17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 08:34

                          

 

                                                     VIDEO

 

Entre rêve et réalité, le sixième opus du réalisateur Thaïlandais Ratanaruang, âgé de 46 ans, nous conte l'histoire de Wit et  Dang qui débarquent à Bangkok, en provenance des Etats-Unis, pour assister à des funérailles. Ils s'installent dans un grand hôtel, chambre 6003, reclus de fatigue. Ce couple, encore jeune, vit à New-York depuis plusieurs années et semble traverser une période difficile sur le plan conjugal. Tandis que la jeune femme s'écroule sur le lit, son époux descend au bar pour y acheter des cigarettes et engage la conversation avec une ravissante adolescente qui lui dit attendre sa mère venue de Suède. Pour lui permettre de se reposer avant son arrivée, il lui propose de monter dans la chambre, ce qui  a aussitôt le don de mettre sa femme hors d'elle. A partir de là, les délires de la jalousie et du désir vont s'emparer du récit et le couple se déchirer dans un huit-clos proprement hypnotique, car l'on voit se succéder des scènes érotiques dont on ne sait pas vraiment si elles ressortent du sommeil ou de la veille. Ensuite l'épouse, afin de se désaltérer, descend à son tour au bar et croise un ancien acteur qui l'invite à venir chez lui et qu'elle suit comme en un état second. Or il se révèle que l'homme est un maniaque sexuel. Le film s'achève au petit matin pour notre soulagement, car ce long métrage, exagérément maniéré et confus, accumule les facilités et souffre surtout d'une intrigue faible, qui, au final, ne tient pas la route et ne nous convainc à aucun moment, le cinéaste s'étant ingénié à nous désorienter sans parvenir à nous captiver. Dommage, car il ne manque pas de goût dans la mise en scène, les cadrages, la fluidité et l'esthétique des torrides scènes érotiques. Si, on admet volontiers que le cinéma asiatique est, sur ce plan-là, beaucoup plus libre que le nôtre, il n'en reste pas moins que l'on éprouve un certain malaise à jouer les voyeurs...

 

Pour prendre connaissance de la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

                          Wild Side

                          Wild Side



 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 17:28

mongol-(2)
                                                       

                                                VIDEO

 

Parce qu'il en avait assez des clichés autour du personnage légendaire de Genghis Khan, Sergei Bodrov a choisi de raconter, dans un premier temps, car une suite est prévue - l'enfance et l'adolescence tumultueuse de celui qui n'était encore que Temoudjin. Une incroyable destinée à laquelle le cinéaste du Prisonnier du Caucase s'est consacrée avec détermination, car il fallait oser porter à l'écran cette figure de l'Histoire qui hante encore les consciences asiatiques et européennes. Il fut sans nul doute l'un des plus grands conquérants que l'humanité ait connu, puisqu'il parvint à créer un empire colossal, comparable en taille à celui d'Alexandre.

Cette fresque épique, parfois un peu redondante, co-produite par l'Allemagne, la Russie et le Kazakhstan bénéficie de nombreux atouts : des décors naturels grandioses ( les steppes mongoles et chinoises ), le souffle puissant de ce personnage mythique qui saura unir pour conquérir, enfin le traitement musclé des combats à la manière de Zhang Yimou ou du Riddley Scott de Gladiator. Mais il est vrai que dès que le cinéaste passe à l'image numérique, les choses se gâtent et que les combats prennent une coloration artificielle et virtuelle regrettable. Heureusement, Bodrov n'en abuse pas et la plupart de ceux-ci sont des cavalcades superbes et impressionnantes de virtuosité. L'auteur sait rendre compte de ce qui est la marque indiscutable du génie mongol : la maîtrise de l'espace et l'art de guerroyer, cela grâce à l'alliance charnelle entre le nomade et sa monture. N'est-ce pas les Mongols qui ont inventé  la guerre éclair ? Leur avancée, au cours de leurs conquêtes, se firent plus promptement que celle des Panzer d'Hitler, lesquels eurent bien de la peine à venir à bout des grandes plaines russes et finirent, comme les armées napoléoniennes, par s'y enliser. Alors que le Mongol galope, détruit, se retire, revient, dévaste et disparaît. Pour bien rendre cet effet-là, Bodrov a particulièrement veillé aux assauts équestres par la restitution sonore du fracas des sabots et le piétinement sur le sol steppique d'une horde d'étalons. On s'y croit, même si cela est parfois un peu pénible pour notre ouie de spectateur...Il n'empêche qu'on se laisse prendre par ces reconstitutions tournées le mors aux dents à la gloire de la cavalerie légère et des charges héroïques.

D'autre part, en bon Russe, le cinéaste nous rend sensible la dimension spirituelle de son héros. Alors que l'Occident le considère comme l'un des plus sanguinaires guerriers de tous les temps, Bodrov réussit l'exploit d'en faire, certes un loup, mais un loup obsédé par la loi, un individu indiscutablement complexe mais dépourvu de haine comme le notait déjà René Grousset. Un solitaire entouré d'amis, un prince de sang qui reconnaissait ses bâtards, un prédateur qui n'aima jamais qu'une seule femme, un homme devenu fabuleusement riche mais qui ne quitta jamais sa yourte traditionnelle.
               


D'autre part, l'effort historique est louable et nous plonge dans le genèse d'une nation qui naît du chaos, nous décrivant les loi des clans, les divers rites, tout cela que le conquérant aura à charge d'unifier pour parvenir à rassembler les tribus égarées dans cet immense territoire. Aussi la destinée de ce grand guerrier est-elle fascinante, même si le film souffre de quelques répétitions dans son cheminement narratif. Cette réserve faite, Sergei Bodrov a su tirer le meilleur parti de cette dimension fantastique et nous décrire un destin qui tient de la légende à l'égal de ceux de Charlemagne et d'Alexandre le Grand. Il n'est pas de scène qui ne baigne dans l'atmosphère d'un temps où toute chose de ce monde possédait sa raison céleste. Jusqu'à la dernière, où le Khan triomphe de son dernier rival grâce à la survenue d'un orage, la nature s'étant faite la complice des desseins des dieux.

Que le cinéaste ait choisi Tadanobu Asano, un Japonais, pour incarner à l'écran Genghis Khan peut surprendre, mais l'acteur éclabousse le film d'une telle présence, d'une telle force et d'un tel mystère que l'on ne peut qu'entériner ce choix et s'en féliciter. Le casting est impeccable. Une mention spéciale à l'actrice Khulan Chuluun qui est  touchante de dignité et de beauté dans le rôle de Börte. En nous décrivant la marche irrésistible de ce souverain de l'univers, le film allie force et sensualité dans des décors à couper le souffle.

 

 Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN



Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article
13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 08:54

                      

 

                                                             VIDEO


Séverine, jeune épouse d'un chirurgien fortuné ( Jean Sorel ), semble vivre avec difficulté sa vie sexuelle et est assaillie par des phantasme confinant au sado-masochisme. Conseillée par un ami, elle se rend dans une maison close  et propose timidement ses services.. C'est là qu'elle trouvera, dans l'avilissement et la servitude, son épanouissement intime, tout en poursuivant, auprès de son mari, sa vie respectable et bourgeoise.

 

Tiré d'un médiocre roman de Joseph Kessel, Belle de jour  ( 1966 ) est sans doute, avec Viridiana, le chef-d'oeuvre de Luis Bunuel. Film érotique mais d'un érotisme suggéré, phantasmé, quasi irréel, il est troublant a plus d'un titre : principalement la co-existence, chez une même personne, de deux mondes, le réel et l'onirique, et la démonstration faite par le cinéaste que le chimérique est, chez certains, mieux éprouvé que le vécu. Le film apparaît ainsi comme un songe éveillé où l'illusion semble plus vraie que la réalité et où les tabous sont franchis plus aisément par l'esprit que par le corps. L'héroïne transgresse en pensée ses perversions mieux qu'elle ne s'en affranchit, car elle reste, dans l'existence, prisonnière de ses sentiments, de son milieu, de son couple. Ainsi Bunuel parvient-il à composer un puzzle, afin de rendre compréhensible un langage totalement irrationnel, et à nous brosser le portrait inégalable d'un personnage en proie à ses propres contradictions et à un vertige intérieur qui donne un goût désespéré à cette liberté supposée, acquise dans les dédales de la corruption.

Catherine Deneuve n'a pas caché les difficultés qui furent les siennes lors du tournage :


" Connaissez-vous un acteur ou une actrice qui n'aurait pas envie de travailler avec Bunuel ? (... ) Or, curieusement, notre relation dans " Belle de jour " a été très difficile. Sur le plateau, Bunuel ne voulait pas de quelqu'un aussi farouchement réservé que moi. Il m'a utilisé, j'ai suivi, c'est tout.
Séverine ressemble aux obsessions de Bunuel, pas à moi. De plus, je n'ai pu mettre que peu de moi-même dans ce personnage masochiste. Bunuel ne veut que l'obéissance des acteurs. De moi, il n'a exigé qu'une extrême lenteur ; le mouvement du corps féminin l'intéresse beaucoup plus que l'expression du visage ou que les paroles ".
Ciné- revue 1967

" Je ne suis pas sûre que Bunuel ait fait le film qu'il voulait. Il pensait à quelque chose de plus audacieux, et que ma réserve, ma froideur... il aurait voulu faire un film un peu plus cru ".  Actuel 1987

 
belle_de_jour.jpg                 


En effet, ce qui est important dans ce long métrage, et que Bunuel a su très bien exploiter, ce n'est pas ce que l'actrice montre mais ce qu'elle dissimule, c'est cette incarnation du vice qui se cache sous l'aura idéalisée de la pureté. Le cinéaste nous prend ainsi à contre-pied, nous offre à voir à contre-champ, et nous entraîne irrésistiblement dans l'engrenage fascinant de la supposition, dans le décalage instauré volontairement pour nous troubler entre illusion et réalité, suscitant un embarras et nous invitant à nous poser la question suivante sur le 7e Art : a-t-il vocation à démontrer ou à suggérer ? Se doit-il d'être ambigu, ambivalent pour attiser notre curiosité et nous emmener, à sa suite, dans le labyrinthe où notre propre système moral est remis en cause ?
On sait que Bunuel s'est toujours complu dans cette dualité du bien et du mal, qu'il est un cinéaste ténébreux et génial qui explore les abîmes, en dévoilant sans juger, mais sans se priver d'insinuer habilement. Lui-même avouait une fascination certaine pour tout ce qui avait trait à la religion, sans y croire bien entendu, puisqu'il se revendiquait athée. On le voit ici, comme on le verra dans Tristana ( 1969 ), qu'il tourna également avec Catherine Deneuve, et où la jeune femme est - disait Bunuel - aussi froide et belle que la vertu. Ainsi nous mène-t-il, en un voyage intemporel, au coeur des frustrations et des phantasmes avec une irrévérence et une puissance onirique insurpassables.

Formidable professionnel, il a toujours su tirer de ses acteurs le meilleur d'eux-mêmes. C'est le cas ici où tous les protagonistes sont excellents de Françoise Fabian à Geneviève Page, l'inoubliable Chimène de Gérard Philipe au TNP, de Michel Piccoli, cynique à souhait, à Catherine Deneuve dans le rôle de Séverine qui, grâce à cette interprétation, accéda à la notoriété internationale.
Malgré les ans, l'esthétisme du film n'a pas pris une ride, tant l'oeuvre est, par ses audaces, annonciatrice de la décadence de notre civilisation, prise entre rêve et cauchemar, illusion et révélation, exhibitionnisme et indifférence.

 

Pour lire les articles consacrés à Luis Bunuel et Catherine Deneuve, cliquer sur leurs titres :  

LUIS BUNUEL OU LE DETACHEMENT VOLONTAIRE        

 

CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT

 

Et pour prendre connaissance de la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :  

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN  

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


film_divas_belle_de_jour2.jpg

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article
11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 12:02

  Catherine-Deneuve-jeune.jpg                                    

                             VIDEO


Je dois avouer tout d'abord que Catherine Deneuve n'est pas mon actrice française préférée, mais je lui reconnais d'avoir su mener sa carrière avec beaucoup d'intelligence et d'avoir été, de par son élégance et sa beauté, une merveilleuse ambassadrice de la femme française à travers le monde. Je l'ai beaucoup aimée  dans  Benjamin ou les mémoires d'un puceau et  Peau d'âne  où elle figurait la jeune femme idéale par sa blondeur et la délicatesse de ses traits. Plus tard, je l'ai appréciée dans les Bunuel, sans doute parce que le génie du cinéaste avait été en mesure de révéler ce que la  réserve naturelle de l'actrice l'empêchait d'exprimer. Il lui a permis de nous toucher dans un registre difficile, où nous ne l'attendions pas. Ce metteur en scène obsessionnel était un diable d'homme ; il avait l'art de manipuler les êtres et avec Catherine Deneuve le résultat fut tout simplement stupéfiant. Mais l'actrice admit bien volontiers que cela avait failli aller jusqu'au clash, car il y avait certaines choses qu'elle se refusait à faire. Et elle tint tête.

 

         Collection Christophe L.    


Ne disait-elle pas : " Je suis aussi d'une lucidité épouvantable, effrayante. (...) La lucidité, pour une actrice, c'est terrible. Parce qu'il faudrait pouvoir réellement s'isoler. Parce qu'il ne faudrait pas toujours sentir certaines choses. Parce qu'il ne faudrait pas toujours voir. Il y a des moments où l'on aurait besoin de se laisser entraîner par un certain élan mais cette lucidité le rend impossible. Elle paralyse, elle empêche la spontanéité. Les gens lucides ont souvent du mal à décoller. J'ai toujours ressenti l'exigence, l'anxiété... En revanche, j'ai l'impression que la lucidité s'aggrave avec le temps ".

Réservée, pudique, introvertie, Deneuve a toujours aimé travailler avec des metteurs en scène qu'elle connaissait, si bien que cette confiance réciproque la libérait de ses blocages. Si ce climat ne parvenait pas à s'établir, elle pouvait se refermer comme une huître. C'est sans doute cette part d'elle-même jalousement préservée, qui lui confère une distance imperceptible, un non-dit, non révélé, qui a séduit de nombreux réalisateurs. Avec elle- disent-ils - il y a toujours quelque chose qui reste secret et permet au public d'avoir de sa personne des approches multiples. C'était aussi le cas d'une actrice comme Grace Kelly.

 

             


Catherine Deneuve, de son vrai nom Catherine Dorléac, est née à Paris, le 22 octobre 1943, dans une famille de comédiens : son père était doubleur à la Paramount et sa grand-mère souffleuse à l'Odéon. C'est Roger Vadim, avec lequel elle vivra et aura un fils Christian, qui lui donne sa chance dans  Le vice et la vertu,  mais ce sont, la même année,  Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy qui amorce réellement sa carrière. Elle y campe avec grâce une jeune fille amoureuse d'un soldat, contrainte d'en épouser un autre. L'année suivante, au côté de sa soeur Françoise Dorléac  morte peu de temps après dans un accident de la route,  Les demoiselles de Rochefort  la propulse dans l'Olympe des acteurs qu'elle ne quittera plus, tant sa carrière sera  menée de main de maître, avec un remarquable discernement. Après ces deux comédies charmantes, la jeune femme enchaîne avec  Répulsion  de Roman Polanski, où elle interprète une tueuse schizophrène avant d'être dans  Belle de jour  ( 1966 ) de Bunuel, une femme mariée insatisfaite qui se prostitue à mi-temps. Selon moi, l'un de ses rôles les plus marquants avec  Tristana , qu'elle tournera, toujours avec Bunuel, trois ans plus tard. Suivront  La sirène du Mississippi,  Mayerling,  Fort Saganne, Le Sauvage avant qu'elle n'aborde les films de l'âge mûr comme IndochineLe dernier métroEst-OuestPlace Vendôme8 femmes,  jusqu'au tout dernier  Après lui,  où elle est une mère qui a perdu son enfant. 

 

                  Catherine Deneuve et Daniel Mesguich. SND  Gilbert Melki et Catherine Deneuve. Pyramide Distribution


Ainsi a-t-elle abordé les personnages les plus divers, tour à tour costumée dans des films dits d'époque, où elle nous est apparue en princesse, reine, aristocrate - ce fut le cas dans Le temps retrouvé  inspiré de A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, dans  Peau d'âne  d'après le conte de Perrault ou dans Palais-Royal d'une facture plus contestable - ainsi que dans des comédies légères ou des oeuvres dramatiques. Elle reste aujourd'hui  une actrice convoitée qui a, à son actif, plus de 70 longs métrages. Il est vrai que le mystère demeure entre l'image publique, trop figée, et certains films où elle n'est pas simplement décorative ou ornementale. Si  La chamade  apparaît comme le sommet du film frivole, il est évident que Le dernier métro, Tristana,  Les prédateurs,  Dancer in the dark  déplacent les lignes où l'on voudrait la retenir et que la période de simple splendeur passée, une femme affirmée et plus humaine est apparue. Elle ne se contente plus d'enchanter et de séduire, elle émeut. Peut-être moins facilement, moins complètement qu'une Sandrine Bonnaire ou une Isabelle Huppert, mais elle a pris le pouvoir et, désormais, ne se laisse plus manipuler. Elle s'est investie sans perdre son côté flânerie qui lui va si bien. Aussi la regarde-t-on, de nos jours, non seulement avec plaisir mais avec intérêt. 

                 Catherine Deneuve et Elodie Bouchez. Philippe Quaisse  Catherine Deneuve. Philippe Quaisse


Cependant la grande actrice, qu'elle est, ne se cache pas d'être avant tout famille, famille. Elle avoue :  Ma vie personnelle  a toujours été plus importante que mon métier. Non que je sous-estime mon métier, mais j'ai toujours senti que cela ne pouvait pas être l'essentiel de ma vie, que cela n'en serait jamais le moteur. J'ai besoin de travailler, de m'exprimer professionnellement mais ma famille, mes enfants, ce n'est pas seulement un sens des valeurs, c'est primordial pour moi. J'ai des amis, les mêmes depuis vingt ans. Ce sont eux à qui je tiens vraiment. Mon métier est complémentaire.

Après avoir vécu avec Vadim, Catherine Deneuve a épousé le photographe de mode David Bailey, puis a été la compagne de François Truffaut, de Marcello Mastroïanni dont elle a eu une fille Chiara, actrice elle aussi, comme son demi-frère Christian Vadim. La famille reste immergée dans le monde du spectacle. Catherine a reçu le César de la Meilleure Actrice pour Le dernier métro en 1981, un autre César pour Indochine, la coupe Volpi de la Meilleure Actrice à Venise en 1998,  le Prix d'honneur du Festival du film de Bruxelles et l'Ours d'Or pour l'ensemble de sa carrière à Berlin.

                                  

Pour lire les articles consacrés à certains de ses films, dont :

Benjamin  -  Les demoiselles de Rochefort  -   Peau d'âne - Le temps retrouvé - Belle de jour

Dancer in the dark  -  Le dernier métro  -  Indochine  -  Ma saison préférée -  Potiche

cliquer sur les liens ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS    et   LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

catherinedeneuve.jpg

Partager cet article

Published by A.BARGUILLET - dans ACTEURS DU 7e ART
commenter cet article
7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 09:50

                         Catherine Deneuve.

 


                                                    VIDEO     et     VIDEO

 

Le film  Peau d'âne ( 1970 ) est un bijou qui mérite tous les éloges tant le charme du récit de Perrault a été respecté et mis en images de la façon la plus exquise par Jacques Demy. Une réussite absolue et un vrai enchantement pour le spectateur, le metteur en scène ayant su harmoniser à la perfection la féerie du conte tout en le saupoudrant d'un zeste d'humour contemporain. Décors splendides, costumes somptueux, chansons ravissantes sur une musique de Michel Legrand, anachronismes savoureux, rien ne manque à ce long métrage qui apparaît comme un petit miracle. Il arrive que le cinéma nous offre ce genre de divine surprise...

L'histoire est celle d'une jeune princesse dont le père a fait le serment à son épouse bien-aimée, juste avant qu'elle ne meure, qu'il ne se remarierait qu'avec une femme plus belle qu'elle. Or il ne découvre qu'une seule prétendante qui puisse rivaliser avec la défunte reine : sa propre fille. Pour ne pas se marier avec son père et, sur les conseils de sa marraine la fée Lilas ( Delphine Seyrig ), la jeune fille s'enfuit dans la forêt, cachée sous la dépouille d'un âne, et va vivre là comme une pauvresse, loin des fastes d'antan. Mais le prince charmant l'a surprise  dans  sa splendeur et, désormais, le souvenir de sa grâce ne cesse de le hanter. Il n'a plus qu'un souhait, la revoir, et fera en sorte de tout tenter pour la rejoindre. Un anneau d'or glissé dans une galette par Peau d'âne le mettra sur le chemin de sa belle et, bien entendu, ils se marieront et auront beaucoup d'enfants.

                                                                                         Catherine Deneuve. Collection Christophe L.


La présence de Jean Marais dans le rôle du père est là pour rappeler l'hommage que Demy rend à Cocteau à travers ce film qui évoque, bien sûr, La belle et la bête, mais plus spécifiquement ce surréalisme qui frise l'onirisme et plaisait tant au poète-dramaturge. Aussi se laisse-t-on séduire par cette féerie, le symbolisme parfois un peu trop insistant, les robes couleur de temps ou de lune et cette imaginaire qui fait fi de la raison. Car dans les contes, la raison est l'usage des fées, c'est dire que c'est une raison délicieusement déraisonnable, enchâssée de rêve et de fantaisie. Et n'en doutons pas, la morale sera sauve. L'inceste sera évité et  remplacé par la fraîcheur d'un amour adolescent, tandis que le plaisir, comme le labeur, finira en chansons et que l'humour fera en sorte d'être présent au bon moment.

                       Catherine Deneuve et Jacques Perrin. Collection Christophe L.

 

Catherine Deneuve, dont c'était là le troisième film avec Demy, après Les parapluies de Cherbourg et Les demoiselles de Rochefort,  nous séduit davantage par sa présence évanescente, son profil de camée et sa blondeur idéale, que par son jeu qui n'était pas encore affirmé ; Jacques Perrin est un prince charmant assez pâlichon, mais Delphine Seyrig en fée Lilas est absolument adorable et Micheline Presle magnifique en Reine rouge. Ce film enchanteur dispense un plaisir extrême et nous assure durant 1h30 une immersion totale dans le monde féerique de l'enfance.

 

Pour lire les articles que j'ai consacrés à Jacques Demy et catherine Deneuve, cliquer sur leurs titres :

 

JACQUES DEMY, L'ENCHANTEUR             CATHERINE DENEUVE - PORTRAIT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, dont Lola et Les demoiselles de Rochefort, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 
LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


Jean Marais et Catherine Deneuve. Collection Christophe L.

Catherine Deneuve et Delphine Seyrig. Collection Christophe L.

 

 


 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 10:46

                 Ciné Classic

                                                                             VIDEO
 

 

 

Dixième long métrage de Jean-Luc Godard, Pierrot le fou  ( 1965 ) est peut-être son film le plus célèbre - celui que personnellement je préfère  - car le cinéaste y maîtrise plus que jamais son art et se livre à un véritable feu d'artifice narratif et visuel où éclatent, en un patchwork de couleurs, le bleu/liberté, le rouge/violence, le blanc/pureté. Ce film est tout ensemble un poème dédié à Anna Karina, son épouse d'alors, et une sorte de voyage dans la lune. "Un film est comme une fusée à plusieurs étages - disait Godard. Là, le dernier étage est monté très haut. Je n'en suis pas encore revenu".


Sur le thème éternel de l'amour et de la mort, le metteur en scène signe une oeuvre éclatante, colorée et poétique. Il y fustige la société de consommation et revendique le droit au rêve au travers d'une cavale entre Paris et la Méditerranée. A propos de ce film, il n'est pas déplacé de parler d'un souffle libertaire, voire existentialiste, souffle dans la conception et dans le fond. Les deux sont liés en une symbiose rarement atteinte dans un projet cinématographique de ce genre. Nous sommes en 1965 et Godard n'hésite pas à expérimenter les cadrages et les plans pour les sortir de leur conformisme. D'extravagance en extravagance, il joue avec le spectateur, puisqu'il filme l'homme par des moyens techniques surréalistes dans le but de mieux donner prise à l'illusion d'une réalité informelle. Ainsi invente-t-il un langage qui s'affranchit des règles de ses prédécesseurs et entend jouer du champ et du contre-champ à sa guise, s'attribuant ainsi toutes les audaces. Il y a donc, de sa part, une construction organisée selon de nouveaux critères, afin d'instaurer un sens, une signification autonome, dans le souci constant d'échapper à une narration trop homogène. En quelque sorte, il désarticule le narratif pour le transformer en un interrogatif et transgresse sans vergogne les valeurs établies. Selon lui, le 7e Art est une création dont l'objectif est de tout réinventer et réactualiser, de manière à l'inscrire en lettres capitales dans le paysage intellectuel contemporain.


                 Anna Karina et Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic




Ferdinand quitte sa femme pour suivre Marianne. Délaissant la réception que celle-ci a organisée, il passe la nuit avec la jeune fille et, au matin, tous deux découvrent un cadavre dans l'appartement qu'ils viennent d'occuper. Une sombre histoire de gangsters va les obliger à fuir. Après diverses aventures, ils arrivent au bord de la mer. Marianne s'ennuie et finit par le trahir avec le chef des gangsters. Ferdinand la tue, puis il se peint le visage en bleu, s'entoure la tête d'explosifs, allume la mèche avant de se raviser. Mais trop tard, il explose face à la mer.
Qu'est-ce, en comparaison de cette intrigue plutôt mince, que le cinéma aux yeux de Godard ? Le cinéma, c'est d'abord et avant tout l'émotion et Pierrot le fou est à cet effet une réussite cousue des sentiments les plus vifs, où il apparaît que nous sommes faits de rêves et que les rêves sont faits de nous. Dès lors, c'est un cinéma qui prend ouvertement ses distances avec la logique et procède par intuition, au hasard d'une pensée créatrice. A ces fins, le film utilise les ruptures de rythme, les faux raccords, les citations, les collages...  inaugurant la forme de liberté à laquelle il aspire. Nullement provocatrice, cette oeuvre est celle d'une sincérité qui s'emploie à se manifester avec une éloquence généreuse, servie par la caméra de Raoul Coutard et l'originalité d'un montage heurté, en parfaite adéquation avec la bande-son. Anna Karina et Jean-Paul Belmondo prêtent à leurs personnages respectifs le charme de leur jeunesse et leur naturel et nous touchent par un jeu nuancé et fantasque, s'offrant à la caméra du maître avec un total abandon. Inoubliable.

 

Pour lire les articles consacrés à Jean-Luc Godard et Belmondo, cliquer sur leurs titres :

 

JEAN-LUC GODARD OU UN CINEMA IMPERTINENT        JEAN-PAUL BELMONDO

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 
LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

                   Anna Karina. Ciné Classic  Jean-Paul Belmondo. Ciné Classic

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 10:17

415_001.jpg

                                               VIDEO 


A la fin des années cinquante, ils s'étaient fiancés puis s'étaient quittés, jusqu'à ce que le cinéste Jacques Deray ait l'idée géniale de les réunir à nouveau sur l'écran pour des étreintes torrides sous le soleil de Saint- Tropez. Ce sera La piscine, un film qui nous remet en présence d'une actrice merveilleuse qui s'était un peu effacée derrière le masque trop conventionnel de la célèbre impératrice Sissi et explose littéralement dans ce long métrage, au côté de deux acteurs de premier plan : Alain Delon et Maurice Ronet. Le film fera un triomphe et amorcera la seconde partie brillantissime de la carrière de Romy Schneider.

 

5vny4or4.jpg

 

Pour Jacques Deray, ancien acteur, puis assistant, qui avait abordé la réalisation en 1960 avec Le gigolo, drame psychologique interprété par Alida Valli et Jean-Claude Brialy, avait poursuivi avec Du rififi à Tokyo en 1961, La piscine ( 1968 ) débute sa longue collaboration avec Alain Delon ( pas moins de 9 films ) et lui ouvre également les portes du succès international. Cette production, très bien reçue par la critique et le public, l'installe définitivement dans le cercle fermé des cinéastes qui comptent. Borsalino sera, quelques années plus tard, un autre grand succès qui fera de lui, aux yeux de certains, le digne successeur d'un Jean-Pierre Melville. Par contre la fin de sa carrière décevra.

Tourné sur la côte d'azur, La piscine distille avec subtilité une tension croissante, appuyée sur un scénario fort bien élaboré par Jean-Emmanuel Conil et une distribution irréprochable des quatre principaux acteurs dont Jane Birkin à ses débuts dans le rôle de Pénélope. Alors qu'ils passent des vacances tranquilles dans leur villa de Saint-Tropez, Jean-Paul et Marianne voient débarquer à l'improviste Harry accompagné de sa fille. Dans une atmosphère faussement sereine, l'hôte indésirable, qui a été autrefois l'amant de Marianne, prendra un malin plaisir à remuer les souvenirs d'antan et a lentement, inexorablement, susciter la jalousie de Jean-Paul jusqu'au dénouement final...


Remarquablement conduite et maîtrisée, l'intrigue tient le spectateur en haleine jusqu'au bout, sous la forme d'une tragédie divisée en cinq actes avec, pour point d'ancrage, la piscine, théâtre aquatique de l'amour et de la mort. Si l'on a prêté au couple re-formé pour la circonstance Schneider/Delon, sublime de beauté, le mérite de constituer l'intérêt principal et d'apporter cet aura singulière dans lequel baigne ce long métrage, si l'on apprécie la présence gracieuse et éthérée de Jane Birkin dans son premier rôle significatif, il faut attribuer une mention spéciale à Maurice Ronet dans celui de Harry qui, par sa seule présence, parvient à donner à l'histoire sa vraisemblance et son intensité face à un Delon soudain vulnérable. Une réussite.


Le film existe en DVD

Pour lire l'article consacré à Romy, cliquer sur son titre :     ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

3668025hfwoj.jpg

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA FRANCAIS
commenter cet article
28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 12:14

             Warner Bros. France Collection Christophe L.

                                                   

Un nom qui signe une carrière prolifique et bénéficie d'une aura internationale, qui se conjugue aussi bien sur le plan de l'interprétation que de la réalisation de films. Né le 31 mai 1930 à San Francisco, Clint Eastwood fit son apprentissage d'acteur à la  firme Universal avec laquelle il signa l'un des derniers contrats de salarié proposé par les studios. Alors qu'il semble confiné dans les seconds rôles et des séries comme Rawhide, Sergio Leone va lui donner l'occasion de révéler son talent d'interprète en le faisant tourner successivement dans trois longs métrages : Pour une poignée de dollars ( 1964 ),  Et pour quelques dollars de plus  ( 1965 ) et surtout dans  Le bon, la brute et le truand ( 1966 ), le chef-d'oeuvre que l'on sait.

 

De retour aux Etats-Unis, Clint va fonder sa propre société, Malpaso, et entamer une fructueuse association avec Don Siegel, d'où sortiront notamment Les proies ( 1970 ) et le premier volet de la saga de l'inspecteur Harry. C'est en 1971, après trois collaborations fructueuses avec Siegel, que Eastwood décide de faire cavalier seul en tournant son premier film Un frisson dans la nuit, où il démontre un incontestable talent pour la mise en scène épurée et terriblement efficace. Grâce à la réussite de la série de l'Inspecteur Harry, créée conjointement avec Siegel, qui a eu le mérite de le propulser au hit-parade du Box-Office au même niveau qu'un Robert Redford et un Al Pacino, Clint a désormais les moyens de financer des projets plus personnels, des films en demi-teinte souvent emplis d'émotion. Un auteur est né dont les capacités ne vont cesser de s'affirmer, réalisant une oeuvre où il analyse cliniquement l'Amérique en diversifiant les genres : drame, polar, western, film noir. Le réalisateur sait habilement utiliser tous les outils mis à sa disposition pour offrir sa propre vision de la société : des services de santé à la conquête spatiale, de la corruption politique à l'homosexualité, jetant un regard toujours humain, mais sans complaisance, sur les problèmes qui se posent à son pays.

 

 

                                               Clint Eastwood.  


Rien ne laisse indifférent cet esprit curieux, qui veille à se forger sa propre opinion et à ne pas se laisser influencer par les modes. Certains critiques verront en lui un héritier de John Ford et salueront ce fils spirituel des grands maîtres de l'âge d'or d'Hollywood.


En 1992, il obtient l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Impitoyable ( Unforgiven ), western sombre dédié à Don Siegel et Sergio Leone, ses deux pygmalions. Grand film que celui-ci sur la violence et la rédemption qui clôt définitivement le genre et semble achever une époque de sa propre vie. En effet, dans les films qui vont suivre, il semble que Clint prenne du recul et de la hauteur et cède à une inspiration plus apaisée, nous peignant des héros qui, en avançant en âge, ont opté pour la sagesse, sans être pour autant fades ou conventionnels. Ce sera, entre autre, la magnifique réalisation de Sur la route de Madison ( 1994 ), l'une des plus belles histoires d'amour portée à l'écran, avec une finesse et une sensibilité rares. Tout en retenue, en regards et frôlements, Clint face à Meryl Streep  nous dévoile une passion mâture d'une poignante intensité. Ainsi en une vingtaine d'oeuvres, ce soi-disant réactionnaire aura tout abordé, du plaidoyer contre la peine de mort ( Jugé coupable ) aux préjugés dont souffre un riche homosexuel ( Minuit dans le jardin du bien et du mal )jusqu'aux frasques sexuelles d'un président ( Les pleins pouvoirs ), il analyse avec intelligence et acuité les symptômes propres à une civilisation en train de traverser de dangereuses turbulences, dessinant un portrait réaliste de son pays, sans se laisser aller au défaitisme. Car si Clint redoute l'opinion de masse, il garde confiance dans les contre-pouvoirs et fait passer sur l'écran un souffle puissant inspiré de son idéal et de sa conviction qu'il y a toujours un sursaut possible pour retrouver les valeurs basiques et construire plutôt que détruire.

 

 

                      Clint Eastwood. Warner Bros.


Acteur et réalisateur de premier plan, il jouit aujourd'hui d'un statut particulier dans l'univers cinématographique, celui d'un homme fort et humain, d'un conteur hors pair qui sait mieux que quiconque mettre son talent exigeant au service de thèmes graves et actuels, tous abordés avec la même audace et le même souci d'impartialité, composant une belle oeuvre de réflexion sur les grandeurs et misères de notre temps. Il incarne d'autre part, à la perfection, ce qu'un certain cinéma hollywoodien est en mesure de faire : mise en scène dynamique, gravité du propos sous l'apparence d'une production de genre à la finalité spectaculaire.

 

Pour lire les articles de la rubrique consacrée aux réalisateurs, cliquer sur son titre :


LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

Et pour accéder à mes critiques des films de Clint Eastwood, comme Sur la route de Madison, L'homme des hautes plaines,  L'échange, Gran Torino,  Au-delàE. Edgar, Million Dollar Baby, Pale Rider, cliquer sur le lien ci-dessous :     

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

 


    Warner Bros. France  Mars Distribution

 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans LES REALISATEURS DU 7e ART
commenter cet article
22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 10:37

 le-dernier-des-gants.jpg                                     


Précédé d'une réputation de justicier infaillible, John Bernard Books ( John Wayne ) arrive à Carson City dans le Nevada. Tandis que plusieurs de ses ennemis entendent lui faire payer une dette ancienne, Books profite de l'occasion d'être dans cette ville pour consulter son ami le docteur Hostelder ( James Stewart ) au sujet de sa santé. Celui-ci ne lui cache pas qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale qui ne lui laisse plus que quelques semaines de sursis. Se refusant au désespoir et, afin de rester fidèle à sa réputation, le vieux cow-boy entend bien mourir debout, les bottes aux pieds et le colt à la main. Chose facile puisqu'il lui suffit de provoquer ses adversaires pour qu'ils organisent aussitôt un guet-apens, au cours duquel le barman de l'auberge l'abattra dans le dos, mais sera tué par Gillon, le fils de la logeuse, qui vouait à Books un véritable culte. Ainsi sera-t-il mort comme il le souhaitait, laissant à la postérité l'image d'un héros valeureux.


                                      Editions Montparnasse  Action Cinémas / Théâtre du Temple


Film ultime de John Wayne, Le dernier des géants  ( 1976 ) de Don Siegel  met fin à ma série consacrée aux westerns. Je l'ai choisi parce qu'il a marqué la disparition d'un genre qui contribua à illustrer de façon brillante l'une des périodes les plus productives de Hollywood, celle que l'on a toujours considérée comme son âge d'or.
Les premiers plans sont un montage de quelques-uns des longs métrages de Wayne, une manière de conter en images la carrière tumultueuse de John Bernard Books qui débarquait à Carson City le 22 janvier 1901, le jour même du décès de la reine Victoria. Avec la mort de cette souveraine se tournait une page romanesque d'un temps révolu, comme ce dernier rôle de Wayne témoignait de la disparition du Far West, tel qu'on l'envisageait à l'époque, alors que Carson City portait déjà les marques du modernisme à l'américaine, dont on sait l'influence qu'il aura sur le reste du monde. Une Amérique qui venait de découvrir du pétrole au Texas, assistait à l'assassinat de McKinley et à l'arrivée au pouvoir de Théodore Roosevelt.

Le genre cinématographique qui s'achève avec ce film prend, pour toutes ces raisons, les allures d'une célébration, hommage rendu au vieux géant ( en même temps l'acteur et le héros légendaire ) qui symbolise et illustre à l'écran, par sa seule présence, la formidable odyssée de la conquête de l'Ouest. Ainsi que Books, qu'il incarne, Wayne,  miné par le cancer, savait sa mort proche et disparaîtra d'ailleurs moins de trois ans plus tard. Les concordances entre la personnalité de Books et celle de son interprète sont frappantes. Aux côtés de Wayne, James Stewart - âgé de 68 ans - n'est plus le compagnon confident de L'homme qui tua Liberty Valance, mais le médecin messager de la mort. Richard Boone, Lauren Bacall, Harry Morgan et John Carradine portent eux aussi, à divers degrés, les stigmates du passé. Ce film a donc été conçu à la manière d'un adieu : l'adieu du cinéma au western traditionnel et l'adieu de John Wayne au cinéma. 

 

Warner Bros.


Symboliquement les années 70 se concluent avec la mise en production de La porte du paradis, une saga westernienne qui ne sera distribuée qu'en 1980. Onze ans après l'oeuvre de Cimino,  Danse avec les loups, réalisé et interprété par Kevin Costner, réussira à obtenir un grand succès populaire et recevra l'Oscar du meilleur film. On a eu raison de souligner le courage de l'acteur-metteur en scène qui, pour son premier film en tant que cinéaste, a osé tourner un westren d'une durée inhabituelle ( presque quatre heures ), dont la plupart des dialogues sont en lakota, la langue des Sioux.
" Je n'ai pas cherché - a-t-il déclaré - à manipuler vos sentiments, à réinventer le passé ou à régler mes comptes avec l'Histoire. J'ai simplement voulu regarder, de façon romantique, une période épouvantable de l'histoire de mon pays, quand l'expansion à tout prix, au nom du progrès, nous apporta finalement très peu, mais nous coûta beaucoup. Ce film est ma lettre d'amour au passé".
Entre le regard de John Wayne et celui de Kevin Costner, deux visions opposées et respectables de la naissance des Etats-Unis.

 

Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à John Wayne, cliquer sur leurs titres :
LES GRANDS MAITRES DU WESTERN           JOHN WAYNE
  

      

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont la plupart des westerns, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN  

 

 

 

 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 18:29

              

La reprise du film  La flèche brisée est une heureuse initiative. Pour deux raisons : tout d'abord parce que c'est un beau film, ensuite parce qu'il vient à point nommé nous rappeler les valeurs de sagesse et de modération dont notre monde a le plus urgent besoin. Cette histoire pourrait évoquer et illustrer n'importe lequel des conflits qui sévissent actuellement sur notre planète. Voyez plutôt :

En 1870, dans l'Arizona, la guerre fait rage entre Blancs et Indiens. Tom Jefford ( James Stewart ) apprend patiemment le chiricahua avant de partir en mission auprès du chef Cochise ( Jeff Chandler ), avec l'objectif  de lui soumettre des propositions de paix. Devenu son hôte, il s'éprend de la belle indienne Sonseeahray ( Debra Paget ) et l'épouse, selon les coutumes en vigueur chez les Apaches. De retour à Tucson, Tom fait part à la population des entretiens qu'il a eus avec Cochise et les assure que, désormais, les courriers seront autorisés à traverser son territoire. Peu après, Tom emmène avec lui le général Howard ( Basil Ruysdael ), nommé le Père-la-Bible, qui professe avec conviction que tous les hommes sont frères sans distinction de couleurs. De son côté, Cochise brise une flèche afin de sceller avec les Blancs un accord de paix durable. Mais Géronimo ( Jay Silverheels ), un rebelle, se refuse à pactiser et entend poursuivre le combat. Chez les Blancs, certains ne désarment pas davantage. Slade ( Will Geer ), un impénitent raciste, tend une embuscade à Cochise, au cours de laquelle Sonseeahray trouve la mort. Fou de douleur, Tom veut la venger et c'est alors que Cochise intervient en lui rappelant que pour un meurtre, on n'a pas le droit d'entraîner à nouveau deux peuples dans la guerre. Tom s'éloignera le coeur lourd mais riche de souvenirs.

             


C'est d'ailleurs une phrase du même style prononcée par Cochise " Peut-être un jour me tueras-tu. Peut-être un jour te tuerai-je. Mais nous ne nous mépriserons jamais - qui symbolise le mieux l'esprit avec lequel Delmer Daves a tourné son film. Celui-ci marque une date déterminante, comme le souhaitait son auteur, dans le renouvellement complet des données du genre. La flèche brisée est un western adulte, un western vrai - se plaisait-il à dire. La plus grande partie de l'action se déroule dans le camp de Cochise, le chef apache de la tribu des Chiricahuas. D'où le souci du metteur en scène de décrire avec le plus grand réalisme et le plus grand respect les moeurs indiennes. Jusqu'alors ces populations étaient volontiers caricaturées et considérées comme les ennemis à abattre, ceux qui empêchaient les Blancs de s'installer sur des terres qu'eux-mêmes ne savaient pas exploiter. Daves va changer la donne et sera le premier à montrer les Indiens comme des gens respectables et non plus comme des sauvages. A travers le personnage de Cochise, il nous propose la vision d'un indien qui a le sens de l'honneur, une dignité naturelle et les espoirs simples de tous les êtres humains. Si bien que ce long métrage jouera un rôle considérable dans la manière dont Hollywood envisagera à l'avenir sa représentation du peuple indien.

                


Ce film sera, avec La porte du diable d'Anthony Mann sorti la même année ( 1950 ), l'élément qui contribuera activement à poser avec justesse la question des rapports entre Blancs et Indiens et à réhabiliter ces derniers dans l'inconscient collectif. Delmer Daves se veut néanmoins plus optimiste qu'Anthony Mann, foncièrement désespéré, qui filme l'anéantissement et la mort de son héros comme le symbole d'une race condamnée de toute éternité à disparaître.
Par ailleurs, il est remarquable que le réalisateur ait su renoncer à tout manichéisme, puisque l'on trouve dans les deux camps des âmes droites et honnêtes, d'autres fourbes et belliqueuses. En-dehors de Cochise et Tom Jefford qui rêvent de vivre dans un monde pacifié, il y a aussi Howard, ce général chrétien, qui démontre clairement que l'armée n'était pas composée que d'assoiffés de sang. La générosité du propos de Daves ne fait pas de doute et on ne peut qu'adhérer à son humanisme et à son intégrité morale qui lui permettent d'aborder avec autant de respect que de déférence le douloureux problème indien.

   

            


Ce film a su alterner les scènes d'affrontement et celles très délicates de l'amour qu'éprouvent l'un pour l'autre Tom et Sonseeahray. L'image des jeunes mariés partant le soir de leur nuit de noces sur des chevaux blancs est inoubliable. De même que le sont les relations entre Tom et Cochise. Le fait que Delmer Daves ait lui-même vécu au milieu des Indiens, appris leurs usages, leur manière de vivre et se soit initié à leur langue, procure à ce film son authenticité. C'est certainement l'un des grands souvenirs de James Stewart que d'être entré dans le noble personnage de Tom Jefford qu'il incarne admirablement, face à des acteurs de premier plan, comme Jeff Chandler, magnifique Cochise, sans oublier Debra Paget, belle et touchante Sonseeahray.
Rappelons-nous, avant de conclure, du dernier conseil que Cochise adresse à son ami Tom. Il mériterait d'être entendu de toutes les nations, tant la voix porte loin et haut : - Ecoute mon frère. Il faut accepter que les militaires respectent la paix. Géronimo ne valait pas mieux que ces Blancs. Je porte le fardeau de leur traîtise, porte celui de cette morte. Cochise est fidèle à son peuple. Personne ici ne rompra la paix, pas même toi -

C'est sur ces paroles que s'achève un film qui compte parmi les plus sensibles et les plus remarquables de la filmographie westernienne . Aujourd'hui, comme hier, nous avons encore toutes les bonnes raisons de le méditer.

 

5-etoiles

 

Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à James Stewart, cliquer sur leurs titres : 
 

LES GRANDS MAITRES DU WESTERN         JAMES STEWART - PORTRAIT

  

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont la plupart des westerns, cliquer sur le lien ci-dessous : 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN



 

Partager cet article

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog