Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 09:14
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Album - N--3
Repost 0
Published by - dans album
commenter cet article
29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 09:17

penance_japan_2012_-40633.jpg  

 

Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe nouvellement arrivée. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir du visage du tueur et d’aider ainsi à son arrestation. Asako, la mère d’Emili, désespérée de le savoir en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas, elles seront leur vie durant accablées par la culpabilité et contraintes à la pénitence. Quinze ans plus tard, que sont-elles devenues ? C’est ce que ces deux  films ( seconde partie : celles qui voulaient oublier ) nous content en cinq épisodes qui s’enchaînent les uns aux autres, sans omettre les moindres pistes, indices et conséquences et en s’attardant principalement sur le vécu de chacune des jeunes protagonistes marquée à jamais par ce drame.

 

penance-298de.png

 

 

Le retour derrière la caméra de Kiyoshi Kurosawa, après plusieurs projets avortés, avec les deux volets de cet opus dont la seconde partie - à ne pas manquer - sortira en salles la semaine prochaine, prend la forme d’une frise criminelle doucement perverse, mais d’une délicatesse inouïe, en cinq tableaux  d’une cinquantaine de minutes, commandés par la télévision  nipponne d'après un roman à succès. Une histoire de petites filles qui, devenues adultes, restent, chacune à sa manière,  meurtries par la culpabilité de n’avoir pas identifié celui qui avait assassiné l’une d’entre elles sous leurs yeux.

Le film chemine à pas délicats dans l’imbroglio de ce réseau de névroses, jusqu’à ce que vérité éclate enfin lors d’un épilogue centré sur la figure vénéneuse et magnétique de la mère endeuillée que vous verrez en allant voir la seconde partie. Un polar doublé d'une fine analyse des comportements humains face à un drame qui marque la personnalité à tout jamais et une méditation subtile sur le pardon, la pénitence et la rédemption considérés dans leurs phases les plus divergentes. Passionnant.

 

Capture-d-e-cran-2013-05-28-a--15.13.02.png

 

Alors qu’il aurait été tentant de relier et réunir, pour l'occasion, les quatre fillettes devenues adultes, Kiyoshi Kurosawa établit entre elles un réseau de solitudes conforme à sa vision atomisée de la société. Il y a celles qui voulaient se souvenir dont Sae interprétée par la très belle Yu Aoi qui se refuse à devenir femme et épouse un homme riche qui, allant au-devant de ses vœux, la transforme en une poupée intouchable jusqu’à la répudier quand surviennent ses menstrues ;  il y a Maki qui est institutrice et provoque le courroux des parents en se montrant trop exigeantes et voit partout des violeurs en puissance. Il y a également celles qui voulaient oublier, dont l'une qui se complait dans un état infantile et joue à la fille-ours, repoussant toute coquetterie qui  éveillerait le désir de l’homme ; enfin Yuka, jeune femme à la cuisse légère, qui sera la seule capable de mettre Asako sur la piste de l’assassin. Le cinquième épisode, assez laborieux, est consacré à la résolution du crime et se recentre sur la mère, douée d’une présence énigmatique, séductrice froidement déterminée et manipulatrice un brin démoniaque, campée par l’actrice Kyoko Koizumi, admirable d’inébranlable volonté et de beauté hiératique. Si le cinéaste n’atteint pas ici les sommets de son œuvre, il ne transige pas en matière d'une mise en scène nullement mécanique et d’une belle qualité atmosphérique.

 

3417546_6_316c_une-scene-du-film-japonais-de-kiyoshi-kurosa.jpg

 

On retrouve également la qualité de cadreur de Kiyoshi Kurosawa au sein d’espaces et de plans scénographiques fort bien gérés et en adéquation avec la psychologie des personnages. C’est peut-être l’écriture qui est davantage marquée par une forme de répétitions inutilement insistantes sur les conséquences psychologiques des traumatismes et de la culpabilité. Il s’agit évidemment d’un film féminin – la maternité pour antienne, et autres questions liées à cet univers  – sans pour autant être féministe. Quoiqu'il en soit, malgré quelques longueurs, les deux volets n'en sont pas moins une étude élaborée et convaincante d'une survie à un traumatisme et, au final, un personnage coupable qui, bien que condamné à ne pas l’être par la justice des hommes, se doit de vivre avec une faute que, dans un premier temps, il avait voulu infliger à d'autres.

 

3-e-toiles

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique 15e FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES DU 15e FESTIVAL du FILM ASIATIQUE de DEAUVILLE

 

Et pour prendre connaissance de l'article consacré à Kiyoshi KUROSAWA, cliquer sur son titre :

 

KIYOSHI KUROSAWA OU UN CINEMA DE LA DETRESSE

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

20482678.jpg  KYOKO KOIZUMI

 


 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 09:21
GATSBY LE MAGNIFIQUE de BAZ LUHRMANN

                           

Printemps 1922. L'époque est propice au relâchement des mœurs, à l'essor du jazz et à l'enrichissement des contrebandiers d'alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d'un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s'étourdit en fêtes mondaines en compagnie de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C'est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d'absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

 

Voilà une nouvelle variante du chef-d'oeuvre de Fitzgerald qui dispense le chaud et le froid, vous fait passer, surtout lors de la première demi-heure, de l'agacement à la complicité lorsque enfin vous quittez les excès d'une époque mouvementée et de scènes d'un goût douteux pour entrer dans le mystère qui, tout entier, reste celui du personnage de Gatsby et qu'on l'aperçoit seul, au bout d'une jetée, regardant clignoter une petite lumière verte. Oui, nous sommes bien dans le roman de Francis Scott Fitzgerald revisité par un metteur en scène qui a pour les effets spéciaux, les décors, les costumes, les couleurs, la main lourde, mais ne manque ni d'intelligence, ni de sensibilité malgré sa propension à l'outrance. Peut-être cette outrance est-elle la bienvenue ici, si l'on considère que  cette version de Gatsby n'appartient à aucune époque précise, peut-être même davantage à la nôtre qu'à celle des années folles...C'est ce qui, en quelque sorte, en fait l'intérêt et l'originalité, tant les facteurs de décadence sont proches : goût démesuré du plaisir, course irrépressible vers l'abime, attrait pour l'argent et le luxe tapageur et déclin des valeurs essentielles. Installé à Long Island, Gatsby a fait construire un château baroque et démesuré - celui du film est particulièrement kitch - où il donne des fêtes fastueuses pour les gens chics et moins chics qui se pressent à venir boire ses cocktails, à danser sur ses pelouses et à plonger dans sa piscine. Mais lui n'a qu'une obsession : retrouver Daisy, son amour de jeunesse, dont la maison se trouve juste en face de la sienne, de l'autre côté du lac.

 

Gatsby-le-magnifique_scaledown_450.jpg

 

Il est certain que les excès de décorum nuisent au personnage de Gatsby dont la fêlure secrète avait été si subtilement évoquée par l'écrivain et qui est ici absente, gâchée par une surcharge d'images et un style qui dispense plus de poudre aux yeux que de vérités. Mais, l'interprétation de Leonardo DiCaprio parvient à donner au héros sa stature et sa mélancolie et à faire basculer l'histoire dans la réalité du récit littéraire. Il y a même de très belles scènes dont celle de la visite de Daisy dans la demeure de son soupirant qui est probablement la plus réussie du film. Dans l'ensemble les acteurs s'en tirent bien : Nick Carraway est interprété par un Tobey Maguire assez effacé mais crédible, Daisy par Carey Mulligan, charmante, mais loin de valoir la délicieuse Mia Farrow dans la plus classique version de Jack Clayton, et Tom Buchanan par Joël Edgerton qui s'en tire plutôt bien. N'en reste pas moins que le film repose essentiellement sur les épaules de Leonardo DiCaprio dont la sensibilité à fleur de peau, de lèvre, de sourire et de regard fait merveille. Il est moins évanescent que Robert Redford,  solide et fragile en même temps, et je pense que sa prestation aurait touché Scott Fitzgerald tant elle est intériorisée. DiCaprio s'affirme une fois de plus comme l'un des grands du cinéma international, un acteur qui peut tout jouer. 

 

media.jpg

 

 

Bien qu'elle pêche par manque de concision, de rigueur et de goût, cette version ne peut laisser personne indifférent. Ses défauts sont à la hauteur de ses qualités et imposent un style baroque d'une incontestable liberté de ton, d'audace et de fantaisie. Pour cela, il est intéressant de le voir, de même que pour DiCaprio bouleversant dans ce personnage partagé entre le meilleur et le pire et dont le rêve fracassé nous touche toujours autant.

 

3-e-toiles

 

Pour prendre connaissance de l'article consacré à Leonardo DiCaprio, cliquer sur son titre :

 

LEONARDO DICAPRIO - PORTRAIT

 

Et pour consulter les articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

CINEMA AMERICAIN & CANADIEN

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Festival-de-Cannes-une-competition-tres-ouverte_article_mai.jpg

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA AMERICAIN & CANADIEN
commenter cet article
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 09:18

Annex---Hepburn--Katharine_17.jpg

                                      VIDEO

 

Elle pouvait tout jouer, le comique comme le tragique, tellement sa présence avait quelque chose de magique, à cause de son allure peut-être, de son visage particulier qui ne ressemblait à aucun autre, ses taches de rousseur, sa crinière de lionne, sa présence impérieuse ou malicieuse, sa photogénie. Elle était la classe même avec une pointe d'ironie en permanence dans le regard, come si, en définitive, rien n'était jamais ni si grave, ni si définitif. Intelligente et pragmatique, Katharine Hepburn aura mené sa carrière de façon instinctive, selon ses coups de coeur ou ses coups de tête, sachant figurer dans les meilleurs films avec, face à elle, quelques-uns des meilleurs acteurs. On relève peu de faux pas dans l'énoncé de sa filmographie mais un grand nombre de films remarquables. Elle a beaucoup tourné avec George Cukor mais également Capra, David Lean, Minelli, Kazan, Hawks. 

 

Née en 1907 à Hartford dans une famille cultivée du New-Jersey, elle est la seconde de six enfants, dotée dès l'âge le plus tendre d'un caractère déterminé et indépendant. Elle sait ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut pas : la médiocrité. A 19 ans, elle abandonne ses études et entre dans une troupe théâtrale de Baltimore, puis sert de modèle à un peintre et épouse par commodité un riche homme d'affaires afin de se consacrer, sans souci pécunier, à ce qui sera toujours sa passion : le théâtre.

 

Elle y est néanmoins mauvaise et le sait mais elle a un tempérament tel que l'obstacle l'excite. Cette pouliche n'a qu'une seule perspective : le franchir coûte que coûte. Elle obtiendra son premier vrai succès en 1932 ( elle a 25 ans ) dans "The warrior's husband" où, enfin, elle impressionne favorablement les critiques. C'est alors qu'elle décide de tenter sa chance à Hollywood qui entre dans sa période  faste. Lorsque Kate se présente aux nababs en place, son visage et sa forte personnalité séduisent le puissant David Selznick qui la fera tourner aussitôt dans un film de Cukor au côté de John Barrimore. Elle est lancée.

 

Désormais grâce à son look garçonnier, son visage diaphane, elle incarnera des héroïnes indépendantes et actives qui affirment avec panache et autorité leur personnalité, rompant avec le style des stars à la Garbo ou Dietrich. Ainsi sera-t-elle aviatrice dans "Le phalène", écrivain dans "Les quatre filles du docteur March", garçon manqué dans "Sylvia Scarlett", reine dans "Marie Stuart", militante féministe dans "La rebelle", devenant une figure emblématique de Hollywood et du 7e Art. Très éprise de Spencer Tracy, qui ne divorcera jamais, elle connait auprès de lui une longue et passionnée liaison adultère et tous deux formeront l'un des couples mythiques du cinéma Outre-Atlantique, se retrouvant devant la caméra à plusieurs reprises. Ce sera entre autre dans deux brillantes comédies :  "Madame porte la culotte" et "Mademoiselle Gagne tout" qui révèleront , si besoin était, leur merveilleuse complicité d'amants et d'acteurs.

 

 

 sparks-spencer-tracy-katharine-hepburn-sized.jpg

 

Bien que le cinéma l'ait beaucoup gâtée, Katharine Hepburn reviendra au théâtre et interprétera tour à tour Shakespeare ou George Bernard Shaw puis, à partir des années 50, ses apparitions à l'écran, comme à la scène, se feront plus rares. Il y aura encore "Long voyage vers la nuit" qui lui vaudra le Prix d'interprétation à Cannes, "Devine qui vient dîner ?" de Stanley Kramer, son dernier film avec Spencer Tracy, et "La maison du lac" auprès d'Henri Fonda où tous deux campent un couple d'octogénaires. Elle mourra dans son sommeil à New-York le 29 juin 2003 à l'âge de 96 ans. Au 7e Art, elle aura sû imposer son style, son franc-parler et son indépendance d'esprit. A ce jour, elle est irremplacée.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

katherine-hepburn-glamour1.jpg

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans ACTEURS DU 7e ART
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 11:14

heromaggiecheung

                      VIDEO

La trame du film prend place à la fin de la période des Royaumes Combattants (de 453 à 221 avant JC), quand le roi des Qin est sur le point d'unifier une Chine divisée en 7 royaumes se livrant à des guerres constantes.

S'il est un danger que redoute le futur empereur, c'est le trio de guerriers de l'état rival de Zhao : Ciel Etoilé, Lame Brisée et Flocon de Neige. Ils ont déjà essayé de l'assassiner dans le passé, ce qui pousse le souverain à s'isoler dans son palais en portant continuellement son armure.

Un jour, un combattant qui se fait appeler Sans Nom arrive au Palais du roi de Qin. Il prétend avoir vaincu les trois légendaires guerriers et, pour prouver ses dires, présente leurs armes respectives. Ce qui lui vaut une entrevue auprès de l'empereur, à qui il conte les faits, puis sacrifie sa vie pour sauver la sienne.

Ce film est assurément une célébration des arts martiaux envisagée à l’égal de ceux de la danse, transformant l’opus en une chorégraphie savante et d’une grande beauté gestuelle, de même que les costumes conçus de façon à amplifier encore la somptuosité des images. Par ailleurs, la beauté des paysages du nord de la Chine est magnifiée par les couleurs qui, chacune, correspond à une page théâtrale en adéquation avec l’histoire du film. Ainsi du rouge, couleur du feu et de la passion passe-t-on au bleu, couleur de l’eau et de la sérénité, au blanc aérien et léger, pur comme la loyauté des chevaliers à leur cause, puis au vert jade, couleur terrestre et boisée liée au passé, signe de la mort et de la fatalité du destin.

Comme la calligraphie, l’un des thèmes du film, l’exercice de l’épée exige du pratiquant une parfaite maîtrise du geste suprême et suppose qu’il la porte dans son cœur  de façon à embrasser par la pensée l’univers entier. C’est ainsi que le roi Quin envisage son rôle et accepte le sacrifice de Sans Nom qu’il transformera en celui de Hero et auquel il réservera des funérailles grandioses, afin que le royaume connaisse enfin la paix et l’harmonie et s’unisse autour de figures légendaires.

Hero-36.jpg

Surfant sur la vague du renouveau du wu xia  pian, initié par Tigre et Dragon, Zhang Yimou réalise Hero avec les stars les plus en vue du cinéma de Hong Kong et prend pour directeur de la photographie le très talentueux Christopher Doyle. Il n’échappera pas aux critiques, principalement occidentales, qui lui reprocheront son sous-texte idéologique, lequel justifierait le totalitarisme pour assurer la stabilité de l’empire. Mais tous les sous-entendus sont possibles et cela à l’encontre de bien des films…américains par exemple. Reste que l’œuvre est d’une grande élégance esthétique et d’un réel flamboiement, malgré quelques rares longueurs. Pour se défendre, Zhang Yimou a affirmé qu’il ne mélangeait jamais son travail avec la politique. Mais si on met de côté la suspicion, ce film est indiscutablement magnifique et sa réussite visuelle incontestable mériterait à chaque instant un arrêt sur image.

Hero2.jpg

Zhang Yimou a donc choisi ses interprètes parmi les plus prestigieux :  Jet Li  dans le rôle de Sans nom affirme sa présence et sa virtuosité à manier le sabre, Tony Leung est un Lame brisée émouvant, visionnaire pour qui l’amour et la droiture comptent plus que la mort, Maggie Cheung est un Flocon de Neige glacial et  aérien, belle comme la neige, alors que la ravissante Zhang Ziyi affiche  son ardeur habituelle et son étonnante photogénie. Ainsi Hero est-il entré définitivement dans le panthéon des films de sabre chinois, résumant les traditions artistiques chères au cœur des asiatiques, pour le plus grand plaisir du spectateur qui appréciera autant la beauté des images que la musique fort bien adaptée de Tan Dun.

4-e-toiles

Et pour consulter l'article consacré au cinéaste, cliquer sur son titre :  ZHANG YIMOU - PORTRAIT

20HERO_slidethree_1_.jpg

 

 


Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 11:25
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Album - dossier-photos-N--2-bis
Repost 0
Published by - dans album
commenter cet article
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 10:00

images-copie-2.jpg

 

Gros effets d'un côté et caméra légère de l'autre, l'intrusion du numérique dans le 7e Art est universelle. Mais qu'apportent-elles de vraiment nouveau ces techniques de pointe à l'industrie du 7e Art, question que nous sommes en droit de nous poser ?

 

En un siècle d'histoire du cinéma, la boucle semble bouclée. Si tout a commencé avec les truquages astucieux d'un Georges Méliès, cela se poursuit de nos jours avec la surenchère des effets spéciaux de Matrix ou d'Inception ou encore de Harry Potter pour les plus jeunes. Mais si Méliès revenait parmi nous serait-il véritablement étonné ? Cent ans, n'est-ce pas beaucoup de temps pour obtenir des machines et ordinateurs ce que les équipes Méliès parvenaient à produire avec minutie et enthousiasme en explorateurs d'un nouveau monde qu'ils étaient alors ? Car les illusionistes d'hier ne sont autres que les techniciens d'aujourd'hui, la poésie en moins, tant il est vrai que l'on ne sait plus où la surenchère s'arrêtera et où le bon goût  saura subvenir aux  excès de la virtualité. Certains personnages, comme celui du film Simone d'Andrew Niccol ne rêve-t-il pas de remplacer les acteurs par des androïdes, répliques parfaites mais si peu satisfaisantes de nos stars actuelles ? Jusqu'où irons-nous dans ces excès imagiers où la réalité est constamment dépassée et détrônée par le fictif ?

 

Hier encore, le scénariste avait l'avantage sur le  caméraman. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Ce qui compte  est la quête insatiable de la nouveauté, de l'effet bleufant, du mélo numérisé au service d'un concepteur qui veut être partout, tout voir à la fois et franchir une étape supplémentaire dans le dévoilement  des constructions imaginaires. C'est donc l'illusion qui prime. Est-ce là, pour autant, le meilleur des mondes ?  Alors que tout devient possible dans l'imaginaire, tout risque de devenir admissible dans notre vie quotidienne et le danger est que le 7e Art, oubliant d'élever l'homme par sa quête de la beauté et de l'universalité, ne le rabaisse en ne lui offrant qu'une simple exploitation d'une science-fiction au service de trucages technologiques.

 

Mais à côté de ces effets spéciaux si vite ennuyeux, des progrès ont été faits grâce au numérique avec l'arrivée des  petites caméras qui mettent fin au monopole coûteux et forcément discriminatoire des superproductions. Désormais, n'importe qui peut saisir la vie dans son déroulement temporel une caméra sur l'épaule, ainsi que l'inaugurait Jean-Luc Godard dans A bout de souffle. C'est la raison pour laquelle nous voyons proliférer les films d'auteur à petits budgets, ce qui est une évolution notable, surtout pour des pays où réaliser un film relève du parcours du combattant. Pensons à l'Afrique et à l'Iran. En ce domaine, les progrès de la technique ne peuvent que nous réjouir. Au final,  si ces progrès ont leurs avantages, ils ont leurs inévitables inconvénients. Aux hommes, et principalement aux cinéastes, de garder la tête froide et le sens de la mesure. Le cinéma dispose d'un panel de moyens inouis qu'il serait dommage de gâcher en truquant la réalité de manière caricaturale et en privilégiant la machine au dépens de l'art.

 

Pour consulter la liste complète des articles de cette rubrique, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 


inception-leonardo-di-caprio-image-359550-article-ajust_650.jpg

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans MES BILANS
commenter cet article
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 08:26

The-Grandmaster-Affiche-France.jpg

                                               

 

Chine, 1936. Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce Lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts martiaux. C'est à ce moment que le Grand-maître Baosen, à la tête de l'Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur. Pour sa cérémonie d'adieux, il se rend à Foshan, avec sa fille Gong Er, elle-même maître du style Ba Gua et la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. Lors de cette cérémonie, Ip Man affronte les grands maîtres du Sud et fait alors la connaissance de Gong Er en qui il trouve son égal. Très vite l'admiration laisse place au désir et dévoile une histoire d'amour impossible. Peu de temps après, le Grand-maître Baosen est assassiné par l'un de ses disciples, puis, entre 1937 et 1945, l'occupation japonaise plonge le pays dans le chaos. Divisions et complots naissent alors au sein des différentes écoles d'arts martiaux, poussant Ip Man et Gong Er à prendre des décisions qui changeront leur vie à jamais...

 

the-grandmaster-yi-dai-zong-shi-17-04-2013-15-g.jpg

 

Au sommet de son art, Wong Kar-wai nous livre avec "The Grandmaster" une oeuvre d'une puissance et d'une séduction rares, où se mêlent une histoire d'amour impossible, un des thèmes privilégiés du cinéaste, liée à la notion d'héritage en tant que transmission d'un savoir et d'une philosophie qui contraint l'héritier à une forme d'ascèse solitaire. On peut écrire, sans craindre de se tromper, que "The Grandmaster" est le modèle parfait de la mise en scène fluide et élégante en fusion avec le récit, où la technique du nouveau chef opérateur de Wong Kar-wai fait merveille. Philippe Le Sourd signe en effet une photographie époustouflante de beauté, toujours en harmonie avec le sujet et rend ainsi le plus bel hommage qui soit à l'art du Wing Chun et autres arts martiaux. Difficile  aux autres productions de rivaliser avec ce film qui atteint en tous points la perfection et élève le 7e Art à un sommet où image, scénario, dialogue, interprétation, musique concourent à composer une oeuvre d'un style incomparable en ampleur et  pureté graphique.

 

The-Grandmaster-3.jpg

 

Longuement mûri, le film a demandé trois années de recherche et de travail pour atteindre sa plénitude et les acteurs eux-mêmes, tous excellents, ont été formés aux arts martiaux et, plus étonnant encore, la construction et le rythme des scènes s'emboîtent adroitement dans une réalité fantasmée avec des abstractions particulièrement habiles qui permettent à Wong Kar-wai de parvenir à un niveau de pureté cinématographique sans égal. A travers ce film, c'est la genèse d'une oeuvre qui s'accomplit, en même temps que se forge, en un narratif cohérent et multiple, l'identité de la Chine contemporaine. On ne peut que s'extasier à chacun des plans, que ce soit ceux des combats ou ceux qui s'attardent sur les visages, les décors précieux,  les effets empreints de raffinement, sans pour cela manquer ni de force, ni de sérénité, et sur les grandes constantes du maître : l'eau, les fleurs, le délicat profil des femmes, la neige, les clairs-obscurs reconnaissables entre tous.

 

grandmasters-4-e1352502705106.jpg

 

L'histoire est celle d'Ip Man que l'on suit à partir de l'âge de 40 ans. Après avoir vécu dans une certaine opulence et connu un bonheur qui était pour lui comme un éternel printemps, il va tout perdre en 1937, lorsque commence l'occupation japonaise : sa fortune, sa femme et ses enfants. Obligé d'émigrer à Hong-Kong, il ouvrira l'école de Wing Chun qui le fera entrer dans la légende. Une quête de perfection qui met en valeur les arts martiaux en une suite de chorégraphies spectaculaires qui toutes dégagent une intensité stupéfiante, malgré une grande économie gestuelle. Les racines philosophiques et culturelles de ces arts remontent à la nuit des temps - on dit au confucianisme - et ont l'ambition de concourir à l'amélioration de la société qui passe obligatoirement par l'amélioration de l'individu. C'est la raison pour laquelle le Kung Fu est avant tout une école de vertu, d'équilibre et d'harmonie et que le rôle du maître réside à perpétrer des secrets et à fédérer une communauté unie par la tradition. Le souci de Wong Kar-wai a donc été de relater cette quête de perfection au coeur d'une époque troublée avec, au final, la solitude et la mélancolie si chères au cinéaste et qui, dans cet opus magistral, atteint son expressions la plus dépouillée. Tony Leung est un Ip Man aussi noble que sage et élégant face à une Zhang Ziyi impressionnante de détermination et de passion contrôlée. Le chef-d'oeuvre absolu.

 

5-etoiles

 

Pour consulter les articles que j'ai consacré à Wong Kar-wai et Tony Leung, cliquer sur leurs titres :

 

HOMMAGE DE DEAUVILLE A WONG KAR WAI           TONY LEUNG CHIU WAI

 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

The-Grandmaster-il-etait-une-fois-le-kung-fu_portrait_w532.jpg

 

wong-kar-wai-the-grandmasters-song-hye-kyo-tony-leung-still.jpg

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 09:44

locandina-Pieta-Kim-Ki-Duk-2828.jpg   VIDEO

 

 

Ce film, que j'ai vu lors du dernier Festival du film asiatique de Deauville, raconte l'histoire sordide d'un jeune dévoyé, doublé d'un tortionnaire, dont le cynisme ne semble pas avoir d'égal et qui, ayant été abandonné à la naissance par sa mère, se venge de tout ce qui bouge avec une cruauté insoutenable, car rien ne nous est épargné dans la malfaisance et l'horreur. Voici ce qu'un quotidien écrivait récemment à ce sujet :

 

"En primant Pietà du cinéaste coréen Kim Ki Duk, le jury de la 69e  Mostra de Venise, présidé par Michael Mann, a choisi un lion d'or féroce, rugissant de douleur et de cruauté, sinistre comme notre époque. Le héros est un garçon sauvage, sans aucun lien ni sentiment humain, qui survit dans une banlieue de Séoul en mutilant sadiquement de pauvres gens, pour le compte d'escrocs aux assurances. Un jour apparaît dans sa vie une femme inconnue qui se prétend sa mère, dit se repentir de l'avoir abandonné enfant, et ne le quitte plus. Kim Ki Duk, que le spectacle de ce monde asservi à l'argent a profondément déprimé, dit s'être inspiré de la Pietà de Michel-Ange pour composer ce chemin de croix qui fait passer par des stations d'une violence inouïe. Faut-il vraiment ces scènes atroces pour réveiller les consciences du cynisme ambiant? On peut préférer Michel-Ange."

 

Ce qui est mon cas. Comment oser associer le chef-d'oeuvre de Michel-Ange  plein de compassion et de tendresse à ce film brouillon, sinistre et cruel ? Tourné dans un quartier insalubre et voué à la  démolition de Séoul, Pièta  est une suite de scènes où la sauvagerie et la violence vous accablent dès la première image. Outrancière et lourdement appuyée, la démonstration d'une hypothétique rédemption ne parvient pas à convaincre et le réalisme brutal et sans concession est très vite insupportable. Cris, hurlements, mutilations, viol, rien ne nous est épargné pour nous conduire aux abysses de la délinquance et de la barbarie. Vengeance et dolorisme mènent une danse macabre. Eprouvant ! Jusqu'où ira ce genre de surenchère dans l'abomination et le cynisme ?

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA ASIATIQUE, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA ASIATIQUE

 

680x478.jpg pieta-kim-ki-duk-02.jpg

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA ASIATIQUE
commenter cet article
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 10:44

1075156-affiche-du-film-les-amants-passagers-de-620x0-1.jpg   VIDEO

 

Pour être déjanté et loufoque, le dernier Almodovar l'est de bout en bout. Si le mécano Antonio Banderas, sur le tarmac de l'aéroport de Madrid, avait été un peu plus consciencieux alors qu'il vérifiait les trains d'atterrissage et s'était moins focalisé sur les charmes de Penélope Cruz, s'il n'avait pas coincé le train en y oubliant un outil, les passagers de la classe affaire du vol PE2549 n'auraient pas été soumis à une terreur collective, à une psychanalyse de cheval, à un atterrissage forcé, à une évacuation infernale sur les toboggans de la mort...

 

Unité de lieu, de temps et d'action, les trois de la tragédie antique sont employés ici par Almodovar afin de rappeler que le monde, à l'image de son avion fou, est en train de sombrer corps et âme. Ce dernier opus résonne comme un conte moral, un rien scabreux dans le fond et vulgaire dans la forme, avec ses incohérences, ses exagérations, ses caricatures et ses personnages extrêmes qui, chacun à leur manière, sont sensés incarner un traumatisme de la société contemporaine : la corruption, la peur, la culpabilité, la superstition. Tout cela est tragique mais exprimé sur le ton de la farce et de la dérision, comme un éclat de rire provocateur face au gouffre.

 

C'est un retour aux sources, dit Almodovar, un retour réclamé par mon public. En Espagne, dans la rue, les gens m'arrêtaient pour me supplier de refaire une comédie sur nos propres malheurs, afin de rire de ce qui nous fait tellement mal. C'est vrai que Le piel que habito, mon dernier film était particulièrement sombre. Mais, comme souvent, la conclusion se révélait optimiste. Quand le héros, transformé en jeune fille après de multiples manipulations chirurgicales, retournait chez sa mère, celle-ci reconnaissait son enfant. Pour elle, il n'avait pas changé. C'était cela la bonne nouvelle. Dans Les amants passagers, les trois stewards forment comme le choeur d'une tragédie antique. Ils incarnent la force du rituel. Sur un vol, tout est planifié. Chacun répète le même texte et exécute les mêmes gestes. Je pense que cela rassure les passagers.

 

1355423844012.jpg

 

Je n'ai jamais eu de problème avec l'homosexualité et la bisexualité, cela apparait bien dans ce film où les stewards sont homos et le pilote bisexuel. Il se sent d'ailleurs extrêmement coupable. Dans le cockpit, il appelle sa femme pour lui dire qu'il l'aime. Elle est très étonnée, car ce qu'il ignore, c'est qu'elle sait tout et qu'elle s'en fiche. Moi, je considère que la sexualité est un cadeau et qu'il faut savoir la célébrer de façon extrêmement naturelle, comme une joie et non comme un fardeau. La société espagnole traverse une époque épouvantable, la pire depuis le retour à la démocratie. Cet avion qui tourne en rond au-dessus du même lieu est une métaphore de l'état de la société espagnole qui va complétement à vau-l'eau. Quand va-t-elle atterrir ? Avec qui aux commandes ? Personne ne le sait mais tout le monde y pense. Nous vivons dans une incertitude totale et dans un pays rongé par la corruption, l'insécurité et le doute. Comme mes semblables, je redoute un attterrissage forcé.

 

C'est là toute la morale de ce film qui déçoit parce que le scénario est trop lâche, mais qui en dit plus qu'il n'en a l'air, bien qu'il ne le dise pas toujours comme nous l'aurions souhaité. La dérision y est, la concision, non.

 

2-e-toiles

 

Pour consulter les articles consacrés à Almodovar et à ses films, cliquer sur leurs titres:

 

PEDRO ALMODOVAR OU UN CINEMA ANTICONFORMISTE

 

VOLVER de PEDRO ALMODOVAR       PARLE AVEC ELLE de PEDRO ALMODOVAR 

 

ETREINTES BRISEES de PEDRO ALMODOVAR  

 

 

les-amants-passagers_galleryphoto_paysage_std.jpg

 

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE - dans CINEMA EUROPEEN & MEDITERRANEEN
commenter cet article

Présentation

  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
  • Contact

Profil

  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

ET SI VOUS PREFEREZ L'EVASION PAR LES MOTS, LA LITTERATURE ET LES VOYAGES, RENDEZ-VOUS SUR MON AUTRE BLOG :  INTERLIGNE

 

poesie-est-lendroit-silence-michel-camus-L-1 

 

Les derniers films vus et critiqués : 
 
  yves-saint-laurent-le-film-de-jalil-lespert (1) PHILOMENA UK POSTER STEVE COOGAN JUDI DENCH (1) un-max-boublil-pret-a-tout-dans-la-comedie-romantique-de-ni

Mes coups de coeur    

 

4-e-toiles


affiche-I-Wish-225x300

   

 

The-Artist-MIchel-Hazanavicius

 

Million Dollar Baby French front 

 

5-etoiles

 

critique-la-grande-illusion-renoir4

 

claudiaotguepard 

 

affiche-pouses-et-concubines 

 

 

MES FESTIVALS

 


12e-festival-film-asiatique-deauville-L-1

 

 13e-FFA-20111

 

deauville-copie-1 


15-festival-du-film-asiatique-de-deauville

 

 

Recherche