques coups de gueule mémorables, entre autre celui poussé à propos du Paris-Dakar qu'il désapprouvait : " Si on ne voit pas que le Paris-Dakar est un crachat sur la beauté du désert et une offense aux populations africaines, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle" disait-il.
 

 

 

         Thierry Lhermitte, Lorant Deutsch et Philippe Noiret. Gaumont Buena Vista International (GBVI)                 Philippe Noiret et Guy Marchand. Studio Canal

 

Noiret fut couronné du César du meilleur acteur à deux reprises : pour Le vieux fusil de Robert Enrico et La vie et rien d'autre  de Bertrand Tavernier.

Pour  prendre connaissance de mes critiques sur les films où apparaît l'acteur, cliquer sur leurs titres  dont  Cinéma Paradisio, Coup de torchon  et  Le vieux fusil, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS     

 

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ACTEURS DU 7e  ART

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 11:01

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" Certains combats font l'histoire, d'autres la changent à jamais ".

 

Les 3 Royaumes  de  John Woo  est un film événement à maints égards : tout d'abord pour sa mise en scène époustouflante, son rythme, son audace picturale,  la conduite de l'histoire, l'interprétation, autant d'éléments qui coupent le souffle. Sans être une adepte inconditionnelle des grands spectacles, celui-ci est d'un intérêt, d'une qualité tels, qu'il serait dommage de le manquer, tant on a l'impression d'entrer dans une page d'histoire, de voir le passé se réanimer sous nos yeux avec une incroyable actualité. Le réalisateur est connu des cinéphiles du monde entier depuis longtemps. Ses polars comme  Le syndicat du crime,  The Killer,   A toute épreuve,  ponctués de fusillades dantesques chorégraphiées comme des ballets, l'ont imposé dans les années 80-90 comme un surdoué de la violence irréaliste, adepte d'un langage cinématographique plus proche de la musique que de la simple mise en images. Parti à Hollywood en 1993, il est le seul des cinéastes de HongKong qui ont émigré aux Etats-Unis avant la rétrocession de la péninsule à la Chine en 1997, à avoir fait son trou dans la Mecque du cinéma.  Après avoir signé quelques oeuvres de commande comme Mission impossible 2 et deux films majeurs  Volte-Face  et  Windtalkers,  tous deux avec Nicolas Cage, John Woo est revenu dans son pays natal.

La raison principale de ce retour au bercail est une fresque historique Les 3 royaumes ( présenté en Chine sous la forme d'un diptyque de quatre heures, le film sort en Europe dans une version de 2 heures 30 remontée par le réalisateur ), qui cumule les records du plus gros budget chinois et du plus gros succès de tous les temps ( il a même détrôné  Les seigneurs de la guerre .


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Un faste spectaculaire a été mis au service d'une histoire mythique, celle de la célèbre bataille de la Falaise rouge, qui opposa, au IIIe siècle, les armées alliées des royaumes de Wu et de Shu à celles des forces impériales, bien plus nombreuses. Même écourté, ce film reste le plus impressionnant de son auteur, un tableau guerrier où s'entremêlent enjeux stratégiques et destins hors normes, littéralement sublimés par John Woo qui, une fois de plus, parvient à faire émerger du chaos des armes, une puissance et une beauté rare.
Il est significatif de souligner à quel point la Chine aime à se souvenir de son passé et à le ré-actualiser avec ce panache, cette grandeur, cette puissance, au point qu'il paraît émerger comme une vague du fond des temps, plaçant désormais sur le marché international le cinéma chinois sur un pied d'égalité avec Hollywood.
Dans Les 3 royaumes se succèdent bien sûr de nombreuses scènes de batailles, étourdissantes de maestria, mais il serait injuste de résumer le film de John Woo à la seule action violente. Ce metteur en scène, éduqué dans une école luthérienne, est un fervent chrétien, d'obédience protestante, mais fasciné par l'imagerie catholique et ses guerriers sont le plus souvent des chevaliers au grand coeur défendant la veuve et l'orphelin au péril de leur vie. Son dernier film ne déroge pas à la règle. C'est un film de guerre très réaliste qui parle de courage, d'amitié et de loyauté - dit-il. Ces valeurs obsèdent littéralement John Woo. Conscient qu'on le réduit souvent à la violence présente dans ses films, il tient à préciser :
Je n'ai jamais aimé la guerre, ni la violence qui en découle. Le conflit que je dépeins a eu lieu il y a 1800 ans et pourtant rien n'a changé. Une guerre, c'est toujours une tragédie ponctuée d'horreurs sans véritable vainqueur. Pour autant, je n'ai pas perdu confiance en l'humanité. Je crois l'homme aussi capable de choses magnifiques, comme le sacrifice, la recherche de la beauté et de la vérité

Artisan aussi infatigable que modeste, John Woo aime à se définir comme un cinéaste qui travaille dur et dit vénérer les films de Jean-Pierre Melville, Jacques Demy et Sam Peckinpah. On le croit volontiers. A assister à la projection de son dernier opus, on imagine le travail immense que cela représente, ne serait-ce que pour mettre en images ces batailles pharaoniques.D'autant plus qu'aucun détail n'a été négligé et que chacune des scènes est d'une précision d'horloge et d'une recherche esthétique incomparable.


Lin Chi-Ling. Metropolitan FilmExport


Héroïsme, romantisme, abnégation, esprit de sacrifice sont donc au rendez-vous tout au long de cette fresque grandiose et épique qui nous plonge au coeur de la civilisation et de la culture chinoises et nous décrit comment dans les années 230/250 de notre ère l'empire du milieu se partagea en trois royaumes et les conséquences qui en découlèrent. John Woo s'est inspiré d'un roman classique chinois, datant du XIIIe siècle, et a resserré son scénario autour de l'épisode clé de la fameuse bataille de la Falaise rouge qui fut déterminant pour l'avenir de la Chine. Un film en tous points réussi et qui démontre, si besoin était encore, ce que le 7e Art est en mesure d'offrir quand il est traité par un maître de l'image.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE


Takeshi Kaneshiro. Metropolitan FilmExport

 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 10:45

Rezo Films     

 

Voilà un film toujours d'actualité et qui, sorti en 2008, ne peut laisser personne indifférent. Porté par une Isabelle Adjani qui semble ne faire qu'un avec le personnage de Sonia Bergerac, il nous conte l'histoire d'une prof de français comme tant d'autres, qui s'apprête à affronter pendant les 60 minutes de son cours, des élèves au bord de l'insurrection. A peine a-t-elle refermé la porte de la classe qu'ils l'invectivent, la menacent, l'insultent. Visiblement déprimée, déjà usée avant l'âge, la jeune femme - au bord de la crise de nerfs ou d'épuisement - découvre soudain dans le cartable d'un arrogant jeune beur un pistolet dont elle va se saisir afin de retourner la situation à son avantage et faire en sorte que la violence change de camp. Ainsi allons-nous assister à une tragédie classique, un huit-clos inimaginable il y a seulement quelques années, d'un professeur donnant son cours après avoir pris ses élèves en otage. Dès les premières images le ton est donné et la tension ne fera que s'intensifier lorsque le directeur du lycée, ayant alerté la police, celle-ci arrive sur les lieux, cherchant par des moyens très souvent contestables et brouillons, à régler au mieux une situation paroxysmique. Intervient alors une ministre de l'intérieur vraiment peu crédible. Ensuite rien ne nous sera épargné de la lâcheté et de la veulerie des uns et des autres, du proviseur et des parents d'élèves se refusant tous à analyser la situation avec lucidité, les uns proférant l'anathème à l'encontre de ce prof  trop fragile et probablement raciste, les autres se réfugiant dans le silence par crainte des représailles. On assiste ainsi à l'étalage de tous les poncifs qui font qu'aucun des problèmes concernant l'éducation sont actuellement en voie d'être résolus de manière rationnelle. Une seule collègue courageuse téléphonera en cachette à Sonia Bergerac pour l'assurer de son soutien indéfectible et la supplier de tenir bon. Mais Sonia, à l'évidence, ne se fait aucune illusion : la responsable, le bouc émissaire, ce sera elle, elle seule. On comprend alors à quel point les femmes sont plus exposées que les hommes dans une société qui ne parvient plus à faire respecter le droit et la loi. C'est la raison pour laquelle Sonia Bergerac voudrait instituer la journée de la jupe, de façon à dire haut et fort que la femme qui porte les emblèmes les plus classiques de sa féminité n'est pas pour autant une pute. Effroyable mélange des genres qui permet à des populations d'assimiler la féminité à la luxure et regard sans concession porté sur les conditions désastreuses de l'enseignement en France. La fin de ce huit-clos est dans la droite ligne du combat engagé : bien sûr tant de violence, d'aveuglement, de haine ne peuvent se conclure que dans le sang et les larmes...


Isabelle Adjani. Rezo Films

 

Cet opus courageux pose sans ambages les problèmes qui concernent chacun de nous, car personne ne peut se dérober à un état de fait qui risque d'engendrer les pires catastrophes. L'enseignement est ce qui permet aux plus démunis de s'approprier les outils culturels indispensables pour sortir de leur condition et s'assurer un avenir décent. C'est d'ailleurs ce que ne cesse de leur dire, avec un accent de sincérité bouleversant, dans les conditions dramatiques qui sont les siennes, leur professeur. N'est-elle pas là pour les aider, n'a-t-elle pas consacré sa vie à les former, à les éduquer, afin d'en faire des adultes responsables. Isabelle Adjani se fait leur avocat sans qu'ils s'en rendent compte, adolescents refermés sur eux-mêmes, leurs préoccupations immédiates, leurs pulsions instinctives. Rien ne passe plus d'elle à eux, sinon cette violence née d'une peur inexplicable, irraisonnée, inavouée.

Balançant entre drame, plaidoyer, témoignage, ce long métrage n'est pas dénué de défauts, ni exempt de maladresses, mais il a l'avantage de frapper fort et juste. Bien sûr, rien d'innovant dans une mise en scène linéaire et banale ; rien de stupéfiant, de sublime ( je l'ai lu dans plus d'une critique ) dans le jeu toujours un peu forcé d'Isabelle Adjani, dont on sait qu'elle se plaît dans les drames les plus sombres, mais une fable terrible et, je le suppose, hélas ! ( car je ne suis ni élève, ni professeur ) un constat accablant.
Une mention spéciale pour les jeunes acteurs, tous épatants.

 

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Rezo Films

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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