27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 10:31

           Les Acacias


L'histoire commence à Shinbone, une petite ville de l'Ouest, où le sénateur Stoddard ( James Stewart ), homme distingué et orateur accompli, vient assister, avec sa femme Hallie ( Vera Miles ), aux funérailles d'un certain Tom Doniphon ( John Wayne ). C'est l'occasion pour lui de raconter son histoire à des journalistes et de leur dire comment, et dans quelles circonstances, il a pu accéder au poste envié et respecté de sénateur. Nous voilà plongés quelques années en arrière. Ramson Stoddard n'est alors qu'un jeune avocat de l'Est désargenté qui cherche à se faire un nom dans les territoires de l'Ouest. Mais tandis qu'il approche de Shinbone, sa diligence est attaquée par un certain Liberty Valance ( Lee Marvin ), une brute redoutable qui fait régner la terreur dans toute la région. Ramson, fouetté et humilié au cours de ce guet-apens, se jure qu'il aura sa revanche et s'installe dans la petite ville où il est soigné par Hallie et fait la connaissance de Tom Doniphon. Ce dernier lui enseigne la loi de l'Ouest qui n'est autre que celle du plus fort. Par la suite Stoddard provoque Liberty Valance en duel et le tue. Hallie, qui était la fiancée de Tom, voyant en lui un preux chevalier, accepte de l'épouser, laissant Tom noyer sa peine dans l'alcool. Plus tard Ramson apprendra que c'est en réalité Tom qui a abattu Liberty Valance parce qu'il tirait plus rapidement et mieux. Mais la réalité est restée voilée et la légende ayant pris le dessus, personne n'est plus jamais revenu sur cet événement et Tom est mort oublié de tous, n'ayant jamais connu le respect, l'amour et la reconnaissance. C'est ainsi que Ramson Stoddard devait sa notoriété à une imposture.

Le film n'est pas seulement un chef-d'oeuvre signé Ford, c'est, de nos jours, une pièce maîtresse de la culture américaine, une méditation sur le sens de  son histoire, un poème testament entre faits réels et interprétations héroïques.  Avec cet avant-dernier film, Ford nous livre une réflexion désenchantée et crépusculaire de l'Ouest, là où la légende finit toujours par être plus forte que la réalité, où la mystification l'emporte sur la vérité, ce qui donne au réalisateur l'occasion d'approfondir la mise en place des justifications imaginaires de la réalité. Comme s'il était tenu de marquer d'emblée le ton et le style,  John Ford opta pour le noir et blanc, ainsi qu'il l'avait fait quatre ans plus tôt pour The last Hurrah ( La dernière fanfare ), autre méditation sur la notoriété, la vieillesse, le pouvoir et la mort. Et il utilise volontairement et à six reprises le thème musical d'Ann Rutledge composé par Alfred Newman, de même qu'il construit son oeuvre autour d'un long flash back, ce qui ne lui est pas habituel.

Romanesque dans la description des rapports entre Hallie et Doniphon, l'homme qu'elle quittera pour Stoddard, truculent dans les séquences décrivant les réunions électorales, ce long métrage permet en outre à son auteur de montrer une même scène sous des angles différents. Ainsi  il y en a une qui laisse croire que Stoddard a bien tué Liberty Valance et une autre, quelques instants plus tard, qui infirme cette vérité et dévoile, grâce à un cadrage reprécisé, ce qui s'est réellement passé. Rarement Ford, qui rejoint ici Hitchcock, n'est allé aussi loin dans l'usage des possibilités ambivalentes de l'art cinématographique. Variation subtile sur les apparences et les erreurs qu'elles peuvent engendrer, L'homme qui tua Liberty Valance ( 1961 ) a été tourné presque exclusivement en studio, symbolisant une fausse réalité, plutôt que dans les grands espaces californiens dont on sait combien ils étaient chers à John Ford. Remarquablement interprété par un James Stewart parfait, un John Wayne véritable héros de cette histoire nostalgique dont ce sera le dernier film avec le metteur en scène, il fait également la part belle à Lee Marvin campant un bandit outrageusement colérique qui crève l'écran et se montre extraordinaire de réalisme et de cynisme. Et puis autre particularité du film,  il est l'adieu au western d'un maître incontesté du genre.

 

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Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western, à John Wayne et James Stewart, cliquer sur leurs titres :


LES GRANDS MAITRES DU WESTERN        JAMES STEWART - PORTRAIT        JOHN WAYNE

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 



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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 12:01

                          Jeanne Moreau aux César 2007. Mireille Ampilhac pour AlloCiné


                                                                     VIDEO 


Jeanne Moreau, plus de 60 ans de cinéma, un magnifique parcours qui a fait d'elle la  formidable interprète de quelques-uns des plus prestigieux metteurs en scène contemporains, nommons Louis Malle, François Truffaut, Bunuel, Antonioni, Fankenheimer, Losey, Peter Brook, sans oublier Orson Welles qui fit appel à elle à deux reprises pour Le Procès en 1962 et Falstaff en 1965 et disait, à son intention, qu'elle était "la meilleure actrice du monde". Sa carrière n'a été qu'une longue suite de succès, de coups de coeur, d'emballements et de travail, car il y a toujours, à la clé d'une telle réussite, un immense labeur et une grande exigence.

Fille d'une danseuse anglaise de music-hall et d'un père hôtelier français, elle est née à Paris le 23 janvier 1928. Après avoir vécu une partie de sa jeunesse à Vichy, elle poursuit des études secondaires à Paris et commence, sans en rien dire à ses parents, à suivre des cours de théâtre auprès de Denis d'Inès. Ses premiers pas sur les planches auront lieu au Festival d'Avignon en 1947 dans "La terrasse de midi". Six mois plus tard, elle intégre le Conservatoire, ce qui la conduira en 1960 à débuter à la Comédie Française dans " Les caves du Vatican " d'André Gide, mise en scène de Jean Meyer, où elle tient le rôle d'une prostituée. Elle y est déjà si remarquable qu'elle fait ( elle, la débutante ) la couverture de Paris-Match et reçoit les félicitations d'un écrivain, pourtant peu enclin aux louanges, Paul Léautaud, tant il admire son insolence et son indépendance d'esprit. Ainsi s'annonce une carrière qui fera d'elle l'une des muses de la Nouvelle Vague et l'égérie du monde des Lettres et des Arts. Car nul doute, elle fut l'amie de nombreux écrivains, elle l'amoureuse des livres et des beaux textes. Parmi ceux-ci et celles-là, il y eut Tennessee Williams l'américain, Blaise Cendrars le poète, Paul Morand l'homme pressé, Nimier le jeune hussard et, enfin, deux femmes : Anaïs Nin et Marguerite Duras. Et n'oublions pas ses liens avec des personnalités comme Jean Vilar qu'elle suivra au TNP en quittant la Comédie-Française et sa rencontre avec Louis Malle qui lui ouvrira les portes de la renommée avec deux films où elle s'impose  comme l'une des grandes, dans le sillage d'une Simone Signoret : Ascenseur pour l'échafaud  (1957) et  Les Amants  (1958). Puis viendront Jules et Jim de Truffaut où elle chante une romance qui fera le tour du monde et quelques 130 films dont Le journal d'une femme de chambre de Bunuel qui, de toutes ses interprétations, est peut-être celle que je préfère.

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Enfin elle a collectionné les récompenses les plus prestigieuses dont le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1960, le British Academy Award de la meilleure actrice étrangère pour La vieille qui marchait dans la mer (1991) de Laurent Heynemann, enfin elle a été élue membre de l'Académie des Beaux-Arts le 29 mars 2000, première femme à être gratifiée de cet honneur, et son entrée dans cette estimable assemblée fut justement saluée par le discours de réception de l'un de ses proches : l'impérial Pierre Cardin. La seule chose que je regrette de la part d'une femme aussi intelligente : qu'elle ait participé au remake des Rois Maudits, événement télévisuel que je me suis empressée d'oublier... Malgré son âge, elle a conservé une activité étonnante, puisque dans le cadre des Atelier d'Angers, qu'elle pilote de main de maître, elle va aider prochainement sept jeunes réalisateurs à se lancer dans l'aventure du long métrage, ce qui prouve qu'elle n'a rien perdu de son enthousiasme et de sa passion pour le 7e Art. D'ailleurs, n'a-t-elle pas assuré à maintes reprises -  le cinéma, c'est à la vie, à la mort. Mais comment  la mort pourrait-elle menacer une immortelle ?

 

Pour consulter ma critique d'Ascenseur pour l'échafaud et Jules et Jim, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 10:04

Equation

                                              
                                                  BANDE ANNONCE

 

Au début du XVIe siècle, alors que la dynastie Chosun est en place et règne avec autorité, une troupe de comédiens, pour s'attirer les faveurs du public, se prête à des bouffonneries cocasses qui mettent en scène les relations du roi et de sa favorite, ainsi que les ministres de la cour. Arrêtée sur ordre d'un conseiller royal, celle-ci est amenée au palais et obligation lui est faite de provoquer l'hilarité de sa majesté, si elle veut assurer sa survie. Grâce à l'habileté de Jang Seng et au charme ambigu de l'eunuque Gong Gil, qui a toutes les grâces d'une jeune fille, le roi rit et la troupe est épargnée et invitée à résider  sur place, afin que, dorénavant, elle s'emploie à tromper l'ennui du souverain. 


King and the Clown, du cinéaste Sud- Coréen  Lee Jun-Ik, est l'adaptation cinématographique d'une comédie musicale et le film ne fait que reprendre, mais de quelle façon ample et fastueuse, le genre de la comédie musicale ( le fond sonore est d'ailleurs très agréable ), tout en adoptant un style plus grave, voire dramatique, de façon à proposer un message circonstancié sur le pouvoir institutionnel ( nous ne sommes pas loin de la Corée du Nord et de son effrayante dictature )  et le contre-pouvoir de l'imaginaire, sur la violence du vécu et la puissance fictive de l'espéré... Dès l'épilogue, le réalisateur se réfère aux chroniques royales de la dynastie Chosun qui relataient fidèlement les faits et gestes de chacun des rois qui se succédèrent pendant plusieurs siècles ( on  parle de 24 suzerains de la même lignée). Le roi ,qui est dépeint dans le film, a la triste réputation d'être cruel, violent et immoral. En définitive, il m'est apparu davantage comme un immature, un grand enfant capricieux, égocentrique et tyrannique, un personnage trouble et troublant, marqué, dès l'enfance, par la mort de sa mère empoisonnée par un haut dignitaire sur ordre de son époux, que comme un tout-puissant suzerain. A la suite de ces drames familiaux, il est resté un être éternellement  insatisfait, jouisseur, inconscient, donc incapable de se gouverner lui-même et, à plus forte raison, de gouverner son pays de manière responsable. Il est le jouet de son entourage et donc un homme sous influence, qui sera détrôné en 1502, à la suite d'une subversion aristocratique, pour ses brutalités et ses erreurs. Cet événement est d'ailleurs suggéré dans le final, où une image met en scène les comédiens s'élevant dans le ciel grâce à des pirouettes acrobatiques, tandis que le palais est envahi par une foule déchaînée.

 

Ce film, d'un esthétisme raffiné, qui se présente comme une réflexion sur le pouvoir politique et le pouvoir de l'art, l'un et l'autre mis en concurrence de façon habile et pertinente, joue magnifiquement de la couleur, des paysages, des ciels, des visages, mêle la farce et le drame, la comédie et la tragédie, sans aucune fausse note, tandis que se jouent mutuellement et, comme sous l'effet d'un double miroir réfléchissant, les tenants du pouvoir et les acteurs de cette commedia dell'arte. Il est, par ailleurs, intéressant à plus d'un titre : tout d'abord parce qu'il nous permet de découvrir le théâtre burlesque coréen dans lequel s'associent harmonieusement le mime, le chant, les marionnettes, les numéros d'équilibriste, les acrobaties diverses et qu'il nous fait entrer dans le vif de l'existence d'une petite troupe de saltimbanques trop souvent victime des exigences d'un directeur autoritaire qui n'hésite pas à prostituer certains de ses acteurs et à oser des insolences audacieuses pour de l'argent. Ensuite, parce qu'il nous peint de façon minutieuse, et idéalement chamarrée, la vie de la cour dans la Corée du début du XVIe, où le faste est grand, la vie réglée au détail près et où le souverain n'est, en fin de compte, qu'un être soumis, non seulement aux lois édictées par ses ancêtres, mais aux intrigues et malveillances manigancées par ses ministres corrompus. Enfin, parce qu'il aborde avec pudeur le thème de l'homosexualité masculine ( ce qui n'est pas courant en Corée du Sud ) à travers le personnage émouvant, tendre et faible de Gong Gil, être asservi doublement par sa nature physique et sa position sociale. Il semble d'ailleurs que sa destinée ne cesse de lui échapper et qu'il est le jouet, tout ensemble, du roi qu'il charme et envoûte et de Jang Seng qui l'aime et entend le protéger des fantasmes royaux. Alors que cette troupe parcourait tranquillement les villes du pays en interprétant des pièces et en se livrant à des pitreries et acrobaties,  leur sort bascule dangereusement lorsqu' ils sont repérés par un dignitaire et où, pour sauver leur peau, ils se voient dans l'obligation de devenir les amuseurs du palais et sont exposés aux foucades et aux imprévisibles caprices du souverain.


                    Equation

King and the clown s'affiche aujourd'hui comme un succès sans précédent au box-office coréen. On ne s'en étonnera pas si l'on sait l'engouement, respectable ô combien ! de la Corée du Sud pour son passé et sa culture, d'autant  que ce film procède à une reconstitution magnifique de la Corée moyenâgeuse avec ses costumes, ses décors, ses fastes et aussi ses bouges, ses moeurs ; monde tantôt bigarré et grouillant, tantôt somptueux et figé et, ce, grâce à une photographie maîtrisée et une direction d'acteurs ( ils sont tous éblouissants ) magistrale. King and the clown est une fresque grandiose qui ajoute à sa réussite esthétique un message sur les ambiguïtés du pouvoir et  le sens de nos vies : est-il possible d'échapper aux règles qui régissent les sociétés ? Il semblerait que Lee Jun-ik n'en soit pas convaincu,  mais qu'il reconnaisse à l'homme en mesure d'assumer sa différence comme le cap'taine, tour à tour grossier, jovial mais loyal et responsable de ses choix et de ses engagements, une supériorité indiscutable en comparaison d'un serviteur de l'Etat contraint et soumis aux impératifs de sa charge. A la fin le cap'taine, devenu aveugle, dira qu'il voit désormais mieux qu'avant, parce qu'il n'est plus ébloui par l'or et les apparences.

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE



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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 00:00

      1922 - 2000

 

                                   VIDEO


Vittorio Gassman est l'un des grands acteurs italiens qui a marqué de sa présence et de son talent le 7e Art transalpin, au même titre qu'un Marcello Mastroïanni, un Ugo Tognazzi ou un Nino Manfredi. Né à Gênes le 1er septembre 1922 d'un père autrichien et d'une mère florentine, il s'inscrivit très jeune à l'Accademia Nazionale d'Arte Drammatica de Rome après avoir taté d'un peu de droit à la Faculté. D'emblée, il se démarque par une forte présence scénique et un fougueux tempérament qui allie insolence et panache, qualités qui lui vaudront le surnom de "mattatore" ce qui signifie "le tueur" en français. Sur scène, il s'impose sans peine,  grâce à un physique certes avantageux, mais surtout par une personnalité à multiples facettes qui lui permet d'ambitionner aussi bien les rôles romantiques que la comédie et les personnages cyniques où il excelle. Il fait bientôt la connaissance de Luchino Visconti qui le mettra en scène dans des oeuvres de Shakespeare et de Pasolini, alors que le cinéma lui fait déjà des avances et, qu'en 1945, il débute dans un film de Carlo Alberto Felice : Rencontre avec Laura qui ne laissera pas un souvenir impérissable.  Par la suite il tournera dans plus de 130 films en véritable maestro qui règnera sur cinquante ans de cinéma italien, sans pour autant renoncer au théâtre.  

 

                     Ettore Scola et Vittorio Gassman.

                                                            avec Ettore Scola


En 1949, il partage l'affiche de Riz Amer avec Silvana Mangano, un drame qui se déroule dans l'Italie de l'après-guerre et brosse le tableau d'ouvrières travaillant dans les rizières de la plaine du Pô. Marié durant quelques années à l'actrice Shelley Winters, il fait une courte incursion dans le cinéma hollywoodien et apparaît dans   Guerre et Paix ( 1956 ) de King Vidor auprès d'Henry Fonda, de Mel Ferrer et de la délicieuse Audrey Hepburn. De retour dans son pays, Gassman se révèle pleinement dans Le Pigeon  ( 1958 ) de Mario Monicelli qui marque d'une pierre blanche le début de la comédie italienne, faisant suite aux films graves de l'après-guerre, satire des moeurs de la petite et moyenne bourgeoisie. Fréquemment employé pour interpréter des rôles de traite, Vittorio Gassman se plait à divertir et la palette des personnages composites, qu'il a incarnés avec un naturel époustouflant, est impressionnante. En 1962 il crève l'écran auprès de Jean-Louis Trintignant dans Le fanfaron de Dino Risi où il s'impose comme un atout majeur  du cinéma italien.


Un moment marquant de sa carrière sera Parfum de femme ( 1974 ), toujours de Dino Risi qui sait superbement l'utiliser et qui lui méritera un prix d'interprétation au Festival de Cannes. Cette même année, faste entre toutes, la sortie de Nous nous sommes tant aimés, le chef-d'oeuvre d'Ettore Scola, contribue également à faire de lui une vedette internationale appréciée des cinéphiles. Avec Scola, il poursuivra sa participation en jouant dans La terrasse, portrait au vitriol d'une poignée d'intellectuels, puis dans La Famille ( 1986 ) et enfin  Le Dîner ( 1998 ), son avant dernière apparition sur le grand écran. Cet immense acteur, qui pouvait tout faire avec humour, émotion, lyrisme et séduction, s'éteint à Rome le 29 juin 2000, laissant une trace indélébile dans l'histoire du 7e Art.

 

 

 

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Pour lire les critiques des films où figure l'acteur dont Riz amer, Nous nous sommes tant aimés, Parfum de femme et Le fanfaron, cliquer sur le lien ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

                    Vittorio Gassman. Mars Distribution

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 10:36

                       United International Pictures (UIP)

                                                                   VIDEO



Master and Commander  ( De l'autre côté du monde en français ) de Peter Weir est un film d'aventure marine chevaleresque, dans la grande tradition des combats navals, qui relate un fait de l'histoire maritime commune entre la perfide Albion et la marine française. Cette fresque magnifique raconte la poursuite de deux navires ennemis au temps des guerres napoléoniennes,
 où l'on voit un commandant anglais prendre en chasse le navire Acheron et le poursuivre sans relâche jusqu'à l'affrontement final, l'abordage époustouflant de réalisme où le capitaine français perdra la vie et son équipage sera fait prisonnier, du moins ceux qui auront survécu.
Deux personnages centraux : le capitaine Jack Aubrey ( Russell Crowe ) au physique, à la carrure de l'emploi, le héros plus vrai que nature, impulsif, sanguin, volontaire, suscitant l'admiration et le respect par sa compétence, mais surprenant  de par sa sensibilité dissimulée sous l'indispensable autorité que nécessite son commandement. Le chef vers lequel les yeux se tournent pour y quêter l'exemple et affermir son courage. Quant au second personnage, il s'agit du médecin de bord Stephen Maturin ( Paul Bettany ), le naturaliste, le chercheur posé, intériorisé, humain, l'intellectuel, musicien de surcroît comme son capitaine, avec lequel il aime jouer lors de leurs rares moments de liberté, sensible certes, mais de même envergure que ces marins trempés dans l'acier lorsqu'ils sont confrontés à l'adversité. Entre eux deux, une amitié forte, faite d'admiration et d'estime, d'autant que la musique est un lien supplémentaire qui les unit par-delà les exigences de leur vie aventureuse et leur permet de prendre, pendant quelques instants, leurs distances avec les fureurs de la guerre et la cruauté des éléments. La beauté et la force du film résident en partie dans la relation entre ces personnalités très différentes mais unies par un destin partagé, où l'un chérit la connaissance et la modération et explore les mystères de la vie dans l'espoir d'en débusquer les secrets, tandis que l'autre entend embrasser son honneur et se plait à bourlinguer et guerroyer sur les océans pour la grandeur de sa nation. 


                    Russell Crowe. United International Pictures (UIP)

 


Filmé de façon quasi documentaire, il nous livre une imagerie superbement animée de la vie à bord d'un navire de guerre du XIXe siècle, exaltant la bravoure de l'équipage, exhalant l'odeur de poudre et nous renseignant de façon précise sur les petites joies mais aussi les moments de doute et de désespoir, les amputations, le scorbut et la rudesse terrible des attaques navales et de la vie au milieu des flots déchaînés. Le réalisateur nous propose, en effet, une galerie de personnages captivants et complexes, remarquablement crédibles et, ce, des jeunes mousses aux sous-officiers et officiers qui sont campés avec vigueur et conviction et excellemment interprétés dans une succession de scènes hautes en couleur et habilement cadrées. D'ailleurs, ce long métrage est une suite de tableaux superbes, d'une qualité rare, inspirés de la peinture néo-classique, tantôt nimbés par les vapeurs d'eau, tantôt par la fumée des canons, lors des scènes de combat. Nous sommes dès le début du film, embarqués, tant est puissante l'évocation des faits et actions, grande la beauté des images, normale la vie qui s'organise en notre présence. L'oeuvre dégage une sollicitation telle que nous avons l'impression d'être les témoins privilégiés d'une aventure qui nous concerne,  nous bouleverse et nous prend à l'estomac. Mieux encore, le tour de force de cette narration est qu'aucun sentiment de vengeance ou de haine ne transpire. Chacun est là pour exécuter une tâche, remplir un devoir, honorer un engagement et s'y emploie sans barguigner, à l'exception de l'un d'entre eux qui préférera se suicider, lorsqu'il s'apercevra qu'il n'est pas en mesure de faire face à ses responsabilités. Par contre, le cadet le plus jeune force notre admiration par sa maturité, son sang-froid et son courage, digne fils et petits-fils d'une lignée de grands capitaines, quand il subit l'amputation d'un bras à vif sans émettre une plainte et retourne aussitôt à sa tâche.
Voilà un film qui nous donne à voir et à vivre l'une des plus belles pages de l'histoire maritime et s'y consacre avec un art consommé du détail, une richesse de reconstitution stupéfiante et une ferveur communicative. A se procurer en DVD. 


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                   Russell Crowe. United International Pictures (UIP)



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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 10:11

                        Collection Christophe L.


                                                             VIDEO  ( The Alamo Final )

 

Il aura fallu dix ans et une énergie peu commune à John Wayne pour qu'il puisse porter à l'écran le projet qui lui tenait à coeur depuis longtemps : le siège de Fort Alamo, l'une des pages de gloire de l'histoire américaine, que ce patriote fervent avait le désir de réaliser. Dès 1950, il avait cherché à y intéresser Herbert J. Yates, le patron de Republic Pictures avec, pour interprète principal, l'acteur Johnny Weissmuller. Mais les hommes ne parvinrent pas à s'entendre et se séparèrent, Yates produisant pour sa part une version " bon marché " du scénario, réalisé en 1955 à moindres frais par Frank LLoyd et William Witney, avec pour titre français : Quand le clairon sonnera. Quant à John Wayne, nullement découragé par cet échec, il continua à travailler avec obstination sur son projet, persuadé qu'il y avait place pour une reconstitution plus ambitieuse. Il prit alors la décision de s'investir financièrement dans Alamo, se réservant le rôle secondaire, mais les Artistes Associés, avec lesquels il finit par passer contrat, exigèrent que ce soit lui et lui seul qui tienne le rôle le plus important, afin d'assurer la réussite commerciale de l'entreprise. C'est ainsi que Wayne devint le colonel David ( Davy Crockett ). Pour lieu de tournage, il choisira  Brackeville au Texas et pour parfaire cette fresque grandiose, louera 1500 chevaux et aura recours aux services d'un ex-sergent des Marines, vétéran des films de John Ford, Jack Pennick, de manière à instruire militairement les 4000 figurants. Il fit en sorte de disposer de tous les atouts nécessaires, ayant pour cette réalisation une détermination farouche, un enthousiasme qui ne l'était pas moins et une disponibilité de tous les instants.

                       Gaumont Buena Vista International (GBVI)


" Avant même qu'un pied de pellicule ne soit impressionné - écrira Maurice Zolotow dans Shooting Star - plus de deux millions de dollars avaient été dépensés ". La nourriture de la véritable armée réunie par John Wayne coûtera à elle seule 250.000 dollars. L'acteur fut obligé d'hypothéquer ses biens personnels pour subvenir aux dépenses d'un tournage de plus en plus onéreux. Le coût total du film atteindra 12 millions de dollars pour 81 jours de travail. Plus passionné que jamais, Wayne déclarera : " C'est un sacré bon film, une vraie page d'histoire américaine, le genre de films dont les gens ont besoin, plus que jamais ". Mais le public, toujours versatile, ne suivra pas comme l'avait tant espéré l'acteur et ce dernier ne récupérera son coût de production que beaucoup plus tard, lorsque les droits seront achetés par la télévision.

Pourtant Alamo est une réussite. Et d'abord un coup de maître de la part de John Wayne qui endosse avec une incontestable aisance les rôles conjugués de producteur, réalisateur, metteur en scène et interprète et, ce, avec un brio et une compétence qui forcent l'admiration. Les séquences de bataille, dont les cascades avaient été mises au point par Cliff  Lyons, sont admirablement ordonnées et possèdent une grandeur tragique. Il est difficile, par ailleurs, d'oublier la mort de Travis, tué d'une balle ; de même que celle de David Crockett qui, mortellement blessé, se fait exploser avec les réserves de poudre ; il y a là beaucoup d'héroïsme et de grandeur et une suite de combats réalistes qui prouvent l'ardeur et le courage de ces hommes qui, de part et d'autre, s'affronteront à la loyale.

 

1836, le Texas n'est alors qu'une province du Mexique et entend proclamer son indépendance. Mais à cette époque, l'armée texane, dirigée par le général Sam Houston ( Richard Boone ), n'est pas encore prête et celui-ci demande alors au colonel Travis ( Laurence Harvey ) de tenir coûte que coûte Fort Alamo, siège d'une ancienne mission, qui se présente comme une sorte de verrou sur la route où s'est engagé, avec une armée de 7000 hommes, le dictateur mexicain Santa Anna ( J. Carrol Naish ). Si bien que la défense s'organise et que 185 braves sont prêts à se sacrifier pour que le Texas se libère du joug mexicain. L'armée mexicaine investit la place, ne laissant partir que les femmes et les enfants, tandis que les défenseurs apprennent que les renforts, sur lesquels ils comptaient, ne viendront pas et qu'ils doivent dorénavant envisager le combat seuls, de façon à retarder, autant que faire se peut, l'avancée des Mexicains.

Voilà l'histoire édifiante que John Wayne voulait offrir à son pays et, en même temps qu'une leçon de courage, rendre hommage à ceux qui avaient donné leur vie pour que les hommes de leur pays puissent un jour y vivre libres. Il a fait en sorte que cette épopée soit, tout ensemble, une fresque spectaculaire et la description sensible et minutieuse d'un groupe d'hommes lié par un semblable idéal, que les événements condamneront à un destin tragique et glorieux. Depuis lors, ce film, d'une durée de 2h 47, s'est inscrit dans la lignée des grands classiques du western.

 

Voir le portrait de John Wayne en cliquant  ICI

 

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 10:37

Studio Canal            BANDE ANNONCE          


Après Orgueil et Préjugés,  Reviens-moi,  le dernier opus d'un jeune cinéaste de 35 ans, présenté en ouverture à la Mostra de Venise, s'inspire d'une oeuvre littéraire - ce qui est de plus en plus courant dans le cinéma actuel - et est interprété par une Keira Knightley  lumineuse, déjà la vedette de la précédente réalisation, ce qui fait que le cinéaste, la connaissant bien, a su tirer le meilleur d'elle-même. Cette fois, Joe Wright a porté son choix sur Atonement ( en français expiation, titre que le film aurait dû conserver ) de Ian MacEwan, oeuvre introspective romanesque et romantique qui se déroule dans l'Angleterre encore puritaine de l'entre-deux-guerres et explore la conscience humaine autour de deux thèmes : la culpabilité et l'expiation. 


Tout se joue en une journée torride au coeur d'une propriété victorienne où Brionny, qui veut se consacrer à la littérature, épie sa soeur aînée Cecilia qui vit auprès de Robbie, le fils de la cuisinière, une passion amoureuse. Un geste équivoque, mal interprété par cette fillette de 13 ans, sera à l'origine d'un drame familial qui, en brisant leur vie, entraînera les principaux personnages vers un destin tragique. Ainsi est-on plongé dans un théâtre des apparences qui conduit le film à être le révélateur des interprétations diverses et complexes des protagonistes. La caméra ( principalement dans la première moitié du film ) s'attarde à nous livrer la vision personnelle de chacun d'eux par un recours un peu excessif aux flash-back, afin de nous prouver que chacun ne voit jamais de l'existence que ce qu'il veut bien en voir. La subjectivité est ici un prisme qui modifie en permanence la nature des choses.


                     Keira Knightley. Studio Canal


Film d'une grande intensité romanesque, Reviens-moi met en scène trois personnages dont l'un d'eux ne nécessitera pas moins de trois actrices pour l'incarner dans trois périodes différentes de sa vie : à 13 ans, lorsque tout va basculer, Brionny a les traits de la jeune Saoirse Ronan d'une maturité et d'une présence extraodinaires ; ensuite ceux de la délicieuse Keira Knightley qui a travaillé le rôle de façon à rendre la métamorphose aussi crédible que possible, reprenant des attitudes, des expressions de la jeune Saoirse ; enfin, au crépuscule de sa vie, ils seront ceux très poignants de Vanessa Redgrave. Ce film est donc essentiellement féminin, bien que la guerre de 39/45 soit présente, guerre à laquelle le jardinier Robbie Turner ( James McAvoy ) participera malgré lui, seul personnage aimable et victime sacrifiée aux perfides stratagèmes d'une enfant exaltée et fabulatrice. 


                    Keira Knightley. Studio Canal  James McAvoy. Studio Canal


A l'intimité feutrée et manquant de dynamisme de la première moitié du film,  succède, comme un chapitre très différent, une seconde moitié traitée de manière à ouvrir l'écran sur un monde en plein conflit mondial, si bien qu'après le huit-clos du château victorien, nous plongeons en plein coeur de la drôle de guerre et assistons à l'embarquement de troupes alliées à Dunkerque, ce qui a obligé le réalisateur à faire appel à deux mille figurants, démesure inattendue dans un film qui s'amorçait sur un registre tout autre :  l'analyse des états d'âme. Esthétiquement, la mise en scène est parfaite et compense certains défauts inhérents à des scènes trop languissantes vers le milieu du film, ce qui autorise le cinéaste à renouer avec un rythme plus rapide et à redonner une densité complexe et énigmatique à cette oeuvre qui joue sur les variations  sentimentales de la nature humaine. A recommander aux amateurs de romanesque.

3-e-toiles


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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN


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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 12:23

Collection Christophe L. Haut et Court Collection Christophe L. Studio Canal



MICHELE MORGAN     GERARD PHILIPE      INGRID BERGMAN - PORTRAIT      DANIELLE DARRIEUX

 

JEAN GABIN      SIMONE SIGNORET       BOURVIL        ANNIE GIRARDOT          BERNARD BLIER



JEAN-CLAUDE BRIALY - PORTRAIT     ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT     HENRY FONDA - PORTRAIT

 

 

GARY COOPER - PORTRAIT         JOHN WAYNE       GRACE KELLY      JAMES STEWART - PORTRAIT




Rezo Films Columbia Pictures  Mars Distribution Pathé Distribution


      

GONG LI - PORTRAIT        BURT LANCASTER - PORTRAIT        

 

NATALIE WOOD - PORTRAIT

 

AUDREY HEPBURN - PORTRAIT      VITTORIO GASSMAN      JEANNE MOREAU

 

GIULIETTA MASINA          CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT  

 

 SEAN PENN - PORTRAIT          CLINT EASTWOOD - PORTRAIT    



MERYL STREEP - PORTRAIT       TONY LEUNG CHIU WAI      VIVIEN LEIGH     

 

LOUIS DE FUNES        EMMA THOMPSON           JEAN-LOUIS TRINTIGNANT           

 

STEPHANE AUDRAN - PORTRAIT      ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT



JEAN-PAUL BELMONDO        DUSTIN HOFFMAN             PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT

       

MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT              PENELOPE CRUZ - PORTRAIT               

 

 JEAN-PIERRE CASSEL - PORTRAIT          JULIE CHRISTIE              ANDY GARCIA - PORTRAIT   



HARRISON FORD - PORTRAIT           CHARLTON HESTON     

 

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LAURENT TERZIEFF : UNE VOIX S'EST TUE          BRUNO CREMER       

 

 SHIRLEY MACLAINE - PORTRAIT         NAOMI WATTS - PORTRAIT

 

LEONARDO DICAPRIO - PORTRAIT       MARION COTILLARD - PORTRAIT          

 

MARILYN MONROE - UNE ETOILE PERSISTANTE       AVA GARDNER, LA FLAMBOYANTE

 

GENE TIERNEY, L'ATTENDRISSANTE       ELISABETH TAYLOR, L'ENSORCELEUSE

 

RITA HAYWORTH, DEESSE DE L'ECRAN       HARVEY KEITEL - PORTRAIT

 

PAUL NEWMAN         CATHERINE FROT        ROBERT de NIRO - PORTRAIT

 

KATE WINSLET         DANIEL DAY-LEWIS - PORTRAIT       KATHARINE HEPBURN,L'INSOUMISE


INTERVIEW de UGGIE, LE CHIEN de "THE ARTIST"   


BERNADETTE LAFONT, LE SOURIRE de la NOUVELLE VAGUE         CATE BLANCHETT - PORTRAIT

 

MAURICE RONET, L'ETERNEL FEU FOLLET

 

Les Films du Losange Pathé Distribution Collection Christophe L. Mars Distribution


 

FESTIVAL DE CANNES - CES FEMMES QUI ENFLAMMENT LA CROISETTE


HITCHCOCK ET SES STARS      LES ACTRICES ET ACTEURS DE LA NOUVELLE VAGUE

 

LES ACTEURS DU CINEMA ITALIEN            LES ACTRICES DU CINEMA ITALIEN     

 

HOLLYWOOD ET SES STARS            LA CROISETTE 2012       

 

CANNES 2012 - BERENICE BEJO MAITRESSE de CEREMONIE


La Fabrique de Films EuropaCorp Distribution  Bac Films Daniel%20Day%20Lewis-1731146

 



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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 11:07

             

Alors que 2007 est sur le point de se clore, il est intéressant d'établir un bilan, fatalement subjectif, puisque je n'ai pu voir tous les films et que je ne juge jamais qu'à l'aune de mes inclinations, mais que le recul progressif parvient à asseoir sur des bases que je vais m'efforcer de rendre les plus objectives possibles. Il semble, en premier lieu, que le cru ait été satisfaisant, si je m'en réfère à mes propres impressions et aux nombreuses critiques que j'ai lues ici et là. D'agréables surprises ont jalonné ces douze mois écoulés et de nouveaux talents sont venus grossir le rang des confirmés, je serais presque tentée de dire des nouvelles venues, tant la participation des femmes a été importante et nous rassure quant à l'avenir du 7e Art. Ces femmes, que ce soit Pascale Ferran, Marjane Satrapi, Nadine Labaki, Naomi Kawase, Gina Kim, Sarah Polley, Anne Le Ny, ont proposé des oeuvres de qualité, où s'affirme leur maturité dans l'art de la mise en scène et de la direction d'acteurs. La forêt de Mogari, Persépolis, Caramel, Never forever, Loin d'elle, Ceux qui restent sont des ouvrages cousus à petits points, avec autant de talent que de scrupuleuse application, films qui ont de la consistance et ne cèdent aucunement à une sensibilité complaisante. Il apparait donc que cette année 2007 soit féminine en diable...


Bien entendu, nous avons eu des déceptions et pas des moindres, lorsqu'il s'agit de metteurs en scène qui nous avaient habitués à des films d'une autre envergure. Il est certain que Rivette ne nous a pas éblouis avec Ne touchez pas la hache, que La Cité interdite, malgré une mise en scène fastueuse, n'égale pas les films précédents de Zhang Yimou, que Le renard et l'enfant est loin de valoir La Marche de l'empereur, qu'avec Lions et agneaux Redford nous livre un ouvrage bâclé et sans grand retentissement ; de même que Grégory Hoblit avec La faille , que l'on pouvait très bien s'abstenir de voir, et surtout que Chabrol a complètement raté La fille coupée en deux, au point que l'on peut se demander si ce n'était pas là le film de trop...


Il y eut également des navets comme Joyeuses funérailles de Frank Oz, mais passons pour nous attarder sur des films captivants à maints égards, nous révélant de véritables dons d'invention même si leur facture reste imparfaite ou dérangeante. Je pense immédiatement à Je suis un cyborg de Park Chan-wook, à Grace is gone de James C. Strouse, à Ceux qui restent d'Anne Le Ny, à Persépolis de Marjane Satrapi et tout dernièrement à Actrices de Valeria Bruni Tedeschi. Ces auteurs font preuve d'une créativité originale, innovante, pleine d'audace, parfois même d'un brin de folie. Mais qu'à cela ne tienne, ces longs métrages ont le mérite d'imposer une vision des choses surprenante, inédite, inventive et nous leur devons de sortir des sentiers battus, de remettre en question l'art en général et le cinéma en particulier.


A cet égard, il n'est pas inutile de souligner que les thèmes les plus récurrents de l'année ont tourné autour de trois axes que je résumerais ainsi, pour faire court : le cinéma asiatique s'est inquiété de son histoire, le cinéma américain de sa politique et le cinéma européen de la psychologie de la personne. En effet, la plupart des metteurs en scène asiatiques se sont posés la question de savoir si l'accélération du temps ne risquait pas de les couper de leurs racines et se sont retournés vers leur passé afin de s'y ressourcer en sagesse ; les cinéastes américains, pris dans l'engrenage de la violence de la guerre en Irak, se sont interrogés sur un avenir qui se complique et malmène leurs certitudes de grande puissance indéboulonnable ; alors que les réalisateurs européens, et principalement français, se sont focalisés sur les émois de la personne, sur les cas de rupture, de deuil, qui replacent l'être en face de lui-même. Une parenthèse est à ouvrir au sujet des femmes metteurs en scène qui ont plus spécifiquement axé leur réflexion sur la place dévolue à leurs consoeurs dans une société en mutation.

 

 

            


Il y eut aussi les films divertissants qui nous ont fait passer un bon moment, nous ont  distraits et amusés sans pour autant délivrer de message. Citons La vengeance dans la peau de Greengrass avec un Matt Damon, fringant héros survitaminé et terriblement efficace, Hors de prix de Salvadori, un opus sans vulgarité interprété par un duo d'acteurs séduisant, le charmant Ensemble, c'est tout de Claude Berri que l'on a savouré avec le même plaisir que le livre dont il s'inspire, sans compter le Angel de Ozon si puissamment évocateur d'une vie en train de se défaire, ou encore Lady Chatterley de Pascale Ferran tourné avec une caméra féminine par touches élégantes et délicates.


Je garde pour la fin les coups de coeur où entre, à l'évidence, une bonne dose de subjectivité, mais accordons-nous cette liberté de l'emballement spontané, de l'enthousiasme involontaire, cédons à la tentation de se laisser emporter par l'émotion du Scaphandre et du papillon, où  Julian Schnabel a su éviter les risques et ne jamais sombrer dans le piège du mélo larmoyant, si bien que son film ne se contente pas de provoquer l'émotion mais se révèle être, comme le livre de Jean-Dominique Bauby, une formidable leçon d'espoir. Même chose pour Le mariage de Tuya de Wang Quan'an, un film d'une lenteur majestueuse qui trace un superbe portrait de femme, sorte de déesse de la terre, magistralement interprétée par Yu Nan. Par ailleurs, si  My blueberry nights de Wong Kar-way n'est pas le chef-d'oeuve attendu, il conserve cette facture personnelle d'une rare beauté esthétique qui frappe dès les premières images et nous permet de renouer avec le style, l'écriture d'un auteur hors du commun, alors que Un baiser s'il vous plait d'Emmanuel Mouret nous dévoile un talent qui ne cesse de se confirmer, marivaudage d'un charme indéniable, invitant chaque spectateur à considérer avec humour les conséquences que peut occasionner un simple baiser. Enfin, il y eut La Môme d'Olivier Dahan qui bénéficie de l'interprétation étonnante d'une Marion Cotillard comme habitée, inspirée par son personnage et L'assassinat de Jesse James de Andrew Dominik qui revisite, avec un Brad Pitt inhabituel, la vie d'un brigand mythique, nous offrant une version modernisée de ce héros populaire américain, film bien construit, bien réalisé qui fut l'une des révélations du dernier Festival du film américain de Deauville.


J'ai gardé pour conclure ce que je considère comme le chef-d'oeuvre de l'année, je nomme  La vie des autres de Florian Henckel, oeuvre en tous points admirable, de par la construction solide du scénario, les séquences sans effets mélodramatiques et l'interprétation d'acteurs excellentissimes, particulièrement le regretté Ulrich Mühe, qui parvient à rendre convaincante sa métamorphose d'homme peu à peu rejoint par son humanité. Ne nous plaignons pas, l'année cinématographique fut bonne.

 

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LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES




         



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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 12:22

                          Valeria Bruni Tedeschi. Wild Bunch Distribution


                                                                     BANDE ANNONCE

 


Pour ce second long métrage en tant que réalisatrice, Valeria Bruni Tedeschi a atteint son objectif de nous sensibiliser, avec un mélange de fantaisie et de compassion, aux sentiments qui peuvent tout à coup bouleverser l'existence d'une femme de 40 ans qui prend conscience qu'elle a passé le plus clair de son temps dans l'illusion, car jouer est un leurre ; il y a donc soudain face au jeu, le JE du soi qui  réapparaît et remet tout en cause. Contrairement à Rimbaud qui affirmait que Je est un autre, Valéria Bruni Tedeschi opte pour la thèse opposée : l'autre s'est emparé du Je au point de le mutiler, étant donné que l'acteur est sans cesse contraint de se quitter pour être l'autre.

 

                      Valeria Bruni Tedeschi et Louis Garrel. Wild Bunch Distribution


Et d'ailleurs, que sait-on des actrices, ces femmes un brin exhibitionnistes dont le métier est d'impressionner la pellicule, même si celles d'aujourd'hui s'efforcent de plus en plus de ressembler à Madame-tout-le-monde ? Par ailleurs, le succès est-il incompatible avec le bonheur ? Faut-il avoir tout connu pour être une actrice tout terrain et est-ce un atout supplémentaire que de cacher dans sa besace quelques vieilles névroses qui vous aideront à élargir l'éventail de vos émotions ? Ces interrogations sont posées dans Actrices de Valeria Bruni Tedeschi qui sait d'autant mieux ce dont elle parle, qu'elle est passée par la case actrice - ce qu'elle est toujours, même dans ses propres films - avant de prendre pied dans celle de réalisatrice. Sorte de Woody Allen à la française, elle nous brosse le portrait d'une comédienne de talent en manque de maternité avec une réelle justesse d'observation, une angoisse pleine d'allégresse et un sens inné de la loufoquerie ; en quelque sorte une folie douce qui n'en est pas moins empreinte de la gravité que l'on peut circonscrire par ces quelques mots : assez jouer, soyons.

 

Ouvrant subitement les yeux sur les sacrifices qu'elle n'a cessé de consentir pour devenir une star, Marcelline ( en hommage à Marcello Mastroïanni ) s'aperçoit qu'elle n'a pas de vie personnelle, pas de mari, pas d'enfant, alors que se profile l'échéance de sa quarantième année. Serait-ce trop tard ? La panique se saisit d'elle devant cette existence qui lui semble gâchée, alors qu'elle amorce les répétitions d'une pièce de Tourgueniev " Un mois à la campagne " dans le rôle de Natalia Petrovna. Est-elle cette héroïne d'un passé déjà aboli ou une femme encore jeune qui a laissé filer le temps sans rien bâtir par elle-même et pour elle-même ? Tourné presque en totalité au théâtre des Amandiers, afin de rendre plus oppressant et réel un sentiment d'enfermement et de claustration, ce long métrage est une réussite qui ne cède à aucun moment au pathos. Préservé de ce danger par l'intelligence, la drôlerie, l'auto-dérision, cette tragi-comédie pleine d'ironie et d'impertinence, roborative au possible, se révèle être un formidable coup de dé et coup de fouet. On la regarde avec jubilation tellement elle touche juste et raconte vrai. A ne pas manquer.


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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 


                Valeria Golino et Valeria Bruni Tedeschi. Wild Bunch Distribution

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  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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