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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 10:03

                 Emma Thompson. Merchant-Ivory Productions

 

                                                                               VIDEO


Cette actrice inclassable, parmi les interprètes les plus douées et les plus subtiles de sa génération, est née à Londres le 15 avril 1959 d'un père producteur et metteur en scène et d'une mère actrice de théâtre. Enfant de la balle, bercée dès son plus jeune âge dans le monde du spectacle, elle fait preuve d'une vocation précoce et suit l'exemple parental en jouant à l'université dans la troupe de théâtre de Cambridge Footligts. Sa première expérience à la télévision se fait aux côtés de deux membres de sa troupe : Stephen Fry et Hugh Laurie, ce dernier ayant été l'un de ses " boy friend ".
Emma enchaîne ensuite sur les planches avec la comédie musicale Me an My girl, où elle donne la réplique à Robert Lindsay. En 1988, son travail dans Tutti Frutti et Fortunes of war est récompensé par un British Academy Award et lui offre l'occasion de renconter le réalisateur Kenneth Branagh. En 1989, ce dernier lui propose d'être la reine Catherine de France dans une adaptation de Shakespeare et peu après le couple se marie. Emma, désormais, participe plus activement aux tournages de son mari ( 3 films en 3 ans ) et apparaît en parallèle à la télévision dans la série Cheers auprès de Ted Danson. C'est dans Retour à Howards End ( 1991 ) - qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice -  et Les vestiges du jour ( 1994 ), deux longs métrages de James Ivory avec pour partenaire Anthony Hopkins, qu'elle peut montrer toute l'étendue de son talent. Elle s'y impose comme l'actrice phare du cinéma britannique.

               Anthony Hopkins et Emma Thompson. Merchant-Ivory Productions


En 1995, Ang Lee lui demande d'incarner le personnage d'Elénor Dashwood dans la comédie romantique Raison et sentiments, adaptée d'un roman de Jane Austeen avec pour partenaire Hugh Grant, où elle campe une fois encore une femme amoureuse et fière avec justesse et sensibilité. Rôle très différent en 1998 dans Primary Colors, où elle est l'épouse d'un candidat aux dents longues auprès de John Travolta  et affiche un caractère bien trempé, à l'opposé de son interprétation précédente.


    


Séparée de son mari Kenneth Branagh, elle épouse en secondes noces l'acteur Greg Wise avec lequel elle aura une fille Gaia Romilly, née le 4 décembre 1999. On la verra en 2003 dans une nouvelle comédie romantique Love Actually de Richard Curtis auprès de Hugh Grant, puis la même année dans la série de Mike Nichols Angels in America qui relate le difficile "coming out" des homosexuels atteints du sida durant les années 80, série de 6 épisodes à laquelle participent également Al Pacino et Meryl Streep. En 2007, on la verra dans le rôle de l'excentrique professeur Trelawney de Harry Potter et l'ordre du phénix et en 2007 dans Je suis une légende, film de science fiction où elle est le Dr Alice Kriffin, une spécialiste de la santé, rescapée du cancer.

Cette filmographie variée, qui bientôt va s'enrichir d'une comédie charmante au côté de Dustin Hoffman - Last chance for love  - prouve, si besoin était, les ressources d'une actrice aussi complète qu' Emma Thompson qui peut, tour à tour, jouer comédie ou tragédie  avec un égal pouvoir de conviction et une semblable aisance. Avec Meryl Streep et Catherine Frot, l'une des mes préférées parmi les actrices d'aujourd'hui.

 

Pour prendre connaissance des films où apparaît l'actrice, dont    Retour à Howards End,      Last chance for love,        Raison et sentiments,  Les vestiges du jour, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 


             Emma Thompson. Merchant-Ivory Productions



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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 12:10

                    Action Cinémas / Théâtre du Temple

 

 


Qui n'a pas rêvé un jour ou l'autre de remonter le temps et de replonger dans l'univers toujours idéalisé de l'enfance ? C'est sans doute le moteur de toute création. Pour s'en tenir au seul 7e Art, nous citerons Zéro de conduite de Vigo, Les quatre cents coups de Truffaut, Mes petites amoureuses de Jean Eustache, sans oublier Rêves de Kurosawa. Mais Federico Fellini a poussé plus loin encore cette introspection dont il était le familier. Chacun de mes films se rapporte à une saison de ma vie - avait-il l'habitude de dire et, il est vrai, que son oeuvre n'est autre que le miroir d'événements vécus par lui-même ou ses proches, volontiers sublimés ou remaniés en vue d'un impact spectaculaire, ce qui ira grandissant depuis Courrier du coeur  ( 1952 ), rappel de ses débuts dans le journalisme, à Investita ( 1987 ), en passant par Huit et demi ( 1962 ), l'acte d'introspection à l'état pur. Je me borne à liquider mes stocks accumulés dans mes magasins - avouait-il par ailleurs, un rien provocateur car très conscient qu'il cédait souvent à une certaine complaisance narcissique.


Amarcord ( 1974 ) constitue le point fort de cet inventaire. Nous sommes dans une ville imaginaire au bord de l'Adriatique qui n'est pas sans rappeler Rimini, lieu de naissance de Fellini, autour des années 30. Un enfant du pays, Titta, va faire l'apprentissage de la vie, d'une vie jalonnée d'épisodes cocasses, entre scènes familiales et train-train scolaire, spectacle imposant et dérisoire de parades fascistes et éveil de la sexualité. Ainsi l'auteur se livre-t-il à une chronique de la province italienne d'avant-guerre et à un croquis pittoresque, en faisant de son petit héros en pèlerine le fil conducteur de l'ouvrage, glissant vers la nostalgie d'un "bon vieux temps" qui fut tout de même le vivier du fascisme. On ne manquera pas de le lui reprocher. Aucune attitude réactionnaire ou conservatrice de ma part - rétorqua-t-il. Je reste sur le plan humain et poétique

 

amarcord-still-6.jpg


Amacord signifie " je me souviens" en patois d'Emilie-Romagne. Mais il existe quelques fantaisies lexicales. Des exégètes ont fait remarquer que le terme peut se décomposer en amare ( aimer ) amaro ( amer ) ou cuore ( coeur ). Disons qu'il s'agit d'un mot gigogne, d'un sésame en mesure d'ouvrir la caverne enchantée du cinéaste. Le but final n'étant pas comme à l'habitude de métamorphoser la réalité et de l'enrichir des apports fructueux de l'imaginaire ?  Et il faut bien convenir que sur ce plan-là nous sommes servis, tant le petit monde d'Amarcord est un capharnaüm qui tient de l'opéra bouffe et de la commedia dell'arte, de la salade fortement assaisonnée de dialectes divers - ce qui a nécessité un sous-titrage même pour les Italiens -  et du maelström d'images et de bavardages où l'irréel n'en finit pas de se mêler au réel. Selon le critique Jean-Louis Bory : le déchaînement d'un carnaval sinistre, où s'agitent des pantins aussi funèbres que minables, qui risquerait, à la longue, d'être affligeant si le souffle poétique ne venait pas sans cesse le vivifier.


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Poétique mais politique également, grâce à la virulence qui stigmatise un fascisme au quotidien, non point son idéologie triomphante mais son aspect boursouflé, ses grotesques floralies, évocations qui se révèlent être plus efficaces que le procès le mieux argumenté. Film baroque par excellence, ce dernier doit beaucoup au talent du chef-opérateur Giuseppe Rottuno, collaborateur attitré de Fellini depuis Histoires extraordinaires ( 1968 ) et qui a travaillé également pour Visconti et Monicelli, ainsi qu'au compositeur Nino Rota dont la ligne mélodique s'accorde parfaitement à l'inventivité débridée du réalisateur. Un film à voir et à revoir tant le génie du cinéaste italien s'y exprime en toute liberté avec une vigueur et un lyrisme que n'auront pas toujours ses films ultérieurs, mélange détonnant de satire sociale et de fantasmagorie.

 

5-etoiles 


Pour lire l'article que j'ai consacré à Fellini, cliquer sur son titre :  FEDERICO FELLINI

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

amarcord-a02.jpg 

 

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 12:27

 Corbis Sygma                    


Tony Leung Chiu Wai, né à Hong Kong le 27 septembre 1962, débuta sa carrière d'acteur à TVB, chaîne de télévision hongkongaise pour laquelle il jouera de nombreux téléfilms au début des années 80. C'est en 1986 qu'il se fait remarquer aux côtés de Chow Yun-Fat dans Love unto waste de Stanley Kwan, puis dans Seven Warriors de Samo Hung. L'acteur quitte alors Hong Kong pour se rendre en Taïwan tourner La cité des douleurs ( 1989 ) de Hou Hsiao Hsien qui obtiendra le Lion d'Or au Festival de Venise. Sa carrière est lancée et, désormais, il ne va plus cesser de travailler avec les plus grands metteurs en scène. Parmi ses collaborations les plus marquantes, retenons celle avec John Woo pour Une balle dans la tête ( 1990 ) et A toute épreuve ( 1992 ).

Mais, c'est sa rencontre avec Wong Kar-Wai, devenu son mentor, qui va lui mériter la reconnaissance internationale. Entamée en 1990 avec Nos années sauvages, la relation des deux hommes se poursuit avec Les cendres du temps ( 1994 ), Chungking Express ( 1994 ), Happy Together ( 1997 ) et l'inoubliable chef-d'oeuvre  In the mood for love  qui lui vaudra le Prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes 2000.


                      ARP Sélection


En 2003, on retrouve Tony Leung dans Hero de Zhang Yimou où il donne la réplique à Maggie Cheung, déjà sa partenaire à cinq reprises, et, quelques mois plus tard, le trio se reformera pour 2046,  film étrange dont le titre n'est autre que le numéro d'une chambre d'hôtel, sorte de point clé de la mémoire, d'un espace temps imaginaire, très proustien, où les souvenirs seraient figés pour l'éternité. 2046 se présente comme une oeuvre écho qui ne cesse de renvoyer au monde de son auteur et semble en réaliser la synthèse. Echo encore des lumières, des décors, des ambiances, de la musique qui agit en symbiose, afin que le temps devienne la question centrale. Un temps traversé par des personnages en quasi apesanteur, où celui, incarné par Tony Leung, se livre à une rumination permanente et nostalgique.


                     Océan Films 


Cette carrière exemplaire, menée avec autant de maturité que de discernement, a fait de cet acteur l'un des plus populaires de Chine et des plus reconnus dans le monde du cinéma. On l'a vu récemment dans Lust Caution de Ang Lee, où il affirme une fois encore son immense talent et sa capacité à nous étonner et à se renouveler à chacune de ses apparitions, se plaçant à côté d'un Simon Yam ou d'un Andy Lau,  et ayant su, de main de maître, en deux décennies, gagner l'estime des plus grands cinéastes et l'assentiment du public et des critiques de l'Occident, au point d'être placé au plus haut de l'affiche, parmi les acteurs en vogue, dans le contexte d'intense mondialisation que connaît le 7e Art à l'heure actuelle. Belle performance qu'il faut saluer avec admiration.

 

                     Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei. Focus Features


Le nouveau millénaire s'est ainsi ouvert pour un comédien au sommet de son art que l'on retrouve dans des oeuvres très diverses et dont les prestations ont d'autant plus d'impact que le cinéma asiatique a conquis nos salles et notre estime par ses évidentes qualités et ses innovations. Ainsi l'a-t-on apprécié dans Infernal Affairs ( 2003 ) et Seoul Raiders ( 2005 ), avant le magnifique Lust Caution ( 2007 ), qui a récemment empli les salles et subjugué les cinéphiles. Aussi souhaitons un long avenir à cet acteur à l'incontestable magnétisme. Pari tenu, lorsque l'on vient de voir sa performance dans The Grandmaster  ( 2012 ) de Wong Kar-wai avec lequel il poursuit une collaboration exemplaire.

Pour prendre connaissance des articles où figure l'acteur, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

                  The-Grandmaster-Affiche-France

 

 

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 18:58

             

                                                                   VIDEO


Après son divorce, une jeune femme chinoise nommée Yilan s'installe dans une petite ville des Etats-Unis. Son père, supposant qu'après cette épreuve elle a besoin de réconfort, annonce sa visite. C'est alors que Monsieur Shi découvre que sa fille n'a nul besoin de lui, qu'elle s'est totalement adaptée à son nouveau pays et a rompu, semble-t-il définitivement, ses attaches avec sa terre natale. Elle refuse en quelque sorte le soutien paternel et l'héritage de sa culture chinoise. Cette constatation affecte profondément le père qui, soudain, se sent de trop et inutile, d'autant que sa fille a une nouvelle liaison en dents de scie et ne lui prête qu'une attention distraite. Malgré tout, il fait son possible pour tenter de rétablir la confiance perdue et rétablir un dialogue avec cette enfant devenue inaccessible et lointaine.


             Henry O. Diaphana Films
 


Avec ce second film, Wayne Wang nous livre une magnifique confrontation entre deux générations qui n'ont plus les moyens de se comprendre et de communiquer. Le cinéaste revient sur son sujet de prédilection : l'immigration en terre inconnue et la transmission du patrimoine culturel et social. Il s'adonne également, dans cet ouvrage, à une réflexion sur une identité pénible à assumer, héritage d'un passé qui ne s'accorde plus avec les moeurs de la société dans laquelle on vit et travaille ; ce qui conduira peu à peu ce père à accepter l'autonomie de sa fille, qui a rompu avec la morale des anciens et ses racines familiales. On surprend avec émotion ce vieil homme observant dubitatif un monde qui se libère et s'organise sans lui. Avec des moyens modestes, Wang crée une atmosphère intime et provinciale, inscrivant son oeuvre dans un paysage parfaitement neutre, qui n'est ni la ville, ni la campagne ; de même qu'il joue des silences, des non-dits avec finesse et s'approche à pas délicats, dans des teintes volontairement automnales, de ses personnages, afin d'en  mieux percer le mystère. Par sa brièveté et sa concision, l'auteur délivre un message émouvant et laisse entrevoir un mode de communication où chacun éviterait d'agresser l'autre, si bien que grâce à ce ton juste, à cette sobriété, au jeu concentré et expressif des acteurs, le présent s'habille de petits signes discrets d'une possible espérance. Un joli film épuré comme une estampe.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE


             Henry O. Diaphana Films

 

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 11:10

Walt Disney Studios Motion Pictures France    VIDEO


ou l'art d'émouvoir avec des images de synthèse.

 

Nous sommes en 2800 et un robot, un peu rouillé, est la dernière créature vivant sur une terre désertée par les humains, pour la simple raison que ceux-ci l'ont rendue invivable et irrespirable à force d'y avoir accumulé des déchets non recyclés. Aussi cette planète est-elle dans un état indescriptible depuis que, 700 ans plus tôt, les derniers habitant sont allés chercher refuge sur une plate-forme spatiale. C'est donc dans ce désert de poussière et de saleté que Wall.E ( prononcer Wally ), sorte de Sisyphe électronique, s'emploie - avec un cafard pour seul compagnon d'infortune - à nettoyer les déchets laissés par la gente humaine et en profite pour récupérer ici et là les objets qui l'intriguent avec l'espoir qu'ils pourront servir à nouveau. Car Wall.E est animé d'un sentiment qui paraît avoir abandonné les hommes : il espère. Et il espère même, avec une folle témérité, rencontrer un jour l'amour. Comment cette idée d'une soeur à son image et à sa ressemblance lui est-elle venue : simplement en visionnant la bande d'une comédie musicale au charme désuet Hello Dolly de Gene Kelly, retrouvée par hasard parmi les décombres ? Et cette attente sera comblée, quand une de ses congénères débarquera un beau matin sur la planète inhabitée. D'une blancheur immaculée, cette nouvelle Eve a tout pour séduire Wall.E et lui inspirer les sentiments les plus vifs. Mais voilà qu'un vaisseau spatial vient la récupérer au grand dam de ce dernier.

                       Walt Disney Studios Motion Pictures France


La force de ce film réside principalement dans l'économie de dialogue. Imaginés par Ben Burtt, les effets sonores procèdent par touches, composant une véritable musique, un langage neuf qui accentue la force émotionnelle de l'ouvrage et renforce l'impact de l'animation visuelle, bien que tout soit fait subtilement et artistiquement pour rester en adéquation avec le réel. Il n'en est pas moins vrai que les studios Pixar et le réalisateur Andrew Stanton, qui ont produit cette oeuvre pleine de délicatesse et d'humour, ont l'art de manier l'oxymore, en l'occurrence de nous présenter une humanité déshumanisée et des robots pleinement humains. A travers cette antinomie habilement utilisée afin de mieux frapper les esprits, ils nous adressent un message, peut-être un peu trop manichéen, qui se double d'une leçon d'espérance. Et c'est en cela que le film touche sa cible. Laquelle ? Bien entendu cette société de consommation à outrance que les multi-nationales encouragent, sans en évaluer les conséquences dramatiques sur le long terme, et en faisant de ce rêve américain, et désormais planétaire, un épouvantable cauchemar. Les humains, qu'ils nous montrent, réfugiés sur leur plate-forme spatiale, sont affligeants à plus d'un titre : humanité dégradée et caricaturale, obèse de surcroit, et seulement préoccupée de la satisfaction immédiate de ses plaisirs matériels. Dénonciation d'un monde qui a perdu tout repère moral et spirituel et se goinfre sans vergogne.

WALL.E, réussite artistique indéniable, est sans aucun doute un film polémique et politique, qui pointe du doigt notre société de sur-consommation et affiche sans complexe son engagement écologique, sans doute excessif dans son pessimisme. Aussi le message risque-t-il d'être davantage compris et apprécié des adultes que des enfants, qui seront déroutés par cette sombre mélancolie et l'absence de dialogues, surtout dans la première partie. Une sorte de passion contemplative naît sous nos yeux grâce à ce petit robot, auquel est dévolu la sensibilité qui a déserté le coeur des humains. Mais l'échappée spatiale de Wall.E, parti rechercher sa bien-aimée jusqu'au fond de l'univers, redonne rythme à cette  belle méditation poétique.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN


                      Walt Disney Studios Motion Pictures France

 

 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 11:18

                    

                                                                                    VIDEO
                                        
L
a barre du 10e Festival du Film Asiatique de Deauville avait été placée très haut cette année avec pour film d'ouverture Beyong the years devenu en français Souvenir du cinéaste coréen Im Kwon-taek, auquel un hommage avait été rendu en sa présence. Après la remise de la médaille de la ville, une brève allocution de la part du cinéaste honoré, les lumières s'étaient éteintes pour laisser place à la projection d'une oeuvre enthousiasmante pour sa beauté et sa poésie.
A partir d'un récit simple et douloureux d'une quête de l'art à son plus haut degré de perfection et de l'amour dans son accomplissement le plus pur, le cinéaste propose un véritable poème, un chant d'une tristesse magnifique. Ce long métrage, qui date déjà deux ans, relate l'existence d'une chanteuse et d'un musicien de pansori, le chant traditionnel coréen dont les percussions s'élèvent jusqu'à l'épuisement et que l'auteur avait déjà abordé dans deux opus précédents : La chanteuse de pansori ( 1993 ) et Le chant de la fidèle Chunhyang ( 2000 ).


 


L'histoire est la suivante : un maître du chant traditionnel, qui n'est pas parvenu à faire carrière, enseigne à son beau-fils et à sa fille adoptive les arcanes du pansori, mais ses méthodes sont si dures, ses exigences si grandes, que le jeune Dong-ho finit par s'enfuir, laissant seule avec le vieil homme celle qu'il considère comme sa soeur et aime en secret, la douce Song-hwa. Le départ du jeune homme plonge la jeune fille dans une immense douleur, au point qu'elle perd peu à peu la vue... son mentor va alors lui appliquer un traitement à base de plantes, mais ajoutera, à la potion recommandée par l'herboriste, une autre plante qui accélère l'évolution du mal. Pourquoi a-t-il agi ainsi, alors que la jeune fille est la source de tous ses espoirs ? Est-ce afin de la garder auprès de lui ou bien parce que, comme il aime à le dire, les sommets de l'art ne peuvent s'atteindre qu'aux prix de grandes souffrances ? Nous ne le saurons jamais vraiment. Toujours est-il que Dong-ho, longtemps après sa fugue, revient dans une auberge où, autrefois, le vieil homme et ses jeunes élèves aimaient à se rendre, tant le paysage était d'une splendeur admirable, au bord d'un lac entouré de montagnes et survolé par des grues cendrées au vol majestueux. Il s'installait alors avec les enfants et ils chantaient ensemble la beauté de la nature, rendant grâce à l'art et à la beauté. Mais lorsque Dong-ho se retrouve des années plus tard sur les lieux, sa nostalgie est plus grande encore, car plus rien n'est semblable. Le lac a été asséché par une digue, les arbres ont disparu, ainsi que les grues cendrées. C'est ainsi, en présence de l'aubergiste, qu'il va nous révéler les tranches de sa vie et de celle de Song-hwa, qu'il s'efforce de retrouver. Cela se fera grâce à une succession de rencontres qui nous permettront de suivre les destins parallèles de deux êtres qui n'ont point cessé de s'aimer et ne parviendront à s'atteindre que dans la musique. Pour elle, Dong-ho fera construire une maison où chaque détail a été pensé pour faciliter son existence d'aveugle, mais Song-hwa ne pourra jamais y demeurer, minée par la tuberculose. Le film s'achève sur une image apaisée : celle puissante du souvenir qui, en nous permettant de remonter le temps, rend à Dong-ho, désormais seul, la plénitude de son art et de son amour. Ainsi la narration se construit-elle sur des strates  temporelles qui soudent au tissage du temps, cette recherche désespérée et profondément bouleversante d'une unité à jamais perdue. Servi par des acteurs émouvants et, en particulier, par une jeune chanteuse d'une grâce merveilleuse dans ses habits traditionnels, la ravissante et délicate Jung-hae Oh, de même que par des paysages d'une splendeur stupéfiante, ce film lent ( certains le lui reprocheront sans doute ) est une méditation profonde sur la quête d'un absolu qui reste à jamais une aspiration et une inspiration. Nous plongeons, avec ce centième opus de l'auteur, au coeur d'une oeuvre brodée à petits points par un cinéaste que n'ont pas épargné les épreuves de la guerre et qui sera, dès lors, en continuelle recherche d'un idéal à proposer, celui d'un présent qui accepterait d'être revisité par le passé, pour la simple raison que ce dernier porte en lui une leçon d'exigence et de sagesse ; oui, quelqu'un de profondément attaché à sa nation et dont la passion pour la civilisation de sa Corée natale sert de toile de fond à la plupart de ses oeuvres. Avec ce film admirable, Im Kwon-taek a peut-être écrit son ultime chef-d'oeuvre.
  

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE 
  

 

 

                      Mars Distribution

 

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 09:28

                    Paramount Pictures France

                                                                                   VIDEO

Cette animation réussie mêle habilement la grâce chorégraphique des arts martiaux à des gags délirants, où chaque animal apporte son éclat drolatique, de la mante religieuse à la vipère, de la tigresse à la grue. Dans cette ménagerie agitée, le débonnaire panda, dodu à souhait, persuadé que son avenir n'est pas dans la restauration de nouilles du petit troquet paternel mais dans la pratique du kung-fu - ce qui n'enlève rien à sa gourmandise légendaire - repasse une fois de plus le message volontariste des auteurs que "rien n'est impossible à celui qui le veut". Elu pour accomplir une ancienne prophétie, le rêve de Po devient réalité lorsqu'il rejoint, à la suite de beaucoup d'efforts, le monde du kung-fu et apprend les arts martiaux auprès de ses idoles, les Cinq Cyclones, sous les ordres de leur entraîneur, maître Shifu.


                      Paramount Pictures France

 


Mais le terrible léopard des neiges Taï Lung, le préféré de Shifu, dont le coeur est mauvais, est parvenu à échapper à la vigilance de ses geôliers et revient à grands pas, animé des plus noirs desseins. Or, c'est Po qui est chargé par maître Shifu de protéger la vallée de cette menace. Po mettra autant de corps que de coeur à mener à bien son ouvrage et viendra à bout de l'ennemi public au grand soulagement de la population animalière. Si bien, qu'aussi curieux que cela puisse paraître, ce panda typiquement chinois véhicule-t-il des idées purement américaines. Ce gourmand solitaire devient ainsi le prototype de l'ado dont les vices sont habilement maquillés en vertus. Obèse, paresseux, voire glouton et inconséquent, Po réussit à se transformer en héros, élu des dieux de la bienveillance, et aura, peut-être grâce à sa bonne volonté et à son altruisme, raison de l'irascible ennemi au coeur froid ; la

 chaleur, la rondeur l'emportant sur la force, la violence et la cruauté.
Cela mené à un train d'enfer et de main de maître dans une imagerie éblouissante qui confère à certains plans la beauté d'une estampe chinoise. De très belles trouvailles, dont une pluie de pétales qui emporte le vieux sage au paradis, des phrases qui font mouche, pour ce long métrage agréable à voir en famille et qui séduit par son humour, sa poésie, malgré un scénario assez bateau et des redondances dont on se serait bien passées. Ces faiblesses heureusement palliées par un esthétisme raffiné et le jeu des expressions d'une savoureuse humanité.

  

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

                     Paramount Pictures France

 

 

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 08:18

                      


                                                                                      VIDEO

 

Le premier film de Zoe Cassavetes, en compétition à Deauville en septembre dernier au Festival du Film Américain, ne restera probablement pas dans les annales, mais il est toujours sympathique de se pencher sur les débuts d'une jeune cinéaste, fille de son père, ce qui facilite les choses, mais n'enlève rien au fait qu'étant tombée dans le chaudron à pellicules, elle ait été gagnée par la contagion des studios et y ait pris goût. Si elle a la nationalité américaine, ses origines sont grecques et elle est française depuis 10 mois. Exilée par amour à Paris, comme sa grande amie Sofia Coppola, Zoe nous raconte dans ce film, très autobiographique, l'histoire d'une trentenaire new-yorkaise qui découvre le grand amour dans les bras d'un séduisant gaulois. Ce film charmant et sans prétention pourrait être le chaînon manquant entre Le journal de Bridget Jones et Sex and the City, interprété agréablement par Parker Posey et la grande Gena Rowlands, mère de la réalisatrice, qui contribuent l'une et l'autre à donner à cet opus une saveur indéniable.


                      Gena Rowlands et Parker Posey. Eurozoom


Néanmoins, il faudra que, par la suite, Zoe choisisse des scénarii plus charpentés et use de la caméra sur un rythme plus soutenu. En imaginant, en bonne francophile nourrie aux films de la Nouvelle Vague par son père, la rencontre de son héroïne avec un Français bohême et bon vivant, joué par Melvil Poupaud, Zoe Cassavetes ne se doutait pas qu'elle allait à son tour croiser l'homme de sa vie d'une façon quasi identique, ce qui a nourri son inspiration.
Se lancer dans la réalisation, après avoir été photographe, n'a pas été simple, même si l'on appartient au sérail. Zoe le reconnaît volontiers : " Oui, il m'arrive d'avoir peur, même si j'ai beaucoup de chance". Elle sait qu'elle est attendue et que les critiques ne lui feront pas de cadeau.
L'intérêt principal du film, en dehors de l'interprétation, tient dans la façon dont la jeune cinéaste s'empare d'un sujet convenu pour essayer de contourner les clichés au milieu desquels elle navigue. Il y a, dans ce long métrage, autant de fraîcheur que de naïveté. Mais, en refusant de se prendre au sérieux, l'auteur communique une bonne humeur appréciable, si bien que l'on regarde ce gentil premier film avec indulgence. On réservera l'exigence pour le prochain.

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 

                    Parker Posey et Melvil Poupaud. Eurozoom

 

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 10:32

              Portrait de Louis de Funès. Collection Christophe L.

                                              VIDEO HOMMAGE
 

 

Plusieurs décades que ce trublion agité de tics nous a quittés. Mais il n'est mort que pour l'état civil car il reste l'un des acteurs préférés des Français. Grâce aux nombreux films qu'il a tournés et que la télévision nous re-diffuse régulièrement, Louis de Funès n'a jamais cessé d'être présent et de nous faire rire aux larmes dans des oeuvres cultes d'un comique inépuisable.


Carlos Luis de Funès de Galarza, né le 31 juillet 1914 à Courbevoie, appartenait à la noblesse sévillane et fit ses études au lycée Condorcet à Paris. Après avoir été dessinateur, pianiste dans des boîtes de nuit, il s'oriente vers une carrière de comédien, mais le succès mettra beaucoup de temps à le rattraper. Petit, 1m64, malingre, il dut se contenter durant de nombreuses années de rôles peu gratifiants, voire d'une simple figuration, aussi bien au théâtre qu'au cinéma, avant que la chance ne commence à lui sourire avec La traversée de Paris de Claude Autant-Lara en 1956, où il joue aux côtés de Gabin et de Bourvil.  On était loin alors de se douter qu'il deviendrait l'une des vedettes européennes les plus populaires des années 60 à 80 et que les producteurs lui feraient des ponts d'or pour qu'il figure dans leur production. Bien qu'à la fin des années 50, il ait pu se targuer d'avoir une centaine de films à son actif, il n'a pas trouvé le rôle déterminant qui en fera une tête d'affiche. Le phénomène de Funès reste le privilège de quelques initiés, dont Eddy Barclay qu'il amusait tellement lorsque, dans les boîtes de nuit, il se trémoussait derrière son clavier. Ce sera la pièce Oscar dans laquelle ses mimiques font merveille, et qu'il interprétera pendant des mois à guichets fermés, qui sera à l'origine de sa formidable carrière et l'installera définitivement dans le succès. Après Oscar, Pouic Pouic en 1963 confirmera sa renommée, si bien que désormais les producteurs, qui l'avaient tant boudé, vont en délégation venir lui faire leur cour.

 

 

                      


A partir de là, sa carrière va s'articuler en deux axes : l'axe Gérard Oury et celui de Jean Girault. Ce dernier lui offre un rôle d'anthologie dans la peau de l'inspecteur Cruchot. Entre temps, Gérard Oury le confirme dans ses trois plus grands succès. Ses duos avec Bourvil, dans Le corniaud d'abord  ( 1964 ) et La grande vadrouille ( 1966 ) ensuite, passeront à la postérité et rempliront les salles comme rarement, avec des répliques et des séquences inoubliables. Le personnage irascible qu'il campe face à un Bourvil débonnaire et bon gars est irrésistible. Ce sera une réussite également avec Yves Montand dans La folie des grandeurs, un petit chef d'oeuvre de cocasserie. Avec Les aventures de Rabbi Jacob en 1973,  il réussit l'exploit de faire rire ensemble musulmans, juifs et catholiques.  Et pourtant, il disait qu'on  aurait pu l'appeler Monsieur Inquiétude, tant il avait un tempérament anxieux et timide. Oui - poursuivait-il, je trimbale cela avec moi. Et pourtant, j'ai tout pour être heureux, une femme charmante ( il avait épousé en seconde noce Jeanne Barthélémy de Maupassant, la nièce de l'écrivain ), des enfants charmants ( l'un de ses fils jouera auprès de lui dans Le grand restaurant et Sur un arbre perché ) et un métier que j'aime. Mais c'est ainsi et mon tempérament me désole. Chez moi, je ne suis pas drôle du tout.

 

Cependant, s'il a l'aval du public, il n'a pas celui des critiques, cette intelligentsia patentée qui semble avoir avalé son parapluie à le voir susciter l'hilarité. On entendra lors d'une émission du Masque et la Plume, l'un des intervenants nous assurer d'un ton docte qu'il en avait des hauts le coeur d'assister à des projections d'une inanité pareille et qu'avec un film comme Le Corniaud, le 7e Art était tombé dans le caniveau. Pauvre de lui, il doit rougir aujourd'hui d'avoir proféré de telles sottises... 

 

                     Louis De Funès. Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)


Mais deux infarctus successifs l'obligent à s'éloigner momentanément des studios et des planches et les metteurs en scène ne cherchent pas à lui proposer des rôles différents de ceux habituels, se contentant d'exploiter le filon. Il y eut bien une exception pour l'Harpagon de Molière, où son interprétation n'aurait probablement pas déplu à l'illustre comédien. Ce qui prouve qu'il était en mesure d'assumer des rôles plus tragiques, des personnages extrêmes. Après cette obligation de repos, il revient avec La soupe aux choux en  1981 qui sera un ultime succès. Il s'éclipsera le 27 janvier 1983 à Nantes d'une crise cardiaque. Il avait toujours été dans l'accélération, le mouvement. Il meurt de la même façon, d'un coup, en pleine action. Il repose désormais au cimetière de Cellier, non loin de son château de Clermont que ses cachets lui permettaient de remettre en état. Mais cela lui va si mal de se reposer et il savait si peu le faire, que je me plaîs davantage à l'imaginer faisant le clown au Paradis pour le plus grand plaisir de nos chers disparus.

 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 19:55

                    Clark Gable et Vivien Leigh. Collection Christophe L.

                                                     
Elle est restée pour nous l'inoubliable Scarlett d'Autant en emporte le vent. Mais Vivien Leigh ne fut pas que cette jeune fille si attachée à sa terre, à ses origines, à son indépendance, qu'elle était prête à tout leur sacrifier ; elle fut d'abord et avant tout une grande actrice de théâtre, la partenaire de Laurence Olivier, après qu'elle ait frappé le public par sa grâce et sa beauté le 15 mai 1935 dans une pièce costumée, intitulée "Mask of virtue", tirée d'un épisode de "Jacques le fataliste" de Diderot. Dès le lendemain, le producteur de cinéma Alexandre Korba lui proposera un contrat de cinq ans et elle changera son prénom de Vivian pour Vivien, devenant à 22 ans Vivien Leigh.


Vivian Marie Hartley était née le 5 novembre 1913 à Darjeeling ( Inde ), d'un père agent de change - qui se plaisait à faire du théâtre en amateur et transmit cette passion à sa fille - et d'une mère au foyer fort belle de sa personne. C'est elle qui désira que sa fille fut élevée à Londres, au couvent du Sacré Coeur, si bien que Vivian ne reverra l'Inde qu'en 1964. Au collège, elle se distingue très vite dans les activités artistiques, dont le théâtre, le violoncelle et la danse. Egalement pour ses brusques changements d'humeur et ses accès de mélancolie qui inquiètent les religieuses.
En 1932, ses études étant achevées, elle s'inscrit à la Royal Academy of Dramatic Art et, dans le même temps, épouse Leigh Holman, un avocat de 31 ans, qui ressemble étrangement à l'acteur Leslie Howard, dont elle sera éperdument amoureuse dans Autant en emporte le vent. L'année suivante naîtra une petite fille Suzanne, sa seule enfant. En 1934, la jeune femme parvient à obtenir un petit rôle dans le film "Things are looking up" et, malgré les réticences de son époux, prend un agent dont la mission est d'assurer sa carrière, car il est évident que Vivian n'a nullement l'intention de se cantonner dans le rôle de l'épouse parfaite, mais aspire de toutes ses forces à devenir une actrice à part entière.

En septembre 1934, alors qu'elle assiste à une représentation au Théâtre Royal, elle remarque un jeune acteur de 27 ans : Laurence Olivier. C'est le coup de foudre. Son jeu très physique, qui tranche avec le jeu habituel des interprètes de l'époque, la fascine et la séduit. Elle n'a plus qu'une idée : le rencontrer. Elle y parviendra en se faisant remarquer pour sa beauté sur des photos de mode et en obtenant le fameux rôle qui la rendra célèbre en une nuit.

Laurence Olivier est subjugué à son tour et va l'applaudir. C'est lui qui la décidera à poursuivre une carrière théâtrale, considérant le cinéma comme un art mineur, et partagera avec elle la vedette dans Hamlet de Shakespeare au château d'Elseneur en mai 1937. Les représentations seront un tel triomphe que le prince de Danemark, en personne, se déplacera pour les voir jouer. A leur retour en Grande-Bretagne, Vivien quitte son mari pour s'installer auprès de Laurence Olivier, confiant sa fille Suzanne aux bons soins de sa mère, qui se chargera de son éducation. 


Vivien décide alors de tenter d'obtenir le rôle de Scarlett dans le film mis en chantier à Hollywood. Elle a lu le roman de Margaret Mitchell et se sent proche du personnage. Pour ce faire, elle prend pour agent Myron Selznick, le frère de David, le producteur de la réalisation sur le point de démarrer, dès lors que l'on aura découvert la perle rare : l'actrice capable d'être idéalement Scarlett. On connaît la suite. Vivien l'emporte sur 1400 candidates, dont Bette Davis, Joan Crawford, Katherine Hepburn et Paulette Goddard. Cela, malgré qu'elle soit peu connue dans le milieu cinématographique et anglaise de surcroît. Heureusement sa carrière ne s'arrêtera pas à ce film qui eut un retentissement international inimaginable. Elle n'est pas restée statufiée pour l'éternité dans le rôle de Scarlett, bien qu'en pensant à elle, ce soit en priorité les images de Tara et d'Atlanta qui reviennent spontanément à la mémoire...Elle sera aussi la partenaire de Robert Taylor en jeune danseuse fragile dans La valse de l'ombre, Juliette au théâtre auprès de Roméo son mari, Cléopâtre sous la direction de Gabriel Pascal ( c'est au cours du tournage qu'elle glissera et perdra l'enfant qu'elle attendait ). Atteinte d'une psychose maniaco-dépressive, pour laquelle aucun traitement efficace n'existait encore, elle devient difficile à vivre pour son entourage.

 

Afin de la mettre à l'abri et la tranquilliser, Laurence Olivier fait l'acquisition de l'abbaye de Notley qu'ils aménagent ensemble et où ils aiment recevoir leurs amis : les Bogart, David Niven, Orson Welles, Margot Fonteyn, Cecil Beaton, Judy Garland. En ces années d'après-guerre, Vivien est considérée comme la femme la plus belle et la plus élégante d'Angleterre. Mais alors qu'Olivier poursuit une carrière éblouissante, son épouse voit son étoile pâlir et en souffre secrètement. Atteinte de tuberculose, elle doit s'éloigner momentanément des studios et des planches et n'y reviendra qu'après une convalescence forcée avec Anna Karénine de Julien Duvivier, où elle porte les superbes toilettes dessinées à son intention par Cecil Beaton. Le film sera néanmoins un échec et, curieusement, elle ne va plus interpréter que des rôles de femmes au destin tragique. Ainsi sera-t-elle Blanche Dubois auprès de Marlon Brando dans Un tramway nommé désir, puis Cléopâtre de Shakespeare aux côtés de son époux. En 1953, elle est rapatriée d'urgence pour une forte dépression, alors qu'elle tournait à Ceylan  La marche des éléphants et qu'Elisabeth Taylor est appelée en catastrophe pour la remplacer.

Dès lors, sa santé ne cesse plus de se détériorer et elle ira jusqu'à subir des traitements par électrochocs, que les médecins lui prescrivent, pour tenter de remédier à ses crises d'hystérie. Mais, malgré cette santé en dents de scie, elle poursuit vaille que vaille sa carrière théâtrale en étant Lady Mackbeth. Séparée de Laurence Olivier, elle épouse Jack Merivale qui avait été la doublure d'Olivier dans Roméo et Juliette. Elle s'installe avec lui dans un grand appartement à Londres et apparaît sur scène une dernière fois dans une comédie musicale Tovarich avec Jean-Pierre Aumont pour partenaire. Hélas ! des troubles gravissimes sur le plan mental l'obligeront à céder son rôle à une remplaçante. Elle mourra de tuberculose le 7 juillet 1967. En guise de deuil et d'hommage, les enseignes lumineuses des théâtres londoniens resteront éteintes cette nuit-là. Ses cendres seront dispersées dans le lac Tickerage Mill Pond ( Sussex ), non loin de Londres.

 

Pour prendre connaissance des films où apparaît l'actrice dont Autant en emporte le vent, cliquer sur le lien ci-dessous :

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

Et pour consulter la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART


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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

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