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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 10:03

Pathé Distribution         

Stephen Frears  signe avec  Chéri,  son récent opus, un conte cruel et magnifique, qui séduit peut-être plus qu'il n'émeut, monde futile qui voit l'argent régner en maître et la férocité s'inviter en permanence dans le quotidien de ces femmes légères et vénales. Après  Les liaisons dangereuses  où Michelle Pfeiffer faisait déjà merveille, Frears nous livre, 20 ans après, une adaptation littéraire de Chéri d'après Colette. Fidèle au milieu dépeint par l'écrivain, il pose sa caméra au coeur du demi monde luxueux des courtisanes de la Belle Epoque et nous introduit au plus secret de la liaison entre Léa de Lonval, dans l'éclat de sa maturité, et le très jeune Fred Peloux, surnommé Chéri. Pour lui, c'est le premier amour ; pour elle, ce sera le dernier.
Frears, dont on connaît la sensibilité attentive et nuancée, mais également la verve satirique, n'a lésiné ni sur le raffinement des costumes de Consolata Boyle, ni sur la splendeur des décors signés Alan MacDonald, ni sur la musique très plaisante que nous dispense le compositeur Alexandre Desplat. Par ailleurs, le scénariste Christophe Hampton a su reproduire le style impressionniste de Colette et son tempo particulier, grâce à une écriture vive comme les battements de coeur des amants baignant ensemble dans les fastes de la fin du XIXe siècle, de même qu'il conduit au grand galop le récit de cette passion amoureuse qui sera lentement empoisonnée par un narcissisme envahissant.


Michelle Pfeiffer et Rupert Friend. Pathé Distribution


Frears dit à propos de ce film dont il ne cache pas qu'il fût le plus difficile à réaliser de sa carrière : Tout a l'air futile et spirituel chez Colette mais la tristesse se cache sous ce vernis, les sentiments sont suggérés. J'aime les écrans de fumée, ce qui n'est pas dit. Et il avoue qu'il lui a fallu sans cesse osciller entre le champagne, le brillant et le sombre, le tragique.
Ce qui en résulte est un film élégant qui unit avec subtilité la méditation sur le temps qui passe et la comédie de moeurs. S'y exhibe une panoplie de sentiments qui couvre un large spectre, allant de la perversité narquoise à la résignation digne. Dans ce duo qui pourrait très vite sombrer dans le ridicule, Frears, comme l'avait fait Colette, nous rend attachants et proches un jeune dandy creux et décadent et une cocotte délicieuse qui brûle en sa compagnie les derniers feux de sa beauté et nous montre, par là même, que ces gens apparemment frivoles souffrent autant, sinon plus que les autres, pour toutes sortes de raisons que nous n'avons pas de mal à deviner, puisqu'ils ont misé leur existence sur le superflu et l'éphémère.


Le réalisateur Stephen Frears et Michelle Pfeiffer. Pathé Distribution 

Michelle Pfeiffer et Stephen Frears


Si le film éblouit par ses qualités esthétiques et la rigueur de sa mise en scène, l'accent doit être mis également sur son interprétation et principalement sur la composition admirable que Michelle Pfeiffer  fait de son personnage de séductrice confrontée à son proche déclin. Alors que celui de Chéri, joué par  Rupert Friend,  manque de conviction et de charisme ( sans doute une erreur de casting ), elle est ni plus ni moins sensationnelle. Encore très belle, mais fragilisée par une fin de règne envisagée avec une fière résignation, elle en trahit la secrète douleur par un regard, un tremblement d'épaule ou, simplement, en se figeant pour mieux exprimer le désarroi des amours finissantes. Cousue sur elle comme la robe de l'ultime apparition, elle colle à son personnage, s'y fond avec une grâce émouvante, toute de retenue et de gravité, de nostalgie et de subite insouciance, et trouve dans ce rôle majeur sa vraie consécration d'actrice. Le film mériterait d'être vu, ne serait-ce que pour elle.

Une mention spéciale pour de  Kathy Bates  formidable dans celui haut en couleur de Madame Peloux.

Pour lire l'article sur Michelle Pfeiffer, cliquer sur son titre :

MICHELLE PFEIFFER - PORTRAIT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, cliquer sur le lien ci-dessous :  

LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 


Michelle Pfeiffer. Pathé Distribution

 

Published by Armelle BARGUILLET - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 10:29

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L'AOF en 1938. Le petit village de Bourkassa ( Oubangui ) a pour unique fonctionnaire d'autorité Lucien Cordier ( Philippe Noiret ), qui passe, aux yeux de ses administrés et de la communauté européenne, pour un incapable et un parfait cocu. Mais le pleutre va se transformer  - sans que l'on sache très bien pourquoi et quelle mouche l'a piqué -  en ange exterminateur, persuadé qu'il est investi d'une mission divine. Il se met alors à abattre froidement plusieurs membres de son entourage, blanc et noir. Ce carnage colonial prélude en mineur, et sur le mode bouffon, à la sanglante hécatombe qui va bientôt ravager l'Europe.

 

Bertrand Tavernier a toujours travaillé au coup de coeur et, de ce fait, il s'est attelé successivement à des registres très divers, aussi bien à une intrigue policière, à une fresque historique, à un fait criminel du siècle dernier dont il a tiré une sorte de western à la française. Son domaine d'élection, par-delà la diversité des sujets abordés, paraît être la farce tragique ( comme Renoir parlait de " drame gai" ), à grand renfort d'effets baroques, alternant avec des plages de mélancolie ( Un dimanche à la campagne ). Quand on lui demandait de caractériser  Coup de torchon,  il s'en tirait par une boutade en parlant de comédie métaphysique ; ou bien en jouant avec les titres de ses films précédents -  c'est l'histoire du fils du Juge et de l'Assassin qui, à force de voir la mort en direct, décide de prendre une Semaine de vacances !  En souvenir de Prévert, dont l'ombre tutélaire plane, on pourrait sous-titrer cette murder party sur fond d'épopée africaine L'affaire est dans le sac.


Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret. StudioCanal


Typiquement français par son cadre ( le monde colonial à la veille de la Seconde Guerre mondiale ), ses personnages et son esprit anarchisant, ce film n'en témoigne pas moins de l'admiration de son auteur pour la littérature et le cinéma américain : le thème est d'ailleurs emprunté à un roman de Jim Thompson. Le cinéaste a transposé l'action et la typologie des Etats-Unis dans un milieu européen, comme il l'avait déjà fait pour Simenon dans son premier film  L'horloger de Saint-Paul  ( 1974 ). On y gagne une fable intemporelle sur la débilité humaine, la fragilité des esprits et des coeurs, les pulsions incontrôlées des êtres, tout cela empreint d'une féroce jubilation, auquel le personnage interprété par Philippe Noiret, stupéfiant d'ambiguïté, participe beaucoup. Le Bien et le Mal c'est pareil, ça sert pas beaucoup par ici, ça rouille, ça doit être le climat - soliloque le héros, mélange de Don Quichotte et d'Ubu roi.

 

Tous les acteurs méritent d'ailleurs d'être cités - Stéphane Audran et Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle et Guy Marchand,  tant ils contribuent à créer l'atmosphère étouffante et poisseuse de cet opus, mélange relevé et âcre d'humour noir et de farce cruelle, brûlot anachronique qui s'achève sur une pirouette et laisse entendre - selon Alexandre Trauner - que la justice divine est sans doute incompatible avec les idéaux humains.

 

4-e-toiles


Pour lire les articles sur Philippe Noiret, Stéphane Audran et Isabelle Huppert, cliquer sur leurs titres :

PHILIPPE NOIRET - PORTRAIT         ISABELLE HUPPERT - PORTRAIT          STEPHANE AUDRAN - PORTRAIT

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

 

 

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 09:26

                 Philippe Noiret et Gisele Preville. Mocky Delicious Products    Michel Bouquet et Philippe Noiret. EuropaCorp Distribution

                  Lorant Deutsch et Philippe Noiret. Gaumont Buena Vista International (GBVI)  Philippe Noiret et Isabelle Huppert. Studio Canal

                                                                       
                                                   VIDEO HOMMAGE


 

1930 - 2006

 

Philippe Noiret, qui nous a quittés le 23  novembre 2006  à l'âge de 76 ans des suites d'un cancer, a laissé un vide immense dans le cinéma français. Cet acteur, par son talent, son élégance, son naturel et sa simplicité, avait su, mieux qu'aucun autre, gagner l'estime et l'affection du public et interpréter les rôles les plus divers avec le même bonheur, la même humanité, sachant être tour à tour flic, truand, amoureux transi, bougeois râleur ou débonnaire rigolard. Bien qu'il soit venu assez tard au cinéma, sa filmographie est impressionnante. Environ 125 films avec les plus grands metteurs en scène français et italiens, dont voici quelques titres parmi les plus marquants :  La Grande bouffe - Alexandre le bienheureux - La vie de château - Thérèse Desqueyroux - L'Attentat - Que la fête commence - Un taxi mauve - Tendre poulet - Le vieux fusil - Les Ripoux - Coup de torchon - Cinema paradiso - La vie et rien d'autre , qui, à eux seuls,  prouvent, si besoin est, le souci constant de l'acteur de ne donner son accord qu'à des oeuvres de qualité.

 

 

             Gaumont Buena Vista International (GBVI)

 

 

Né le 1er octobre 1930, Philippe Noiret, après des études classiques dans un collège d'oratoriens, débuta en 1950 une carrière au cabaret avec Jean-Pierre Darras, puis au Théâtre National Populaire avec Jean Vilar.  Il y interprétera de nombreuses pièces dont La nuit des rois,  Lorenzaccio et Le Cid, expérience fondatrice qui lui apprit la rigueur et l'exigence et lui prêta pour partenaires des comédiens comme Gérard Philipe, Maria Casarès et Monique Chaumette, qu'il épousa par la suite. Cela lui vaudra également une diction parfaite et une modulation de la voix qui conférera un attrait supplémentaire à son jeu d'acteur. Son premier rôle au cinéma lui est proposé par Agnès Varda dans  La pointe courte  en 1956, mais il lui faut attendre quatre ans avant de jouer à nouveau dans  Zazie dans le métro  de Louis Malle et d'imposer au petit écran sa stature, son visage clément et ce quelque chose de très français qu'il savait teinter d'une pointe d'élégance tout britannique. Après Zazie, il enchaîne film sur film pendant près de 50 ans, marquant l'écran de sa présence chaleureuse et de sa prodigieuse aptitude à jouer les contre-emplois. Grâce à ce prodigieux pouvoir de métamorphose, il se fera une spécialité des personnages de composition, auxquels il communiquera, tour à tour, sa bonhomie ou sa gravité, son humour ou sa tendresse, sa jovialité ou sa bougonnerie. Il entre vraiment en popularité grâce au film d'Yves Robert  Alexandre le bienheureux  ( 1967 ),  sorte de dithyrambe de la paresse, qui lui sied à merveille. Ainsi va-t-il, au long d'une filmographie d'une rare qualité, imposer un personnage peu commun, malgré un physique banal, qui, au gré des circonstances, fera preuve d'équilibre, de bonté, de drôlerie, mais également d'un lymphatisme qui pouvait aller jusqu'à la lâcheté, d'une sensualité qui frôlait parfois le vice et d'un laxisme qui, à l'occasion, s'apparenterait à de l'impudence. C'est probablement Bertrand Tavernier qui a su le mieux utiliser cette formidable ambiguïté et dégager ce qu'il pouvait y avoir d'inquiétant et de perverti dans son image la plus rassurante, en lui confiant le rôle du policier dans son film Coup de torchon. C'est ainsi que pour les besoins d'un rôle, cet  acteur pouvait osciller entre la rigidité bourgeoise et la tentation anarchiste. De fait, il excella dans tous les rôles et sut mettre de l'émotion jusque dans sa façon de s'effacer discrètement.

 

 

Chez lui, jamais d'amertume, mais une bienveillance inlassable, un souci constant de donner le meilleur de soi, d'insuffler à ses personnages, du plus sombre au plus caustique, une épaisseur humaine. Il ne se considéra jamais comme une star, dont il n'avait ni les caprices, ni les éclats, mais comme un artisan, désireux de se renouveler et de s'enrichir au quotidien, enclin à toujours mieux faire. Menant une brillante carrière internationale sous la direction des plus grands : Cukor, Hitchcock, Rosi, Noiret alterne intelligemment  les films destinés au grand public et les oeuvres plus personnelles et originales, sans jamais donner pour autant sa caution à n'importe quelle entreprise. Même lorsqu'il échoue avec un film comme Le Grand Carnaval  ( 1984 ) d'Alexandre Arcady, il ne semble jamais compromis auprès d'un public qui se sent proche de cet homme courtois et modeste. C'est la raison pour laquelle le comédien put enchaîner en cette même année 1984  le rôle de l'officier colonial de  Fort Saganne d'Alain Corneau et celui du flic des Ripoux de Claude Zidi, qu'il illumine de son cynisme jovial, car mieux qu'une vedette, Noiret était une nature. Il joua mille et une variations sur le thème de la bonhomie, n'excluant ni les crises d'autorité, ni les fourberies. Un critique écrira de lui : " Noiret est le seul qui puisse faire rire et pleurer dans le même instant, danser le french-cancan, pousser la chansonnette, jouer Racine ou Ionesco, être grossier et subtil avec le même raffinement des acteurs de vieille race". Le public le savait et l'appréciait, devinant en lui les qualités de l'honnête homme dans le sens plein du mot. N'étant pas de nature à se plier au conformisme ambiant, il eut parfois quelques coups de gueule mémorables, entre autre celui poussé à propos du Paris-Dakar qu'il désapprouvait : " Si on ne voit pas que le Paris-Dakar est un crachat sur la beauté du désert et une offense aux populations africaines, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle" disait-il.
 

 

 

         Thierry Lhermitte, Lorant Deutsch et Philippe Noiret. Gaumont Buena Vista International (GBVI)                 Philippe Noiret et Guy Marchand. Studio Canal

 

Noiret fut couronné du César du meilleur acteur à deux reprises : pour Le vieux fusil de Robert Enrico et La vie et rien d'autre  de Bertrand Tavernier.

Pour  prendre connaissance de mes critiques sur les films où apparaît l'acteur, cliquer sur leurs titres  dont  Cinéma Paradisio, Coup de torchon  et  Le vieux fusil, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

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ACTEURS DU 7e  ART

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 11:01

Metropolitan FilmExport      VIDEO

" Certains combats font l'histoire, d'autres la changent à jamais ".

 

Les 3 Royaumes  de  John Woo  est un film événement à maints égards : tout d'abord pour sa mise en scène époustouflante, son rythme, son audace picturale,  la conduite de l'histoire, l'interprétation, autant d'éléments qui coupent le souffle. Sans être une adepte inconditionnelle des grands spectacles, celui-ci est d'un intérêt, d'une qualité tels, qu'il serait dommage de le manquer, tant on a l'impression d'entrer dans une page d'histoire, de voir le passé se réanimer sous nos yeux avec une incroyable actualité. Le réalisateur est connu des cinéphiles du monde entier depuis longtemps. Ses polars comme  Le syndicat du crime,  The Killer,   A toute épreuve,  ponctués de fusillades dantesques chorégraphiées comme des ballets, l'ont imposé dans les années 80-90 comme un surdoué de la violence irréaliste, adepte d'un langage cinématographique plus proche de la musique que de la simple mise en images. Parti à Hollywood en 1993, il est le seul des cinéastes de HongKong qui ont émigré aux Etats-Unis avant la rétrocession de la péninsule à la Chine en 1997, à avoir fait son trou dans la Mecque du cinéma.  Après avoir signé quelques oeuvres de commande comme Mission impossible 2 et deux films majeurs  Volte-Face  et  Windtalkers,  tous deux avec Nicolas Cage, John Woo est revenu dans son pays natal.

La raison principale de ce retour au bercail est une fresque historique Les 3 royaumes ( présenté en Chine sous la forme d'un diptyque de quatre heures, le film sort en Europe dans une version de 2 heures 30 remontée par le réalisateur ), qui cumule les records du plus gros budget chinois et du plus gros succès de tous les temps ( il a même détrôné  Les seigneurs de la guerre .


Metropolitan FilmExport


Un faste spectaculaire a été mis au service d'une histoire mythique, celle de la célèbre bataille de la Falaise rouge, qui opposa, au IIIe siècle, les armées alliées des royaumes de Wu et de Shu à celles des forces impériales, bien plus nombreuses. Même écourté, ce film reste le plus impressionnant de son auteur, un tableau guerrier où s'entremêlent enjeux stratégiques et destins hors normes, littéralement sublimés par John Woo qui, une fois de plus, parvient à faire émerger du chaos des armes, une puissance et une beauté rare.
Il est significatif de souligner à quel point la Chine aime à se souvenir de son passé et à le ré-actualiser avec ce panache, cette grandeur, cette puissance, au point qu'il paraît émerger comme une vague du fond des temps, plaçant désormais sur le marché international le cinéma chinois sur un pied d'égalité avec Hollywood.
Dans Les 3 royaumes se succèdent bien sûr de nombreuses scènes de batailles, étourdissantes de maestria, mais il serait injuste de résumer le film de John Woo à la seule action violente. Ce metteur en scène, éduqué dans une école luthérienne, est un fervent chrétien, d'obédience protestante, mais fasciné par l'imagerie catholique et ses guerriers sont le plus souvent des chevaliers au grand coeur défendant la veuve et l'orphelin au péril de leur vie. Son dernier film ne déroge pas à la règle. C'est un film de guerre très réaliste qui parle de courage, d'amitié et de loyauté - dit-il. Ces valeurs obsèdent littéralement John Woo. Conscient qu'on le réduit souvent à la violence présente dans ses films, il tient à préciser :
Je n'ai jamais aimé la guerre, ni la violence qui en découle. Le conflit que je dépeins a eu lieu il y a 1800 ans et pourtant rien n'a changé. Une guerre, c'est toujours une tragédie ponctuée d'horreurs sans véritable vainqueur. Pour autant, je n'ai pas perdu confiance en l'humanité. Je crois l'homme aussi capable de choses magnifiques, comme le sacrifice, la recherche de la beauté et de la vérité

Artisan aussi infatigable que modeste, John Woo aime à se définir comme un cinéaste qui travaille dur et dit vénérer les films de Jean-Pierre Melville, Jacques Demy et Sam Peckinpah. On le croit volontiers. A assister à la projection de son dernier opus, on imagine le travail immense que cela représente, ne serait-ce que pour mettre en images ces batailles pharaoniques.D'autant plus qu'aucun détail n'a été négligé et que chacune des scènes est d'une précision d'horloge et d'une recherche esthétique incomparable.


Lin Chi-Ling. Metropolitan FilmExport


Héroïsme, romantisme, abnégation, esprit de sacrifice sont donc au rendez-vous tout au long de cette fresque grandiose et épique qui nous plonge au coeur de la civilisation et de la culture chinoises et nous décrit comment dans les années 230/250 de notre ère l'empire du milieu se partagea en trois royaumes et les conséquences qui en découlèrent. John Woo s'est inspiré d'un roman classique chinois, datant du XIIIe siècle, et a resserré son scénario autour de l'épisode clé de la fameuse bataille de la Falaise rouge qui fut déterminant pour l'avenir de la Chine. Un film en tous points réussi et qui démontre, si besoin était encore, ce que le 7e Art est en mesure d'offrir quand il est traité par un maître de l'image.

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE


Takeshi Kaneshiro. Metropolitan FilmExport

 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 10:45

Rezo Films     

 

Voilà un film toujours d'actualité et qui, sorti en 2008, ne peut laisser personne indifférent. Porté par une Isabelle Adjani qui semble ne faire qu'un avec le personnage de Sonia Bergerac, il nous conte l'histoire d'une prof de français comme tant d'autres, qui s'apprête à affronter pendant les 60 minutes de son cours, des élèves au bord de l'insurrection. A peine a-t-elle refermé la porte de la classe qu'ils l'invectivent, la menacent, l'insultent. Visiblement déprimée, déjà usée avant l'âge, la jeune femme - au bord de la crise de nerfs ou d'épuisement - découvre soudain dans le cartable d'un arrogant jeune beur un pistolet dont elle va se saisir afin de retourner la situation à son avantage et faire en sorte que la violence change de camp. Ainsi allons-nous assister à une tragédie classique, un huit-clos inimaginable il y a seulement quelques années, d'un professeur donnant son cours après avoir pris ses élèves en otage. Dès les premières images le ton est donné et la tension ne fera que s'intensifier lorsque le directeur du lycée, ayant alerté la police, celle-ci arrive sur les lieux, cherchant par des moyens très souvent contestables et brouillons, à régler au mieux une situation paroxysmique. Intervient alors une ministre de l'intérieur vraiment peu crédible. Ensuite rien ne nous sera épargné de la lâcheté et de la veulerie des uns et des autres, du proviseur et des parents d'élèves se refusant tous à analyser la situation avec lucidité, les uns proférant l'anathème à l'encontre de ce prof  trop fragile et probablement raciste, les autres se réfugiant dans le silence par crainte des représailles. On assiste ainsi à l'étalage de tous les poncifs qui font qu'aucun des problèmes concernant l'éducation sont actuellement en voie d'être résolus de manière rationnelle. Une seule collègue courageuse téléphonera en cachette à Sonia Bergerac pour l'assurer de son soutien indéfectible et la supplier de tenir bon. Mais Sonia, à l'évidence, ne se fait aucune illusion : la responsable, le bouc émissaire, ce sera elle, elle seule. On comprend alors à quel point les femmes sont plus exposées que les hommes dans une société qui ne parvient plus à faire respecter le droit et la loi. C'est la raison pour laquelle Sonia Bergerac voudrait instituer la journée de la jupe, de façon à dire haut et fort que la femme qui porte les emblèmes les plus classiques de sa féminité n'est pas pour autant une pute. Effroyable mélange des genres qui permet à des populations d'assimiler la féminité à la luxure et regard sans concession porté sur les conditions désastreuses de l'enseignement en France. La fin de ce huit-clos est dans la droite ligne du combat engagé : bien sûr tant de violence, d'aveuglement, de haine ne peuvent se conclure que dans le sang et les larmes...


Isabelle Adjani. Rezo Films

 

Cet opus courageux pose sans ambages les problèmes qui concernent chacun de nous, car personne ne peut se dérober à un état de fait qui risque d'engendrer les pires catastrophes. L'enseignement est ce qui permet aux plus démunis de s'approprier les outils culturels indispensables pour sortir de leur condition et s'assurer un avenir décent. C'est d'ailleurs ce que ne cesse de leur dire, avec un accent de sincérité bouleversant, dans les conditions dramatiques qui sont les siennes, leur professeur. N'est-elle pas là pour les aider, n'a-t-elle pas consacré sa vie à les former, à les éduquer, afin d'en faire des adultes responsables. Isabelle Adjani se fait leur avocat sans qu'ils s'en rendent compte, adolescents refermés sur eux-mêmes, leurs préoccupations immédiates, leurs pulsions instinctives. Rien ne passe plus d'elle à eux, sinon cette violence née d'une peur inexplicable, irraisonnée, inavouée.

Balançant entre drame, plaidoyer, témoignage, ce long métrage n'est pas dénué de défauts, ni exempt de maladresses, mais il a l'avantage de frapper fort et juste. Bien sûr, rien d'innovant dans une mise en scène linéaire et banale ; rien de stupéfiant, de sublime ( je l'ai lu dans plus d'une critique ) dans le jeu toujours un peu forcé d'Isabelle Adjani, dont on sait qu'elle se plaît dans les drames les plus sombres, mais une fable terrible et, je le suppose, hélas ! ( car je ne suis ni élève, ni professeur ) un constat accablant.
Une mention spéciale pour les jeunes acteurs, tous épatants.

 

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Rezo Films

 

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 11:40

reves-kurosawa-aff.jpg

 

 

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Huit rêves, huit promenades dans l'inconscient, dérives fantasmatiques ou visions prémonitoires, dont le héros est le réalisateur lui-même. Dans les premiers épisodes, l'auteur est encore un enfant, dans les six autres, il est successivement un adolescent, un étudiant, un adulte, un homme mûr puis un vieillard, l'interprète étant un acteur qui lui ressemble : certains de ces rêves proviennent de mon enfance- a déclaré Kurosawa - mais il ne s'agit pas pour autant d'un film autobiographique, plutôt de quelque chose d'instinctif.
Rares sont les films dans lesquels le rêve constitue le ressort principal de l'intrigue, nous ouvrant les portes d'une seconde vie chère au poète Gérard de Nerval. Kurosawa l'a osé et exauce ainsi le voeu surréaliste du " jeu désintéressé de la pensée ", faisant, par ailleurs, de cet opus, son oeuvre testamentaire.

En voici la teneur :

Soleil sous la pluie - A.K. a cinq ans. Perdu dans la forêt, il rencontre un mystérieux cortège nuptial dont les officiants ont des têtes de renard.

Le verger aux pêchers : Fuyant la maison paternelle, l'enfant assiste à un ballet somptueux donné par des figurines impériales dans un verger dévasté qu'elles ont fait refleurir.

La tempête de neige : Une équipe d'alpinistes, dirigée par A.K. jeune homme, est la proie de la cruelle Fée des neiges.

Le tunnel : Un épisode de la guerre, où le capitaine A.K. voit surgir, d'un tunnel gardé par un chien-loup, les fantômes de ses hommes morts au combat.

Les corbeaux :  En visite dans une galerie de peinture, A.K. pénètre dans un tableau de Van Gogh et y rencontre l'artiste en personne, se promenant librement à travers ses toiles.

Le Mont Fuji en rouge : L'explosion d'une centrale nucléaire a embrasé le séculaire Mont. A.K. reste impuissant devant la catastrophe qui provoque la mort de milliers de personnes.

Les démons gémissants : La guerre atomique a ravagé la planète, à présent hantée par des morts-vivants qui se dévorent entre eux.

Le village des moulins à eau : Dans une contrée bucolique, où l'on ignore le progrès de l'industrialisation, un paysan centenaire, féru d'écologie, enterre dans la joie sa compagne de 99 ans...

Rien de plus naïf que ces rêves-là qui nous parlent de l'enfance du dormeur, de sa crainte de la mort et de la radioactivité, de sa nostalgie du paradis perdu, du soleil sous la pluie, du Mont Fuji et de la Mère nature. Cinéaste que l'on a pu croire longtemps orienté vers le réalisme, Kurosawa est, en définitive, un lyrique, plus à l'aise dans le monde imaginaire et en parfait accord avec la tradition japonaise du conte fantastique.Souvenons-nous des amants d' Un merveilleux dimanche ( 1947 ) échappant au sordide de la vie quotidienne en s'imaginant un avenir meilleur ; du clochard de Dodes'Kaden( 1970 ) qui conduit un tramway fantôme et se voit propriétaire d'une luxueuse demeure, de tels films signent l'oeuvre d'un poète authentique, préoccupé d'une harmonie " homme nature " dont nous avons perdu le secret et qui semble, à Kurosawa, indispensable à retrouver si nous voulons assurer la survie de l'espèce humaine et redécouvrir les valeurs fondamentales de la vie. Croyance utopique, sans doute, qui s'apparente à celle des grands visionnaires chers au cinéaste japonais, Shakespeare et Dostoïevski, en quête, comme lui, d'un havre dans la tempête et qui savent que nous sommes faits de la même étoffe que les songes.

     


Ce souci d'harmonie, cette poésie d'un quotidien transfiguré composent le message spirituel de Rêves, en même temps que sa splendide modernité. Par delà la dénonciation des saccages de l'environnement, du péril nucléaire, de la vanité des conquêtes scientifiques, il y a dans cette oeuvre majeure l'affirmation sereine de la pérénité de la nature et de la toute puissance de l'art, que l'on est en droit d'envisager comme une réalité tangible et où l'on peut, grâce aux facultés infinies de l'imaginaire, s'immerger et se ressourcer. Il suffit de la contemplation d'un arc-en-ciel couronnant un parterre de fleurs sur un fond de montagnes millénaires pour renouer avec la paix intérieure et supputer les possibilités immenses que recèle le monde. Fruit de la tendresse pour le passé, des convictions profondes et du pressentiment d'un avenir funeste de son auteur, ce long métrage, d'une beauté saisissante, prêche avec ferveur pour la protection d'une nature en péril et d'une humanité déboussolée par l'accélération exagérée du progrès.

 

Pour lire l'article consacré à Akira Kurosawa, cliquer sur son titre :

 

AKIRA KUROSAWA OU UN ART PICTURAL EXTREME

 

Et pour prendre connaissance de la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

 

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 10:23

Luchino Visconti aura marqué le 7e Art d'un esthétisme flamboyant, contribuant ainsi à la stylisation de la réalité et à la mise en opéra de l'histoire. 

 

Collection Christophe L.   

 

De sa famille, l'une des plus nobles d'Italie, Luchino Visconti  hérite d'un raffinement inouï, d'une vaste culture et de l'amour du théâtre. Le cinéma l'attire également et il décide de faire carrière dans la mise en scène. Son goût très sûr mais ses idées progressistes dans l'Italie fasciste de Mussolini l'incitent à se rendre en France, où il travaillera avec Jean Renoir dans  Une partie de campagne  en 1936. La guerre interrompt leur collaboration qui devait se poursuivre en Italie avec Tosca et figurait déjà l'attraction qu'il éprouvera toujours pour l'art lyrique et les récits raffinés.

Son oeuvre cinématographique s'inspire souvent d'éléments et de faits puisés dans un temps historique situé de préférence entre 1850 et 1950, qu'il déploie à la manière ample d'un opéra, parce que son intuition a très tôt fondé son art de telle sorte que la perfection atteigne sa somptueuse plénitude. C'est l'expression d'une exigence qui ne laissera au hasard aucun détail, aucune nuance, aucun des sentiments les plus subtils de l'âme humaine. Ossessione ( Les amants diaboliques ), en 1943, donne le coup d'envoi de ce que sera le néo-réalisme et se révèle être aussi sombre et pessimiste que certaines oeuvres de De Sica, à la différence que Visconti se refusera toujours au didactisme et à tout sentimentalisme démagogique.
Au lendemain de la guerre  La terre tremble  ( 1948 ), qui a le don d'exaspérer le monde de la finance, forme avec  Ossessione  et  Rocco et ses frères  une trilogie imprévue qui brosse un portrait social de l'Italie des pauvres, de ses violences et de ses migrations dans l'illusion, mais l'oeil que pose le réalisateur sur la civilisation et les hommes reste avant tout un regard poétique, au sens fort du terme.


     Les Acacias


Dans la fable merveilleusement mélodramatique de  Bellissima  ( 1951 ), où Anna Magnani se révèle être plus que jamais telle qu'en elle-même, l'auteur ironise sur l'envers de l'illusion, sur le temps du rêve, mais veille à ne pas s'attendrir exagérément sur la crédulité populaire. Visconti sait ne retenir que ce qui est le plus significatif dans la narration et veille à l'épurer de toute complaisance, car seul lui importe ce qui suggère et dénonce. Le réalisateur sait trop que la réalité ne se charge de sens qu'en fonction de l'impact de l'écriture et de l'unité interne de l'oeuvre. Ainsi des intérieurs rustiques de Rocco et ses frères aux somptueuses natures mortes de Senso ou du Guépard, il met une scrupuleuse attention, aussi bien historique que sociale et psychologique, aux gestes, aux objets, aux toilettes, afin de recréer dans sa globalité le milieu et le climat de l'époque et lui restituer son authenticité et sa vraisemblance, car la vérité de ces re-créations en constitue le label, l'ombre de l'échec et celle de la mort s'étendant peu à peu sur la vie.


Les Films Ariane


C'est à cause de ce regard tout ensemble critique et poétique que le concept de nostalgie existe et établit un lien, qui coure sans se rompre jamais du premier au dernier de ses films, que ce soit  Le GuépardSandraMort à VeniseLudwigViolence et passion, Visconti contribuant ainsi à la stylisation de la réalité, à la mise en opéra de l'histoire. Il y a de sa part, et en contre-champ, un moralisme stendhalien que la fréquentation de l'histoire n'incline guère à l'optimisme et un goût identique, chez le metteur en scène Mort à Venise et l'auteur de La Chartreusede Parme, pour les passions sans retenue.
Chacun de ses sujets exalte un peu plus, un peu mieux, son exceptionnel génie plastique, son esthétisme flamboyant qui évolueront des gris d'Ossessione, des noirs et blancs de La terre tremble, à l'impressionnisme raffiné de Mort à Venise ou au romantisme pictural de Ludwig. Mais il arrive que le metteur en scène cède à la parodie et que le souci de vérité - ce sera le cas dans  Les damnés  - l'incite à peindre d'un pinceau acéré certains portraits de névropathes et qu'il mette ses pas dans ceux de Dante pour mieux nous plonger dans l'enfer des damnations humaines. Dans ces derniers opus Violence et passion ( 1974 ) et L'innocent ( 1976 ), l'inspiration s'embrume d'une douleur à peine voilée, s'infléchit dans une contemplation amère et pessimiste de l'art et de l'histoire qui rejoint la prémonition de la mort imminente, alors que le sublime amour, interdit, impossible, inavouable, fait peser sur les fragments de vie l'ombre opaque de son échec. Un combat avec le temps, et contre lui, investit l'oeuvre et nous la restitue en un oratorio pathétique, d'où ne sont exemptes ni la faiblesse, ni la grandeur.



Pour prendre connaissance des articles que j'ai consacrés à Romy Schneider et aux Réalisateurs, cliquer sur leurs titres :


ROMY SCHNEIDER - PORTRAIT      LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

 Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN, dont Mort à Venise, Senso, Ludwig et Le guépard, cliquer sur celui ci-dessous : 



LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

 

Helmut Berger et Silvana Mangano.

 

 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:35

Les Grands Films Classiques   Diaphana Films


Lee Chang-dong est né à Daegu en Corée du sud en 1954 et a commencé par être écrivain, publiant à la fin de ses études universitaires, en 1983, The booty qui obtint un grand succès, ce qui propulsa le jeune auteur comme l'un des écrivains les plus en vue de sa génération. Suivront deux autres romans : Burning papers en 1987 et Nokcheonen 1992. Attiré par le 7e Art, il propose à Park Kwang-su ( l'un des fondateurs de la nouvelle vague coréenne ) de lui écrire le scénario de To the starry Island, ce qui lui ouvre les portes des studios. En 1995, il écrit un second scénario A single sparkqui raconte l'histoire d'un activiste ouvrier des années 60. L'écriture des scénarii lui donne l'envie de passer derrière la caméra, d'autant qu'il a déjà travaillé comme assistant auprès de Park Kwang-su et s'est ainsi familiarisé avec les exigences du métier.


Lee Chang-Dong. Diaphana Films


Si bien qu'en 1996 il écrit et réalise son premier long métrage Green fish  qui est bien reçu du public et de la critique en Corée, sélectionné dans de nombreux festivals comme ceux de Londres et Rotterdam et remportera même un prix à Vancouver. Son second opus en 2000  Peppermint Candy  est unanimement acclamé et conte à rebours le désastre économique de 1997 en Corée, consécutif à la dictature militaire. Projeté dans plus de 30 festivals, il remportera trois prix à Karkovy et Bratislava.

Le troisième film de Lee Chang-dong,  Oasis,  traite de l'amour entre un jeune garçon simple d'esprit et une jeune fille handicapée, Roméo et Juliette disgraciés par la nature mais amoureux néanmoins, opus bouleversant qui obtiendra également un grand succès public et critique, tant et si bien que le jeune réalisateur sera nommé ministre de la Culture de la Corée du Sud. Mais il quittera très vite ce poste, suite aux difficultés qu'il rencontrera afin d'imposer des quotas sur les productions américaines et sauver la production du jeune cinéma coréen en plein expansion et refroidi par une expérience qui ne correspond pas à sa nature profonde et l'éloigne de son art.


En 2007, il présente son dernier film  Secret Sunshine  au Festival de Cannes et devient ainsi le metteur en scène le plus représentatif du cinéma coréen. Son actrice  Jeon Do-yeon  recevra, quant à elle, le prix d'interprétation féminine pour son rôle émouvant de jeune veuve dont le fils unique disparaît.

A Deauville, pour la 11ème Edition du Festival du Cinéma asiatique, Lee Chang-dong a été reçu comme un maître du 7e Art et honoré pour l'ensemble de son oeuvre. 

 

Pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE dont "Secret sunshine", cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 



Jeon Do-Yeon. Diaphana Films

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 10:41

Haut et Court      VIDEO

 

Persuadé qu'un tueur en série fait disparaître une à une ses filles, un ex-flic devenu proxénète part à la recherche de la dernière. Il a réalisé, en effet, qu'elles avaient toutes rencontré le même client, identifié par les derniers chiffres de son numéro de portable. Joong-ho se lance dès lors dans une chasse à l'homme persuadé qu'il peut encore sauver Mi-jin...Premier film d'un jeune réalisateur sud-coréen  Na Hong-jin  que le récent Festival du Cinéma Asiatique de Deauville a couronné du Lotus Action Asia 2009, ce polar atypique et débordant d'énergie entraîne le spectateur dans une traque éperdue, où l'horreur et l'action le disputent à l'humour noir et à la tragédie, tandis que se dessine peu à peu le personnage d'un anti-héros cynique aussi peu conventionnel que possible dans une mise en scène un peu brouillonne qui ne permet pas à cet opus de rivaliser avec ses illustres prédécesseurs  Old boy et  Memories of Murder.


Haut et Court


Ce serial killer terrifiant à maints égards, souvent inutilement violent et très typiquement sud-coréen par sa noirceur, nous fait assister pendant 2h 30 à une chasse à l'homme impitoyable dans les rues tortueuses de Séoul, labyrinthe inextricable visité la plupart du temps de nuit, dans une lumière glauque qui rend encore plus oppressante cette ville tentaculaire. Efficace dans sa peinture sans concession d'une société corrompue, mais présenté selon des critères manichéens excessifs, ce long métrage use du cynisme avec une sombre jubilation. D'autre part, l'oeuvre n'est pas dénuée d'une arrière pensée démagogique, car il est évident que l'auteur ne cesse de pointer du doigt un état incompétent, ainsi qu'une humanité pitoyable et des fonctionnaires pour la plupart véreux, versant dans l'apologie de la justice individuelle. Ainsi  The Chaser  est-il, au final, une histoire cruelle, sans grand espoir de rédemption, un film ténébreux qui nous révèle l'homme sous son aspect  le plus désespérant, donnant le ton a ce que fut, dans l'ensemble, le Festival Asia de Deauville 2009. D'autant que le dernier quart d'heure, qui tire en longueur, nous donne la sensation que l'image, elle-même, finit par s'épuiser. Cet ancien flic marginal endosse donc les maux qu'il a engendrés et seul contre tous tente d'échapper à la poursuite du tueur fou, se heurtant, par ailleurs, au mur infranchissable du système policier. Cette virée nocturne déchaînée se déroule d'un bout à l'autre dans une tension furieuse et animale et vous laissse, à la sortie, anéanti et sonné. Percutant.

 

3-e-toiles

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 


Haut et Court

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 11:48

      VIDEO


Troisième film du cinéaste israélien Ari FolmanValse avec Bachir  est un mélange réussi entre dessin animé, enquête documentaire et chronique de guerre, qui mêle de façon détonnante la beauté des images à l'horreur du sujet. Ce récit inaugural par son originalité suscite d'emblée la prise de conscience de cette période, où des phalangistes chrétiens alliés à des Israéliens massacrèrent des centaines de civils pour venger l'assassinat de Bachir Gemayel, leur chef charismatique.
La richesse de ce film réside dans la singularité du propos, soit la dénonciation de l'absurdité de la guerre, la distorsion fantasmagorique des témoignages qui tentent de rendre la mémoire au héros principal, et une certaine forme de dé-réalisation par rapport au drame de Sabra et Chatila. Aussi ce film-événement mérite-t-il d'être vu de par sa qualité et l'interrogation qu'il soulève sur les aveuglements d'une humanité égarée. 


New Israeli Foundtion for Cinema & Television


L'auteur y évoque un épisode de son passé lorsqu'il fit son service militaire et fut envoyé à Beyrouth lors de la guerre du Liban en 1982. Il explore son inconscient, raconte ses nuits troublées par des cauchemars, cherche à comprendre ce qui le hante, remonte à la source de ses tourments, retrouve la trace de ce qu'il a vu, vécu et occulté.

Imaginaire et objectivité sont donc les ingrédients de ce cocktail qui a nécessité quatre années de travail. Ce film a été la sensation du Festival de Cannes 2008 et fut curieusement écarté du palmarès, à la surprise générale. Ainsi la structure narrative mélange-t-elle le présent morose et le passé honteux dans le même tumulte d'images.

 

A voir ou revoir en DVD

 

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LISTE DES FILMS DU CINEMA EUROPEEN ET MEDITERRANEEN

 

New Israeli Foundtion for Cinema & Television

 

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  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
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Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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