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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 11:40

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Huit rêves, huit promenades dans l'inconscient, dérives fantasmatiques ou visions prémonitoires, dont le héros est le réalisateur lui-même. Dans les premiers épisodes, l'auteur est encore un enfant, dans les six autres, il est successivement un adolescent, un étudiant, un adulte, un homme mûr puis un vieillard, l'interprète étant un acteur qui lui ressemble : certains de ces rêves proviennent de mon enfance- a déclaré Kurosawa - mais il ne s'agit pas pour autant d'un film autobiographique, plutôt de quelque chose d'instinctif.
Rares sont les films dans lesquels le rêve constitue le ressort principal de l'intrigue, nous ouvrant les portes d'une seconde vie chère au poète Gérard de Nerval. Kurosawa l'a osé et exauce ainsi le voeu surréaliste du " jeu désintéressé de la pensée ", faisant, par ailleurs, de cet opus, son oeuvre testamentaire.

En voici la teneur :

Soleil sous la pluie - A.K. a cinq ans. Perdu dans la forêt, il rencontre un mystérieux cortège nuptial dont les officiants ont des têtes de renard.

Le verger aux pêchers : Fuyant la maison paternelle, l'enfant assiste à un ballet somptueux donné par des figurines impériales dans un verger dévasté qu'elles ont fait refleurir.

La tempête de neige : Une équipe d'alpinistes, dirigée par A.K. jeune homme, est la proie de la cruelle Fée des neiges.

Le tunnel : Un épisode de la guerre, où le capitaine A.K. voit surgir, d'un tunnel gardé par un chien-loup, les fantômes de ses hommes morts au combat.

Les corbeaux :  En visite dans une galerie de peinture, A.K. pénètre dans un tableau de Van Gogh et y rencontre l'artiste en personne, se promenant librement à travers ses toiles.

Le Mont Fuji en rouge : L'explosion d'une centrale nucléaire a embrasé le séculaire Mont. A.K. reste impuissant devant la catastrophe qui provoque la mort de milliers de personnes.

Les démons gémissants : La guerre atomique a ravagé la planète, à présent hantée par des morts-vivants qui se dévorent entre eux.

Le village des moulins à eau : Dans une contrée bucolique, où l'on ignore le progrès de l'industrialisation, un paysan centenaire, féru d'écologie, enterre dans la joie sa compagne de 99 ans...

Rien de plus naïf que ces rêves-là qui nous parlent de l'enfance du dormeur, de sa crainte de la mort et de la radioactivité, de sa nostalgie du paradis perdu, du soleil sous la pluie, du Mont Fuji et de la Mère nature. Cinéaste que l'on a pu croire longtemps orienté vers le réalisme, Kurosawa est, en définitive, un lyrique, plus à l'aise dans le monde imaginaire et en parfait accord avec la tradition japonaise du conte fantastique.Souvenons-nous des amants d' Un merveilleux dimanche ( 1947 ) échappant au sordide de la vie quotidienne en s'imaginant un avenir meilleur ; du clochard de Dodes'Kaden( 1970 ) qui conduit un tramway fantôme et se voit propriétaire d'une luxueuse demeure, de tels films signent l'oeuvre d'un poète authentique, préoccupé d'une harmonie " homme nature " dont nous avons perdu le secret et qui semble, à Kurosawa, indispensable à retrouver si nous voulons assurer la survie de l'espèce humaine et redécouvrir les valeurs fondamentales de la vie. Croyance utopique, sans doute, qui s'apparente à celle des grands visionnaires chers au cinéaste japonais, Shakespeare et Dostoïevski, en quête, comme lui, d'un havre dans la tempête et qui savent que nous sommes faits de la même étoffe que les songes.

     


Ce souci d'harmonie, cette poésie d'un quotidien transfiguré composent le message spirituel de Rêves, en même temps que sa splendide modernité. Par delà la dénonciation des saccages de l'environnement, du péril nucléaire, de la vanité des conquêtes scientifiques, il y a dans cette oeuvre majeure l'affirmation sereine de la pérénité de la nature et de la toute puissance de l'art, que l'on est en droit d'envisager comme une réalité tangible et où l'on peut, grâce aux facultés infinies de l'imaginaire, s'immerger et se ressourcer. Il suffit de la contemplation d'un arc-en-ciel couronnant un parterre de fleurs sur un fond de montagnes millénaires pour renouer avec la paix intérieure et supputer les possibilités immenses que recèle le monde. Fruit de la tendresse pour le passé, des convictions profondes et du pressentiment d'un avenir funeste de son auteur, ce long métrage, d'une beauté saisissante, prêche avec ferveur pour la protection d'une nature en péril et d'une humanité déboussolée par l'accélération exagérée du progrès.

 

Pour lire l'article consacré à Akira Kurosawa, cliquer sur son titre :

 

AKIRA KUROSAWA OU UN ART PICTURAL EXTREME

 

Et pour prendre connaissance de la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 10:23

Luchino Visconti aura marqué le 7e Art d'un esthétisme flamboyant, contribuant ainsi à la stylisation de la réalité et à la mise en opéra de l'histoire. 

 

Collection Christophe L.   

 

De sa famille, l'une des plus nobles d'Italie, Luchino Visconti  hérite d'un raffinement inouï, d'une vaste culture et de l'amour du théâtre. Le cinéma l'attire également et il décide de faire carrière dans la mise en scène. Son goût très sûr mais ses idées progressistes dans l'Italie fasciste de Mussolini l'incitent à se rendre en France, où il travaillera avec Jean Renoir dans  Une partie de campagne  en 1936. La guerre interrompt leur collaboration qui devait se poursuivre en Italie avec Tosca et figurait déjà l'attraction qu'il éprouvera toujours pour l'art lyrique et les récits raffinés.

Son oeuvre cinématographique s'inspire souvent d'éléments et de faits puisés dans un temps historique situé de préférence entre 1850 et 1950, qu'il déploie à la manière ample d'un opéra, parce que son intuition a très tôt fondé son art de telle sorte que la perfection atteigne sa somptueuse plénitude. C'est l'expression d'une exigence qui ne laissera au hasard aucun détail, aucune nuance, aucun des sentiments les plus subtils de l'âme humaine. Ossessione ( Les amants diaboliques ), en 1943, donne le coup d'envoi de ce que sera le néo-réalisme et se révèle être aussi sombre et pessimiste que certaines oeuvres de De Sica, à la différence que Visconti se refusera toujours au didactisme et à tout sentimentalisme démagogique.
Au lendemain de la guerre  La terre tremble  ( 1948 ), qui a le don d'exaspérer le monde de la finance, forme avec  Ossessione  et  Rocco et ses frères  une trilogie imprévue qui brosse un portrait social de l'Italie des pauvres, de ses violences et de ses migrations dans l'illusion, mais l'oeil que pose le réalisateur sur la civilisation et les hommes reste avant tout un regard poétique, au sens fort du terme.


     Les Acacias


Dans la fable merveilleusement mélodramatique de  Bellissima  ( 1951 ), où Anna Magnani se révèle être plus que jamais telle qu'en elle-même, l'auteur ironise sur l'envers de l'illusion, sur le temps du rêve, mais veille à ne pas s'attendrir exagérément sur la crédulité populaire. Visconti sait ne retenir que ce qui est le plus significatif dans la narration et veille à l'épurer de toute complaisance, car seul lui importe ce qui suggère et dénonce. Le réalisateur sait trop que la réalité ne se charge de sens qu'en fonction de l'impact de l'écriture et de l'unité interne de l'oeuvre. Ainsi des intérieurs rustiques de Rocco et ses frères aux somptueuses natures mortes de Senso ou du Guépard, il met une scrupuleuse attention, aussi bien historique que sociale et psychologique, aux gestes, aux objets, aux toilettes, afin de recréer dans sa globalité le milieu et le climat de l'époque et lui restituer son authenticité et sa vraisemblance, car la vérité de ces re-créations en constitue le label, l'ombre de l'échec et celle de la mort s'étendant peu à peu sur la vie.


Les Films Ariane


C'est à cause de ce regard tout ensemble critique et poétique que le concept de nostalgie existe et établit un lien, qui coure sans se rompre jamais du premier au dernier de ses films, que ce soit  Le GuépardSandraMort à VeniseLudwigViolence et passion, Visconti contribuant ainsi à la stylisation de la réalité, à la mise en opéra de l'histoire. Il y a de sa part, et en contre-champ, un moralisme stendhalien que la fréquentation de l'histoire n'incline guère à l'optimisme et un goût identique, chez le metteur en scène Mort à Venise et l'auteur de La Chartreusede Parme, pour les passions sans retenue.
Chacun de ses sujets exalte un peu plus, un peu mieux, son exceptionnel génie plastique, son esthétisme flamboyant qui évolueront des gris d'Ossessione, des noirs et blancs de La terre tremble, à l'impressionnisme raffiné de Mort à Venise ou au romantisme pictural de Ludwig. Mais il arrive que le metteur en scène cède à la parodie et que le souci de vérité - ce sera le cas dans  Les damnés  - l'incite à peindre d'un pinceau acéré certains portraits de névropathes et qu'il mette ses pas dans ceux de Dante pour mieux nous plonger dans l'enfer des damnations humaines. Dans ces derniers opus Violence et passion ( 1974 ) et L'innocent ( 1976 ), l'inspiration s'embrume d'une douleur à peine voilée, s'infléchit dans une contemplation amère et pessimiste de l'art et de l'histoire qui rejoint la prémonition de la mort imminente, alors que le sublime amour, interdit, impossible, inavouable, fait peser sur les fragments de vie l'ombre opaque de son échec. Un combat avec le temps, et contre lui, investit l'oeuvre et nous la restitue en un oratorio pathétique, d'où ne sont exemptes ni la faiblesse, ni la grandeur.



Pour prendre connaissance des articles que j'ai consacrés à Romy Schneider et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT      LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, dont Mort à Venise, Senso, Ludwig et Le guépard, cliquer sur celui ci-dessous : 



LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

Helmut Berger et Silvana Mangano.

 

 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:35

Les Grands Films Classiques   Diaphana Films


Lee Chang-dong est né à Daegu en Corée du sud en 1954 et a commencé par être écrivain, publiant à la fin de ses études universitaires, en 1983, The booty qui obtint un grand succès, ce qui propulsa le jeune auteur comme l'un des écrivains les plus en vue de sa génération. Suivront deux autres romans : Burning papers en 1987 et Nokcheonen 1992. Attiré par le 7e Art, il propose à Park Kwang-su ( l'un des fondateurs de la nouvelle vague coréenne ) de lui écrire le scénario de To the starry Island, ce qui lui ouvre les portes des studios. En 1995, il écrit un second scénario A single sparkqui raconte l'histoire d'un activiste ouvrier des années 60. L'écriture des scénarii lui donne l'envie de passer derrière la caméra, d'autant qu'il a déjà travaillé comme assistant auprès de Park Kwang-su et s'est ainsi familiarisé avec les exigences du métier.


Lee Chang-Dong. Diaphana Films


Si bien qu'en 1996 il écrit et réalise son premier long métrage Green fish  qui est bien reçu du public et de la critique en Corée, sélectionné dans de nombreux festivals comme ceux de Londres et Rotterdam et remportera même un prix à Vancouver. Son second opus en 2000  Peppermint Candy  est unanimement acclamé et conte à rebours le désastre économique de 1997 en Corée, consécutif à la dictature militaire. Projeté dans plus de 30 festivals, il remportera trois prix à Karkovy et Bratislava.

Le troisième film de Lee Chang-dong,  Oasis,  traite de l'amour entre un jeune garçon simple d'esprit et une jeune fille handicapée, Roméo et Juliette disgraciés par la nature mais amoureux néanmoins, opus bouleversant qui obtiendra également un grand succès public et critique, tant et si bien que le jeune réalisateur sera nommé ministre de la Culture de la Corée du Sud. Mais il quittera très vite ce poste, suite aux difficultés qu'il rencontrera afin d'imposer des quotas sur les productions américaines et sauver la production du jeune cinéma coréen en plein expansion et refroidi par une expérience qui ne correspond pas à sa nature profonde et l'éloigne de son art.


En 2007, il présente son dernier film  Secret Sunshine  au Festival de Cannes et devient ainsi le metteur en scène le plus représentatif du cinéma coréen. Son actrice  Jeon Do-yeon  recevra, quant à elle, le prix d'interprétation féminine pour son rôle émouvant de jeune veuve dont le fils unique disparaît.

A Deauville, pour la 11ème Edition du Festival du Cinéma asiatique, Lee Chang-dong a été reçu comme un maître du 7e Art et honoré pour l'ensemble de son oeuvre. 

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE dont "Secret sunshine", cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 



Jeon Do-Yeon. Diaphana Films

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 10:41

Haut et Court      VIDEO

 

Persuadé qu'un tueur en série fait disparaître une à une ses filles, un ex-flic devenu proxénète part à la recherche de la dernière. Il a réalisé, en effet, qu'elles avaient toutes rencontré le même client, identifié par les derniers chiffres de son numéro de portable. Joong-ho se lance dès lors dans une chasse à l'homme persuadé qu'il peut encore sauver Mi-jin...Premier film d'un jeune réalisateur sud-coréen  Na Hong-jin  que le récent Festival du Cinéma Asiatique de Deauville a couronné du Lotus Action Asia 2009, ce polar atypique et débordant d'énergie entraîne le spectateur dans une traque éperdue, où l'horreur et l'action le disputent à l'humour noir et à la tragédie, tandis que se dessine peu à peu le personnage d'un anti-héros cynique aussi peu conventionnel que possible dans une mise en scène un peu brouillonne qui ne permet pas à cet opus de rivaliser avec ses illustres prédécesseurs  Old boy et  Memories of Murder.


Haut et Court


Ce serial killer terrifiant à maints égards, souvent inutilement violent et très typiquement sud-coréen par sa noirceur, nous fait assister pendant 2h 30 à une chasse à l'homme impitoyable dans les rues tortueuses de Séoul, labyrinthe inextricable visité la plupart du temps de nuit, dans une lumière glauque qui rend encore plus oppressante cette ville tentaculaire. Efficace dans sa peinture sans concession d'une société corrompue, mais présenté selon des critères manichéens excessifs, ce long métrage use du cynisme avec une sombre jubilation. D'autre part, l'oeuvre n'est pas dénuée d'une arrière pensée démagogique, car il est évident que l'auteur ne cesse de pointer du doigt un état incompétent, ainsi qu'une humanité pitoyable et des fonctionnaires pour la plupart véreux, versant dans l'apologie de la justice individuelle. Ainsi  The Chaser  est-il, au final, une histoire cruelle, sans grand espoir de rédemption, un film ténébreux qui nous révèle l'homme sous son aspect  le plus désespérant, donnant le ton a ce que fut, dans l'ensemble, le Festival Asia de Deauville 2009. D'autant que le dernier quart d'heure, qui tire en longueur, nous donne la sensation que l'image, elle-même, finit par s'épuiser. Cet ancien flic marginal endosse donc les maux qu'il a engendrés et seul contre tous tente d'échapper à la poursuite du tueur fou, se heurtant, par ailleurs, au mur infranchissable du système policier. Cette virée nocturne déchaînée se déroule d'un bout à l'autre dans une tension furieuse et animale et vous laissse, à la sortie, anéanti et sonné. Percutant.

 

3-e-toiles

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 


Haut et Court

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 11:48

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Troisième film du cinéaste israélien Ari FolmanValse avec Bachir  est un mélange réussi entre dessin animé, enquête documentaire et chronique de guerre, qui mêle de façon détonnante la beauté des images à l'horreur du sujet. Ce récit inaugural par son originalité suscite d'emblée la prise de conscience de cette période, où des phalangistes chrétiens alliés à des Israéliens massacrèrent des centaines de civils pour venger l'assassinat de Bachir Gemayel, leur chef charismatique.
La richesse de ce film réside dans la singularité du propos, soit la dénonciation de l'absurdité de la guerre, la distorsion fantasmagorique des témoignages qui tentent de rendre la mémoire au héros principal, et une certaine forme de dé-réalisation par rapport au drame de Sabra et Chatila. Aussi ce film-événement mérite-t-il d'être vu de par sa qualité et l'interrogation qu'il soulève sur les aveuglements d'une humanité égarée. 


New Israeli Foundtion for Cinema & Television


L'auteur y évoque un épisode de son passé lorsqu'il fit son service militaire et fut envoyé à Beyrouth lors de la guerre du Liban en 1982. Il explore son inconscient, raconte ses nuits troublées par des cauchemars, cherche à comprendre ce qui le hante, remonte à la source de ses tourments, retrouve la trace de ce qu'il a vu, vécu et occulté.

Imaginaire et objectivité sont donc les ingrédients de ce cocktail qui a nécessité quatre années de travail. Ce film a été la sensation du Festival de Cannes 2008 et fut curieusement écarté du palmarès, à la surprise générale. Ainsi la structure narrative mélange-t-elle le présent morose et le passé honteux dans le même tumulte d'images.

 

A voir ou revoir en DVD

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

New Israeli Foundtion for Cinema & Television

 

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 18:46

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Déconcertant et certes morbide, ce film de Baek Seung-bin ne laisse pas indifférent. Il sort des sentiers battus et plonge le spectateur dans les méandres du subconscient sans être jamais ni banal, ni ennuyeux, contrairement à beaucoup des films présentés cette année au Festival du cinéma Asiatique de Deauville. Un film très finaud même, qu'il faut voir au second degré et qui en déconcertera plus d'un, mais est celui qui a fait sur moi la plus forte impression par son côté énigmatique et sa quête de sens.

Son titre pourrait inciter à la comparaison avec  Joyeuses funérailles,  mais, non, ce dernier n'a rien à voir avec l'opus de Frank Oz. D'abord parce qu'il y a dans ce premier long métrage du cinéaste sud-coréen  Baek Seung-bin  une véritable recherche sur le thème de la mort. Mais de quelle mort s'agit-il ? Plutôt que de la disparition physique d'un être, n'est-ce pas davantage de ces morts successives qui surviennent à tous moments dans nos vies, morts intimes que sont successivement la fin de l'enfance, la fin d'un amour ou mieux encore la mort que l'existence nous oblige à imposer à une vocation, à un rêve, à une espérance, à un désir ?


Au commencement, nous voyons trois personnages réunis autour d'une table, le père, la mère, la fille, dans l'attente des funérailles d'un jeune garçon avec lequel chacun d'eux a eu une relation particulière et ignorée des deux autres. Ils sont aussi les personnages emblématiques d'un roman écrit par le défunt avant de mourir. Mais est-il mort ? N'a-t-il pas voulu s'effacer de manière à ce que son manuscrit soit, en définitive, sa vraie vie, sa seule vie ? L'énigme est posée. Qu'est-ce que la vie ? Où est-elle la plus présente, la plus authentique, est-ce dans le fictif, dans le réel ? L'intelligence du film est d'être une variation fascinante et inattendue sur ce thème avec, en arrière plan, un humour décalé. A travers ces trois personnages qui tous ont renoncé à quelque chose d'essentiel, la mort est devenue une compagne assez quotidienne et peu dérangeante. Le père, entraîneur sportif, est quelqu'un qui se résout difficilement à faire le deuil de ses pulsions homosexuelles, sa femme - admirablement campée par Park Myung-sin, l'actrice de  Lady Vengeance  - aurait tant voulu être comme son père un professeur reconnu et faire école, alors qu'elle n'est qu'une simple enseignante aigrie par la désillusion ; quant à leur fille, son grand-père a su avec cruauté la décourager d'être jamais une écrivaine. Tous trois ont donc dû tuer en eux et voir mourir ce qui comptait le plus : leurs aspirations secrètes. Leur rencontre avec l'auteur en herbe est comme une revanche sur le mauvais sort, leur entrée solennelle dans le fictif, dans le roman en train de s'écrire où ils sont enfin ce qu'ils n'ont pu être. A travers le regard sans concession de ce jeune garçon précoce, l'un a cru rencontrer l'amour véritable, la seconde reconnaître l'élève surdoué que l'on inspire, la troisième l'allié, le complice dans l'imaginaire.

Macabre ce film ? Pas vraiment, tant les clins d'oeil d'humour se répètent à plusieurs reprises, ici un défunt qui sourit, une main morte qui est un signe, des photos qui rendent vivant ce qui ne l'est plus, tant les citations, les références littéraires sont de qualité, enfin tant l'ironie des regards et des sourires - tout particulièrement celui de la jeune fille dont le ravissant visage éclaire la pellicule - sont bien présents pour baliser cette voie à double sens et à double objectif.

La dernière scène, qui fait écho à la première, concrétise par une pirouette magistrale les propos du cinéaste : tandis que l'on apporte le potage aux trois protagonistes, le père se plaint que ce plat est fade. Alors que voit-on ? Le jeune homme, dont ils sont sensés assister aux funérailles, de dos, leur tendre la salière, soit le sel de la vie...


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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

  

 

 

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 12:43

Diaphana Films        VIDEO


Après la mort de son mari, tué dans un accident de voiture, Shin-ae décide de s'installer dans la ville natale de ce dernier, Miryang, avec son fils June, et de donner des leçons de piano pour survivre. Ce nouveau départ sera néanmoins laminé par le déroulement implacable de funestes événements. June est enlevé et tué par un déséquilibré mental, après que celui-ci ait exigé une rançon de la mère que certains croient riche, car elle a, à un moment, désiré faire l'acquisition d'un bien immobilier. A partir de là, la vie de Shin-ae chancelle et la tragédie la plus noire va submerger l'écran et nous emporter dans son ténébreux limon, sans apporter de réponse à aucune de nos interrogations et signifié, ou mieux symbolisé, le titre du film : " luminosité secrète ".

Secret Sunshine  est une implacable étude de moeurs qui renvoie dos à dos la famille ( incapable de porter secours à la jeune femme ), les voisins ( victimes d'a priori et d'hypocrisie ), les croyants ( eux-mêmes tentés par l'adultère et inhibés dans des rituels enfantins ), si bien qu'après avoir cédé à des impératifs religieux insuffisamment structurés, connu toutes les formes du désespoir, cela jusqu'au suicide, la jeune femme comprend que le seul secours à cette fatalité qui semble la poursuivre, ne peut venir ni du ciel trop bleu et trop lumineux, ni de la terre boueuse, saturée d'épreuves, mais d'elle seule.


Song Kang-Ho et Jeon Do-Yeon. Diaphana Films


Quant à cet invisible, présent tout au long du film, il n'est autre que l'appel d'amour que Shin-ae incarne et que personne ne semble en mesure de lui donner, pas même le garagiste mal dégrossi et seul personnage qui ait à son égard une réelle tendresse, mais qui ne sait ni l'exprimer, ni la concrétiser, pas plus qu'il n'est apte à vivre auprès d'elle une relation authentiquement amoureuse. Il apparaît ainsi que le drame de Shin-ae n'est pas tant dans les épreuves qu'elle traverse que dans l'incapacité des autres à la comprendre, à lui proposer d'autres solutions que des prières naïves et répétitives et d'ignorer la lumière qui est en elle, flamme vacillante qui ne parvient même pas à l'éclairer personnellement.

L'interprétation de  Jeon Do-yeon  est digne d'éloges. La jeune actrice habite son rôle avec une ferveur, un engagement total, mais le personnage que le cinéaste lui a demandé d'incarner manque de subtilité, de finesse, il est sans nuances avec des changements d'attitudes et de comportements brutaux que l'on comprend mal. Il y a de la part de cette jeune héroïne, autour de laquelle le film se construit, une rigidité déconcertante, une suite d'apprentissages qui va de faillites en désillusions, frôlant les gouffres à tous moments, en fonction d'états d'âme successifs et paroxysmiques qui nous échappent le plus souvent. Oeuvre non de renaissance mais de survie improbable entre douleur extrême et haine, cette épopée intimiste n'a pas vraiment su m'émouvoir. Trop sombre, trop abrupte, trop concentrée sur une douleur absolue quasi indépassable, celle-ci m'a tenue en lisière. C'est d'autant plus dommage que ce long métrage avait tous les ingrédients pour être un grand film. Mais nous sentons bien que nous devenons avec cet opus les otages d'un flux émotionnel surabondant. Et Dieu dans tout cela ? Filmé sur le mode documentaire frisant la caricature, le point de vue de l'auteur reste sur ce plan tout à fait incertain, car trop simpliste, n'abordant aucune voie de rédemption plausible. Au point qu'aucun interstice de lumière ne s'offre à nous, qu'aucun apaisement ne s'entrevoit, que ce film donne dans l'inconsolable et que l'on sort de la salle hébété par une douleur totalement envahissante.

 

 

Pour lire l'article que j'ai consacré à Lee Chang-dong, cliquer sur son titre :

 

LEE CHANG-DONG, L'AUTEUR PHARE DU CINEMA COREEN



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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 


Jeon Do-Yeon. Diaphana Films

 

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 10:32

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Qui es- tu ? Je suis la reine des mers du Sud. Alors guéris-moi de mon chagrin.

Ivan est russe, son voisin Assan est kazakh. Ils vivent en voisins dans un petit village, mais la vie n'est pas facile pour Ivan qui craint que l'enfant que sa femme vient de mettre au monde ne soit le fils d'Assan, pour la raison qu'il a les cheveux noirs et les yeux bridés. Alors qu'il est blond comme un moujik. Et la vie l'est bientôt davantage, car l'enfant se révèle rebelle et préfère dresser les chevaux sauvages que d'aller à l'école. S'ajoute à ces soucis le peu d'égard et d'estime que la famille d'origine cosaque de sa femme manifeste à son intention. Aussi Ivan, le moujik, ne cesse de ressasser son amertume, de se battre avec son beau-frère, de s'isoler et se disputer violemment avec sa compagne Anna. De désespoir, il se rend chez son grand-père et apprend l'histoire de sa famille. Des nomades qui vivaient sous la yourte, faisaient paître leurs troupeaux, tout en se mélangeant parfois, au hasard des rencontres et de l'amour,  et cela contre la volonté des aînés.
Mais ces ancêtres furent décimés par les armées du tsar. Ainsi, des générations partagées entre haine et amour, entre chrétiens et musulmans, européens et asiatiques n'ont -elles cessé de tisser des liens étroits et d'écrire une histoire de passion et de fureur. Heureusement, les chants des mers du sud consolent les hommes affligés, partis à la quête de la paix, en un voyage réel et imaginaire.

 

Ce conte onirique nous fait voyager dans les paysages de l'Asie centrale, une région où les frontières se fondent. Dans les films de Marat Sarulu, le thème du voyage est récurrent.  Mes personnages sont à la recherche de leur voie - déclare le réalisateur. Ils voyagent à travers leurs pays, leurs origines, leurs pensées.
Il n'est donc pas question ici d'une simple métaphore du voyage, mais d'un périple intérieur dont la ligne de mire est de se trouver, se retrouver.
Marat Sarulu révèle que Chants des mers du sudest l'aboutissement d'un projet entre quatre pays d'Asie centrale, ce qui lui a permis de recueillir plus aisément les fonds nécessaires à sa réalisation, grâce à cette aide partagée.
Dès lors, il a pu construire son scénario et tourner ce quatrième long métrage qui fait suite à  In Spe  ( 1993 ),  My brother silk road  ( 2002 ), Rough river placid sea ( 2004 ). La rudesse du thème choisi et son authenticité de traitement frappent et dépaysent d'emblée le spectateur. J'ai bien aimé ce chant sauvage, âpre, d'une terre qui semble ouverte à tous les horizons, tous les brassages, tous les affrontements, toutes les influences, tous les passages. Quelque chose de violent, risible, puis apaisé vous saisit. La beauté est présente, mêlée à la douleur de ne pas être assuré de la route, de s'égarer en ses propres méandres, victime de ces immensités intérieure et extérieure qui, en permanence, voilent leurs contours.


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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 17:27

En juin 1940, Paulette, une fillette de 5 ans, et ses parents sont jetés, comme des centaines de familles, sur les routes de l'exode. Un bombardement tue net le couple, laissant la fillette seule au bord d'une route inconnue. Elle est recueillie par les Dollé, une famille de paysans. Paulette refuse de se séparer du cadavre de son chien, qu'elle veut enterrer. Le fils des Dollé, Michel, âgé de 11 ans, aménage un cimetière d'animaux, où les deux enfants ensevelissent solennellement d'autres bêtes. Une complicité profonde s'installe entre Paulette et Michel...
 

Avec ce film tourné en 1951, René Clément donne vraiment la mesure de son talent. Jeux interdits, Lion d'or au Festival de Venise en 1952 et Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1953, doit son impact à l'évocation du drame de l'exode et à l'histoire bouleversante de deux enfants qui tentent de sauvegarder une part de leur innocence face aux jeux absurdes de la guerre et à l'incompréhension et froideur du monde adulte. "La prison, l'aliénation commencent dès l'enfance" - dira René Clément, s'accordant sur ce point avec Luigi Comencini, qui traitera ce thème tout au long de sa carrière. Le sujet était difficile et le mérite de Clément est d'avoir évité un sentimentalisme larmoyant et donné une vision juste et émouvante de l'univers poétique de l'enfance aux prises avec les horreurs de la guerre, servi par la musique mélancolique du guitariste  Narciso Yepes.


On y découvre une petite fille de cinq ans qui, sur les routes encombrées de l'exode, voit son père, sa mère et son petit chien mourir à ses côtés, tués par les raids aériens allemands. Alors qu'elle erre seule dans la campagne, son chien mort dans les bras, elle rencontre un garçon de onze ans, Michel, dont la famille accepte de la recueillir momentanément. Avec Michel, son complice, elle va enterrer son chien et créer un cimetière pour les animaux morts, jeu macabre au cours duquel les deux enfants essaient d'apprivoiser la mort et de lui prêter une dimension plus humaine. Jusqu'au jour où des gendarmes viendront chercher la petite Paulette et la conduiront au centre des réfugiés, la perdant une fois encore parmi les autres, séparée à jamais de son compagnon de jeux.

 

Le film suscita une immense émotion, probablement parce qu'il n'y avait pas de façon plus frappante que de montrer la guerre, et ce qu'elle engendre, à travers des regards d'enfants. L'interprétation de Brigitte Fossey, dont c'était la première apparition à l'écran, y est pour beaucoup. Son naturel, sa sensibilité, sa sincérité touchante prouvent à quel point elle fut admirablement dirigée par son metteur en scène. La direction d'acteurs n'était d'ailleurs pas l'une des moindres qualités de René Clément. Le petit Poujouly ne démérite pas non plus à ses côtés. D’autre part, la sublime musique du film joue un rôle à part entière dans cette composition en tous points bouleversante.

 

Pour consulter l'article consacré à René Clément, cliquer sur son titre :

 

RENE CLEMENT OU LE CINEMA D'APRES-GUERRE

 

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JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
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JEUX INTERDITS de RENE CLEMENT
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA FRANCAIS
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 13:02

Films sans Frontières  

 

Réalisé en 1953, trois ans avant sa mort,  Les contes de la lune vague après la pluie  est le chef-d'oeuvre de  Mizoguchi,  le film qui résume idéalement sa vision des valeurs essentielles et sa relation avec l'art, souvent narcissique et égoïste, qui se doit de donner une image sublimée de la vie. L'artiste, tel que Mizoguchi le conçoit, doit passer par la beauté qu'il condamne pour atteindre la vérité qu'il défend. Si l'art doit aider à vivre, comprendre, aimer, il reste cependant extérieur, ritualisé, social et décoratif, donc dangereux et mortel. C'est ainsi que le cinéaste japonais l'exprime à travers le personnage du potier Genjuro, nous livrant, dans cet opus, une réflexion sans précédent sur le conflit des désirs masculins et féminins et la finalité inexorable de l'art. Cela, avec une précision et une poésie extraordinaire de la mise en scène. Mizoguchi utilise sa caméra pour y dessiner des plans qui rappellent la pureté des traits de pinceau des maîtres de l'estampe et nous plonge dans le grand art, celui dont les secrets échappent à l'analyse.    

 


Films sans Frontières


Jamais de pittoresque vain ou d'anecdotes futiles, mais la vérité sans détours des êtres et des choses. Néanmoins, derrière cette simplicité des cadrages et des mouvements de caméra se cachent une accumulation de détails, de matière, une richesse qui a l'élégance de rester invisible. L'art de Mizoguchi, c'est cela, une simplicité foisonnante. Peu d'effets de caméra, de travellings, mais soudain, quand ils jaillissent en cours de plan, ils ont une fulgurante beauté  - écrivait Jean-Luc Godard, après avoir assisté, émerveillé, à une projection de ces contes de la lune vague. 



Films sans Frontières

 

Ce film se déroule au XVIe siècle, dans un Japon ravagé par des guerres civiles. Dans un village, du nom de Ohmi, vivent pauvrement le potier Genjuro et le paysan Tobei avec leurs épouses respectives Miyagi et Ohama. Mais, alors que les épouses n'ont d'autre ambition que d'être les gardiennes du foyer, les hommes poursuivent des rêves d'enrichissement et de gloire. Tous deux partent à la ville dans l'espoir, pour l'un de vendre ses poteries, pour l'autre de se faire enrôler comme samouraï. Tandis que Tobei est arrivé à dérober à son beau-frère l'argent de la vente afin de s'acheter l'équipement indispensable à sa nouvelle fonction, Genjuro est entraîné par une femme mystérieuse Machiko, dernière survivante d'une riche famille assassinée par les hordes de l'armée de Shibaka, qui lui apparaît comme la femme idéale, avec laquelle il va connaître des plaisirs édoniques et réaliser, plus tard, qu'il a été le jouet d'une illusion. Ainsi l'un est-il la victime de son fétichisme féminin et l'autre le jouet de ses fantasmes de virilité triomphante qui, au final, les jetteront ensemble dans le désenchantement.



Le thème de la rédemption à travers la femme va prendre ici une dimension religieuse encore plus nette que dans  La vie d'Oharu, femme galante.  En effet, la fin se conclut par le triomphe posthume de Miyagi qui, bien que morte, insufle à son époux, revenu au foyer, le sens des réalités simples et quotidiennes qui sont celles d'une existence en accord avec la vie réelle, et par celui d'Ohama qui elle aussi va permettre à son mari de rompre avec le sortilège de la puissance fictive. D'ailleurs, en gage de sa sagesse retrouvée, ce dernier jettera dans la rivière sabre et armure, symboles dérisoires de toutes les vanités, alors que Genjuro reprendra son métier de potier auprès de son fils et non loin de la tombe de Miyagi qui semble veiller sur eux.

Ce film magnifique obtint en 1953 le Lion d'argent à la Mostra de Venise.

 

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Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE,  dont La vie d'Oharu, femme galante, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 


Films sans Frontières



Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
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