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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 10:09

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C'est durant les années 1980 que l'Amérique inaugure l'ère du blockbuster. Et pour en assurer la rentabilité, les studios n'ont qu'une solution : l'expansion.

 

La guerre des étoiles provoque, dès sa sortie en 1977, un véritable raz-de-marée et bien que le film ait coûté 11,5 millions de dollars il en rapporte 215 rien que sur le territoire américain. Son succès est symtomatique des évolutions en cours, parmi lesquelles un rajeunissement du public. Selon une enquête de la MPAA réalisée en 1979, 90% des spectateurs américains ont entre 12 et 19 ans ! Les studios enregistrent la leçon et généralisent la politique des blockbusters : Superman (1978), L'Empire contre-attaque (1980), Les aventuriers de l'arche perdue (1981) etc. Le but affiché est de battre de nouveaux records au box-office, rien de plus. Dans ce nouveau contexte, la prise de risque devient difficile. Afin de la minimiser, les majors exploitent leurs succès jusqu'au bout, en misant sur des formules ou des suites qui s'enchaînent jusqu'à l'épuisement du filon. Ces productions donnent lieu à un marché intérieur florissant et les salles obscures sont assurées d'être constamment remplies. La tendance se renforce avec l'arrivée des multiplexes. Aujourd'hui, l'Amérique est l'une des nations qui se déplace le plus pour se rendre au cinéma avec un taux de fréquentation moyen de 5,3 films par personne et par an. Le développement de la vidéo dans les années 80 et du DVD, dans la décennie suivante, ouvre de nouvelles perspectives et devient une source de revenus substantiels. Autant de facteurs qui favorisent une reprise de la production. En 1980, 125 projets étaient réalisés aux Etats-Unis. En 2003, on en comptait plus de 600. En 1982, c'était l'année de tous les super-héros : Rambo d'un côté, Conan de l'autre ont fait exploser le box-office de la toute puissance de leur musculature. Cette dernière rassure manifestement une nation qui doute d'elle-même sur fond de traumatisme post-viêtnamien et de récession économique. Tout comme Conan le barbare, Rambo est un être solitaire, abandonné par les siens et qui lutte pour sa survie dans un monde hostile. Afin de rentabiliser les blockbusters, dont les coûts ne cessent d'augmenter, les studios planifient des sorties en salle massives, soutenues par des campagnes de promotions quasi agressives. Le but est d'attiser la curiosité du public et de faire de cette projection un incontournable dans la vie d'un citoyen normal. Avec une durée de vie de plus en plus courte, le destin des films est scellé dès le premier week-end d'exploitation. Dès lors, le marché intérieur ne suffit plus à amortir les frais engagés, l'expansion est une nécessité. 

 

Aujourd'hui, le marché international représente 43% des revenus des studios. Les stratégies commerciales sont conçues de manière globale afin de valoriser au mieux le merchandising et les investissements promotionnels engagés. Les marchés extérieurs permettent également d'alimenter la machine hollywoodienne en fournissant des idées de remake. Les droits des films étrangers les plus créatifs sont achetés par les studios de manière à les adapter aux codes américains. Car au coeur de la puissance américaine se trouve une capacité de renouvellement permanente, nourrie par les talents étrangers. Aujourd'hui, comme hier, Hollywood continue d'attirer cinéastes et acteurs du monde entier. Le succès d'Antonio Banderas, de John Woo ou de Roberto Rodriguez en témoigne. Par leur présence, ces étrangers facilitent l'accès à certains marchés. Si cette politique assure la domination du cinéma d'Outre-Atlantique sur le reste du monde, il n'en reste pas moins des poches de résistance. L'Inde fait figure d'anomalie avec ses 95% de parts de marché au profit d'un cinéma national. Dans ce pays, les productions hollywoodiennes doivent faire l'objet de remakes indiens afin d'atteindre les cimes du box-office. Partout ailleurs, le cinéma américain s'arroge entre 50 et 83% du marché. Les territoires anglo-saxons sont évidemment les plus perméables à cette influence. En revanche, les pays qui résistent le mieux à la vague américaine sont ceux dotés d'un système d'aides et de subventions, comme c'est le cas en France qui parvient à maintenir, vaille que vaille, un marché national de 33% contre 23% en Italie et 12,5% en Espagne. En Asie, la Corée du Sud se distingue également de ses voisins par une production locale importante, protégée par les pouvoirs publics. Privées de soutien, la plupart des autres industries cinématographiques restent fragiles face au géant américain.

 

Sources :  Laurent Delmas

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique MES BILANS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DE MES BILANS CINEMATOGRAPHIQUES  

 

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L'ERE DES BLOCKBUSTERS
L'ERE DES BLOCKBUSTERS
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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 10:02

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Né en 1898 dans une famille qui sera ruinée par la crise économique de 1904, Kenji Mizoguchi eut une enfance difficile et très pauvre auprès d'un père violent qui vendra sa fille comme geisha et frappera sa femme. Devenu apprenti peintre sur tissu, le jeune kenji se passionne bientôt pour la peinture et obtient un diplôme de l'académie des arts plastiques, puis travaille dans la publicité. En 1918, alors qu'il participe à des émeutes, il perd son emploi. C'est alors qu'il entre dans l'industrie cinématographique comme acteur et, en 1942, réalise son premier film "Le jour où l'amour revint", tellement imprégné de ses convictions socialistes qu'il sera censuré par le gouvernement.  Après le drame de sa soeur vendue par son père à un riche protecteur, une nouvelle épreuve le frappe. Une de ses anciennes maîtresses le blesse d'un coup de couteau peu après son mariage, si bien que la femme comme victime, cumulant sur ses épaules toutes les épreuves du monde, deviendra l'un des thèmes récurrents de son oeuvre. Le courage des femmes, leur détermination et également leur violence vont illustrer nombre de ses productions dont "Cinq femmes autour de Utamaro" (1946), où l'on voit une femme jalouse s'attaquer à la rivale qui lui a pris son amant. Malheureusement, la plupart des opus de sa féconde période des années 1920 ont disparu mais on sait qu'il se passionna pour le plan-séquence et qu'il a usé le plus souvent comme dans "Les contes des chrysanthèmes tardifs" (1939), de longs travellings accompagnant la marche des personnages, figures de mise en scène qui rappellent la peinture sur rouleau japonaise (emaki), où la latéralité se substitue à la profondeur du champ. Mizoguchi a toujours privilégié la rigueur du cadre à une trop grande mobilité de la caméra.

 

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Epris de littérature, le cinéaste s'est plu à adapter à l'écran les oeuvres des auteurs japonais comme Junichiro Tanizaki dans "Mademoiselle Oyu" (1951) ou Monzaemon Chikamatsu dans "Les amants crucifiés" (1054) et même Guy de Maupassant, un auteur français parmi ses préférés dont il adaptera "Boule de suif" devenu "Oyuki la vierge" en 1935. Par ailleurs, il posera un regard sans complaisance sur la bourgeoisie commerçante du XVIIe siècle, obsédée par l'argent et le sexe,  ainsi ce thème apparaîtra-t-il dans l'une de ses oeuvres majeures "La vie d'Ohara, femme galante" en 1952. Après la guerre de 39/45, Muzoguchi va se consacrer à montrer le désastre des conditions de vie, ainsi dans "Femmes de la nuit" (1948) inspiré du néoréalisme rossellinien. Son souci de l'introspection va nourrir l'histoire de son temps et se manifestera par un esthétisme raffiné que ce soit dans les grandes fresques historiques comme "L'intendant Sansko" (1954) ou dans les drames plus intimes comme "La femme d'Osaka" ou "Cinq  femmes autour d'Utamaro" (1948) qui restitue un peu de l'existence du célèbre peintre d'estampes.

 

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Son actrice de prédilection sera Kimuyo Tanaka, capable de par sa complexion fragile et la détermination de son caractère, de tout jouer. On la découvrira tour à tour en jeune fille, en actrice de théâtre, en mère accablée par l'enlèvement de ses enfants, en  vieille prostituée, riche incarnation de la femme confrontée en permanence à la lâcheté et à la trahison des hommes. Ce portrait de la femme trouvera son plein accomplissement dans "La rue de la honte" (1956), le film le plus sombre du réalisateur où des prostituées, après avoir quitté leur maison close, préfèrent y retourner, découragées par la condition féminine dans la société. Chez Mizoguchi, le quotidien frustrant et désespérant n'en reste pas moins transfiguré par l'intensité des sentiments qui s'allie à une quête sacrificielle du sublime. Rares sont ceux qui auront porté à ce degré d'élévation leur exigence de vérité et de beauté. Mizoguchi meurt à Tokyo le 24 août 1956 à l'âge de 58 ans. Il reste, pour la plupart des cinéphiles, le plus grand des cinéastes japonais.

 

Pour consulter les articles des films de Mizoguchi que j'ai critiqués, cliquer sur leurs titres :

 

LES CONTES DE LA LUNE VAGUE APRES LA PLUIE de MIZOGUCHI

 

LA VIE D'OHARU, FEMME GALANTE de KENJI MIZOGUCHI

 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:30

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L'Irlande pendant la seconde guerre mondiale voue une haine tenace aussi bien à l'ennemi qu'à l'occupant anglais. Dans un village, Rosy Ryan, fille du tavernier, est amoureuse de Charles Schnaughessy, un instituteur quadragénaire. Le mariage a lieu, mais Rosy est vite déçue par la monotonie de son existence, jusqu'au jour où elle rencontre le commandant anglais Randolph Doryan qui, ayant été gravement blessé sur le front français, est en convalescence au village. Leur passion va susciter, au moment même où les opposants débarquent des armes sur la côte en pleine tempête, des réactions d’une rare violence...car le pays est en pleine insurrection et le major anglais représente  ce que la population exècre le plus.  Aussi la jeune femme va-t-elle concentrer sur elle et, à son insu, sa fureur aveugle, ce  qui l’obligera à fuir le pays avec son époux, alors que le major se donnera la mort …

 

 

Ce très beau film de Lean, après les succès que furent « Le pont de la rivière Kwaï »,  « Lawrence d’Arabie » et « Le docteur Jivago », va être quasiment assassiné par une presse déchaînée, en tête de laquelle figure la journaliste Pauline Kael, au point de décourager le réalisateur qui, jusqu’alors, avait été encensé par elle, de poursuivre sa carrière. Il lui faudra attendre 14 ans, soit 1984 pour ré -apparaître derrière une caméra lors du tournage de « La route des Indes ». Que s’était-il passé pour que la critique vire de bord à ce point et agisse comme l’aurait fait un tribunal en formulant contre l’auteur de tant de succès, sous forme d’un réquisitoire, une condamnation imméritée dont le malheureux sortira anéanti ?

 

 

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Difficile de le dire. Une certaine lenteur peut-être, un petit quelque chose avec le bovarysme qui ne correspondait plus à l’époque, une incontestable naïveté dans la narration, des personnages trop stéréotypés, difficile à dire car l’opus réserve de belles surprises et déroule devant nos yeux des scènes magnifiquement filmées, des paysages grandioses et une interprétation irréprochable. Seule la musique de Maurice Jarre peine un peu, elle n’a pas l’éclat, le romantisme des musiques qui restèrent si longtemps dans les mémoires, celles du docteur Jivago et de Lawrence d’Arabie. Là, à l’évidence, le musicien se montre moins inspiré. Mais les interprètes ne le sont pas. On découvre une Sarah Miles, femme du scénariste Robert Bolt, très juste dans son personnage de femme passionnée et insatisfaite, un Chistopher Jones – que l’on ne reverra plus jamais à l’écran après ce film –  tour à tour glacé et fou d’amour, hautain et vibrant et un John Mills saisissant dans le rôle difficile de l’idiot du village qui, en fin de compte, est le seul vrai témoin des événements et, enfin, un Trevor Howard plein d’humanité dans celui du curé de la paroisse qui tente désespérément de ramener les villageois à la raison.

 

 

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La variation bovarienne prend ici pour décor une falaise gigantesque dans la province irlandaise de Dingle, un bourg traditionnel entièrement construit pendant l'hiver 1968 pour être détruit à la fin du tournage, une plage immense où Lean et son équipe passeront des jours entiers à attendre que le soleil ou la pluie daignent se prêter aux besoins du tournage. Lequel durera 52 semaines, quand il était prévu de n'en prendre que dix. Il faut ajouter à cela une variété extraordinaire de péripéties humaines et techniques. Lean et Mitchum ne s'entendaient guère et ne se parlaient que par l'intermédiaire de Sarah Miles, qui s'efforçait d'en rire. Quant à la grande scène de tempête, que Lean ne trouvait jamais assez spectaculaire, elle fut d’abord filmée en Irlande avant de finir par être tournée en Afrique du Sud.

 

 

Achevé au début de l'année 1970, ce tournage éreintant, même pour l'habitué des projets aventureux qu'était  David Lean, donna un fruit amer comme rarement un réalisateur eut l'occasion d'y goûter. Son nom s'estompa derrière ceux de Lawrence et de Jivago, que presque tous les spectateurs du monde connaissent sans toujours  pouvoir dire à qui ils les doivent.  « La Fille de Ryan », engeance maudite à tous points de vue, disparut plus encore, et même ses deux Oscars (meilleure photographie et meilleur acteur dans un second rôle pour John Mills) ne purent le sauver de ce naufrage programmé.

 

 

De nos jours, nous re-visionnons ce film avec plaisir, même ses défauts s’estompent car il y a une vraie beauté dans les images, une vraie authenticité dans les personnages, ainsi ce père qui a trahi son village mais, par orgueil et frousse, n’avouera jamais et laissera sa fille en porter l’opprobre. Enfin, comment oublier le rôle à contre-emploi de Robert Mitchum en mari cocu mais si bon, si épris, et tellement moins vulgaire et ridicule que le Monsieur Bovary de Flaubert. Il donne au film sa dimension déchirante et humaine, digne et fière qui ne peut manquer de toucher le plus récalcitrant des cinéphiles. « La fille de Ryan » mérite de sortir enfin de son purgatoire et de prendre toute sa place dans la filmographie de ce grand imagier.

 

 

Pour consulter l'article consacré à David Lean, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

 

DAVID LEAN, L'IMAGIER PRESTIGIEUX

 

 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 10:14

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Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob Nolan, un criminel poursuivi pour une atroce agression. Ariane, qui ne se souvient de rien tant elle était ivre cette nuit-là, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend...

 

«Je préfère parler de drame rigolo que de comédie - confie le cinéaste-auteur-acteur. Je n’écris jamais de choses drôles. Mes histoires sont toujours une tragédie. Là, il s’agit d’une juge imbue d’elle-même, carriériste, austère, et qui descend en enfer quand elle comprend qui elle est!» Cette vieille fille aigrie, fière de ne s’être jamais abaissée à devenir mère, va se retrouver, après une cuite, engrossée par un tueur, un psychopathe qui croque les yeux de ses victimes… «Une fois que j’ai écrit un drame, qu’en faire? Je le traiterais comme un Ken Loach si j’avais son talent. Alors, par pudeur, je travestis la tragédie en Grand-Guignol»  - ajoute notre réalisateur.

 

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Comédie totalement déjantée, "9 mois ferme" a l'avantage de ne jamais se prendre au sérieux. Nous sommes dans l'absurde et le burlesque du début à la fin. Rien n'est vrai et tout est permis à ce cinéaste qui jongle avec les formules, invente le mot globophage et ne cherche même pas à nous faire prendre les vessies pour des lanternes. Si on n'entre pas dans sa loufoquerie, autant quitter la salle, c'est sans espoir... Si on aime le burlesque, il y a de bons moments et surtout une interprétation de qualité, autant de la part de Sandrine Kiberlain qui parvient à nous effarer, autant qu'elle l'est elle-même,  que de celle d'Albert Dupontel révulsant  en permanence et attendrissant sur la fin, enfin par Nicolas Marié qui, en avocat bègue, nous fait une démonstration fort éloquente de ce que peut être une plaidoirie lorsque la bande sonore se détraque. Je ne vous parlerai pas des scènes gore, il y en a, par exemple celle d'un médecin légiste en train de découper son cadavre à la tronçonneuse - mais à ce moment j'ai fermé les yeux et ne peux tout vous décrire, alors remboursez ! -  où les scènes interdites au moins de 14 ans qui sont floues au final, alors ?

 

Ai-je apprécié  ? Cet absurde est certes plein de trouvailles mais il arrive que le saugrenu ne soit pas toujours lisible. Oui, comment une psycho-rigide peut arriver à assouplir sa rigidité et comment un dangereux psychopathe parvient à retrouver un comportement quasi sociable ? Cela n'est pas une mince affaire et dans cette comédie burlesque, Albert Dupontel ne s'en sort pas mal car il arrive que le pire engendre le meilleur...au mieux le moins mauvais. Et puis Sandrine Kiberlain parvient à rester crédible, même dans les moments les plus insensés.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :


LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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9 MOIS FERME d'ALBERT DUPONTEL
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 11:08
QUAI d'ORSAY de BERTRAND TAVERNIER

                                    

Prenez une bande dessinée pleine d’humour et  d’insolence, un metteur en scène de talent, des acteurs bien dirigés, un rythme ébouriffant et vous obtenez un film désopilant, conduit à cent à l’heure dans les lieux qui ont vu s’écrire des pages d’histoire d’où le ridicule, le trivial, le surabondant, l’énorme n’ont jamais été absents. Oui, il fallait oser entrer dans les ors de la République, saupoudrer ce moment de la vie politique française de très bons acteurs, en faire un festival de la parole drue et ajouter une cadence folle au rythme des négociations qui se tramaient alors entre l’Oubanga et la France. Tavernier l’a osé et a eu grandement raison car il nous livre une excellente comédie politique comme nous n’en voyons que trop rarement avec le brio, la justesse de ton et les envolées lyriques qui font mouche.

 

Nous sommes en 2003 et le ministre des affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms, lecteur d'Héraclite et mégalo, est un homme plein de panache. Il opère sur la scène mondiale et y apostrophe les puissants de ce monde en invoquant les plus grands esprits afin de ramener la paix, calmer les agités et les nerveux ( lui qui l’est cependant ) et justifier son aura de futur prix Nobel de la paix. Alexandre Taillard de Worms est un esprit brillant qui attribue à la puissance du langage la primauté diplomatique : légitimité, lucidité et efficacité ne cesse-t-il de proclamer à son équipe. Il pourfend par ailleurs les néoconservateurs américains, les russes corrompus et les chinois cupides. Le monde a beau ne pas mériter la grandeur d’âme de la France, son art se sent à l’étroit enfermé dans l’hexagone. Le jeune Arthur Vlaminck, récemment diplômé de l’ENA, est embauché en tant que chargé du “langage” sous son haut ministère. En clair, il doit écrire ses discours ! Encore faut-il apprendre à composer avec l’entourage du prince, se faire une place entre le directeur de cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d’Orsay où le stress, l’ambition et les coups fourrés ne sont pas rares, trouver les mots qu’il faut placer dans la bouche de ce mentor exigeant et manœuvrer malgré l’inertie des technocrates. La tâche est écrasante mais le jeune homme s’y attelle avec bonne volonté…

 

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En 2003, les fonctionnaires fumaient comme des pompiers dans les bureaux du Quai d'Orsay. Surtout, la France avait une voix dans le concert des nations: « Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe (…), qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie, un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes ». Tel sera le discours de l’ONU prononcé par Villepin, auquel le personnage d’Alexandre Taillard de Worms ressemble comme un gant et qui nous restitue une page de notre passé non dénué de nostalgie. Car malgré le  désordre apparent, les coups bas, les excès de tous ordres régnaient encore une élégance, un faste, qui ne sont nullement balayés par le rythme haletant, les effets de manche et les ridicules des divers protagonistes. Les dessous du pouvoir sont restitués avec un humour salutaire mais jamais déshonorant car, à l’évidence, ce petit monde fonctionne et travaille et si le chaos menace, le ministre tente de garder son équilibre même au cœur des situations les plus burlesques.

 

 

Thierry Lhermitte est un Alexandre Taillard éblouissant – il se livre ici à un festival de grande classe et colle parfaitement à son personnage pétri de suffisance, d’audace et de séduction ; Niels Arestrup, en directeur de cabinet impavide, est absolument parfait et nous fait toucher du doigt la vacuité des mots quand ils sont utilisés à des fins de manipulation et apparaît comme le seul personnage calme au cœur d’une véritable tornade logorrhéique ; enfin  Raphaël Personnaz, en Candide qui a la charge redoutable de composer avec le prince, est très convaincant dans celui du jeune énarque à qui le ministre vient de confier la responsabilité du … langage. Tous les rouages fonctionnent et le film est une véritable réussite, même si quelques longueurs auraient pu être évitées.

 

Pour consulter la liste des films de la rubrique CINEMA FRANCAIS, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA FRANCAIS

 

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QUAI d'ORSAY de BERTRAND TAVERNIER
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 10:02

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Billy Wilder naquit en Austro-Hongrie le 22 juin 1906 dans une famille juive autrichienne et passera son enfance à Vienne où il fera ses études classiques avant de rejoindre l'université et de se diriger vers le journalisme. Après avoir publié des articles sur le sport et les faits divers, il s'intéresse au cinéma et au théâtre, si bien que ses contacts le mettent en relation avec des milieux très divers et le plus souvent artistiques. C'est l'époque du cinéma muet et l'idée lui vient de composer des scénarios. Le succès de l'un d'entre eux "Les hommes du dimanche" en 1930 lui vaut de signer un contrat avec la Universum Film AG, puis de gagner les Etats-Unis où, grâce à son aptitude à très vite se familiariser avec la langue anglaise, il obtient un nouveau contrat avec la Paramount à Hollywood. Remarqué par Ernst Lubitsch, autre emmigré allemand, il rédige, en collaboration avec Charles Brackett, les scénarios de "La huitième femme de Barbe-Bleue" et de "Ninochka" qui seront des succès. Sa voie est désormais tracée, d'autant qu'un film avec Howard Hawks "Boule de feu" en 1941 est un nouveau coup de maître et que plus rien ne s'oppose à ce qu'il soit également le metteur en scène de ses propres fictions. 

 

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Sa première réalisation derrière la caméra "Uniformes et jupons courts" en 1942 sera suivie de cinq autres films de qualité et d'inspiration différente, avant "Boulevard du crépuscule" en 1950 qui va assurer sa consécration de metteur en scène qui compte dorénavant dans le 7e Art hollywoodien. "La scandaleuse de Berlin" en 1948, achevée trois ans après la Libération de Berlin, est une comédie grinçante qui annonce déjà le style humoristique, voire féroce, de Wilder et brode autour d'un personnage de femme devenu la maîtresse d'un ancien nazi, sans omettre de nous dévoiler les coulisses du marché noir avec l'armée américaine dans le décor d'un Berlin pratiquement en ruines. En quelque sorte : rire d'un sujet grave - mode d'emploi. Wilder signera ensuite d'autres oeuvres fortes, selon des compositions diverses car ses goûts sont éclectiques. "Sunset Boulevard" est un chef d'oeuvre où l'auteur revisite les mythes cinématographiques et obtient ainsi un formidable effet de trompe l'oeil ; cette fiction sur le rôle mortifère du cinéma a recours à un vertigineux jeu de miroirs grossissants où le tragique ne cesse de côtoyer le comique. "Stalag 17" en 1953 sera également d'inspiration tragi-comique et traite de la débrouillardise humaine au coeur d'un camp de prisonniers, suivi par deux ravissantes comédies avec Audrey Hepburn : "Sabrina" et "Ariane". Par ailleurs, Billy Wilder contribuera au mythe Marilyn avec "Sept ans de réflexion" en 1955 et "Certains l'aiment chaud" en 1959, une des comédies les plus réussies de l'âge d'or hollywoodien, qui feront de la jeune actrice une icône planétaire. Il y aura encore "La garçonnière" en 1960, "Embrasse-moi, idiot" en 1964, "Fedora" en 1979, des oeuvres pleines de sens, drôles et mélancoliques à la fois, selon le style de cet artiste qui cachait sous un faux cynisme une sensibilité à fleur de peau teintée d'une once de moralité.

 

Pour prendre connaissance des critiques que j'ai consacrées aux films de Wilder, cliquer   ICI

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique REALISATEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :

 

LISTE DES ARTICLES - REALISATEURS du 7e ART

 

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493px-Gloria Swanson & Billy Wilder - ca. 1950  Avec Gloria Swanson  

 

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 10:15
MAURICE RONET, L'ETERNEL FEU FOLLET

                          

Durant toute sa vie, Maurice Ronet, acteur inclassable aura fait l'expérience de la mort. Ayant intériorisé dès son plus jeune âge la philosophie tragique et esthétique de Schopenhauer, au point de vouloir lui consacrer une étude, il traversa l'existence comme une épreuve du feu. Récemment deux ouvrages sont sortis qui relatent cette vie intense et trop brève : "Maurice Ronet, le splendide désenchanté" de José-Alain Fralon et un essai  biographique plus intimiste " Maurice Ronet, les vies du feu follet " de Jean-Pierre Montal qui cerne de près son être profond et sa vision du monde.  Appartenant, selon sa propre expression, à une génération sacrifiée, celle qui avait dix-huit ans à la fin de la Seconde Guerre mondiale - il était né en 1927 - l'acteur rêvait néanmoins de grandeur éthique et d'aventure politique. Mais la réalité de l'époque ne correspondait pas à ses aspirations. A la guerre et à ses rudesses avait succédé une paix douce et émolliente dont les objectifs  s'avéraient chaque jour davantage ceux de la consommation et de la finance, d'où un mal de vivre engendré par un monde moderne partant à la dérive, en proie à un effrayant vide spirituel. A la mort de l'acteur, François Chalais rapportait dans un quotidien ces propos tenus par celui-ci : " Mon ambition est d'être quelqu'un, pas quelque chose... Pas commode. A mon âge, les hommes sont tous PDG ou anciens combattants. Quant à la jeunesse, elle ne sait plus que se réfugier dans la drogue ou dans le dynamisme à reculons. Je ne suis plus dans le coup. Et mes amis sont déjà morts."

 

Ce désespoir s'exprimait déjà dans "Ascenseur pour l'échafaud " de Louis Malle (1957), d'après un scénario de Roger Nimier. Le titre du film est évidemment une métaphore de l'existence et déjà d'une noirceur profonde qui atteindra son paroxysme dans "Le feu follet" (1963), du même metteur en scène d'après le roman de Pierre Drieu La Rochelle. Un pur chef-d'oeuvre qui se termine par le suicide du personnage principal. En Ronet, le cinéaste avait trouvé l'interprète idoine et l'acteur offrait dans cet opus une composition magistrale.  Ce rôle, à l'évidence le plus fort et le plus emblématique de sa personnalité, lui collera définitivement à la peau et il restera pour toujours, dans la mémoire des cinéphiles, ce feu follet magnifique et désenchanté. Maurice Ronet s'est d'ailleurs toujours senti solidaire des causes perdues, cultivant le sens de l'honneur et de la fidélité et lui-même fut toujours choisi pour des rôles où il trouve la mort et où son destin est sacrifié d'avance. Ce sera le cas dans "Plein soleil" et dans "La Piscine", l'un et l'autre aux côtés d'Alain Delon. " Dans mes compositions, c'est au moment où je commence à dire la vérité qu'on me bousille - soulignera-t-il. Ajoutant : "On punit toujours le héros que je représente, dans sa clairvoyance, son cynisme, sa lucidité. J'ai souvent incarné celui qui jette un défi à la morale, à la vie. Et ce personnage-là n'a pas sa place. Alors, il faut le flinguer." En 1973, Maurice Ronet part avec son ami l'écrivain et éditeur Dominique de Roux tourner un reportage pour la télévision sur la guerre menée par le Portugal au Mozambique. Appel de l'aventure, défense à contre-courant, pour l'honneur, d'un des derniers lambeaux d'empire européen en Afrique. Les deux hommes prennent des risques insensés et échappent de peu à la mort. La même année, Ronet porte à l'écran "Vers l'île des dragons", un documentaire allégorique sur les lézards géants du Komodo, en Indonésie : " C'est une chronique sur la terre, l'eau, le feu et sur ces monstres qui n'existent que là, qui sont nos ancêtres - expliquait-il alors. " Il s'agit d'animaux qui sont à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de nous-mêmes, et puis ils étaient là bien avant nous. C'est un peu le pèlerinage aux sources, ou un voyage en enfer, ou un film sur le début ou sur la fin du monde."

 

Trois ans plus tard, Maurice Ronet réalisera "Bartleby" (1976), un drame intimiste d'après la nouvelle éponyme d'Hermann Melville avec Michael Lonsdale et Maxence Mailfort. Il s'agit du récit d'un homme désespéré se conduisant comme un somnambule. Un mort en sursis, prostré dans une armure invisible, hermétique aux autres hommes, médiocres et parfois haineux à son endroit. Un seul se propose à l'aider, mais cela ne suffit pas. Un voyage au bout de la nuit que Ronet filme sous l'influence littéraire de Louis-Ferdinand Céline, une oeuvre déroutante et sans concession ou l'existence est envisagée sous son angle le plus tragique. Maurice Ronet est mort d'une cancer le 14 mars 1983, à l'âge de 55 ans, en homme de l'ancienne France et de la vieille Europe. Son projet de l'adaptation télévisée de "Semmelweis" de Céline ne verra pas le jour. Il nous reste heureusement ses films, tous d'une grande qualité, où son interprétation sonne toujours juste et où sa beauté grave et son regard noyé dans une indicible mélancolie ne cessent de nous émouvoir. Et puis, coup sur coup, ces deux livres qui évoquent sa vie d'homme totalement décalé d'avec son temps et illustrent, à nos yeux, l'éternel chevalier des causes perdues.

 

Pour consulter les articles consacrés à certains de ses films, cliquer sur leurs titres :

 

PLEIN SOLEIL de RENE CLEMENT         LA PISCINE de JACQUES DERAY

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 14:12

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Né dans une plantation de coton en Virginie, le jeune Cecil voit son père mourir sous ses yeux alors qu'il tente de s'interposer auprès du responsable de la plantation qui abuse de sa femme. L'orphelin, remarqué par la propriétaire, va bénéficier jusqu'à son adolescence d'une formation, celle de l'apprentissage du service domestique. Mais le jeune homme ne désire qu'une chose, fuir cette plantation où l'accablent trop de souvenirs douloureux, gagner une grande ville et changer d'existence. Embauché pour ses qualités de service dans un palace de Washington, il sera bientôt engagé comme majordome à la Maison Blanche où il servira avec une parfaite aisance et un grand souci du devoir accompli, tandis que sa femme, Gloria, élève leurs deux fils. Grâce au poste de Cecil, la famille jouit d'une existence confortable. Pourtant, sa profession suscite des tensions dans son couple : Gloria s'éloigne de lui et les disputes avec l'un de ses fils, particulièrement engagé pour la cause des noirs américains, sont incessantes.

A travers le regard de Cecil Gaines, librement inspiré de la vie de Eugene Allen, le film retrace l'évolution de la vie politique américaine et des relations entre communautés. De l'assassinat du président Kennedy et de Martin Luther King au mouvement des "Black Panthers", de la guerre du Vietnam au scandale du Watergate, Cecil vit ces événements de l'intérieur, mais aussi en père de famille et en citoyen américain de couleur…

 

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Lee Daniels a réalisé avec Le Majordome un très beau film, dessinant à larges traits ce que fut le combat des noirs durant une grande partie du XXe siècle, afin d' obtenir les mêmes droits civiques que les blancs dans un pays qu'ils ne cessèrent de servir au prix de leur sang et de leur sueur. Soucieux d'user des symboles les plus éloquents, le réalisateur s'est octroyé, il est vrai, quelques libertés au sujet de la vie réelle de son héros, un certain Eugene Allen, qui fut  majordome à la Maison Blanche sous sept présidents, de Eisenhower à Reagan. Si l'on en croit Will Haygood, le premier à avoir raconté l'histoire d'Eugene Allen dans un article du "Washington Post" en 2008, celui-ci  est bien né dans une plantation de coton où ses parents travaillaient mais il n'a jamais fait état des monstruosités relatées à l'écran : la mère violée et le père assassiné sous les yeux de son fils. De même que la femme de Allen, avec laquelle ce dernier  vécut 65 ans, ne fut jamais alcoolique mais est bien décédée en 2008 et ne put assister à l'élection de Barak Obama. Enfin, il n'eut qu'un seul fils et celui-ci n'appartint pas aux "Black Panthers" mais servit comme militaire lors de la guerre du Vietnam où, heureusement, il n'a pas trouvé la mort. Néanmoins, sans ces symboles forts, le film aurait perdu de son intérêt historique et se serait limité au destin d'un homme, au lieu d'exposer celui d'un peuple tout entier avec ses combats les plus rudes et ses heures les plus tragiques. Ce que Lee Daniels réussit en surfant habilement sur la gamme complète de nos émotions.


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L'intérêt est d'avoir en permanence alterné les temps forts de l'existence du serviteur des présidents et la réalité sur le terrain à laquelle les noirs étaient confrontés quotidiennement : attaques, humiliations, servitudes, on se demande comment au XXe siècle, dans une nation aussi moderne que l'Amérique et toujours bien disposée à donner des leçons de morale à la planète entière, une telle ségrégation ait pu perdurer... Admirablement interprété par Forest Whitaker dans le rôle de Cecil Gaines, l'acteur  vous émeut aux larmes  tant il y met de retenue, de pudeur, de résignation, de sincérité, de respect. Un des moments les plus touchants est celui où Cecil revient chez lui avec la cravate de Kennedy que Jackie lui a offerte après l'attentat qui a coûté la vie au président le plus populaire des Etats-Unis, cravate qu'il noue à son cou pour se rendre à l'invitation du Président Obama. Le film s'achève alors qu'il entre dans le bureau ovale, occupé désormais par un président de couleur, et où s'est écrite, sous ses yeux, une grande page d'histoire.

 

Pour prendre connaissance des articles de la rubrique CINEMA AMERICAIN, cliquer sur le lien ci-dessous 

 

LISTE DES FILMS DU CINEMA AMERICAIN ET CANADIEN

 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 10:42
BLUE JASMINE de WOODY ALLEN

 

Alors qu’elle voit son existence voler en éclat, de même que son mariage avec Hal, un homme d’affaire peu scrupuleux qui l'a ruinée, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa soeur Ginger pour tenter de remettre un peu d'ordre dans sa vie …

 

Ne sollicitant ni le rire, ni les larmes, pas même la dérision, tant les personnages sont en fin de compte plus pitoyables que caricaturaux, le dernier opus de Woody Allen, qu'une presse complaisante a porté aux nues, m'a laissé de marbre malgré l'admiration que je porte au réalisateur. J'avoue ne pas être entrée dans l'histoire de cette Jasmine, petite bourgeoise promptement enrichie par un époux escroc qui sut tromper son monde et sa femme avec la même désinvolture, finissant en taule et s'y suicidant, abandonnant cette dernière à son triste sort.



Le film de Woody Allen nous brosse dans les moindres détails le tableau d'une société américaine en pleine déroute après la crise et l'affaire Madoff - comme l'européenne d'ailleurs - dont les seules références sont celles du sexe et de l'argent et dont l'égocentrisme, et surtout la vacuité, nous apparaissent tristement abyssales. Comment se prendre au jeu de personnages qui évoluent entre dépression, vanité, mal être, mensonge, hypocrisie, illusion, bêtise et déclassement social, alors que l'auteur ne nous gratifie même pas de son habituel humour dans la description de ces grands invalides du coeur et de l'esprit ? A mon avis, cette satire sociale n'est pas assez affûtée.


On aurait pu s'attendre, au vu du sujet, à des phrases assassines, à des situations farfelues ou ubuesques mais rien de cela, un récit d'un réalisme clinique qui n'a même pas l'outrecuidance de vous hérisser le poil. Vous me rétorquerez qu'il y a Cate Blanchett qui donne à cette pauvre Jasmine un panache indiscutable malgré le marasme où elle se trouve, que sa silhouette est bien agréable à regarder avec sa petite veste Chanel, dernier vestige de l'époque où elle recevait le tout New-York dans sa villa cossue, que Sally Hawkins joue sa soeur prolo avec un naturel touchant, enfin qu'Alec Baldwin est un nouveau riche arrogant qui sent son faussaire à plein nez et ne craint nullement de chahuter le rêve américain avec cynisme. Ici, les illusions et les désillusions restent au ras des pâquerettes. Ce sont celles des deux soeurs Yasmine et Ginger qui ne jouent certes pas dans la même cour, mais parviennent l'une et l'autre au même résultat : l'échec fracassant de leurs misérables ambitions.


Contrairement à la plupart des critiques, j'avais de beaucoup préféré "Minuit à Paris" pour sa nostalgie poétique, son charme discret, et "To Rome with love" où l'on revisitait la ville éternelle et où quelques scènes étaient inénarrables ; là, comment rire devant la chute inéluctable d'une femme belle, frivole et mondaine, subitement désargentée qui ne fonctionne que grâce au xanax (anxiolitique) et à la vodka-martini ? Oui, triste époque ! Le film ne vaut, en définitive, que pour l'élégance de Cate Blanchett et cette mort d'un cygne dans un monde déchu. Un Woody Allen dépressif.

 

Pour consulter les articles que j'ai consacrés à Woody Allen et à Cate Blanchett, cliquer sur leurs titres :

 

WOODY ALLEN OU UN GENIE TOUCHE-A-TOUT          CATE BLANCHETT - PORTRAIT

 

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BLUE JASMINE de WOODY ALLEN
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 09:55

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Cate Blanchett, l'actrice aux 4 nominations aux Oscars, 5 nominations aux BAFTA, ainsi que 7 aux Golden Globe, qui dit mieux ? - est une actrice inclassable, d'une beauté hiératique, considérée par certains comme une nouvelle Meryl Streep - ce que je ne cautionne pas, car chaque actrice est unique - vient une nouvelle fois de séduire le public dans Blue Jasmine de Woody Allen, où elle interprète le rôle d'une femme en plein désarroi qui tente de se reconstruire. Née en 1969 d'une mère australienne et d'un père texan qui mourra alors qu'elle n'a que 10 ans, elle passe toute son enfance à Melbourne et se destine tout d'abord à des études d'art et d'économie avant d'obliquer vers des études théâtrales. Elle jouera dans La Mouette de Tchekhov en 1996, ses premiers pas sur une scène, puis à la télévision australienne, ce qui lui permet d'acquérir, sur ce continent, un début de notoriété.

 

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Mais ce n'est qu'en 1998, grâce à sa prestation dans le drame Paradise Road de Bruce Beresford auprès de Glenn Close, puis dans Elisabeth de Shekhar Kapur qu'elle accède à la consécration. Elle obtiendra son premier Golden Globe pour le personnage d'Elisabeth I d'Angleterre qu'elle campe avec un réalisme confondant et une intensité dramatique telle qu'elle se classe dès lors parmi les actrices de tout premier plan. Puis ce sera la trilogie fantastique de Le seigneur des anneaux dans laquelle elle interprète la reine des Elfes, Galadriel. Osant aborder tous les genres, elle ne peut manquer de convaincre le public de sa capacité à se renouveler et à oser les expériences les plus difficiles avec la même force et la même conviction, ce qui la rend inclassable comme je le soulignais au début de l'article et capable même d'une certaine excentricité. On la verra ainsi et successivement dans Heaven (2002), dans Terre Neuve de Lasse Hallström, dans le western Les disparues (2003), dans la freque Aviator (2004) de Scorsese qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs et l'Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle en 2005. Eclectique et sachant choisir ses metteurs en scène, elle tourne en 2006 dans un drame cosmopolite Babel avec Brad Pitt, dans Chronique d'un scandale qui lui vaut une nomination aux Oscars 2007, enfin dans Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal de Steven Spielberg en 2008. Et n'oublions pas sa formidable performance dans le film de David Fincher L'étrange histoire de Benjamin Button, toujours au côté de Brad Pitt. Très belle, d'une élégance jamais prise à défaut, l'actrice a illuminé récemment le 39ème Festival du film américain de Deauville, égérie et ambassadrice désormais incontournable du 7e Art et a reçu l'Oscar de la meilleure actrice pour Blue Jasmine lors de la remise des Oscars 2014. Une nouvelle consécration.

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ACTEURS DU 7e ART, cliquer sur le lien ci-dessous :
 


LISTE DES ARTICLES - ACTEURS DU 7e ART

 

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  • : LA PLUME ET L'IMAGE
  • : Ce blog n'a d'autre souhait que de partager avec vous les meilleurs moments du 7e Art et quelques-uns des bons moments de la vie.
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  • Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.
  • Auteur de treize ouvrages, passionnée par les arts en général, aime écrire et voyager.

Texte Libre

Un blog qui privilégie l'image sans renoncer à la plume car :

 

LES IMAGES, nous les aimons pour elles-mêmes. Alors que les mots racontent, les images montrent, désignent, parfois exhibent, plus sérieusement révèlent. Il arrive qu'elles ne se fixent que sur la rétine ou ne se déploient que dans l'imaginaire. Mais qu'elles viennent d'ici ou d'ailleurs, elles ont l'art de  nous surprendre et de nous dérouter.
La raison en est qu'elles sont tour à tour réelles, virtuelles, en miroir, floues, brouillées, dessinées, gravées, peintes, projetées, fidèles, mensongères, magiciennes.
Comme les mots, elles savent s'effacer, s'estomper, disparaître, ré-apparaître, répliques probables de ce qui est, visions idéales auxquelles nous aspirons.
Erotiques, fantastiques, oniriques, elles n'oublient ni de nous déconcerter, ni de nous subjuguer. Ne sont-elles pas autant de mondes à concevoir, autant de rêves à initier ?

 

"Je crois au pouvoir du rire et des larmes comme contrepoison de la haine et de la terreur. Les bons films constituent un langage international, ils répondent au besoin qu'ont les hommes d'humour, de pitié, de compréhension."


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