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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 18:14

Les Grands Films Classiques   
          

La poursuite infernale ou My darling Clémentine ( 1946 ) de John Ford compte parmi les westerns les plus célèbres et, ce, à juste titre. Wyatt Earp ( Henry Fonda ) et ses trois frères Virgil, Morgan et James transhument avec leur troupeau dans les somptueux paysages de Monument Valley. Mais alors qu'ils font halte près de Tombstone, James est tué et le troupeau volé. Pour être sûr de venger son frère, Wyatt accepte le poste de shérif de Tombstone qu'on lui propose et choisit pour adjoints ses propres frères. Cette région vit sous la dictature que fait régner un certain Johnny Ringo, lui-même allié à la bande du vieux Clanton considéré par beaucoup comme l'assassin de James Earp. C'est d'ailleurs Virgil qui réglera son compte à Billy Clanton avant d'être lui même abattu par le vieux Clanton. Un ultime réglement de compte opposera Wyatt, Morgan et Doc Holliday ( Victor Mature ), le fiancé de Clémentine, au vieux Clanton et à ses fils où, au final, la bande des Clanton et Doc trouveront la mort. Wyatt repartira avec Morgan, mais reviendra peut-être à Tombstone pour épouser Clémentine dont il est tombé amoureux.

 

                   Henry Fonda et Cathy Downs. Les Grands Films Classiques    John Ireland et Linda Darnell. Les Grands Films Classiques

 

Patriarche violent et intraitable, le vieux Clanton représente la dureté des premiers colons, prêts à se battre pour arracher et conserver le moindre lopin de terre. Son habitude de frapper ses fils avec le fouet dont il ne se sépare jamais ou d'abattre ses adversaires dans le dos traduisent bien ce comportement despotique, déjà anachronique et appartenant à un Far West révolu, où chacun dictait sa loi selon ses convenances. Doc Holliday incarne, au contraire, un style de vie plus moderne mais tout aussi dangereux. Un homme peut suivre la trace d'un autre homme de tombe en tombe - dit de lui Wyatt Earp. Toujours à la limite du crime et de la légitime défense, Doc, un ancien chirurgien déchu et alcoolique, qui a connu la vie tumultueuse de Denver et a renoncé à son cabinet pour se consacrer au jeu, n'a guère plus de scrupules qu'un Clanton, mais il y met plus de formes et vit sur le fil du rasoir avec une ambiguïté troublante ; ce personnage étant intreprété par un Victor Mature impressionnant qui sait lui prêter toute l'équivoque nécessaire. Fiancé à Clémentine mais amant de la belle Chihuahua ( Linda Darnell ), il habite le film de son regard d'acier et de ses attitudes empreintes de défiance et de ruse. Face à lui et à Clanton,  Henry Fonda  ( Wyatt ) symbolise la loi et l'ordre. Choisi par Ford avec qui il était lié par une longue amitié et deux films Young Mr Lincoln et Les raisins de la colère, il est pleinement ce personnage soucieux de faire régner la justice et d'utiliser, à ces fins, des méthodes plus humaines. 

                           

Ford aimait sa démarche. Il aurait pu regarder Fonda marcher pendant des heures. Le style de l'acteur s'accordait totalement au sien. La manière dont celui-ci se déplaçait avec une lenteur calculée, se balançait d'un pied sur l'autre et dansait nous propose quelques images inoubliables. Dès le début du film, Ford choisit de cadrer Wyatt en contre plongée pour renforcer l'importance qu'il entendait donner à son héros.


      

Bien entendu, Ford désirait rendre la bataille d'O.K. Corral telle qu'elle s'était déroulée dans la réalité ; c'est la raison pour laquelle il avait soigné chaque détail et choisi, en conséquence, ses interprètes, tant il est vrai que ce réglement de compte qui date du 26 octobre 1881 appartient à l'histoire légendaire de l'Ouest américain. Malgré cela, La poursuite infernale n'est pas d'une rigueur absolue et quelques aspects du film s'éloignent de la réalité, ainsi le vieux Clanton était déjà mort lors de l'affrontement final. Mais, peu importe qu'il y ait ici ou là un léger décalage entre la vérité et sa représentation cinématographique, car le film est beaucoup plus qu'un banal documentaire sur un haut fait du Far West. Son ambition va au-delà d'un rendu romanesque : il décrit le passage de la nature à la civilisation. La première est évoquée par les paysages grandioses qui défilent devant nos yeux dans leur âpreté sauvage ; la seconde, par cette ville de Tombstone qui s'édifie peu à peu. L'un des plus beaux moments est l'inauguration de la cloche de l'église et la séquence de la danse qui témoigne de la transition entre l'Ouest primitif et une Amérique en mutation. Les personnages se chargeant, par ailleurs, d'incarner cette évolution. 

 

                  Henry Fonda et Victor Mature. Les Grands Films Classiques

Pour conclure, l'un des plus grands mérites de ce film est de balancer entre la légende, ses figures héroïques, sa violence, ses archétypes et la peinture de la vie quotidienne, ses lenteurs, sa banalité et sa poésie. John Ford anime son intrigue par la peinture de personnages secondaires, saisis sur le vif, qui procurent à l'oeuvre son identité propre. Initialement, le film devait durer plus de deux heures, mais Darryl F. Zanuck, le producteur, exigea les coupes qu'il jugeait indispensable pour clarifier la narration. On peut le regretter aujourd'hui, mais, à l'époque, les films n'outrepassaient que rarement l'heure et demie. Bien qu'il n'obtint pas, à sa sortie, la totale adhésion des critiques ( par contre le public lui fera un triomphe ), il apparait de nos jours comme l'une des oeuvres magistrales de John Ford et l'un des plus beaux rôles d'Henri Fonda, tandis qu'il force l'admiration par l'alliance de la puissance et de la subtilité.

 

4-e-toiles


Pour lire les articles consacrés aux grands maîtres du western et à Henry Fonda, cliquer sur leurs titres :

 

LES GRANDS MAITRES DU WESTERN          HENRY FONDA - PORTRAIT

 

Et pour consulter la liste complète des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, dont un grand nombre de westerns, cliquer sur le lien ci-dessous :
 


LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN
 

 

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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 09:42

           Bac Films              

 

QUAND LA TRAGEDIE RENCONTRE LE BURLESQUE ET LA POESIE.

 

Parmi les films qui continuent à attirer les Italiens dans les salles obscures, il faut signaler la survie d'un cinéma comique peu connu hors des frontières de la péninsule parce qu'il n'y obtient pas, transplanté à l'étranger, le même succès que dans son pays d'origine. Roberto Benigni est la personnalité la plus connue de cette tendance marquée, à la manière d'un Woody Allen, par la synthèse cinéaste-comédien. Révélé en 1977 avec Berlinguer ti voglio bene  de Bertolucci, Benigni passe à son tour à la réalisation et obtient un énorme succès avec Il piccolo diavolo ( 1988 ), Johnny Stecchino ( 1991 ) et Il mostro ( 1994 ) qui parviennent à dominer au box-office les produits hollywoodiens, tel que Le roi lion des studios Walt Disney. La mise en scène ne l'empêche nullement de poursuivre sa carrière d'acteur où son physique lunaire, son humour poético-burlesque lui confèrent des airs chaplinesques et concourent beaucoup à sa renommée. Mais il accède véritablement à la gloire internationale en 1997 avec un film qui va lui mériter, tout à la fois, le Grand prix du jury à Cannes ainsi que l'Oscar du Meilleur film étranger et du Meilleur acteur à Hollywood en 1998 : La vie est belle, l'histoire d'un père qui tente de protéger son fils de la réalité des camps de concentration nazis en lui faisant croire que tout cela n'est qu'un jeu. Derrière et devant la caméra, Benigni, qui n'est pas seulement le réalisateur et le scénariste mais l'interprète de ce film, réussit un doublé d'excellence stupéfiant, poignant, qui met en valeur les notions de courage, de liberté, d'amour, d'humanité en passant - comme le faisait Chaplin - de la tragédie à la comédie, du rire aux larmes.



On s'est demandé, à propos de ce film, contesté par certains, s'il était permis de rire de tout, c'est-à-dire des sujets les plus dramatiques comme celui de la Shoah et des camps d'extermination, mais Benigni n'a pas cherché à faire oeuvre sur la Shoah, ce que d'autres ont réalisé en respectant scrupuleusement l'Histoire ; non, il a tenté de montrer que la seule arme capable de venir à bout de l'horreur était l'amour.  Son mérite est de n'être tombé dans aucun des clichés qui le guettaient et de n'avoir eu recours à aucun artifice mélodramatique. Ce qui comptait pour lui - a-t-il dit - était de montrer le versant irréel et amusant des choses, car la vie conserve, en toutes circonstances, un prix inestimable, une saveur si forte qu'elle permet de résister aux pires sévices. Ce camp, ajoutait-il, qui a servi de décor au film, n'est pas une réplique de ceux de l'Allemagne nazie, ce n'est qu'une idée, au sens quasi platonicien, l'idée d'un antre du Mal, d'un antre de monstre, comme dans les contes pour enfants. Il n'y a rien de plus terrible à exprimer que la terreur, car l'horreur est en soi incommensurable. C'est même si inconcevable qu'il apparaît presque facile à Guido, le père, de laisser croire à l'enfant que cela est un jeu, car fuir le réalisme n'est pas trahir la réalité. L'artiste opère toujours une trahison quand il écrit ou filme. On pense à cette phrase de Keats : "quand une chose est belle, elle devient réelle". Alors, poursuit Bénigni, si mon film est réussi, et je l'espère, le camp que je dépeins devient vrai. Pour le personnage de Giosuè, j'ai choisi l'âge que l'écrivain Conrad définissait comme celui de la ligne d'ombre de l'enfance, l'âge où l'on comprend mais aussi celui on l'on peut croire qu'il s'agit d'un jeu. Et Giosuè a probablement tout compris...

 

    Pathé Distribution   Nicoletta Braschi. Pathé Distribution   Roberto Benigni et Giorgio Cantarini. Bac Films 

 

Le film commence comme une comédie facétieuse, afin d'introduire un climat de conte de fées, où l'on voit un modeste serveur de restaurant employer toutes les ressources de son imagination pour conquérir la femme qu'il aime ( Nicoletta Braschi ) et l'enlever au nez et à la barbe de sa famille et de son fiancé, un fonctionnaire fasciste. De cette union va naître un enfant Giosuè que, cinq ans plus tard, deux policiers en civil vont enlever avec son père et envoyer dans un camp de concentration allemand. Dora, qui n'est pas juive, exigera de les accompagner. Mais elle est séparée de son mari et de son fils et le film devrait sombrer dans le pire cauchemar. Au contraire, le talent de conteur du père va  transformer cette réalité en rêve et persuader le petit garçon qu'il est au coeur d'un jeu gigantesque dont le trophée final, s'il suit bien les recommandations paternelles, sera un char d'assaut. Et, en effet, l'enfant aura son char d'assaut et retrouvera sa mère, mais le père sera tué alors qu'il tentait de rejoindre sa femme et lui criait son amour  à l'aide d'un haut-parleur du camp. Cette scène d'une beauté bouleversante introduit dans ce climat carcéral le sentiment le plus vif et le plus pur qui soit et, pour quelques instants, éclaire ces lieux sordides, d'une lumière surnaturelle, ce qui prouve que l'art peut être mieux que la vie et la ré-écrire en la transformant. Tout est dans le regard de l'artiste qui a en charge de rendre à cette inhumanité les couleurs de l'espérance. Mission accomplie par un Roberto Benigni inspiré, émouvant dans ce duo intemporel avec l'enfant où, grâce à son imagination, il ré-invente un univers supportable, le fait exister et nous le donne à voir sans céder à des facilités narratives. Le cinéaste a réussi le pari difficile de transposer le rêve dans la réalité la plus abjecte. La qualité de son interprétation, qui oscille entre le grave et le loufoque, ainsi que celle admirable de l'enfant, et la poésie qui s'en dégage, y sont pour beaucoup. Cette fable est un chef-d'oeuvre qui prouve, si besoin était, que le cinéma italien a encore de beaux jours devant lui.
  

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LA VIE EST BELLE de ROBERTO BENIGNI
LA VIE EST BELLE de ROBERTO BENIGNI

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 10:02

                       Swashbuckler Films

 

 

Distribuée aux Etats-Unis quinze jours avant l'attaque de Pearl Harbour, La charge fantastique ( 1941 ) de Raoul Walsh est le symbole d'une Amérique qui croit encore en ses héros. Contrairement à Arthur Penn, qui a présenté l'homme de l'Ouest comme un tueur d'indiens mégalomane, Raoul Walsh fait du général George Armstrong Custer un cavalier intrépide, forgé dans la plus pure légende westernienne et persuadé qu'il travaille pour une noble cause : celle de conquérir des terres immenses et inutilisées pour les donner à des peuples qui sauront les cultiver et les exploiter. Custer va trouver en Errol Flynn un interprète idéal, dont la fougue, la prestance et l'indéniable séduction feront merveille à l'écran. Celui qui avait déjà été Robin des Bois et le capitaine Blood était dirigé ici pour la première fois par un metteur en scène avec lequel il tournerait encore sept autres films, tant le courant passait bien entre eux deux.



Revue par Walsh, l'histoire du général Custer va devenir une suite de pages glorieuses et particulièrement photogéniques depuis West Point, où le héros apparaît sanglé dans son uniforme comme un héros de légende, jusqu'à Little Big Horn où il trouvera la mort, sans oublier les charges de cavalerie qu'il mène avec audace et brio en jeune officier auquel rien ne semble devoir résister.

 

                    Errol Flynn. Swashbuckler Films  Errol Flynn. Swashbuckler Films

 

 

" Je suis prêt à jouer s'il le faut mon argent, mon épée et même ma vie, mais jamais le nom que je porte " - déclarera-t-il fièrement aux politiciens et aux affairistes qui tenteront de l'associer à leurs louches combines. Par ailleurs, Walsh aura le mérite de dénoncer avec lucidité le drame des guerres indiennes et de nous montrer, à travers le personnage du chef  indien Crazy Horse, une figure pleine de noblesse, victime des trafiquants blancs et de l'Histoire. Crazy Horse n'y apparaît pas comme un sauvage à peau rouge mais comme un homme d'un immense courage qui défend son territoire au prix de sa vie. L'ultime rencontre de Custer et de Crazy Horse à Little Big Horn se révèle être davantage une étape irréversible qu'un affrontement personnel. D'ailleurs, bien que vainqueurs, le chef indien et ses guerriers ne sont jamais que des morts en sursis. Ce rôle est admirablement campé par le formidable acteur qu'était Anthony Quinn, dur, intraitable, vaillant, d'un courage égal à celui du chef qui lui fait face dans une charge lyrique qui est un très grand moment de cinéma.



Evitant tout ce qui aurait pu faire de son film une parabole belliciste, Walsh s'attache à décrire la personnalité de ses héros, principalement celle de général Custer, bien sûr, dont on suit le parcours avec un intérêt croissant. " La gloire - disait-il - a un avantage sur l'argent. On l'emporte avec soi en mourant ". D'autre part, ce film ajoute à l'épopée héroïque, des scènes plus sentimentales d'une grande tendresse, où Olivia de Havilland est l'épouse du général et forme avec Errol Flynn un couple inoubliable, déjà réuni en 1939 dans Les conquérants de Michael Curtiz.  La scène des adieux, filmée de façon juste et sobre, est parmi les plus émouvantes et donne à ce long métrage une touche sensible, sans mièvrerie aucune. Enfin, il serait regrettable de ne pas mentionner la chanson irlandaise qui devint l'hymne du 7th Cavalry et l'évocation réussie de l'Amérique de la seconde moitié du XIXe siècle, bouleversée par la guerre de Sécession, les guerres indiennes, la ruée vers l'or dans les Black Hills, ce qui contribue à faire de ce film une fresque passionnante et grandiose de l'histoire du Nouveau Monde.


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LES GRANDS MAITRES DU WESTERN

 

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 09:36

                      Metro Goldwyn Mayer (MGM) Metro Goldwyn Mayer (MGM)

                             

Le jour des funérailles du patriarche, la famille et les amis arrivent chacun avec son lot de problèmes. Le fils aîné Daniel va s'affronter à son frère rival, Robert, qui vit de sa plume aux Etats-Unis, Martha, sa cousine, chercher à faire accepter son nouveau fiancé à son père, ce qui sera chose rendue encore plus difficile que ce dernier a avalé, par inadvertance, une pilule hallucinogène. Mais les complications s'aggravent encore, quand débarque un curieux personnage, que nul ne connait, mais qui assure, quant à lui, avoir très intimement connu le défunt et être tout disposé à révéler des choses auxquelles personne ne s'attend. Tant et si bien que Daniel et sa famille, sentant poindre le danger, vont tout tenter pour enterrer ensemble les confidences ... et le patriarche...

 

                   Peter Vaughan et Andy Nyman. Metro Goldwyn Mayer (MGM) Peter Dinklage et Frank Oz. Metro Goldwyn Mayer (MGM)

 

Anglais de naissance, Frank Oz est californien d'adoption depuis l'âge de cinq ans. En 1982, il co-réalise avec Jim Henson  Dark Cristal  qui sera un succès et lui ouvrira les portes des studios et de la réalisation en solo. Mais après deux échecs successifs The Score  en 2001  et Et l'homme créa la femme  en 2002, il tourne le dos aux grosses productions et aux stars pour se contenter de films à plus petit budget comme celui-ci où il s'essaie, par la même occasion, à un nouveau registre : l'humour, sans parvenir totalement à nous convaincre. Je m'attendais à un film dans la veine de Quatre mariages et un enterrement, d'autant que la critique n'avait pas été mauvaise, mais l'humour de Frank Oz me reste sur l'estomac et j'avoue que ce long métrage sans finesse m'a beaucoup déçue.

 

                    Daisy Donovan et Alan Tudyk. Metro Goldwyn Mayer (MGM) Matthew MacFadyen. Metro Goldwyn Mayer (MGM)

 

Non que les acteurs ne fassent pas tout leur possible pour nous faire rire, mais c'est si souvent décalé ou si prévisible que cela tombe le plus souvent à plat et que l'on finit par s'agacer de si peu de légèreté, de subtilité, de sagacité. Rien de nouveau sur l'écran. Le film reprend à son compte, sans innover, les vieilles recettes du comique, du burlesque, du rocambolesque qui ont servi et resservi mille fois, si bien que le cinéaste ne nous propose, en définitive, qu'une suite de mets réchauffés. Aussi se prend-t-on à rêver à des oeuvres comme Arsenic et vieilles dentelles et aux meilleurs crus de l'humour anglais que, Oz, installé depuis trop longtemps en Amérique, ne sait point distiller.Hélas !

 

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 09:17

le-grand-passage-4425-1614331590.jpg 

 

Le grand passage qui date de 1940 est l'un des films qui a ouvert grandes les portes du 7e Art au western dans lequel s'étaient déjà illustrés des réalisateurs comme Cecil B. DeMille, Michael Curtiz, John Ford, Henry King, Raoul Walsh et King Vidor qui n'en était pas à son premier essai, puiqu'il avait déjà tourné en 1930 Billy le Kid dans un format exceptionnel le Realife Grandeur, alors qu'il n'y avait que douze salles aux Etats-Unis équipées pour le projeter. Cette production, faute d'assurer la notoriété du procédé, avait eu le mérite de contribuer à instituer le western comme un genre prestigieux et à part entière.

                                                 
Dix ans plus tard, King Vidor, ayant pris du galon, allait centrer son nouveau film sur le personnage du Major Roberts, pour lequel il éprouvait un intérêt particulier. Le film sera tourné en technicolor et dans des décors naturels. Le cinéaste avait d'ailleurs fixé son choix sur la région du lac Payette, mais découvert qu'elle était infestée de tiques et que ceux-ci provoquaient des fièvres. Acteurs et techniciens devront être vaccinés. D'autre part, le poids des caméra - plus de 300 kg - n'exigeait pas moins de cinq ou six hommes pour les transporter, si bien que les exploits des techniciens seront à peu de chose près comparables à ceux des Rangers du Major Robert Rogers.
 

Le tournage sera très difficile car, commencé par la MGM avant que le scénario ne soit définitivement bouclé, la première partie - l'odyssée des Rangers - ne correspondra pas à la seconde, au point que le cinéaste découragé envisagera d'abandonner du fait que les plans ne se raccordaient pas les uns aux autres. Par ailleurs,Spencer Tracy était devenu, entre temps, une vedette suffisamment confirmée pour qu'il n'y ait nul besoin de l'épauler avec la présence de deux autres acteurs célèbres comme Robert Taylor et Wallace Beery que l'on remplacera l'un et l'autre par Robert Young dans le rôle de Langdon Towne et Walter Brennan dans celui de Hunk Marriner. Ainsi la dernière partie ne verra jamais le jour pour plusieurs raisons, en dehors des coordinations difficiles entre pellicules : le coût du tournage de la première ( plus de 2.500.000 dollars ), les difficultés rencontrées dans tous les domaines et un scénario particulièrement dispendieux. Le film se clôturera sur les adieux de Langdon Towne avec le Major Rogers.                                  


L'histoire, comme je l'écrivais au début de cet article, est centrée sur le personnage de Robert Rogers auquel a été confié la mission de détruire le village indien de Saint Francis, afin d'ouvrir plus largement la voie à la conquête de l'Ouest. Ne parvenant pas à franchir le lac Champlain occupé par l'ennemi, Rogers et sa troupe escaladent les montagnes, traversent les marais, puis un fleuve et atteignent Saint Francis dont ils massacreront les habitants. Enfin, épuisés, affamés, malades, ils poursuivent leur route galvanisés par leur chef qui ne recule devant aucun obstacle, mais les difficultés ne cessant de s'accumuler, il aura bientôt du mal à maintenir le moral de ses hommes. L'un des plus beaux passages est celui au cours duquel les baroudeurs forment une chaîne humaine afin de franchir une rivière impétueuse ; ce film ne cesse, en effet, d'exalter le courage, la virilité, le goût de la conquête. On a très souvent accusé Vidor d'avoir réalisé avec Le grand passage une oeuvre raciste, à cause de la violence et de la sauvagerie avec laquelle la section attaque et massacre le village de Saint Francis... Mais plus que l'apologie belliqueuse d'un commando, le cinéaste s'est attaché à décrire le courage, la détermination, la bravoure de ces hommes qui avaient la charge de conquérir un continent qu'ils considéraient alors, avec le regard de leur époque, comme habité par des populations de sauvages qui n'avaient pas su tirer profit de ces terres magnifiques.
Tourné dans l'Idaho, le film a déjà des qualités esthétiques remarquables et la couleur ajoute à la splendeur des paysages. Certains de ses plans furent réutilisés dans Last ofthe Buccaneers de Lew Landers en 1950. Quant à l'interprétation, elle mérite notre totale approbation. D'où que l'on se place, ce long métrage est parfaitement abouti et d'un réalisme qui ne s'est autorisé aucune complaisance. Il servira de référence à des productions ultérieures qui n'auront pas, toutes, les mêmes qualités.


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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 09:15

                  Affiche américaine. Universal Pictures  Affiche teaser américaine. Universal Pictures

                

Le héros de La vengeance dans la peau  nous avait habitué à l'action dans les deux précédents films de cette trilogie qui a révolutionné le cinéma d'aventure grâce à un ton résolument réaliste, une quasi-absence d'effets spéciaux, une grande nervosité de mise en scène, un rythme qui ne faiblit jamais et un personnage principal, ce fameux Jason Bourne, amnésique, d'une profondeur inhabituelle qui tente à la fois de découvrir les clés de son passé et de s'en libérer. Le jeu sobre et intense de Matt Damon fait à nouveau beaucoup pour le succès de ce troisième opus, présenté comme étant l'ultime... mais qui nous dit qu'on ne verra pas d'ici quelques années revenir le fringant héros, tempes grisonnantes et moral d'acier pour nous faire part d'une maturité gagnée au pas de charge ?

 


Tout comme la mise en scène formidablement tendue de Paul Greengrass, l'auteur du brillant second volet, qui suit son héros de Moscou à New-York, de Madrid à Tanger, sans lui laisser ( et pas davantage à nous spectateurs ) le temps de souffler. Cette fois Jason Bourne s'essaie à découvrir, malgré la noria de tueurs lancée à ses basques, le comment et le pourquoi qui l'ont transformé en machine à tuer. C'est la quête d'un passé qui ne parvient ni à justifier le présent, ni à favoriser l'avenir, que le personnage s'évertue à comprendre. En sorte que l'espion amnésique n'en finit pas d'en faire voir de toutes les couleurs aux employés véreux de la CIA. Un bon moment assuré par un film qui ne trahit pas ses promesses et se laisse regarder avec beaucoup de plaisir. Egal à lui-même, Matt Damon est un excellent Jason Bourne, astucieux, ardent, courageux, il crève littéralement l'écran, nous emporte dans sa course folle et ne nous lâche plus. Le film grand public par excellence.

 

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                      Matt Damon. Paramount Pictures France

 

 

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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 09:14
LE CRABE-TAMBOUR de PIERRE SCHOENDOERFFER

   Pathé Distribution  UFD Corbis Sygma Pathé Distribution 

 

Depuis "La grande illusion" de Jean Renoir en 1937, Pierre Schoendoerffer est pratiquement le seul cinéaste français à avoir traité, sous un jour véridique, la guerre et l'armée, trop souvent caricaturées. Or les films de Schoendoerffer ont le mérite d'avoir été nourris par une expérience personnelle irréfutable. Après une jeunesse vagabonde, le cinéaste, né en 1928, s'engage comme volontaire pour l'Indochine et devient photographe, puis cameraman du service cinéma-presse du corps expéditionnaire français. Nous sommes en 1952, il a 24 ans. Pendant trois années, il va filmer à bout portant les opérations et les combats jusqu'à la chute de Diên Biên Phu, où il est fait prisonnier par le Viêt-minh. Démobilisé, il restera en Indochine - devenue le Viêt-nam - comme correspondant de guerre du journal Life. A Hong-Kong, il rencontre Joseph Kessel et avec lui élabore le scénario de "La Passe du diable". Ce film sera tourné en Afghanistan, au milieu de grandes difficultés, et recevra le prix de la ville de Berlin et un succès suffisamment estimable pour que le cinéaste puisse poursuivre sa carrière. Ce seront deux films d'après des romans de Pierre Loti : "Ramuntcho" (1958) et "Pêcheur d'Islande"  (1959). Ces réalisations d'un autre âge furent un fiasco retentissant à une époque où sortaient des longs métrages comme "Les 400 coups" et "A bout de souffle", que les fringants mousquetaires de la Nouvelle Vague réussissaient à imposer à un public déjà gagné à leur cause. Cet échec allait avoir pour conséquence d'éloigner pendant quelques années Schoendoerffer du cinéma, l'incitant à renouer avec son métier de reporter-photographe de grands magazines, travaillant entre autre pour la télévision ( Cinq colonnes à la Une ).

 

Egalement tenté par l'écriture, il publie "La 317e Section", récit inspiré de ses souvenirs d'Indochine et transforme l'année suivante le roman en un film magnifique, peut-être l'un des plus représentatifs sur la guerre, qui obtient le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes en 1965. A partir de là, Schoendoerffer est considéré comme un cinéaste de grand talent et cette réputation ne se démentira pas. Il est vrai que ces histoires de baroudeurs lui conviennent mieux que les romans désuets de Pierre Loti. En 1967 avec "La Section Anderson", filmée sur le vif, le cinéaste décroche une moisson de récompenses, dont un Oscar à Hollywood et le prix Italia. Malgré cela, il attendra dix ans pour produire son neuvième film, se consacrant à l'écriture, où il rencontre le même succès. Influencé par des écrivains comme Conrad et Kipling, il publie un très beau livre "L'adieu au roi", couronné en 1969 par le prix Interallié. Il réitère en 1976 avec un roman puissant et original  "Le Crabe-Tambour" qui obtint, quant à lui, le grand prix du roman de l'Académie française. Ce sera l'adaptation cinématographique de ce livre à succès qui occasionnera le retour de Schoendoerffer derrière la caméra.

 

"Le Crabe-Tambour" est avec "La 317e Section" son film le plus abouti. Le sujet nous ramène aux guerres coloniales, à l'Indochine et à l'Algérie, aux officiers perdus, aux serments non tenus et aux vies brisées par respect de la parole donnée, le goût de l'honneur et du devoir, toutes valeurs tombées en désuétude en ce XXe siècle finissant. Cette fois, Schoendoerffer ne se contente pas de relater les actions de guerre, les actes de courage et la fureur des combats, il a désormais l'ambition de fouiller plus profond, de faire référence à la mémoire, au sens de la vie, au tête à tête avec soi-même et avec la mort.



A bord d'un bateau de la Marine Nationale, chargé d'escorter une septième flottille de chalutiers sur les bancs de Terre-Neuve, le commandant et le médecin évoquent leur passé et le souvenir qu'ils gardent d'un compagnon d'armes, l'enseigne de vaisseau Wilsdorff dit le Crabe-tambour, héros devenu légendaire qui les a marqués irrémédiablement et qu'ils ont connu lors de circonstances différentes : l'un en Indochine, l'autre en Algérie. Tous deux semblent taraudés par un remords : le médecin parce qu'il a laissé son ami repartir seul  sur une vieille jonque avec les dangers que cela comporte ; le commandant parce qu'il a renié l'ami et le compagnon d'armes pour des divergences d'opinions. Pour ce dernier, atteint d'un cancer, le moment revêt un caractère plus tragique et émouvant. Les deux officiers ont choisi la pleine mer afin d'adresser, au-delà du temps et des lieux, cet adieu au héros lointain qui hante leur mémoire. "Le Crabe-Tambour" renoue ainsi avec le sentiment de la grandeur que Schoendoerffer est l'un des seuls à savoir évoquer avec cette force et ce dépouillement. Proche d'un John Ford ou d'un Raoul Walsh, il utilise une mise en scène d'un rigoureux classicisme, toute au service de son objet, avec des plans à couper le souffle de par la simplicité et la sobre beauté qui les a motivés. Le cinéaste fait preuve d'une maturité souveraine qui lui méritera le grand prix du Cinéma français. Admirablement interprété par Jean Rochefort, César du meilleur acteur, Jacques Dufilho, César du meilleur second rôle, Jacques Perrin et Claude Rich, ces quatre acteurs donnent à leurs personnages respectifs et au film une intériorité intense. Ils savent exprimer les interrogations secrètes, les dilemmes, la nostalgie, le sentiment d'abandon, d'inutilité qui ont atteint ces officiers en pleine force de l'âge, figures emblématiques d'un héroïsme militaire voué à l'oubli  auquel Schoendoerffer rend ici un bouleversant hommage crépusculaire. 

 

 

Pour lire l'article consacré à Jacques Perrin, acteur, réalisateur et producteur, cliquer sur son titre :

 

JACQUES PERRIN OU UN PARCOURS D'EXCELLENCE

 

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LE CRABE-TAMBOUR de PIERRE SCHOENDOERFFER
LE CRABE-TAMBOUR de PIERRE SCHOENDOERFFER
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 09:27
GARY COOPER - PORTRAIT

         

L'un des plus célèbres et prestigieux acteurs américains Gary Cooper est né à Helena le 7 mai 1901 dans un ranch du Montana que dirigeait son père. Elève dans une école anglaise réputée, il reçut une parfaite éducation et fit preuve, dès son jeune âge, de dons visibles pour le dessin. Blessé lors d'un accident de voiture, alors qu'il étudie à l'Université de Wesleyan, il reste en convalescence au ranch familial, se familiarise avec les chevaux et perfectionne son niveau d'équitation qu'il saura utiliser dans sa future carrière d'acteur, en particulier dans les innombrables westerns auxquels il participera. Après quelques essais infructueux dans le domaine de la caricature politique, le jeune homme propose ses services comme figurant dans des films afin de gagner un peu d'argent et a vite fait de se faire remarquer pour son physique, son élégante nonchalance, ce qui lui permet d'obtenir un rôle important dans Barbara, la fille du désert d'Henry King et d'entrer ainsi sous contrat avec la Paramount. Par la suite, il va alterner les rôles de gentleman et ceux d'aventuriers et en 1941 reçoit un Oscar pour le rôle-titre de Sergent York de Howard Hawks, rôle pour lequel il avait été choisi par le vrai héros de la première Guerre Mondiale, Alvin York.


                        
                 Gary Cooper et Burt Lancaster. Swashbuckler Films Denise Darcel, Gary Cooper et Burt Lancaster. Swashbuckler Films
                  

 

L'année suivante, il obtient un immense succès dans une autre biographie, celle du joueur de base-ball Lou Gehrig. Bien qu'il n'ait jamais pratiqué ce sport, son interprétation est si convaincante qu'elle impressionne durablement le public. Le 15 décembre 1933, Gary se marie et épouse à New-York Véronica Rocky Balfe avec laquelle il aura son unique enfant, une fille prénommée Maria Véronica qui sera, par la suite, l'épouse d'un célèbre musicien. Trop âgé pour participer à la Seconde Guerre Mondiale, l'acteur donne inlassablement de son temps pour se joindre à des tournées dans le Sud Pacifique et remonter ainsi le moral des troupes. En 1945, il produira son seul film en tant que producteur Le grand Bill, réalisé par Stuart Heisler. Parmi ses films les plus connus : Le train sifflera trois fois, L'extravagant Mr Deeds, Le Rebelle, Le jardin du diable, L'homme de la rue, Pour qui sonne le glas, La loi du Seigneur, L'adieu aux armes. Par ailleurs, il ne comptabilise pas moins de six nominations aux Oscars.

 

           Gary Cooper. Swashbuckler Films   dans Le rebelle

 

Converti au catholicisme en 1956 sous l'influence de sa femme et de sa fille, il est bientôt atteint d'un cancer du poumon qui l'obligera à renoncer à participer au film  Horizons sans frontières, où il sera remplacé par Robert Mitchum. Les médecins lui cacheront un certain temps la gravité de son mal pour lui permettre de tourner un dernier film La lame nue de Michael Anderson. Le président John Kennedy et la reine Elisabeth II d'Angleterre, le sachant très malade, lui adressent des lettres de réconfort, tandis que son ami Jimmy Stewart reçoit, à son intention, un Oscar qui consacre l'ensemble de son exceptionnelle carrière. Il s'éteint à Los Angelès le 13 mai 1961, six jours après son soixantième anniversaire et six mois après la disparition d'un autre grand de Hollywood Clark Gable.

   

 Pour consulter les articles des films où figure l'acteur dont Vera CruzLe train sifflera trois fois et Le rebelle, cliquer sur le lien ci-dessous :

 


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               Swashbuckler FilmsCollection Christophe L.  Paramount PicturesSwashbuckler Films

 

GARY COOPER - PORTRAIT
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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 17:22

                    Affiche teaser américaine. Myriad Pictures

 

Beaucoup de monde se pressait ce mercredi 5 septembre 2007 pour entrer au CID où avait lieu l'unique représentation du film en compétition  Factory Girl . Avant que celui-ci ne commence, le metteur en scène George Hickenlooper fit une courte allocution et ne nous cacha pas qu'il était un peu nerveux car c'était ce matin qu'avait lieu la première mondiale de la version définitive, après le re-découpage qu'on l'avait autorisé à faire à la suite de sa présentation à Londres. Le cinéaste a jugé, en effet, indispensable d'en améliorer le rythme, en alternant différemment les scènes en noir et blanc et celles en couleur qui ont pour but de donner à ce long métrage des allures de documentaire et de plonger le récit dans une réalité plus immédiate et suggestive. C'est d'ailleurs là sa plus grande réussite : avoir su reconstituer le climat et l'ambiance des années 60 à un moment où l'Amérique semblait  tourner le dos à ce qui, en moins d'un siècle, l'avait faite ce qu'elle était : la plus grande puissance. Après avoir su s'édifier et se bâtir, voilà qu'elle prenait plaisir à contempler les abîmes qui s'ouvraient devant elle avec une inquiètante jubilation. Une génération de jeunes désoeuvrés en voulait à ses parents d'avoir, à force de travail, d'ambition et de compétence, accouché d'une Amérique qui faisait rêver le monde et la France en particulier, pour ne se complaire que dans le sexe, la drogue et le rock n'roll, déployant autant d'acharnement pour déconstruire ce que leurs aînés avait mis à construire. Ce sont durant ces années-là que se développa le mouvement Pop Art où s'illustrèrent  Roy Lichtenstein, Tom Wesselmann, James Rosenquist, Claes Oldenburg et, bien entendu, Andy Warhol. Ce mouvement recourait aux objets les plus quotidiens ainsi qu'aux procédés graphiques de la publicité et de la mode pour tenter d'instituer un art nouveau. Dans ce milieu marginal apparut alors une très jeune femme, issue d'une riche famille, qui entendait voler de ses propres ailes, ne serait-ce que pour adresser un pied de nez à un milieu privilégié qui n'était pas à son goût et moins encore au goût de l'époque. 

                                              

Elle débarquait à New-York avec le désir de s'illustrer dans la mode ou le cinéma, grâce à un physique avantageux et une plastique de rêve. Sa rencontre avec le roi du Pop Art allait déterminer et sceller à jamais son destin de la manière la plus tragique qui soit, car cette frêle créature l'était tout autant au physique qu'au moral et allait devenir la victime de ses propres fantasmes. Très vite dépendante de la drogue, elle vivra une aventure aussi brève qu'intense avec Andy qui vit en elle une muse idéale et ne dissimulera pas qu'elle exerça sur lui une profonde influence. Mais son coup de foudre pour un  musicien - Bob Dylan  - mit fin à leur relation, toute platonique d'ailleurs, si bien que Edie Sedgwick ne saura retenir ni le peintre, ni le musicien, effrayé par son comportement névrotique, et se retrouvera seule et sans ressources ( son père lui ayant coupé les vivres ).  Le film nous fait assister à cette lente descente aux enfers d'une égérie qui mourra à 28 ans, parce qu'elle n'avait pas été en mesure de résister à la frénésie d'un petit monde reclus dans ses vices et ses faiblesses. Devenue pour quelque temps leur icône, elle y perdra son âme et le paiera de sa vie. Le film retrace cette existence d'une écriture sensible, servie par une belle trame musicale et un tout aussi bel emballage esthétique. Il est relativement bien fait et le recours au noir et blanc est bienvenu pour accroître l'impression insistante du vécu. Néanmoins, il est regrettable que le réalisateur se soit contenté de relater la biographie d'une idole égarée dans les dédales d'un milieu étriqué et malsain, sans aller au-delà des faits, sans en tirer les conséquences, sans même situer cette démarche dans le flux historique et sans tenter d'en démasquer les causes. Le portrait de l'héroïne reste trop superficiel à mon goût, trop plat, et ne remet pas suffisamment en cause la validité du Pop Art et du personnage d'Andy Warhol qui l'a si pleinement illustré. D'ailleurs, à la fin du film, Andy s'efface comme s'il n'était là que par hasard et parce qu'il avait un instant focalisé les illusions de sa muse déchue.



Je ne voudrais pas conclure cet article sans parler de l'interprétation qui est remarquable. Sienna Miller dans le rôle d'Edie Sedgwick est bouleversante et accomplit une véritable performance d'actrice, tant elle s'identifie à son personnage, en exprime la fragilité, la complaisance, la vulnérabilité, la souffrance, le désarroi. Cela au côté d'un Andy Warhol excellemment interprété par Guy Pearce qui est saisissant d'authenticité et joue son personnage avec une sobriété dont on doit lui être redevable, car il  ajoute ainsi à sa crédibilité. Il n'est jamais simple d'entrer dans la peau d'un être aussi connu et de lui conférer à l'écran une telle véracité. Ce film possède des atouts indiscutables et fera probablement une belle carrière, simplement parce que le personnage central sait émouvoir et que l'émotion est au goût du jour.

           

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FACTORY GIRL de GEORGE HICKENLOOPER

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 09:51
HENRY FONDA - PORTRAIT

                        Henry Fonda. Les Grands Films Classiques   


Henry Jaynes Fonda naquit le 16 mai 1905 à Grand Island d'une famille d'anciens colons qui s'était établie, dès le XVIIe siècle, au nord de New-York dans une ville qui porte encore leur nom. Son père était imprimeur et sa mère femme au foyer. L'harmonie régnait au sein de ce couple sans histoire qui aura deux autres enfants. Ceux-ci seront élevés dans un esprit de justice et son père le fera assister, à l'âge de 14 ans, au lynchage d'un employé noir, ce qui le marquera à jamais. A 18 ans, il rêve de devenir écrivain et quitte Omaha pour suivre des cours à l'Université du Minnesota. C'est en 1925 qu'une amie de la famille lui propose un rôle de figurant dans une pièce que monte le théâtre municipal d'Omaha. Cette femme, du nom de Dorothy Brando, n'est autre que la mère de Marlon et va, de ce fait, orienter sa vie très différemment de ce que le jeune homme envisageait. Il est vrai qu'il possède un physique avantageux : il est grand, alluré, avec des yeux bleus perçants et une aisance naturelle. Dès l'année suivante, on lui propose le rôle principal dans "Merton of the Movies" où il surprend par sa présence, d'autant mieux qu'en jouant il parvient à surmonter ses inhibitions. C'est donc décidé : il sera acteur.

 


Dans cet environnement créatif, Henry s'épanouit, stimulé par l'esprit de camaraderie qui sévit dans la petite troupe. Bientôt une jeune femme les rejoint ; elle s'appelle Margaret Sullivan et les jeunes gens vont vivre un amour d'autant plus complice qu'ils partagent la même passion pour la scène. Après leur mariage en décembre 31 à Baltimore, ils décident d'aller tenter leur chance à Broadway. Mais les difficultés rencontrées ruinent leur union et ils se séparent. Henry est anéanti et a bien du mal à trouver du travail dans une Amérique en crise. Pour survivre, il se voit dans l'obligation d'accepter un emploi de vendeur chez un fleuriste.



Mais la chance va, de nouveau, lui sourire. Après avoir passé des centaines d'auditions, il est retenu pour une comédie musicale "New faces of 1934" et reprend confiance. Un soir, dans le public, se trouve l'agent de Greta Garbo et de Fred Astaire, un certain Leyland Hayward qui le remarque et le prend sous contrat. Sa vraie carrière commence mais il ne part pas pour Hollywood sans une certaine réticence. Henry Fonda a 30 ans et quitte le théâtre pour le cinéma, où il apparait successivement dans quatre films, dont "The Trail of the Lonesome Pine" produit par la Paramount.  A 31 ans, il est un acteur déjà très demandé. De passage à Londres pour les besoins de "Wings of the Morning" ( La Baie du destin - 1936 ) avec Annabella, il rencontre une riche veuve de 27 ans Frances Seymour Brokaw qu'il épouse trois mois plus tard et qui lui donnera, l'année suivante, une fille Jane. Les films vont dorénavant s'enchaîner et font de lui une valeur sûre. Mais nous sommes en 1940 et la guerre fait rage en Europe. Aussi Henry part-il dans le Sud Pacifique pour deux ans. Il échappera à la mort de justesse, lorsque le cuirassier sur lequel il se trouve est bombardé par un kamikase. Il sera d'ailleurs décoré et cité à l'ordre de l'armée.

                        

Dès son retour, la Fox le remet au travail et il tourne de nouveau pour Zanuck "La poursuite infernale" en 1946 qui reçoit un accueil triomphal de la part du public. Si sa carrière semble maintenant stable, sa vie sentimentale ne l'est pas. La guerre, les séparations fréquentes ont eu raison de son couple. Sa femme lui reproche de ne pas s'occuper de ses trois enfants et souffre de sa nature renfermée. Ils se séparent en 49. Frances se suicidera peu de temps après, victime d'une terrible dépression. Il se remariera en 1950 avec Susan Blanchard, auprès de laquelle il tentera de récréer une ambiance familiale sereine avec ses enfants. Par la même occasion, il renoue avec la scène en jouant "Mister Roberts" à Broadway plus de mille fois, pièce dont on tirera un film qu'il interprétera à nouveau dans le rôle titre. Avec "Douze hommes en colère" en 1957 de Sidney Lumet, il revient au cinéma en jouant un personnage qui exprime fondamentalement sa nature d'homme libre, soucieux de paix et de justice. Grâce à son jeu tout en sobriété et à sa présence, il est considéré comme l'une des références incontournables du cinéma américain, d'autant qu'il sait donner à ses personnages une épaisseur et une profondeur que les critiques se plaisent à souligner.



C'est en 1962 qu'il rencontre celle qu'il appellera la femme de sa vie Shirley Adams et épousera secrètement à New-York. Dans le show-business, deux de ses enfants l'ont rejoint : Jane et Peter qui, non contents d'être des acteurs en vue, deviennent l'un et l'autre les portes paroles d'une génération très politisée, ce dont la discrétion de leur père s'accommode mal. A 70 ans, bien que confronté à l'âge, Henry aspire à être une fois encore sous le feu des projecteurs et tourne avec Katherine Hepburn  "La Maison du Lac" qui raconte l'histoire douce-amère d'un couple vieillissant dont l'époux se réconcilie avec sa fille, rôle qu'accepte de tenir la sienne : Jane. Le film sera un triomphe d'autant plus émouvant que l'acteur y manifeste ouvertement l'apaisement qui a fini par triompher entre Jane et lui. Pressenti pour l'Oscar du meilleur acteur, Henry, déjà très malade, ne pourra se rendre à la cérémonie, aussi est-ce Jane qui recevra le prix à sa place. Le 8 août 1982, il est victime d'un infractus et meurt, dans son sommeil, quatre jours plus tard. Ainsi disparait l'une des légendes d'Hollywood, laissant aux générations d'aujourd'hui quelques-unes des plus belles performances d'acteur du 7e Art. Dont celle qu'il réalisa dans le chef-d'oeuvre de Sergio Leone : "Il était une fois dans l'ouest" en 1968.

 

Pour lire les critiques des films interprétés par Henry Fonda, dont La poursuite infernale et Douze hommes en colère, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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                                                            Carlotta Films    

 

HENRY FONDA - PORTRAIT
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  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


Charlie Chaplin

 

"Innover, c'est aller de l'avant sans abandonner le passé."

 

Stanley Kubrick

 

 

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